Parcourir des kilomètres chaque jour, prendre des risques en traversant des zones dangereuses… c’est le sacrifice que prennent de nombreuses femmes burkinabè pour nourrir leur famille. Cette photo est en est la parfaite illustration.

La lutte des femmes pour faire vivre leurs familles se voient sur les routes de Ouagadougou

La lutte des femmes pour faire vivre leur famille se voient sur les routes de Ouagadougou

Il n’est par rare de voir sur les routes de Ouagadougou, certaines femmes comme sur certaines photos, revenir des localités environnantes de Ouagadougou avec des marchandises sur leurs motos surchargées. Les charges qu’elles ont les empêchent même de bien manœuvrer leur engin. La moindre erreur et cette dame peut tout perdre. Tout. C’est vrai que cette manière de faire est imprudente. Mais c’est l’illustration des sacrifices que font les femmes burkinabè pour prendre en charge leurs proches . Ces femmes ne disposent pas toujours des moyens nécessaires pour faire fructifier leur commerce. Elles prennent des risques en parcourant des dizaines de kilomètres à moto sous la chaleur et parfois dans le froid souvent sur des chemins non goudronnés. Tout cela pour ramener des légumes et autres marchandises des provinces. Certains hommes sont incapables de le faire préférant mendier.

Si cette photo témoigne de tout le risque que prennent les femmes (puisque circuler en surcharge est interdit), des actions devraient être menées afin qu’elles aient la possibilité de mieux travailler. Il s’agit par exemple de leur permettre de parcourir moins de distances en rapprochant les marchandises en sollicitant des transporteurs. L’accident sur la route d’Atakpamé (Togo) qui a tué 24 burkinabè dont des femmes hantent encore les esprits des Burkinabè.

L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) a sanctionné les trois opérateurs de téléphonie mobile (Airtel, Telecel, Telmob) à payer une taxe d’environ six milliards de Francs Cfa pour leurs mauvaises prestations. Une mesure saluée par beaucoup de Burkinabè mais qui ne devrait pas résoudre fondamentalement le problème.

Les trois compagnies de téléphonie mobiles du Burkina doivent revoir la qualité de leur service

Les trois compagnies de téléphonie mobiles du Burkina doivent revoir la qualité de leur service

C’est la deuxième fois que les opérateurs de téléphonie mobile du Burkina que sont Airtel, Telecel, Telmob sont sanctionnés par l’autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep). En février 2012, l’Arcep, dirigée par Mathurin Bako avait déjà sanctionné ces trois opérateurs mobiles pour les mêmes raisons. Ils devaient payer la somme de 2,7 milliards de francs Cfa soit 1% de leur chiffre d’affaires de 2010. Telecel avait même été suspendu pendant un bout de temps parce qu’elle n’avait pas payé la somme requise.

Deux ans après, rien n’a changé. Les griefs sont les mêmes : la mauvaise qualité de la communication, les coupures intempestives, l’impossibilité de joindre son correspondant même quand ce dernier est à côté, la mauvaise qualité de la connexion à Internet malgré la 3G, la surfacturation sur certains appels, la cherté de la communication. Ces derniers temps, le problème a atteint son pic ce qui a finalement fait réagir l’Arcep avec cette deuxième sanction financière qui s’élève à près de 6 milliards de Francs Cfa. « C’est bon mais ce n’est pas arrivé » comme on aime le dire. La première sanction n’a rien changé et l’Arcep a attendu deux ans pour se prononcer une deuxième fois. S’il faut encore attendre deux ans pour prendre de nouvelles sanctions, les Burkinabè vont donc encore souffrir.

 Les consommateurs vont payer cher

Cette sanction est insuffisante Ce sont les consommateurs qui devront payer cette facture de six milliards de francs Cfa à travers toujours les méthodes iniques et sournoises des opérateurs de téléphonie mobile. L’on a déjà constaté à travers les publicités mensongères, la surfacturation dans les appels entre autres. Pour combler ce trou, les opérateurs ne manqueront pas d’idées. Et c’est là où le bat blesse. L’Arcep a donné trois mois aux opérateurs de téléphonie mobile pour améliorer la qualité de leurs prestations. Pour le moment, rien n’a changé. Mais cela avait été le cas en 2012. Mathurin Bako avait donné un délai de trois mois, mais rien n’a changé pendant les deux années suivantes d’où cette deuxième sanction. Même si la sanction est insuffisante, il faut saluer l’Arcep qui rappelle à chacun d’eux qu’ils ont engagement à honorer.

Airtel, Telmob, Telecel doivent accepter de consentir des efforts en investissant. Ce qui est surprenant, c’est qu’ils ont réussi à innover en proposant des services salutaires comme le transfert d’argent, mais ces derniers n’ont pas adapté leurs installations en tenant compte de la demande. Ils sont donc dépassés.

 Ce qui peut susciter une autre réflexion, c’est qu’un 4e opérateur qui avait été annoncé a désisté à la dernière minute. Peut-être que le marché burkinabè ne serait pas porté comme on le croit. (Oui, ça tombe comme un cheveu dans la soupe)

Dans un pays comme le Burkina Faso peu avantagé par le climat, les paysans rencontrent beaucoup de difficultés pour faire pousser les semis et avoir une bonne récolte. Pour pallier cela, ils ont trouvé une salutation : le zaï. Le mois d’avril est la période pendant laquelle les paysans commencent donc à le « fabriquer ».

Quelques zaï dans un village de la province du Bam (Burkina Faso)

Quelques zaï dans un village de la province du Bam (Burkina Faso)

Le zaï est une technique culturale propre au Burkina Faso notamment utilisé par la population nord du pays. Dans cette zone, les sols sont arides et la pluviométrie est faible. C’est pourquoi les paysans ont inventé la technique du zaï pour  améliorer les rendements agricoles. De quoi s’agit-il exactement ?

Les zaï sont de petits trous que l’on creuse en ligne dans son champ en respectant une certaine distance (10 cm environ) entre chaque trou. La largeur du trou se situe entre une dizaine et une vingtaine de cm. En fait, l’on creuse en ayant à l’esprit la forme d’une calebasse comme pour recueillir de l’eau. Ensuite, les paysans y mettent du fumier ou du compost et rajoutent un peu de terre pour éviter que le vent l’emporte, mais aussi pour enrichir le sol. Les zaï sont creusés généralement à partir du mois d’avril (une période pendant laquelle il fait très chaud) pour attendre les premières pluies de mi-mai, ou juin. En général, l’on peut commencer la semence dès la première pluie.

Le zaï permet donc de recueillir et de garder les eaux de pluie pendant une longue période, car elles s’évaporent moins vite. Un autre avantage en utilisant cette méthode, c’est que l’humus que l’on ajoute au trou contribue aussi à la création de poches d’eau dans le sol. Le zaï permet la récupération des terres, empêche l’érosion et les ruissellements.

Faire du zaï nécessite beaucoup d’efforts parce qu’il faut passer des heures à creuser le trou. Cependant, lorsque le zaï est fait, le cultivateur a abattu presque la moitié de son travail parce qu’il n’a besoin de désherber son champ qu’une seule fois au lieu de trois comme cela est le cas habituellement. Le travail est d’ailleurs moins pénible et le cultivateur à plus de temps pour s’occuper d’autres choses.

Lorsqu’il est bien fait, la saison qui suit devient moins fatigante. Le zaï permet d’ailleurs de multiplier la production à quatre ou cinq en comparaison avec un sol où la technique n’est pas utilisée. Souvent, l’on peut y ajouter les cordons pierreux pour lutter contre l’érosion.

Ayant creusé des zaï quand j’étais encore au collège, je sais que cela permet de se faire de l’argent. Certains paysans fortunés payent des jeunes pour en creusés. Je me suis fait quelques sous.

Le succès du zaï est tel qu’il a été récupéré et popularisé par les agronomes. Il s’est exporté dans des pays comme le Mali et le Niger. Certains pays de l’Afrique de l’Est sont même en train d’adopter la pratique.

Près de la moitié de ceux qui prétendent pratiquer le blogging ne sont pas forcément des blogueurs

Quel état des lieux de l’utilisation des blogs par les journalistes burkinabè ? Cette question nous a conduit a menée une enquête sur ce sujet. Nous nous sommes rendu compte s’il y a des journalistes qui s’intéressent au blogging, le phénomène est encore embryonnaire au Burkina Faso.

Près de la moitié de ceux qui prétendent pratiquer le blogging ne sont pas forcément des blogueurs

Près de la moitié de ceux qui prétendent pratiquer le blogging ne sont pas forcément des blogueurs

Notre enquêté a porté sur 50 journalistes burkinabè issues de la presse écrite, de la radio, de la télévision et de la presse en ligne. L’enquête a concerné un échantillon de 50 journalistes. 84% des journalistes enquêtés sont des hommes soit 42 personnes. Les journalistes du sexe féminin au nombre de 8 (16%). L’analphabétisme est la principale explication de la faible représentation des femmes dans le monde des médias burkinabè.

Pendant notre recherche, 36% des journalistes de notre soit 18 personnes affirment détenir un blog. 64% ne sont pas des blogueurs. Mais dans les faits, ils ne sont pas tous blogueurs. En fait, près de la moitié de l’échantillon a tenté de créer un blog. Ils n’ont pas persévérer dans leur démarche. Certaines personnes n’ont pas compris le principe du blogging et pensent que travailler pour un organe en ligne signifie qu’on est blogueur. Par exemple, ils ne se rappellent plus de l’adresse et même du nom de leurs blogs.

Il y a peu de femmes journalistes au Burkina Faso

Il y a peu de femmes journalistes au Burkina Faso

Une grande majorité des journalistes burkinabè ne s’est pas encore intéressée à la pratique des blogs. Ils sont 64% des enquêtés. Comme explication, le manque de temps (41,2%) en premier lieu et la non-maîtrise du blog ensuite (23,5%). Six personnes  (17,6%) déclarent ne pas s’intéresser au blog. La paresse est évoquée par 8,8% des enquêtés tandis qu’un pourcentage équivalent n’avance aucune raison.

Certains journalistes se sont intéressés à la pratique des blogs et tentent de les alimenter régulièrement. Nous avons parcouru quelques blogs de journalistes burkinabè sur le net. Nous avons pu constater que ces blogs se caractérisaient par :

  •   L’irrégularité dans la publication des billets
  •   L’absence de liens ou hyperliens. Ce qui signifie que les journalistes-blogueurs ne maîtrisent pas les techniques d’écriture en ligne
  •   Le copier coller : c’est-à-dire que les journalistes reprennent soit leur propres articles publiés dans déjà dans leur organe soit ceux de leur confrère de la presse nationale ou même internationale.
  •  Les billets ne sont pas toujours accompagnés de photos,
  •  Le manque d’originalité des billets
  •  La confusion entre blog et site internet
  •  Peu de blogs spécialisés

 Les sujets traités

Les sujets traités par les journalistes burkinabè sont diversifié. Les sujets d’actualité sont ceux qui intéressent d’abord les journalistes-blogueurs burkinabè. Cette rubrique est citée 11 fois. Parlant de sujet d’actualités, il s’agit en fait d’un terme passe partout. Car cette rubrique dite actualité est un fourre tout. Les journalistes y publient en général les comptes-rendus.  Les sujets qui les intéressent donc sont la politique (citée 8 fois) puis suivent la culture (citée 4 fois), le sport (cité 2 fois) et l’art (cité une 1 fois). Certains ajoutent les nouvelles littéraires, les photographies.

Le débat sur la crédibilité des blogs s’est posé parce que les blogueurs sont accusés à tort ou à raison de colporter de fausses informations. A l’ère des TIC, la question se pose avec acuité surtout que les blogs en particulier échappent au contrôle de la législation. A partir de n’importe quel poste et de n’importe quel endroit, une personne peut créer un blog et publier une information sans qu’elle ne soit vérifiée. L’enquête a voulu recueillir les points de vue des journalistes burkinabè sur la crédibilité des blogs. Les opinions sont partagées. 41, 3% pensent que les blogs sont crédibles tandis que 21,7% disent le contraire. Sur la question, certains hésitent : 37% des enquêtés ne savent pas si les blsogs sont crédibles. Si une majorité ne se dégage pas sur cette question, cela s’explique par le fait que rumeurs et informations vérifiées peuvent se trouver sur les blogs.

 Les blogs sont-ils intéressants ?

Pour savoir si les journalistes trouvent les articles publiés sur les blogs intéressants, nous avons d’abord posé la question qui est de savoir s’ils consultent souvent les blogs. 60,5% des journalistes (43) ayant répondu à la question le font souvent tandis que 39,5% ne s’y intéressent pas. Ceux qui consultent les blogs le font par curiosité, pour voir comment les autres animent leur blog, pour se cultiver, trouver des pistes de réflexion, trouver des informations pertinentes. A cela, on peut ajouter le fait que les blogs traitent de sujets qu’on n’a pas l’habitude de voir dans les médias traditionnels. Ceux qui ne s’intéressent pas aux blogs évoquent le manque de temps, d’intérêt, de crédibilité pour certains, etc.

A travers cette enquête, 34 personnes (94,4%) jugent les productions des blogueurs intéressantes. Le constat ici, c’est que seulement deux personnes affirment que ces billets ne sont pas intéressants alors que 17 ont affirmé qu’elles ne lisent pas les blogs. Ce paradoxe est la preuve que certains journalistes-blogueurs cachent mal leur intérêt. Même s’ils ne consacrent pas du temps exclusivement pour la lecture des billets, il leur arrive de se retrouver  sur des blogs dont ils jugent les articles intéressants. De leurs avis, ils ne font pas confondre un article intéressant et un article crédible. Un article peut être intéressant sans être crédible.

 Toujours dans cette tendance, 36 personnes (90%) pensent que les blogs constituent des sources d’information alors que seulement quatre personnes (10%) pensent que les blogs n’en sont pas.

Rapport entre blogging et liberté d’expression

Aujourd’hui, le blog est un canal de libre expression. Cette enquête a révélé que la majorité était d’accord sur ce principe. Toutes les personnes interrogées et ayant répondu à la question sont d’accord sur le fait que les blogs peuvent contribuer à la liberté d’expression parce que les articles ne sont pas censurés par un rédacteur en chef. Le blogueur est lui-même son propre rédacteur en chef. Voici d’ailleurs quelques réponses des enquêtés : « Parce que ce qu’un organe ne peut pas publier, on peut le lire sur un blog », « le blog permet de dire ce que l’on pense et de publier ses articles sans passer par le contrôle d’une structure », « cela permet à tout individu quel que soit son appartenance social de se faire entendre », « les blogs donnent la parole à tous », « c’est un cadre d’expression ouvert à toute personne désireuse de partager ses opinions ». On peut ajouter à ces réponses, la possibilité de publier des articles sous le couvert de l’anonymat.

51,2% des journalistes burkinabè pensent que les blogs sont en train de changer  de bouleverser le monde des médias tandis que 21% ne partagent pas cet avis. Ce bouleversement, pour les premiers cités, se fait de façon négative. Le premier problème qui se pose est « qu’il fait porter le titre de journaliste à beaucoup de personnes qui n’ont aucune connaissance dans la pratique du métier ; ce qui peut occasionner des désordres ». Cette confusion entre journaliste et blogueur est traduite par ces affirmations : « étant donné que tous les blogueurs ne sont pas des journalistes, ils ne respectent pas les règles du métier. Aujourd’hui, tout se passe sur Internet. On ne sait plus ce qui relève du  journalisme ou pas ». Ils reprochent la publication des informations qui ne sont pas forcément vérifiées. N’importe qui peut à partir de n’import quel ordinateur balancé « du n’importe quoi ». Les journalistes sont réticents parce que les blogs qui sont très utilisés par des non journalistes ne répondent pas aux règles d’écritures du journalisme.

Des journalistes apprécient le fait que les blogs aient été utilisés sous d’autres cieux pour dénoncer des violations en référence aux pays arabes, avec ce qu’on a appelé le « Printemps arabe« . Certains reconnaissent que le journaliste n’est plus le seul capable de partager l’information. Ils pensent également qu’ils « multiplient les sources d’information ». Un journaliste ajoute ceci : « la concurrence du blog pousse le journaliste au professionnalisme car certains s’inspirent des blogueurs ». Pour eux, il contribue également comme dit plus haut au renforcement de la liberté d’expression. Pourtant, d’autres journalistes estiment que « ce métier repose sur des bases solides et que le journaliste inspire plus confiance que le blogueur».

Blogs et professionnalisme 

Vu comme une concurrente du journalisme classique parce que chassant presque sur le même terrain, nous avons voulu savoir si la blogosphère peut contribuer à renforcer le professionnalisme du journalisme. 59,5% des journalistes pensent que cela est possible. Ces personnes expliquent cette situation par le fait que « la pratique du blog peut bonifier le journalisme » comme l’affirme un journaliste. Un autre estime qu’une publication sur un blog peut amener un journaliste à vérifier cette information avant de la publier dans son organe. Ce qui sous-entend que les journalistes font plus confiance aux informations publiées par leurs confrères, alors qu’elles peuvent être erronées. Partant de là, ils n’ont pas besoin de vérifier forcément la véracité de celles-ci. Il est ressorti dans cette enquête qu’avec cet outil, « les journalistes n’ont plus le monopole de l’information ». Ce qui appelle à plus de rigueur et de vigilance.

L’interactivité est aussi évoquée comme un moyen pouvant renforcer le professionnalisme du journaliste. Un enquêté cite l’exemple des commentaires qui peuvent amener le journaliste à se remettre en cause et un autre d’ajouter que cela est possible: « par l’animation du débat et les analyses ». Effectivement, comme aime à le dire Sylvestre Ouédraogo de l’Association Yam Pukri, les blogs sont comme « un arbre à palabre ». Car il s’agit d’un espace où l’on peut échanger les idées, débattre, se contredire, harmoniser les points de vue; etc. Il n’est pas rare de voir des commentaires sur les blogs (de personnes anonymes ou pas) qui rectifient des informations erronées fournies par le blogueur ou même un journaliste, qui apportent des informations complémentaires avec souvent des chiffres et des sources à l’appui. Il s’agit d’un vrai exemple de partage d’informations.

40,5% ne partagent pas l’opinion selon laquelle, les blogs peuvent contribuer à renforcer le professionnalisme des journalistes parce qu’ils ne respectent pas les règles journalistiques. A ce sujet, Jean Marie Charon et Patrick Le Foch affirment que « blogs et sites participatifs sont régulièrement confrontés à la question de la frontière entre professionnalisme et amateurisme, dans le recueil et le traitement de l’information, ce qui est légitime quant à la réflexion sur le journalisme et son éventuelle redéfinition » avant d’ajouter qu’« ils ont tous leur place en tant qu’acteur interagissant avec la presse en ligne. Certains répondant aux critères professionnels de la production de l’information». Pour d’autres, les journalistes étant déjà formés, ils ne voient pas en quoi les blogs peuvent renforcer leur professionnalisme. Toutefois, sur ce point, l’enquête a prouvé que de nombreux journalistes ont atterri dans le métier sans aucune formation préalable.

Si la majorité des enquêtés pensent que la concurrence qu’imposent les blogs peut contribuer à améliorer la pratique du journalisme, ce n’est pas le cas selon 65,9% des réponses. « L’activité du blog n’a pas beaucoup influencé le métier », pense un journaliste alors qu’un autre estime que « les deux se complètent ».

Pour 34,1% des cas, les blogs sont un danger pour le métier. Le respect de l’éthique et de la déontologie est la principale raison avancée. Un répondant estime qu’il n’est pas évident que le lecteur puisse faire la différence entre les articles d’un blog et ceux d’un journal en ligne. Le peu de fiabilité des informations contenues dans les blogs, la possibilité donnée à toute personne de s’exprimer sans restriction, les rumeurs, le fait que tout le monde se réclame journaliste parce qu’il utilise un blog sont des raisons également évoquées. Un journaliste relève, pour sa part, que « le journalisme est le métier qui informe. Avec les blogs, ce métier craint fort ». Cette affirmation traduit l’idée selon laquelle les blogs peuvent influencer négativement la pratique du journalisme. Cette pensée peut rejoindre le point de vue d’un journaliste affirment ceci : « ils bouleversent la pratique du journaliste et baissent le niveau de l’écriture ».

Pourtant, les insuffisances avancées à savoir le non respect de l’éthique de la déontologie mais aussi le manque de responsabilité sociale sont inhérentes également à la presse burkinabè. Cela peut se constater à travers les saisines mentionnées dans le rapport 2012 et 2013 du Conseil Supérieur de la Communication (CSC).

Tout cela rassemblé, nous avons constaté que les journalistes burkinabè ne se sont pas encore approprié les nouveaux médias et les blogs en particulier. La pratique du blogging est encore embryonnaire parce que les journalistes burkinabè ne se sont pas encore familiarisés avec les medias sociaux.

Les journalistes rencontrent beaucoup de difficultés pour bloguer

Les journalistes rencontrent beaucoup de difficultés pour bloguer

Les journalistes qui pratiquent le blogging ne maîtrisent pas les techniques. C’est ainsi que nous avons pu confirmer l’hypothèse secondaire selon laquelle les blogs des journalistes burkinabè ne sont pas conformes aux exigences, aux critères du blogging. Nous avons pu le remarquer par exemple par la qualité et l’irrégularité des billets produits, la mise en forme du blog. De plus, ces blogs n’associent pas les réseaux sociaux pour la promotion des billets. Si les journalistes ne maîtrisent pas donc la gestion des blogs, c’est parce qu’ils ne se sont pas familiarisés avec cet outil mais aussi avec les TIC. L’utilisation du blog est un indicateur de l’appropriation de ces technologies dans le monde de la presse. Les journalistes-blogueurs doivent donc faire des efforts pour avoir des sites personnels de qualité afin de concurrencer, pourquoi pas, avec leurs confrères de la sous-région. L’utilisation du blog est une question d’initiative personnelle.

En plus de cela, les conditions de travail des journalistes ne favorisent pas la pratique des blogs. Ils sont confrontés à un manque de matériel de travail, de temps, des salaires bas par rapport au travail fourni. Ils ne sont pas aidés en cela par les patrons de presse qui ne proposent pas à titre d’exemple, la création de blog sur les sites sans doute parce qu’ils n’ont pas encore compris son intérêt. Le faible débit d’Internet, le coût élevé de la connexion, sont des raisons évoquées pour ne pas s’adonner au blogging.

Néanmoins, les journalistes burkinabè sont persuadés que les blogs peuvent améliorer la liberté d’expression au Burkina Faso. 100% des personnes ayant répondu à cette question pensent que les blogs peuvent contribuer à la liberté d’expression. Le blogging dans ce contexte permet au journaliste de se libérer un temps soit peu de la ligne éditoriale de son organe mais aussi de marquer sa présence sur Internet. Ce qui est important dans un contexte de mondialisation et notamment avec les tablettes qui se vendent désormais comme du pain.

Partant de ce constat, des initiatives peuvent être menées pour promouvoir l’utilisation des blogs par les journalistes burkinabè. Il s’agit d’inclure ou renforcer des cours sur les nouveaux médias dans les écoles de journalisme au Burkina Faso. Les patrons de presse ont leur partition à jouer en permettant la création de blog sur leur site Internet et en encourageant leurs journalistes dans ce sens. En plus de cela, des formations sur les TIC seront un avantage pour les journalistes qui pourront par là, mieux comprendre le concept du blog et s’adonner à la pratique et aussi avoir la culture de l’écriture en ligne. Le ministère en charge de la communication au Burkina Faso dans le cadre des « prix Galian », récompensant les meilleures œuvres de journalistes, à créer une catégorie pour primer les blogs. Cela pourrait entraîner de l’engouement pour ce média social.

Victoire pour le Mouvement burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP) et la famille du journaliste assassiné Norbert Zongo. La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples basés à Arusha (Tanzanie) qui a relevé des carences  dans le traitement de cette affaire a condamné le Burkina pour violation des droits humains.

La vérité pourrait être faite sur l'affaire Norbert Zongo après la décision de la cour africaine d'Arusha

La vérité pourrait être faite sur l’affaire Norbert Zongo après la décision de la cour africaine d’Arusha

Lueur d’espoir pour la famille de Norbert Zongo et les mouvements et associations de lutte pour les droits de l’homme au Burkina Faso après le verdict de la Cour Africaine des droits de l’homme et des peuples sur ce dossier qui lui avait été soumise. Alors que la justice burkinabè attendait des « éléments nouveaux » ou encore de nouvelles preuves la justice africaine vient de donner une chance pour faire éclater la vérité sur l’assassinat du journaliste d’investigation Norbert Zongo et ses compagnons (son frère Ernest Zongo, son chauffeur Abddoulaye Nikièma dit Ablassé et son ami Blaise Ilboudo). La cour d’Arusha a relevé comme incohérence dans le dossier de Norbert Zongo la durée de l’affaire (huit ans entre les premières investigations et l’ordonnance de non-lieu d’août 2006), des faiblesses au niveau de l’investigation. Selon la cour, le Burkina n’a pas exploré les autres pistes d’investigations mentionnées dans le rapport relevé par la commission d’enquête de 1999, l’audition tardive de la partie civile et le non-lieu prononcé en faveur du principal inculpé conduisant la fermeture du dossier alors qu’aucun coupable n’a été trouvé. Tout cela a fait dire à la cour d’Arusha que le Burkina n’a pas respecté les droits des plaignants.

Même s’il faut encore les commentaires des différentes parties, il est fort probable que la cour d’Arusha décide de la réouverture du dossier Norbert Zongo. « Les choses devraient repartir à zéro. En principe l’Etat burkinabè devrait rouvrir ce dossier et le traité avec beaucoup plus de sérieux qu’il ne l’a fait jusqu’ici. Nous seront exigeants et intransigeants avec toute la mesure qui se doit, nous allons prendre les dispositions pour que les choses se fassent dans les règles de l’art », a confié Chrysogome Zougmoré le Président du MBDH à la Radio Liberté (avec laquelle je travaille).

Le 13 décembre 1998, le cadavre de Norbert Zongo et ses compagnons ont été découvert calcinés à Sapouy, un village situé à X km de Ouagadougou. Si le gouvernement au départ avait avancé la thèse de l’accident, la commission nationale d’enquête mise sur place à travers la pression populaire a conclu dans son rapport rendu public en mai 1999 que le journaliste burkinabè a été assassiné pour ses activités journalistiques. Les investigations avaient désigné six suspects sérieux (le caporal Wampasba Nacoulma, le sergent Banagoulo yaro, le soldat Christophe Kombasseré, le soldat Ousseni Yaro, l’adjudant Marcel Kafando Le le Sergent Edmond Koama) tous membres de la garde présidentielle. Selon le rapport, Norbert Zongo a été assassiné parce qu’il enquêtait sur la disparition de David Ouédraogo, chauffeur de François Compaoré, le frère cadet du Président Blaise Compaoré. Le seul inculpé l’adjudant Marcel Kafando avait bénéficié d’un non-lieu.

Le MBDHP, la famille de Norbert Zongo et ses compagnons ont saisi la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples le 11 décembre 2011. La cour s’était qui a pris connaissance du dossier le 21 juin 2013 a jugé le dossier les 28 et 29 novembre 2013.