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Le Messager d'Afrique depuis Ouagadougou
Article : FESPACO 2013 : Des messages forts de la part des réalisateurs africains
Cinéma
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28 février 2013

FESPACO 2013 : Des messages forts de la part des réalisateurs africains

Avant de rédiger ce billet, j’aimerai d’abord remercier Ziad Maalouf grâce à qui j’ai pu avoir mon badge pour participer au FESPACO 2013 au nom de Mondoblog. Mon objectif était de participer aux débats, conférences et panels pour cette biennale du cinéma africain. Mais mon stage à Plan Burkina ne permet pas de participer à ces cadres de réflexions. Je me suis contenté donc des projections les soirs dans les salles. Ce que j’ai pu constater, c’est que les réalisateurs africains sont de vrais messagers, de vrais éducateurs, des historiens, des conteurs etc. Ils nous parlent. Et les messages sont forts.

moi Zaphira affiche

J’ai particulièrement apprécié deux films depuis le début du FESPACO. Le premier, c’est « Les chevaux de Dieu » d’un ancien lauréat de l’Etalon d’Or, le prix qui récompense le vainqueur dans la catégorie long métrage. Le Marocain Nabil Ayouch s’inspire d’un fait réel, à savoir les attentats suicides du 16 mai 2003 Casablanca. Ce film parle de deux frères Yacine et Hamid. Ce dernier est arrêté par la police après avoir brisé les vitres de la police. Il ne reviendra qu’au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 en compagnie d’Islamistes qui s’installent dans le bidonville. Yacine qui rêvait de venir gardien de but comme le portier Russe Lev Yacine, ne bénéficiant plus de la protection de son grand frère tente d’aider sa mère en devenant mécanicien. Par accident, il tue son patron. Ce moment de faiblesse est saisi par les Islamistes pour manipuler Yacine et ses amis et de faire d’eux les kamikazes du 16 mai. Le réalisateur nous laisse deviner les origines de cet attentat, montre la politique d’embrigadement des terroristes. Par la même occasion, ils alimentent leur haine contre l’Occident, les  Chrétiens et les Juifs en leur promettant de le paradis.
Ce film qui intervient au moment où le Mali est confronté à la guerre contre les islamistes d’Ençardine, du MOUJAO, d’AQMI mais aussi de Boko Haram au Nigeria. Il interpelle les dirigeants du monde. Car, tant qu’on ne donnera pas la possibilité aux enfants de réaliser leur rêve, (comme Yacine et Real qui voulaient être footballeurs), tant qu’on ne combattra pas la pauvreté, les jeunes seront des proies faciles pour les islamistes. Il faut donner de l’espoir aux jeunes.

Parlant d’espoir, c’est aussi le même message qu’a fait passer le  réalisateur sénégalais Moussa Touré avec son film « La Pirogue », comme pour dire que notre société est en train de tanguer. L’intrigue est la suivante : nous sommes au Sénégal Baye Laye pour sa maîtrise de la navigation est courtisé par un vieil homme de sa banlieue qui souhaite faire de lui le capitaine de cette expédition. Malgré son refus, il finit par céder puisque son frère fait partir du voyage.  Mais comme il fallait s’y attendre, tout cela se termine de façon tragique mais Baye Laye et son frère survivent. Si d’habitude on sait ce qui pousse les jeunes à partir et aussi comment ils sont accueillis en Europe, ici Moussa Traoré nous fait voyager avec ces clandestins, nous faire les conditions difficiles dans lesquels ils voyagent, les risques qu’ils prennent etc. Toute cette douleur, toutes ces souffrances que le spectateur ressent sont atténuées par l’humour qu’utilise le réalisateur.
En suivant
« Les chevaux de Dieu » et « La Pirogue », c’est la même interpellation que font les deux réalisateurs : offrir la possibilité à la jeunesse de réaliser son rêve. C’est pourquoi, sans que les auteurs le disent, ces films appellent à une prise conscience. Pour moi, « l’Etalon d’Or de Yennenga» se jouera entre ces deux films en attendant de voir les autres projections.

Dans  un autre registre, « Le collier du  Makoko » m’a marqué même si je ne lui donnerai pas l’Etalon d’Or. Il s’agit d’une reine qui décide faire revenir le collier du Roi Makoko confisqué par un européen. Le collier sera ramener dans un convoie de Lions notamment pour peupler une forêt gabonaise. Le collier par sécurité est porté Leo (un lion) dont le compagnon est un jeune garçon de 15 ans. Une course poursuite pour la récupération du Lion va suivre. Le réalisateur Henri Joseph Koumba Bididi nous faire découvrir la beauté de l’Afrique à travers sa faune, sa flore mais aussi nous conseille sur la nécessité de protéger la nature, l’environnement et les coutumes africaines. Pour lui, comme l’illustre cette image des pygmées qui utilisent  la lumière des Noirs et celle de Blancs, l’Afrique peut faire la jonction entre la modernité et ses propres traditions. Ce film a fait rire l’assistance tout comme celui de la réalisatrice burkinabè Apolline Traoré dont le thème porte sur l’obligation qu’ont les Africains de prendre leur responsabilité pour le développement du continent. A travers son œuvre, elle dénonce aussi certains interdits de la société africaine. Braver ces interdits, c’est ce que fera Thami dans le film « Les Ailes de l’amour » de Abdelhai Larakï. Thami brave d’abord un interdit qui est de devenir boucher alors que son père le voyait finir ses études. Il  tombe amoureux de la seconde épouse d’un ancien caporal et lutte contre tous pour vivre aux côtés de celle qu’il aime refusant sa cousine que lui avait fait marié de force son père. Ce film m’a aussi marqué par l’émotion qui se dégage et mais surtout, le réalisateur a osé quand on se trouve dans le contexte africain et de plus dans un pays musulman avec des scènes érotiques. C’est vrai que ce film n’est pas un chef d’œuvre mais il montre combien les réalisateurs africains veulent se dépasser. J’ai aimé cet esprit.

Mais le film qui m’a le plus appris quelque chose dans l’histoire de l’Afrique, c’est « Zabana ! » de l’Algérien Said : qui raconte l’histoire de la révolution algérienne de 1954. Dans ce film, j’ai pu constater que l’ancien Président ivoirien Félix Houphouët Boigny avait voté « oui » pour l’exécution de ce résistant algérien alors qu’un nom de sa part aurait pu faire pencher la balance. Cela m’a permis de comprendre qu’il n’était l’homme de paix qu’on veut faire croire. L’exécution d’Hamed Zabana est l’acte déclencheur de la révolution algérienne de novembre 1954. J’ai appris un pan de l’histoire de l’Algérie mais aussi de l’Afrique.

S’il y a un film qui m’a fait beaucoup réfléchir, c’est Tey (aujourd’hui) du Sénégalais Alain Gomis. Oui, ce monsieur m’a ramené a revisité mes cours d’histoires de l’art, de sémiologie et de faire appel à mes rares lectures en psychologie tant l’œuvre était philosophique. « Tey » m’a rappelé « Pegasse » de Mohamed Mouftakir lauréat lors de la dernière édition.

Dans l’ensemble donc, je constate que les réalisateurs africains ont vraiment porté ce costume de messagers. Ces films ne sont pas creux ou fait seulement pour distraire. Ils incitent à la réflexion, aux questionnements. Dans la plupart des films, ces réalisateurs ne font pas de jugements personnels. Ils laissent plutôt les spectateurs se faire une idée. Les images parlent à leur place. Ce qui m’a aussi marqué, c’est que ces réalisateurs sont en train de trancher avec le langage linéaire qu’on constatait souvent pour nous parler sous forme de codes et d’images.  Reste plus que des salles pour que le message puisse passer sinon, ce serait comme prêcher dans le désert.

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Article : FESPACO 2013 : «Moi Zaphira » sauve le Burkina de la la honte
Cinéma
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27 février 2013

FESPACO 2013 : «Moi Zaphira » sauve le Burkina de la la honte

Le Burkina Faso organisateur du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou  (FESPACO), n’est représenté dans la catégorie la plus en vue, le long métrage que par un film. Il s’agit de «Moi Zaphira » d’Apolline Traoré. Au départ les mauvaises langues estimaient que ce film a été choisi juste pour éviter que le Burkina ne soit absent dans cette catégorie. Mais Apolline Traoré a prouvé qu’elle n’a pas volé la sélection de son film à ce 23eme FESPACO.

siège fespaco

Zaphira, veuve d’un  village africain nommé Kalassa où la population paresseuse ne vit qu’au dépend des dons étrangers, n’apprécie pas ses conditions de vie et veut tout faire pour sortir de cette situation difficile. Son rêve, c’est de faire sa fille Katia de 7 ans un mannequin après en avoir vu un magazine pour top modèle. Dès lors, elle met tout en œuvre pour que sa fille réussisse dans cette carrière. Effectivement, sa fille sera mannequin ! Mais, à la chute du film, Zaphira verra sa fille lui fermer la porte à cause du traumatisme subit et le fait d’avoir brisé son rêve d’être infirmière comme son père.

Au delà de cette histoire, Apolline Traoré, dans des métaphores, raconte les problèmes que rencontre l’Afrique d’une manière générale. Le manque de responsabilité des dirigeants, représentés dans ce film par un chef de village, qui n’offre aucune possibilité de développement à leur population. Ainsi, cette même population ne vit donc qu’au crochet de l’Occident. Dans ce film, ressortent les thèmes de la prostitution, de l’orpaillage, des traditions arriérés (mariage forcé, mariage interdit entre ethnies) etc. Le devenir de l’Afrique semble passer par le courage des femmes car, c’est elles qui prennent les choses en main en cultivant leurs champs délaissés par les hommes. Un symbole pour montrer combien la place de la femme est déterminante pour le développement de l’Afrique.

Pour atteindre sa cible, Apolline Traoré qui s’est attachée le dernier burkinabè lauréat de l’Etalon d’Or de Yennenga en 1997 , Gaston Kaboré, comme conseiller artistique, a mis l’accent sur l’humour avec de nombreuses relances, du suspens qui ont fait rire le public pendant près de 2 heures. C’est tout naturellement qu’après la projection du film tourné en noir et blanc, le public a fortement applaudi la réalisatrice. Sur ce point là, « Moi Zaphira » a marqué des points pas parce que le public était en majorité burkinabè mais compte tenu de la qualité du film. Le film en langue Bambara, parlé notamment dans a partie Ouest du Burkina mais aussi en Côte d’Ivoire, au Mali, en Guinée, au Sénégal, est sous-titré en Français.

Pourtant, rien ne présageait d’un succès de ce film. Pourquoi ? Des critiques ont affirmé que la sélection de « Moi Zaphira « était juste une sélection de consolation pour le Burkina. Cela aurait été une honte, si le pays organisateur ne présentait aucun film à ce FESPACO. Ce serait comme organisé la CAN sans la participation du pays hôte. La réalisatrice a sauvé la face du Burkina Faso. Comme le personnage principal dans ce film, il faudrait saluer le courage d’Apolline Traoré qui comme son actrice principale a su puiser dans ses dernières énergies pour faire une œuvre de qualité, à une époque où les réalisateurs africains se plaignent du tarissement des sources de financement. Le film a été produit par la réalisatrice et sa sœur ! Même s’il sera difficile à ce film de remporter un prix compte tenu de la qualité relevé des œuvres en compétitions, il faut noter qu’elle est la seule femme présente dans la catégorie longs métrage alors que les jurys cette années sont tous présidés par des femmes. Pour moi, « Moi Zaphira » ne fera pas de la figuration même si remporté l’Etalon relève d’un autre débat.

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Article : « Tout le FESPACO ne se tient que dans deux salles ! »
Cinéma
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26 février 2013

« Tout le FESPACO ne se tient que dans deux salles ! »

Depuis le samedi 23 février 2013, les cinéphiles et cinéastes venus de quatre coins du monde ont pris d’assaut les salles de projection de Ouagadougou, la capitale du cinéma africain. Cependant, si à chaque édition, le FESPACO connait de l’engouement, les salles elles sont en train de fermer sur le continent.

La place des cinéastes à Ouagadougou
La place des cinéastes à Ouagadougou

Il est 22h50. Je suis au Ciné Burkina, une des salles de projection des films de la 23ème édition du FESPACO. Après une énième projection cette nuit, les cinéphiles s’apprêtent à suivre le dernier de la soirée à savoir « La Pirogue » du Sénégalais Moussa Touré. Mais devant les deux entrées de cette salle, une foule compacte attend impatiemment. Hommes, femmes, vieux et jeunes se bousculent pour accéder à la salle. Ils attendent depuis environs deux heures, surtout que la projection était prévue pour 22h30. Les cinéphiles qui sont coincés dans une chaleur étouffante surtout avec tout un mélange de déodorants de diverses marques. En jetant un regard sur le visage des femmes, on se rend compte assez rapidement que la sueur a fait disparaitre le maquillage. Lorsqu’enfin le portier accepte de nous laissez entrer, je me suis rendu compte que la galanterie s’arrête à la porte du cinéma. Hommes comme femmes se bousculaient pour accéder à la salle. J’essayai de me débattre. Mais ma main tombait soit sur une fesse, soit sur un sein… C’est dans cette bousculade que j’entendis un européen dire ceci : « c’est normal que ce soit comme ça puisque tout le FESPACO ne se tient que dans deux salles ».

Il avait raison. Effectivement, il n’y avait que le Ciné Burkina et le Ciné Nerwaya qui offraient la possibilité de voir les longs métrages en compétition pour l’Etalon d’Or de Yennenga, le trophée récompensant le meilleur film. Les autres salles ne projettent que les cours métrages, les documentaires, les vidéos etc. C’est la que je compris une fois de plus que la question de la fermeture des salles étaient criarde. Car comme symbole, les organisateurs du FESPACO après avoir supprimé la projection de films à l’Université de Ouagadougou en 2007, ont décidé de ne faire de projection dans les salles périphériques. La raison avancée : ces salles non couvertes ne sont pas vraiment adaptées.

Le Ciné Burkina où je suivais « La Pirogue » n’a reçu aucun coup de pinceau. La peinture craquelée du mur affichait un air insultant. Des climatiseurs suintaient, mouillant ainsi des fauteuils et le sol. La salle était pleine au point que certaines personnes s’étaient assisses dans les allés.

J’ai l’impression que les cinéastes africains ne prennent conscience des problèmes qu’ils rencontrent pour la diffusion de leurs films qu’à l’occasion de chaque édition du FESPACO. Ce n’est qu’à cette occasion que l’on se rend compte que les salles sont se ferment pour faire place à des magasins et des lieux de culte. Pour celles qui existent, elles sont exiguës, inadaptées et parfois loin des populations.

Pendant le FESPACO, le public pour qui ces films sont projetés n’a pas la chance d’accéder à ces salles par manque de moyen. Pourtant, ce ne sont pas les productions qui manquent. Si le FESPACO a reçu plus de 700 films, cela signifie qu’il y a de la matière contrairement à ce qu’on dit. S’il fallait projeter un film chaque jour, on ne pourra pas suivre toutes productions puisqu’il n’y a que 365 jours. De 700 films, sans compter ceux qui n’ont pu être envoyés, peu seront vus (que le public africain ou pas) que lors de festivals. Dommage ! Et contrairement à ce qu’on dit aussi, le public africain s’intéresse fortement à son cinéma. Les conditions ne sont seulement pas mises en place pour faciliter l’accès aux films.

Pourquoi je dis cela ? Dans la vingtaine de projections dans les salles à Ouagadougou, j’ai pu constater que les Burkinabè aimaient bien suivre les films locaux, mais aussi des productions venus du Gabon, du Togo et de la Côte d’Ivoire même s’il s’agissait de films populaires. Les salles étaient parfois combles. Chaque samedi, mes amis me demandent souvent « Il y a quel film africain au programme aujourd’hui? » Le jour de la Saint Sylvestre, beaucoup ont confié qu’ils iraient au cinéma au lieu d’aller faire la fête dans un maquis. Je pense que si les productions africaines circulaient normalement sur le continent, les problèmes d’accessibilité, de diffusion de films, de fermeture des salles, de productions ou de financement ne se poseraient pas. Vu l’étendu du continent, les problèmes de production du cinéma africain par les africains ne seraient pas non plus à cause des entrées que cela généraient. La question restera posée tant qu’il n’y aura pas un véritable marché africain bien organisé parce qu’il existe déjà, tant que les politiques ne comprendront pas qu’il faut une synergie d’action pour booster le cinéma africain.

Il est vrai que l’avènement d’Internet, la piraterie ne rendent pas la tâche facile aux cinéastes. Toutefois, si le secteur était bien organisé, des solutions auraient été trouvées pour faire face à cela. Ou pourquoi pas, notamment avec Internet en faire une opportunité.

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Article : Blanc ou Noir, un Pape est un Pape
société
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18 février 2013

Blanc ou Noir, un Pape est un Pape

A peine le pape Benoit XVI a-t-il démissionné que de nombreuses personnes en particulier les médias se posent la question sur la couleur de la peau de son successeur. Sans être opposé à ce qu’un pape noir soit élu à ce poste au Vatican, nous pensons que le débat  ne doit pas se poser à ce niveau. Il faut plutôt chercher à savoir quel sera le profil ou les compétences du successeur de Benoit XVI.

(ph.Gabriel Bouys/AP)
(ph.Gabriel Bouys/AP)

Lorsque Benoit XVI a annoncé sa démissionné, il a expliqué cela par le fait qu’il était fatigué et son âge (85 ans) ne lui permettait pas de continuer la mission de servir Dieu et les fidèles. Un argument légitime quand dont pourrait s’inspirer les chefs d’Etats africains. Le pouvoir use et Benoit XVI, 265 ème Pape l’a constaté. De toutes les façons, beaucoup de jeunes comme moi ont été pris à contre-pied parce qu’ils ne savaient pas qu’un Pape pouvait démissionner. Pour nous, il était comme un chef traditionnel qui n’était remplacé que lorsqu’il mourrait. Mais là n’est pas la question. Presque tout le monde ne fait que parler de la nomination d’un Pape Noir et en l’occurrence, africain à la tête de l’Eglise catholique. La question de la nomination d’un Pape noir ne doit pas se poser car cela donne l’air d’une injustice envers les hommes qui ont été brûlés par le soleil. Ou encore, on a l’impression que l’on veut forcer l’église catholique à choisir un Pape noir juste pour assouvir le fantasme de de certaines personnes et pourquoi pas même donner raison à ceux qui parlent de l’infiltration d’une secte au sein du Vatican. La question devra se porter plutôt sur les compétences de celui qui devra assumer cette mission.

Le nouveau Pape sera-t-il en mesure faire face à la demande de réorientation souhaitée par Benoit XVI après les polémiques portants sur la pédophile au sein de l’église, le mariage pour tous, le préservatif, le vol de documents etc ? C’est la question qu’il faut se poser d’abord ensuite, on pourra se demander quel cardinal africain est en mesure de prendre la place du démissionnaire parmi les prétendants.

En échangeant avec un ami, on m’a fait comprendre que les  fidèles des pays d’Afrique noir et d’Amérique Latine augmenteraient tandis que seuls les vieux vont à l’église en Europe. Le sujet me rappelle l’élection de Barack Obama aux États-Unis. Beaucoup ont pensé que ce Noir, fils d’un Kenyan aurait permis à ce dernier de s’intéresser encore plus aux affaires africaines. En fin de compte, Monsieur Obama n’a pas été le Président des Noirs, des Africains, ni du Kenya. D’ailleurs bien que les Noirs ne soient pas majoritaires aux États-Unis, il a été réélu. Signe qu’il est apprécié pour sa politique et non pas par pour sa couleur de peau.

C’est vrai que les différents Papes qui se succèdent font des efforts pour jouer les rassembleurs faisant tout pour se rendre dans tous les pays mais aussi on se positionnant sur les questions politiques. L’ Afrique n’a jamais été en reste et les papes ont même été très présents notamment sur la question de la pauvreté, du Sida et du paludisme, des libertés etc. Mais un Pape noir, ne sera pas si différent de ses prédécesseurs parce qu’il doit être Pape de l’église et non de l’Afrique.

Ce genre de débat récurrent est frustrant parce qu’on ne pose jamais la question lorsqu’en pareille situation, il s’agit des Blancs. Tenez en 1996, lorsque l’Afrique du Sud remportait la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de football sur ses terres, personne ne s’était offusqué de la faible représentation des Blancs, comme Mark Fish, au sein de cette formation. Mais, lorsque les Springbokke, l’équipe nationale d’Afrique du Sud de rugby remportait le mondial, des voix se sont élevées pour dénoncer la sous-représentation des Noirs au sein de cette formation. Pourtant, si l’équipe a remporté la compétition, c’est qu’il n’y avait que les meilleurs. Pour ceux qui ont suivi la CAN 2013 qui se déroulait dans ce pays, ils ont pu constater que dans l’équipe des Bafana Bafanas,  il n’y avait qu’un seul Blanc au sein de cette formation à savoir Dean Furman. Personne n’a demandé un quota pour les Blancs. Si l’on tient à un Pape noir, il faudra donc faire en sorte que la nomination papale soit tournante comme c’est le cas avec la Coupe du Monde. Ce qui avait permis à l’Afrique d’organiser son premier mondial en Afrique du Sud en 2010. En ce moment, les critères de compétences selon relégués en seconde position.

En conclusion donc, peu importe la couleur de la peau, l’essentiel pour moi est que le nouveau Pape soit le plus apte, le plus compétent car il faut aller au-delà de la couleur de la peau. Seule la valeur de la personne importe. En attendant, il faudra peut-être porté le débat aussi sur la possibilité de nommer une femme cardinale et par la suite Pape. Le débat est ouvert la dessus.

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Article : Étalons du Burkina : Zéro hier, héros aujourd’hui
Sport
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12 février 2013

Étalons du Burkina : Zéro hier, héros aujourd’hui

Les Étalons du Burkina ont été décorés ce mardi 12 février 2013 au Stade du 4 août de Ouagadougou par les autorités burkinabè .  La sélection burkinabè qui a remporté la 2ème place de  la 29 ème édition de la CANa afait retour triomphale hier lundi. 

Etalons retourg

Depuis 16 heures, ce lundi 11 février 2013 et même avant, les Ouagalais étaient à l’aéroport international de Ouagadougou pour accueillir la plus belle surprise de la CAN 2013 à savoir les Étalons qui après une chevauchée fantastique sont tombés devant le Nigeria en finale. Ce n’est pas la première fois que l’aéroport international de Ouagadougou connait un tel monde. En 2011, des milliers de supporters s’étaient rendus là pour accueillir les moins de 17 ans qui avaient remporté la CAN de leur catégorie au Rwanda. Cette fois-ci environs 10 mille personnes attendaient l’arrivée du onze national annoncée pour 18 heures ce lundi. Ce n’est qu’aux environs de 19 heures 30 que l’avion va atterrir sur le tarmac. L’engouement autour de l’équipe nationale n’a surpris personne car, déjà plusieurs jours avant, les Burkinabè fêtaient la prestation héroïque et inédite de leur sélection transcendée. Oui transcendée en trois semaines de compétition! Pourtant, à l’ouverture de la CAN ces joueurs étaient vomis par les supporters qui critiquaient leur manque de volonté, de combativité et de rigueur. Avant le premier match de poule, peu de personnes misaient sur Jonathan Pitroipa, Alain Traoré et leurs coéquipiers. Les spécialistes Joseph Antoine Bell et Marcel Dessailly ne voyait pas les Étalons passés ce premier.  Même le Président du Faso Blaise Compaoré qui d’habitude recevait la sélection avant leur départ pour chaque CAN avait décidé de ne plus le faire. C’est ainsi qu’ils sont partis sans tambours ni trompettes. La CAN 2012 avait été un véritable cauchemar pour les supporters burkinabè qui avaient vu leur équipe perdre trois matches et rentrés avec zéro point. Même l’équipe du Soudan qu’on disait au départ prenable a infligé une leçon de football aux « burkinabii » c’est à dire « les hommes intègres ».  En 2012, ils étaient rentrés sur la pointe des pieds. L’entraîneur de l’époque était rentré chez lui en taxi tandis que certains joueurs ont dû appeler leurs amis ou leurs familles pour les conduire chez eux. Il n’y avait que les journalistes pour les accueillir.

C’est une équipe transfigurée qui a abordé l’édition 2013 avec à la houlette, Paul Put (à prononcer comme écrit). Les Étalons ont d’abord tenu tête au Super Eagles du Nigeria (1-1), renvoyé les  rastas  d’Ethiopie (4-0) révisé leur leçon de foot. Put, cet homme au nom bizarre, pour qui les Burkinabè craignaient qu’ils ne se fassent prendre par toutes les équipes, va bouter hors de la compétition la Zambie du Renard. Le géant Adebayor du Togo va également s’incliné sur la classe du petit et frêle David, Jonathan Pitroipa en quart de finale. Les Étalons seront les Etoiles d’une soirée face au Ghana surnommé le Brésil d’Afrique. Malgré le soutien de l’arbitraire arbitre Slim Jedidi aux Ghanéens, Aristide Bancé, s’érige en sauveur en obtenant une prolongation pour le Burkina avant de réussir une Palenca qui fera de lui un héros au pays. Lui qui pourtant en quinze matches avec son club Augsburg (Allemagne) inquiétait parce qu’il n’avait inscrit aucun but. Après l’obstacle ghanéen, les Étalons étaient en finale comme dans un rêve. On se demandait comment les Burkinabè pourraient battre le Nigeria qui avait astucieusement éliminé la Côte d’Ivoire à qui on avait remis le trophée avant le début même du tournoi. Les Aigles du Mali se sont tout simplement inclinés devant l’adresse de Mba, Moses, Emenike et autres. Put va-t-il truqué la finale? Non. Le géant Stephen Keshi, grand stratège, a tout simplement tissé un piège autour de Jonathan Pitroipa et ses amis. Le rêve prenait fin. Les Super Eagles sont champions à la place des Etalons. Ils ne toucheront pas le trophée de la CAN 2013. Malgré l’échec en finale, les Burkinabè sont fiers du parcours réalisés par les Étalons. C’est ainsi que les zéros d’hier sont devenus des héros. 

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Article : CAN 2013 : les Burkinabè fiers malgré la chute en finale des Étalons
Sport
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11 février 2013

CAN 2013 : les Burkinabè fiers malgré la chute en finale des Étalons

A une semaine du début de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2013, si on  demandait à un pronostiqueur de parier un franc CFA sur les Étalons du Burkina pour disputer la finale, personne ou peu de personne aurait misé sur cette formation. Revenus sur la pointe des pieds lors de l’édition de 2012, la cuvée des Étalons 2013 sera reçue en héros. Bien avant la finale, les Burkinabè avaient déjà commencé à fêter ce parcours héroïque de leur sélection.

Mobilisation Etalons

Alors que les Étalons attendaient de disputer la finale de la 29ème Coupe d’Afrique des Nations (CAN) contre les Super Eagles du Nigeria, les Burkinabè eux avaient envahis les rues à deux jours de la finale. Donc, dès le vendredi, la fièvre de l’accueil qui devrait être réservée à ces héros se faisait sentir dans la capitale burkinabè. Pourquoi ? Parce qu’après 15 ans d’attente, victoire dans la plus grande des compétitions de football du continent, les représentants du pays des hommes intègres ont largement dépassé les objectifs qu’ils s’étaient fixés. Cette fois ci, l’équipe burkinabè a su faire preuve de combativité à l’image de Mohamed Koffi surnommé le ministre de la défense, de volonté, de sérieux, de rigueur dans le jeu mais surtout d’esprit d’équipe. Des qualités autrefois qui autrefois n’existaient pas au sein de cette équipe.
C’est pourquoi, depuis la qualification pour la finale (depuis aussi pour les quarts de finale) des jeunes des coups de sifflets, de vouvouzela mais aussi de klaxon retentissaient dans la capitale burkinabè. Les commerçants et les entreprises ont saisi cette occasion pour faire du bénéfice. Tous les supports sont bons pour imprimer le drapeau du Burkina, l’effigie d’une vedette de l’équipe notamment Pitroipa, le logo des Étalons ou autres choses afin de les commercialiser. Ne soyez pas surpris de voir le logo de la fédération burkinabè de football (FBF) ou le drapeau du Burkina sur les un maillot bien connu du Ghana ou du Portugal. Les vouvouzelas, les sifflets, les drapeaux, les autocollants, tous ces gadgets s’achetaient comme de petits pains. Les voitures, les motos et mêmes les vélos étaient décorées ou peints aux couleurs nationales. Les forces de sécurités, n’ont pu réduire accidents à cause des les jeunes qui pétaradaient dans les rues de Ouagadougou à moto tandis que d’autres badigeonnés aux couleurs burkinabè jouaient aux clowns dans certains coins de rues. La fièvre de la CAN a pratiquement éclipsé la préparation de la Saint Valentin et aussi la campagne pour les élections municipales partielles à Ouagadougou. Tout cela n’était que l’avant-goût de ce qui se préparait pour le retour des Etalons.
A 18heures, les rues de Ouagadougou étaient désertes. Presque tout le monde était devant son petit écran pour voir l’exploit de leur équipe nationale. Mais, les espoirs de surprendre les Super Eagles du Nigeria en finale seront anéantis à la 40ème mn de jeu avec un but de Dimanche… pardon Sunday Mba. A la fin du match, les supporters ont rangé leurs sifflets et vouvouzelas. Ces instants de douleur passée, ils ont recommencé la fête en attendant le retour des héros d’Afrique du Sud 2013 au pays car malgré tout, ils restent fiers de leur équipe.

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Article : Mali : c’est maintenant qu’ils se bougent
Politique
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14 janvier 2013

Mali : c’est maintenant qu’ils se bougent

Après les offensives des islamistes d’Ençar Dine, du Moujao, du Mlna, Boko Haram etc. sous la coupe  d’Aqmi sur la ville de Konna le 11 janvier 2013,  la France a aidé l’armée malienne a récupérer cette localité tout en bombardant les bases des assaillants. Cette intervention qui était inévitable a mis du temps à venir.

Mali
(ph.lepoint.fr)

Enfin ! C’est le cri de soulagement des populations du nord-Mali mais de ceux du Sud. Après neuf mois d’occupation de la zone septentrionale, les premières frappes contres les bases jihadistes sont intervenues seulement en ce mois de janvier 2013. Pendant que la communauté internationale tergiversait à travers des sommets inutiles, des négociations ou dialogues qui pondaient rien de bon, les islamistes eux semaient la terreur dans les zones occupées en violant, amputant, des femmes et des jeunes, mariant de force les filles, enrôlant des enfants, détruisant des mausolées et autres monuments historiques.  De nombreux maliens s’étaient réfugiés dans les pays voisins comme le Burkina Faso, le Niger, la Mauritanie ou encore la Côte d’Ivoire. La situation économique dans cette zone était devenue plus que précaire.

L’un des premiers responsables de cette situation, est le capitaine Yaya Sanogo. Car ce que l’on oublie, dès que les rebelles ont commencé à conquérir la zone qu’ils appellent AZAWAD, la CEDEAO a voulu envoyer une troupe au Mali. Mais le putschiste et ses ouailles se sont opposés. Des manifestations contre une délégation de la CEDEAO avaient eu lieu. Pourtant après le coup d’Etat du 22 mars 2012 contre le régime de Hamadou Toumani Touré, l’armée malienne n’a pas réussi à stopper l’avancée du MLNA. Jusqu’à la veille de l’intervention française, des manifestations pro-putschistes appelaient au départ du président intérimaire Diocounda Traoré et disaient non à une intervention de la CEDEAO.

Si au départ le Président du Burkina Faso, Blaise Compaoré était parmi les va-t-en guerre, il changera de position assez rapidement pour jouer le rôle de médiateur de la CEDEAO. Les Islamistes ont profité de cette tribune pour jouer avec la CEDEAO et la communauté internationale tout en se renforçant pendant ce temps.

Aujourd’hui, quand on voit la mobilisation de la communauté internationale, de la CEDEAO au même des putschistes, on se dit qu’on a perdu du temps, trop de gâchis ! Car ce qui surprend, même si les rebelles sont supposés bien équipés et entraînés, l’on se rend compte que les bombardements des zones qu’ils occupaient s’est faite avec une facilité déconcertante. On avait tellement vanté l’équipement des Islamistes qu’on est surpris de la facilité avec laquelle l’armée française les a chassé et neutralisé en quelques jours. Enfin, les troupes de la CEDEAO feront leur entrée dans ce conflit puisque l’armée française a déjà ouvert la voie. On saura donc de quoi elles sont capables parce que cette affaire d’islamistes, de terrorisme, ne concerne pas seulement le Mali mais aussi toute la sous-région ouest africaine. Il ne faut pas oublier que pour ces rebelles l’islam, religion qu’ils utilisent pour leurs sales besognes, doit régner sur le monde entier. L’Union Africaine doit faire son entrée dans cette guerre contre le terrorisme. 

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Article : 3 janvier 1966 : Le premier soulèvement populaire contre un régime en Afrique
Politique
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2 janvier 2013

3 janvier 1966 : Le premier soulèvement populaire contre un régime en Afrique

Maurice Yaméogo, President of Upper Volta receiving welcoming blessing from deputy mayor of Jerusalem Rabbi Porush, par Cohen Fritz via the Israel National Photo Collection
Maurice Yaméogo, President of Upper Volta receiving welcoming blessing from deputy mayor of Jerusalem Rabbi Porush, par Cohen Fritz via the Israel National Photo Collection

Le Burkina Faso célèbre ce 3 janvier 1966 l’anniversaire du soulèvement populaire qui a emporté le premier président de la Haute Volta, aujourd’hui Burkina Faso, Maurice Yaméogo. C’était la première fois en Afrique qu’un peuple faisait tomber un régime à une période où le parti unique était la règle d’or.

Si on aujourd’hui, on parle du « printemps arabe » qui a fait chuter des régimes en Tunisie et Egypte particulièrement, on oublie souvent d’évoquer le soulèvement populaire du 3 janvier 1966 qui a conduit à la chute du régime de Maurice Yaméogo. Même si cette date n’est pas assez connue des Africains, elle est déclarée jour férié au Burkina Faso, et devrait figurer dans les annales de l’histoire de l’Afrique. De quoi s’agit-il exactement ?

Après une brillante élection avec un score soviétique (99,97%) de Maurice Yaméogo, premier Président du Burkina, lors des élections de 1965, la Haute Volta, l’ancien nom du pays, connait une vague de grèves.  Ces manifestations font suite à des mesures drastiques du gouvernement pour faire face aux difficultés économiques que rencontrait le pays à l’époque, conséquenced de la mauvaise gestion du pouvoir. Maurice Yaméogo avait mis en place des mesures restrictives et d’austérité inadmissibles pour les Burkinabè : blocage des avancements des fonctionnaires pendants deux ans,  réduction des allocations familiales, abattement des salaires de 20%…

Maurice Yaméogo avait également interdit les réunions syndicales et le droit de grève. Les subventions aux écoles privées avaient été supprimés, mais le président s’offrait des vacances au Brésil où il était allé célébrer son deuxième mariage avec « Miss Côte d’Ivoire », Nathalie Monaco, et même tenté de rencontrer le Roi Pelé. En plus de cela, le président bafouait l’autorité des chefs religieux, imposant même des élections pour tous ceux qui étaient inscrits sur la liste électorale pour choisir le nouveau chef traditionnel. Ces derniers, sous son régime, n’avait pas le droit de porter des signes indiquant leur statut. 

Les syndicats, la chefferie traditionnelle, les fonctionnaires ne pouvaient accepter de telles mesures. Ils ont donc battu le pavé pour manifester leur mécontentement et demander la démission du gouvernement. Malgré quelques résistances, Maurice Yaméogo va finir par céder à la mobilisation de plus de 40.000 personnes, parmi lesquels le professeur Joseph Ki Zerbo qui aurait crié : « L’armée au pouvoir ».  Maurice Yaméogo, acculé à son palais, demande au colonel Aboubacar Sangoulé Lamizana, le médiateur entre les manifestants et le gouvernement, de gérer l’intérim, démissionnant dans la foulée. Il avait commis l’erreur de minimiser le préavis de grève des syndicats, quelques jours plutôt. 

Après 14 ans de pouvoir, Lamizana organise des élections qu’il gagne de justesse face à Joseph Conombo. C’est la première fois également qu’il y a ballottage dans une élection en Afrique noire.

Pour moi, ces pages de l’histoire du Burkina Faso doivent être marquées en lettre d’or dans l’histoire de l’Afrique. C’est la première fois qu’un peuple a su prendre son destin en main pour dire « non » à un pouvoir autocratique avec un changement de régime sans effusion de sang ! Oui, à ce propos, une certaine version affirme que Maurice Yaméogo a ordonné à l’armée de tirer sur la foule. Mais selon les confidences de Aboubacar Sangoulé Lamizana lors de ses propos dans l’émission « Archives d’Afrique » consacré à Yaméogo, ce dernier n’a jamais donné cet ordre. Le premier Président de la Haute Volta a reconnu lui-même qu’il ne pouvait rien contre la foule et a préféré démissionner. Une action également à saluer quand on sait sait le nombre de personnes mortes en Tunisie et Egypte avant que la volonté du peuple ne soit faite.

De leur côté, les syndicats ont montré que par leur solidarité et sans passer par les armes, ils pouvaient mettre fin à un régime. Cette voie est préférable aux rebellions que l’on voit en Centrafrique, en R. D. Congo, mais aussi aux coups d’Etats qu’on connu aussi le Burkina Faso.

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Article : CAF : Les chiens aboient Issa Ayatoua passe
Sport
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27 décembre 2012

CAF : Les chiens aboient Issa Ayatoua passe

Issa Ayatou ne lâche rien. Le président de la confédération africaine de football (CAF) qui a éjecté son rival et unique concurrent à la course pour diriger l’institution en charge du football africain, se conduit désormais en monarque dictateur.

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« En ce qui me concerne, j’ai envie d’arrêter. J’ai envie d’arrêter parce que c’est contraignant. Ce n’est pas si facile. J’ai 37 ans de carrière dans le football. C’est beaucoup. En plus, je suis à la FIFA, je suis au CIO. C’est très contraignant de faire ces déplacements. On est tout le temps dans des avions. On est tout le temps stressé. Tout cela repose sur les épaules du président. Vous voyez les stress avec lesquels j’aborde chaque matin les problèmes du football africain. Pour le moment, j’ai 65 ans, je crois qu’il est temps et je pense à raccrocher et partir. Mais ceci dit, je ne sais pas ce que les africains penseront de ça. Mais moi personnellement je pense à partir. Je vous le dis en toute sincérité ». Ces déclarations sont bien de Issa Ayatou le président de la confédération africaine de football. Le chef suprême de la CAF semble avalé avec de bonnes bananes plantains ce qu’il a dit lui-même lors de la finale du championnat d’Afrique des Nations, il y a deux ans  au Soudan sur les antennes de la Radio France International (RFI).

A petit pas donc, Issa Ayatou met en place son plan sadique qui est d’éliminer toute concurrence et créer sa secte au sein de la CAF. Il est le seul candidat à sa succession après avoir éliminé la candidature de l’Ivoirien Jacques Anouma, un concurrent qu’il redoute. La mise en place de ce plan a d’abord commencé par la limitation des prétendants. Ainsi, seuls les membres élus du comité exécutif sont éligibles. Une mesure taillée sur mesure contre Anouma mais aussi contre toutes ces compétences africaines qui voudraient un jour diriger cette structure. Si l’âge de 65 ans constituait un handicap, aujourd’hui  celui de 67 ans n’en ait pas un pour Ayatou. A moins qu’il ne dise  retrouvé sa vigueur passée pour vaincre, le stress, les voyages fatigants etc.

Une attitude cautionnée par 45 fédérations

Les présidents de fédérations africaines ont fait preuve de lâcheté en acceptant de voter cette loi honteuse. Car, à bien y voir claire, elles sont en majorité opposées. Mais le vote se faisant à main levée, les dirigeants de fédération ont eu peur et ont préféré par pusillanimité d’instaurer une monarchie. Car comment comprendre que ces derniers acceptent de voter une loi qui les élimine eux-mêmes ? La lâcheté bien sûr ! Je ne comprends pas pourquoi Kalusha Bwalya a voté en faveur de cette loi, lui qui l’avait critiqué tout comme le président de la fédération sud-africaine de football. Ce ne sont pas les seuls. Didier Drogba, Samuel Eto’o, Patrick M’Boma, Joseph Antoine Bell, Jay Jay Okocha, Ossama Hassan etc. ne pourront jamais diriger la CAF comme l’a fait Michel Platini à l’UEFA, avec un tel comportement. L’actuel monarque de la CAF traine surement de vielles casseroles derrière lui. Ayatou pourrait donc avoir peur que Jacques Anouma mette de l’ordre fouille dans de vieux dossiers et mettre de l’ordre dans la maison. Issa Ayatou voudrait pour sa part peut-être mettre de l’ordre. Il s’est rendu compte peut-être qu’il n’a pas préparé sa succession. Avec quelques conflits qui l’a opposé à Jacques Anouma de part le passé, il ne souhaiterait pas qu’après lui, son ennemi d’hier viennent prendre sa succession. On se rappelle bien que  Ayatou a vu les choses venir quand Anouma dirigeait l’Union des Fédérations Ouest Africaines (UFOA). C’est pourquoi il a tout fait pour diviser cette institution avant de créer un semblant de réconciliation à travers l’organisation du premier championnat d’Afrique des Nations (CHAN) confié à la Côte d’Ivoire dont la fédération était dirigée par Anouma.

Pour l’Africain que je suis, je constate avec amertume que Ayatou marche sur les pas des dirigeants africains assoiffés du pouvoir. Avec de des attitudes réfractaires au changement, l’évolution du football africain prendra encore du temps. Si cela continue, les mêmes règles pourront être instaurées au sein des fédérations.

Monsieur Ayatou, la CAF a besoin de sang neuf !

 

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Auteur·e

L'auteur: Boukari Ouédraogo
Boukari Ouédraogo est journaliste multimédias et blogueur burkinabè passionné des nouveaux médias, du cinéma et du sport. Il blogue depuis 2009 pour le compte de Mondoblog.

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