Monsieur le Président, le sport est un facteur de développement économique

Le nouveau premier burkinabè Paul Kaba Thiéba a fait sa déclaration de politique générale le vendredi 5 février 2015 devant l’Assemblée Nationale du Burkina. Mais dans cette déclaration, le patron du gouvernement burkinabè n’a pas fait du développement du sport une priorité. Ce qui concorde avec le programme du Président Roch Marc Christian Kaboré qui l’a également effleuré dans le sien.

Pour jouer au basketball, les enfants ont besoin de plateaux de jeux dans toutes les villes du Burkina

Pour jouer au basketball, les enfants ont besoin de plateaux de jeux dans toutes les villes du Burkina

Le développement du sport n’est pas une priorité pour le Président du Faso Roch Marc Christian Kaboré. Cela s’est ressentie le discours de politique générale du premier ministre Paul Kaba Thiéba à l’hémicycle. Pour les autres secteurs, le Premier ministre a déployé un programme qui fait rêver. Paul Kaba Thiéba a tout fait pour être précis sur les secteurs de l’éducation, de l’économie, de l’emploi etc. en donnant même des chiffres des réalisations qui devraient être faites durant son mandat.

Sur le plan sanitaire par exemple, le gouvernement dirigé par Paul Kaba Thiéba prévoit « la normalisation de 361 Centres de Santé et de Promotion Sociale (dont 61 en 2016), de 33 Centres Médicaux avec Antenne chirurgicale (15 en 2016), de 2 Centres Hospitaliers Régionaux en 2016 et la poursuite de la transformation des CSPS des chefs-lieux de communes rurales en Centres Médicaux (37 entre 2016 et 2017) ». Ce qui est bien. Très bien même s’il arrive à le faire.

Le ministre effleure la question du sport

Concernant le sport, l’on s’aperçoit que, comme d’habitude, il a été relégué au dernier plan. Il est même couplé avec le programme culturel et touristique de l’actuel gouvernement. Aucun chiffre. Aucune donnée. L’on ne sait pas combien de plateaux, combien de stades, combien de centres de formations etc. seront construits pour faire du sport un vecteur de développement économique. Et pourtant, le Burkina Faso ne dispose pas d’infrastructures sportives dignes de ce nom. Le Tour du Faso fait partie des compétitions cyclistes les plus en vue du continent africain. Mais le pays ne dispose pas de vélodrome. Le cheval est l’emblème du Burkina. Pourtant le seul hippodrome du pays est dans un piteux état. C’est dans des conditions difficiles qu’il abrite des compétitions hippiques. Les plateaux sont insuffisants et les matchs du championnat national de football se disputent dans la poussière.

Le Dr Jean-Loup Chappelet faisait déjà le constate dans une étude réalisée en 1995 par l’UNESCO sur la situation du sport dans les pays les moins avancés d’Afrique que les taux de pratiques sportives très bas. Cela est dû notamment, selon son analyse, à la très faible présence de l’éducation physique et du sport (EPS) à l’école, à une pénurie de maître d’EPS et d’entraîneurs, ainsi qu’à un manque flagrant d’équipements sportifs, notamment pour les sports qui nécessitent des installations sophistiquées. Le Dr. Chappelet ajoute que cette situation résulte bien évidemment de dépenses gouvernementales insuffisantes en la matière. Cela s’explique par le fait que les gouvernants africains, et burkinabè particulièrement, négligent ce secteur sportif considéré comme budgétivore et sans rentabilité.

Le sport moteur facteur de développement économique

Et pourtant, le sport est un facteur de développement économique. C’est ce que souligne d’ailleurs un article du Huffington Post en travers ces termes : « tout le monde est d’accord pour dire que le sport contribue au développement économique en créant des emplois et en dynamisant l’activité commerciale. L’organisation d’un grand événement sportif, par exemple, est une opportunité formidable pour l’économie locale: les milliers de personnes qui viennent y assister vont dépenser de l’argent dans la nourriture, l’hébergement ou encore le transport, et bien souvent aussi dans des activités touristiques annexes ». L’auteur de cet article donne des chiffres qui montrent en quoi un évènement comme la Coupe du Monde 2010 qui s’est disputée pour la première fois en Afrique du Sud a été rentable pour l’Afrique du Sud.

« Si on prend comme exemple l’Afrique du sud en 2010, l’effet positif de la Coupe du monde fut temporaire en terme de création d’emplois et de baisse de la criminalité et inférieur aux estimations d’avant l’événement. 309 000 touristes sont venus pour la coupe du monde; ils ont dépensé environ 400 millions de dollars d’après les études du département du tourisme. Or, les estimations étaient de 480 000 et des dépenses par séjour trois fois plus importantes. La Coupe du monde 2010 a permis un profit de plus de 2 milliards de dollars pour la FIFA mais a coûté à l’Afrique du sud 4,3 milliards de dollars dont près d’un milliard de dollars pour les stades du Cap et de Durban ».

Le choix de l’Afrique du Sud pour arbitrer la Coupe du Monde 2010 s’explique bien par le fait que le pays était en avance sur les autres pays en termes d’infrastructures. En plus de cela, elle a dû renforcer déjà celles qui existent pour gagner son pari.

Il faut professionnaliser le sport burkinabè

Il faut professionnaliser le sport burkinabè

Le développement du secteur du sport au Burkina Faso va contribuer à la création des vastes marchés pour les équipements sportifs (maillots, T-shirts, chaussures, gadgets), la vente des billets, de restauration, de droits télés avec la retransmission des matchs, le sponsoring. Le marché de l’emploi sera plus ouvert de façon directe et indirecte. Les stades auront par exemple besoin de personnel pour entretenir et veiller sur eux. Le développement du sport au Burkina Faso pourrait permettre aussi l’essor de la petite unité de construction de ballon de football (et bien d’autres disciplines aussi) situé dans le village de Bourzanga dans la province du Bam.

Des exemples existent

Une réflexion retrouvée sur internet et apparemment relevant du ministère des sports et des loisirs donnaient des exemples précis.

Une étude hollandaise (Université d’Amsterdam, Ministère de la santé, des services sociaux et du sport, 1998), cherchant à évaluer les effets du sport sur l’économie, a montré que la suppression des activités sportives entraînerait la perte de 300.000 emplois et une réduction de la consommation intérieure de 5 milliards de florins soit environ 2,27 milliards d’euros.

En France, la fédération des industries d’articles de sport comptait, en 1980, 6.482 entreprises qui employaient 300.000 personnes. Une étude menée par l’École Supérieure des Sciences Économiques et Commerciales (ESSEC), indique que le sport a généré un chiffre d’affaires de 29 milliards d’euros en 2005.

S’appuyant sur le cas du Burkina Faso, cette réflexion fait des observations :

« Au Burkina Faso, il suffit de prendre l’exemple du championnat de football, première division qui compte quatorze équipes des joueurs (ndlr le championnat compte actuellement 16 équipes). Si on retient seulement 25 joueurs licenciés par équipe, cela donne le chiffre de 350 joueurs qui perçoivent un revenu moyen de 50.000 FCFA par mois, soit une masse salarial le mensuelle de 17,5 millions de FCFA on aboutit à un chiffre annuel de 210 millions de FCFA.

A ce montant il faut ajouter les frais d’achat d’équipements et de matériels sportifs, les dépenses d’organisation, les frais de gestion administrative, les frais médicaux et les charges récurrentes des infrastructures sportives ».

Ce document estime qu’en général, le poids de l’économie du sport varie entre 1% et 2% du PNB dans les pays industrialisés et tend à accroître à un rythme supérieur à celui de la plupart des autres secteurs. C’est pourquoi, il faut faire en sorte que les clubs burkinabè passent du statut amateur au statut professionnel.

Ainsi donc, pour faire du sport un moteur de développement économique. Cela passe par une politique générale des sports, rigoureuse portant prioritairement sur le développement des infrastructures mais aussi la formation. « Si nous voulons sérieusement faire du sport une partie intégrante du développement social, cela doit démarrer à la base, dans les quartiers », relève un article de Institut AMADEUS.

La réflexion du ministère des sports soulignait ceci: « La pratique des activités physiques et sportives est reconnue comme un droit social par la Constitution du Burkina Faso. Il convient qu’elle soit   désormais   considérée   comme   faisant   partie   intégrante   du développement économique et social »

Le Dr Chappelet pour sa part disait ceci pour conclure cet article : « en promouvant de façon durable et saine le sport dans ces pays, on peut espérer briser cette spirale négative et faire démarrer des activités porteuses de croissance économique et sociale, sans mettre en danger l’environnement naturel ».

Ordures à Ouagadougou : le ménage a-t-il commencé ?

Récemment et plus précisément le jeudi 28 janvier 2016, je publiais un billet dans lequel je critiquais l’insalubrité, dans la ville de Ouagadougou. Le billet prenait principalement l’exemple d’un dépôt d’ordures situé au quartier Somgandé de Ouagadougou entre l’école de formation et de perfectionnement des travaux publics (côté Ouest) et l’Action éducative en milieu ouvert (AEMO, côté Est).

Rassemblées ainsi, l'on se rend compte de l'ampleur des ordures

Rassemblées ainsi, l’on se rend compte de l’ampleur des ordures

 

En moins d’une année, les ordures ont envahi cet espace au point d’obstrué la route. Le ménage semble être en cours. Le lundi 1er janvier 2016, l’endroit était revêtu de nouveaux habits. Des cartepillars dont les pneus sont toujours visibles ont retourné les ordures qu’ils ont placé en placés en plusieurs tas. Des pancartes indiquent : «Interdit de jeter les ordures ».

Coïncidence ? Est-ce l’effet du billet ? Les intéressés s’étaient déjà rendus compte du problème ? Quoi qu’il en soit, le fait d’avoir pensé à nettoyer cet endroit est une bonne initiative. Les ordures avaient presque obstrué le passage de ce quartier de Ouagadougou et une forte odeur se dégageait. Même si l’odeur pestilentielle continue de polluer l’atmosphère cet endroit où sont installés des kiosques à proximité, la démarche a pour effet de dissuader.

Ici, un fou fouille dans un tas d'ordures déposé malgré l'interdiction de jeter les ordures

Ici, un fou fouille dans un tas d’ordures déposé malgré l’interdiction

 

Il faudrait vraiment veiller à ce que, ceux qui ont l’habitude de déposer d’y déposer leurs déchets ménagés, ne recommencent plus. Les femmes chargées de récolter les ordures ménagères dans la ville de Ouagadougou ne savent pas lire en général. Elles croiront peut-être que l’endroit a été mieux aménagé pour elles.

Malgré les pancartes d’interdiction,  quelqu’un a récemment vidé sa poubelle à cet endroit. Juste pour interprétation, nous estimons que ces ordures sont sorties du domicile d’une famille aisée.

Les autorités communales doivent sensibiliser les riverains sur la question et de passer à une phase de sanctions. Il est inadmissible que des gens quel que soit leur catégorie sociale se permettent de jeter des ordures là où ils le souhaitent. Mais elles aussi, les autorités, doivent aménagés des dépotoirs d’ordures dans chaque quartier mais aussi des centres de traitement d’ordures. Sinon, on nous répètera encore un jour que : « Ouaga, c’est pas forcé » (Ne vit pas à Ouaga qui veut).

Immigration : des Burkinabés obligés de fuir la Guinée

Le centre de l’Action éducative en milieu ouvert (AEMO), situé dans le quartier de Somgandé de Ouagadougou, est résolument devenu un site d’accueil pour les Burkinabés rapatriés d’autres pays. 71 d’entre eux sont arrivés dans la nuit du jeudi 21 janvier 2016, après avoir rejoint la frontière entre le Mali et la Guinée à pied. En décembre, 240 burkinabés travaillant dans les mines avaient été chassés.

C'est à pieds que ces Burkinabè sont rentré de la Guinée

C’est à pied que ces Burkinabés sont rentrés de la Guinée

Ils se sont rendus à la mine d’or de Siguiri, au nord-est de la Guinée, dans l’espoir de faire fortune. Mais c’est dans le dénuement total que 71 Burkinabés partis à l’aventure en Guinée-Conakry sont rentrés chez eux. Et pour rentrer au bercail, ils ont dû fuir le pays en se cachant dans la forêt afin de passer la frontière malienne, d’où ils ont été rapatriés à Bobo Dioulasso avant de finalement rejoindre la capitale Ouagadougou. Dans le froid glacial de ce vendredi 22 janvier 2016, une trentaine d’immigrés de retour au pays discutaient dans la cour de l’Action éducative en milieu ouvert (AEMO) de Ouagadougou, situé au quartier Somgandé.

Entouré de quelques jeunes (qui pourraient être ses enfants), Ibrahima Zakary Congo accepte de raconter ce qui l’a contraint, avec les autres, à emprunter le chemin du retour. « Je ne sais pas pourquoi, mais ils se sont levés, un jour, et se sont mis à nous chasser sans préavis. Certains d’entre nous ont été battus, fouillés, dépouillés de leurs biens », explique-t-il malgré la gêne qui se lit sur son visage. N’ayant aucun problème entre les ressortissants burkinabés et la population locale, c’est la police elle-même qui était à la manœuvre, fait savoir Congo. « Les portables, les habits quand ils avaient de la valeur, l’or que nous avions gagné à la sueur de notre front, ils ont tout récupéré », ajoute-t-il indigné.

Le rêve de faire fortune s’envole

Il avait pourtant nourri beaucoup d’espoirs en quittant son village de la province du Ganzourgou pour se rendre en Guinée. Il n’a pas non plus rechigné au travail, lui le père de cinq enfants, dont certains sont déjà très grands. Mais l’aventure guinéenne a mal tourné. «Ce n’est pas par plaisir que je suis allé en Guinée. C’est parce que je n’avais pas de travail chez moi et que j’avais besoin de quoi nourrir ma famille », confie Congo. « Regardez-moi, je ne suis plus jeune. On ne peut pas dire qu’on est jeune lorsqu’on a dépassé la quarantaine. J’étais donc allé à la recherche de quoi nourrir ma famille mais je reviens sans un sous ».

Son rêve de faire fortune brisé, Ibrahim Zakary Congo s’est rendu compte qu’obligé de se cacher, il ne pouvait pas travailler comme il le voulait. A un certain moment, il a dû affronter la dureté de la vie. Il n’avait plus rien à manger puisqu’il devait se cacher. S’il était arrêté, il irait en prison comme les rapatriés du mois. Conscient de cette réalité, il décide donc de quitter la Guinée pour sa terre natale. Là encore, Ibrahim Zakary Congo est obligé de se cacher. Il a fallu se cacher pour rejoindre la frontière malienne, à partir de l’endroit où l’ambassade du Burkina Faso au Mali a affrété des cars pour les ramener à Bobo Dioulasso. « Les policiers étaient à la frontière et attendaient. Ils avaient été aussi au niveau du fleuve Niger », raconte toujours ce désormais ancien mineur. S’il est rentré à pied, c’était pour éviter de rentrer plus démuni qu’il ne l’était dans le cas où la police mettait la main sur lui. 

Retour à la terre

Que faire après ce retour, désorienté et tout honteux ? Congo n’a d’autres choix que de retourner à la terre. « J’ai quitté très tôt l’école. J’étais donc devenu cultivateur. Je suis obligé de retourner à la terre », avoue-t-il tout en montrant des signes d’impatience quant à l’arrivée de la saison pluvieuse. Toutefois, il ne sait toujours pas comment il va affronter le regard de ses enfants, de sa femme et de son village. « Regardez nous ? C’est dans des plastiques que nous avons laissé nos habits. C’est une honte pour un homme comme moi de rentrer d’une aventure avec ses biens dans un simple plastique », lâche-il comme si ses propos l’étouffaient. S’il n’était qu’un simple employé, Ibrahim Zakary Congo déplore tout de même le matériel laissé sur place par ses patrons. D’après ses explications, ces derniers avaient de grosses machines qui servaient à moudre les pierres sorties des mines. Ils pourraient essayer quelque part au pays s’ils pouvaient récupérer leur matériel. Mais cela semble désormais impossible.

Au début du mois de janvier 2016, des Burkinabés ont été rapatriés de la Libye.

Ordures à Ouagadougou : nettoyez nos quartiers

Ouagadougou se targue d’être l’une des villes les plus propres de l’Afrique de l’Ouest. C’est peut-être vrai pour ceux qui ont eu la chance de visiter certaines capitales de la sous-région ouest-africaine. Cela ne veut toutefois pas dire que la capitale du Burkina Faso est une ville propre. Il suffit de faire un tour de ses quartiers pour constater des tas d’ordures, entreposés de façon anarchique.

Les compagnies de ramassage d'ordures jettes les déchets à n'importe quel endroit

Les compagnies de ramassage d’ordures jettes les déchets n’importe où

Quartier Somgandé de Ouagadougou. Entre l’école de formation et de perfectionnement des travaux publics (côté Ouest) et l’Action éducative en milieu ouvert (AEMO, côté Est), se trouve un dépôt d’ordures. J’ai presque vu naître ce dépôt d’ordures car il m’arrive souvent d’emprunter la voie qui sépare les deux sites. Au départ un petit tas d’ordures négligeables, elles ont en quelques mois envahi l’espace, au point d’obstruer la route.

Pendant la saison pluvieuse, ce tas d’ordures empêchait l’eau de couler. A tel point que des retenues d’eaux se sont créées au beau milieu de la route, assez profondes pour que l’eau pénètre dans les tuyaux d’échappement des motos. Les passants étaient donc obligés, tant bien que mal, de déverser des ordures (objets lourds) dans les crevasses créées par la stagnation de l’eau afin de se frayer un passage.

Les ordures sont sources de maladies

Les ordures sont sources de maladies

Si les compagnies chargées de ramasser les ordures dans les ménages ont choisi cet espace, on se demande comment les autorités (et notamment la municipalité) ont pu laisser cet espace se transformer en dépotoir au vu et au su de tout le monde. Si c’est arrivé, c’est parce que les compagnies chargées du ramassage d’ordures n’ont pas trouvé d’autres endroits pour les jeter. S’il s’avère que les autorités burkinabè ont donné leur accord, alors ils n’ont pas eu le nez creux car cet endroit n’est clairement pas adapté. Ils doivent donc rattraper cette erreur.

En réalité, le cas cité plus haut n’est qu’un exemple dans la ville de Ouagadougou. Aux alentours du rond-point des martyrs, dans le quartier Ouaga 2000, on peut constater plusieurs tas d’ordures de ce genre. Les déchets plastiques pullulent à cet endroit. On ne se croirait pas dans un quartier huppé où vivent les hommes les plus riches du Burkina – sous-entendu, supposés avoir les moyens de gérer leur saleté.

A la future ZACA, les immeubles côtoient les dépotoirs d'ordures

A la future ZACA, les immeubles côtoient les dépotoirs d’ordures

Dans le quartier supposé être la future Zone d’Aménagement Commerciale et Administrative (ZACA), qui ressemble à une ruine malgré quelques immeubles en construction, la situation est encore pire. Pourtant, des immeubles devaient pousser à la place de ce vieux quartier détruit pour ce projet. La zone a été transformée en dépôt d’ordures de tous genres, les exemples ne manquent pas. 

Ce n’est donc pas par hasard que si le Burkina Faso, et en particulier la capitale Ouagadougou, fait partie des pays où le paludisme sévit le plus. Ces dépôts d’ordures sont sources de proliférations de moustiques et de bactéries eux-mêmes vecteurs d’autres maladies.

Si les ménages font des efforts pour avoir des poubelles et engager des compagnies de ramassage d’ordures, les autorités burkinabè doivent faire en sorte que celles-ci puissent avoir des dépotoirs. Cela s’accompagne de stations de traitement de ces déchets. Sinon, on risque d’être plus que déborder dans les années à venir.

Gilbert Diendéré, véritable casse-tête pour le Burkina

Cela fait quatre mois à la date de ce lundi 25 janvier 2016 que le général Gilbert Diendéré auteur du coup d’Etat manqué du mercredi 16 janvier 2016 est détenu à la maison d’arrêt et de correction de l’armée (MACA) à Ouagadougou. Bien qu’étant incarcéré, le général Gilbert Diendéré continue de troubler le sommeil des autorités burkinabè.

Bien qu'étant en prison, Gilbert Diendéré donne des occasions difficiles à résoudre aux autorités burkinabè

Bien qu’étant en prison, Gilbert Diendéré donne des occasions difficiles à résoudre aux autorités burkinabè

Le nom de Gilbert Diendéré était à la fois un mythe et un mystère au Burkina Faso. Personnage réservé, il était craint et souvent même, cela peut étonner aujourd’hui, et admiré. L’on dit de lui qu’il a déjoué des coups foirés contre le Burkina Faso ou contre son mentor, l’ancien Président Blaise Compaoré. Sa puissance, son intelligence, son sens de la stratégie, son goût du secret etc. avaient même conduit le journal Jeune Afrique dans un portrait à le considéré comme « l’homme le plus puissant du Burkina Faso après Blaise Compaoré lui-même » ou encore « L’homme le mieux informé du pays » dans un portrait de cet ancien patron du Régiment de sécurité présidentielle (RSP).

Mais, le mythe du général Gilbert Diendéré est tombé à l’issue du coup d’Etat manqué du mercredi 16 septembre 2015. Le dénouement de cette crise a conduit à son arrestation et son incarcération le jeudi 1er octobre 2015. Malgré cela, le général Gilbert Diendéré continue de troubler le sommeil des Burkinabè et aussi de leurs autorités. Depuis la chute de Blaise Compaoré le 31 octobre 2014, Gilbert Diendéré et le RSP ont troublé la situation socio-politique au Burkina Faso notamment en décembre 2014 quand ils auraient voulu régler des comptes avec le Premier ministre de l’époque mais numéro 2 de ce régiment Yacouba Isaac Zida.

Attaque à Yimbi pour déstabiliser le dispositif sécuritaire

Le 23 décembre 2015, les services secrets burkinabè ont su déjouer la mise en place d’un plan d’évasion du général Gilbert Diendéré emprisonné. Après l’échec de ce plan, les militaires de l’ex RSP qui n’avaient pas rejoint les casernes tentent à nouveau un coup en attaquant la poudrière de Yimbi situé à la sortie Ouest de Ouagadougou. La traque menée par les forces de défenses et de sécurité burkinabè ont permis de mettre la main sur ces déserteurs. Apparemment, les assaillants ont profité de l’attentat du vendredi 15 janvier 2016 pour attaquer le camp Yimbi. Une opération qui a pour objectif de créer la psychose mais aussi affaiblir le système sécuritaire burkinabè. Les fidèles de Diendéré étaient presque arrivés à faire douter des compétences de l’armée burkinabè.

Les difficultés restent. Les geôliers de Gilbert Diendéré ne savent pas comment surveiller ce prisonnier vraiment encombrant. Ils doivent toujours vivre avec à l’esprit qu’à chaque moment, de tels plans peuvent être échafaudés pour permettre à Gilbert Diendéré et à d’autres prisonniers de s’évader. Pour le moment, le coup d’Etat du 16 septembre 2016 n’a pas révélé tous ses secrets. Qui sait s’il n’y a pas de complices au sein de l’armée qui attendait juste d’apporter leur soutien au coup d’Etat s’il était en bonne voie. Les autorités burkinabè doivent aussi avoir à l’esprit que Gilbert Diendéré réputé fin stratège et imprévisible pourrait (tenter de) s’évader. Pour cela, il peut même bénéficier de complicités au sein de l’armée.

On peut attenter à la vie de Gilbert Diendéré

On pourrait même imaginer que cette complicité vienne des autorités burkinabè. Ces dernières, d’anciens compagnons de Compaoré, ont côtoyé Gilbert Diendéré tout le temps qu’ils ont passé avec Gilbert Diendéré. Si jamais ils ont des cadavres dans le tiroir, Gilbert Diendéré devrait être bien informé. Dans ce cas s’il parle, c’est l’actuel régime qui devrait rendre compte au peuple qui l’a élu et qui souhaite mettre fin avec les agissements du régime ancien.

Hormis tout cela, il y a cette possibilité que Gilbert Diendéré tente de se suicider. Si cela arrivait, les autorités burkinabè auront le dos au mur. Il sera difficile pour elles d’expliquer aux Burkinabè qu’ils n’ont rien à y voir. Et si d’ailleurs, quelqu’un tentait de l’empêcher de parler ? Ce sont des inquiétudes légitimes car, avec tout le temps que certains ont passé avec Blaise Compaoré, un procès de ce régime pourrait les salir. Ils n’ont donc pas intérêts à ce que Gilbert Diendéré parle.

Même en prison, Gilbert Diendéré, avec son RSP, qui a fait trembler le Burkina plusieurs fois pendant la Transition continue de troubler le sommeil des autorités burkinabè. Pour qu’elles retrouvent le sommeil, il faudrait lever le couvre-feu instauré entre 1 et 4 heures du matin.