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Le Messager d'Afrique depuis Ouagadougou
Article : Coup d’Etat au Burkina: Chérif Sy réagit a des propositions pour une sortie de crise
Politique
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20 septembre 2015

Coup d’Etat au Burkina: Chérif Sy réagit a des propositions pour une sortie de crise

Je n’ai pas pour habitude de publier des communiqués sur mon blog. Mais compte tenu de la situation actuelle, j’ai préféré partagé de ce communiqué de Chérif Sy, le Président du Conseil National de la Transition (CNT) qui a réagit à des recoupements faits par Thierry Hot, journaliste burkinabo-camerounais. Chérif Sy rejette ces propositions et propose la remise en place des institutions de la Transition…

Le Président du Conseil National de la Transition (CNT) Chérif Sy
Le Président du Conseil National de la Transition (CNT) Chérif Sy

COMMUNIQUE RELATIF AUX PROPOSITIONS DES MEDIATEURS DE LA CEDEAO POUR UNE SORTIE DE CRISE

Peuple du Burkina Faso, Chers compatriotes, Il m’est revenu que les Médiateurs de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), les présidents sénégalais Macky SALL et béninois Thomas Boni YAYI s’apprêtent à soumettre les propositions suivantes pour une sortie de la crise consécutive au coup de force des éléments du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) conduits par le général Gilbert DIENDERE.
Il s’agit de: 1- Le retour de l’ordre constitutionnel et la réinstallation du président Michel KAFANDO à la tête de la Transition,
2- La tenue du scrutin présidentiel et législatif le 11 octobre 2015 ou dans un délai n’excédant pas un mois,
3- La libération de toutes les personnalités détenues, y compris celles de l’ex-majorité dans des affaires de deniers publics et d’enrichissement illicite,
4- Garantie de sécurité pour les dirigeants actuels du RSP,

5- L’arrêt immédiat des violences contre les civils, 6- La dissolution du RSP (Les dirigeants actuels du RSP préférant que cette décision soit laissée au président qui sera élu),
7- Le retrait de tous les militaires de la Transition
8- La participation de tous ceux qui le désirent aux élections présidentielles, législatives et municipales.

Dans le principe, je ne saurai cautionner de telles propositions qui nous poussent à passer de perte à profit au moins dix (10) et plus de 113 blessés que nous avons officiellement enregistré depuis le début de cette forfaiture.
C’est pourquoi je demande aux partis et organisations politiques, Organisations de la société civile (OSC) engagés dans le débat avec les Médiateurs de la CEDEAO de rester vigilants et intransigeants.
J’invite les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) à assumer leurs responsabilités en continuant à assurer la sécurité des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire et à tout mettre en œuvre pour mettre un terme aux actes criminels du général Gilbert DIENDERE.

Les seuls points qui méritent d’être pris en compte par toutes les parties devront être :
1- La remise en place des institutions de la Transition avec toutes les missions et tous les pouvoirs à elles dévolues par la Constitution de notre pays et la Charte,
2- La dissolution immédiate du RSP et la mise à disposition de son personnel à l’état-major général des Armées pour redéploiement,

3- L’arrestation du général Gilbert DIENDERE ainsi que des officiers que sont ralliés à sa forfaiture pour qu’ils répondent de leurs actes. Aucun autre point n’est négociable.
Autrement, notre peuple continuera de lutter jusqu’au prix de sa vie.

Vive la Démocratie véritable ! Vive le Peuple du Burkina ! Seule la lutte libère ! La Patrie ou la mort, nous vaincrons !

Fait à Ougadougou le 20 septembre 2015 Moumina Cheriff SY Président de la Transition par intérim Président du Conseil National de la Transition (CNT)

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Article : Coup d’Etat du RSP J+3: les résistants toujours au front
Politique
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19 septembre 2015

Coup d’Etat du RSP J+3: les résistants toujours au front

Ce samedi 19 septembre 2015, trois jours après l’officialisation du Coup d’Etat du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP), rien n’est annoncé dans la ville de Ouagadougou. En traversant le centre-ville, on voit que beaucoup de Burkinabè ont pris la ville d’assaut. Au niveau de la Société Nationale Burkinabè de l’Electricité (SONABEL), située en face de l’Etat-major général des armées et à 100 mètre de l’Institut français, on aperçoit de longs rangs. Ils sont venus payer leur facteur ou s’approvisionner en crédits pour l’électricité.

La détermination se lit dans les actes
La détermination se lit dans les actes

 

Quelques rares personnes circulent aux alentours de la Place de la Nation. Juste en face de l’immeuble abritant le siège du Médiateur du Faso, une vingtaine de militaires du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) reconnaissables à leurs treillis verts sont installés. Un pick-up est à côté d’eux. A part ça, tout est calme dans le centre-ville.

Je n’avais jamais vu la résidence de Président du Faso auparavant. #lwili pic.twitter.com/NsF0eNfmx4

— Radio Resistance (@Elmayci) September 19, 2015

Cette ambiance est trompeuse. Une nouvelle fois, il faut se rendre dans les quartiers périphériques pour mieux comprendre ce qui se passe à Ouagadougou. Au quartier Nonsin, aux environs de 9 heures, des jeunes à divers endroits installaient des barricades. Au niveau du Maquis Wend-Konta, sur la route menant à l’hippodrome de Hamdalaye, des jeunes ont brûlé un pneu dont les flammes et la fumée montent haut dans le ciel. D’autres ont installé des barricades. Mais la mobilisation reste timide à ce niveau.

 

Les enfants également sont mobilisés autour de leurs grands frères
Les enfants également sont mobilisés autour de leurs grands frères

A Tampouy, et notamment sur l’axe Ouagadougou-Ouahigouya, les résistants ont barré la route pour empêcher le passage du train. De ce côté là, ils sont plus déterminés. De nombreux pneus sont brûlés. Ceux qui tentent de rejoindre l’autre côté sont obligés de faire des détours.

 

C’est juste pour inclure Fatou Dienderé que nous devons subir tout cela? #lwili #Burkina #StopCND pic.twitter.com/0gmf69nnVq

— N’DOlé Gogoyi (@ChantalNare) September 19, 2015

En voulant immortaliser la scène, un jeune qui semblait être le leader lance : « Il faut poster ça à Barack Obama ». Au milieu d’eux, des enfants aident à barricader la voie en apportant des pierres. Certains soufflent dans des vuvuzelas ou des sifflets.

Des gouttes de pluies viennent disperser le monde présent à ce niveau. Mais comme s’ils s’étaient donné un mot d’ordre, les manifestants réapparaissent. Cette fois, ils décident de se rendre à la Place de la Nation. Ils marchent jusqu’au niveau du commissariat de police de Tampouy.

#Burkina Faso: Le Nigeria et le Ghana exigent le retour à la transition https://t.co/fQjFc97v9r pic.twitter.com/BCX7PeoO5A

— koaci.com (@Koaci) September 19, 2015

Mais à partir de là, certains semblent peu motivés. Tandis que d’autres avancent, certains s’arrêtent. En approchant les discussions, on comprend très vite qu’il est difficile de traverser le pont. S’ils continuent, ils risquent de se faire prendre en sandwich. « Il y a des enfants parmi nous et certains risquent de tomber dans l’eau », fait savoir l’un d’entre eux. Bien qu’ayant décidé d’avancer, les jeunes doutent encore.

Visiblement, les résistants manquent d’organisation. Justement, plus aucune radio d’information locale n’émet. Il n’y a pas de mot d’ordre à suivre.

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Article : Ouagadougou au lendemain du Coup d’État orchestré par le RSP
Politique
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18 septembre 2015

Ouagadougou au lendemain du Coup d’État orchestré par le RSP

Depuis le Coup d’Etat effectif du jeudi 17 septembre 2015 orhchestré par le Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP), beaucoup de Burkinabè sont restés cloîtrés chez eux. Certains n’ont pas de moyens d’informations puisque presque toutes les radios ont été fermées tandis que d’autres relaient ce qui se passent à Ouagadougou et dans  d’autres villes grâce à Internet. Nous avons ainsi décidé de faire un tour dans la ville pour faire le constat.

Resistance Coup d'Etat
Des résistants laissent passer une ambulance

 

Ce vendredi 18 septembre 2015 à Ouagadougou, la situation était différente en fonction de l’endroit où l’on se trouve. Le centre-ville est calme. Quelques personnes circulent à pieds ou avec un engin. De temps en temps, l’on voit des pick-up remplis d’au moins six à huit militaires passés du Régiment se Sécurité Présidentielle (RSP). De la place de la nation au rond-point des Nations-Unies en passant par le grand marché Rood Wooko, tout est calme. C’est le cas sur l’Avenue Kwamé N’Kruma. Ces endroits sont pourtant très animés habituellement.

Aujourd’hui dans la ville de Bobo, les femmes sont sortis avec leur spatules. Ceux qui savent comprennent. #Lwili pic.twitter.com/LIYeaMqofh

— ya mam la woto ! (@ful226) September 18, 2015

Un silence de cimetière régnait au centre ville
Un silence de cimetière régnait au centre ville

 

Des rumeurs ont fait état de la présence de membres du mouvement Balai Citoyen et d’autres pour accueillir le Président Macky Sall du Sénégal et Yayi Boni du Niger.

 

Les motos des manifestants brûlées à Boulmiougou par le RSP. #Burkina #lwili pic.twitter.com/GbTUGPIwES

— Michel Wagner (@GraphiqueDBF) September 18, 2015

Cependant, ce n’est pas le cas. Cet espace est aussi presque vide. Quelques personnes tentaient quand même d’échanger des billets de banques. D’autres proposaient des produits comme les cartes de recharge. Le maquis situé en face de l’aéroport est fermé. Juste en face de cet aéroport, un pick-up de la police nationale est installé en face. 100 mètres plus loin, deux autres véhicules se font voir. Il s’agit de celui de la Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS) et celle de la Police Nationale.

Une moto brûlé par des militaires du RSP selon des témoins
Une moto brûlé par des militaires du RSP selon des témoins

Dans certains endroits, l’on a même l’impression que rien ne se passe dans cette ville. Des commerces sont ouverts. J’aperçois même une femme qui vend de la nourriture composée de plusieurs variétés.

Par contre dans les quartiers périphériques, les jeunes ont barricadé les voies. Au quartier Zogona, non loin de l’Université de Ouagadougou et notamment à l’intersection entre l’avenue Charles de Gaules et l’avenue Babanginda, des jeunes qui tentaient de manifester ont été chassés. Deux motos brûlaient. Il s’agirait donc de l’œuvre du Régiment de Sécurité Présidentielle.

#Burkina incertitudes sur le sort du Premier ministre Zida – Silence radio de Bamba le MC de la Junte #lwili

— Thierry HOT (@Hotthierry1) September 18, 2015

Les routes étaient également barricadées au quartier Somgandé
Les routes étaient également barricadées au quartier Somgandé

Certains sont quand même au niveau de la voie menant à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), juste au niveau du service des eaux et forêts. La route était barricadée. Des coups de sifflets et de vuvuzelas se faisaient entendre.

Malgré la détermination, les résistants font preuve de civilité. Ils ont, par exemple, laissé passer une ambulance qui transportait un malade j’imagine.

A Somgandé, quartier situé sur l’axe Ouagadougou-Kaya, après la station total et au niveau de la Boulangerie Wend-Konta, des jeunes ont aussi érigé des barricades et brûlé des pneus sur la route. Ils résistent au RSP qui souvent les chasse de cet endroit. Une fois le RSP parti, les manifestants reviennent.

A Ouidi, non loin du siège du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP), certains ont érigé des barricades. Cependant lorsqu’un pick-up apparait, les résistants désertent la place. C’est sûr qu’ils réapparaitront.

Au quartier Goughin, les tirs se faisaient entendre notamment au niveau du Stade du 4 août de Ouagadougou, l’Ecole Nationale de la Police (ENP), l’ex gare de SOGEBAF et au niveau du marché.

Telle était la situation ce vendredi 18 septembre 2015 à Ouagadougou.

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Article : Dépénalisation des délits de presse au Burkina : mieux vaut la prison !
Journalisme
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8 septembre 2015

Dépénalisation des délits de presse au Burkina : mieux vaut la prison !

Le Conseil national de la Transition (CNT) au Burkina a voté le vendredi 4 septembre 2015 une loi qui supprime les peines d’emprisonnement pour les journalistes accusés de délits de presse. Cependant, si un journaliste est reconnu coupable de diffamation, son organe doit payer entre un et cinq millions de francs CFA. Compte tenu de la situation économique des médias burkinabè, combien d’organes peuvent se permettre de débourser une telle somme et survivre ?

Le député, journaliste Jean Hubert Bazié devant ses pairs a défendu le projet et ne s'est pas opposé aux lourdes amendes (ph. Boukari Ouédraogo)
Le député, journaliste Jean-Hubert Bazié devant ses pairs a défendu le projet et ne s’est pas opposé aux lourdes amendes (ph. Boukari Ouédraogo)

Les journalistes présents lors des votes pour la suppression des peines d’emprisonnement se sont rendu compte d’un subterfuge de la part du gouvernement. Un article avait été auparavant supprimé dans les textes. Juste au moment, où les députés voulaient passer à l’article suivant le rapporteur du jour a fait savoir que le gouvernement a introduit un recours : « En cas de récidive l’organe en question devrait payer le double de l’amende ! » Malgré la protestation de certains députés surpris et pris par contre-pied, il s’avère que c’était réglementaire puisque seul le gouvernement peut introduire un tel recours à la dernière minute.

La situation socioéconomique des organes de presse au Burkina Faso ne permet pas de débourser ne serait-ce qu’un million de francs CFA et survivre. La plupart vivent dans un contexte de précarité qui ne permet pas souvent d’offrir plus 50 mille francs CFA à un journaliste. Les médias burkinabè sont obligés de recruter de jeunes au chômage et qui trouvent par là une occasion d’avoir un salaire à la fin du mois. Demande à un organe de presse de payer cinq millions, c’est le condamner à mourir.

Un cadeau empoisonné

C’est un vrai piège que le gouvernement de la Transition et le Conseil national de la Transition (CNT) ont tendu aux journalistes burkinabè. Un cadeau empoisonné. S’il y avait à choisir, entre payer 1 à 5 millions de francs CFA et passer trois mois en prison et ressortir trouver son journal, sa station de radio ou sa chaîne de télévision en marche, le choix est vite fait. Mieux vaut passer trois mois en prison !

En votant pour la dépénalisation des délits de presse dans ce contexte, certains députes pensaient peut-être rendre service à la presse
En votant pour la dépénalisation des délits de presse dans ce contexte, certains députes pensaient peut-être rendre service à la presse.

L’amende proposée au départ par le gouvernement était de 5 à 10 millions de francs CFA avant d’être revue à la baisse suite à une pression de certains partons de presse et d’universitaires et certains députés, le gouvernement a revu l’amende à la baisse. Le ministre Fréderic Nikièma relève que le gouvernement s’est inspiré des pratiques excitantes dans la sous-région.

Toutefois, le Burkina Faso ne vit pas les mêmes réalités socioéconomiques que les pays de la sous-région. Les subventions de la presse dont ces pays bénéficient sont, par exemple, plusieurs fois supérieures à celles du Burkina Faso.

Le public a peur des journalistes

Personnellement, j’ai toujours été opposé au fait qu’on accorde une immunité à une personnalité sauf au chef de l’État. Cela ne veut pas pour autant dire que je sois contre le principe.

L’une des craintes se situe dans le fait que certains citoyens mécontents des peines financières ne veuillent régler les comptes par d’autres moyens déconseillés. En plus de cela, les journalistes qui manquent de formation ou mal formés peuvent se laisser aller à des dérives en croyant qu’il s’agit d’une porte ouverte à tout.

En effet, le citoyen burkinabè a peur du journaliste. Pour ceux qui ont observé le comportement des députés lors des différentes, ils s’apercevront vite qu’ils pensent que c’est un privilège qu’on fait aux hommes de médias. « C’est une occasion pour eux de nous insulter impunément ». Voilà ce qu’ils pensent.

On pourrait leur donner raison, car pour le commun des mortels, lorsqu’on attaque une personne en justice, on attend de la voir en prison. Est-ce qu’un million ou même cinq millions peuvent laver l’honneur souillé ? Non.

Nécessité d’une éducation aux médias

Toutefois, c’est dans ce domaine qu’il faut recourir à l’éducation aux médias. Le public a une telle méconnaissance du journalisme qu’il considère ses professionnels comme des personnes qui fouillent dans son intimidé. Ils sont souvent confondus à des enquêteurs policiers à cause des questions qu’ils posent tout le temps, mais aussi parce qu’ils sont toujours les premiers à révéler ce qui est caché. Il faut instaurer une confiance entre le public et les journalistes.

En plus de cela, les journalistes eux-mêmes doivent être mieux organisés pour pouvoir écarter les brebis galeuses en toute humilité. Le métier est tellement ouvert et mal régis que n’importe qui peut s’improviser patron de presse, journaliste. Chez les Mossi du Burkina, l’on affirme souvent que « c’est un seul âne qui a bouffé la farine et l’on accuse tous les ânes d’avoir le museau blanc ».

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Article : Attaque « terroriste » à Oursi : un avertissement pour le Burkina
société
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28 août 2015

Attaque « terroriste » à Oursi : un avertissement pour le Burkina

La brigade de gendarmerie d’Oursi village situé dans la province de l’Oudalan dans la région du Sahel a été attaquée le 23 août 2015 par une bande armée non identifiée. Selon des témoignages, les assaillants auraient fait savoir qu’ils sont affiliés au groupe de terreur Boko Haram. Que ce soit une attaque terroriste ou pas, il s’agit d’un avertissement que les autorités burkinabè doivent prendre avec le plus grand sérieux.

Au delà des gendarmes, toutes les forces de défenses et de sécurité doivent être suffisamment armées (ph.https://www.gouvernement.gov.bf)

Comment ces bandits ou encore terroristes, s’y sont pris pour attaquer la gendarmerie d’Oursi ? Selon les habitants, les assaillants ont tendu un piège en envoyant une fausse alerte. Lors de cette attaque,  le maréchal des logis (MDL) chef Abdoul Ba Souleymane Ilboudo a été tué. Les assaillants se sont rendus également au domicile du chef de brigade où ils ont fait deux blessés.

Premier kidnapping au mois d’avril

Cet exemple laisse croire qu’il s’agit d’un règlement de compte tandis que d’autres estiment qu’il s’agit d’une attaque terroriste. Toutefois, cette situation doit interpeller la population et les autorités burkinabè. Le Burkina Faso n’est pas à l’abri des attaques terroristes.

Le 4 avril 2015, un Roumain a été enlevé à Tambao par des hommes armés. Depuis, plus aucune nouvelle. C’était la premier enlèvement d’un expatrié sur le sol burkinabè. Le groupe djihadiste Al-Mourabitoune a revendiqué l’attaque. Depuis, aucune nouvelle. De plus en plus, les attaques se rapprochent du Burkina Faso. Avant cela, les Burkinabè pensaient qu’ils étaient protégés et que cela n’arrivait qu’aux autres. Aujourd’hui, l’on se rend compte que nul n’est à l’abri d’une possible attaque terroriste et le mal peut venir de partout.

Banditisme grandissant

Le Burkina Faso; un terreau fertile pour le développement de groupes terroristes. Presque chaque jour, les forces de sécurité, gendarmerie annoncent l’arrestation de malfaiteurs. Ils sont souvent présentés à la presse. En général, il s’agit de récidivistes. Mais, aussitôt arrêtés, ils sont immédiatement libérés. Le recrutement des terroristes pourrait se faire au sein de cette communauté de voyous. Le chômage conduit facilement les jeunes à accepter toutes sortes de propositions. Ils ne seront donc pas insensibles aux offres mirobolantes de groupes djihadistes. Boko Haram l’a prouvé.

Ce groupe terroriste cherche à séduire les pauvres et généralement les personnes illettrées. Des jeunes qui se sentent exclus du système social puisque sans diplôme leur permettant d’espérer un emploi se laissent tenter par cette voie. Afin de s’enrichir certains d’entre eux n’hésitent pas à se lancer dans le kidnapping d’étrangers. Ce ne sont les coupeurs de route, les trafiquants et foyers de drogue qui manquent au Burkina Faso. Il ne suffit que d’une étincelle pour mettre le feu aux poudres.

Les groupes djihadistes l’ont prouvé. Ils savent vendre du rêve aux jeunes. Et pour des gens qui n’ont plus rien à perdre dans leur vie, rejoindre les groupes terroristes devient la voie du salut. Il faut donc s’attaquer, malgré le retard déjà pris, à ce mal à la racine en sensibilisant les jeunes mais surtout en leur offrant de l’emploi. Indéniablement, il faut un engagement total dans la lutte contre la pauvreté en mettant la jeunesse au cœur de toutes les initiatives.

Un plan de lutte contre le terrorisme

S’il faut lutter contre le chômage qui est une course de longue haleine compte tenu de la pauvreté du Burkina, il faudra pour cela mettre l’accent sur la sécurité des populations et la défense du territoire national. Il est incompréhensible dans un pays de savane comme le Burkina que des bandits puissent attaquer une gendarmerie et s’enfuir sans laisser la moindre trace.

Au Burkina , l’on enregistre de plus en plus de conflits locaux entre agriculteurs et éleveurs. Il s’agit d’une question également à prendre à bras le corps. Sinon, la situation risque de pourrir et il ne sera pas étonnant qu’un jour, un camp bascule dans un groupe terroriste.

L’attaque d’Oursi est la preuve même du dénuement dans lequel les forces de sécurité et de défense sont logées. Il suffit de faire un tour dans n’importe quel commissariat ou gendarmerie du pays, l’on constate qu’il n’y a souvent pas de véhicules d’intervention. Les bandits sont souvent mieux armés. Le personnel est insuffisant. 

Il faut donc un véritable plan de lutte contre le terrorisme. Les autorités auraient dû être interpellées depuis longtemps. Le Burkina Faso est entouré de pays qui connaissent des attaques fréquentes de ces bandits.

Pour le moment, c’est un petit village qui a été attaqué. Un jour, il pourrait avoir des attentats dans au cœur de la capitale.

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Article : Législatives au Burkina: Comment Ambaterdomon Angelin Dabiré, a convaincu le Conseil constitutionnel
Politique
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26 août 2015

Législatives au Burkina: Comment Ambaterdomon Angelin Dabiré, a convaincu le Conseil constitutionnel

Le Conseil constitutionnel était dans un véritable dilemme au moment de trancher les recours d’annulations de candidatures de l’ancienne majorité et alliés aux élections législatives d’octobre 2015. Mais un homme a permis de débloquer la situation. Il s’agit Ambaterdomon Angelin Dabiré qui dans son recours a fait savoir que le Burkina Faso « Burkina Faso n’a pas mis en œuvre la décision du 13 juillet 2015 de la Cour de Justice de la CEDEAO ». Ce point à tous changé.

La remarque de Ambaterdomon Angelin Dabiré  a permis de prendre cette décision attendue par plusieurs Burkinabè
La remarque de Ambaterdomon Angelin Dabiré a permis de prendre cette décision attendue par plusieurs Burkinabè

Lorsque le Conseil constitutionnel du Burkina a commencé l’examen des différents recours, il s’est rapidement rendu compte que les différents posaient problèmes. Soit ils n’étaient pas recevables, soit le Conseil constitutionnel était incompétent pour trancher. Si ce n’était pas l’une des deux cas de figure, c’est que le requérant ne remplissait pas les conditions pour demander l’annulation d’une candidature. Dans un tel contexte, il devait essayer de satisfaire une frange de la population qui souhaitait ardemment que les dignitaires de l’ancien régime notamment ceux qui ont soutenu la modification de l’article 37.

Le verdict de la Cour de la justice de la Communauté économique et des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ne permettait au Conseil constitutionnel de trancher en faveur de ceux qui souhaitent qu’en conformité avec le nouveau code électoral en son article 166, qui affirment que « … sont en outre inéligibles : toutes les personnes ayant soutenu un changement anticonstitutionnel qui porte atteinte au principe de l’alternance démocratique, notamment au principe de la limitation du nombre de mandats présidentiels ayant conduit à une insurrection ou à toute autre forme de soulèvement ».

La décision de la CEDEAO malgré les nombreux débats favorisait bien le camp du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) puisque les autorités burkinabè avaient affirmé qu’ils se conformeraient à la décision de la CEDEAO tandis que certains avaient annoncé des réaménagements.

#kpakpatoya #Burkina : 42 proches de compaoré exclus du scrutin https://t.co/yw9321xtz9 pic.twitter.com/rt2B1lSuzA

— La Régionale (@RegionaleInfo) August 26, 2015

Ambaterdomon Angelin Dabiré a débloqué la situation en soulignant un seul point : « Burkina Faso n’a pas mis en œuvre la décision du 13 juillet 2015 de la Cour de Justice de la CEDEAO ». C’est la preuve que l’ex majorité avait gagné son recours auprès de la CEDEAO mais le Burkina Faso qui avait promis d’en tenir compte a oublié d’appliquer la décision. En plus de cela, ce recourant a apporté les preuves que les personnes concernés ont soutenu la modification de l’article 37.

Les candidats du CDP concernés sur les listes nationales et provinciales ont tous signé un appel adressé au Chef de l’Etat le 13 septembre 2014 afin de convoquer un référendum pour modifier l’article 37 tout ceux de la Nouvelle Alliance du Faso (NAFA) de Djibril Bassolé. Les candidats concernés sont d’anciens membres du CDP.

#Burkina, #Législatives : une 40taine de candidats des partis CDP, ADF-RDA, NAFA, ODT, NTD ont été déclarés inéligibles par le #CC

— kindo bassératou (@KindoB) August 25, 2015

L’Alliance pour la Démocratie et la Fédération/Rassemblement Démocratique Africain (ADF/RDA) a également soutenu ce projet dans les derniers instants. Ces anciens députés ont soutenu publiquement la modification de l’article 37, notamment le 23 octobre 2014. Ce jour là, le Secrétariat exécutif national de leur parti a décidé à l’unanimité d’appeler les députés du groupe parlementaire de l’ADF/RDA à soutenir le compromis trouvé au sein de la majorité. Le 25 octobre 2014 au stade du 04 août de Ouagadougou cet appel a été renouvelé.

#Burkina la décision du conseil constitutionnel n’est pas susceptible de recours au sujet des candidatures #votebf2015 #BurkinaDecide

— Thierry HOT (@Hotthierry1) August 25, 2015

Ce qui signifie qu’après les débats puérils, il faut saluer la clairvoyance de Ambaterdomon Angelin Dabiré. Si son recours n’avait pas été introduit, les personnes incriminées seraient actuellement en course pour les législatives. Cela aurait conduit à une incompréhension de la part d’une grande couche de la population qui aurait parlé de manipulation.

En même temps, cela signifie que le Conseil constitutionnel a bien mené son travail en toute indépendance. La preuve, le Conseil constitutionnel n’a pas répondu à toutes les requêtes de Ambaterdomon Angelin Dabiré. Par exemple, certains candidats de l’Organisation pour la Démocratie et le Travail (ODT), parti de la majorité mais qui a livré une guerre farouche contre le CDP pour les municipales dans l’arrondissement 4 de la ville de Ouagadougou) à savoir Palguim Sambaré, Karim Barro Mahamoudou Sawadogo, Issa Barry, Dieudonné Sawadogo et Amadou Traoré sont éligibles malgré le recours contre ces derniers pour absence de preuves.

Comme promis, en tant que légaliste nous prenons acte de la décision du CC et nous nous inclinons soucieux de la préservation de la paix

— Me Gilbert Ouédraogo (@Me_GNO) August 25, 2015

La première réaction est venue de Gilbert Noël Ouédraogo de l’ADF/RDA qui a pris acte de la décision du Conseil constitutionnel. Au moment où nous nous apprêtons à publier cet article, le CDP animait une conférence de presse pour désapprouver cette décision.

« La décision du #CC est un parjure au chef de l’État qui a dit que l’État burkinabé respecterait la décision juge CEDEAO. » Achille TAPSOBA

— Yarga Justin (@y_jus) August 26, 2015

 L’homme refuse de s’exprimer devant les médias pour des raisons de sécurité.

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Article : Présidentielle au Burkina : les regards se tournent vers le Conseil constitutionnel
Politique
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25 août 2015

Présidentielle au Burkina : les regards se tournent vers le Conseil constitutionnel

Le greffier du Conseil constitutionnel du Burkina Faso a reçu 22 candidatures pour le premier tour de l’élection présidentielle 2015 prévue pour le 11 octobre. L’enjeu pour les candidats est désormais de savoir si certains candidats de l’ex-majorité seront disqualifiés par le Conseil constitutionnel. Le verdict sera connu au plus tard le samedi 29 août 2015.

Les Burkinabè attendent avec impatience la liste définitive des candidats à l'élection présidentielle 2015
Les Burkinabè attendent avec impatience la liste définitive des candidats à l’élection présidentielle 2015

Le nouveau code électoral voté par le Conseil national de la transition au mois d’avril 2015 excluait tous ceux qui ont soutenu l’idée de la modification de l’article 37 de la Constitution. L’article 37 de la Constitution du 11 avril 2000 stipule que « le président du Faso est élu pour cinq ans au suffrage universel direct, égal et secret » et qu’il est « rééligible une fois ». Les personnes visées sont principalement les ministres et les députés en plus de tous ceux qui ont approuvé ouvertement la modification de l’article en question.

Après l’échec d’un recours auprès du Conseil constitutionnel, l’ex-majorité avec le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), parti de l’ancien président Compaoré, ont déposé un recours auprès de la Cour de justice de la Cédéao. Celle-ci a décidé estimé le lundi 13 juillet que « l’exclusion d’un certain nombre de formations politiques et de citoyens de la compétition électorale relève d’une discrimination difficilement justifiable en droit ». Elle considère qu’il s’agit d’une violation du droit de libre participation aux élections. Par conséquent, elle demande au gouvernement burkinabè « de lever les obstacles à une participation aux élections consécutifs à cette modification ». Ce qui de l’avis de l’ex-majorité leur ouvre à l’élection présidentielle 2015.

Si après cette décision l’ex-majorité crie « victoire » et voit en ce verdict une remise en cause de cet article du code électoral, les adversaires estiment également que le verdict de la Cour de la justice de l’instance sous-régionale est en leur faveur conformément à l’article 135 du code électoral et à l’article 25, alinéa 4 de la Charte africaine des élections et de la démocratie ratifiée par le Burkina Faso.

#LT Il faut attendre le 29 août pour savoir qu’on valide ou pas les listes. Que les gens fassent ou non des recours… avant la campagne #lwili #Burkina

— O. J. S. Dimitri (@jsdimi) 23 août 2015

Les regards sont désormais tournés vers le Conseil constitutionnel chargé de valider ou d’invalider les différentes candidatures. Au total, il a enregistré 22 dossiers de candidature. Des organisations de la société civile, des partis politiques remettent en cause notamment certaines candidatures comme celles d’Eddie Komboïgo, l’actuel président du CDP, parti créé par l’ancien président Compaoré en 1996. Autre personne visée, Gilbert Noël Ouédraogo de l’Alliance pour la démocratie et la fédération/Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA). député au moment de l’insurrection populaire d’octobre 2014 qui s’est finalement muée en coup d’État avec la prise du pouvoir par les militaires, Djibril Bassolé et Yacouba Ouédraogo ministres à l’époque, etc. Le président du Faso Michel Kafando avait, pour sa part, affirmé qu’il respecterait le verdict de la Cédéao. A noter que le patron du CDP, Eddie Constance Komboïgo et Me Gilbert Noël Ouédraogo sont aussi candidats à la députation. 

 

#Burkina: Le Conseil constitutionnel dans un dilemme! Faut-il valider ou invalider les candidatures des « tripatouilleurs »? #Présidentielles

— Usman SAWADOGO (@Sawadogo07) August 21, 2015

Déjà, les différents partis, les organisations de la société civile (OSC) tentent d’influencer la décision du Conseil constitutionnel à travers des conférences de presse, déclarations dans les médias entre autres. Si certains affirment qu’ils respecteront la décision du Conseil constitutionnel, cela ne semble pas être le cas de tous. Le 22 août 2015, lors de son assemblée générale la coordination des élèves et étudiants du CDP a affirmé qu’elle va «se faire entendre » si une liste de leur parti venait à être invalidée. Et cela,  même si elle exclut l’usage de la force.

L’interprétation du verdict est différente selon le camp dans lequel l’on se trouve. Toutefois, c’est au Conseil constitutionnel de trancher. Il faudrait qu’après cela, chaque camp respecte vraiment cette décision. Le comportement de chaque acteur pourrait constituer un tournant décisif dans l’histoire du Burkina Faso compte tenu de la vive tension qui règne en ce moment.

Cédéao : Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest

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Article : Burkina : comment Yacouba Isaac Zida s’est discrédité
Politique
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5 juillet 2015

Burkina : comment Yacouba Isaac Zida s’est discrédité

Depuis quelques jours, le régiment de sécurité présidentielle (RSP), la garde présidentielle de Blaise Compaoré, est secoué par une tension. Celle-ci est née de l’audition de certains membres de cette unité de l’armée burkinabè sur la base de rumeurs selon lesquelles la sécurité du premier Yacouba Isaac Zida, pourtant ancien numéro 2 du RSP, serait menacée par cette unité. Les tensions qui fréquentes entre le premier ministre et ses anciens collaborateurs ont fini par le discréditer.

Pas de militaire au Burkina

Ce n’est pas la première tension entre le premier ministre Yacouba Isaac Zida et les autres membres du RSP. Le premier Yacouba Isaac Zida a allumé la première mèche en annonçant à la place de la nation (ou place de la révolution), le 31 octobre 2014 que le RSP sera dissout dans la ferveur et l’euphorie de l’insurrection populaire. Pourtant, l’on raconte qu’il a été envoyé par Gilbert Diendiéré qui aurait dû représenter le RSP lors de la réunion des chefs militaires.

Par la suite, Yacouba Isaac Zida qui venait de goûter aux délices du fauteuil présidentiel s’est fendu en de multiples promesses comme un président nouvellement élu à la tête d’un Etat oubliant qu’il a été parachuté à la suite de multiples manifestations. Bien que dans la soirée du 2 novembre 2014, à travers un communiqué lu par Auguste Dénis Barry, ce dernier affirmait que l’armée ne voulait pas le pouvoir. Pourtant quelques heures avant, celle-ci a réprimé des manifestants qui ont tenté d’installer l’ex-députée Saran Séré Sérémé comme présidente de la transition à la place de Zida. Le général Kouamé Lougué, que les manifestants ont réclamé et qui avait refusé a fini avec les deux jambes cassées. Il avait tenté de se faire investir.  Il y aurait eu deux morts ce jour-là à la suite de la répression.

Ayant pris la main et désormais seul maître à bord avec comme lieutenant Auguste Denise Barry, Zida a entrepris des consultations qui ont abouti à la rédaction d’une charte de la transition. Au départ, l’armée a voulu avoir les pleins pouvoirs avant de faire des concessions après de nombreuses pressions. Le candidat proposé par l’armée pour assurer la transition Michel Kafando est désigné président pour conduire le pays jusqu’aux élections du 11 octobre 2015. Kafando nomme Zida premier ministre. Grave erreur ! Zida aurait pu entrer dans l’histoire s’il avait refusé ce poste de premier ministre et s’était mis à l’écart de la politique. Mais le pouvoir à ce quelque chose de si attirant, de si irrésistible qu’on ne peut se détacher si facilement. Blaise Compaoré le sait bien. C’est à partir de ce moment que les problèmes de Zida ont commencé.

La suite donnera raison à tous ceux qui estiment que le lieutenant-colonel aurait dû s’éloigner du pouvoir. Il entreprend une série de nominations et de remaniements qui va toucher l’armée. Il décide de la suspension de primes annuelles remises au RSP. La goutte d’eau qui fait déborder le vase. Le 30 décembre 2014, le RSP aurait humilié Zida en l’imposant des piloris comme à un élève qui ne connaît pas ses leçons. Des revendications sont faites et un délai lui est donné pour les satisfaire.

A la date du deadline, Zida ne s’exécute pas. Il est obligé ce jour-là de se réfugier au palais du Mogho Naba. Des militaires du RSP l’attendaient au Conseil des ministres d’ailleurs reporté pour lui régler son compte. Avec les tractations ils accèdent aux doléances du RSP en renonçant à la nomination de membres du RSP parmi lesquels le colonel Gilbert Diendéré dans des ambassades à l’extérieur du pays, le colonel-major Boureima Kiéré est nommé chef d’État-major particulier de la présidence en remplacement du colonel Omer Bationo…Le compromis trouvé le 4 janvier 2015 lui permet de rester à son poste. Cette crise va beaucoup fragiliser Zida qui opte pour le silence et limite ses apparitions publiques. Dès ce moment, le président Michel Kafando commence à devenir le véritable maître du gouvernement de la transition.

A la mi-avril 2015, lors d’un voyage aux Etats-Unis, Zida se prononce contre la dissolution du RSP. Confirmation le 12 juin 2015 au Conseil national de la transition (CNT) lors d’un discours sur l’état de la nation. Ces déclarations sont d’ailleurs de lui  : « Ça fait 20 ans que je suis au RSP, je connais les capacités de ce régiment, je confirme que nous en avons besoin ». Ces déclarations devaient sceller la réconciliation entre Zida et le RSP surtout qu’un comité de réflexion a été mis en place pour voir la forme que devrait prendre le nouveau RSP. Des pistes ont été avancées. Faire du RSP une cellule de lutte antiterroriste par exemple.

A la suite de ces déclarations, le Balai Citoyen qui a toujours soutenu le premier ministre a animé une conférence de presse le mardi 23 juin 2015 pour exiger la dissolution de cette unité de l’armée. Cette sortie n’arrange pas vraiment le premier ministre. De l’autre côté, le RSP considère certaines organisations de la société civile (OSC) comme des pions de Zida. Et l’objectif était d’utiliser celles-ci pour obtenir la dissolution du RSP trop indépendante.

L’audition des membres du RSP rendue publique sur les rumeurs de préparation d’assassinat contre Zida va activer à nouveau la flamme de la discorde. Ils réclament la démission de Zida et les quatre autres militaires du gouvernement de la transition. Une nouvelle situation qui va affaiblir à nouveau Zida. Des révélations graves et compromettantes pour Zida sont livrées ce dimanche 5 juillet 2015 par le site Lefaso.net. Le premier ministre compte des espions dans le RSP dont l’objectif était d’assassiner certains membres de cette unité. Si ces informations sont fondées, ce serait un coup dur pour l’actuel premier ministre. Cela donnera raison également à tous ceux qui pensent que les OSC ont commis une erreur en cautionnant la désignation de Zida comme chef de l’Etat le 31 octobre puis en l’admettant ainsi que les autres militaires dans le gouvernement.

En plus de cela, Zida s’est fait contredire sur plusieurs questions par Michel Kafando à propos de l’extradition de  Blaise Compaoré.  Il a aussi fait une fausse déclaration en affirmant que la société SOCOGIB a été attribuée à Alizéta Ouédraogo pour un franc symbolique.

Tous ces faits ont fini par discréditer le premier ministre.

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Article : Balai Citoyen: reprise de main ou pion de Zida?
Politique
1
30 juin 2015

Balai Citoyen: reprise de main ou pion de Zida?

Le mouvement de la société civile Balai Citoyen qui a activement contribué à la chute de Blaise Compaoré les 30 et 31 octobre 2015 a animé une conférence de presse le mardi 23 juin 2015 pour réclamer la dissolution du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP).

(photo prise sur le site ofaso.net)
(photo prise sur le site ofaso.net)

Sous les feux des critiques depuis l’arrivée du lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida à la tête de l’État burkinabè puis comme premier ministre, le Balai Citoyen est resté muet sur de nombreuses préoccupations socio-politiques du Burkina Faso. On attendait pourtant qu’ils jouent leur rôle de veille promis aux Burkinabè. Les sorties du Balai Citoyen sont restés pourtant timides et ressemblaient plus à du conformisme si l’on considère, par exemple, sa participation au sit-in des journalistes devant le Conseil Supérieur de la Communication (CSC) après la décision de cette instance de suspendre toutes les émissions interactives sauf celles à caractère distractive.

Depuis les critiques contre le Balai Citoyen qui a pris part activement aux manifestations contre la nomination de Moumouni Djiguimdé et Adama Sanon respectivement au ministère des infrastructures, du désenclavement et des transports et au ministère de la culture, il s’est rangé presque définitivement pourrait-on tenter de dire.

Lorsqu’il s’est fait remarquer, c’était pour soutenir le lieutenant-colonel Isaac Zida lorsqu’il s’est réfugié au Palais du Mogho Naba quand il a su qu’il était attendu au palais de Kosyam pour rendre compte sur des revendications du Régiment de Sécurité Présidentiel (RSP) dont il est lui-même en tant que numéro 2, c’est là que le mouvement a réagi sous prétexte de protéger la transition.

La sortie du Balai Citoyen coïncide au moment où les OSC, lui particulièrement, sont sous les feux des critiques. De nombreux citoyens pensent qu’ils sont financés par le pouvoir de la transition et précisément Yacouba Isaac Zida. Les critiques pleuvent sur les réseaux sociaux. Mais Soumane Touré, homme politique burkinabè, a porté haut ce que des Burkinabè se disent dans les grins de thé, devant les kiosques mais aussi sur les réseaux, lors d’une conférence de presse:

« Ils déversent d’énormes sommes d’argent dans les OSC pour étouffer le critiques sur les dérives et les frasques de la transition au point de suspendre les émissions interactives des radios. Ils cherchent par la corruption à organiser un semblant de soutien à la transition bâtarde dont les acteurs ont montré leurs insuffisances et leurs limites. Ils en sont arrivés à corrompre les OSC pour manifester en faveur de la dissolution du RSP, leurs corps d’origine, provoquant une fracture non seulement au sein de ce corps, mais aussi et surtout au sein de l’Armée, certains militaires supportant mal que des leurs attirent de la sorte la colère des populaires civiles contre eux » Lefaso.net.

Ces propos ont valu à Soumane Touré d’être entendu par la gendarmerie et gardé à vue. Une entrave à la liberté d’expression. Le constat est fait par l’international Crisis group.

« Les partis politiques de l’ancienne opposition, d’abord en retrait, ont compris qu’il était dans leur intérêt de veiller à la bonne marche de la transition. Ils n’en restent pas moins peu présents et semblent souvent suivre les mots d’ordre de la société civile. Cette dernière semble être devenue l’acteur le plus important de la transition, mais elle est traversée par de nombreuses divisions. Par ailleurs la frontière entre société civile et acteurs politiques s’est estompée : de nombreux individus qui se disent membres de la société civile soutiennent, parfois activement, un parti. La transition progresse ainsi dans un contexte fragile, qui combine revendications sociales et fortes attentes populaires sur fond de crise budgétaire et d’indécision sur l’avenir du RSP ». Rapport Crisis group juin 2015.

 

En exemple, un membre du Balai Citoyen serait même l’avocat du Président de l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC) dirigé par Zephirin Diabré. D’autres membres seraient aussi proches du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) de Roch Marc Christian Kaboré. Ce parti aurait préparé dans l’ombre la chute de Blaise Compaoré en tissant des liens avec des militaires et en mettant en place la stratégie qui a fait mouche le 30 octobre 2014. Le Balai Citoyen serait reconnaissant à ce parti.

Lors de l’investiture de maître Bénéwendé Sankara comme candidat d’un groupe de Sankariste, Sam’s K le Jah, une autre figure du Balai Citoyen, a assuré la partie musicale de cette investiture. D’autres mouvements comme le Collectif Anti-Referendum (CAR) aujourd’hui Collectif Africain pour le Renouveau, sont réputés être proche du MPP.

Le sentiment de frustrations est alimenté par le silence du Balai Citoyen lors des nombreux délestages qu’a connu le pays depuis le début de l’insurrection. Pour beaucoup, les OSC et le Balai Citoyen sont à la solde du parti au pouvoir.

«Nous ne nous laisserons pas distraire par des jeux de mots sur la dissolution. Dissolution ou pas, notre position est claire : pas de régiment militaire qui ne soit pas sous le commandement du chef d’état-major général des armées ; pas de régiment militaire à la Présidence du Faso la sécurité du président incombe aux forces de défense civile», tels sont les propos tenus par le mouvement lors de sa conférence de presse.

Et pourtant le même Zida qui avait affirmé que le RSP sera dissout est revenu sur ses propos et pense que le Burkina a encore besoin du RSP

Le Balai Citoyen ne comprend pas également pourquoi les familles des martyrs et des blessés de la révolution burkinabè n’aient pas été indemnisés. Il ne comprend pas non plus pourquoi justice n’a pas été rendue à ces derniers.

Pourtant, seul le mouvement Burkinabè des droits de l’homme et des peuples (MBDHP) a demandé que justice soit faite lors de la cérémonie d’hommage aux martyrs de la révolution le 30 mai 2015. En s’exprimant aujourd’hui, c’est laissé le fantôme entré dans la maison avant de vouloir le chassé (alors qu’on aurait pu l’empêcher).

Cependant, l’évolution de l’actualité ces derniers jours sur l’arrestation de membres du RSP laisse perplexe ? Le Balai Citoyen est-il toujours manipulé ? Une réflexion en préparation sur le sujet.

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L'auteur: Boukari Ouédraogo
Boukari Ouédraogo est journaliste multimédias et blogueur burkinabè passionné des nouveaux médias, du cinéma et du sport. Il blogue depuis 2009 pour le compte de Mondoblog.

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