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Le Messager d'Afrique depuis Ouagadougou
Article : Burkina : les députés CDP pro-Salif Diallo préparent un coup contre Blaise Compaoré
Politique
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20 janvier 2014

Burkina : les députés CDP pro-Salif Diallo préparent un coup contre Blaise Compaoré

Le parti au pouvoir au Burkina Faso, le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP) a fait signer par ses députés à l’Assemblée Nationale une charte d’allégeance au parti du Président Blaise Compaoré. Si seul le Larlé Naba (un ministre de l’empereur des Mossé) a refusé de signer, la réalité est que près de 30 des 69 signataires preparent un coup contre parti au pouvoir.

De gauche à droite Simon Compaoré, Salif Diallo et Roch Marc Christian Kaboré (photo lefaso.net)
De gauche à droite Simon Compaoré, Salif Diallo et Roch Marc Christian Kaboré (photo lefaso.net)

La bataille pour la succession du Président du Faso Blaise Compaoré a déjà commencé. Le bientôt ancien puissant parti au pouvoir le Congrès pour la Démocratie (CDP) s’est vu affaibli avec la vague de démission de militants importants. Le trio Roch Marc Christian Kaboré (ancien Président de l’Assemblée Nationale), Salif Diallo (ancien ministre de l’agriculture) et Simon Compaoré ancien maire de la ville de Ouagadougou ont quitté le navire du chef de l’Etat. Après la démission de ces anciens ténors du parti de Blaise Compaoré, des rumeurs annonçaient celle probable d’une trentaine de députés partisans des démissionnaires. Finalement, seul le Larlé Naba n’a pas signé. Pourquoi ?

En réalité, les députés partisans des démissionnaires sont plus utiles dans le parti. La consigne qui leur a été donné est d’être l’œil et l’oreille des démissionnaires au sein de ce parti. S’ils démissionnent aujourd’hui, ils perdront aussi leur statut de député à l’Assemblée Nationale comme le recommande la loi. Ce qui va fragiliser la lutte entamée par le trio de tête des démissionnaires. 

Le seul démissionnaire qui est le Larlé Naba pourrait avoir pour rôle de regrouper les chefs traditionnels, véritables forces de mobilisation au Burkina Faso. L’expérience a d’ailleurs prouvé que depuis la période coloniale à aujourd’hui, les pouvoirs en place sont toujours passés par les chefs traditionnels pour assoir leur domination. Salif Diallo, Simon Compaoré et Roch Marc Christian Kaboré ont mené leur bataille avec un professionnalisme. Bien avant la démission, ils se sont assuré le soutien de ces derniers au cours d’une réunion tenu dans la cour du Larlé Naba.

Plusieurs options sont mises en réflexion par ces députés qui pourraient créer un groupe parlementaire pour contrecarrer avec l’opposition des projets de lois à l’Assemblée Nationale. Le chef d’orchestre de toutes ces manœuvres pourrait bien être Salif Diallo. Cet homme qui a longtemps était la tête pensante de Blaise Compaoré a s’est vu reléguer au second plan après avoir dénoncé une patrimonialisation en cours du pouvoir en place dans une interview accordée au journal l’Observateur Paalga alors qu’il était ambassadeur à Vienne en Autriche.

L’opposition s’est vue renforcer par la démission de ces cadors. Cela s’est ressenti lors de la marche de l’opposition le samedi 18 janvier 2014. A Ouahigouya et Kongoussi, villes acquis à Salif Diallo, la mobilisation était de taille ce jour là. Ce qui signifie que le changement est en marche. Déjà, certains se mettent à rêver à un scénario à la sénégalaise.

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Article : Burkina : pourquoi Blaise Compaoré ne va pas se représenter en 2015
Politique
7
13 janvier 2014

Burkina : pourquoi Blaise Compaoré ne va pas se représenter en 2015

L’opposition politique burkinabè appelle à une marche de protestation contre la modification de  l’article 37 de la Constitution du Burkina le 18 janvier 2014. Si l’opposition burkinabè veut mettre la pression sur le président du Faso Blaise Compaoré il  se trouve que le locataire du Palais de Kossyam ne va pas briguer un nouveau mandat en 2015…

Le Président du Faso Blaise Compaoré se cherche une porte de sortie (Ph. https://presidence.bf)
Le président du Faso Blaise Compaoré se cherche une porte de sortie (Ph. https://presidence.bf)

1-    Blaise Compaoré ne se représentera pas en 2015 parce tout simplement la Constitution du Burkina le lui interdit. Selon l’article 37 de cette Constitution, le mandat présidentiel est de 5 ans renouvelable une fois. Blaise Compaoré a été élu selon les termes de ce nouveau contrat entre lui et le peuple en 2005. Il a été réélu en 2010. Son mandant prend fin donc en 2015. Il est donc obligé de céder la main.

2-    Le président ne se représentera pas en 2015, parce que justement, tout le monde s’attend à ce qu’il modifie la Constitution. Pourtant, le « Blaiso » a toujours joué sur l’effet de surprise en prenant des décisions inattendues. Depuis qu’il est au pouvoir, il a toujours déjoué les pronostics de ses collaborateurs et aussi de ses adversaires. La presse burkinabè peut en témoigner.

3-    Pour une question de stratégie politique, Blaise Compaoré ne voudra pas de sitôt annoncer qu’il ne se présentera pas en 2015. S’il le fait, au sein de son propre parti et cela a déjà commencé  des batailles pour la succession vont s’engager. Une situation qui sera difficile à gérer. Pour donner l’avantage à son parti. Le président du Faso est donc peut-être en train de préparer sa succession.

4-    Le poids de l’âge et l’usure du pouvoir. A 62 ans Blaise Compaoré s’il était agent de la fonction publique devrait aller à la retraite cette année. On peut estimer qu’on n’est pas si vieux que cela à 62 ans. Mais le locataire du palais de Kossyam a passé 27 ans au pouvoir. Pendant tout ce temps ans, il a dû gérer beaucoup de crises dont la plus marquante est l’affaire Norbert Zongo et la plus récente, , les mutineries de 2011 qui ont sérieusement secoué son pouvoir. Il s’en est fallu de peu qu’un coup d’Etat soit orchestré. Heureusement pour lui, il a su reprendre la main comme à son habitude. Mais le natif de la ville de Ziniaré a besoin d’un repos réparateur.

5-    Blaise Compaoré va partir parce qu’aujourd’hui, la rue l’y pousse. Les Burkinabè ont soif de changement. La prochaine marche de l’opposition aura lieu le samedi 18 janvier. Les deux dernières ont connu des succès immenses. Conscient de cela, il ne voudra pas frustrer encore plus la population.

6-    Récemment, le ministre de l’Administration territoriale et de la Sécurité, Gérôme Bougouma avait avancé la célébration de l’indépendance du Burkina à Ziniaré au lieu de la ville de Kaya  comme l’indiquait le calendrier initial. L’analyse que tout le monde a faite, c’est que le chef de l’Etat veut bien « construire son village d’origine » avant son départ. Sinon, après il risque de se voir reprocher de n’avoir pas rien fait pour son village avant de partir comme si c’était normal.

7-    Blaise Compaoré a déjà préparé son départ. En 2012, l’Assemblée nationale a voté une amnistie pour les anciens chefs d’Etat du Burkina dont lui-même. Afin d’avoir une retraite tranquille, il a pris les dispositions nécessaires pour ne pas se voir plus tard attaqué sur certaines affaires comme celle concernant l’assassinat de Thomas Sankara. Certains l’accusent d’en être le commanditaire.

Blaise Compaoré cherche donc une porte de sortie en attendant de vous dire prochainement pourquoi il ne quittera pas le pouvoir. 

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Article : CAF: le meilleur joueur africain de l’année doit évoluer sur le continent
Sport
8
9 janvier 2014

CAF: le meilleur joueur africain de l’année doit évoluer sur le continent

La Confédération Africaine de Football (CAF) va designer le meilleur footballeur africain de l’année 2013 ce jeudi 9 janvier 2013 à Abuja (Nigeria). Les Ivoiriens Yaya Touré, Didier Drogba et le Nigérian John Obi Mikel sont les trois candidats. S’il est bien vrai que ces joueurs qui évoluent à l’extérieur sont des africains, à mon avis, la CAF doit poser comme critère pour remporter le trophée, que le lauréat évolue d’abord dans un championnat africain.

Mohamed Aboutreika malgré sa carrière riche en trophée, son talent et sa bonne saison 2013 ne pourra pas remporter le trophée de meilleur joueur africain parce qu'il évolue sur le continent africain;
Mohamed Aboutreika malgré sa carrière riche en trophée, son talent et sa bonne saison 2013 ne pourra pas remporter le trophée de meilleur joueur africain parce qu’il évolue sur le continent africain;

 

Le titre de joueur Africain de l’année décerné par la Confédération Africaine de Football (CAF) a remplacé le Ballon d’Or Africain décernée initialement par le Magazine France Football. J’apprécie l’idée que la CAF ait reprit l’attribution de ce trophée. Mais, ce qui ne tourne pas rond comme le ballon dans cette histoire, c’est que le titre de footballeur africain de l’année depuis 1992 a été attribué seulement à des joueurs évoluant  sur le continent européen. A ce rythme, les joueurs qui animent le championnat africain ne peuvent pas espérer remporter ce trophée. A moins avis, il faudrait changer les rôles. Le titre de joueur africain de l’année doit revenir à un footballeur d’origine africaine et qui évolue sur le continent. Je pourrai même être d’accord si le trophée récompense tout footballeur évoluant sur le continent. En Amérique du Sud, le prix du meilleur footballeur de cette zone revient toujours à un joueur qui évolue dans le championnat d’Amérique du Sud. L’on pourrait même copier  plus ou moins  au prix de meilleur footballeur d’Europe décernée par l’UEFA au lieu de créer un prix spécial pour le meilleur joueur basé en Afrique.

A mon avis, l’Égyptien Mohamed Aboutreika, vainqueur de la Ligue des champions d’Afrique ou le Nigerian   Sunda Mba, champion d’Afrique devraient remporter ce trophée. Quand on regarde le trio retenu pour la récompense, hormi John Obi Mikel, vainqueur de la CAN et de ligue Europa, les deux autres, Didier Drogba et Yaya Touré n’ont remporté aucun trophée en 2013.

La CAF doit songer au développement du football local en mettant l’accent sur les acteurs qui l’animent chaque saison. Pour compenser donc, l’on pourrait décerner un prix spécial pour le meilleur joueur qui évolue dans les championnats hors d’Afrique. L’objectif est de donner plus de valeur aux championnats et aux coupes africaines. Car, le public africain préfère suivre les championnats européens parce que la CAF en fait rien pour valoriser ceux du continent. Des joueurs comme Mohamed Aboutreika (Egypte), Trésor Mputu (Tresor Mputu), Ahmed Fathi (Egypte), Rainford Kalaba (Zambie), Sunday Mba (Nigeria) etc. qui ont survolé les compétitions tant en clubs qu’avec leurs sélections ne pourront jamais prétendre, si la formule est ainsi gardée, remporter le trophée de footballeur africain. 

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Article : Burkina; vers une redéfinition du paysage politique
Politique
2
8 janvier 2014

Burkina; vers une redéfinition du paysage politique

Les Burkinabè ont appris le 5 janvier 2013 que d’anciens cadres du parti au pouvoir à savoir le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) ont rendu leur démission. Par la même occasion, les démissionnaires ont annoncé la création prochaine d’un parti politique d’opposition au régime de Blaise Compaoré. Cela va remodeler un nouveau paysage politique burkinabè et plusieurs partis risquent d’en faire les frais.

 

Roch Marc Christian Kaboré (gauche) et Salif Diallo sont les ténors des dissidents du CDP
Roch Marc Christian Kaboré (gauche) et Salif Diallo sont les ténors des dissidents du CDP

Ce qui se murmurait il y a quelques jours années s’est avéré. Des ténors du parti au pouvoir ont démissionné du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), le parti au pouvoir qui soutient le programme politique de l’actuel président du Burkina, Blaise Compaoré. Si la nouvelle a surpris beaucoup de personnes, elle n’est pas si étonnante que cela. Depuis quelques mois, des rumeurs annonçaient la défection de ces cadres du CDP. Un parti d’opposition créé par Roch Marc Christian Kaboré avait été annoncé sans que ce parti ne voit encore le jour. En réalité, les démissionnaires avec à leur tête Roch Marc Christian Kaboré ancien député, président de l’Assemblée nationale et ancien président du CDP, Salif Diallo ancien ministre d’Etat et ministre de l’Agriculture, l’ex-maire de la ville de Ouagadougou Simon Compaoré et Jean Marc Palm, ancien ministre des Sports ont emporté avec eux un grand nombre de militants de ce parti. Ils sont 75 à avoir signé la lettre de démission. La corporisation du parti, les velléités de modification de l’article 37 de la Constitution du Burkina qui limite le mandat présidentiel à cinq ans renouvelable une fois et l’entêtement du chef de l’Etat à instaurer le Sénat expliquent leur décision.

Une coalition bizarre

La division au sein du parti au pouvoir était sensible. La création par l’actuel secrétaire exécutif du CDP de la Fédération Associations pour la paix et le progrès avec Blaise Compaoré (FEDAP/BC) avec pour parrain François Compaoré, le frère cadet du président dit-on, était vue comme une stratégie du chef de l’Etat de préparer sa succession. Cela a eu pour conséquence la création de plusieurs groupes au sein du CDP dont le premier serait dirigé par Roch Marc Christian Kaboré et Simon Compaoré. Le deuxième était l’affaire de Salif Diallo tandis que le troisième serait soutenu par François Compaoré et ses gars. Salif Diallo a été le premier à allumer le feu, lorsqu’il avait publiquement dénoncé la patrimonialisation du pouvoir par le régime actuel et appelé à des réformes politiques. « Ma suggestion est d’aller aujourd’hui vers un régime parlementaire, qui nous éviterait une patrimonialisation de l’Etat», avait proposé Salif Diallo dans une interview accordée au journal L’Observateur Paalga en 2009 alors qu’il était ambassadeur à Vienne (Autriche). A l’époque, il a été suspendu par son parti. Son actuel allié et qui semble être le chef de file Roch Christian Kaboré l’avait appelé à faire son autocritique. Roch Marc Christian Kaboré  a même été le premier à soutenir la modification de l’article 37 de la Constitution burkinabè. Plus tard, il sera jeté au placard comme bien d’autres. Aujourd’hui, les deux camps semblent avoir tu leurs divergences et décidé de travailler main dans la main dans un contexte où le rapport de force n’est plus en faveur du pouvoir en place.

Ce qui va changer

Ce revirement inattendu va remodeler forcément le paysage politique burkinabè. Le premier perdant dans ce jeu politique est sans doute le CDP. Car même si ces ténors avaient été mis sur le banc de remplaçants par Blaise Compaoré, ils n’ont pas, dans leurs régions respectives, donné des consignes de votes contre le parti au pouvoir et leur semblant d’appartenance a sûrement conduit certains militants à voter pour le parti. Le CDP compte 70 députés à l’Assemblée nationale. Selon des rumeurs, 30 d’entre eux seraient prêts à quitter le navire pour rejoindre le futur parti d’opposition. A peine 48 heures après leur démission, l’on apprend celle d’une centaine de militants du même parti dans le fief de Salif Diallo, la région du Nord. Le CDP sera certainement diminué car les démissionnaires jouissent d’une certaine popularité dans leur région d’origine. De plus, ce n’est pas la première fois que des cadres du parti au pouvoir claquent la porte. L’une des plus marquantes démissions est celle des refondateurs avec Marc Yao, Mathieu R. Ouédraogo, René Emile Kaboré, Moussa Boly, Amadé Taho, Pierre Tapsoba en 2009. La dernière en date avant ce grand coup, c’est celle de l’ancienne députée Saran Séré Sérémé qui a créé le Parti pour le développement et le changement (PDC).

L’autre parti qui risque d’être phagocyté par ce revirement de situation est l’Alliance pour la démocratie et la Fédération-Rassemblement démocratique africain (ADF/RDA) de maître Gilbert Noël Ouédraogo, justement maire de la ville de Ouahigouya, le chef-lieu de la région du Nord. Beaucoup d’anciens militants du CDP ont rejoint par défaut ce parti politique. Les militants en délicatesse avec le parti de Blaise Compaoré qui n’ont pas pu se créer un parti politique ont utilisé le parti de l’Éléphant comme pied à terre. Aujourd’hui, beaucoup voudront retrouver leurs anciens camarades.

Même l’actuel chef de file de l’opposition burkinabè, Zéphirin Diabré de l’Union pour le progrès et le changement (UPC) devra craindre pour sa place. En effet, la défection de Roch et ses amis pourraient entraîner aussi celle des « bonnets rouges », à savoir les chefs coutumiers. En effet, ces derniers sont de véritables leaders d’opinion et le pouvoir de Blaise Compaoré tient en partie grâce à leur soutien. Perdre, le soutien des chefs coutumiers au Burkina, c’est comme perdre le soutien des leaders religieux au Sénégal. Alors, si les chefs coutumiers se rallient au futur parti des dissidents du CDP, il faut dire que l’UPC, le parti d’opposition, ayant le plus de députés à l’Assemblée nationale pourrait dire adieu à sa majorité. Surtout que selon la presse Roch Marc Christian Kaboré a rencontré des « bonnets rouges » deux jours avant leur démission au palais du Larlé Naaba, député CDP. Donc que ce futur parti soit une stratégie politique de Blaise Compaoré ou pas, il y aura forcément des conséquences.

L’année 2015 est marquée par l’échéance de la présidentielle. En principe, l’actuel président de la République Blaise Compaoré ne peut plus se représenter. Si l’UPC bouscule actuellement le pouvoir, le futur parti pourra en faire autant. Et si l’opposition continue dans sa même lancée, le CDP aura du mal à conserver le pouvoir avec ou sans Blaise Compaoré comme candidat.

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Article : Football africain : mettre fin au mythe des « sorciers blancs »
Chronique Sport
3
5 décembre 2013

Football africain : mettre fin au mythe des « sorciers blancs »

Le « sorcier blanc » dans le football africain désigne un entraîneur européen qui dirige une sélection africaine.  Ils sont nombreux à tenir les rênes des équipes africaines supplantant ainsi les entraîneurs africains qui se retrouvent généralement à des postes d’adjoints sans véritable pouvoir décisionnel.

Phillipe Troussier est le premier entraîneur européen a hérité du surnom de "sorcier blanc"
Philippe Troussier est le premier entraîneur européen a hérité du surnom de « sorcier blanc »

Si le terme « sorcier blanc » désigne aujourd’hui tout entraîneur européen qui dirige une sélection ou un club africain, ce qu’il faut savoir, c’est ce que celui qui a porté le premier ce surnom est le français Philippe Bernard Troussier. Ce surnom, il l’a hérité lorsqu’il entraînait l’ASEC d’Abidjan. Il lui a été donné grâce à sa réussite à la tête de cette équipe, mais aussi sa manière particulière de communiquer sous forme de codes pour changer le cours d’un match ou un système de jeu. Il a remporté trois fois d’affilées le championnat de Côte d’Ivoire avec à son actif 105 matchs sans défaite ! C’est ce qui lui a valu le nom de « sorcier blanc ». Après son succès à l’ASEC d’Abidjan, un tour en Afrique du Sud et au Maroc, Philippe Troussier a entraîné les Etalons du Burkina qu’il a conduit en demi-finale à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 1998. Un exploit à l’époque pour le pays des hommes intègres. Preuve de sa compétence, il qualifie le Nigeria pour le Mondial la même année avant de conduire l’Afrique du Sud en France. Partout où le « sorcier blanc » est passé, il a réalisé des miracles. Au Japon il réussit la qualification l’équipe nationale en huitième de finale de la Coupe du Monde 2002. La première fois de l’histoire du pays. Une consécration !

De nos jours, les « sorciers blancs » ont envahi le continent. Les fédérations africaines dépensent des milliards pour s’attacher les services de ces entraîneurs . Ces derniers arrivent, en général, juste avec une mallette contenant quelques documents (le contrat en fait). Le ministère en charge des sports s’occupe du reste : salaires mirobolants, villa équipée avec piscine, belle voiture, prise en charge du déplacement en Europe pour la supervision des matchs, assurance, vacances etc. Tout est mis à leur disposition pour qu’ils sortent la recette magique.

Le prétexte trouvé, c’est que la plupart des joueurs africains évoluent en Europe, il faudrait donc des entraîneurs européens pour les encadrer en sélections africaines.

Si Philippe Troussier a bien réussi sa mission à l’image de Bruno Metsu ou Hervé Renard, nombreux sont ces entraîneurs expatriés qui ont échoué. Pourtant, ils sont aussi nombreux les entraîneurs locaux, qui ont réalisé des exploits avec les sélections qu’ils avaient en charge. En 2010, l’entraîneur nigérien Harouna Doula réussit à qualifier le Mena du Niger pour la CAN en Angola en battant l’Egypte. Sous prétexte qu’il est inexpérimenté, la fédération nigérienne de football (Fenifoot) fait appel au français Roland Courbis pour faire mieux que son prédécesseur qui occupera désormais le rôle de simple adjoint. Le Niger a terminé bon dernier en perdant ses trois matchs. C’est le cas également avec Stephen Keshi, qui en 2006, alors que les Eperviers du Togo n’ont que Emmanuel Adébayor comme vedette, réussit le miracle de qualifier cette équipe pour le Mondial. Il sera par la suite limogé et remplacé par l’allemand Otto Pfister. Son bilan de 0 point parle pour lui.

« En Coupe du monde, le constat est le même. De 1970 à 2010, les sélections africaines y ont été encadrées par dix-huit entraîneurs non-africains et seulement huit nationaux.

Pourtant, rien ne prouve qu’ils ont de meilleurs résultats, au contraire : seulement onze expatriés ont remporté la CAN en s’asseyant sur le banc d’une sélection africaine contre quatorze victoires pour les locaux. Mais ces « sorciers blancs » plaisent beaucoup ». La source de l’article ici

 Les « sorciers blancs », même lorsqu’ils réalisent de bons résultats, ne participent pas fondamentalement au développement du football du pays. Ils sont des mercenaires, chasseurs de primes. Ils assistent rarement aux matchs des championnats locaux.  Plusieurs entraîneurs ont refusé ce poste dans certains pays à cause de cette obligation de résider dans le pays. Il fait trop chaud et il y a trop de moustiques.

Les sorciers blancs pour beaucoup, mercenaires, véritables chasseurs de primes ne s’inscrivent jamais dans la durée. Ils sont là le temps d’une compétition, d’un match avant de prendre leurs bagages pour l’Europe. En plus, ils sont toujours à l’affût de nouvelles offres encore plus mirobolantes.  A titre d’exemple, l’entraîneur burkinabè Drissa Malo Traoré dit Saboteur a fini major lors de sa formation devant l’allemand Otto Pfister. Mais pendant que ce dernier faisait le tour de l’Afrique sans pouvoir entraîner dans son pays,  Saboteur n’a entraîné que la sélection burkinabè en plus de quelques clubs africains.

En général, le traitement des « sorciers locaux » est différent de celui réservé aux Européens. François Zahui, ancien sélectionneur des Eléphants de Côte d’Ivoire peut en témoigner. Lui qui a atteint la finale de la CAN 2012 sans perdre un seul match s’est vu débarquer du banc de touche pour être remplacé par le Franco-Tunisien Sabri Lamouchi qui lors de la CAN 2013 s’est arrêté en quart de final, éliminé par un entraîneur africain Stephen Keshi malgré l’armada de stars de la Côte d’Ivoire : Drogba, Yaya Touré, Gervinho, Kalou etc. Alors que Sabri Lamouchi touche près de 131 millions de francs Cfa, Zahui lui ne gagnait que 2 millions de F Cfa. Lorsqu’une fédération nomme un Africain à la tête d’une sélection, elle veut en même temps imposer ses choix à l’entraîneur. Lorsque celui-ci refuse d’être une marionnette, il est vite remplacé.

Yéo Martial (Côte d’Ivoire), Harouna Doula (Niger) Stephen Keshi, Hassan Shehata (Egypte), Drissa Traoré dit Saboteur (Burkina Faso), Kwessi Appiah (Ghana), Sewnet Bishaw (Ethiopie) etc., sont la preuve que les Africains ont leur mot à dire sur le football africain.  Ce qu’il faut, c’est  faire confiance à l’expertise locale. Stephen Keshi l’a prouvé lors de la CAN 2013 en remportant la compétition (avec au départ 9 sorciers blancs pour 7 africains au début du tournoi) en battant ses confrères comme Sabri Lamouchi avec la constellation de stars. Les entraîneurs africains ont besoin juste d’un peu de confiance et aussi le même traitement que ceux réservés aux Européens. Sinon, pendant qu’ils se tuent à la tâche avec de maigres moyens, leurs familles sont souvent prises en otage pour la moindre défaite. Les fédérations africaines doivent apprendre à faire confiance aux compétences locales.

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05. nov.
2013
Chronique Sport
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Le Tour du Faso est malade, le cyclisme burkinabè aussi

La 27ème édition du Tour International du Faso a vu la victoire du Burkinabè Abdoul Aziz Nikièma. Cette victoire réjouit les Burkinabè qui en majorité comprennent mal pourquoi « le pays du vélo » puisse organiser cette compétition et la perdre. Aujourd’hui, les Burkinabè semblent s’imposer dans un tour qui ne suscite plus d’engouement et face à des canards boiteux. 

(Photo Hamed Yempabou Ouoba)
(Photo Hamed Yempabou Ouoba)

Le Tour du Faso a le mérite d’être l’un des tours cyclistes les mieux organisés en Afrique, notamment au Sud du Sahara. Ce tour se tient de façon continue depuis 27 ans. Un exploit quand on sait les nombreux problèmes que connaissent les tours cyclistes en Afrique. A titre d’exemple, le dernier Tour du Cameroun a été annulé tandis que celui de la Côte d’Ivoire a connu quelques problèmes de trésoreries. Cela a conduit le comité d’organisation à mettre fin à la compétition 2013 après à peine 4 étapes avant que l’Etat ivoirien ne mette la main à la poche pour sauver la face.

Si le Tour cycliste du Faso connait un grand succès, c’est parce que le cyclisme est un sport qui suscite de l’engouement au « Pays des Hommes Intègres ». Il suffit de sortir chaque dimanche sur l’avenue Charles de Gaulles de Ouagadougou pour faire le constat. Pendant trois à quatre heures et mêmes plus, les amoureux de la « petite reine » se retrouvent sur cette avenue pour applaudir les coureurs comme Abdoul Wahab Sawadogo, Seydou Tall, Abdoul Aziz Nikièma, Hamidou Yaméogo, Rasmané Ouédraogo, Houdo Sawadogo etc. Normal. Ouagadougou est la capitale des engins à deux roues, du vélo par conséquent. Presque chaque famille possède un vélo. Le meilleur cadeau que l’on puisse offrir à son enfant, c’est le vélo. Pour aller au marché, au champ, chercher du bois, puiser de l’eau, à l’école, le moyen de transport le plus utilisé, c’est le vélo.

Des difficultés qui empêchent le Tour de grandir

De 2002 à 2008, le Tour du Faso a connu une envergure médiatique extraordinaire avec la collaboration d’Amaury Sport Organisation (ASO). Ainsi des équipes de haut niveau se sont mises à participer à cette compétition. Pendant cette période, les Burkinabè ont eu du mal à suivre le rythme des équipes semi-professionnels. Gagner un tour relevait de l’exploit. Depuis le retrait de l’ASO, le tour connait de multiples difficultés. Les équipes engagées sont pour la plupart amateur. Il s’agit souvent d’étudiants, ou de travailleurs, passionnés du vélo qui cotisent de l’argent pour s’acheter du matériel et prendre par à cette compétition pour son côté exotique.

(photo Hamed Yempabou Ouoba)
(photo Hamed Yempabou Ouoba)

La première difficulté que rencontre le tour du Faso donc, c’est la participation des équipes avec des valeurs reconnues. Hormis les pays du Nord de l’Afrique, seulement la Côte d’Ivoire le Cameroun peuvent rivaliser avec le Burkina sur les routes africaines. Le Sénégal qui avait commencé à émergé a disparu de la scène. L’on entend même plus parler du « Tour du Sénégal ». Les équipes européennes qui donnaient du fil à retorde au Burkina, donnant ainsi plus de piquant à la compétition, se font rares. Cette année, il n’y a eu que deux équipes européennes, une allemande et une néerlandaise, qui ont pris au Tour du Faso. Un coup d’œil sur la fiche de ces coureurs permet de constater qu’ils n’ont pas un palmarès digne de ce nom. Les équipes françaises, par exemple, sont restées muettes. Mais elles étaient présentes au Grand Prix Chantal Biya ou à la Tropicale Amisa Bongo au Gabon.

Manque de professionnalisme

Deuxièmement, les vraies équipes africaines sont absentes du Tour du Faso. Il est bien organisé mais il n’est pas le plus difficile. Les équipes européennes préfèrent encore le Tour du Rwanda ou même de Madagascar où le haut relief. Celui du Burkina est plat. Les deux difficultés sont la chaleur et les pistes qui ont été d’ailleurs supprimés à cause des nombreuses crevaisons et chutent qu’elles provoquent. Lors du dernier championnat d’Afrique de cyclisme que le Burkina a organisé, l’on s’est rendu compte de la puissance de jarrets des Rwandais, Ethiopiens, Érythréens, Sud-Africains. En course en ligne, au contre-la-montre individuelle ou par équipes, dans la catégorie féminine ou masculine, chez les U23, le Burkina n’a pu aligner un seul coureur sur les podiums. La 3ème place dans la catégorie junior de Karim Bonkoungou a été fêtée comme si l’équipe nationale avait remporté la compétition. Pendant ce temps, les coureurs de l’Afrique de l’Est et du Sud sont en lutte pour intégrer les équipes professionnelles comme Natnael Berhane sociétaire de l’équipe d’Eurocar (France), Daniel Teklehaimanot de Orica-Green Edge (Australie), Fregalsi Debesay de MTN-Qhubeka (Afrique du Sud). Aucun coureur burkinabè n’évolue dans une équipe professionnelle. Le Burkina ne compte pas d’équipe professionnelle non plus.

La 3ème difficulté, concerne les finances. Cette année, et comme c’est le cas depuis quelques éditions, la Fédération Burkinabè de Cyclisme a du mal à boucler son budget. Conséquence, la course s’achève et  la FBC présidée par Alassane Ouangroua continue de payer ses dettes. Les sponsors se font rares. Normal. Crise économique oblige.

A la fin du Tour du Faso et au classement individuel de l’Africa Tour, le meilleur burkinabè Aziz Nikièma est 4ème. Yves Ngock Ngué, le Français Alexandre Join et l’Ivoirien Issiaka Cissé sont les trois premiers. Pourtant, le Burkina participe avec trois équipes qui travaillent l’une pour l’autre au Tour du Faso 2013. Avec un tel effectif, le succès ne peut être que garanti sauf si…

Pour sortir de cette difficulté, le Burkina se doit de professionnaliser son cyclisme et aussi le Tour du Faso. Les nombreuses courses organisés les dimanches sur l’avenue Charles de Gaules n’est que de la poudre aux yeux.

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03. nov.
2013
Journalisme
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Assassinat des journalistes Ghislaine Dupont et Claude Verlon : réactions de blogueurs

Des blogueurs de la plateforme Mondoblog de RFI ont réagi à leur manière pour rendre hommage à Ghislaine Dupont et Claude Verlon, les deux journalistes assassinés au Mali.

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Ghislaine Dupont et Claude Verlon sont des journalistes chevronnés de la radio France Internationale qui ont été assassinés après leur enlèvement dans la ville de Kidal.  

Ce billet est un hommage à ces deux journalistes, morts dans l’exercice de leur fonction. Pour la liberté d’expression.

Faty, Mali

La nouvelle de l’assassinat de Ghislaine Dupont  m’a fait l’effet d’une douche froide en hivers.  J’en suis restée paralysée. Hagarde. J’essaye de me rappeler le timbre de la voix de celle qui était parmi mes journalistes préférés à RFI.  Je n’y arrive. Vite la radio.

Quelque chose m’étreint le cœur. Une douleur. Une rage. La colère. Je n’arrête pas de dire « tchrrrrrr ». Je pense : «  cette grande dame ! Pourquoi la tuer sauvagement comme ça ? »

Je ne sais quand j’ai fermé l’œil, mais c’est en écoutant RFI, comme toujours, comme  beaucoup de maliens, d’africains…au réveil, la douleur est encore là. Avec du dépit, de l’amertume, du découragement, de l’impuissance. C’est dommage. C’est injuste. C’est tellement sauvage…

Ghislaine et Claude sont morts pour informer.  Quand la peine est là, on ne peut s’empêcher de retourner la situation dans tous les sens. Pourquoi les avoir tués ? Pourquoi eux, à ce moment ? Tellement de journalistes « blancs » sont partis dans ce nord malien plein de danger et sont revenus sauves !

Journaliste. Un métier dangereux. Même les enfants s’en sont rendu compte.

Conversation avec ma nièce de 9 ans le samedi 02 novembre 2013

–          Toi tu es journaliste non ?

–          Non,

–          Hiii, ce n’est pas vrai. Je t’ai vu à Canal 3

–          Ce n’était pas moi

–          C’est toi ! Maman a dit que tu es journaliste. Toi-même tu m’as dit que tu es journaliste. Et puis la dernière fois Irène a entendu ta voix à la Radio.

–          Donc tu as raison.

–          Papi a dit qu’on a tué des journalistes. C’est vrai ?

–           …

–          La secrétaire de Papa est partie. Je vais lui dire de te prendre.

–          Pourquoi ?

–          Tu n’as pas vu qu’on tue les journalistes non ? Donc tu veux mourir ?

–           …

PS : Canal 3 : télévision privée du Burkina. J’ai été invité pour parler de sport

Boukari Ouédraogo , Burkina Faso, témoigne :

 

Michel Théra, pour avoir connu Ghislaine à Bamako n’a pu rien dire. Ni écrire pour l’instant. Il a encore les larmes aux yeux. Il promet un billet pour parler de cette grande dame qui est devenue son ami. «  C’était un si grand journaliste et une si belle voix »

Aurore  Guerin, France, pense à cette citation d’Albert Londres

« Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie, en mettant dans la balance son crédit, son honneur et sa vie. »

 

Gaius Kowene, Congo

« Ils pouvaient même exiger une rançon de n’importe quel montant ! Ils pouvaient même exiger des impossibles ! Je sais que François Hollande ferait tout à son pouvoir pour sauver ces deux journalistes ! »

[Insérer ce Tweet]

<blockquote><p>Ghislaine Dupont, sache que ceux qui t’ont fait ça auront bel et bien leur compte ! Peu importe le temps ou la forme que cela prendra! <a href= »https://twitter.com/RFI »>@RFI</a></p>&mdash; GaïusVagheniKowene (@GKowene) <a href= »https://twitter.com/GKowene/statuses/396981626879479808″>November 3, 2013</a></blockquote>

 

Sinatou Saka, Benin

« Des voix hors-pairs, du travail de professionnel, des reportages minutieux et des analyses pointues, voilà ce qu’on entend tous les jours sur Radio France Internationale. Combien ne sont-ils pas à se battre tous les jours pour couvrir cette actualité africaine de façon rigoureuse au point de faire naître des vocations journalistiques d’une part et  d’impliquer les citoyens d’autre part. Comme un poignard, ces islamistes nous ont arrachés ceux qui donnent un sens au métier. Ils se sont attaqués à la liberté d’informer. Ghislaine et Claude ne méritaient pas ça! Mais pour eux, nous ne devons pas baisser les bras, bien au contraire, plus que jamais, il faudra terminer ce qu’ils ont commencé et révéler la vérité. Que leurs âmes reposent en paix! »

Thierno Diallo, Guinée

« Apprendre que des journalistes (que l’on avait l’habitude d’entendre) sont assassinés dans l’exercice de leur fonction constitue un coup de tonnerre pour toute personne épris d’informations crédibles et impartiales.  Ghislaine Dupont et Claude Verlon sont morts sur le champ d’honneur. Ils sont tombés pour l’Afrique, nous nous souviendrons d’eux pour leur courage. Je présente mes condoléances les plus attristées aux familles de disparus, à RFI et à tous les professionnels de médias. »

Assadeck Ag TITA, Mali

C’est avec une grande émotion que j’ai appris cette très triste nouvelle. Je vous prie de croire en mon affectueux soutien aux équipes de Rfi, aux familles des disparus en cette douloureuse épreuve. Mes pensées vous accompagnent. Recevez mes plus sincères condoléances.

Tous les Mondoblogueurs disent leurs condoléances à leurs familles, à RFI, à Ziad, Simon, Raphaëlle, Pierrick, Claudy…

Adios, Ghislaine Dupont et Claude Verlon !

 

 

 

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Article : L’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon ne doit pas rester impuni
Journalisme
0
3 novembre 2013

L’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon ne doit pas rester impuni

Les deux journalistes de Radio France Internationale (RFI) ont été kidnappés et assassinés alors qu’ils sortaient de la cour d’une personnalité du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) à Kidal dans le nord du Mali. Un assassinat qui concerne tout le monde, d’autant qu’on ne voit pas en quoi ces journalistes sont mêlés à la crise qui secoue le Mali. L’assassinat de ces innocents doit être puni avec énergie. Sinon, ces bandits prendront goût…et aucune piste ne doit être écartée.

(ph.https://www.parismatch.com/)
( ph.https://www.parismatch.com/)

C’est sûr Twitter que j’ai appris d’abord l’arrestation des journalistes Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Ma première réaction, c’est de me dire « encore des enlèvements » mais moins d’une heure après, je voyais d’autres tweets annonçant l’exécution de ceux qui étaient, il y a quelques minutes seulement, des otages. Incroyable. C’est en écoutant RFI, ensuite, que j’ai eu confirmation de la mort de cette journaliste et son technicien. Ils ont été kidnappés et tués alors qu’ils avaient juste fini une interview avec un chef du Mouvement national de libération de l’Azawad (MLNA). J’ai du mal à faire des réponses à de multiples questions qui m’assaillent l’esprit.  Comment ont-ils su que Ghislaine et Claude étaient chez lui ? Qui sont ces assassins ? Que reproche-t-on à Ghislaine et Claude ou peut-être à RFI ? Ont-ils refusé de leur accorder une interview ? Si c’était le cas, le refus d’une interview valait-il le coup qu’ils soient éliminés ? Qu’est ce qui… ? Qu’est ce qui… ? Qu’est ce qui… ? Toutes, ces questions, pour dire que l’enquête doit commencer immédiatement.

La communauté internationale a désormais la preuve, si elle en doutait encore que ces bandits, ne sont pas des enfants de chœur. Ils n’ont même pas laissé le temps à ces journalistes de négocier. En Afrique, on reproche souvent beaucoup de choses à RFI. Mais le journaliste, c’est contre les principes et les règles déontologiques du métier, n’a pas le droit de prendre parti pour un camp lorsqu’il couvre des conflits ou des crises telles que celles qui secouent le Mali en ce moment. Si Ghislaine et Claude s’adonnaient à des pratiques contraires à la profession, ils n’auraient pas connu une carrière pareille. D’ailleurs, l’interview avec ce cadre du MNLA (mouvement qui a bien  collaboré avec les groupes islamistes et terroristes) est la preuve que les deux journalistes de RFI, faisaient leur travail sans parti pris. Après le bombardement de l’armée française, RFI a continué à donner la parole à tous les protagonistes.

On voit bien que rien ne justifie l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Alors, la communauté internationale doit être sans pitié pour ces bandits. Si on peut tuer des personnes neutres de cette manière, cela traduit la barbarie de ce groupe. Il faudrait utiliser donc les grands moyens pour que ces assassins payent afin que les âmes de Ghislaine Dupont et Claude Verlon reposent en paix. Pas pour eux-mêmes, parce qu’en embrassant ce métier, ils savaient ce qui les attendait. En se rendant au Mali, ils savaient le risque qu’ils prenaient. Ils doivent payer pour les milliers d’innocents persécutés chaque jour par ces bandits.

Si ces bandits pensent que c’est de cette manière qu’ils feront taire les journalistes, les professionnels des médias ? Ils se mettent le doigt dans l’œil. Ces assassinats ne feront que raviver l’amour que les collègues et confrères de Ghislaine et Claude ont pour ce métier. La lutte continuera bien sûr. La parole sera donnée à tous. L’œil des aveugles, la voix des sans voix continuera son travail.

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Article : L’héritage de Thomas Sankara (audio)
Audio
7
23 octobre 2013

L’héritage de Thomas Sankara (audio)

Thomas Sankara a été assassiné le 15 octobre 1987. 26 ans après l’assassinat du Président Burkinabè, que reste t-il de son héritage ? Ce que retiennent ceux qui se réclament de son idéologie, ce sont les valeurs d’intégrité qu’il a voulu inculquer à son peuple. Cependant, comme vous le constaterez dans cet élément audio, les hérités de Thomas Sankara, notamment les hommes politiques, sont divisés. 

 

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Auteur·e

L'auteur: Boukari Ouédraogo
Boukari Ouédraogo est journaliste multimédias et blogueur burkinabè passionné des nouveaux médias, du cinéma et du sport. Il blogue depuis 2009 pour le compte de Mondoblog.

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