Burkina: Zida n’était-il pas le numéro 2 de l’ex RSP ?

Article : Burkina: Zida n’était-il pas le numéro 2 de l’ex RSP ?
7 octobre 2015

Burkina: Zida n’était-il pas le numéro 2 de l’ex RSP ?

La vie nous joue souvent des tours. Hier, quelqu’un qui était voué à aux gémonies peut dès le lendemain se transformer en « baark biiga » (enfant béni) comme une jeune fille qui attend son premier amant. Illustration avec le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Ceux-là même qui ont défendu becs et ongles la modification de l’article 37 au départ se sont faits une nouvelle virginité comme une pute qui a fréquenté toutes les chambres de passes pendant 27.

 

Le premier ministre Yacouba Isaac Zida en treillis du RSP devrait aussi répondre au jugement de son ancien corps
Le premier ministre Yacouba Isaac Zida en treillis du RSP devrait aussi répondre au jugement de son ancien corps

Aujourd’hui, c’est le premier ministre Yacouba Isaac Zida qui se retrouve dans la situation de ceux qu’on a surnommé les RSS (Roch, Salif, Simon) lorsqu’il a célébré la messe de requiem de l’ex régiment se sécurité présidentielle (RSP) le mardi 06 octobre 2015. Lors de ce culte, l’ancien numéro 2 du RSP Yacouba Isaac Zida dans son homélie a taclé, comme Andoni Goikoetxea sur Diego Maradona, son ancien mentor Gilbert Diendéré, auteur du putsch manqué et sa troupe en déclarant ceci : « depuis sa création, le régiment de sécurité présidentielle a été utilisé par le régime du président Compaoré pour freiner les aspirations légitimes du peuple burkinabé à une vie démocratique réelle ».

Voir le tacle de Andoni Goikoetxea sur Diego Maradona

Yacouba Isaac Zida enfonce plus ses anciens : « au lieu de contribuer à la protection des populations, ce corps était devenu une menace permanente contre la marche radieuse du peuple burkinabè et un instrument pour imposer la volonté d’un groupuscule qui, incapable d’apprendre les leçons de l’histoire de notre peuple, se condamne ainsi à répéter les erreurs d’un passé à jamais révolu dans la conscience collective des Burkinabè ».

C’est vrai. Sauf que Yacouba Isaac Zida était membre de cet ex RSP et a été réaffecté au même titre que Gilbert Diendéré après le Conseil des ministres qui a signé l’acte de décès de l’ancienne garde. Il a gravi les différents échelons du RSP en passant de commandant de compagnie à chef de corps adjoint du RSP entre 1996 et 2015 année pendant laquelle il est devenu ministre. A La place de la nation, beaucoup ont été surpris par les propos démagogues et populistes de Yacouba Isaac Zida, qui le 12 juin  2015 devant le Conseil national de la transition (CNT) défendait la cause de l’ancienne garde présidentielle. Selon lui, le Burkina Faso avait encore besoin du RSP alors que plusieurs organisations de la société civile demandaient tout simplement son démantèlement. Bien avant, à la mi avril, Zida avait affirmé que le RSP ne serait pas dissout.

Surprise. Ce n’est pas le cas en réalité. Puisque le 30 octobre à cette même place de la nation, il avait dit que le RSP sera dissout avant de raviser. Après sa prise de pouvoir et aussi sa nomination en tant que premier ministre, même s’il a troqué le treillis de camouflage vert, celui du RSP pour les habits traditionnels, Zida n’a pas démissionné. De toutes les façons, s’il faut juger les crimes commis par l’ex RSP le premier ministre Yacouba Isaac Zida devrait répondre puisqu’il a occupé plusieurs fonctions importantes au sein de ce régiment et fait partie donc de cette composante. Il n’est pas forcément innocent sur toutes « les actes de barbaries », pour reprendre les mots du nouveau directeur de la justice militaire Sita Sangaré. Il était membre du RSP presque depuis sa création en 1995. Au jugement dernier de l’ex RSP Yacouba Isaac Zida devra également répondre. Pour réponse, il avait peur pour sa vie. Mais dans la vie, on ne peut pas collaborer avec Dieu et Satan à la fois. Le plus important, c’est de ne pas avoir de cadavres dans son placard car Gilbert Diendéré est toujours dangereux même en prison. Celui qui est considéré comme le disque dur du régime Compaoré pourrait à son tour faire des révélations sur la participation de chacun à des actes perfides vu la sérénité machiavélique avec laquelle il a supporté les évènements depuis le putsch. S’il parle, des têtes risquent de tomber du côté des civiles comme militaires.

 Radio Liberté : Selon vous qui veut faire taire à jamais le général Gilbert Diendéré. Valère Somé : Trop de gens. Le régime de Blaise sera terminé quand on aura entendu Gilbert. Sinon nous sommes encore dans le régime de Blaise. Tant que Gilbert ne s’est pas expliqué…, il n’est pas le seul coupable ? Ce sont des hommes politiques ou des militaires qui en veulent à Gilbert Diendéré ? Hommes politiques comme militaire. Le régime de Blaise. C’est l’occasion de tous savoir. Même son coup infantile raté, on va connaitre les tenants et les aboutissants. Ce qu’il détient est trop important pour le pays.

Ahhh, la vie là même quoi! Elle est trop cool quoi. Elle peut te faire manger ton totem et puis après elle peut se…

Posted by Yacouba Ladji Bama on mardi 6 octobre 2015

Seuls les imbéciles ne changent pas. De toutes les façons, Yacouba Isaac Zida sait qu’il peut bénéficier de circonstance atténuante parce qu’il n’était plus en odeur de sainteté avec ses ex compagnons et aussi son ancien mentor et cousin. Et comme le dise aussi les saints, ce n’est pas le début qui compte mais la fin. Et comme de ce film, le bras droit du chef-bandit se retrouve dans le camp du « brave ».

Expérience professionnelle de Yacouba Isaac Zida à l’ex RSP : 

  • Depuis le 18 juillet 2011 : chef de corps adjoint du régiment de sécurité présidentielle

  • 2006 à 2011 : commandant adjoint de groupement au régiment de sécurité présidentielle

  • 2006 à 2008 : commandant de groupement adjoint au régiment de sécurité présidentielle

  • 1997 : Officier chargé de la sécurité du régiment de sécurité présidentielle

  • 1996 à 2006 : commandant de compagnie au régiment de sécurité présidentielle.

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