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Le Messager d'Afrique depuis Ouagadougou
Article : Zéphirin Diabré: « Je suis pétri des valeurs de l’insurrection populaire »
Politique
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15 novembre 2015

Zéphirin Diabré: « Je suis pétri des valeurs de l’insurrection populaire »

La première émission « Un candidat, un programme », initiée par le Conseil supérieur de la communication (CSC) et diffusée sur les antennes de la télévision nationale du Burkina a reçu comme premier candidat, Zéphirin Diabré de l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC). C’est avec assurance que l’ancien chef de file de l’opposition a défendu son programme.

Zéphirin Diabré candidat présidentielle Burkina

Pourquoi les Burkinabè devraient voter pour Zéphirin Diabré ? C’est l’une des dernières questions posées au candidat de l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC). Alors qu’on pensait qu’il évoquerait son programme, Zéphirin Diabré évoque son parcours. Il relève qu’il a occupé des postes ministériels au Burkina Faso pour montrer ainsi son expérience dans la gestion de l’affaire de l’Etat. Il a aussi rappelé son cheminement dans l’opposition pour conduire le combat contre la mise en place du Sénat et la modification de l’article 37. « Je suis pétri par les valeurs de l’insurrection », a martelé Zéphirin Diabré comme pour afficher son intégrité. Il a d’ailleurs appelé ceux qui auraient des dossiers sur lui à les présenter.

@Zephirindiabre « Pourquoi me voter? Je suis pétri par les valeurs de l’insurrection Burkinabè « #lwili #Burkina #lwilivote

— Ouima2025 (@JadJaime) November 14, 2015

Zéphirin Diabré, en une heure de temps, a dû répondre à des questions sur quatre points. A savoir, le « burkindlim », le nom de son projet de société, les questions sociales, l’économie et sa vision pour le Burkina s’il était élu.

1 – Le « burkindlim »: « Un peuple, une génération, c’est toujours un héritage historique, culturel et surtout un héritage de valeurs ». C’est partant de cette appréciation que Zéphirin Diabré explique le sens de son projet qui veut réinstaurer le « burkindlim », une expression en langue mooré qui revêt les valeurs de l’intégrité. Une occasion pour lui de montrer qu’il partage les valeurs sankariste se basant sur la philosophie de Thomas Sankara (sans forcément être un sankariste). Selon lui, le burkidlim est une philosophie qui permet de définir ce que doit être le comportement du Burkinabè, ce qui implique de défendre la fibre nationale. « Si on ne le fait pas, nous créons une société qui n’a pas d’avenir ». Cette philosophie qui devrait être adoptée à l’issue d’une conférence nationale ressemble bien à un autre concept, source de la crise qu’a connu la Côte d’Ivoire : l’Ivoirité.

 

« Le problème de consommer local est un problème de compétitivité », Zéphirin Diabré #1candidat1programme #Burkina #LwiliVote #lwili

— Dieudonné LANKOANDE (@Dieuson1) November 14, 2015

Si cette référence à la philosophie est un appel à l’unité nationale, Zéphirin Diabré n’a toutefois pas montré en quoi le Burkindlim, qui défend le concept de la sobriété, tranche avec le luxe dans lequel il mène sa campagne. Le président de l’UPC s’est mal défendu : « Je viens de parcourir 16 provinces en une semaine comment voulez-vous que je le fasse ? ». Il aurait encore pu saisir la balle au bond lorsqu’Aubin Guébré a évoqué le train de vie de l’Etat. Mais pour Zéphirin Diabré : « La société est dans son ensemble gangrénée par ce mal ».

Dans ce volet, en plus des questions culturelles avec la possibilité de faire voyager les lauréats de la Semaine nationale de la Culture (SNC), il a aussi développé sa vision du sport. Zéphirin Diabré veut créer des «plateaux diverses» qui permettraient de développer plusieurs disciplines dans les communes. Un projet intéressant. Cependant, l’occasion ne lui a pas été donnée de dire comment cela devrait se mettre en place.

2 – Les secteurs sociaux : Sur le plan de l’éducation, Zéphirin Diabré s’est d’entrée de jeu montré favorable au continuum du système Licence Master Doctorat (LMD) qui fait actuellement débat au Burkina. Il estime que ces concepts sont bons mais leurs applications posent problème à cause du manque d’infrastructures et de matériels. « Si vous voulez attendre d’avoir tous les moyens pour mettre en œuvre la réforme, vous n’allez rien faire », explique-t-il. L’une de ses ambitions est d’amener le ratio à 500 étudiants pour cent mille habitants. Même si ses ambitions sont beaucoup trop grandes, l’invité du jour a fait comprendre que son document a été rédigé en 1994 et qu’il s’agit de donner à mettre à jour.

Sur la @rtburkina, @Zephirindiabre « Réserver un pourcentage du marché publique aux entrepreneurs privés pour les booster « #lwili #lwilivote

— Ouima2025 (@JadJaime) November 14, 2015

Sur les questions sanitaires, Zéphirin Diabré pense qu’on ne peut pas offrir la gratuité des soins aux Burkinabè sauf les soins d’urgence. « Mettre au monde un enfant ne doit pas être une occasion de dépenser de l’argent », a dit-il dit.

Sur la question de l’emploi, le candidat de l’UPC annonce qu’il compte créer 140 000 emplois pendant son mandat, soit cinq mille par an. Il constate trois sources d’employabilité des jeunes : les Concours de la fonction publique, le secteur le privé et l’auto-emploi. « L’Etat ne peut pas embaucher tout le monde », souligne Diabré. Dans le secteur privé, il faut compter sur les investisseurs et faire en sorte que les Burkinabè sachent qu’un charpentier ou un menuisier peut mieux vivre qu’un fonctionnaire. Mais à ce niveau, Diabré ne dit pas comment la politique sera mise en place. A travers la réforme du système éducatif ?

3 – Economie : Economiste de formation, c’était en principe son terrain de prédilection. A ce sujet, Diabré compte créer un ministère du plan, qui a déjà existé de par le passé au Burkina Faso, pour assurer la liaison étroite avec le secteur privé et définir les secteurs porteurs. Conscient que le Burkina a besoin d’investissement, Zéphirin Diabré pense qu’il faut assurer les investisseurs. Sur cela, il se base sur des arguments subjectifs et vagues comme s’il était facile de convaincre un investisseur. En parlant de celui qui sera élu « s’il dit clairement qu’il veut un pays où l’initiative privée est encouragée, il viendra ».

Il pense néanmoins qu’il faut compter sur ses proposes en force. Et comme idée intéressant, il pense qu’il faut encourager les jeunes entrepreneurs. Cela à travers l’octroi à ces derniers d’un pourcentage de la commande publique et aussi, faire en sorte que ce ne soit pas toujours les mêmes qui sont retenus.

Sur le plan agricole, Zéphrin Diabré pense qu’il faut passer de la daba à la charrue. C’est pourquoi, il a en projet la création de la société nationale d’équipement agricole (SONEA) qui va faire en sorte qu’on puisse mettre à la disposition des paysans du matériel monté sur place et à moindre frais. Il a aussi relevé des potentialités. D’après lui, il y a 250 mille hectares de terre à irriguer et 500 mille hectares de baffons aménageable.

Cependant, en abordant la question des industries, Zéphirin Diabré pourrait perdre des points auprès des Bobolais. Alors qu’une certaine opinion dans la ville de Sya estime que la ville de Bobo Dioulasso est délaissée avec les unités industrielles qui se ferment Zéphirin Diabré réfute cet argument. « Quand les unités se meurent, ce n’est pas l’Etat qui les fermes », réplique Diabré qui pense qu’il n’y a pas de complot que la ville de Bobo Dioulasso. Si cela est juste, la manière de le dire pourrait laisser croire que cette partie du Burkina n’occupe pas une place importante dans son programme. Néanmoins, Bobo Dioulasso fait partie des « zones d’économies spéciales » que compte mettre en place Zéphrin Diabré.

Sur la question des mines, Zeph tranche avec une certaine conception des populations locales qui souhaitent que les ressortissants d’une localité minière puissent avoir une place dans les sociétés minières dès leurs installations : « Ils sont tous des Burkinabè ». Et pourtant, beaucoup de conflits dans les zones minières sont parties du fait que les populations locales estiment qu’ils ne bénéficient pas assez des retombées. L’on constate donc qu’à force de vouloir sortir de ces questions d’éthnicisme, de régionalisme, le candidat de l’UPC glisse sur des terrains dangereux.

Vision pour le Burkina : Zéphirin Diabré rêve d’un pays qui sera bâtit par tous les Burkinabè quel que soit leurs bords. Interrogé sur la participation de la diaspora, il en a profité pour parler indirectement des refugiés. Pour lui, tous peuvent contribuer à construire le Burkina Faso mais il faut la vérité, la justice avant le pardon. Au niveau de la coopération, il estime qu’il faudrait que certaines coopérations soient revues. Un clin d’œil surement à la Chine Taiwan.

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Article : Au cœur de la Présidentielle : Blaise Compaoré sera jugé selon les candidats
Politique
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11 novembre 2015

Au cœur de la Présidentielle : Blaise Compaoré sera jugé selon les candidats

Les Burkinabè ont pu suivre l’acte 3 de l’émission «Au cœur de la présidentielle» avec les candidats Jean Baptiste Natama et Françoise Toé indépendants, Saran Séré Sérémé du Parti pour le développement et le changement (PDC) et un représentant du candidat Ablassé Ouédraogo en la personne de Roch Ouédraogo. La bonne gestion du débat par les deux journaliste à pousser les invités dans leur dernier retranchement.

Tous les candidats sont d'accord pour juger Blaise Compaoré
Tous les candidats sont d’accord pour juger Blaise Compaoré

Gouvernance : 25 ministres pour Françoise Toé, 16 pour Natama

La question de la gouvernance a été le premier sujet abordé par lors de l’émission « Au cœur de la présidentielle ». Le représentant du Faso Autrement Roch Ouédraogo, affirme qu’il s’agit de faire en sorte que les Burkinabè sachent ce qui s’est passé au Burkina. C’est pourquoi ce parti va commanditer un audit des projets et programmes des dix dernières années au Burkina Faso et des grandes sociétés de l’Etat. Ces résultats seront publiés dans les six mois à suivre. Si son candidat Ablassé Ouédraogo souhaite restaurer l’autorité de l’Etat au Burkina, il compte aussi s’investir dans la réconciliation. « Nous assistons une bipolarisation des rancœurs et il faut éviter tout esprit de triomphalisme d’un camp sur un autre », a lancé Roch Ouédraogo.

Françoise Toé compte mettre en œuvre les recommandations de la Comité nationale des réformes et de la réconciliation (CNRR). L’éthique est importante dans la gestion de l’Etat à son avis : « tant que les choses ne seront pas fait dans les règles de l’éthique, on ne peut pas assurer la bonne gouvernance. Le projet de société vise pour objectif d’assurer le développement endogène du Burkina Faso». Françoise Toé compte s’investir dans la lutte contre l’impunité, la corruption. Son gouvernement d’une large ouverture sera constitué de 25 membres.

 Jean-Baptiste Natama constate que la situation que vit le Burkina est consécutive à la mal gouvernance. « Pour que le pays puisse repartir sur de bon pied, il faut nécessairement donner des signes forts en matière de promotion de la bonne gouvernance qui commencent par la moralisation de la vie politique nationale, la promotion des valeurs, qui sont des valeurs d’intégrité d’honnêteté et de solidarité des Burkinabè ». Et pour réduire le train de vie de l’Etat, son gouvernement sera composé de 16 membres paritaire. Interrogé sur sa collaboration avec l’ancien régime, Jean-Baptiste Natama nie. « Je n’ai jamais été membre d’un gouvernement, je n’ai jamais été membre de l’assemblée nationale, je n’ai jamais été maire, je n’ai jamais été conseillé. Je suis nouveau sur la scène politique », a résumé Natama. Mais pour Remy Dandjinou l’un des journalistes, son passage à la tête du Mécanisme d’Evaluation par les Paires (MAEP) pourrait s’expliquer par le fait qu’il avait des accointances avec Blaise Compaoré. Mais selon Natama, il s’agit d’un « sacrifice » et un acte patriotique de servir au MAEP tout en affirmant que le rapport a été véridique et posait les problèmes soulignés aujourd’hui.

#Lwilidebatrtb, tous les candidats sur le plateau de @rtburkina en accord pour que Blaise Compaoré réponde devant la justice #lwilivote

— Ouima2025 (@JadJaime) November 10, 2015

Sur la question de sa collaboration avec Blaise Compaoré, Saran Séré Sérémé affirme que le « système présidentialiste », ne permettait pas à un seul individu du système de faire changer les choses. « La justice étant un bras du gouvernement, elle ne pouvait pas être neutre », souligne la Présidente du PDC. Saran Séré Sérémé rappelle qu’elle a quitté le navire de l’ancien régime lorsqu’elle a constaté des rives.

Roch Ouédraogo, représentant de Ablassé a abordé les mêmes arguments que Natama puisque son candidat a été ministre des affaires étrangères dans le gouvernement de Blaise Compaoré. « C’est par patriotisme qu’Ablassé Ouédraogo a accepté de venir travailler pour le Burkina Faso », précise Roch Ouédraogo.

Blaise Compaoré va répondre devant la justice

l«Notre préoccupation, c’est d’arriver à éradiquer l’impunité et la corruption au Burkina Faso », a répondu Françoise Toé lorsqu’elle a été interrogée sur la question du sort réservé à l’ancien Président du Faso Blaise Compaoré. Selon elle, tous les acteurs appelés par la justice devront répondre : « toute personne qui a déposé des actes susceptibles d’être qualifiés de délit de crimes». Pour Natama cette question de « la justice ne saurait se limiter au Président Compaoré »

« Sous la présidence Ouédraogo, aucun Burkinabè ne sera au-dessus de la loi. Cela veut dire que le Président Compaoré est appelé à répondre à la justice burkinabè, il répondra de ses faits et actes. Nous n’allons pas faire d’entraves à la justice », assure Roch Ouédraogo.

Ce moment très gênant quand tu établis en direct ton programme politique en fonction des réponses des autres candidats. 😩 #LwiliVote

— Mah-Kü (@Mahkuu) November 10, 2015

Saran Sérémé s’est inscrite dans la même logique. «Toute personne qui a pu poser des actes en porte-à faux avec la loi devra répondre ses actes. Chacun doit apprendre à s’assumer devant l’histoire». Toutefois, elle croit en une possible réconciliation.

Économie: mettre l’accent sur l’industrialisation 

Pour redresser l’économie du Burkina Faso, Françoise Toé qui s’appuie sur le programme du PDP/PS compte créer des lycées agricoles, même s’ils existent déjà, et mieux les faire fonctionner pour augmenter la productivité. Natama constatant que les indicateurs sociaux sont bas pense qu’il faut identifier les déterminants de la croissance économique « à partir de là vous identifier les leviers qu’il faut actionner ». Selon elle, 80% des Burkinabè vivent de l’agriculture et cette même couche produit 30% du produit intérieur bruit. C’est pourquoi, elle pense qu’il faut accroitre la productivité dans le milieu rurale qui pourrait résoudre l’employabilité, l’accès à la terre,

Saran Séré Sérémé pense qu’il faut importer les technologies, s’ouvrir à l’industrialisation agro-alimentaire qui va résoudre par ricoché l’employabilité des jeunes. Elle préconise la mise place d’un système de formation professionnalisant à partir des départements et non des régions.

#lwilivote #rtb #présidentielle2015: « L’éducation est la clé de tout », estime Jean Baptiste Natama qui compte investir dans l’homme.

— Armel Oscar BAILY (@ArmelOscar) November 10, 2015

Le représentant de Ablassé Ouédraogo relève qu’il faut investir dans le capitale humain, restructuration du système éducatif. Il propose la mise à disposition des Burkinabè du monde rurale des outils adaptés, un circuit de distribution de leur produit. Tout cela devrait permettre « au cours de la première année de gouvernance, qu’on puisse porter le taux de croissance du pays à 8% (…) en investissant sur les petits emplois à caractère intensifs ». Sur ce sujet, Françoise Toé compte faire en sorte que les populations bénéficient des retombés en revoyant les conventions signées et en misant sur les infrastructures.

Un plan pour les générations futures à travers les mines

Jean-Baptiste Natama veut rompre avec les pratiques. « Il faut délier les recettes minières des recettes publiques pour éviter le phénomène de croire qu’il y a un accroissement de la recette publique qui entraîne un accroissement de la dépense publique», résume-t-il en ajoutant qu’il faut créer des ressources pour les générations futures.

Saran Séré Sérémé pense aussi qu’il faut consacrer essentiellement les recettes minières dans les infrastructures d’avenir tout en investissant dans le social, dans les zones d’exploitation minière. Elle ne comprend pas pourquoi en avec le boom minier, que le gramme d’or soit passé de six mille 500 francs CFA à 28 mille francs CFA alors que les conventions signées n’ont pas changé. C’est pourquoi, « l’amazone de Tougan » pense rediscuter certaines conventions avec les exploitants.

 

Roch Ouédraogo relève qu’il faut revoir la transparence dans le permis d’exploitation en adoptant un cahier de charge. Concernant toujours les mines, il pense aussi qu’il faut réorganiser l’exploitation artisanale. « Il faut faire en sorte que les recettes minières qui rentrent au niveau du trésor public soit orientées vers les services sociaux de base comme l’éducation, la santé », mentionne Roch Ouédraogo tout en tenant compte des générations futures.

Le tissu industriel faible voire inexistant

#Lwilidebatrtb pour Saran sûrement il faut être en bonne santé pour être éduquer #lwilivote #lwili

— Ouima2025 (@JadJaime) November 10, 2015

Françoise Toé insiste sur la régulation les autorisations d’importation de produit déjà produit aux Burkina Faso ce qui va contribuer à résoudre le problème de l’employabilité. Le candidat Natama incite à la création des conditions de l’éclosion et de développement des industries. Le point essentiel pour atteindre cet objectif est de résoudre les questions de l’énergie. Natama constate tout de même comme entrave, la faiblesse du capital humain. « Si vous n’avez pas un capital humain de qualité vous ne pouvez pas promouvoir l’industrie ».

La redynamisation du secteur de l’industrie est une préoccupation du Faso Autrement. Roch Ouédraogo pense à la création d’entreprise pour réduire l’exportation et transformer les produits sur place. « On ne fait que transporter les balles (ndlr de coton) vers les ports. Ce n’est pas normal ». En abondant dans le même sens, Saran Séré Sérémé relève que le Burkina Faso, premier pays africain producteur de coton n’a pas d’industrie de transformation. Pour encourager l’industrialisation du Burkina, elle souhaite soutenir les entreprises à travers des subventions. « Au Burkina Faso, nous avons plus prioriser l’importation de produit qui apportait à certaines personnes de tel sorte que personne n’avait envie d’œuvrer à ce que l’industrialisation soit effective », a asséné Saran Sérémé.

Secteurs sociaux : l’éducation la clé

« L’éducation est la clef de tout », souligne Jean-Baptiste Natama (comme pour faire référence à Lucky Dube qui disait : education is key. Pour lui, l’éducation peut aussi résoudre les problèmes de santé. Partant de l’importance de l’éducation Françoise Toé va promouvoir l’éducation pour tous si elle est élue dans un système éducatif de qualité. Estimant que toute la chaîne est défaillante, le Faso Autrement va revoir tout le système éducatif burkinabè dans sa globalité.

Sur le plan social, Saran Séré Sérémé pense s’attaquer à deux fronts : la santé et l’éducation. « J’ai un problème lorsque je vois une mère mourir en donnant la vie », appuie-t-elle. La présidente du PDC a insisté sur les soins de santé infantile, maternelle de la reproduction. Sur le plan de l’éducation, elle prévois le renforcement de la formation technique.

Un vrai consensus entre les candidats de ce soir. Conclusion : pas besoin de trop de candidature pr ces élections. Quel gâchis ! #LwiliVote

— Mohamed Y. OUEDRAOGO (@myouedraogo) November 10, 2015

Critiques

Le journaliste Remy Dandjinou a bien mené le débat en poussant les invités dans leur retranchement, en relevant souvent des failles dans les réponses de ses interlocuteurs. Il a montré qu’il avait une bonne culture général en rappelant par exemple à Françoise Toé que Blaise Compaoré avait déjà mis un place le projet des lycées agricoles, la relecture du code minier. Les deux journalistes ont insisté sur le « comment » de la mise en œuvre des différents projets des candidats. Cette fois les candidats n’ont pas passé leur temps à critiquer le régime déchu mais à faire des propositions plus ou moins concrètes.

Toutefois, il faut le reconnaitre Remy Dandjinou a noyé Soumaila Ouédraogo assez timide. Par exemple, alors que ce dernier tente de poser une question à Françoise Toé qui n’avait totalement fini de développer son idée sur la question économique, Remy décide de remettre la parole à Jean-Baptiste Natama. Les prochains modérateurs doivent faire preuve de plus complicité. En voulant amener les invités à mieux s’expliquer, les deux journalistes n’ont pu épuiser les sujets prévues.

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Article : « Au cœur de la présidentielle »: tirs groupés sur le MPP
Politique
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10 novembre 2015

« Au cœur de la présidentielle »: tirs groupés sur le MPP

L’émission de débat de la télévision nationale du Burkina « Au cœur de la présidentielle » mettant en scène les candidats à l’élection présidentielle du 29 novembre 2015 a reçu comme invité Simon Compaoré représentant du candidat du Mouvement du peuple et du progrès (MPP), Roch Marc Christian Kaboré, Victorien Tougouma MAP (Mouvement africain des peuples) et Boukaré Ouédraogo, candidat indépendant, ce lundi 9 novembre 2015. Les deux derniers qui avaient face à eux un ancien dignitaire du régime de Blaise Compaoré à savoir Simon Compaoré ont passé leur temps à attaquer Simon Compaoré et son parti plutôt que de convaincre sur le projet qu’ils proposent aux Burkinabè.

#Election Burkina le débat était très animé. Qui a marqué le plus de points ? #LwiliVote pic.twitter.com/mhbii4qOtV

— siaka Traore. (@siaka_traore) November 9, 2015

D’entrée de jeu dans cette émission supposée être un débat, les candidats Victorien Tougouma et Boukaré Ouédraogo tels des rugbymen se sont rués sur Simon Compaoré et son parti le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) anciens dignitaires du régime de Blaise Compaoré. Victorien Tougouma accuse le MPP de coller des affiches sur des arbres, des murs comme celui du Salon international de l’artisanat et de la culture (SIAO). Les deux candidats ne comprennent pas non plus pourquoi Simon Compaoré est le représentant de Roch Marc Christian Kaboré, alors qu’un candidat doit défendre lui-même son programme. Les explications de Simon Compaoré ne sont pas convaincantes. Néanmoins, l’ancien maire de la ville de Ouagadougou reconnaît qu’il n’est pas normal d’afficher des posters sur des arbres. Il explique cela par l’absence d’espaces aménagés dans ce cadre. Puis Simon Compaoré de demander pourquoi est-ce seulement les affiches du MPP qui posent problème alors que d’autres candidats sont dans la même situation.

Réduction du train de vie l’Etat : les candidats sont unanimes. Tout en accusant les pratiques du régime déchu de Blaise Compaoré, Victorien Tougouma compte remplacer les 4X4 qu’utiliseraient les ministres par des véhicules plus modestes. Il évoque aussi la suppression des avantages accordés aux ministres qui bénéficient d’un statut de ministre six mois après leur départ du gouvernement. C’est pourquoi le salaire du président sera diminué, car : « Aux États-Unis le directeur de la CIA à un salaire plus élevé que Barack Obama». A ce sujet, Boukaré Ouédraogo regrette que des ministres roulent avec des véhicules de 77 millions de francs CFA alors qu’une seule de ces voitures peut construire deux écoles. Il dénonce aussi des pratiques dans l’attribution des marchés publics qui font perdre beaucoup d’argent à l’Etat.  

#Burkina  » au cœur de la présidentielle  » une émission intéressante sur #RTB – arguments contre arguments . Pas mal #campagnebf #LwiliVote — Thierry HOT (@Hotthierry1) november 9, 2015

Sur cette question le représentant du MPP confie que son équipe va revoir la configuration du gouvernement pour « éviter un gouvernement pléthorique ». Quand le journaliste lui demande un chiffre, Simon Compaoré dans le doute affirme qu’il devrait tourner avec quelque 25 ministres. Par ailleurs, Simon Compaoré pense que pour certaines missions, l’administration a besoin de 4X4 et qu’il faudrait revoir la dotation des services en matière de carburants, l’usage de l’électricité, etc.

L’éducation : tous les candidats en plus du représentant de Roch Marc Christian Kaboré reconnaissent que le secteur de l’éducation est très important. Le journaliste Ismaël Ouédraogo est revenu particulièrement sur le continuum dans le système éducatif qui pose vraiment débat. Si Victorien est resté évasif sur le sujet Boukaré Ouédraogo lui ne sait pas s’il va l’appliquer ou pas. On a eu l’impression qu’ils ne savaient pas de quoi il s’agissait exactement. A ce sujet Simon Compaoré pense que le continuum tout comme le système licence-master-doctorat qui pose problème actuellement à l’Université de Ouagadougou parce qu’on a mis la charrue avant les bœufs. « On ne peut pas prendre des magasins pour faire des salles de classe » a-t-il lancé en reprenant une phrase qui semble chère à son candidat : « Nous allons mettre fin aux écoles sous paillote ».

Boukaré Ouédraogo propose la professionnalisation du système éducatif. Une idée à appliquer dès l’école primaire souhaite Victorien Tougouma  ! Il compte aussi augmenter les capacités d’accueils à l’Université. Dans ce cadre, il accordera des bourses aux meilleurs étudiants pour se former dans les dix pays les plus développés au monde. « C’est comme ça que la Chine a fait », a-t-il lancé.

Plus d’exportation de coton au faso??? Dixit ouedraogo! 😫 😱😱😱 on est sérieux la? #Burkina #LwiliVote #lwili

— E’zée Kabore (@doc_chocco) November 9, 2015

Santé : Aucun Burkinabè n’ira se soigner à l’extérieur si Boukaré Ouédraogo est élu. « Le plus important n’est pas de construire des hôpitaux mais de consolider les acquis » affirme le candidat comme s’il reconnaissait que le régime précédent a réussi dans ce domaine. Victorien Tougouma pense que la réussite de sa mission dans ce secteur passe par une intégration politique au niveau de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Il note que les évacuations à l’étranger auraient coûté 4 milliards de francs CFA alors que le budget de l’hôpital Yalgado Ouédraogo est de 3 milliards de francs CFA. Pour Simon Compoaré, le secteur de la santé passe par trois points : la construction, la réhabilitation et la formation. Et selon lui « l’assurance universelle est quelque chose de nécessaire ». Le Service d’aide médicale urgente (SAMU) dans les grandes villes où il y a beaucoup d’habitants est une autre nécessité.

Tougouma, candidat aux présidentielles promet q chaq #Burkina-bè sera actionnaire ds les mines sous son mandat #LwiliVote #AuCoeurduDebat

— Dieudonné LANKOANDE (@Dieuson1) November 9, 2015

Economie : Sur le plan économique, Victorien Tougouma pense que le domaine des mines est l’un des points sur lequel le Burkina doit mettre l’accent tout en faisant en sorte que chaque Burkinabè puisse être actionnaires dans une société minière. Il faut éviter les connexions entre les hommes d’affaires et les hommes politiques selon son argumentaire. Sous le mandat de Boukari Ouédraogo le Burkina Faso « n’exportera plus le coton ». Simon Compaoré estime qu’il faut mettre l’accent sur la transformation du lait que le Burkina Faso produirait en grande quantité.

Sport et culture : Dans le domaine de la culture, Boukaré Ouédraogo s’est appesanti sur la réouverture et la construction de salles de cinéma « pour redynamiser le FESPACO ».

Les candidats ont juste survolé le sujet sur le sport. Victorien Tougouma qui veut attirer cinq millions touristes par an au Burkina Faso compte également sur le sport pour atteindre cet objectif.

Critiques : Victorien Tougouma et Boukaré Ouédraogo candidats pas très connus du public n’ont rien dit d’essentiel. Pas connus du grand public, ils auraient dû mieux se concentrer sur leur programme politique au lieu de s’attaquer à Simon Compaoré et au MPP. En plus, ils n’ont pas su montrer l’originalité de leur programme. Simon Compaoré en assumant le passé de son parti a fait de Roch Marc Christian Kaboré un candidat expérimenté. Il n’y a pas eu de débat d’idées sur le contenu des programmes de chaque camp.

« Formation professionnelle dès le primaire »… Franchement hein.. #Présidentielle2015 #Burkina #LwiliVote

— Ismaël NABOLE (@nbowend) november 9, 2015

Ce n’est pas à un débat que l’on a assisté à la télévision nationale. Le temps imparti pour cette émission (une heure) était insuffisant. Les participants à l’émission se sont contentés de faire le constat de la situation sociopolitique et économique au Burkina Faso. Ils n’ont pas dit comment ils comptaient mettre en œuvre leur programme.

Les journalistes Ismaël Ouédraogo et Romaine Zidwouemba n’ont pas su gérer cette émission. Face aux propositions des différents candidats les questions : « comment le réaliser ? » ont beaucoup manqué. Ils auraient dû sortir des contenus du programme de ces candidats afin de montrer les forces et les faiblesses. Peut-être manquaient-ils de temps. En plus de cela, ils n’ont pas su gérer les interventions. Le scénario était connu d’avance : la parole à Victorien Tougouma en premier, Boukaré Ouédraogo ensuite pour finir avec Simon Compaoré. Il fallait souvent inverser l’ordre. En plus de cela, il fallait peut-être imaginer une horloge pour indiquer le temps de parole de chaque candidat.

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Article : Qui n’a pas dîné avec le «Diable» au Burkina ?
Politique
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4 novembre 2015

Qui n’a pas dîné avec le «Diable» au Burkina ?

« Nous avons dîné avec le Diable, mais nous ne sommes pas le diable ». Ces propos d’un des anciens hommes forts du régime de Blaise Compaoré à savoir Salif Diallo entré dans l’opposition, alimentent l’actualité politique au Burkina Faso. Salif Diallo et ses amis ne sont pas les seuls à avoir dîné avec le « Diable ».

 

A un moment de l'histoire, certains ont collaborer avec Blaise Compaoré
A un moment de l’histoire, certains ont collaboré avec Blaise Compaoré

Qui n’a pas déjeuné, dîné, soupé à la même table que le « Diable » ? Si l’on pense que le « Diable » ici cité est Blaise Compaoré, l’on se demande alors qui n’a pas collaboré avec lui et son régime ? Peu d’hommes politiques peuvent se bomber la poitrine. Roch, Simon et Salif sont les plus en vus, eux qui ont quitté le navire du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) à la dernière minute, soit une année avant l’insurrection populaire. Mais il y en a beaucoup d’autres.

« Nous avons dîné avec le Diable, mais ne sommes pas le diable. Nous avions des fourchettes très longues », dixit Salif Diallo

— Yaya Boudani (@YayaBoudani) november 2, 2015

Ces trois qui ont bien dîné avec le « Diable »

Et là encore, ces leaders avaient été écartés de la gestion du parti par Blaise Compaoré et son frère François. Leur départ a été ressenti comme un dépit. Mais, ils ont bien côtoyé le « Diable ». Simon Compaoré a été directeur de cabinet de Blaise Compaoré qui était ministre dans le gouvernement de Thomas Sankara. Il a dirigé différentes instances du régime Compaoré jusqu’à sa nomination comme maire de la ville de Ouagadougou de 1995 à janvier 2012. Salif Diallo également était là au tout début du régime de Blaise Compaoré en occupant différents postes comme ministre de l’Emploi en 1991, ministre des Missions, de l’Environnement et de l’Eau, de l’Agriculture. Cet ancien vice-président du CDP et directeur de campagne de Blaise Compaoré est tombé en disgrâce avec son ancien mentor en 2008 puis il a été limogé de son poste de ministre et nommé ambassadeur.

 

« To dine with the devil must have a long spoon » « Pour dîner avec le diable, il faut avoir une longue cuillère » pic.twitter.com/BD92PF8Bem

— Ernest Tewelyo (@JohnTewell) october 22, 2015

C’est à partir de 1989 que Roch Marc Christian Kaboré occupe, plusieurs postes ministériels à savoir le ministère des Transports et de la Communication, le ministère chargé de l’action gouvernementale avant de devenir président de l’Assemblée nationale de 2002 à 2012. C’est dans les mêmes conditions que Roch, Salif et Simon qu’il quitte le CDP pour s’opposer à la modification de l’article 37 de la Constitution qui limite le mandat présidentiel à cinq ans, renouvelable une fois.

D’autres aussi ont mangé avec le Diable

Toutefois, Roch, Salif et Simon ne sont pas les seuls à avoir pris un repas avec le président Blaise Compaoré. Le leader de l’ancienne opposition Zéphirin Diabré a également été convié à la table du « Diable ». Il a été membre du gouvernement de Blaise Compaoré entre 1992 et 1996 en tant ministre de l’Economie et des Finances (un poste stratégique confié aux personnes de confiance), conseiller aux affaires économiques de Blaise Compaoré comme l’était François Compaoré. Ce qui prouve que lui aussi était un homme de confiance de l’ancien président. Zéphirin Diabré a aussi été député de l’ODPMT aujourd’hui CDP entre 1992 et 1997, président du Conseil économique et social (CES).

Saran Séré Sérémé, combattu depuis le régime de Thomas Sankara mais aussi par Blaise Compaoré, renouera plus tard de bons rapports l’ancien président. De retour d’exil du Mali, Saran Sérémé, est élu députée pour le compte du CDP de Blaise Compaoré d’abord dans la boucle du Mouhoun en 2002 puis en 2007 dans la province du Sourou. Saran Séré Sérémé sera même membre du bureau politique de ce parti avant de s’en aller pour des questions de positionnement sur la liste électorale lors des élections législatives deux ans avant l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.

Michel Kafando, l’actuel président de la Transition a représenté le Burkina Faso sous le régime de Blaise Compaoré de 1998 jusqu’à sa retraite. Son actuel premier ministre Yacouba Isaac Zida a fait presque toute sa carrière au sein du régiment de sécurité présidentielle (RSP) de 1996 quand il était commandant de compagnie  jusqu’à la chute de Blaise Compaoré alors qu’il était chef de corps adjoint.

Le professeur Laurent Bado, un homme qui n’a pas sa langue dans sa poche s’est plusieurs fois vanté d’avoir rédigé des discours de Blaise Compaoré qui ont été fortement applaudis à l’extérieur. Il a reconnu avoir reçu 15 millions de francs CFA de la part de Blaise Compaoré pour soi-disant construire une opposition forte. Laurent Bado a, à plusieurs reprises, affirmé qu’à part le défunt Norbert Michel Tiendrébéogo tous les autres hommes politiques n’avaient pas forcément les mains propres.

Pour paraphraser quelqu’un, « si on cite tous ceux qui ont dîné avec le « Diable », on ne va pas quitter ici ».

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Article : Insurrection populaire au Burkina : Qui a tué à la RTB ?
Politique
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3 novembre 2015

Insurrection populaire au Burkina : Qui a tué à la RTB ?

J’ai suivi d’un air amusé la commémoration de l’an I de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 qui a conduit au départ de Blaise Compaoré du pouvoir au Burkina Faso. Cette commémoration s’est déroulée sans que justice ne soit rendue. Et pour rendre justice, il faudrait savoir qui a tué qui  quand, comment, pourquoi et comment ? Parmi ces morts de l’insurrection, il faut compter ceux tombés le 2 novembre 2015 au niveau de la télévision nationale du Burkina.

Les manifestants s'étaient opposé aux militaires le 2 novembre 2014
Les manifestants s’étaient opposé aux militaires le 2 novembre 2014  (ph.page facebook Saran Sérémé)

Le 2 novembre 2014, après la désignation de Yacouba Isaac Zida comme Président après le départ de Blaise Compaoré, l’opposition burkinabè a programmé un meeting à La Place de la Nation deux toujours après une insurrection populaire. Après quelques discours, Jean Hubert Bazié, membre de l’ancienne opposition annonce à la foule qu’il s’agit d’un meeting d’information et que chacun devait retourner chez soi. La foule refuse. Pas question qu’un militaire et particulièrement un ancien membre du régiment de sécurité présidentielle (RSP) en la personne du lieutenant-colonel Isaac Zida soit le Président. Après une concertation, les membres de l’ex opposition se retirent. Ils promettent de revenir avec des nouvelles. L’attente était longue. Très longue. Personne n’apparait. Quelques jeunes tentaient de galvaniser la foule à lançant des slogans. D’autres prononçaient des discours en attendant que l’opposition burkinabè prenne ses responsabilités en désignant en son sein une personne qui assurerait la transition jusqu’aux prochaines élections. Alors que le soleil assenait encore plus fortement ses rayons, un jeune pris le micro : «  il y a une bonne nouvelle. On pourrait connaitre le Président d’ici là ». Quelqu’un annonça après que Saran Sérémé serait la prochaine présidente. Des acclamations ! Comme par coïncidence, elle arriva quelques minutes plus tard. Elle fut conduite sur l’estrade.

Séance tenante, les manifestants l’intronisèrent Présidente. Malgré les tentatives d’explications de la part de la bonne dame, la foule conduisit Saran Séré Sérémé à la télévision nationale pour qu’elle fasse une déclaration alors qu’elle était supposée se rendre au CFOP. Sentant le danger, son chauffeur éteignit le moteur de la voiture après avoir manqué le virage conduisant au siège du CFOP. C’était sans compter avec la détermination des manifestant qui poussèrent sa voiture jusqu’à la télévision nationale du Burkina. Elle s’y rendit malgré elle. Mais, Saran Séré Sérémé qui savait que faire une déclaration était inopportune s’enferma dans l’une des salles de la télévision nationale et tenta de dissuader certains leaders. La pression des manifestants étaient forte.

Saran Sereme Sere explique que les manifestants, qui la réclamaient à la tête de l’Etat, l’ont amenée de force au… https://t.co/lPSlPMbzfM

— Stella Nana (@StellaClaudy) November 2, 2014

C’est dans ce contexte que le général Kouamé Lougué arriva également avec sa garde. Surement, il n’attendait pas laisser Saran Séré Sérémé, une femme, dirigée le Burkina Faso alors que lui, le peuple a scandé son nom pendant toute la durée de l’insurection. Il se rendit donc dans la salle du journal télévisé. Il n’y avait aucun technicien pour retransmettre le discours en direct. Kouamé Lougué fit malgré tout sa déclaration devant des journalistes qui enregistrèrent.

Alors que l’on croyait que tout était fini et que Kouamé Lougué venait de remplacer un ancien membre du RSP, des militaires de ce régiment apparurent. Ils dispersèrent la foule à travers des coups de feu. On dénombra un mort. Deux dira-t-on par la suite. Kouamé Lougué, Président de quelques minutes s’enfuit et se réfugia chez le Mogho Naba Bangho le chef des Mossis. Il se serrait fracturer les deux jambes en tentant d’escalader le mur du palais. Quelques jours après, il était d’ailleurs transporté en Europe pour des soins. Depuis, plus de nouvelle.

En conduisant Saran Séré Sérémé de force à la RTB, les manifestants croyaient en elle
En conduisant Saran Séré Sérémé de force à la RTB, les manifestants croyaient en elle (ph. page facebook Saran Séré Sérémé)

Mais jamais, l’on a communiqué sur les morts de ce fameux 2 novembre 2015. Quelles sont les balles qui ont tué ? Faut-il mettre ces deux morts sur le compte du Blaise Compaoré ? De quels ordres répondaient ceux qui ont tiré ? Pourquoi ont-ils tiré ? Voilà des questions se posent surement les parents de ces victimes. Lors de l’hommage rendu aux disparus de l’insurrection, des parents de martyrs et des victimes ont étalé leur déception sur la façon dont ils ont été traités : justice non rendue, sentiment d’abandon.

Quelque part, certaines personnes ne souhaitent pas que toute la vérité soit faite sur les évènements qui se sont passés entre le 30 octobre et le 2 novembre 2015. On ne peut pas traiter le dossier de ceux qui ont été tués les 30 et 31 octobre de la manière que ceux qui l’ont été le 2 novembre 2015. Blaise Compaoré n’était plus au pouvoir depuis deux jours. On ne peut pas mettre ces évènements sur son dos. On dira peut-être que c’est l’une des conséquences… Mais certains ont tout simplement fait preuve de sauvagerie. De la vérité sur les tueries seront la preuve que le peuple burkinabè et ses dirigeants assument pleinement leur histoire et leur responsabilité sur tout ce qui s’est passé au Burkina ces dernières années. Il faudra montrer que la page a tourné.

Le 2 novembre aussi a montré la boulimie du pouvoir de certaines personnes. Cela a montré à quel point les hommes politiques étaient capables de se jouer des coups bas pour parvenir au sommet. L’ex CFO est resté muette face aux appels au secours de Saran Séré Sérémé. Par la suite, l’on a tenté malicieusement et sournoisement de lui faire porter le chapeau. Les nombreux témoignages ont montré qu’elle était plutôt victimes. Quel que soit ce qu’ils auront fait pour la Transition, ceux qui ont tué le 2 novembre devant la RTB doivent répondre devant la justice. Ils doivent s’expliquer. Cela permettra d’apaiser l’âme des disparus de cette date et le cœur de leurs ayants droits.

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Article : Un Ouagalais à Abidjan en pleine campagne électorale
Politique
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23 octobre 2015

Un Ouagalais à Abidjan en pleine campagne électorale

Un groupe de blogueurs a été invité en Côte d’Ivoire pour l’observation de la campagne présidentielle dans ce pays. Contacté et après une semaine de tergiversations, l’invitation est finalement confirmée et je dois me rendre à Abidjan pour couvrir la campagne en tant que blogueur sur le terrain. Pas besoin de grands préparatifs.

(ph. rfi)
(ph. rfi)

L’heure africaine : Sur le billet d’avion, le décollage de l’avion est programmé pour 16 h 25. Convocation deux heures avant. A 14 h 30 les passagers pour le vol HF 0739 air Côte d’Ivoire sont convoqués. Les formalités passées, j’attends tranquillement dans la salle d’attente. C’est finalement aux environs de 16 h 40 minutes que nous sommes appelés pour rejoindre le car assurant la navette. C’est plutôt avec un passager que je me renseigne : « C’est quel vol ils ont annoncé ? ». « C’est Abidjan» répondit-il. Je me précipitai pour rejoindre le petit rang. Deux personnes étaient encore alignées. J’aurais pu manquer le vol. Vu le temps pris pour rejoindre l’avion, l’installation des passagers, les consignes, puis le décollage, nous étions largement en retard. Conséquence, nous arrivâmes à Abidjan à 18 h 30 minutes exactement à en croire la standardiste qui annonçait également une température de 26 degré. Beau temps ! Celui qui m’attendait à l’aéroport attendait depuis 17 h 25 comme indiqué sur le billet d’avion. C’est l’heure africaine ! Le retard est normal.

Bonjour Abidjan : En quittant l’aéroport, une musique me vint en tête. « La Côte d’Ivoire, c’est le tourisme. Pays de rêve de beaux paysages. Baby, je fais mes valises, on part en Afrique, en Côte d’Ivoire… » Je n’eus même pas le temps de me fredonner la suite cette chanson culte que je vis un jeune homme, une pancarte avec mon nom inscrit. « C’est monsieur Ouédraogo ? », demanda-t-il. Je fis « oui » de la tête et lui tendit la main. Il prit mes bagages et me conduisit à la résidence. Celui qui vient de m’accueillir s’appelle Henri Didi. Un chauffeur. Il travaille pour le patron. Je ne voulus pas savoir qui était vraiment ce patron. Mais je me renseignerai plus tard. Nous quittâmes l’aéroport. « On va à Cocody Angré. Vous connaissez ? », me demanda-il. Je connaissais seulement les environs de Koumassi, Marcory, Treichville, Port-Bouet et un peu le Plateau. Comme s’il avait deviné que je ne comprenais pas le calme qui régnait autour de l’aéroport, Didi me fit savoir que la zone était inhabitée. Il y avait seulement quelques jardins potagers autour. Même si ce n’est pas la première fois que j’allais en Côte d’Ivoire, c’était la première fois que j’y allais par avion.

Abraham Moussa et Solo Jah Gunt chantant la Côte d’Ivoire

Des signes de la campagne : lorsque nous quittâmes la zone de l’aéroport, des affiches sur les voitures attirèrent l’attention. La Côte d’Ivoire est en campagne électorale. Des affiches sont collées sur les voitures « gbakas », minis cars de transport en commun. La première affiche que nous voyons est celle du candidat Kouadio Konan Bertin surnommé KKB. Mais très rapidement, les affiches d’ADO prennent place. La plupart des panneaux géants sont occupés par les affiches du président sortant. Le tenant du titre en quelque sorte. « Avec Ado, mon salaire augmente ». « Avec Ado, l’assurance garantie », « Avec ADO, j’ai l’eau courante »… Le long des murs sont placardées des affiches géantes ou en petits formats de tous les candidats. Mais celles qui émergent toujours du lot sont celles d’ADO.

@BoukariOued 5 autres Blogueurs vont rejoindre ceux déjà présents en #CIV @AphtalC @SOROKGUILLAUME @lesikanel

— Ceschod (@Ceschod) october 17, 2015

A certains ronds-points, des jeunes en t-shirt orange et blanc et en casquettes font de l’animation. Ce sont encore les partisans de l’actuel président. Nous apercevons quelques affiches des challengers. Mais ADO est omniprésent. Souvent les premières impressions sont les meilleures. ADO domine la campagne. Dans cette ferveur de campagne, c’est comme si la messe était déjà dite, les affiches du président Ouattara dominent suivies de celles de KKB et de AFFI N’guessan. Entre-temps, nous avons pu voir un camion dans une station d’essence avec les affiches de Lagou Adjoua Henriette. « Elle, c’est une intellectuelle », confie Didi qui rappelle en même temps que la campagne est moins tendue cette année.

Affaire de pont à péage : Pendant le parcours, Didi a joué les guides. Lorsqu’on changeait de quartier, il me disait où on se trouvait, les changements intervenus dans la zone tout en faisant des critiques sur l’incivisme de certains chauffeurs. Lorsque nous arrivâmes au niveau de l’échangeur à péage, il me le fit comprendre même si l’évidence sautait aux yeux. « Le problème de ce pont, c’est qu’on paye ». Il faut payer à chaque passage. « C’est ce que l’opposition critique », explique encore Didi. Mais le chauffeur du soir précise : « Il fallait ce pont parce qu’il permet d’éviter les embouteillages ». Didi m’explique qu’on n’est pas obligé de l’emprunter, mais dans ce cas il faudra faire de grands détours tout en supportant les embouteillages. Il me fit même remarquer qu’après avoir traversé le pont, la voie est désengorgée. Et pour Didi, il faut saluer cette œuvre du président Ouattara. La dernière fois que j’étais à Abidjan, le pont était encore en construction. Il y avait un grand restaurant à cet endroit, mais le propriétaire était obligé de déménager. Tous ceux qui ont été délogés ont été « bien » dédommagés selon Didi. D’après lui certains étaient dans de petites baraques et se sont retrouvés dans des maisons de deux ou de trois pièces dans d’autres quartiers. Information que je n’ai pas pu vérifier.

Ma team #GKSTeam #GKSavecADO @SOROKGUILLAUME @AvecADOPr @JeuneAvecADO pic.twitter.com/8V91KjXI3t

— Ceschod (@Ceschod) October 22, 2015

Ouaga c’est comment ? : Personnellement, je savais que cette question serait posée après le putsch manqué du mercredi 16 septembre 2015 quel que soit l’endroit où je me trouverai. « Ha les Burkinabè, vous avez refusé à tout prix le coup d’Etat… » Je ne savais pas si c’était une question ou juste une affirmation. Je lui expliquai que le coup d’Etat est mal tombé surtout après le sacrifice que les Burkinabè ont fait depuis la chute de Blaise Compaoré le 31 octobre 2014. Didi me fit comprendre qu’il a eu peur parce qu’il a des parents au Burkina Faso. Ces derniers se trouveraient à Ouaga 2000 ou dans les environs. Mais en réalité il s’agit des enfants d’un ancien cuisinier de son grand frère défunt. Un lien est né entre ces deux familles de sorte qu’elles se considèrent comme une. Le cuisinier en question aurait même donné à l’une de ses filles le nom de la femme de son ancien patron. Ivoirien ! Cette histoire résume ce qu’est la Côte d’Ivoire. Une « terre d’espérance » pour tous ceux qui se mettent au travail et aussi « pays de l’hospitalité » comme dit dans l’hymne national ivoirien. «Le Burkina ne mérite pas ce qui est arrivé » me fit comprendre Moussa Bamba lorsque nous rencontrâmes à la résidence. Ce sont Moussa Bamba et Marc Antoine qui m’ont envoyé l’invitation au nom de leur patron.

C’est dans cette ambiance que nous arrivâmes à « Les Résidences Niable » à Cocody. Pas le temps de se reposer que Moussa Bamba arrivât. Je pus voir d’autres blogueurs Aphtal Cissé du Togo que j’avais déjà croisé à Dakar, Nelson du Cameroun et Gloria du Bénin. Nous causâmes jusqu’aux environs de minuit quand Marc Antoine rejoint le groupe. On attendait désormais ce vendredi 23 octobre pour suivre le dernier meeting du candidat Ouattara.

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Article : Sankara, l’empêcheur de dormir
Histoire
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19 octobre 2015

Sankara, l’empêcheur de dormir

On ne peut pas tuer un être humain et dormir tranquillement surtout. Les assassins de Thomas Sankara n’ont plus eu un sommeil tranquille depuis la disparation de la figure de proue de la révolution burkinabè le 15 octobre 1987.

Thomas Sankara: La liberación de la mujer https://t.co/35AQ64c79B pic.twitter.com/AMctUMj7eG

— rosendo (@nabuco8732) October 19, 2015

Tes idées feront notre avenir en ce jour particulier nous nous souvenons #Iwili #Iwiri #GloireImmortele pic.twitter.com/3u3u5DB6bP

— Perfect 242 (@blackosiris242) October 15, 2015

La commémoration de l’anniversaire de l’assassinat de l’enfant de Yako s’est faite de façon particulière. C’est la première fois que le pays se souvenait de l’homme qui a marqué l’histoire du Burkina sans Blaise Compaoré au pouvoir. La télévision nationale du Burkina a diffusé une série d’éléments sur Thomas Sankara. Même si les accros des CD piratés et d’Internet avaient déjà pu voir ces images, la saveur particulière s’explique par le fait que c’est la première fois depuis sa mort que la télévision nationale diffusait ces images. Le grand public ne les a pas forcément vues au point que beaucoup se demandaient si la RTB les avait effectivement.

Je vous invite à suivre un excellent documentaire diffusé par la télé du #Burkina sur Sankara #SankaraDay #lwili pic.twitter.com/6eY9xNo5lT

— Fréderic Goré Bi (@FrdericGorBi) October 15, 2015

#SankaraDay avec toutes ces archives qui sortent de la RTB (@rtburkina), les 27 ans du régime passé c’était mode lavage de cerveau, RT

— kindo bassératou (@KindoB) October 15, 2015

Il y avait autant de « trésors » à la RTB Télé ? #lwili #burkina #SankaraDay

— Abdou ZOURE (@abdouzoure) October 15, 2015

 

Le certificat de décès de Thomas Sankara
Le certificat de décès de Thomas Sankara

Ce 15 octobre 2015, tombait un jeudi comme le jour de l’assassinat de Thomas Sankara, les internautes ont rivalisé dans leurs messages d’hommage à travers la publication de photos, de discours, de vidéos, de citations, etc., de Thom Sank. Le site d’information Burkina24.com a diffusé une vidéo exclusive où l’on voit Thomas Sankara jouer au football à la présidence du Faso, l’actuel premier ministère du Burkina. A la fin de la vidéo, il enfourchait son vélo et s’en allait. Une vidéo qui résume ce qu’a été la vie et la philosophie de Thomas Sankara : la simplicité.

Si depuis sa mort ses assassins n’ont pas trouvé une seule nuit de sommeil tranquille, aujourd’hui ces derniers n’osent même pas regagner leur lit. Le fantôme de Sankara les hante, les quête et les suit partout depuis que sa tombe a été ouverte. Le mensonge en route depuis dix ans, la vérité le rattrape en une journée ! Cela n’a jamais été vrai.

Si le certificat de décès officiel affirme qu’il est mort de façon naturelle contredisant plusieurs témoignages, les premières autopsies de son corps ont montré que Sankara a été criblé de balles. Cela témoigne de la barbarie et la haine avec lesquelles, il a été assassiné. Ce n’est que le début du commencement comme on aime à le dire. Ce que Blaise Compaoré et son régime ont tenté de cacher pendant 28 ans est en train d’être, à petits pas, porté au grand jour. La justice est en marche et les criminels sont aux abois. Cette justice, elle-même n’est pas tranquille. Ceux qui avaient prétendu qu’ils étaient incompétents à juger cette affaire seront obligés de reprendre le dossier, de le fouiller, d’investiguer et de dire au peuple assoiffé ce qui s’est vraiment passé.

 

Les Burkinabè ne sont pas dupes. Ils l’ont prouvé lors de l’insurrection populaire d’octobre 2014 mais aussi pendant le coup d’Etat avorté du 16 octobre 2015. La justice n’a d’autre choix que de dire la vérité.

 

#Burkina dans l’affaire Thomas Sankara a ce jour 8 personnes sont inculpées dont 4 sous mandat de dépôt selon le colonel Sangaré #SankaraDay

— LOMPO Judicael Gael (@GaelLompo) October 16, 2015

Et pourtant, ce n’est pas faute d’avoir essayé d’effacer de la mémoire des Burkinabè, l’image de Thomas Sankara. Les médias publics ne parlaient presque pas de ce héros national. En plus de cela, tous les stigmates de la révolution ont été effacés. La Place de la Révolution porte désormais le nom officiel de Place de la Nation tandis que la devise du Burkina Faso qui était « La patrie ou la mort nous vaincrons » est désormais « Unité-Progrès-Justice ». Même après sa mort, il dérangeait.

Cependant, Sankara l’avait dit, « tuez Sankara aujourd’hui, il y aura 100 Sankara demain ». Il ne croyait pas si bien dire, car il faut aujourd’hui compter des millions de Sankara. Les partis sankaristes florissants, le nom de Sankara scandé comme un bouclier lors des manifestations, les t-shirts à l’effigie de ce héros africain, les chansons en son hommage sont venus rappeler que cet homme est immortel. En fin de compte, tout se paye sur terre.

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Article : Terrorisme : le Burkina est donc devenu un pays dangereux ?
société
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18 octobre 2015

Terrorisme : le Burkina est donc devenu un pays dangereux ?

L’ambassade de France a publié à l’endroit de ses ressortissants au Burkina Faso une cartographie des zones à risques le mardi 13 octobre 2015. Toute la partie de territoire burkinabè frontalière au Mali est déclarée zone rouge. Le gouvernement burkinabè lui n’a pas réagi comme si elle cautionnait la publication de cette cartographie des zones à risques.

Une nouvelle cartographie des risques au #Burkina Faso vient d’être publiée. En savoir plus: https://t.co/7as8DUUFT8 pic.twitter.com/2Kk1jPZJwJ

— Gilles Thibault (@G_Thibault_Fr) October 13, 2015

Le pays est devenu un pays dangereux depuis l’attaque de la gendarmerie Samorogouan, à 45 km au nord de Orodora, la principale ville de cette zone. Le mutisme des autorités burkinabè sur cette affaire est déconcertant. Qui se tait consent. Si les autorités françaises déconseillent les zones concernées à leurs ressortissants, quel sort réserve-t-on aux populations locales ? Le même sort qu’on a réservé trois gendarmes de Samorogouan et au maréchal de logis (MDL) chef Abdoul Ba Souleymane Ilboudo tué lors de l’attaque de la gendarmerie d’Oursi dans la province de l’Oudalan ?

#Burkina « Nous avons à peu près 250 soldats au Burkina engagés contre le terrorisme au Nord-Mali » Gilles Thibault pic.twitter.com/bvB73ddjpE

— radioomega (@radiosomega) October 18, 2015

Le Burkina Faso est devenu un pays dangereux parce que les autorités n’ont rien fait pour mieux sécuriser le pays. Pourtant, les signes de possibles attaques djihadistes sur le territoire burkinabè étaient perceptibles depuis longtemps. D’abord, le Burkina Faso est au cœur de l’Afrique occidentale. Ensuite, des pays frontaliers ont subi des attaques de ce type. La crise au nord du Mali a conduit beaucoup de réfugiés au nord du Burkina Faso. Ce qui laisse la porte ouverte à des infiltrations.

La première alerte a été donnée au mois d’avril dernier quand un Roumain travaillant dans la mine de Tambao a été enlevé dans cette partie située au nord du pays. Jusqu’à présent nous n’avons aucun signe de vie de cet otage.

Les sept suspects de l’attaque meurtrière de Samorogouan ont été relâchés le jeudi 15 octobre 2015 (source judiciaire) https://t.co/kIWeNzgNly

— Ofaso (@OfasoNET) october 16, 2015

Puisqu’il ne s’agissait que d’un expatrié blanc, on ne se sentait pas si concerné. Ça n’arrive qu’aux autres, pense-t-on souvent. Les autorités burkinabè n’étaient pas inquiètes. Pendant que ces dernières continuaient de dormir sur leurs lauriers, la gendarmerie d’Oursi est attaquée par des bandits non identifiés. Ces derniers ont fait preuve de « professionnalisme » en tendant un guet-apens aux gendarmes. Bilan un gendarme tué. Bien qu’un témoin ait affirmé que les bandits avaient dit qu’ils appartenaient à Boko Haram, la piste du règlement de compte semble avoir été privilégiée.

Pourtant, le problème devait être pris à bras le corps. Cette attaque a permis de mettre à nu les conditions catastrophiques dans lesquelles travaillaient les forces de défense et de sécurité. Nous l’avons d’ailleurs dénoncé. Il suffit d’aller dans n’importe quel poste de police ou de gendarmerie du Burkina pour se rendre compte que ces derniers travaillent en sous-effectif et manquent du minimum de logistique. Face à des bandits surarmés et quelle que soit la formation de ces hommes en tenue ils ne peuvent que fuir comme des poltrons.

#Burkina:interdiction de circuler sur le territoire des véhicules auto sans plaque d’immatriculation et ceux aux vitres fumées ou teintées.

— MARE Arnaud (@MAREArnaud) October 14, 2015

Le Burkina est donc devenu une zone dangereuse parce que les autorités n’arrivent plus à sécuriser les frontières du pays. Le Burkina Faso est devenu un pays dangereux. La France l’a dit et donc c’est vrai ! Cela signifie que la France maîtrise mieux le territoire burkinabè que nos autorités elles-mêmes. Cela veut dire que les services secrets burkinabè ne sont pas efficaces. Mais ce qu’on oublie, c’est que les terroristes sont tellement ingénieux qu’ils n’ont plus besoin de faire des incursions aux frontières. Ils sont capables de frapper en plein cœur de la capitale à travers des attentats- suicide par exemple.

Comme le dit un proverbe burkinabè, on a laissé le fantôme entrer dans la maison et maintenant, on veut le chasser.

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Article : Burkina: Zida n’était-il pas le numéro 2 de l’ex RSP ?
Politique
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7 octobre 2015

Burkina: Zida n’était-il pas le numéro 2 de l’ex RSP ?

La vie nous joue souvent des tours. Hier, quelqu’un qui était voué à aux gémonies peut dès le lendemain se transformer en « baark biiga » (enfant béni) comme une jeune fille qui attend son premier amant. Illustration avec le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Ceux-là même qui ont défendu becs et ongles la modification de l’article 37 au départ se sont faits une nouvelle virginité comme une pute qui a fréquenté toutes les chambres de passes pendant 27.

 

Le premier ministre Yacouba Isaac Zida en treillis du RSP devrait aussi répondre au jugement de son ancien corps
Le premier ministre Yacouba Isaac Zida en treillis du RSP devrait aussi répondre au jugement de son ancien corps

Aujourd’hui, c’est le premier ministre Yacouba Isaac Zida qui se retrouve dans la situation de ceux qu’on a surnommé les RSS (Roch, Salif, Simon) lorsqu’il a célébré la messe de requiem de l’ex régiment se sécurité présidentielle (RSP) le mardi 06 octobre 2015. Lors de ce culte, l’ancien numéro 2 du RSP Yacouba Isaac Zida dans son homélie a taclé, comme Andoni Goikoetxea sur Diego Maradona, son ancien mentor Gilbert Diendéré, auteur du putsch manqué et sa troupe en déclarant ceci : « depuis sa création, le régiment de sécurité présidentielle a été utilisé par le régime du président Compaoré pour freiner les aspirations légitimes du peuple burkinabé à une vie démocratique réelle ».

Voir le tacle de Andoni Goikoetxea sur Diego Maradona

Le Burkina Faso célèbre la fin du RSP, le régiment putschiste https://t.co/DsH6ov8F4k pic.twitter.com/53psi9oaHI

— RFI (@RFI) October 6, 2015

Yacouba Isaac Zida enfonce plus ses anciens : « au lieu de contribuer à la protection des populations, ce corps était devenu une menace permanente contre la marche radieuse du peuple burkinabè et un instrument pour imposer la volonté d’un groupuscule qui, incapable d’apprendre les leçons de l’histoire de notre peuple, se condamne ainsi à répéter les erreurs d’un passé à jamais révolu dans la conscience collective des Burkinabè ».  

#Burkina : Exposition des armes récupérées aux putschistes à la place de la révolution. #lwili pic.twitter.com/RzSrjOWzay — COMPAORE Issouf (@mic5tera) October 6, 2015

C’est vrai. Sauf que Yacouba Isaac Zida était membre de cet ex RSP et a été réaffecté au même titre que Gilbert Diendéré après le Conseil des ministres qui a signé l’acte de décès de l’ancienne garde. Il a gravi les différents échelons du RSP en passant de commandant de compagnie à chef de corps adjoint du RSP entre 1996 et 2015 année pendant laquelle il est devenu ministre. A La place de la nation, beaucoup ont été surpris par les propos démagogues et populistes de Yacouba Isaac Zida, qui le 12 juin  2015 devant le Conseil national de la transition (CNT) défendait la cause de l’ancienne garde présidentielle. Selon lui, le Burkina Faso avait encore besoin du RSP alors que plusieurs organisations de la société civile demandaient tout simplement son démantèlement. Bien avant, à la mi avril, Zida avait affirmé que le RSP ne serait pas dissout.

Quand Zida visite l’échantillon de l’armement de l’ex-RSP ce matin à la place de la Révolution. #Burkina #lwili pic.twitter.com/Up9eIKwNfk

— Yarga Justin (@y_jus) October 7, 2015

Surprise. Ce n’est pas le cas en réalité. Puisque le 30 octobre à cette même place de la nation, il avait dit que le RSP sera dissout avant de raviser. Après sa prise de pouvoir et aussi sa nomination en tant que premier ministre, même s’il a troqué le treillis de camouflage vert, celui du RSP pour les habits traditionnels, Zida n’a pas démissionné.   De toutes les façons, s’il faut juger les crimes commis par l’ex RSP le premier ministre Yacouba Isaac Zida devrait répondre puisqu’il a occupé plusieurs fonctions importantes au sein de ce régiment et fait partie donc de cette composante. Il n’est pas forcément innocent sur toutes « les actes de barbaries », pour reprendre les mots du nouveau directeur de la justice militaire Sita Sangaré. Il était membre du RSP presque depuis sa création en 1995. Au jugement dernier de l’ex RSP Yacouba Isaac Zida devra également répondre. Pour réponse, il avait peur pour sa vie. Mais dans la vie, on ne peut pas collaborer avec Dieu et Satan à la fois.   Le plus important, c’est de ne pas avoir de cadavres dans son placard car Gilbert Diendéré est toujours dangereux même en prison. Celui qui est considéré comme le disque dur du régime Compaoré pourrait à son tour faire des révélations sur la participation de chacun à des actes perfides vu la sérénité machiavélique avec laquelle il a supporté les évènements depuis le putsch. S’il parle, des têtes risquent de tomber du côté des civiles comme militaires.

 Radio Liberté : Selon vous qui veut faire taire à jamais le général Gilbert Diendéré. Valère Somé : Trop de gens. Le régime de Blaise sera terminé quand on aura entendu Gilbert. Sinon nous sommes encore dans le régime de Blaise. Tant que Gilbert ne s’est pas expliqué…, il n’est pas le seul coupable ? Ce sont des hommes politiques ou des militaires qui en veulent à Gilbert Diendéré ? Hommes politiques comme militaire. Le régime de Blaise. C’est l’occasion de tous savoir. Même son coup infantile raté, on va connaitre les tenants et les aboutissants. Ce qu’il détient est trop important pour le pays.

Ahhh, la vie là même quoi! Elle est trop cool quoi. Elle peut te faire manger ton totem et puis après elle peut se…

Posted by Yacouba Ladji Bama on mardi 6 octobre 2015

Seuls les imbéciles ne changent pas. De toutes les façons, Yacouba Isaac Zida sait qu’il peut bénéficier de circonstance atténuante parce qu’il n’était plus en odeur de sainteté avec ses ex compagnons et aussi son ancien mentor et cousin. Et comme le dise aussi les saints, ce n’est pas le début qui compte mais la fin. Et comme de ce film, le bras droit du chef-bandit se retrouve dans le camp du « brave ».

Expérience professionnelle de Yacouba Isaac Zida à l’ex RSP : 

  • Depuis le 18 juillet 2011 : chef de corps adjoint du régiment de sécurité présidentielle

  • 2006 à 2011 : commandant adjoint de groupement au régiment de sécurité présidentielle

  • 2006 à 2008 : commandant de groupement adjoint au régiment de sécurité présidentielle

  • 1997 : Officier chargé de la sécurité du régiment de sécurité présidentielle

  • 1996 à 2006 : commandant de compagnie au régiment de sécurité présidentielle.

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Auteur·e

L'auteur: Boukari Ouédraogo
Boukari Ouédraogo est journaliste multimédias et blogueur burkinabè passionné des nouveaux médias, du cinéma et du sport. Il blogue depuis 2009 pour le compte de Mondoblog.

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