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  • Boukari Ouédraogo
Le Messager d'Afrique depuis Ouagadougou
10. nov.
2014
Politique
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Isaac Yacouba Zida, Président par accident

Le 31 octobre 2014, à la place de la nation, le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida a été « intronisé » chef de l’Etat en remplacement du général Honoré Nabéré Traoré. Si celui que personne ne voyait venir s’est proclamé chef de l’État, c’est à cause des tergiversations des acteurs de la révolution du 30 et 31 octobre 2014.

Yacouba Isaac Zida est le Chef de l'Etat depuis le 31 octobre 2014
Yacouba Isaac Zida le chef d’État burkinabè (au milieu) AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

Personne, pas même lui ne s’attendait à ce qu’il soit un jour chef de l’État encore moins, chef de transition au lendemain le jour du soulèvement populaire du 30 octobre 2014. Après avoir fait le plus dur, faire partir Blaise Compaoré, les révolutionnaires ont eu (et ont) du mal à lui trouver un successeur. C’est finalement, contre toute attente, le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida qui a pris ses responsabilités avec la bénédiction de certains acteurs de la société civile dont l’influent « Balai Citoyen ».

Le refus de Kouamé Lougué

Si Yacouba Isaac Zida a été porté à la tête de l’Etat burkinabè, c’est d’abord parce que celui que tout le monde a plébiscité, celui que Boukary Kaboré dit le Lion, ancien compagnon de Thomas Sankara, est allé faire sortir de la retraite, a refusé de répondre « à l’appel du peuple » qui scandait pourtant son nom à tue-tête devant l’Etat-Major général des armées le 31 octobre 2014. Kouamé Lougué, qu’on disait populaire dans l’armée et adulé, craint par Blaise Compaoré, a jeté l’éponge sous prétexte qu’il aurait été assassiné. Si ce qu’il dit est vrai, alors l’homme n’était pas si populaire qu’on nous l’a fait croire. A moins qu’il ait voulu épargner le pays d’un bain de sang. Mais pourquoi se raviser et repartir quelques jours plus tard (le dimanche 2 novembre) faire une déclaration à la télévision nationale du Burkina pour soi-disant répondre à l’appel du peuple ?

Une situation inattendue

Si le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida est arrivé à la tête de l’Etat burkinabè, c’est aussi parce que personne, à la date du 29 octobre, la veille de la révolution et deux jours avant la démission du Président du Faso Blaise Compaoré, ne savait qu’il quitterait le pouvoir. Tout ce que les manifestants demandaient jusque-là, c’est le respect de l’article 37 de la constitution (qui stipule que le Président du Faso est éligible pour cinq ans renouvelable une fois). Un point un trait. Lors des différents meetings et marches, certains jeunes ont toujours souhaité marché sur le Palais de Kossyam. Mais leur appel n’a pas été entendu. Le 30 octobre, c’est à l’instinct qu’ils ont agi, saccageant l’Assemblée Nationale, l’hôtel Azalai où logeaient des députés du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) favorables au referendum et les domiciles de certains bonzes du pouvoir. Sous le contrôle des acteurs de la société civile et de la classe politique, tout cela ne serait pas arrivé. L’opposition avait perdu le contrôle de la situation.

Tergiversation de l’opposition

Les opposants et la société civile n’ont pas su prendre leurs responsabilités à temps. Aucun civile, disent-ils, ne peut gérer le pouvoir. N’était-ce pas par peur du « qu’en dira-ton ? » N’est-ce pas parce que personne dans l’opposition ne fait confiance à l’autre malgré l’apparente union? N’est-ce pas parce que l’opposition ne s’est jamais préparée à un coup pareil ? Difficile de préparer pareil situation. Les révolutionnaires, ces jeunes, surtout, qui demandaient à marcher sur le palais de Kossyam, ont souhaité que le général Kouamé Lougué prenne les rennes de l’Etat mais comme dit plus haut, ce dernier refusa. Alors, ils ont choisi la personne qu’ils estimaient être la mieux placée pendant les tergiversations de l’opposition, embourbée dans des négociations dont les manifestants n’avaient aucun écho.

Zida ou quand l’armée prend la main

Si Yacouba Isaac Zida a pris les commandes de l’Etat, c’est bien parce que tous les plans avaient échoué. « Yacouba Isaac Zida, c’est du Compaoré sans Compaoré », aiment à dire les Burkinabè. Pourquoi ? Hervé Ouattara dans un entretien confié au journal L’Observateur Paalga explique qu’il a connu Zida le 30 octobre 2014, lors de la marche sur Kossyam, où il a été reçu par Blaise Compaoré.

       L’Observateur Paalga : Comment avez-vous connu le président Zida ?

Hervé Ouattara : C’est à Kossyam que j’ai fait sa connaissance, lorsque nous y sommes allés avec le général Diendiéré rencontrer le président.

C’est après avoir échoué à convaincre Gilbert Diendéré de perpétrer un coup d’Etat contre Blaise Compaoré, l’opposition à Honoré Nabéré Traoré, que finalement Yacouba Isaac Zida a été proposé par les militaires. Personne ne voulait de Honoré Nabéré Traoré qui a raté l’occasion en ne destituant par Blaise Compaoré le 30 octobre lorsqu’il a dissout le gouvernement et suspendu la constitution. Qui pouvait tenir tête à la toute puissante Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) qui a une mauvaise réputation dans ce pays ? Pas Lougué ! Pas Nabéré Traoré qui finalement a fait allégeance en signant un communiqué du chef d’État-major général adjoint Pingrenoma Zagré

Le « Balai Citoyen », et certains mouvements anti-referendum n’ont pas compris à temps que Zida est membre du RSP. Une seule personne a été assez lucide pour refuser le choix des militaires : Luc Marius Ibriga. Si Smockey, Augustin Loada, Sam’S K le Jah l’avait écouté, ils n’auraient pas commis cette erreur qu’ils reconnaissent en secret. C’est sûr que si ces derniers savaient que Zida était le numéro 2 du RSP, adjoint donc du chef de corps Boureima Kéré, ils auraient refusé. Mais le mal était déjà fait. Il fallait l’assumer. Ce qu’ils ont fait. Avec courage ! C’est donc sans cet imbroglio que cet homme que personne n’a vu venir s’est imposé comme l’homme du fort du Burkina Faso depuis le 31 octobre 2014.

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07. nov.
2014
Burkina
0

Avec Saran Sérémé, les Burkinabè étaient-ils prêts à avoir une femme présidente ?

Les Burkinabè sont-ils prêts à avoir une femme présidente du Faso ? C’est la question que je me suis posé le dimanche 2 novembre après l’échec de l’installation au pouvoir à la Radiodiffusion télévision nationale du Burkina (RTB) de Saran Sérémé. Considérant les milliers de manifestants qui ont accompagné la dirigeante du Parti pour le développement et le changement (PDC) Sara Séré Sérémé (ancienne du parti du Blaise Compaoré) ce jour-là, je suis convaincu qu’ils le sont. Mais bien avant, certains manifestants avaient montré une hostilité.

Saran Séré Sérémé a été plébiscité par certains révolutionnaires pour remporter le titre (photo Saran Séré Sérémé)
Saran Séré Sérémé a été plébiscitée par certains révolutionnaires pour remporter le titre (photo Saran Séré Sérémé)

Beaucoup de Burkinabè ont cru le dimanche 2 novembre 2014 que Sara Séré Sérémé serait la première femme présidente du Burkina Faso. Saran Sérémé? C’est cette femme qui a osé claquer la porte du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP)  en 2012. C’est elle qui a mené la révolution des spatules le lundi 27 octobre 2014 à Ouagadougou. Aucune femme n’a occupé, le poste de premier ministre, ni de présidente de l’Assemblée nationale encore moins de présidente du Faso. Ce jour-là, à l’habituel lieu de rassemblement « La place de la Révolution », rebaptisée « Place de la Nation » par Blaise Compaoré, les manifestants ont exigé de connaître le nouveau président du Faso avant midi.

Dix heures, quand Sara Séré Sérémé sort de sa voiture et fend la foule pour se retrouver à l’estrade dans le but de livrer un message, la bonne dame est prise en tenaille par la foule qui scande « Prési ! Prési ! » Ils la tiennent par les mains comme un joueur qui venait de remporter un trophée avec qui l’on souhaite faire un tour d’honneur.

Les femmes mobilisé lors de la révolution des spatules menée par Saran Séré Sérémé
Saran Séré Sérémé est celle qui a mené la révolution des spatules le 29 octobre 2014 à Ouagadougou (ph. Saran Séré Sérémé)

Sur l’estrade, Sara n’a pas l’occasion de dire un mot. « Prési ! Prési ! » Puis, les manifestants entonnent la Dytanié (l’hymne de la victoire en langue Dagara), l’hymne national du Burkina Faso. Cette intronisation n’a de valeur que si elle est officielle. Alors, elle est escortée dans sa voiture puis conduite jusqu’à la télévision nationale située à environ trois kilomètres de là. « Prési ! Prési ! » Les klaxons, les coups de sifflet et le sentiment de délivrance prouvent bien que les Burkinabè voulaient bien d’une femme comme présidente du Faso.

Mais ce rêve de voir une femme remplacer Blaise Compaoré, enfin un président imposé par les révolutionnaires va s’évanouir. Ce sont les hommes du lieutenant-colonel Zida qui mettent fin à cette délivrance. Des coups de feu à la télévision nationale du Burkina dispersent les manifestants. Bien avant, le général Kouamé Lougué se rendant compte que c’est une femme que les révolutionnaires ont choisi après son refus d’occuper le palais de Kossyam a devancé la « Présidente » à la télé et même fait sa déclaration !

Mais les premières réactions n’ont pas été aussi favorables que l’on aurait pensé. Alors que les opposants qui avaient quitté la place de la révolution pour se concerter tardaient, un jeune homme avait pris le micro et dit : « Sara Sérémé va prendre ses responsabilités ». Ce monsieur qui attendait des applaudissements s’est vu désavoué par le silence de cimetière qui a régné après avoir prononcé ces phrases.

Saran Sérém aurait-elle pu être Présidente du Faso?
Ils étaient nombreux à attendre Saran Sérémé à la télévision nationale du Burkina

Quelques minutes plus tard, 12 heures, lorsque la « Présidente » fit irruption. L’on entendit des « Prési ! Prési ! » Surprise ! Des manifestants demandèrent : « C’est Sara ? Non… une femme ne peut pas être présidente… » Ils se laissèrent aller à des insanités qu’on ne peut reprendre sur ces lignes.

A la fin, les manifestants ont laissé tomber certaines conceptions arriérées pour conduire Sara Séré Sérémé à la télévision nationale du Burkina. Ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’est que la « Présidente » ne voulait pas occuper le fauteuil laissé vacant par Blaise Compaoré. Même si elle déclare avoir été amenée de force à la télévision nationale du Burkina. Ils n’avaient pas non plus compté avec la « bonne volonté » du lieutenant-colonel Zida, le chef d’Etat « officiel » qui voulait bien goûter au « naam » (pouvoir).

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05. nov.
2014
Politique
4

Paul-François Compaoré, l’homme qui dirigeait réellement le Burkina Faso ?

L’affaire Norbert Zongo, avec ses conséquences médiatiques, a fait connaître François Compaoré au grand public. S’il est connu en tant que frère et conseiller économique de l’ancien président du Burkina Faso, certains faits tendent à montrer que c’est lui qui tirait les ficelles.

Paul François Compaoré, l’homme qui dirigeait réellement le Burkina Faso
François Compaoré, le frère de Blaise Compaoré contrôlait bien le Burkina Faso

 

En visitant le domicile de François Compaoré frère de l’ancien du chef de l’Etat burkinabè Blaise Compaoré, l’on a pu constater que ce dernier a une qualité : il conserve soigneusement tout. Malheureusement, les pillages dont a fait l’objet son domicile ne permettent pas de mettre la main sur certains documents précieux et confidentiels qui y étaient conservés. Ce dont on peut se convaincre, c’est que Paul-François Compaoré surveillait bien tout ce qui se passait dans son pays. Quelques documents ont été retrouvés. L’un des premiers constats, c’est que François Compaoré apparaît comme un faiseur de roi. La lettre d’un marabout datée de janvier 1993 retrouvée chez lui semble montrer qu’il s’attachait les services de ces messieurs pour peut-être bien assoir le pouvoir de son frère aîné. En Afrique et au Burkina en particulier, on croit beaucoup à ces choses. Un bon chef doit avoir un bon ou plutôt de bons « wacks », des gris gris.

 

Cette  lettre est signée  d’un marabout résident à Bobo Dioulasso. Ce dernier confirme  avoir bien reçu « l’enveloppe » que François Compaoré lui a envoyé . Le marabout précise que le sacrifice a pris trop de temps et explique cela par le fait que François Compaoré n’était pas disponible. C’est pourquoi il lui demande de s’associer à son frère (Blaise ?) pour trouver une personne disponible et de confiance qui pourra régler les commissions. Dans ladite, lettre, on apprend que François Compaoré a remis un tracteur à ce monsieur.

suite de la lettre du marabout envoyé à François Compaoré
ceci est la la lettre d'un marabout transmise à François Compaoré

 

 

Certains confient avoir trouvé des lettres de personnalités burkinabè qui demandaient à François Compaoré d’intercéder en leur faveur pour des postes à la chambre du commerce ou dans d’autres structures. Mais le plus édifiant, ce sont ces rapports d’enquête, de surveillance ou de renseignement découverts au domicile. Ainsi, le rapport de renseignement d’une discussion entre Étienne Traoré un opposant et ancien député et le journaliste Norbert Zongo assassiné en 1998. En 1996 déjà, François Compaoré semblait surveiller le journaliste de L’Indépendant, connu à l’époque sous le nom de Henri Sebgo. Exemple d’une note de renseignements confidentiels dont la source est A et la valeur 1 datée du 2/08/96 :

« Commentant le point de presse fait par le ministre Tertus Zong, Norbert Zongo affirme que le ministre a « craché » de façon innocente le fait que le gouvernement ait confié la distribution des vivres à certaines ONG qui n’ont fait mieux que de les partager à leurs membres.

Etienne Traoré, intervenant, affirme que le ministre Tertus Zongo est un magouilleur. En 1987, ce dernier était à l’Ofnacer et tout le monde sait ce qu’il a fait. Puis il enchaîne en disant qu’en 1990; lorsqu’il s’est agi de la conférence nationale souveraine, Zongo Tertus s’est rangé du côté du « chef » (Président Compaoré) pour dire qu’elle n’était pas opportune.

Lui, Etienne, a trouvé cette position curieuse parce que Tertus Zongo, après le 15 octobre 1987, avait confié à un ami qu’il ne pouvait pas travailler avec des « gens qui boivent le sang des autres ».

 

 


(NB : Tertus Zongo a été ministre de l’Economie, ambassadeur du Burkina aux États-Unis et premier ministre)

Puis :

« Parlant du ministre Diabré Zéphirin, Norbert Zongo dit que ce dernier a abandonné Roch Marc Christian Kaboré et qu’il est devenu le « porte-sac » du ministre Salif Diallo. Puis il termine en disant que Diabré Zéphirin a un dossier compromettant à l’Onac.

Etienne renchérit en disant qu’effectivement Diabré a mangé un peu « dedans » ».

(NB : Zéphirin Diabré ancien ministre de Blaise Compaoré est actuel chef de file de l’opposition politique burkinabè).

Mieux encore, les révolutionnaires ont trouvé chez François Compaoré un rapport confidentiel annonçant le départ du parti au pouvoir de l’ancien président de l’Assemblée nationale aujourd’hui passé dans l’opposition Roch Christian Kaboré. En lisant ce document, on se rend compte que François Compaoré avait un service de renseignement au sein du parti.

Ce rapport a été envoyé avec le sceau secret confidentiel le 28 mars 2012 :

«Des informations recueillies dans le milieu proche du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) font état de ce que M. Roch Marck Christian Kaboré, président de l’Assemblée nationale manifeste son intention de se retirer de la politique.

Selon la source, M.  Kaboré dit être désenchanté suite aux accusations dont il a fait l’objet de la part de certains responsables du CDP pendant la crise sociopolitique de 2011.

C’est pour cette raison, précise la source, qu’il a précipitamment quitté la tête du parti, bien qu’il ait déclaré auparavant que l’article 37 est anticonstitutionnel.

La même source indique que M. Rock Marc Christian Kaboré envisage quitter la présidence de l’Assemblée nationale en décembre 2012, ce qui lui permettra de se retirer de la vie politique.

 

Effectivement, Roch Marc Christian Kaboré a quitté le CDP et la tête de l’Assemblée nationale pour à la fin  se retrouver au Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), un parti d’opposition qui a contribué à mener la vie dure à Blaise Compaoré.

 

Rapport sur le depart du CDP de Roch Marc Christian Kaboré

A l’analyse de tout cela, l’on se rend compte que François Compaoré était un homme incontournable au sein du CDP. Ses services de renseignement fonctionnaient bien. C’était donc lui l’homme de terrain de son frère Blaise Compaoré. Beaucoup de personnes affirmaient d’ailleurs que c’est lui François Compaoré qui aurait obligé Blaise Compaoré a modifier l’article 37 de la Constitution et à se présenter une nouvelle fois.

Lors du dernier remaniement ministériel, beaucoup ont accusé François Compaoré d’avoir fait entrer dans le gouvernement et à plusieurs postes stratégiques ses proches. C’est ce qui expliquerait en partie le départ de Simon Compaoré de la mairie de Ouagadougou.

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04. nov.
2014
Politique
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Le jour où le Burkina a eu trois présidents !

Très sagement, les Burkinabè ont nettoyé la ville de Ouagadougou le samedi 1er novembre 2014, jour de l’anniversaire de l’armée nationale. Mais le lendemain dimanche, ce semblant de calme a été brisé par un rassemblement à la place de la révolution (rebaptisée place de la nation par l’ancien président Blaise Compaoré) pour réclamer le départ du nouveau président Yacouba Isaac Zida. Les Burkinabè accusent l’armée de confiscation de leur révolution. Alors que les négociations prennent du temps et face aux hésitations, le général à la retraite Kouamé Lougué et l’ancienne députée du parti au pouvoir Sara Séré Sérémé passée dans l’opposition ont tenté de prendre le contrôle de l’Etat burkinabè. Une folle journée, ce dimanche 2 novembre 2014.

Pas de militaire au Burkina

Pour une révolution, il s’agit vraiment d’une révolution. Les Burkinabè ne veulent pas se faire voler leur révolution. C’est pourquoi après la chute inattendue du président Blaise Compaoré ils se sont à nouveau retrouvés le dimanche 2 novembre 2014 à la place de la révolution (nom officiel place de la nation) pour exiger que l’armée rende le pouvoir aux civils. Si l’opposition a appelé à un meeting, l’un des principaux acteurs de cette révolution  » le Balai citoyen  » a refusé de prendre part à ce meeting. Ce mouvement a cautionné le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida comme chef de l’Etat. Ils le préféraient au colonel Honoré Nabéré Traoré. Ainsi Zida était bien président en cette journée du dimanche 2 novembre 2014.

Pendant le meeting, le représentant du chef de file de l’opposition politique (CFOP) burkinabè Jean Hubert Bazié livre un message dans lequel il appelle les Burkinabè à s’opposer à un régime militaire. Il exige de l’armée qu’elle rende le pouvoir aux civiles. « Il s’agit d’un meeting d’information. Vous pouvez rentrer chez vous », la phrase à peine terminée les manifestants désapprouvent. Yacouba Isaac Zida doit quitter le pouvoir avant midi ! Sara Séré Sérémé également de l’opposition prend la parole et tente de calmer manifestants. Au fur et à mesure, Maître Bénénwendé Sankara, Tahirou Barry, etc., prennent la parole dans ce sens. L’opposition se concerte et Sara Séré Sérémé prend le micro. Elle apprend à la foule que l’opposition s’est concertée et qu’une décision sera prise pour que les militaires quittent le pouvoir dans la journée même. Ils retirent après ses mots pendant que leurs supporters les attendent. Pendant ce temps, les manifestants sont bercés par la musique de Tiken Jah Fakoly, Alpha Blondy, Sana Bobo… de la musique reggae notamment. Une heure après le départ des représentants de l’opposition, l’impatience anime les manifestants. Ils protestent. « Où sont-ils ? », « Il faut que Zida parte avant midi », « le gouvernement aux civils », « où étaient-ils quand les militaires du RSP tiraient sur nos frères » ? lançaient les manifestants.

Sara Séré Sérémé élue présidente sur place

12 h 5, cela fait4 heures que les manifestants attentent et deux heures que les opposants sont partis «en concertation ». Tout à coup, une clameur monde. Des applaudissements se font entendre mêlés de cris de joie comme si la star des Étalons du Burkina Jonathan Pitroipa, venait d’inscrire un but.

Le cortège conduisant Sara Séré Sérémé à la télévision nationale du Burkina Faso
Le cortège conduisant Sara Séré Sérémé à la télévision nationale du Burkina Faso

Soudainement et en chœur, on attend « Prési ! Présid ! Prési ! Prési ! » Sara Sérémé a du mal à se frayer un passage jusqu’à l’estrade. Elle est transportée par les manifestants. Tout le monde veut la toucher. Elle arrive, tente de parler dans un micro mais une coupure d’électricité empêche l’utilisation de la sonorisation. Sara Séré Sérémé prend un mégaphone, mais personne n’entend ce qu’elle dit. Les manifestants rassemblés autour d’elle entonnent l’hymne national. La Ditanyé. Et c’est en criant « Prési ! Prési ! », qu’elle est raccompagnée dans sa voiture. Le cortège se dirige vers la télévision nationale du Burkina, saccagée trois jours plutôt ces mêmes manifestants.

Débandade à la télévision nationale du Burkina

A la télévision nationale du Burkina, la presse attend l’arrivée de l’ancienne députée et nouvelle présidente qui doit faire sa déclaration de chef de l’Etat. Soudain, c’est un véhicule 4×4 blanc qui pénètre la cour de la télévision nationale du Burkina. Surprise. Le général Kouamé Lougué apparaît. Ce dernier confie à la presse son intention de prendre le pouvoir après avoir, dit-il entendu l’appel de son peuple. Il s’infiltre dans le studio pour faire sa déclaration. Il la fera dans le studio du journal télévision. A peine a-t-il fini qu’arrive Sara Séré Sérémé. La 3e présidente de la journée après Zida et Lougué. Oui, pour la première fois de son histoire, une femme sera présidente au pays des hommes intègres. L’on s’imaginait déjà les médias internationaux reprendre cette information en vantant la maturité politique, mais aussi les avancées en matière de droits de la femme au Pays des Hommes intègres.

Pendant que Sara et Lougué étaient encore dans les locaux de la RTB, des voitures débarquent des soldats. Cette fois-ci, il s’agit des hommes de l’autre président… Zida. Quelques minutes plus tard, l’on entend des coups de feu. C’est la débandade. La foule se disperse. Si certains parlent de tirs de sommation, d’autres font savoir que les hommes de Lougué et de Zida se sont tirés dessus. Quand les éléphants se battent, c’est l’herbe qui en pâtit. Bilan : un mort. Plus tard, Yacouba Isaac Zida prend la main. Il redevient le seul président du Burkina.

 

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03. nov.
2014
Politique
0

Et l’article 37 balaya Blaise Compaoré

Le 31 octobre 2014, sera une date mémorable pour les Burkinabè. Comme le 3 janvier 1966, ils sont encore sortis nombreux pour dire non à un régime qui ne répondait plus à leurs aspirations. Cette fois, c’est le Président Blaise Compaoré au pouvoir depuis le 15 octobre 1987 à la suite d’un coup d’État sanglant qui est la victime. Le 31 octobre 2014, c’est devant l’État-major général des armées que le peuple burkinabè lui a tout simplement demandé de quitter le pouvoir sans autre forme de procès.

Les Burkinabè demandaient juste le respect de l'article 37 de la constitution burkinabè. A la fin, ils ont exigé et obtenu le départ du Président Blaise Compaoré
Les Burkinabè demandaient juste le respect de l’article 37 de la constitution burkinabè. A la fin, ils ont exigé et obtenu le départ du Président Blaise Compaoré

Dès 8 heures, ils étaient déjà en face du chef d’État-major général des armées après un bref rassemblement à la place de nation (révolution). Les pancartes à la main, ils scandaient « Lougué Président » ou « l’Armée au pouvoir » entremêler d’interprétation de l’hymne nationale, de coups de sifflets sous un soleil de plomb. Le général à la retraite Kouamé Lougué ancien ministre de la défense de Blaise Compaoré, que réclame la foule est entrée par là et mènerait des négociations. Avec qui ? Personne ne sait. Dans la foule, l’on discute. « On ne veut pas Nabéré. Il a trahit le peuple », affirme certains qui lui reproche le fait de n’avoir pas demi le chef de l’État Blaise Compaoré lors d’une déclaration lu la veille. Dans sa déclaration, le chef d’État-major Honoré Nabéré Traoré a dissout l’assemblée nationale et suspendu la constitution. En plus, l’on lui reproche sa proximité avec le Président, car c’est à lui que Blaise Compaoré a fait appel lors de la crise socio-militaire de 2011.

« Lougué ou pouvoir »

« Lougué au pouvoir », « on veut Lougué », « On veut Lougué, Nabéré a trahi le peuple » etc. continuait de clamer la foule. Après 45 minutes, l’impatience se fit sentir. Ils ne comprenaient pas pourquoi le Général Lougué tardait à ressortir. Des menaces fusèrent « si vous ne pouvez pas, donnez-nous les armes. Nous irons libérer Kossyam ». Kossyam est le quartier de Ouagadougou qui arbitre le palais présidentiel. Il a fallu l’intervention de membres du groupe le « Balai Citoyen » (l’un des artisans de la chute de la révolution de 2014) pour calmer la foule. A leur tour, ils entrent pour s’informer et informer les manifestants. Mais à leur tour, ils prennent du temps. Les manifestants s’énervent de plus en plus et menacent les militaires postés en face d’envahir le bâtiment. Ces derniers tentent de contenir la foule qui veut forcer le passage, sans succès.

A 11h05, Smockey (Serge Bambara) et Sam’S K le Jah (Karim Sama) et maitre Guy Hervé Kam sortent accompagnés de deux militaires. Ils donnent rendez-vous aux manifestants à la place de nation, située à environ 300 mètres de là.

Près de trois milles manifestants envahissent encre cette place, devenue désormais le traditionnel lieu des différentes manifestations de l’opposition mais aussi de la société civile. Dix minutes après, des membres de l’opposition parmi lesquels le chef de fil Zéphirin Diabré, Roch Marc Christian Kaboré, Sara Séré Sérémé, Norbert Tiendrébéogo font leur apparition. Ils se frayent une place jusqu’à l’estrade. Mais apparemment, ils n’ont aucune nouvelle  livrer aux manifestants qui attendent une parole de délivrance. Eux mêmes, semble ne pas savoir ce qui se passent. Dans la foule, une nouvelle fois, l’on fait preuve d’impatience. Des voix s’élèvent pour demander une déclaration. Mais, aucune sonorisation n’est installée. Smockey tente de dire quelque chose mais personne ne l’entend.

Les manifestants qui ont appelé l'armée à prendre le pouvoir ont par la suite récusé le lieutenant colonel Yacouba Isaac Zida nouveau Président et membre du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP)
Les manifestants qui ont appelé l’armée à prendre le pouvoir ont par la suite récusé le lieutenant colonel Yacouba Isaac Zida nouveau Président et membre du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP)

Lorsque ces derniers tentent de quitter la place de la révolution, les manifestants les en empêchent. Finalement ils accompagnent les opposants à la ligne de départ : le quartier général du chef d’État-major général des armées. Les opposants, des membres du Balai Citoyen et quelques militaires pénètrent dans le quartier général. L’incompréhension et l’impatience demeure. Les manifestants réclament toujours Kouamé Lougué. Les menaces reprennent mais les militaires postés résistent bien par des intimidations et aussi de la diplomatie.

Blaise a démissionné!

Après plusieurs minutes d’attentes. La délivrance ! L’ancien maire de Ouagadougou, Simon Compaoré (ancien membre du parti au pouvoir) qui a remplacé Roch Marc Christian Kaboré, suivi de plusieurs autres personnes de l’opposition sortent d’une salle du deuxième étage du Chef d’État-major général des Armées. Souriants, ils font un signe des deux mains comme pour dire : « c’est fini ». Quelques minutes plutôt, une radio locale a annoncé la démission du chef de l’Etat Blaise Compaoré. Confirmation donc. Les manifestants exultent de joie puis clament  en sifflant, klaxonnant, mais aussi en chantant l’hymne nationale du Burkina.

Ce que certains ne savaient pas encore, c’est que pendant fêtaient leur victoire, le général Honoré Nabéré Traoré est confirmé chef de l’État « à l’unanimité de la hiérarchie militaire ». Pendant que certains rentraient chez eux, satisfaits de la démission de Blaise Compaoré que certains auraient aperçu dans certaines villes du Burkina d’autres restèrent pour réclamer encore Kouamé Lougué. La révolution, les Burkinabè voulaient le mener jusqu’au bout.

Deux présidents en un jour

Aux environs de 15 heures 30, le Balai Citoyen accompagné d’un officier de l’armée le lieutenant Yacouba Isaac Zida rassemble la foule à la place de la nation. Ce sera lui le Président. Malgré quelques protestations, Smokcey prend le micro et demande à la foule de lui faire confiance. Il fait comprendre aux manifestants que le Balai Citoyen n’est pas un mouvement corrompu. « Nous n’avons jamais pris de l’argent avec quelqu’un même 1000 francs CFA ». Hymne nationale, chant, coups de sifflets, klaxons de moto, c’est dans cette ambiance que les manifestants rentrent chez eux. Dans la nuit, le Président Zida fait une déclaration à la télévision BF1 qui bizarrement appartient à des bonzes du parti au pouvoir parmi lesquels l’un des principaux actionnaires est François Compaoré le frère cadet de Blaise Compaoré. Aux environs de 2 heures du matin, Zida rejoint le palais présidentiel de Kossyam sans savoir que deux jours plus tard (dimanche 2 novembre 2014), ce même peuple se soulèvera contre lui.

La modification de l’article 37 de la constitution du Burkina qui aurait permis à Blaise Compaoré de faire 15 ans de plus au pouvoir a finalement précipité la fin de son mandat qui devrait prendre fin en novembre 2015… dans un an donc. Blaise Compaoré a payé le prix de son entêtement.

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13. mai
2014
société
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Qu’elles sont braves nos mamans !

Parcourir des kilomètres chaque jour, prendre des risques en traversant des zones dangereuses… c’est le sacrifice que prennent de nombreuses femmes burkinabè pour nourrir leur famille. Cette photo est en est la parfaite illustration.

La lutte des femmes pour faire vivre leurs familles se voient sur les routes de Ouagadougou
La lutte des femmes pour faire vivre leur famille se voient sur les routes de Ouagadougou

Il n’est par rare de voir sur les routes de Ouagadougou, certaines femmes comme sur certaines photos, revenir des localités environnantes de Ouagadougou avec des marchandises sur leurs motos surchargées. Les charges qu’elles ont les empêchent même de bien manœuvrer leur engin. La moindre erreur et cette dame peut tout perdre. Tout. C’est vrai que cette manière de faire est imprudente. Mais c’est l’illustration des sacrifices que font les femmes burkinabè pour prendre en charge leurs proches . Ces femmes ne disposent pas toujours des moyens nécessaires pour faire fructifier leur commerce. Elles prennent des risques en parcourant des dizaines de kilomètres à moto sous la chaleur et parfois dans le froid souvent sur des chemins non goudronnés. Tout cela pour ramener des légumes et autres marchandises des provinces. Certains hommes sont incapables de le faire préférant mendier.

Si cette photo témoigne de tout le risque que prennent les femmes (puisque circuler en surcharge est interdit), des actions devraient être menées afin qu’elles aient la possibilité de mieux travailler. Il s’agit par exemple de leur permettre de parcourir moins de distances en rapprochant les marchandises en sollicitant des transporteurs. L’accident sur la route d’Atakpamé (Togo) qui a tué 24 burkinabè dont des femmes hantent encore les esprits des Burkinabè.

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02. mai
2014
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Sanctions contre Airtel, Telecel, Telmob : les consommateurs paieront les six milliards de leur poche

L’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) a sanctionné les trois opérateurs de téléphonie mobile (Airtel, Telecel, Telmob) à payer une taxe d’environ six milliards de Francs Cfa pour leurs mauvaises prestations. Une mesure saluée par beaucoup de Burkinabè mais qui ne devrait pas résoudre fondamentalement le problème.

Les trois compagnies de téléphonie mobiles du Burkina doivent revoir la qualité de leur service
Les trois compagnies de téléphonie mobiles du Burkina doivent revoir la qualité de leur service

C’est la deuxième fois que les opérateurs de téléphonie mobile du Burkina que sont Airtel, Telecel, Telmob sont sanctionnés par l’autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep). En février 2012, l’Arcep, dirigée par Mathurin Bako avait déjà sanctionné ces trois opérateurs mobiles pour les mêmes raisons. Ils devaient payer la somme de 2,7 milliards de francs Cfa soit 1% de leur chiffre d’affaires de 2010. Telecel avait même été suspendu pendant un bout de temps parce qu’elle n’avait pas payé la somme requise.

Deux ans après, rien n’a changé. Les griefs sont les mêmes : la mauvaise qualité de la communication, les coupures intempestives, l’impossibilité de joindre son correspondant même quand ce dernier est à côté, la mauvaise qualité de la connexion à Internet malgré la 3G, la surfacturation sur certains appels, la cherté de la communication. Ces derniers temps, le problème a atteint son pic ce qui a finalement fait réagir l’Arcep avec cette deuxième sanction financière qui s’élève à près de 6 milliards de Francs Cfa. « C’est bon mais ce n’est pas arrivé » comme on aime le dire. La première sanction n’a rien changé et l’Arcep a attendu deux ans pour se prononcer une deuxième fois. S’il faut encore attendre deux ans pour prendre de nouvelles sanctions, les Burkinabè vont donc encore souffrir.

 Les consommateurs vont payer cher

Cette sanction est insuffisante Ce sont les consommateurs qui devront payer cette facture de six milliards de francs Cfa à travers toujours les méthodes iniques et sournoises des opérateurs de téléphonie mobile. L’on a déjà constaté à travers les publicités mensongères, la surfacturation dans les appels entre autres. Pour combler ce trou, les opérateurs ne manqueront pas d’idées. Et c’est là où le bat blesse. L’Arcep a donné trois mois aux opérateurs de téléphonie mobile pour améliorer la qualité de leurs prestations. Pour le moment, rien n’a changé. Mais cela avait été le cas en 2012. Mathurin Bako avait donné un délai de trois mois, mais rien n’a changé pendant les deux années suivantes d’où cette deuxième sanction. Même si la sanction est insuffisante, il faut saluer l’Arcep qui rappelle à chacun d’eux qu’ils ont engagement à honorer.

Airtel, Telmob, Telecel doivent accepter de consentir des efforts en investissant. Ce qui est surprenant, c’est qu’ils ont réussi à innover en proposant des services salutaires comme le transfert d’argent, mais ces derniers n’ont pas adapté leurs installations en tenant compte de la demande. Ils sont donc dépassés.

 Ce qui peut susciter une autre réflexion, c’est qu’un 4e opérateur qui avait été annoncé a désisté à la dernière minute. Peut-être que le marché burkinabè ne serait pas porté comme on le croit. (Oui, ça tombe comme un cheveu dans la soupe)

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24. avril
2014
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Le zaï, une ingénieuse technique culturale burkinabè qui s’exporte

Dans un pays comme le Burkina Faso peu avantagé par le climat, les paysans rencontrent beaucoup de difficultés pour faire pousser les semis et avoir une bonne récolte. Pour pallier cela, ils ont trouvé une salutation : le zaï. Le mois d’avril est la période pendant laquelle les paysans commencent donc à le « fabriquer ».

Quelques zaï dans un village de la province du Bam (Burkina Faso)
Quelques zaï dans un village de la province du Bam (Burkina Faso)

Le zaï est une technique culturale propre au Burkina Faso notamment utilisé par la population nord du pays. Dans cette zone, les sols sont arides et la pluviométrie est faible. C’est pourquoi les paysans ont inventé la technique du zaï pour  améliorer les rendements agricoles. De quoi s’agit-il exactement ?

Les zaï sont de petits trous que l’on creuse en ligne dans son champ en respectant une certaine distance (10 cm environ) entre chaque trou. La largeur du trou se situe entre une dizaine et une vingtaine de cm. En fait, l’on creuse en ayant à l’esprit la forme d’une calebasse comme pour recueillir de l’eau. Ensuite, les paysans y mettent du fumier ou du compost et rajoutent un peu de terre pour éviter que le vent l’emporte, mais aussi pour enrichir le sol. Les zaï sont creusés généralement à partir du mois d’avril (une période pendant laquelle il fait très chaud) pour attendre les premières pluies de mi-mai, ou juin. En général, l’on peut commencer la semence dès la première pluie.

Le zaï permet donc de recueillir et de garder les eaux de pluie pendant une longue période, car elles s’évaporent moins vite. Un autre avantage en utilisant cette méthode, c’est que l’humus que l’on ajoute au trou contribue aussi à la création de poches d’eau dans le sol. Le zaï permet la récupération des terres, empêche l’érosion et les ruissellements.

Faire du zaï nécessite beaucoup d’efforts parce qu’il faut passer des heures à creuser le trou. Cependant, lorsque le zaï est fait, le cultivateur a abattu presque la moitié de son travail parce qu’il n’a besoin de désherber son champ qu’une seule fois au lieu de trois comme cela est le cas habituellement. Le travail est d’ailleurs moins pénible et le cultivateur à plus de temps pour s’occuper d’autres choses.

Lorsqu’il est bien fait, la saison qui suit devient moins fatigante. Le zaï permet d’ailleurs de multiplier la production à quatre ou cinq en comparaison avec un sol où la technique n’est pas utilisée. Souvent, l’on peut y ajouter les cordons pierreux pour lutter contre l’érosion.

Ayant creusé des zaï quand j’étais encore au collège, je sais que cela permet de se faire de l’argent. Certains paysans fortunés payent des jeunes pour en creusés. Je me suis fait quelques sous.

Le succès du zaï est tel qu’il a été récupéré et popularisé par les agronomes. Il s’est exporté dans des pays comme le Mali et le Niger. Certains pays de l’Afrique de l’Est sont même en train d’adopter la pratique.

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Article : Les journalistes burkinabè n’ont pas encore adopté le blogging
Journalisme
2
17 avril 2014

Les journalistes burkinabè n’ont pas encore adopté le blogging

Quel état des lieux de l’utilisation des blogs par les journalistes burkinabè ? Cette question nous a conduit a menée une enquête sur ce sujet. Nous nous sommes rendu compte s’il y a des journalistes qui s’intéressent au blogging, le phénomène est encore embryonnaire au Burkina Faso.

Près de la moitié de ceux qui prétendent pratiquer le blogging ne sont pas forcément des blogueurs
Près de la moitié de ceux qui prétendent pratiquer le blogging ne sont pas forcément des blogueurs

Notre enquêté a porté sur 50 journalistes burkinabè issues de la presse écrite, de la radio, de la télévision et de la presse en ligne. L’enquête a concerné un échantillon de 50 journalistes. 84% des journalistes enquêtés sont des hommes soit 42 personnes. Les journalistes du sexe féminin au nombre de 8 (16%). L’analphabétisme est la principale explication de la faible représentation des femmes dans le monde des médias burkinabè.

Pendant notre recherche, 36% des journalistes de notre soit 18 personnes affirment détenir un blog. 64% ne sont pas des blogueurs. Mais dans les faits, ils ne sont pas tous blogueurs. En fait, près de la moitié de l’échantillon a tenté de créer un blog. Ils n’ont pas persévérer dans leur démarche. Certaines personnes n’ont pas compris le principe du blogging et pensent que travailler pour un organe en ligne signifie qu’on est blogueur. Par exemple, ils ne se rappellent plus de l’adresse et même du nom de leurs blogs.

Il y a peu de femmes journalistes au Burkina Faso
Il y a peu de femmes journalistes au Burkina Faso

Une grande majorité des journalistes burkinabè ne s’est pas encore intéressée à la pratique des blogs. Ils sont 64% des enquêtés. Comme explication, le manque de temps (41,2%) en premier lieu et la non-maîtrise du blog ensuite (23,5%). Six personnes  (17,6%) déclarent ne pas s’intéresser au blog. La paresse est évoquée par 8,8% des enquêtés tandis qu’un pourcentage équivalent n’avance aucune raison.

Certains journalistes se sont intéressés à la pratique des blogs et tentent de les alimenter régulièrement. Nous avons parcouru quelques blogs de journalistes burkinabè sur le net. Nous avons pu constater que ces blogs se caractérisaient par :

  •   L’irrégularité dans la publication des billets
  •   L’absence de liens ou hyperliens. Ce qui signifie que les journalistes-blogueurs ne maîtrisent pas les techniques d’écriture en ligne
  •   Le copier coller : c’est-à-dire que les journalistes reprennent soit leur propres articles publiés dans déjà dans leur organe soit ceux de leur confrère de la presse nationale ou même internationale.
  •  Les billets ne sont pas toujours accompagnés de photos,
  •  Le manque d’originalité des billets
  •  La confusion entre blog et site internet
  •  Peu de blogs spécialisés

 Les sujets traités

Les sujets traités par les journalistes burkinabè sont diversifié. Les sujets d’actualité sont ceux qui intéressent d’abord les journalistes-blogueurs burkinabè. Cette rubrique est citée 11 fois. Parlant de sujet d’actualités, il s’agit en fait d’un terme passe partout. Car cette rubrique dite actualité est un fourre tout. Les journalistes y publient en général les comptes-rendus.  Les sujets qui les intéressent donc sont la politique (citée 8 fois) puis suivent la culture (citée 4 fois), le sport (cité 2 fois) et l’art (cité une 1 fois). Certains ajoutent les nouvelles littéraires, les photographies.

Le débat sur la crédibilité des blogs s’est posé parce que les blogueurs sont accusés à tort ou à raison de colporter de fausses informations. A l’ère des TIC, la question se pose avec acuité surtout que les blogs en particulier échappent au contrôle de la législation. A partir de n’importe quel poste et de n’importe quel endroit, une personne peut créer un blog et publier une information sans qu’elle ne soit vérifiée. L’enquête a voulu recueillir les points de vue des journalistes burkinabè sur la crédibilité des blogs. Les opinions sont partagées. 41, 3% pensent que les blogs sont crédibles tandis que 21,7% disent le contraire. Sur la question, certains hésitent : 37% des enquêtés ne savent pas si les blsogs sont crédibles. Si une majorité ne se dégage pas sur cette question, cela s’explique par le fait que rumeurs et informations vérifiées peuvent se trouver sur les blogs.

 Les blogs sont-ils intéressants ?

Pour savoir si les journalistes trouvent les articles publiés sur les blogs intéressants, nous avons d’abord posé la question qui est de savoir s’ils consultent souvent les blogs. 60,5% des journalistes (43) ayant répondu à la question le font souvent tandis que 39,5% ne s’y intéressent pas. Ceux qui consultent les blogs le font par curiosité, pour voir comment les autres animent leur blog, pour se cultiver, trouver des pistes de réflexion, trouver des informations pertinentes. A cela, on peut ajouter le fait que les blogs traitent de sujets qu’on n’a pas l’habitude de voir dans les médias traditionnels. Ceux qui ne s’intéressent pas aux blogs évoquent le manque de temps, d’intérêt, de crédibilité pour certains, etc.

A travers cette enquête, 34 personnes (94,4%) jugent les productions des blogueurs intéressantes. Le constat ici, c’est que seulement deux personnes affirment que ces billets ne sont pas intéressants alors que 17 ont affirmé qu’elles ne lisent pas les blogs. Ce paradoxe est la preuve que certains journalistes-blogueurs cachent mal leur intérêt. Même s’ils ne consacrent pas du temps exclusivement pour la lecture des billets, il leur arrive de se retrouver  sur des blogs dont ils jugent les articles intéressants. De leurs avis, ils ne font pas confondre un article intéressant et un article crédible. Un article peut être intéressant sans être crédible.

 Toujours dans cette tendance, 36 personnes (90%) pensent que les blogs constituent des sources d’information alors que seulement quatre personnes (10%) pensent que les blogs n’en sont pas.

Rapport entre blogging et liberté d’expression

Aujourd’hui, le blog est un canal de libre expression. Cette enquête a révélé que la majorité était d’accord sur ce principe. Toutes les personnes interrogées et ayant répondu à la question sont d’accord sur le fait que les blogs peuvent contribuer à la liberté d’expression parce que les articles ne sont pas censurés par un rédacteur en chef. Le blogueur est lui-même son propre rédacteur en chef. Voici d’ailleurs quelques réponses des enquêtés : « Parce que ce qu’un organe ne peut pas publier, on peut le lire sur un blog », « le blog permet de dire ce que l’on pense et de publier ses articles sans passer par le contrôle d’une structure », « cela permet à tout individu quel que soit son appartenance social de se faire entendre », « les blogs donnent la parole à tous », « c’est un cadre d’expression ouvert à toute personne désireuse de partager ses opinions ». On peut ajouter à ces réponses, la possibilité de publier des articles sous le couvert de l’anonymat.

51,2% des journalistes burkinabè pensent que les blogs sont en train de changer  de bouleverser le monde des médias tandis que 21% ne partagent pas cet avis. Ce bouleversement, pour les premiers cités, se fait de façon négative. Le premier problème qui se pose est « qu’il fait porter le titre de journaliste à beaucoup de personnes qui n’ont aucune connaissance dans la pratique du métier ; ce qui peut occasionner des désordres ». Cette confusion entre journaliste et blogueur est traduite par ces affirmations : « étant donné que tous les blogueurs ne sont pas des journalistes, ils ne respectent pas les règles du métier. Aujourd’hui, tout se passe sur Internet. On ne sait plus ce qui relève du  journalisme ou pas ». Ils reprochent la publication des informations qui ne sont pas forcément vérifiées. N’importe qui peut à partir de n’import quel ordinateur balancé « du n’importe quoi ». Les journalistes sont réticents parce que les blogs qui sont très utilisés par des non journalistes ne répondent pas aux règles d’écritures du journalisme.

Des journalistes apprécient le fait que les blogs aient été utilisés sous d’autres cieux pour dénoncer des violations en référence aux pays arabes, avec ce qu’on a appelé le « Printemps arabe« . Certains reconnaissent que le journaliste n’est plus le seul capable de partager l’information. Ils pensent également qu’ils « multiplient les sources d’information ». Un journaliste ajoute ceci : « la concurrence du blog pousse le journaliste au professionnalisme car certains s’inspirent des blogueurs ». Pour eux, il contribue également comme dit plus haut au renforcement de la liberté d’expression. Pourtant, d’autres journalistes estiment que « ce métier repose sur des bases solides et que le journaliste inspire plus confiance que le blogueur».

Blogs et professionnalisme 

Vu comme une concurrente du journalisme classique parce que chassant presque sur le même terrain, nous avons voulu savoir si la blogosphère peut contribuer à renforcer le professionnalisme du journalisme. 59,5% des journalistes pensent que cela est possible. Ces personnes expliquent cette situation par le fait que « la pratique du blog peut bonifier le journalisme » comme l’affirme un journaliste. Un autre estime qu’une publication sur un blog peut amener un journaliste à vérifier cette information avant de la publier dans son organe. Ce qui sous-entend que les journalistes font plus confiance aux informations publiées par leurs confrères, alors qu’elles peuvent être erronées. Partant de là, ils n’ont pas besoin de vérifier forcément la véracité de celles-ci. Il est ressorti dans cette enquête qu’avec cet outil, « les journalistes n’ont plus le monopole de l’information ». Ce qui appelle à plus de rigueur et de vigilance.

L’interactivité est aussi évoquée comme un moyen pouvant renforcer le professionnalisme du journaliste. Un enquêté cite l’exemple des commentaires qui peuvent amener le journaliste à se remettre en cause et un autre d’ajouter que cela est possible: « par l’animation du débat et les analyses ». Effectivement, comme aime à le dire Sylvestre Ouédraogo de l’Association Yam Pukri, les blogs sont comme « un arbre à palabre ». Car il s’agit d’un espace où l’on peut échanger les idées, débattre, se contredire, harmoniser les points de vue; etc. Il n’est pas rare de voir des commentaires sur les blogs (de personnes anonymes ou pas) qui rectifient des informations erronées fournies par le blogueur ou même un journaliste, qui apportent des informations complémentaires avec souvent des chiffres et des sources à l’appui. Il s’agit d’un vrai exemple de partage d’informations.

40,5% ne partagent pas l’opinion selon laquelle, les blogs peuvent contribuer à renforcer le professionnalisme des journalistes parce qu’ils ne respectent pas les règles journalistiques. A ce sujet, Jean Marie Charon et Patrick Le Foch affirment que « blogs et sites participatifs sont régulièrement confrontés à la question de la frontière entre professionnalisme et amateurisme, dans le recueil et le traitement de l’information, ce qui est légitime quant à la réflexion sur le journalisme et son éventuelle redéfinition » avant d’ajouter qu’« ils ont tous leur place en tant qu’acteur interagissant avec la presse en ligne. Certains répondant aux critères professionnels de la production de l’information». Pour d’autres, les journalistes étant déjà formés, ils ne voient pas en quoi les blogs peuvent renforcer leur professionnalisme. Toutefois, sur ce point, l’enquête a prouvé que de nombreux journalistes ont atterri dans le métier sans aucune formation préalable.

Si la majorité des enquêtés pensent que la concurrence qu’imposent les blogs peut contribuer à améliorer la pratique du journalisme, ce n’est pas le cas selon 65,9% des réponses. « L’activité du blog n’a pas beaucoup influencé le métier », pense un journaliste alors qu’un autre estime que « les deux se complètent ».

Pour 34,1% des cas, les blogs sont un danger pour le métier. Le respect de l’éthique et de la déontologie est la principale raison avancée. Un répondant estime qu’il n’est pas évident que le lecteur puisse faire la différence entre les articles d’un blog et ceux d’un journal en ligne. Le peu de fiabilité des informations contenues dans les blogs, la possibilité donnée à toute personne de s’exprimer sans restriction, les rumeurs, le fait que tout le monde se réclame journaliste parce qu’il utilise un blog sont des raisons également évoquées. Un journaliste relève, pour sa part, que « le journalisme est le métier qui informe. Avec les blogs, ce métier craint fort ». Cette affirmation traduit l’idée selon laquelle les blogs peuvent influencer négativement la pratique du journalisme. Cette pensée peut rejoindre le point de vue d’un journaliste affirment ceci : « ils bouleversent la pratique du journaliste et baissent le niveau de l’écriture ».

Pourtant, les insuffisances avancées à savoir le non respect de l’éthique de la déontologie mais aussi le manque de responsabilité sociale sont inhérentes également à la presse burkinabè. Cela peut se constater à travers les saisines mentionnées dans le rapport 2012 et 2013 du Conseil Supérieur de la Communication (CSC).

Tout cela rassemblé, nous avons constaté que les journalistes burkinabè ne se sont pas encore approprié les nouveaux médias et les blogs en particulier. La pratique du blogging est encore embryonnaire parce que les journalistes burkinabè ne se sont pas encore familiarisés avec les medias sociaux.

Les journalistes rencontrent beaucoup de difficultés pour bloguer
Les journalistes rencontrent beaucoup de difficultés pour bloguer

Les journalistes qui pratiquent le blogging ne maîtrisent pas les techniques. C’est ainsi que nous avons pu confirmer l’hypothèse secondaire selon laquelle les blogs des journalistes burkinabè ne sont pas conformes aux exigences, aux critères du blogging. Nous avons pu le remarquer par exemple par la qualité et l’irrégularité des billets produits, la mise en forme du blog. De plus, ces blogs n’associent pas les réseaux sociaux pour la promotion des billets. Si les journalistes ne maîtrisent pas donc la gestion des blogs, c’est parce qu’ils ne se sont pas familiarisés avec cet outil mais aussi avec les TIC. L’utilisation du blog est un indicateur de l’appropriation de ces technologies dans le monde de la presse. Les journalistes-blogueurs doivent donc faire des efforts pour avoir des sites personnels de qualité afin de concurrencer, pourquoi pas, avec leurs confrères de la sous-région. L’utilisation du blog est une question d’initiative personnelle.

En plus de cela, les conditions de travail des journalistes ne favorisent pas la pratique des blogs. Ils sont confrontés à un manque de matériel de travail, de temps, des salaires bas par rapport au travail fourni. Ils ne sont pas aidés en cela par les patrons de presse qui ne proposent pas à titre d’exemple, la création de blog sur les sites sans doute parce qu’ils n’ont pas encore compris son intérêt. Le faible débit d’Internet, le coût élevé de la connexion, sont des raisons évoquées pour ne pas s’adonner au blogging.

Néanmoins, les journalistes burkinabè sont persuadés que les blogs peuvent améliorer la liberté d’expression au Burkina Faso. 100% des personnes ayant répondu à cette question pensent que les blogs peuvent contribuer à la liberté d’expression. Le blogging dans ce contexte permet au journaliste de se libérer un temps soit peu de la ligne éditoriale de son organe mais aussi de marquer sa présence sur Internet. Ce qui est important dans un contexte de mondialisation et notamment avec les tablettes qui se vendent désormais comme du pain.

Partant de ce constat, des initiatives peuvent être menées pour promouvoir l’utilisation des blogs par les journalistes burkinabè. Il s’agit d’inclure ou renforcer des cours sur les nouveaux médias dans les écoles de journalisme au Burkina Faso. Les patrons de presse ont leur partition à jouer en permettant la création de blog sur leur site Internet et en encourageant leurs journalistes dans ce sens. En plus de cela, des formations sur les TIC seront un avantage pour les journalistes qui pourront par là, mieux comprendre le concept du blog et s’adonner à la pratique et aussi avoir la culture de l’écriture en ligne. Le ministère en charge de la communication au Burkina Faso dans le cadre des « prix Galian », récompensant les meilleures œuvres de journalistes, à créer une catégorie pour primer les blogs. Cela pourrait entraîner de l’engouement pour ce média social.

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Le blog qui rapporte, Critique, Propose

Auteur·e

L'auteur: Boukari Ouédraogo
Boukari Ouédraogo est journaliste multimédias et blogueur burkinabè passionné des nouveaux médias, du cinéma et du sport. Il blogue depuis 2009 pour le compte de Mondoblog.

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