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  • Boukari Ouédraogo
Le Messager d'Afrique depuis Ouagadougou
05. sept.
2012
Sport
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Une secte se crée à la Confédération Africaine de Football (CAF)

La Confédération africaine de football a adopté le lundi 3 septembre 2012 lors de son assemblée générale, un honteux règlement stipulant que seuls les membres du comité exécutif peuvent briguer la présidence de l’instance dirigeante du football africain. Un règlement éliminant en principe le concurrent principal d’Issa Ayatou à la prochaine élection prévue en mars 2013, l’Ivoirien Jacques Anouma. Cette loi ferme aussi la porte à de nombreuses compétences amateurs du ballon rond.

Issa Ayatou président de la CAF (ph.Tunisports.net)

On peut donc dire que le plan mis en place par le président de la fédération algériennne de football (FAF) Mohamed Raouraoua pour permettre à son bras droit Issa Ayatou de poursuivre sa longévité à la présidence de la Confédération Africaine de Football (CAF) a bien fonctionné. Le bruit fait par certaines fédérations n’a rien donné. Le vote de cette loi limitative, qui dit que « tout candidat aux élections à la présidence de la Confédération africaine de football, outre les compétences nécessaires, devra être ou avoir été membre du comité exécutif de la CAF »,  s’est fait à main levé. Une astuce pour bien contrôler ceux qui s’opposeraient à cette mesure. Elle est passée comme une lettre à la poste à tel point que l’on se demandait si les voix qui s’étaient élevées contre cette proposition n’ont constituées qu’une tempête dans un verre d’eau.

Une loi contre Jacques Anouma

La candidature de l’Ivoirien Jacques Anouma à la présidence de la CAF n’est plus qu’un secret de polichinelle. De sa présidence à la tête de la fédération ivoirienne de football (FIF) à aujourd’hui, ce dernier avait déjà laissé voir son ambition de diriger un jour la CAF. Une idée qui n’a pas été du goût de Issa Ayatou. L’actuel président de la CAF a tenté de le « casser » à plusieurs reprises. Le cas plus patent est la crise née à la tête de l’Union des Fédérations Ouest Africaines (UFOA). Après avoir été membre de la fédération ivoirienne de football et président de la ligue nationale, il est arrivé à la tête de la FIF en 2002 avant de prendre le contrôle de l’UFOA en 2004. Sentant son influence s’accroitre en Afrique de l’ouest mais aussi en Afrique centrale où il a apporté son soutien à des tournois régionaux , Issa Ayatou décide de l’écarter par le biais de l’un de ses bras droits, le nigérian Amos Adamu. Il est même destitué un moment de la tête de l’UFOA. Malgré sa réhabilitation, l’UFOA ne survivra pas car elle sera divisée en deux zones plus tard. Le froid s’était bien installé entre Jacques Anouma et Issa Ayatou qui dans un élan de réconciliation va confier l’organisation du 1er Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) à la Côte d’Ivoire. La tension restera tout de même vive entre les deux hommes. En exemple, Ayatou a  soutenu Mohamed Raouraoua pour un poste reservé à l’Afrique au comité exécutif de la FIFA. Au finish, c’est l’Ivoirien qui est sorti vainqueur. Un échec mal digéré par le camp Ayatou. Il est bien connu que Anouma et Raouraoua se livrent aussi une bataille pour la succession du Camerounais.

A ce niveau, la bataille vient juste de commencer. Car la mesure n’est pas claire. Elle ne dit pas quel membre du comité exécutif ne peut être élu. Anouma est membre même s’il n’est pas élu. Ensuite, la mesure entre en vigueur en principe 90 jours après son adoption. Le dépôt des candidatures commencent le 11 septembre 2012 et s’arrête en fin décembre 2012. Anouma n’a donc qu’à déposer sa candidature avant cette période pour être éligible. Ayatou ne risque t-il pas de trouver une manœuvre pour écarter son candidat ? C’est fort probable.

La poltronnerie des présidents de fédérations

De nombreux présidents de fédérations ont critiqué la mesure proposée par Issa Ayatou car celle-ci les écartent eux-mêmes pour la plupart. En réalité, ces derniers ont bien compris que le football de nos jours se joue sur le terrain mais aussi dans les couloirs. Peu d’entre eux pouvaient lever la main pour voter opposer leur refus. Seulement six pays ont osé (Côte d’Ivoire, Sénégal, Mali, Niger, Liberia, Burundi). Voter contre cette loi, c’est s’exposer aux foudres d’Issa Ayatou. Cette colère se fera sentir dans les résultats sportifs du pays concerné. Le Burkina Faso en a fait l’expérience sous l’ère de Seydou Diakité, président de la fédération burkinabè de football (FBF). Des défaites inexpliquées, des sanctions sévères comme celui du défenseur burkinabè Amadou Coulibaly, accusé d’avoir craché sur un arbitre alors que les images n’avaient rien prouvé etc. On comprend bien pourquoi le président de la FBF Sita Sangaré après des moments d’euphorie s’est vite remis à la réalité. Il avait déclaré dans un entretien qu’Issa Ayatou devait prendre sa retraite et récemment que la mesure proposée par Raouroua était inopportune. Mais le Burkina Faso ne figure sur la  liste des pays ayant voté contre cette loi.                             

Un clan pour gérer le football africain

Issa Ayatou et ses lieutenants que sont Raouraoua, Amos Adamu, Anjorin Moucharaf entre autre sont en train de former un cercle restreint de personnes qui auront à eux seuls le droit de décider des destinés du football africain. Après ses 24 ans à la tête de la CAF, Issa Ayatou devait faire un bilan et rendre compte de certaines insuffisances. Mais, lui dont le nom a souvent été associé à des dessous de table voudra bien nettoyer tout derrière lui et confier la gestion à un de ses proches. Ainsi, il n’aura pas de compte à rendre aux présidents de fédérations mais aussi aux amateurs du ballon rond. Il est bien vrai que Issa Ayatou a beaucoup contribué au développement du football africain mais il n’est pas la seule personne capable de gérer ce sport en Afrique. Cette gestion est désormais confiée à un groupe de 13 amis (les membres actuels du comité exécutif) qui décideront à la place des vrais acteurs de ce sport. Le football est devenu un véritable business et ce comité restreint de dirigeants compte bien en a profiter. C’est le continent africain et son football qui perdent dans toute cette magouille.

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29. août
2012
société
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Arrêtez les propagandes, réparez nos routes

Il y a quelques semaines, je suivais le journal de 13 heures de la télévision nationale du Burkina. Elle diffusait une image sur la réfection d’une route par les autorités communales. A la fin, le présentateur saluait la réaction des autorités. Quand je fis la remarque, mes amis me firent comprendre que la veille, la télévision nationale avait diffusé un élément dans lequel, elle dénonçait l’état de cette route.

Depuis quand faut-il féliciter quelqu’un parce qu’il a fait ce qu’il devait faire ? Je me suis demandé pourquoi un si petit problème a eu besoin d’une telle médiatisation. La réponse, je n’ai pas tardé à la trouver. A l’approche des élections municipales du 2 décembre 2012, toute occasion est bien trouvée pour faire de la propagande. Sinon, plutôt que de se préoccuper d’un petit trou sur la chaussé,  il était plus indiqué que l’équipe de reportage fasse un élément sur ces nids de poules qui pullulent dans la ville de Ouagadougou provoquant des accidents. Car, l’image que j’ai vue n’est qu’un détail par rapport à la réalité. Les nids de poules ont envahis les routes. Pour en témoigner, nous avons pris l’exemple de l’avenue de la croix rouge situé dans le quartier luxueux de la zone du bois. La chaussée est tellement dégradée qu’il est presqu’impossible d’y circuler. Ceux qui n’habitent pas le quartier et qui fréquentent cette voie la nuit l’apprennent à leur dépend car pour circuler sur cette voie, il faut la connaitre par cœur. Ces nids de poules ont constitués par endroit de petits marigots. Et là, il ne s’agit que d’un quartier huppé de la ville de Ouagadougou.

Que dire alors de ces quartiers pauvres de Ouagadougou où les riverains sont obligés de patauger dans la boue pour gagner leurs bureaux (pour ceux qui en ont). Que dire de ces chaussés où le goudron a laissé place à la terre battue? Que dire des routes cabossées qui nous font danser sur nos motos ? Que dire de ces voies exigües, rendant difficile une fluidité de la circulation, où les piétons n’ont pas peur place sinon de se faire écraser?

Au lieu de se faire de la fausse publicité à l’approche des élections, il est mieux de se pencher sur la question des routes burkinabè. Le réseau routier est insuffisant malgré les promesses ou les projets de construction d’échangeur alors que dans certains quartiers, les pistes sont en de piteux état.

Si les routes au Burkina sont si dégradées, c’est parce qu’elles ont été construites sans une vision prospective. La mauvaise qualité du goudron utilisée expliquent aussi cette  dégradation de nos routes.

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Article : Marche royale de François Compaoré vers le palais de Kossyam
Politique
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27 août 2012

Marche royale de François Compaoré vers le palais de Kossyam

Les élections législatives et communales au Burkina Faso auront lieu le 2 décembre 2012. François Compaoré, le petit frère de l’actuel Président du Faso, Blaise Compaoré, est en tête de la liste provinciale du Kadiogo. A l’analyse, François Compaoré se trace la voie pour remplacer son ainé.

François Compaoré (ph.L’observateur Paalga)

Cette fois-ci, les pronostics semblent être bons. Un Compaoré pourrait remplacer un autre avant 2015 à la tête de la présidence du Faso. Les signes sont plus que visibles après la publication de la liste des candidats à la députation dans la province du Kadiogo dont Ouagadougou est le chef lieu. François Compaoré, le petit frère du Président du Faso Blaise Compaoré qui s’était passé de cette compétition, se contentant de son rôle de conseiller spécial à la présidence, a décidé cette fois-ci d’entrer dans la bataille. Pourquoi celui qui est surnommé « le petit président » s’implique tant dans la politique en ce moment? Quel intérêt a-t-il a se lancé à la course pour la députation ? Ce n’est certainement pas le costume de simple « honorable député » qui devrait intéresser François Compaoré. L’hémicycle n’est qu’une escale pour lui, le temps de remplacer son grand frère à la tête du « pays des hommes intègres ».

En dépit de sa discrétion, l’image de François Compaoré a été considérablement  écornée par l’assassinat du journaliste, Norbert Zongo, au moment où celui-ci enquêtait sur la disparition de David Ouédraogo son chauffeur. Son nom a été associé à ce crime odieux du 13 décembre 1998. Ce sont ces circonstances malheureuses qui ont fait connaitre  l’autre « enfant terrible de Ziniaré » aux  burkinabè. Depuis, François Compaoré tente de redorer son blason notamment auprès des jeunes à travers les activités de l’Union des Sports Scolaire et Universitaires du Burkina Faso (USSU-BF). Il en est d’ailleurs le président d’honneur et cela  a contribué à rehausser son image. En plus de l’USSU-BF, François Compaoré a pris part activement aux activités de la fédération associative pour la paix et le développement (FEDAPBC). C’est structure apparait comme son autre bras car bénéficiant du soutient de la plupart de ses membres. Cette stratégie n’a pas marché. Dès le départ, La création de la FEDAPBC avait été vue comme un moyen de phagocyter le CDP. Il s’est ensuite impliqué à petit pas dans les activités du parti au pouvoir le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP).

Comme je le disais plus haut, ce n’est pas le costume de simple député qui intéresse François Compaoré. A la lecture de ce qui se passe en ce moment, la stratégie est de faire tout pour placer François Compaoré au perchoir de l’Assemblée nationale. En 2015, le Président du Faso, ne sera plus en principe en mesure de briguer un nouveau mandat à moins qu’il ne modifie la constitution.

Ainsi, pour avoir toujours une main mise sur le pouvoir après son retrait, il faudrait un homme de confiance pour lui succéder à la tête de la Présidence du Faso. Le grand « Blaiso » semble manquer d’homme de confiance dans la sphère politique burkinabè qu’il fait et défait depuis deux décennies. François Compaoré apparait alors bien être l’oiseau rare que son grand frère cherche depuis quelques années maintenant. Ainsi, en se présentant  tête de la liste dans la province du Kadiogo devant des cadors comme Jean Christophe Ilboudo secrétaire permanent des engagements nationaux et premier secrétaire adjoint à l’organisation des structures du CDP, Assimi Koanda le secrétaire exécutif du CDP ( le Président du parti en d’autres termes). La logique voudrait donc que François Compaoré soit inscrit sur la liste nationale, ce qui lui garantirait déjà une place à l’hémicycle. Car quoi qu’on fasse, ce ne sont pas les petits partis incapables de remplir une salle de 200 places lors des congrès qui seront à mesure de bousculer la machine du parti au pouvoir.

Les personnalités influentes qui auraient pu faire de l’ombre à François Compaoré ont été défaites. Salif Diallo ne pèse plus dans le parti. Roch Marc Christian Kaboré a perdu les rennes  et Simon Compaoré semble être en train de passer ses dernières heures en politique. Il n’y a aucun obstacle alors pour l’ascension de François Compaoré au fauteuil de Kossyam.

Passé cette étape, le nouveau député se verra peut-etre offert le poste de Président de l’Assemblée Nationale. A l’orée de 2015, le Président démissionne. Il est remplacé par celui de l’Assemblée Nationale  François Compaoré en principe.. s’il est elu. Légalement, il peut le faire surtout que « François Compaoré est un citoyen comme les autres », comme Blaise Compaoré aime le rappeler chaque fois qu’on aborde la question de sa succession.

En plus, il y a une deuxième option. Si le Senat est créé, Francois Compaoré pourrait en être le Président et succéder légalement à son grand frère en toute légalité.

Bien sûr les partis d’opposition sont contre cette astuce. Mais que peuvent-ils ? Rien. Parce que rien n’interdit François Compaoré de se présenter sa candidature à la députation ou à tout autre poste qu’il soit ou pas le frère du Président. François Compaoré est donc en train de marcher royalement vers le palais de Kossyam. Et, cela peut être le titre d’un feuilleton « Du gouffre au sommet ».

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Article : JO : dopages et tricheries, le deux poids deux mesures
société
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17 août 2012

JO : dopages et tricheries, le deux poids deux mesures

Les jeux Olympiques (J.O) se sont achevés sur une domination américaine (104 médailles dont 46 en or). Malgré tout, c’est Usain Bolt et Jamaïque qui ont ravi la vedette en s’imposant dans les épreuves phares de l’athlétisme. Au delà des performances, les JO ont été marqués par des accusations de tricheries et de soupçons de dopages traités de façon inéquitable. Cela a écorché l’image de cette fête du sport.

L’équipe féminine chinoise de badminton favorite pour remporter le tournoi en double a été exclus de jeux olympiques 2012, accusée de tricherie par le comité d’organisation. Les Chinoises auraient expressément perdu lors de leur dernier match devant la Corée du Sud pour éviter leurs compatriotes mal placées dans l’autre groupe. Après cette décision, l’une des joueuses chinoises, dépitée, a choisi de dire adieu à ce sport qu’elle a aimé.

Dans le même ordre de sanction, l’Algérien Taoufik Makhloufi après s’être qualifié pour la finale des 1500 mètres, dans la difficulté et blessé, a préféré abandonner l’épreuve des 800 mètres pour se donner le maximum de chance au demi-fond. Exclu au départ de la compétition il sera réintégré plus tard après la présentation d’un certificat médical.

Ce sont là deux exemples où des athlètes ont été exclus, accusés de tricherie. En même temps, l’un des coureurs de l’équipe cycliste britannique par équipe Philip Hindes a avoué être tombé volontairement afin de permettre à son équipe de s’imposer (constatant donc le mauvais départ de sa formation). Effectivement, la course fut reprise après cette fausse chute et l’équipe britannique a remporté la médaille d’or. Malgré les aveux du tricheur, le comité d’organisation a décidé de ne pas retirer la médaille d’or !

Pêché avoué est à moitié pardonné

Les Espagnols, déjà qualifiés en basketball ont préféré aligner une équipe B devant le Brésil, perdant ainsi le match. Cette défaite volontaire, permettaient aux espagnols d’éviter la redoutable équipe des Etats-Unis. Une forme de tricherie une fois de plus pardonnée par le comité d’organisation.

Le nageur sud-africain, Cameron van der Burgha a remporté la médaille d’or lors de la finale du 100 mètres brasse, en utilisant une tactique interdite. Il a donné trois coups de jambes lors de son virage au lieu d’un. Bien qu’ayant reconnu sa tricherie, le comité olympique n’a pas levé le doigt. Tout cela est la preuve que toutes les équipes ne sont pas placées sur le même pied d’égalité.

Pourtant, quel mal y a-t-il à exploiter les insuffisances du règlement pour aller le plus loin possible dans une compétition ? On peut comprendre que cela soit sanctionné mais pourquoi tout le monde n’est pas concerné?

L’essentiel est de participer

 Pour le cas de Taoufik Makhloufi même s’il n’était pas blessé, le comité d’organisation avait un devoir de compréhension. Pourquoi se dépenser pour une épreuve qu’on est sûr de ne pas gagner alors qu’on a d’autres épreuves en vue? ? A l’analyse, le comité d’organisation se fichait que cet athlète gagne une médaille ou pas. Il devait se donner jusqu’à épuisement même s’il rentrerait bredouille. Pourtant, c’est ce que les espagnols ont fait en basketball. On dira que Pierre de Coubertin disait « l’essentiel, c’est de participer ». Alors, imaginer juste une délégation des Etats-Unis qui participent aux JO et rentre bredouille. Catastrophe !  Les Américains diront qu’ils ont dépassé le stade de simplement participer. Une deuxième place en termes de médailles aurait même été mal digérée.

Lorsque la nageuse chinoise Ye Shiwen agé de 16 ans a battu le record du monde de 400 mètres 4 nage. A peine a-t-elle fini sa course que des soupçons de dopages se font entendre. L’entraineur américain John Leonard évoque déjà des cas passés s’appuyant sur le fait que la Chine a une mauvaise réputation dans ce domaine. Au lieu de saluer le travail de la jeune fille, on a préféré évoqué la piste du dopage. Dommage ! Pourtant, lors des JO de Pékin quatre ans plutôt, le nageur  américain Michael Phelps a remporté 7 médailles d’or (du jamais vu) dans cette même discipline. Personne n’a mis en doute ses performances exceptionnelles. Personne n’a laissé flairer la piste du dopage. Les performances exceptionnelles relèvent tout simplement du travail dit-on comme si les autres athlètes qui font pareils ne travaillaient pas.

Alors que Usain Bolt et la Jamaïque confirmaient leur domination sur la prestigieuse compétition des 100 m, Carl Lewis, ancien champion dans cette même discipline émettait également des doutes sur les performances de ces athlètes venus du pays de Bob Marley. La Jamaïque est dans le collimateur des agences d’anti-dopage qui semblent mal accepter le fait que des athlètes de certains pays puissent réaliser des résultats exceptionnels. Apparemment, lorsqu’on vient de certains pays et qu’on réalise des performances exceptionnelles, la piste du dopage est évoquée si ces derniers n’ont pas quatre jambes ou quatre bras.

Les jeux semblent être organisés comme s’il y a des nations qui doivent s’imposer, d’autres qui devraient juste se contenter des deuxièmes places et une troisième catégorie dont le rôle est seulement de participer. A la lecture, il semble que certains ont transposé leurs divergences politiques dans le sport. On a bien vu la rivalité entre les Etats-Unis et la Chine pour le classement et aussi entre des athlètes américains et Russes. Le sport est si beau, unificateur que l’on doit taire les divergences lorsqu’on arrive sur ce terrain. Les athlètes se connaissent, se côtoient, se respectent, créent des liens d’amitié que certains manigances pourraient nuire à l’éthique du sport. Le boxeur français Alexis Vastine a levé un coin de la voile lors de son élimination face à son adversaire l’Ukrainien Taras Shelestiuk. Pour lui, les boxeurs de l’Europe de l’est seraient plus favorisés à cause de leur influence dans ce sport. Ce ne devrait pas être le cas. En cas de défaite, les perdants doivent saluer la victoire de leurs adversaires car le sport est avant tout un jeu. On l’a vu lors de la finale qui a opposé les Etats-Unis à la France en basketball féminin. Les françaises ont félicité leurs adversaires et ont fait la fête. Il faut donc mettre toutes les nations sur le même pied d’égalité dans le traitement des litiges et accorder les mêmes chances à tous les athlètes quelle que soient leurs nationalités.

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07. août
2012
Politique
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Attaques en Côte d’Ivoire : parfum d’un coup monté

Les Ivoiriens se sont réveillés le lundi 06 août 2012 sous les coups de crépitement d’armes au camp militaire d’Akouédo (Abidjan) et aussi à Abengourou (Est de la Côte d’Ivoire). Les assaillants ont attaqué et son repartis sans être vraiment inquiétés. Ce qui emmène à se demander s’il ne s’agit pas d’un montage.

(ph. infodabidjan.net)

Les vieux démons font leur retour en Côte d’Ivoire. On savait bien que le pays de Félix Houphouët Boigny vivait dans une paix précaire. Mais personne n’aurait imaginé des attaques au moment où le pays préparait les festivités de ses 52 ans. L’attaque du camp d’Akouédo a fait entre 6 et 7 morts selon des sources différentes. Comment les assaillants ont-ils pu si facilement entrer dans ce camp ? Défaillance sécuritaire ou mise en scène?

A l’analyse de ce qui s’est passé ce lundi 6 août, l’on est en droit de douter. D’abord, le camp d’Akouédo est situé à Abidjan la principale ville de la Côte d’Ivoire et la plus peuplée. On se demande comment ces hommes armées ont traversé Abidjan jusqu’au camp sans que les militaires sans que les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) ne soient alertés. La veille pourtant, des fusillades avaient eu lieu dans un commissariat à Yopougon un quartier d’Abidjan. Cet incident aurait déjà dû alerter les autorités ivoiriennes sur l’imminence d’une attaque surtout à la veille de la fête d’indépendance et le jour où jouait la finale de la Coup nationale. Même si les fusillades de Yopougon, un quartier réputé favorable à Laurent Gbagbo, n’avait pas eu lieu, le gouvernement aurait dû renforcer la sécurité à l’approche de cet évènement. La facilité avec laquelle les assaillants ont attaqué et emporté des armes pourraient s’expliquer par l’amateurisme de l’armée ivoirienne composé en majorité de Dozo et de jeunes désœuvrés.

Sur les premières images de cette attaque, les militaires tués se retrouvent dans leurs chambres comme s’ils avaient été surpris dans leur sommeil. Inadmissible lorsqu’on est dans un camp  militaire.

Autre fait incompréhensible, c’est que les militaires de l’ONUCI sont également basés dans ce camp. Ils n’ont pas participé au combat. Alors, est-ce une mise en scène de la France afin de mettre la pression sur le régime de Alassane Ouattara ? A la décharge de celle-ci, on peut dire qu’elle n’a pas mission de combattre, cependant, les forces de l’ONUCI sont là pour assurer la sécurité et encadrer l’armée ivoirienne.

Le camp Ouattara accuse le front populaire ivoirien (FBI) de Laurent Gbagbo. Alors, nous revenons à la question de départ. Comment les faucons de ce parti qui se trouvent tous hors du pays ont réussi à monter ces attaques sans que les services secrets ivoiriens ne soient alertés. Comment ont-ils traversé la frontière depuis le Ghana ou le Liberia sans être repérés ? Comment ces derniers ont réussi à traverser la ville de Bingerville sans être inquiété ? Ces fusillades pourraient être l’œuvre de militaires mécontents mais ces derniers auraient d’abord fait connaitre des revendications. Ces attaques ressemblent à un complot à cause de tout ce flou.

Quelle mesure les autorités prendront-ils après cette gifle qui est venue rappeler aux Ivoiriens que la paix n’est pas encore de retour ? Une purge peut-être. Certains dirigeants ont, dans le passé, inventé des coups pareils pour justifier des purges au sein de l’armée, des limogeages dans le gouvernement et à d’autres postes. C’est le cas par exemple avec Robert Guei. Ce dernier avait en son temps monté des complots pour assoir convenablement son pouvoir afin de se débarrasser d’indésirables comme le Sergent IB, Wattao, Sheriff Ousmane etc. Cela pourrait être le cas du camp Ouattara. C’est ce qu’il faut craindre dans les jours à venir. Ouattara sait que son pouvoir réside dans les mains des ex-rebelles. Alors inventer un coup pareil pourrait lui permettre de se séparer de ces hommes et de tenir les rennes de l’armée.

Dans tout ce flou, c’est encore la population ivoirienne qui risque de payer le plus lourd tribut car comme on le dit, « quand les éléphants se battent, ce sont les fourmis qui en pâtissent ».

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24. juil.
2012
société
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Affaire Ismaël Sankara : vous-nous-fa-ti-guez !!!

Alors que je croyais qu’on allait enterrer définitivement l’affaire Ismaël Sankara, j’ai été surpris de recevoir un lien me dirigeant sur le portail lefaso.net sans un commentaire. J’ai compris que l’auteur qui a signé du nom de Bendré voulait que je jette un coup d’œil sur « Le démenti d’Ismaël Sankara », un droit de réponse à Jeune Afrique. Ce que l’auteur ne savait pas, c’est qu’il n’influencera en rien ma vision des choses à moins que ce dernier ne veuille que je réagisse.

Je me répéterais en disant que depuis quelques semaines, l’affaire Ismaël Sankara du nom d’un jeune artiste rappeur supposé être le fils du Président Thomas Sankara, le père de la révolution burkinabè alimentent la presse burkinabè. J’ai d’ailleurs écrit un billet « Ismaël : fils de Thomas Sankara et après ? » dans lequel je donnais mon point de vue sur cette question. Pour moi, que ce monsieur qui dit se nommer Ismaël Saba le fils de Sankara ou pas ne changerait pas mon point de vue sur le héros Thomas Sankara. Cela ne changera pas le Burkina Faso ni a fortiori le monde. Mais, en guise de commentaire (alors que j’avais oublié cette histoire évitant de lire les articles liés à ce sujet), j’ai reçu un lien signé Bendré, (je ne peux pas affirmer qu’il s’agisse du journal burkinabè Bendré ou pas) m’invitant sûrement à lire « Le démenti d’Ismaël Sankara » publié également sur le site de Jeune Afrique. De mon analyse, l’auteur a voulu me dire: « voilà, c’est tranché. Ismaël n’est pas le fils de Thomas Sankara. Le journaliste a menti. Voici la preuve». Je ne vois pas les choses de cette manière. En lisant le droit de réponse, j’ai même souri à cette question d’Ismaël Sankara au journaliste : « Si c’était vrai que j’avais dit cela, je peux donc supposer que si je lui avais aussi dit que j’étais le fils du pape, le journaliste écrirait ? » Cette partie de la question ne figure pas sur le droit de réponse publié sur le site de Jeune Afrique. Je me suis aussi demandé ce qu’aurait fait le journaliste.

Fermons cette parenthèse pour dire que dans son droit de réponse, Ismaël Sankara s’en prend au journaliste sur le fait que l’interview n’ait pas été enregistrée. Il affirme n’avoir jamais confié au journaliste qu’il avait dîné avec le Président du Faso Blaise Compaoré, qu’il n’a jamais eu de projet de featuring avec la chanteuse gabonaise Patience Dabani. Il  a affirme qu’ il est « le fils spirituel de Thomas Sankara » mais sa vraie identité comme signé est Ismaël Saba.

Réponse de Pascal Airault :

Cette regrettable polémique ne serait pas survenue si vous et votre entourage professionnel n’aviez pris quelques libertés avec la vérité. Plutôt que de jouer sur l’ambiguïté, il aurait été plus simple de déclarer, comme vous le faites maintenant, que vous vous considériez comme « le fils spirituel de Thomas Sankara », et que c’est la raison pour laquelle vous avez choisi ce nom d’artiste. Vous reconnaissez, plus d’un mois après la publication de cet article, avoir « joué un rôle dans cette pagaille ». Soit. Je maintiens pour ma part que vous m’avez dit avoir dîné avec Blaise Compaoré et que vous avez mentionné une collaboration avec Patience Dabany.

Ainsi situé, je pense qu’il s’agit de la parole d’Ismaël Sankara contre celle de Pascal Airault. Le journaliste n’insiste pas sur le fait qu’Ismaël soit le fils de Thomas Sankara (c’est l’erreur que commettent ses détracteurs) mais affirme dans ses deux derniers articles qu’Ismaël Sankara a avoué qu’il était le fils du père de la révolution burkinabè. Sur ce point, personne ne peut donner raison à l’un ou l’autre sauf un témoin direct de cette affaire. Qui témoignera sans parti pris ? Difficile de savoir surtout que certains journalistes considèrent ce problème comme une affaire personnelle. Personne ne cherche à savoir si Ismaël a menti au journaliste ou pas. Non. On veut juste démontrer que c’est le journaliste qui ment. Une situation à la base d’une polémique qui n’a pas sa raison d’être sauf que certains veulent la lier à un règlement de compte politique. C’est possible…

L’artiste reconnait avoir contribué à cette confusion : « Je veux que tout le monde sache que je ne suis pas parfait, j’ai joué un rôle dans cette pagaille ». Alors, Ismaël a-t-il dit qu’il est le fils de Sankara ou pas ? Il l’a dit. S’il l’a dit alors on dira qu’il a menti au journaliste. Conclusion, il est un menteur. Le reproche qu’on peut faire à ce dernier aussi, c’est qu’il n’a pas vérifié si Ismaël Sankara disait la vérité. Sinon, le journaliste a simplement écrit ce que le jeune homme a dit et je reprends un extrait de son droit de réponse: « j’aimerais que les gens sachent que j’ai dit que je suis le fils de Thomas Sankara, mais je n’ai pas dit ça comme raison principale de mon interview« 

Les journalistes n’analysent pas le problème sur le vrai angle, j’ose le dire. En écrivant dans le portrait qu’Ismaël Sankara était le fils de Thomas Sankara, le journaliste a cru en la bonne foi du jeune artiste qui le lui a dit. Si le journaliste avait prétendu faire une enquête, j’aurais peut-être soutenu ceux qui pensent qu’il s’agissait d’une manœuvre à caractère politique. Les deux se sont croisés. Ils se sont dit des choses. Personne ne saura ce qu’ils se sont dits exactement. Alors, laissons Ismaël Sankara et Pascal Airault régler leur affaire au lieu de nous embêter avec cette fausse histoire. Sinon, vous nous fatiguez ! Et, je le répète, qu’Ismaël Saba dit Ismaël Sankara soit le fils de Thomas Sankara ou pas, cela ne changera rien à l’histoire.

En lisant ce billet, certains penseront que je défend Pascal Airault. Ce n’est pas le cas. Je veux aussi montrer que dans cette affaire, il n’y a pas une victime et un bourreau.

 

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Article : Ismaël  fils de Thomas Sankara et après ?
société
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10 juillet 2012

Ismaël fils de Thomas Sankara et après ?

Depuis quelques semaines, une affaire fait les choux gras de la presse burkinabè. Il s’agit du présumé fils adultérin de Thomas Sankara, Ismael dont le portrait a été publié par le journal Jeune Afrique. Si certains journalistes sont tombés à bras raccourcis sur cet écrit, la question qui se pose est de savoir quel problème y a-t-il si le guide de la révolution burkinabè a eu un enfant hors mariage. Il était un homme comme tous les autres avec ses qualités et ses défauts.  

Ismael, le pretendu fils de Thomas Sankara (afrokanlife.com)

La presse burkinabè est en ébullition depuis l’article publié par le Journal Jeune Afrique sur le supposé fils de l’ancien Président de la révolution burkinabè Thomas Sankara. Il s’agit précisément d’Ismaël Sankara. Jeune Afrique rapporte dans son portrait titré Burkina Faso : Ismaël Sankara, au nom du père ceci :

« Né le 1er avril 1987, Ismael Sankara a quitté le Burkina une semaine avant le coup de force du 15 octobre de la même année qui devait emporter son père. Pressentant sa fin, ce dernier avait décidé d’envoyer sa famille aux États-Unis. Ismael n’a que 6 mois lorsque son père est assassiné. Il grandira à Miami auprès d’une mère courage qui a vite tourné la page des événements pour se consacrer à l’éducation de ses enfants. Durant sa scolarité, il montre de l’engouement pour les sciences sociales, l’espagnol et la musique ».

Le journal ajoute qu’il a rencontré le Président du Faso Blaise Compaoré au cours de son déplacement à Ouaga en assurant le levé de rideau du concert de Singuila.

A l’issue de la publication de cet article, le journal L’Observateur Paalga connu pour son opposition au régime de la révolution après que ses locaux aient été brûlés pendant cette période reprend l’information en titrant « Ismaël Sankara, l’autre fils de Sankara ? »

Des démentis de Ismael Sankara

La réplique ne va pas tarder. Le journal Bendré, proche de l’opposition, se saisit de l’affaire et réalise une interview avec le jeune homme en question. Ce dernier souligne que  ses propos ont été déformés et qu’il ne serait pas le fils du Président Thomas Sankara. Jeune Afrique reconnait que Ismael Sankara a envoyé une lettre souhaitant la publication d’un rectificatif. Refus de l’hebdomadaire qui prétend qu’il ne peut pas revenir en arrière. Voici le mail d’Ismael Sankara tel que publié par Jeune Afrique : « Désolé, mais légalement je ne suis pas le fils de Thomas Sankara. Pour être reconnu comme son fils, cela nécessiterait un recours à la justice et soulèverait beaucoup de questions sensibles… Actuellement, certaines personnes au Burkina pensent que le gouvernement du président Blaise Compaoré est impliqué dans cette affaire et cette situation est allée jusqu’à créer une campagne avant une audience de justice [le 28 juin, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi de la famille Sankara portant sur la séquestration de l’ex-président, NDLR]. Je ne souhaite pas être associé à tout cela. Je suis un artiste, et mon travail est la musique. »

Alors qu’on pensait s’acheminer vers la fin de cette histoire, un autre journal va mettre son pied dans la danse à savoir Mutations.  D’entrée, le journal le dit de façon catégorique « Si ce n’est pas de la manipulation, il s’agirait tout simplement d’une mauvaise méprise. Ismael Sankara n’est pas le fils du président Thomas Sankara comme l’ont affirmé les deux confrères »

Malgré l’apparente neutralité du journaliste, l’auteur prend position dans la chute de l’article et visiblement suppose qu’il s’agit d’un coup monté : « C’est pour détourner l’opinion sur cette problématique. Le fait que ce soit L’Observateur Paalga qui relaie l’information de Jeune Afrique est vu comme la confirmation du complot parce que ce journal défend l’amnistie pour Blaise Compaoré. Il faut dire que le pouvoir en place à mauvaise réputation dans ce domaine. »

    Où est le problème si Ismaël est le fils de Sankara ?    

L’étonnement est grand vu la manière dont certains journalistes défendent cette affaire. Pascal Airaul, l’auteur de l’article est accusé de construire une notoriété sur le mythe de Thomas Sankara. En lisant entre les lignes,  Abdoulaye Ly (Mutations), semble aussi se chercher une notoriété en contre-attaquant, surtout qu’il n’apporte rien de nouveau par rapport à ce qui a été dit par le journal « Bendré » s’il ne se contente que d’accuser les deux journaux d’un complot au profit du pouvoir en place. Il accuse même son confrère de n’être pas aller loin dans ses investigations. Il peut avoir raison sauf que lui aussi n’est pas allé loin dans ses recherches. Qu’est-ce qui prouve que Ismael Sankara n’a pas confirmé sa paternité avec le défunt président lors de l’entretien avec le journaliste de Jeune Afrique ? Aucune réponse à cette question.

Cependant, les analystes s’attaquent à ces deux articles alors que dans une émission diffusée sur la télévision nationale du Burkina, un animateur d’une émission hip hop avait déjà fait le lien de parenté entre Ismael et son présumé père Thomas. Personne n’a été interpelé à l’époque. Jeune Afrique n’est pas le premier media a évoqué cette question.

Partant de ce brouhaha médiatique, le constat: les commentaires se contentent de nier le lien familial entre Thomas l’ancien Président et Ismael le rappeur sans apporter des preuves irréfutables. Qui est le vrai père de Ismael Sankara même si ce dernier prétend qu’il a ajouté Sankara comme nom d’artiste?

Thomas Sankara, est une icône de la jeunesse africaine et au hors du continent. Cependant, qu’il ait eu un fils illégitime ou pas n’entache en rien l’image du guide de la révolution burkinabè. Thomas Sankara était avant tout un homme comme tous les autres. Il avait surement ses qualités et ses défauts. Il a fait de bonnes choses. Toutefois, l’homme à lui-même reconnu qu’il n’a pas tout réussi dans sa politique et qu’il a aussi commis des erreurs et fait des mauvais choix. Bob Marley est mondialement plus connu que l’ancien chef d’Etat Burkinabè pour son discours de paix, sa musique engagée, sa soif de liberté, d’indépendance et d’émancipation comme Thomas Sankara mais tout cela ne l’a pas empêché d’avoir plusieurs enfants… de mères différentes ! Personne n’en fait un problème. Pourquoi s’émouvoir parce qu’il s’agit de Sankara ?

On peut remettre en cause l’écrit de Jeune Afrique. Cependant, ceux qui prétendent faire un travail journalistique devraient également chercher à savoir si Pascal Airaul  dit la vérité. Personne ne sait ce que les deux hommes se sont dits. Tous s’en tiennent uniquement au démenti d’Ismael Sankara. Pourtant, le mail envoyé à la rédaction devrait interpeller. Car le rappeur écrit ceci : « Désolé, mais légalement je ne suis pas le fils de Thomas Sankara. Pour être reconnu comme son fils, cela nécessiterait un recours à la justice et soulèverait beaucoup de questions sensibles ». Ces deux phrases conduisent des interrogations interrogations. Ismael Sankara est-il le fils qui ne voudraient pas faire des vaques où a-t-il a voulu construire sa notoriété sur l’image de son supposé père ? En utilisant Ismael Sankara comme nom d’artiste, n’a-t-il pas voulu quelque part utilisé l’image de ce dernier à son profit ? N’a-t-il pas voulu tirer à son avantage la situation avec le journaliste de Jeune Afrique au départ ? Aucune hypothèse n’est à écarter.

Pourquoi les deux journaux concernés ne se sont pas attaqués à Mad et Mous du groupe MAM et membre de Boss Playa puisque ces deux Ivoiriens d’origine burkinabè portent le nom Sankara (Sankara Mahamadi et Sankara Moussa)  avec qui il est très proche?

Sinon, au risque de se répéter, même si Thomas Sankara a eu un (ou des enfants) hors mariage, cela n’entache en rien sa notoriété, sa probité et les valeurs qu’il incarnait et le modèle qu’il est pour la jeunesse africaine. Je resterai toujours un admirateur de Thomas Sankara.

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Article : Euro 2012 : ambiance de Portugal # Espagne dans une « maison canal » à Ouagadougou
société
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28 juin 2012

Euro 2012 : ambiance de Portugal # Espagne dans une « maison canal » à Ouagadougou

Comme les matches de la Coupe d’Afrique des Nations, ceux de l’Euro sont aussi attendus par les Africains et les Burkinabè en particulier. A l’occasion des demi-finales de cette compétition, l’Espagne, championne en titre jouait contre son voisin le Portugal le mercredi 27 juin 2012. Une demi-finale qui s’annonçait comme un classico entre le Barça et le Réal Madrid. Nous avons suivi ce match dans une « maison Canal ».

La joie des espagnols après la qualification

18h42mn lorsque nous arrivons dans la « maison canal » située juste à côté de la station total en face de l’avenue Charles de Gaules de Ouagadougou. A l’écran, l’équipe d’Espagne est concentrée pour l’exécution de l’hymne national à savoir « la marche royale ». Ce qui me surprend, c’est que la salle est presque vide. Elle  compte trois rangés de banc pour permettre aux téléspectateurs de s’assoir. Seule la rangé du milieu est à moitié occupée par quelques supporters en plein discussion tandis que le gérant panier en main encaisse. Pourtant, les jours de grands matches, il faut être présent au minimum 30 mn avant le début de la rencontre pour espérer s’assoir dans la rangé du milieu et être en face de la télé ou espérer être à la première place. Je m’assis sur la rangée de gauche où il n’y avait personne. Je payais ensuite 150 francs CFA au gérant qui, pour une autre surprise, n’avait pas augmenté le prix du ticket.

Au Burkina, lorsqu’on parle d’une « maison canal », il s’agit d’une salle ou sont retransmis les matches des championnats européens et à certaines occasions de compétitions de coupes continentales qui ne sont en générales par diffusés  à la télévision nationale. Même si le match est retransmis par la chaine nationale, certains préfèrent les regarder dans « les maisons canal » à cause de l’ambiance qui y règne et aussi parce qu’ils jugent que les commentateurs de Canal+ sont les meilleurs. D’ailleurs, ces salles doivent leur nom à cette chaine sportive française. Et pour pouvoir ces compétitions européennes et parfois africaines, il faut s’abonner à Canal Sat Horizon.

Revenons au match. Si au début, la salle était vide, elle s’est rapidement remplie près de 5 mn après le début du match. Apparemment, la chaine nationale n’a pas retransmis le match. Les retardataires forcent souvent le passage pour essayer de s’assoir aux premières places. Ils cachent momentanément les spectateurs déjà assis malgré les trois écrans de la salle. Ces derniers n’hésitent pas à lancer des injures du genre : « toi là, dégage ». Comme un dindon,  le fautif dandine pour se frayer un passage le plus rapidement pour ne pas encaisser d’autres injures. « Il n’y a plus de place devant et ils veulent forcer », monologue mon voisin de gauche. Pendant la moitié de la première période, certains supporters qui essayaient de se frayer un passage pour poser une fesse sur les premières places se font insulter. Certains supporters sont habillés aux couleurs du FC Barcelone. Je remarque particulièrement deux devant moi avec le maillot de Iniesta. Je pus voir après un autre gars avec le fameux maillot rouge de Real où est marqué le dossard 7 avec le nom de Ronaldo.

« Le Portugal va gagner »

« Le Portugal est-il capable de renverser la montagne espagnole, la Roya ?» A cette question de l’un des commentateurs du match, un supporter assis derrière répond « ce n’est pas ici » comme si la question lui était adressée ou comme s’il était sur le terrain. Après cinq minutes de jeu, le Portugal tente de mettre le pied sur le ballon. 12ème minute, Ronaldo déborde sur l’aile gauche et centre le ballon que capte Cassilas le portier de l’équipe d’Espagne au dessus de la tête d’un joueur portugais. Les supporters du Portugal timides jusque là applaudissent. La confiance est là. « Les Espagnols croyaient qu’ils allaient nous écraser. Mais ce ne sera pas ici. Il n’y a personne dans cette équipe d’Espagne pour arrêter Ronaldo. La France c’est pas le Portugal » entendis-je dire dans mon dos. L’autre qui devrait être son voisin répliqua : « c’est quel espagnol qui t’a dit ça ? ». « C’est ce qu’ils croyaient » répondit-il vaguement. « Le supporter qui t’a dit ça ne connait pas le football. C’est le Portugal, ce n’est pas n’importe quelle équipe hein »  et l’autre de conclure la discussion sur ce sujet : « de toutes les façons, nous (Portugal) on va battre l’Espagne ».

Comme à son habitude, l’Espagne essaie de monopoliser le ballon et étale de belles séquences de jeu. Les supporters de la Roya ne peuvent s’empêcher d’applaudir et surtout de crier « Barça ! Barça ! Barça ! »  J’entendis quelqu’un même dire dans la salle d’où montaient une chaleur suffocante, « Si Messi était né espagnol… » Arbeloa et Iniesta, arrachent des « merdes ! » aux supporters après deux occasions de buts manquées. Presque tous les coups de sifflet des arbitres sont commentés. Les supporters dont l’équipe ne bénéficie pas de la faute pensent être lésés même sur les fautes les plus évidentes. « Arbitre, c’est quoi ça ? », « Arbitre est-ce une faute à siffler ça ?», «  arbitre, ça ne vaut pas le coup de donner un carton » etc., Lorsque le réalisateur fait un gros plan sur des joueurs tels que Ronaldo, Nani, Pépé (Portugal) ou sur Iniesta, Xavi, Cassilas (Espagne), des applaudissements viennent encore alourdir l’atmosphère accompagné d’une forte odeur de sueur. Les supporters de l’équipe du Portugal crient le nom de Pepe lorsqu’un défenseur de cette formation dégage une balle ou s’interpose devant un joueur espagnol. Il est vu comme le symbole de la défense portugaise. Il s’agit aussi d’une façon de se moquer des autres et de dire qu’ils l’aiment malgré les actes d’anti-jeu  du défenseur. Mais Pepe a fait un bon match.

La France au menu des discussions

A la mi-temps, la salle se vide un peu. Les uns sont allés libérer leur vessie, d’autres sont sortis prendre de l’air ou boire un peu d’eau. Quelques uns se lèvent pour soulager  leur fesse endurcie pour avoir passé 45 minutes collés sur un banc. Le football passionne  par ici et les discussions ne tournent pas seulement autour de cette rencontre.
–    Aujourd’hui là, Ronaldo va éliminer l’Espagne
–     Toi là, tu ne peux pas parler ici. Nous (Espagne), on vous (France) a éliminé en quart de finale donc tu ne peux pas parler ici.
–    C’est parce que Laurent  Blanc a fait un mauvais classement sinon nous allions battre les espagnols
–    Ce n’est pas Laurent Blanc seulement. Les journalistes Français ne sont pas sérieux. Ils aiment trop les polémiques. De simples discussions chaudes dans les vestiaires, ils en ont fait un problème.
–    Là, tu as raison. Je pense qu’ils en voulaient à Nasri après son geste après son but contre l’Angleterre…

Sur l’écran, le match a repris. Les spectateurs reprennent leur place. Entre temps, la tension monte dans la rangée du milieu. Un gars s’est assis à la place d’une autre personne. Les injures fussent. Ils cachent d’ailleurs ceux qui sont assis derrière eux qui n’hésitent pas à leur crier dessus à leur tour. Ils finissent par s’entendre. Cette scène était prévisible. Il y a des toujours de petites bagarres de ce genres. « Comprenez-les. C’est la tension du match. Ça chauffe sur le terrain, il fait chaud aussi donc l’adrénaline monte facilement » fit quelqu’un avec humour. Cette deuxième mi-temps est vécue comme la première. On n’entend presque pas les voix des commentateurs. Les discussions, les applaudissements, les protestations contre  l’arbitrage prennent le dessus. Lorsqu’on va dans une « maison canal », on s’attend toujours à cela. L’ambiance est meilleure.

Tirs au but pour départager les deux camps

Le temps réglementaire s’achève par le même score de zéro but partout. Place aux prolongations. Quand, l’arbitre siffle la fin de cette partie, les supporters du Portugal sautent de joie. La première bataille est gagnée. Pour eux, si CR7 et ses amis sont arrivés à tenir la meilleure équipe du monde en échec, ils gagneront lors de la séance de tirs au but. Le crie de joie est bien sûr compréhensible surtout lorsque le tir premier espagnol de Xabi Alonso est capté par le gardien portugais. « Hourra !!! On vous a pas dit ? ». Puis certains commencèrent à chanter « Adieu Espagne ! ». Mais c’était sans compter avec la loi du football qui dit tant que l’arbitre n’a pas sifflet la fin de la rencontre il ne faut pas crier victoire. Casillas va aussi se mettre en évidence en arrêtant le tir du premier tireur portugais Moutinho. Là, ce sont les supporters espagnols qui sautent de joie. On crie : « Casillas ! Cassilas ! »  Iniesta, Pepe, Piqué et Nani marquent à leur tour. Ramos s’offre une palencas. Puis vint le tour de Bruno Alves. Lorsqu’il part prendre le ballon, des cris désapprobation montèrent de « la maison canal ». « Lui là, il rate », cria quelqu’un dans la salle. Effectivement, Bruno Alves rate son tir. Vous pouvez déjà imaginer l’ambiance dans la salle. Les cris qui l’envahir n’étaient pas des cris de… joie mais des cris de victoires surtout que c’est Fabregas qui devait se lancer. « Oyé, oyé oyé, oyééé oyééé ». Mais comme dit plus haut, tant que l’arbitre n’a pas sifflet la fin de la rencontre, il ne faut pas crier victoire.

Si Fabregas marque, c’est la fin de la séance des tirs au but. L’Espagne obtient son ticket pour la finale. Ce sera la première fois après la RFA qu’une équipe joue trois finales consécutives dans une compétition majeure. Le sociétaire du FC Barcelone se lance, il tire sur le côté gauche. Patricio plonge du bon côté. Le ballon lui échappe et ricoche sur son montant droit. A cet instant, on imagine, on sent les supporters du Portugal qui s’apprêtent à cirer un ouf de soulagement. Mais, les dieux du foot avaient choisi leur camp : l’Espagne. Le ballon qui a ricochet sur le poteau droit franchi néanmoins la ligne de but. Le dernier tireur du Portugal, Ronaldo ne pourra pas tenter sa chance. Fin Du suspens. C’est la liesse dans la salle avec des « Dieu merci ! ». Les supporters de la Roya se congratulent tandis que ceux du Portugal quittent rapidement la salle.  Après avoir visionné les dernières images de cette retransmission les « espagnoles » quittent « la maison canal » et regagnent leurs domiciles avec des coups de klaxons pour fêter cette victoire. Le rendez-vous est donné pour le lendemain pour connaitre l’adversaire de l’Espagne en finale dans l’autre demi-finale qui va opposer l’Allemagne à l’Italie.

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Article : Amnisties aux anciens présidents, création de sénat : le « ting tang » de Blaise Compaoré
Politique
3
13 juin 2012

Amnisties aux anciens présidents, création de sénat : le « ting tang » de Blaise Compaoré

Les chefs d’États qui ont dirigé le Burkina Faso depuis son indépendance en 1960 bénéficient d’une amnistie suite à une loi votée le lundi 11 juin 2012 par l’Assemblée Nationale. Parmi ces anciens présidents, deux sont encore en vie (Saye Zerbo et Jean Baptiste Ouédraogo tous arrivés au pouvoir par coups d’États. Cette loi s’applique à l’actuel président du Faso Blaise Compaoré. L’Assemblée Nationale a voté celle portant création d’un sénat et celle fixe les limites d’âges (35 ans minimum et 75 ans maximum) pour les candidats aux élections présidentielles. Que veut faire le Président du Faso ? Tentatives de réponses.


Que prépare le président du Faso Blaise Compaoré ? C’est la question se posent bon nombre d’observateurs de la scène politique burkinabè après l’adoption  de certaines lois le lundi 11 juin 2012 par l’Assemblée Nationale. Il s’agit de la loi amnistiant les anciens chefs d’Etat.  Les anciens Présidents concernés par ces amnisties sont Saye Zerbo (entre 1980 et 1982) et Jean Baptiste Ouédraogo (Président entre 1892 et 1983) qui a gouverné le pays sous le nom de Haute Volta. Ces deux derniers sont arrivés au pouvoir à la suite de coups d’Etat tout comme Blaise Compaoré. En plus de cette loi, deux autres ont été votées portant création d’un sénat et les limitant l’âge de la candidature à la Présidence à 35 ans et 75 ans au maximum.  

Au départ, certains opposants au Président du Faso avaient estimé que l’amnistie que proposait le Conseil Consultatif sur les Réformes Politiques (CCRP) était une stratégie pour le Président Blaise Compaoré de se trouver une porte de sortie honorable à la fin de son mandat prévu en 2015.  En agissant de la sorte, il chercherait à  échapper à la justice. Les opposants évoquent les crimes commis sous la 4ème république. Exemple : la disparition du capitaine Thomas Sankara, le père de la révolution burkinabè. La proposition de cette loi avait donné des idées aux opposants de Blaise Compaoré qui se préparait déjà pour sa succession même s’ils y étaient opposés. Si ce dernier est un poids lourd (il a remporté les différentes élections avec des scores larges devant ses adversaires), les autres prétendants de son parti le Congrès Pour la Démocratie et le Progrès (CDP) seraient plus abordables en cas d’élection. Comme dans un championnat d’Afrique, les équipes au palmarès modeste, sans référence  prient pour éviter de tomber dans le même groupe que certains favoris avant le début même de la compétition. Cependant, une rumeur persistante fait savoir que Blaise Compaoré préparait son petit frère François Compaoré pour lui succéder. Une nouvelle qui ne plairait pas à certains barrons du CDP qui auraient même prévu de créer un autre parti.

Si les opposants sont contre l’amnistie aux anciens chefs d’Etats, ils sont aussi opposés à celle portant création du sénat, une autre recommandation du  CCRP. Cette fois-ci il ne s’agit  des mêmes raisons. Le sénat  a déjà existé au Burkina Faso. Il a été supprimé en 2001 jugé budgétivore et inutile. Sa résurrection est prévue pour 2013. Pour l’opposition burkinabè, la création du sénat est un moyen pour le chef de l’Etat  de caser certains cadres et ténors et militants du parti devenus trop nombreux. Il s’agit aussi d’un moyen de les satisfaire et d’avoir toujours la main mise sur eux. Il faudrait calmer ainsi l’ardeur de certains qui pourraient avoir des prétentions sur le fauteuil présidentielle, le mandat du Président du Faso arrivant à échéance en 2015. En procédant ainsi, il pourrait ainsi s’ouvrir la voie pour la course à la présidence avec l’intention de modifié l’article 37 qu’aucun article de la constitution n’interdit la modification. Donc la création du sénat peut être un processus vers la modification de l’article même sur le CCRP a recommandé qu’il ne change pas par manque de consensus.

Ce qui conforte les opposants dans leur position, c’est la limitation de l’âge des candidats à la Présidence qui est de 75 ans au maximum. Le Président du Faso est âgé de 60 ans. Tout cela ressemble à une astuce pour lui de se préparer  pour l’après 2015. Alors pourquoi le Président du Faso semble préparer une porte de sortie et chercherait en même temps à se présenter à en pour sa propre succession. Pourquoi les membres du CDP soutiendraient ces différentes lois s’ils s’opposaient à François Compaoré supposé succéder à son grand frère Si Blaise Compaoré veut bien se maintenir au pouvoir après 28 ans  de règne. A quoi répond la création du sénat?

Blaise Compaoré compte céder le pouvoir… pour un bout de temps

Ce que veut faire Blaise Compaoré est ambigüe. C’est ce qu’on appelle le « ting tang ». Au Burkina, lorsqu’on emploie l’expression « ting tang », c’est pour designer quelque chose de pas clair, une situation difficile à cerner, floue, difficile à expliquer. C’est aussi aller dans tous les sens ou tout tenter. C’est dans ce jeu que Blaise Compaoré semble embarquer ses opposants.

En essayant d’élaborer des pistes de réponses à ces différentes aux questions posées, la lecture de la situation peut être la suivante : le «  Blaiso » veut bien se prendre une petite retraite. Dans ce cas, le Président du Faso cherche à assurer ses arrières et passer une  retraite tranquille.  Certains mouvements de la société civile réclame justice pour des crimes commis pendant  la 4ème république. Il peut ne rien se reprocher mais en politique, il y a toujours des imprévus. En bon militaire et aussi en tant qu’excellent footballeur, Blaise Compaoré est rompu aux rouages de la tactique qu’il utilise bien en politique. Il sait bien qu’il faut souvent prendre les devants et que la meilleure manière de se défendre, c’est d’attaquer.
Ensuite, pour quitter le Palais de Kosyam, il lui faut une personne digne de confiance. En politique, il n’y a pas d’ami. Le « Blaiso » le sait bien. Alors qui mieux que son frère pour le remplacer ? Bien entendu, rien n’empêche ce dernier de se présenter comme . Il est citoyen comme tous les autres. Donc la supposée bagarre entre certains cadres du CDP s’opposant à François Compaoré peut être une manœuvre de diversion. Le Président du Faso a toujours su prendre de contre-pied des opposants. Sinon, pourquoi les députés de ce même partie, dont Roch Marc Christian Kaboré qui est le président de l’Assemblée Nationale, considéré comme le chef des opposants à François Compaoré, ont-ils voté la loi à l’unanimité ?

Une certaine opinion fait croire que le Président est en train de préparer le ministre des affaires étrangères et de la coopération régionale Djibril Yipéné Bassolet ou le ministre des transports et de l’économie numérique Gilbert Noel Ouédraogo, l’allié de l’ADF/RDA pour lui succéder. Encore du flou ! Des fausses pistes peut-être.

Et  pour réussir son retour au cas il se prendrait une retraite, il peut toujours être éligible même après cinq ou dix ans. Il aura 73 ans à l’issue de deux mandats de son successeur.  Rien ne l’empêche. Ce serait une manière pour lui d’utiliser les failles de la constitution parce qu’aucun article n’empêche un ancien Président de se présenter à nouveau à une élection présidentielle. Voici donc l’interprétation que l’on peut  faire de l’adoption des différentes lois le 11 juin 2012 sans forcement modifié l’article 37 auquel les opposants conduits par leur chef de fil maitre Bénéwendé Sankara sont farouchement opposés.

Pour le moment Ces derniers ont du mal à lire la stratégie du chef de l’Etat et on choisi comme arme le boycott. Ils ont refusé de siéger aux assises du CCRP et aussi lors des votes des différents projets de loi. Leur manque de maitrise de la situation les emmène a demander à ce que le Blaise Compaoré dise ouvertement qu’il ne se représentera pas aux élections de 2015.

Il s’agirait d’une manière d’imiter le cas russe. Vladimir Poutine, après un mandat en tant que premier ministre est revenu reprendre les rennes du pouvoir. Il n’a pas violé la constitution et rien n’empêche Blaise Compaoré de faire pareil.

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Auteur·e

L'auteur: Boukari Ouédraogo
Boukari Ouédraogo est journaliste multimédias et blogueur burkinabè passionné des nouveaux médias, du cinéma et du sport. Il blogue depuis 2009 pour le compte de Mondoblog.

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