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Le Messager d'Afrique depuis Ouagadougou
24. oct.
2011
Mondoportrait
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Suy Kahofi, le blogeur d’Abidjan

Suy Kahofy est un journaliste ivoirien  devenu également blogueur affirmé à la faveur de la création du concours et de la plateforme Mondoblog.  Celui qui raconte « La Côte d’Ivoire au jour le jour » s’est d’abord initié à la pratique du blog par le projet Avenue 225. Son (mondo)portrait.

Suy Kahofy, le blogueur de la capitale économique ivoirienne

«  La Côte d’Ivoire au Jour le Jour » est un bon blog qui a beaucoup fait parler de lui pendant la crise post-électoral qui a secoué la Côte d’Ivoire . Dans un contexte difficile, ce blog a été une véritable source d’informations pour les Ivoiriens vivant en Côte d’Ivoire et aux expatriés. Au délà des informations données par les journaux traditionnels, ce blog a constitué une source d’information pour les journalistes et tous ceux qui avaient besoin de s’informer sur le pays de l’ancien Président Félix Houphouet Boigny.

Tout en restant neutre dans ses écrits, Suy Kahofi était comme une caméra sur la ville d’Abidjan et la Côte d’Ivoire, racontant au jour le jour les péripéties et les rebondissements sur la crise ivoirienne. Avec sa casquette de journaliste-bloggueur, il sillonne les quartiers d’Abidjan pour raconter le quotidien de ses compatriotes. Son blog est régulièrement alimenté avec des billets toujours accrocheurs.

A une période où Abidjan était coupé du monde, pendant que les différents milices s’affrontaient dans cette ville, alors que les médias de partisan  de Laurent  Gbagbo ou de Alassane Ouattara ne paraissaient plus, le blog de Suy Kahofy était une véritable source d’information pour les médias internationaux. Malgré son courage, il a du fermer pendant quelques temps à cause du manque de connexion ou la difficulté de s’aventurer dans les rues d’Abidjan. Les différentes milices ne faisaient plus tout à fait la distinction entre journalistes et « rebelles »

Sa liberté de ton s’est faite remarquée par les Bob’s, prix récompensant les meilleurs blogueurs chaque année. Suy Kahofy a été nominé dans la catégorie Droit de l’homme.  Même s’il analyse souvent la situation sociopolitique de son pays, Suy Kahofi préfère donner la parole aux Ivoiriens. C’est pourquoi il donne rarement son point de vue se contentant très souvent de compte rendu et de reportage. Suy Kahofi est surtout un journaliste de radio mais cela ne l’empêche pas pour autant d’écrire pour le papier ou sur la toile. Le blogeur d’Abidjan, natif de Dimbokro, ville située à 240km au nord d’Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, se sent libre lorsqu’il se retrouve sur sa plateforme en témoigne ces propos recueillis il y a quelques mois :

Mes patrons et la loi me couvrent pour le travail que je fais à la radio mais ce que j’écris n’engage que moi et moi seul. Ici (sur le blog) personne ne me dit fais ça ou fais ceci ou livre le papier pour le journal de midi. C’est aussi cette liberté que j’aime avec le blog.

Bientôt deux ans que ce dernier découvre le blogging grâce au projet Avenue 225. Mais, c’est avec le projet Mondoblog qui regroupe 100 blogueurs francophones sélectionnés par un concours initié par l’Atelier des Médias de Radio France Internationale. Il était parmi les 20 meilleurs blogueurs du concours Mondoblog qui devait retenir 20 (une trentaine sera retenue à la fin) candidats pour une formation au Sénégal et au Cameroun. La popularité du blog de Suy Kahofi « La Côte d’Ivoire au jour le jour » est telle qu’une grande personnalité retenue à l’Hôtel du Golf, lui demanda un jour « Mondoblog, ça existe toujours ? » C’est encore la preuve que tous les acteurs de la crise ivoirienne ont utilisé sa plateforme comme source d’information et qu’il a été au cœur de la crise ivoirienne.  

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21. oct.
2011
Journalisme
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Décès du journaliste Michel Congo : 10 ans après, les assassins se cachent toujours

21 octobre 2001-21 octobre 2011. 10 ans que le jeune étudiant en journalisme au département de communication et journalisme ancien Arts et Communication et également journaliste au défunt quotidien 24 heures a été assassiné sauvagement.

Michel Congo assassiné à 23 ans

Qui a tué Michel Congo? Pourquoi ? Voici des questions que se posent les promotionnaires, la famille, les journalistes et les étudiants 10 ans après l’assassinat sauvage de cet étudiant en journalisme en fin de cycle et précédemment journaliste au quotidien 24 heures qui n’existe plus. Le mystère reste entier. Rien ne pouvait laisser imaginer l’assassinat de ce jeune de 23 ans « sympathique, serviable, sociable etc.) Le 21 octobre 2001, le corps de Michel Congo est découvert dans sa chambre égorgé, le visage défiguré. L’horreur de ce crime odieux a ébranlé la famille de la presse burkinabè, de la victime et de tous ceux qui le connaissaient au département de communication et journalisme. Qui pouvait en vouloir à un jeune garçon si sympathique, serviable, toujours disponible pour les autres ? Une question qui torture jusqu’au aujourd’hui ceux qui ont connu Michel Congo.

Des enquêtes ont été menées sans que la justice ne puisse mettre la main sur les auteurs de ce crime abominable. Même le jugement de cette affaire a porté sur des affaires de mœurs et l’inculpé a été relâché. Certains de ses promotionnaires comme Hervé Taoko (Michel était son ainé au département de Communication et Journalisme de l’Université de Ouagadougou), rédacteur en chef du journal « Le Reporter » et ayant travaillé avec lui au quotidien 24 heures pense que l’enquête a été bâclée. D’après, lui certains prisonniers comme Hyacinthe Kafando se seraient confiés au père Celestino sur l’assassinat de Thomas Sankara, Norbert Zongo etc. Le père Celestino qui était un ami de Michel Congo fervent chrétien, auraient pu livrer des secrets à Michel Congo. Taoko relève que deux de ses carnets de notes auraient disparus.Un prisonnier avait été assassiné le père Celestino à la Maison d’Arrêt et de Correction de Ouagadougou (MACO) à l’aide d’une hache . En plus, le jeune journaliste du journal « 24 heures » a été l’objet de menace après la publication d’un compte rendu sur l’éviction du président de l’Union Nationale des Étudiants du Faso (UNEF) à l’époque. Interpelés, Les signataires ne se reconnaissaient pas dans la lettre envoyée au journal. Mystère! Pour Hervé Taoko, si l’enquête avait été bien menée, les coupables d’un crime aussi odieux auraient déjà été arrêtés. Certains comparent l’assassinat de Michel Congo à celui de Norbert Zongo, journaliste du journal l’Indépendant tué le 13 décembre 1998.

Michel Congo était le benjamin d’une famille de trois enfants. Né au Sénégal le 17 août 1978, Michel Congo a d’abord fait ses études primaires à l’école catholique Saint Pierre de Dakar avant d’obtenir son baccalauréat série A au Lycée Demba Diop de Mbour (Sénégal). Il décide de rejoindre son pays le Burkina Faso après l’obtention de son BAC sur proposition de sa sœur afin passer le test de journalisme au département de Communication et Journalisme à l’époque appelé Arts et Communication. Il est admis au test d’entrée lors de l’année universitaire 1996-1997. Ce département proposant trois options à savoir « Communication pour le développement », « Relations publiques et communication d’entreprise », « journalisme », Michel Congo choisi sans hésiter pour la dernière option à sa troisième année. L’année universitaire 1999-2000 étant invalidée, le benjamin de la promotion, effectue des stages pratiques à la télévision nationale du Burkina et à l’hebdomadaire « Journal du Jeudi (J.J) » avant d’intégrer l’équipe du quotidien « 24 heures » un journal du groupe JJ. La rigueur de sa plume, son dévouement au travail font de lui, un talent montant du journalisme burkinabè avant que des assassins attentent à sa vie le 21 octobre 2001. Aujourd’hui, les coupables courent toujours. Pourtant, la consolation des parents aujourd’hui est de savoir qui a tué Michel Congo et pour quelle raisons. Mais comme on le dit souvent « Dieu a Donné, Dieu a repris, que son âme repose en paix ».

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30. sept.
2011
société
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« Les mangeuses d’âmes » de Ouagadougou

Le centre Delwende (en mooré, la langue la plus parlée au Burkina signifie remet toi à Dieu) de Tanghin , un quartier de Ouagadougou, est bien connu des Burkinabè. Il abrite en son sein des femmes d’un âge avancé soupçonnées d’être des sorcières. Je vous parle dans ce billet, de celles qu’on appelle « Les mangeuses d’âmes ».

 

Des femmes du centre Delwende de Ouagadougou (ph Sidwaya)

La sorcellerie existe-t-elle ? Sur la question, l’opinion des Burkinabè semble partagée. Pendant d’autres pensent mordicus que la sorcellerie existe belle et bien, d’autres estiment qu’il s’agit d’une idée préconçue. J’ai déjà rencontré ces « mangeuses d’âmes » à Ouagadougou. Comme tous les Burkinabè, j’avais déjà entendu parler de ces vielles femmes, accusées de sorcellerie et logées au centre Delwendé de Ouagadougou dans le quartier de Tanghin. Ma première rencontre avec dames a eu lieu le dimanche 6 septembre 2009 cinq jours après la pluie du 1er septembre qui avait causé des inondations dans la capitale burkinabè. Ce jour là, la première dame du Burkina Chantal Compaoré devait rendre visite aux sinistrés et particulièrement aux « mangeuses d’âmes » dont le centre d’accueil avait été envahi par les eaux. Stagiaire dans un quotidien burkinabè, j’ai accompagné une journaliste lors de la tournée de cette dernière dans les différents sites d’accueils des personnes sinistrées. Elles avaient été installées dans une école du même quartier. Ce que j’ai vu m’a beaucoup choqué. Elles avaient presque toutes dépassées la soixantaine. La mine défaite, habillées de haillons, pieds nus, elles étaient entassées dans les salles de classes. La question que je me suis posée est de savoir comment autant de vielles pouvaient se retrouvés dans un même endroit. Ce n’est pas  comme ça que les vieux sont traités en Afrique. Dans une salle où étaient logés les plus faibles, les femmes étaient au bord de l’agonie. La salle dans laquelle elles étaient logées puait de l’urine. Une puanteur qui vous accueillait dès l’entrée. Certaines avaient des blessures ou pullulaient presque des verts.

Voir de mes propres yeux

Quelques mois après, je suis allé au centre Delwendé, que ces « mangeuses d’âmes » avaient rejoint pour voir dans quelles conditions elles vivaient. Des histoires déconseillaient d’approcher le centre. Ma première surprise est que j’ai vu une fille de 6 ans venue acheter des arachides avec l’une « des mangeuses d’âmes ». Selon ce qu’on racontait concernant ces sorcières, elles seraient capables du simple regard de dévorer un individu. Ce dernier mourrait subitement une fois rentrée chez lui ou en circulation. Je voulais échanger avec les gestionnaires du centre mais ils étaient tous sortis en attendant leur retour, j’observais ce qu’il y avait autour de moi.

Odile la mangeuse d’âmes par OuagadougouNews

« Le jury du prix RFI-Reporters sans frontières et l’Organisation internationale de la Francophonie a distingué le burkinabé Simon Gongo, étudiant en journalisme et communication à l’université de Ouagadougou comme lauréat dans la catégorie Radio du prix « Jean Hélène », pour son reportage intitulé « Odile, la mangeuse d’âmes ». Il retrace l’histoire d’une femme de 55 ans accusée de sorcellerie. D’abord expulsée par son mari, elle sera ensuite rejetée par son époux et sa famille. Elle va errer dans la nature pour se retrouver mendiante dans les rues de Ouagadougou. Dans la capitale burkinabé, elle aura la vie sauve grâce à une structure qui la récupère. C’est la situation d’environ cinq cents femmes hébergées par des structures d’accueils à Ouagadougou« .

« Les mangeuses d’âmes » du Centre Delwende sont assez bien organisées. A l’entrée, juste à droite, il y avait de grandes marmites posées sur des foyers. Une dizaine de femmes préparaient du riz. Elles devaient être chargées de cuisiner pour leurs camarades. Celles qui ne cuisinaient pas étaient en train de filer du coton. Cependant, j’ai pu voir quelques femmes en train de préparer pour leur propre compte. Au milieu de la cour, une jeune femme, vendait du poisson fumé. Elle ne faisait pas partir du centre mais était juste venue vendre sa marchandise.

Sur le flanc d’un mur, une fille échangeait avec une pensionnaire du centre. J’ai d’ailleurs pu échanger avec elle. Selon ce qu’elle m’a fait comprendre, cette dame était sa mère. Elle a été bannie de sa famille et personne d’autres à part elle ne pouvait rentre lui rendre. Si quelqu’un le faisait, cette personne mourrait. Elle avait apporté du riz à sa maman. Lorsque ses frères voulaient donner quelque chose à leur mère, ils passaient par elle sans que les autres membres de la famille ne soient informés. Ce jour là, je voulais échanger avec certaines d’entre elles, mais personne ne pouvait me parler tant que les responsables n’étaient pas là. Lorsque ces derniers revinrent, ils me demandèrent d’adresser une demander à la mairie avant de pouvoir parler leur parler.

Les Burkinabè croient en l’existence de la sorcellerie

La question de la sorcellerie est un vrai problème au Burkina Faso. Ce qui est incompréhensible, les personnes accusées de sorcellerie sont généralement les femmes pour la plupart âgées, sans soutien et marginalisées. La sorcellerie est-elle pratiquée uniquement par les femmes ? Non vous répondront tous ceux qui croient à cette pratique. Pourtant, seulement les femmes sont chassées du village. Dans sa livraison du 16 septembre 2011, le journal Le Pays dans sa rubrique Pot-pourri, faisait état de découverte d’ossements humains sous le lit d’un sorcier mort brutalement. Le cas de ce dernier était connu de tout le village mais jusqu’à sa mort personne n’a osé le chasser du village.

Des films ont été réalisés par des Burkinabè dont le dernier en date est « Delwendé lève toi et marche » du réalisateur burkinabè Saint-Pierre Yaméogo. Dans ce film, l’auteur montre l’absurdité de la politique d’exclusion des « mangeuses d’âmes ». Le réalisateur Idrissa Ouédraogo est également revenu sur le sujet dans son film Yaaba, prix spécial du jury lors du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO) de 1989. Lors de l’édition de 2011, j’ai pu constater que le phénomène existait également au Ghana. Un documentaire « Witches of Gambaga » évoquait également la question. Tout comme au Burkina, ce sont les femmes sans soutien, vivant seules qui sont accusées de sorcellerie lorsqu’il y a une mort brutale.

D’une manière générale, beaucoup de personnes pensent que la sorcellerie existe même s’ils reconnaissent que ce sont des innocents qui sont la plupart du temps accusés de la pratiquer. Sinon, pourquoi ce sont uniquement les femmes qui sont accusées alors que les sorciers, souvent bien connu de tous, ne sont pas inquiétés ? Pourquoi ? Parce qu’on peut s’en prendre plus facilement aux femmes.

Je vous propose un papier écrit sur la sorcellerie paru dans un journal burkinabè

Dans la commune rurale de Zogoré, l’on ne cesse toujours de s’interroger sur ce qui s’est passé dans ce village situé à 7 km du chef-lieu de la commune. Les faits sont accablants et suscitent la curiosité de bon nombre d’habitants du département de Zogoré. Qu’en est-il exactement ? S.B est natif de la commune de Zogoré, bien connu des habitants à cause de ses activités de maraboutage. Régulièrement fréquentable, il est apprécié de tous, surtout par la gent féminine. Respecté, oui, mais aussi craint à cause justement de sa puissance occulte. Propriétaire d’un vaste champ de mil, il devait solliciter les villageois à venir l’aider à le cultiver. La veille, il alla au marché de Zogoré pour s’approvisionner en condiments.De retour chez lui à la maison, S.B meurt brusquement. Une mort jugée très suspecte par les parents du défunt, pour qui ce genre de décès est tout sauf fortuit. Cette mort est provoquée et il faut trouver coûte que coûte le coupable, selon eux. C’est ainsi qu’ils firent le tour des charlatans les plus réputés de la localité pour en avoir le cœur net. Les deux premiers voyants leur firent savoir que S.B est victime de ses propres actes. Le troisième voyant leur dit la même chose et fait d’autres révélations. Il suggéra à ces visiteurs de repartir soulever le lit de leur frère et constater ce qui s’y trouve.

Dès qu’ils suivirent exactement les récommandations du charlatan, ils furent surpris de découvrir un squelette humain se trouvant dans une caisse, le tout dans un trou profond. Selon les dires des habitants, les os sont ceux d’un bébé et les côtes étaient visibles. Les ossements ont été enterrés séance tenante sur recommandation des sages du village. Par la suite, les pluies étaient rares dans le village d’où est originaire S.B, tandis que toute la commune était abondamment arrosée. De commun accord, les sages du village décident de procéder à la profanation de la tombe de S.B. Le même jour dans la soirée, une pluie diluvienne s’est abattue sur la bourgade. Depuis, les deux veuves de S.B sont devenues la risée de tout le village.

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29. sept.
2011
Education
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Nouveaux bacheliers burkinabè, bienvenus à Guantanamo (Université de Ouagadougou)

Il y avait de l’émotion le jour de la délibération du baccalauréat dans les différents lycées du Burkina Faso. Les candidats admis ont sauté de joie en entendant leurs noms ou en les voyants affichés sur des tableaux. Ils ont crié : « enfin l’Université » sans savoir ce qui les attends réellement sur le campus de Zogono (l’Université de Ouagadougou) encore appelé Guantanamo.

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Les nouveaux bacheliers ont fini leurs inscriptions à l’Université de Ouagadougou même si l’administration est en train d’organiser une session pour les retardataires. « Guantanamo », c’est par ce nom que les étudiants burkinabè surnomment l’Université de Ouagadougou. « Guantanamo », c’est également le nom de la célèbre prison américaine située au Cuba et où sont enfermés les plus grands terroristes. Elle est également vue comme l’un des plus grands centres de torture du monde. Si l’on surnomme l’Université de Ouagadougou ainsi, c’est que la prison de Guantanamo  a fait parler d’elle surtout  à cause donc des conditions de détention de ses prisonniers. Les étudiants comparent les difficultés qu’ils connaissent aux tortures que subissent les prisonniers  de cette prison. « Guantanamo » n’est pas le seul surnom de l’Université de Ouagadougou. Les étudiants l’appellent aussi le « Calcio » en référence au championnat italien la série A. Si aujourd’hui la premier league (le champion anglais) est considérée comme le championnat le plus dur, le surnom « Calcio » s’explique par le fait que le championnat italien, il y a quelques années était considéré comme le plus difficile au monde. Les défenses italiennes sont rigoureuses et il faut être un attaquant de grande classe, de talent exceptionnel comme Georges Weah à l’époque, ou récemment quand Samuel Eto’o jouait à l’Inter Milan, pour pourvoir marqué des buts. « En Italie, soit l’attaquant passe et le ballon reste ou le ballon passe et l’attaquant », c’est l’idée qu’avait les Burkinabè du championnat italien. Cela signifie qu’un attaquant ne peut pas traverser la défense  sans laisser des plumes. « Le Calcio » parce que seuls les étudiants surdoués peuvent échapper à la sévérité des professeurs considérés comme des défenseures du championnat italien. Lorsqu’un étudiant réussit quatre d’années d’études sans reprendre une classe ou aller en session (nous en parlerons plus loin), il est respecté. C’est un surdoué. Car il s’agit d’une sélection naturelle. Mais ce n’est pas le plus fort qui survit mais le plus malin.

La course pour le maillot jaune

Les nouveaux bacheliers ont « arrosé » leur diplôme. Arroser les diplômes, c’est fêter le succès au baccalauréat avec ses amis au cours d’une soirée. S’ils savaient ce qui les attendait  à Guantanamo ou dans le Calcio, ils garderaient leur joie pour eux même. D’abord, le premier obstacle auxquels ils devront faire face est de prendre le « maillot jaune », c’est-à-dire faire tout pour être au premier rang. « Le maillot jaune » est  bien sûr une expression du cyclisme. Le détenteur du « maillot jaune »  (en générale et pour le tour de France et du Faso en particulier) est le vainqueur au temps d’une compétition de cette discipline sportive. « Maillot jaune », parce que l’étudiant doit se lever tôt le matin pour faire le rang d’abord afin de pouvoir déposer à temps les dossiers de candidatures pour la demande de place. C’est celui qui arrive le plus tôt qui a la première place.  Il remporte donc le « maillot jaune ». On l’appelle « maillot jaune » ou « maillot » tout simplement.

 

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Le problème, c’est que presque tout est question de « maillot jaune » à Guantanamo. Pour le dépôt des dossiers de candidatures, le retrait des fiches d’inscription, les demandes d’orientations, les inscriptions pédagogiques, les inscriptions académiques, pour chier, payer des tickets pour le restaurant, aller au RU etc.,  En parlant du RU, Il s’agit de l’abréviation du restaurant universitaire. Imaginez-vous, des étudiants prendre « le maillot jaune » à 8 heures alors que le service du repas commence à 10 heures. Ceux qui attendent l’heure du service pour prendre le rang peuvent espérer un hypothétique plat de riz gras non accompagné de poisson comme c’est le cas habituellement. En plus, ils ne peuvent pas faire de choix. Le plat préféré des étudiants est  le « dègué », une sorte de yaourt mélanger à de la farine de mil. Alors pour avoir ce plat, il faut se « réveiller matin bonheur » pour prendre le maillot jaune. Le contingentement des plats fait que tous étudiants les étudiants ne peuvent pas avoir à manger. C’est pourquoi ceux qui sont à la queue ont toujours l’air inquiet. La queue, comme la « queue du peloton» en cyclisme.

Pour ceux qui mangent au RU, c’est juste parce qu’ils ne peuvent pas s’acheter un plat à 300 francs CFA dans « la rue» . « Manger dans la rue », c’est manger dans les restaurants situés aux alentours de Guantanamo. Là, le plat coute 300 francs CFA au minimum. Au RU, le plat qui est supposé coûter 600 francs (la majorité des étudiants n’y croit pas) est acheté avec un ticket de 100 Francs CFA. D’ailleurs pour avoir ces tickets, il faut prendre « le maillot jaune » au CENOU). Là bas aussi, c’est une vraie bagarre. Car il faut souvent attendre de longues heures. Seuls les riches ou les boursiers peuvent manger « dans la rue ». En parlant de manger il faut plutôt dire « valider ». Voilà pourquoi un étudiant vous dira : «  Je viens de valider avec dèguè parce que j’ai pris maillot au RU » ce qui signifie  » je viens de manger du dèguè parce que j’étais le premier au restaurant universitaire ». La question est souvent de savoir si les étudiants luttent pour le restaurant ou pour être dans les amphis.  Vendre vide n’a pas point d’oreille. Les retardataires grâce au soutien de leurs camarades mangent en « FM » s’ils n’ont pas eu leurs rations. Ils partagent le plat de ces derniers.

Prendre du café pour veiller

Dans la lutte pour le « maillot jaune », l’étudiant doit tout faire réussir à la première session, celui de juin, sinon il ira au « congrès » qui est la deuxième session prévu généralement en septembre. Et là rien n’est certain. En plus il n’a pas de vacances. Cette deuxième session de rattrapage s’appelle le « congrès ». C’est là qu’interviennent les « 2Kpi ». Faire les « 2kpi », c’est veillé pour bosser ses cours en consommant généralement du café. Il faut que le « boilô » soit propre. Le  mot « boilô », vient du Philosophe Boileau en référence à sa célèbre citation« Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément».  Boilô ressemble à « boire de l’eau ». Alors qu’on bosse les cours comme si on boit de l’eau pour ensuite « vomir » les leçons pendant le devoir. Mais, il y a des stratèges qui préfèrent aller au « congrès », malgré les angoisses que cela cause. Pendant cette session de rattrapage, les étudiants composent uniquement dans les matières où ils n’ont pas eu une moyenne supérieure à 10. Avec souvent une vingtaine de cours à bosser, certains préfèrent se concentrer sur la moitié, les plus dures à la première session. Ils s’assurent ainsi de bonnes notes et lors du « Congrès », ils se concentrent sur les autres matières. Souvent, il leur suffit de faire le minimum en ayant seulement 8 de moyenne dans l’ensemble de ces dernières matières pour ne pas redoubler. C’est le système souvent utilisé par certains travailleurs qui n’ont pas le temps.

Si la limite d’âge et l’exigence d’une moyenne supérieure ou égale à 12 pour faire des études des médecines empêchent les nouveaux bacheliers d’opter pour cette filière, la majorité a envie d’aller en Sciences Juridiques et Politiques encore appelés Droit. Cette unité de formation est appelée la « Chine populaire» à cause de son effectif pléthorique.

A Guantanamo, il y a deux catégories d’étudiants. Ils y a ceux qu’on appelle les « fonctionnaires ». Il s’agit des boursiers parce qu’ils perçoivent leur primes chaque mois. Il y a également les « retraités» . Cette couche d’étudiants est composée de ceux qui bénéficient de l’aide ou du prêt du Fond National pour l’éducation et la recherche (FONER). Chaque année, le gouvernement offre de l’aide aux étudiants. Ces montants tournent entre 150.000 francs CFA et 200.000 francs en fonction du niveau d’étude de chaque étudiant. Ceux qui touchent le FONER sont les « retraités ». La référence aux retraités s’explique par le fait que ces derniers touchent leurs pensions chaque trimestre. Les « Foneristes » ou « Foneriens » ou encore « retraités » passent à la caisse chaque trimestre même si certains préfèrent attendre à la dernière minutes pour empocher le « jackpot » au lieu de prendre son « FONER » de façon morcelé. Cela constitue le gros lot. Ceux qui le font n’ont généralement pas de problème financier.  Le FONER ne suffit pas parce que les étudiants de Guantanamo sont toujours criblés de dette.

Des photocopies chaque jour

Il ne faut pas penser que le FONER peut être utilisé pour faire la cour aux demoiselles. Chaque jour que Dieu crée, l’étudiant est obligé de faire des photocopies. En plus des cours que le professeur dispense il y a également des documents qu’il demandera de trouver. Comme les livres coûtent chers, les étudiants se rabattent sur la photocopie tout en pensant  à économiser afin de prendre « le maillot jaune » au RU (Restaurant Universitaire si vous vous rappelez). Si 200.000 francs CFA paraissent beaucoup, cette somme en réalité dérisoire au vu des dépenses. Elle ne suffit par pour le carburant pour ceux qui ont la chance d’avoir des motos. Ceux qui n’ont pas de moyen de déplacement doivent se rabattre sur le bus dont la carte mensuelle coûte 5000 Francs CFA. Heureusement, la situation semble s’être améliorée car il y a deux ans, pour espérer avoir une place, il fallait se lever à 4 heures du matin. Le problème de loyer se pose souvent pour les étudiants qui viennent des provinces. Certains pour faciliter tout cela, préfèrent s’organiser en « Gonhi », un terme nouchi qui signifie famille ou groupe. Ils louent des maisons et cotisent pour payer le loyer. Ceux qui sont dans les cités universitaires se voient souvent dans l’obligation d’accueillir des « cochambriers » ou des Cambodgiens. Cambodgiens pour ne par dire réfugies.  « Cambodgiens » étaient devenu synonyme de réfugiés à cause de la guerre qui a secoué ce pays et avait causé beaucoup de déplacés. Pour une chambre prévue pour une personne, les étudiants se retrouvent à quatre. Les trois autres sont les Cambodgiens mais tous les quatre s’appellent « cochambriers ».

Les mots ne suffisent pas pour parler des conditions des vies des pensionnaires car il y a des choses qui se vivent. Et comme aiment le dire les étudiants, « lorsqu’on quitte l’Université de Ouagadougou, on est armé pour faire face à toutes les difficultés de la vie ». Ceux qui n’ont pas la force de tenir quittent et s’inscrivent dans les écoles supérieures. Là également, les étudiants vous diront qu’il y a deux poids et deux mesures. Une opinion rependue fait croire que les professeurs de l’Université de Ouagadougou qui enseigne également dans les écoles supérieures et les universités privées sont plus tolérants lorsqu’il lorsqu’ils corrigent les copies dans ces établissements. Cependant, ceux qui sont passés par l’Université de Ouagadougou ont plus de fierté car ils sont généralement reconnus comme étant parmi les meilleurs. D’ailleurs l’Université de Ouagadougou, Guantanamo donc, est considérée comme la deuxième meilleure Université de l’Afrique de l’Ouest.

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15. sept.
2011
société
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Propreté de la ville de Ouagadougou, une affaire de « la brigade verte »

Afin d’assurer la propreté de la ville de Ouagadougou, le bourgmestre de la capitale, Simon Compaoré a organisé un groupe de femmes en une compagnie de propreté chargée de balayer les rues de Ouagadougou. Il s’agit de « la brigade verte » crée en 1995 et reconnue en 1998 fait la fierté du maire de la capitale. Un sujet également abordé par un blogueur ivoirien sur le blog « La Côte d’Ivoire au jour le jour ».

Les femmes de "la brigade verte" désherbant un terrain

« Les femmes de Simon ». C’est par ce nom que les Ouagalais appellent affectueusement ces dames qui deux fois par semaine, les lundis et les jeudis, balaient les rues de Ouagadougou levées à partir de 4 heures du matin et parfois bien avant. Constituées en groupes, ces femmes se sont vues affectées des zones qu’elles doivent balayer avant 7 heures et les heures de pointe. Elles sont pour la plupart d’un âge avancé même si parfois, on retrouve quelques jeunes filles.  Même si leur principale tâche est de balayer les voies, ces femmes sont souvent appelées à désherber des terrains.  « Les femmes de Simon » sont reconnaissables grâce à leurs blouses vertes d’où leur nom « la brigade verte ».

Pour ce travail, la mairie leur fourni le matériel nécessaire : les balaies, les seaux, les pelles etc. Chaque balayeuse gagne la modique somme de 20 000 francs CFA par mois à raison de 1250 francs par journée de travail. Leur employeur organise souvent des séances de visite médicale pour s’assurer de leur état de santé. 20 au départ, « la brigade verte » est constituée aujourd’hui d’environs 400 femmes.

Les efforts de « la brigade verte » ont été reconnus hors du Burkina Faso avec de nombreuses récompenses au plan international. Elle a remporté le prix « Africités » en 2003 à Yaoundé au Cameroun, sur environs 700 prétendants, le Prix Dubaï international des meilleures pratiques pour l’amélioration du cadre de vie » en 2006, Prix du Premier ministre de Bahreïn » obtenu le 4 novembre 2008. Des récompenses qui font la fierté de ces femmes et de « mari » Simon Compaoré. Chaque année, le maire de Ouagadougou organise une journée dédiée à ces femmes. Pendant  cette journée, les plus assidues au travail reçoivent des vélos, des sacs de riz etc.

Avec le peu qu’elles gagnent, « les femmes de Simon » soutiennent leurs maris et payent souvent les frais de scolarité de leurs enfants.

Malgré les efforts pour mettre ces femmes à l’aise, elles manquent de certains matériels. Travaillant souvent dans la poussière, elles n’ont souvent pas de cache-nez pour se protéger. Elles se lèvent tôt et parcourent de longues pour rejoindre leur lieu de travail. Ces femmes font face souvent à l’impolitesse de certains usagers de la route en supportant les injures et leurs imprudences. Elles sont souvent victimes de vols parce que travaillant souvent à des heures pendant lesquelles beaucoup de personnes dorment encore. Mais tout cela ne décourage pas ces femmes qui s’adonnent avec ardeur à leur travail. En plus, elles passent de longues heures courbés. Ce qui est très fatiguant. En plus, la somme de 1250 francs de travail par jour est insuffisant compte tenu des nombreuses difficultés que rencontrent ces dames. « Les femmes de Simon » doivent bénéficier d’une meilleure prise en charge pour l’amélioration de leur condition de travail. La ville de Ouagadougou récolte les bénéfices issus des efforts de ces femmes, car Ouagadougou est classé parmi les villes les plus propres d’Afrique.

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14. sept.
2011
société
5

Wikileaks: Voici comment Blaise Compaoré est jugé par les Etats-Unis

Le câble daté du 6 mars 2009 (09OUAGADOUGOU145) est l’occasion pour l’ambassadrice américaine Jeanine Jackson, qui quitte le Burkina Faso, de livrer ses réflexions sur le pays, son président, Blaise Compaoré, et sur la succession de celui-ci. Traduction des principaux passages du document.

le Président Blaise Compaoré

4 ) Pendant mes conversations privées avec lui [Blaise Compaoré, NDLR], je l’ai trouvé extrêmement sérieux, authentique et très bien informé. On m’a dit que ses plus proches conseillers adoraient travailler avec lui. Alors qu’ils travaillent de longues heures, voyagent beaucoup et reçoivent fréquemment de nombreux visiteurs, il trouve régulièrement le temps de les emmener sur le terrain de foot pour décompresser. Au départ, ce sont eux qui  l’ont poussé à travailler son image et ce sont eux qui peuvent le convaincre de laisser tranquillement le pouvoir en 2015 – ou de rester en place pour grader le pays sur le droit chemin.

5) (…) Une des raisons pour lesquelles il favorise des liens étroits avec les États-Unis est une tentative de renforcer son image au niveau international et par conséquent de consolider sa position à l’échelle nationale. L’élection clef ne sera pas 2010 mais 2015. Compaoré, que la Constitution, dans l’état actuel, empêche de se représenter en 2015, devra décider s’il se voit à l’avenir en simple citoyen. Il peut choisir entre agir comme plusieurs autres dirigeants africains en modifiant – encore –  la Constitution ou se retirer avec élégance pour devenir un médiateur entre chefs d’État africains.

6) Plusieurs observateurs pensent que Compaoré va effectivement amender la Constitution dans le but de briguer un nouveau mandat, suivant ainsi les conseils de Kaddafi, selon lequel « si un président est bon pour le pays, la Constitution doit être modifiée pour le maintenir au pouvoir ». Autre raison pour laquelle le président Compaoré n’est pas prêt de lâcher son siège, les accusations de violations présumées des droits humains dans les années 1980 et 1990 qui reviendront  le hanter si son successeur n’est pas assez proche de lui et/ou de son parti. De plus, les fidèles qui ont profité du clientélisme et du népotisme sous la présidence de Compaoré vont probablement l’encourager à se représenter en 2015.

7) Si Compaoré ne quitte pas le pouvoir, la question se pose alors : qui peut prendre sa place ? Des spéculations récentes misent sur son frère François Compaoré. Bien que François Compaoré soit un économiste bardé de diplômes et conseiller du président, il n’est pas du tout populaire dans la société du Burkina Faso à cause des accusations qui plane sur lui du meurtre d’un journaliste respecté, Robert Zongo, en 1998. Il est aussi accusé de corruption. Il est peu envisageable que le président Compaoré soutienne son frère au risque de perdre sa popularité.

Il apparaît qu’il y a plusieurs années, Compaoré a commencé à faire monter Gilbert Ouedraogo comme un successeur potentiel. Ouedraogo, fils d’un ex-président, est l’actuel ministre des Transports et leader du parti d’opposition, Rassemblement démocratique africain / l’Alliance pour la démocratie et la fédération (ADF/RDA). L’ADF est alignée sur le président mais critique le gouvernement sur plusieurs questions nationales. Il n’est plus certain qu’Ouedraogo demeure favori à la succession. (Commentaire : Ouedraogo a participé au programme des visiteurs internationaux et a une opinion très positive des États-Unis). (…)

10) Le Premier ministre Zongo devrait écrire un livre intitulé « Les secrets de pouvoir de Tertius Zongo ». Aux États-Unis, c’était un ambassadeur énergique mais même les citoyens et les donateurs le plus sceptiques sont étonnés de ce qu’il a accompli en 18 mois au poste de Premier ministre. Il a une approche censée et s’est occupé de lutter contre la corruption à tous les niveaux ; faisant de l’éducation sa priorité ; rapprochant le gouvernement de la population à travers tout le pays ; choisissant de bons ministres et leur enseignant comment progresser efficacement en utilisant les principes américains de la « gestion par objectifs » ; et consultant les partenaires bilatéraux ou internationaux sur les problèmes majeurs. En tant que principal artisan de l’élection du Burkina Faso à un MCC [Millenium Challenge Corporation, NDLR] compact, il continue d’utiliser les résultats des 17 indicateurs de performances du MCC comme de repères pour hiérarchiser ses priorités. Zongo sait jusqu’à quel point il peut encourager le gouvernement et le secteur privé à réduire la corruption sans trop faire de vague au sein des plus hautes instances de décisions. Longtemps simple fonctionnaire, Zongo ne sera probablement pas candidat à la présidentielle en 2015.

Commentaire :

11) Il est difficile pour moi de me prononcer sur la capacité de Zongo et de Compaoré à diriger la transition vers un système démocratique durable et plus stable. Il me semble que Zongo le souhaite vraiment et Compaoré pourrait être séduit par un système et des institutions démocratiques s’il pense y avoir un avenir et que le pays ne tombera pas dans le chaos. Si nous les poussons, les  pressons, les « cajolons » et travaillons avec eux pour continuer le processus nous pourrions vraiment les aider à faire de ce pays une réelle success story. Cela ne sera pas facile, mais l’effort en vaut la peine.

Lire l’article sur Jeuneafrique.com : WikiLeaks – Burkina Faso : comment les États-Unis jugent Blaise Compaoré | Jeuneafrique.com – le premier site d’information et d’actualité sur l’Afrique
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13. sept.
2011
société
1

Football : Comment naissent les Drogba, Eto’o, Pitroipa

Les joueurs africains ont envahi les championnats européens où ils sont parmi les meilleurs à l’image de l’Ivoirien Didier Drogba de Chelsea, le Camerounais Samuel Eto’o ancien sociétaire du FC Barcelone, de l’Inter de Milan et aujourd’hui de l’Anzi Makhatchkala au Daguestan, du Burkinabè Jonathan Pitroipa à Rennes. Ces joueurs pour arriver au haut niveau ont d’abord tapé dans le ballon dans la poussière.

De futurs stars à l'oeuvre

Un Samedi, alors qu’il était 13 heures, j’ai aperçu de jeunes garçons en train de jouer au football sous le soleil ardent. Ils étaient environs cinq dont certains le torse nu, menaient des slaloms et des dribles avant de faire une passe décisive pour un ami. Le but inscrit, tous les joueurs couraient vers le buteur et sautaient de joies. L’équipe adverse tentait à son tour et réussissait souvent à égaliser ainsi de suite. Ils tapaient dans un vieux ballon sur in petit terrain. Cela m’a rappelé que la plupart des footballeurs africains ont commencé à taper dans le ballon dans la rue.

Le rêve des jeunes footballeurs africains est de devenir de superstars à l’image de leurs ainés Samuel Eto’o, Didier Drogba, Yaya Touré, Gervihno, Alain Traoré. Si aujourd’hui, les centres de formation poussent comme des champions, la première école de formation pour ces enfants demeure la rue. Ils ont généralement entre 5 et 15 ans. Tous les jeudis, samedis soir et les dimanches, ces enfants se retrouvent sur un espace de jeu avec comme ballon, un assemblage de vieux chiffons ou même de sachets. Comme les poteaux, quatre branches plantées dans le sol aux deux extrémités du terrain. Pas besoin de terrain réglementaire, le traçage du terrain qui se fait d’ailleurs avec de la cendre en générale suffit. C’est sur un terrain poussiéreux que le jeu se déroule.

Avant de commencer le match, les deux joueurs supposés plus âgés forment deux camps. Les autres enfants se mettent au milieu du terrain et les deux grands choisissent un à un et à tour de rôle, les éléments qui leur conviennent. Les deux équipes doivent être à égalité. Si un joueur n’a pas d’équipe, ce dernier est un remplaçant de luxe et peut intégrer l’une des deux équipes à n’importe quel moment.

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Les enfants  n’ont pas besoin d’un arbitre. Ils sont eux mêmes, leurs propres maitres de jeu car c’est dernier partent du fait que tous connaissent les règles de basse de ce sport et aussi par sincérité. Malgré souvent quelques mésententes, ils finissent toujours par s’entendre. La passion pour le foot prend toujours le dessus. Que le terrain soit grand ou petit, les enfants trouveront forcement une bonne formule pour exprimer leur talent. Dans un tel contexte, Ils ne pensent pas à gagner de l’argent mais à se faire plaisir.

Pour se donner plus de motivation, les futures stars du ballon rond organisent de petits tournois entre eux. Les prix sont composés d’un… verre de thé et de quelques bonbons. La compétition se déroule en une journée. Les règles du jeu ne sont forcement pas celles élaborées par la FIFA. Le jeu se déroule en 2X10 minutes. S’il n’y a pas de vainqueur, l’on passe directement aux tirs au but. Le même trophée est chaque fois remis en jeu. Et chaque jeudi, les futurs Eto’o organisent ces genres de compétitions pour se distraire.

L'un de ses enfants pourraient un jour remporter la Ligue des Champions

Comme vous l’aurez remarqué, c’est avec les moyens de bord que ces enfants jouent au football. En chemise ou même en pantalon,  (donc sans tenue de sport), sans chaussures, ils s’adonnent à leur sport favori. Certains achètent souvent des tee-shirts et écrivent au dos avec de la peinture, le nom de leur joueur préféré et se font appelés par ce nom. Les ballons comme nous l’avions mentionnés plus haut sont constitués d’emballage de chiffons, ou de sachets usés ou encore des vieux tissus qu’un tailleur a accepté de raccommoder en boule pour eux. Généralement, ceux qui ont des ballons sont très respectés car ils peuvent à tout moment décider de s’en aller si jamais ils sont contrariés. L’esprit de solidarité est généralement le concept partagé par les joueurs.

Certains adultes en profitent pour se constituer encadreur de ces jeunes même si la plupart du temps ils n’ont bénéficié d’aucune formation dans ce métier d’entraineur. C’est dans ce sens qu’ils participent aux tournois de Maracaña qui sont des compétitions organisées dans les quartiers et pratiqué sur un espace équivalent à un terrain de handball. Il se joue à sept en plus du gardien. Le Maracaña peut jouer avec un des poteaux d’une largeur de 0,5 à 0,75 mètres. C’est généralement dans ces genres de compétitions  que les meilleurs se font remarquer par certains clubs de la place. D’autres également peuvent intégrer des centres de formation.  Une première étape donc pour aboutir au championnat amateur et rêver décrocher un jour un contrat professionnel en Europe. C’est donc dans  la rue que ces jeunes forgent leur talent. La rue est le premier centre de formation du jeune footballeur africain.

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15. août
2011
Droits de l'Homme
4

Menacer de prison pour un billet sur l’excision

Certains billets que nous produisons peuvent nous causer des soucis. J’ai failli aller en prison pour un billet publié sur mon blog et intitulé Excision, difficile d’arrêter l’hémorragie. Des commentateurs qui ne partageaient pas mon constat l’ont fait savoir au point que certains aient décidé de m’attraire en justice. Heureusement tout est entré dans l’ordre. Mais je partage avec vous quelques commentaires. L’un des commentaires, le dernier me demande de penser avec ma tête et non avec mes pieds. Les commentaires sont repris textuellement.

(source image: www.contre-dits.com)

Un extrait de mon billet.

La communauté internationale a célébré le dimanche 6 février 2011, la journée internationale de la lutte contre l’excision. Au pays des hommes intègres, malgré les campagnes de sensibilisation, la pratique reste fortement ancrée dans les mœurs, jusque même chez les plus intellectuels…

Monsieur Boukari Ouédraogo,

Le siège de votre article repose sur des affirmations gratuites et des contrevérités. Il a le mérite d’exposer votre ignorance à l’opinion publique nationale et internationales sur les stratégies et actions menées par le Burkina Faso en matière de promotion de l’élimination de la pratique de l’Excision. Votre attitude révèle une volonté manifeste de saper tous les efforts déployés par l’Etat burkinabé et les différents acteurs de la promotion de l’élimination de l’excision au Burkina Faso.
Savez vous que le Burkina Faso est plutôt engagé contre l’excision depuis plus d’une vingtaine d’années au lieu d’une dizaine d’années comme vous le dites? Avez vous des statistiques pour confirmer vos allégations? Avez vous le profil de ceux qui appellent sur la ligne verte au 80.00.11.12 « SOS Excision » pour dénoncer des cas d’excision ou des tentatives d’exciser? Avez vous connaissance des statistiques de cas d’excision transmise par les brigades de gendarmerie au Comité devenu maintenant Conseil National de Lutte contre la Pratique de l’Excision? Possédez vous les rapports trimestriels des cours et tribunaux sur les cas d’excision au Burkina Faso? Pouvez vous citer ces acteurs de la lutte engagés que devant les cameras et les micros? Avez vous connaissance de la possibilité pour les femmes porteuses de séquelles d’excision de pouvoir bénéficier d’une réparation chirurgicale? Avez vous connaissance de l’existence des patrouilles de sensibilisation et de dissuasion de la pratique de l’excision menées par les Brigades de Gendarmerie en collaboration avec les Directions Provinciales de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale? Avec vous connaissance de l’existence des noyaux relais dans les villages chargés de mener des actions éducatives en faveur de l’abandon total de l’excision? Avec vous connaissance de la synergie d’action créée par le Secrétariat Permanent du Conseil National de Lutte contre la Pratique de l’ Excision en suscitant la création du réseau de leaders coutumiers et religieux pour l’élimination de la pratique de l’excision, du réseau des journalistes pour l’élimination de la pratique de l’excision, du réseau des Associations et ONG pour l’élimination de la pratique de l’excision, du réseau des Organisations Islamiques en Population et Développement pour l’élimination de la pratique de l’excision, du réseau droits humains et mutilations génitales féminines? Saviez vous que le Burkina Faso a été identifié par ses pairs à l’issue de la Conférence Interparlementaire de Dakar des 03 et 04 Mai 2010 comme pays leader devant porter devant la 65ème Assemblée Générale des Nations Unies, un projet de résolution pour l’interdiction mondiale des mutilations génitales féminines?
Bref, j’arrête la liste ici et je vous invite à apporter ces éléments de réponse dans votre blog car pour un futur journaliste qui écrit sur un sujet sans prendre le minimum d’informations sur la question, c’est très grave.
Pire, vous vous adonnez à des affirmations gratuites.
Pour terminer, je voudrais attirer votre attention sur la cybercriminalité et sur le risque que vous pourriez encourir de répondre d’éventuels délits en matière correctionnelle devant les juridictions nationales. Vous êtes donc tenus de publier dans votre site, le droit de réponse du Secrétariat Permanent Conseil National de Lutte contre la Pratique de l’Excision s’il juge utile de le faire. Renseignez vous auprès de vos enseignants (Pr Serge Théophile BALIMA, Dr Firmin GOUBA, Dr Nestorine SANGARE, Dr VOCOUMA pour ne citer que ceux là), ils vous diront que c’est encadré juridiquement au Burkina Faso et le Conseil Supérieur de la Communication veille au respect des dispositions législatives et règlementaires. Il ne suffit pas de créer son blog ou son site et poster des informations des contrevérités de nature à nuire ou à porter atteinte au rayonnement international de l’Etat. Si c’était vrai d’accord!

Ibrahim TALL

Armand Yameogo dit :

12 février 2011 à 23 h 11 min

Bonjour à tous,

Apres la lecture de l’article publié et de l’intervention à la fois pertinente et précieuse je dirais de M. Ibrahim Tall je crois que ma grande inquiétude s’est dissipé.

Sandrine Mano dit :

14 février 2011 à 8 h 57 min

je joinds ma voix à celle de Mr Ibrahim TALL pour vous dire qu’avant de vouloir cuaser au hasard il faut avoir des idées bien fondées.connaissez vous me nombre de femmes qui ont été en prison juste pour ces deux mois je totalise 10.le premier jugement a eu lieu le 04 janvier on a enfermé 08 et le 27 janvier on a enfermé 02.les statistiques des juriductions que je reçois chaque trmestre me rejouis le coeur et en plus je serai obligé à cette allure de poser une plainte contre vous.connaissez vous les efforts que pose l’état en faveur de l’élimination de la pratique de l’excision,le parteniares techniques et financiers,les reseaux, les associations toutes ces personnes mobilisées contre l’excision.et je tiens à vous rappeller égaelement que le BURKINA FASO a toujours été une reférence en matière de promotion de l’élimination de la pratique de l’excision plein de pays je n’ose cité ne maitrise rien en la matière et ne savent pas quoi faire contre ça.lisez les statistiques qui cherche trouve je vous rappelle un bon journaliste c’est celui qui part à la bases chercher les informations avant de parler pour ne pas un jour avoir le monde sur le dos.pensez avec votre tête ne pensez pas avec vos pieds

 

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29. juil.
2011
Journalisme
4

Radio Campus Ouaga, les étudiants prennent la parole

Le paysage radiophonique burkinabè s’agrandit depuis les années 1990 après le discours de la Baule. C’est dans ce contexte et aussi pédagogique qu’est née la Radio Campus Ouaga, une station qui s’impose peu à peu dans le sillage des radios burkinabè malgré ses maigres ressources.

Moussa Traoré, chef de programme de radio campus Ouaga

91.2 FM, c’est sur cette fréquence que vous pouvez écouter Radio Campus Ouaga si vous êtes de passage dans la capitale burkinabè. Créée le 26 septembre 2006, elle est située dans l’enceinte de l’Université de Ouagadougou, précisément dans les locaux qui abritent le département de Communication et Journalisme. Outil pédagogique, Radio Campus Ouaga s’est imposée comme un vrai moyen d’information et de distraction. Les animateurs de cette radio sont constitués uniquement d’étudiants de l’Université de Ouagadougou qu’ils soient du département de communication et journaliste ou des autres Unités de Formation et de Recherche (UFR). Cette équipe est encadrée par un chef de programme Moussa Traoré, chargé d’encadrer les étudiants car étant plus libre. La radio couvre un rayon de 35 km bien que des populations situées hors de ce rayon appellent et participent souvent aux émissions interactives.

Radio Campus Ouaga sert d’abord d’outil de formation pour les étudiants en communication et journalisme. Elle est ouverte à tout partenariat visant la promotion de la paix de la liberté de la démocratie, un véritable moyen d’éducation. Après les cours théoriques dans les salles, les étudiants s’en servent pour les travaux pratiques ou plutôt pour allier la théorie à la pratique. Ce qui permet aux étudiants d’être opérationnels dès qu’ils sortent de cette école. D’ailleurs des journalistes de renom sont sortis de cette école. C’est le cas de Simon Gongo, aujourd’hui présentateur du journal télévisé de la télévision nationale et lauréat du prix RFI de la liberté de la presse. Dans un contexte ou l’auto-censure est courante, Radio Campus se distingue par sa liberté et sa neutralité.

La neutralité de Radio Campus Ouaga lui cause de nombreux des problèmes dus à un manque de compréhension. Pour beaucoup d’étudiants, cette radio est un instrument de propagande des autorités politiques. Des syndicats d’étudiants refusent de passer sur les antennes de cette radio lorsqu’ils sont invités pour des débats. De l’autre côté, la 91.2 est perçue comme une radio critique voir opposée aux autorités politiques. Un jour, alors que des étudiants animaient une émission de débat relative au bien fondé d’une manifestation anti-Blé Goudé et de soutien au Président Blaise Compaoré, organisé par le mouvement « J’aime ma patrie » membre du groupe de contact pendant la crise ivoirienne, un auditeur a appelé à l’antenne pour menacer l’animateur du jour et ses invités : « Qui vous a donné l’autorisation d’animer une telle émission ? C’est parce que c’est le régime de Blaise Compaoré qui vous permet de critiquer que vous animez une telle émission ». Puis, ce dernier à menacé de saisir le Conseil Supérieur de l’Information (CSC) instance de régulation des médias au Burkina Faso, pour la fermeture de cette radio.

Cette radio est aussi célèbre pour son émission sportive « Sport au Pluriel ». Celle-ci passe tous les lundis à partir de 17 h et les vendredis de 19 h 10 à 21 h. La particularité de cette émission est son interactivité pour ce qui concerne l’émission du vendredi avec les rubriques «A vous l’antenne » qui permet de débattre sur la situation du sport burkinabè et « Questions d’auditeurs qui donnent l’occasion aux auditeurs de poser des questions pour compléter leurs informations sur l’actualité sportive. Radio Campus, la radio intelligente comme elle est aussi surnommée, explique également le concept qui entoure les différentes disciplines. Par exemple, en donnant les résultats concernant le basketball, l’animateur prend le soin d’expliquer comment est né ce sport et également ses différentes règles. Le jeudi, Maxime Kaboré, dont le rêve est de couvrir le tour de France, présente l’émission Campus Infos Sport à 12 h 30 et rediffusée plusieurs fois dans la journée.

« Faso Hit Parade », le classement des artistes burkinabè par les auditeurs, animés par Assad, Culture Box (émission culturelle) de Moumouni Simporé, Hip Hop Academy de Etik le Last et Cogito, « Ile de l’amour », sont des émissions de distraction musicale. Raggaesoundfalsh animé par Black Soul est émission reggae engagée. Le débat, Pause Littérature, Héros d’Afrique, Repère pour l’Afrique, English by students, Passion détente, Class Privilège, Traveling (émission de cinéma) etc. sont des émissions de Radio Campus Ouaga.

Bien que placée sous la coupe de l’Université de Ouagadougou, Radio Campus Ouaga est entièrement gérée par les étudiants. Elle rencontre d’énormes difficultés. Les animateurs sont tous des bénévoles. Ce qui rend souvent difficile la régularité de certaines émissions, et aux animateurs de couvrir tous les événements. Radio Campus Ouaga malgré sa jeunesse est considérée comme la 4ème Radio la plus écoutée à Ouagadougou.

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Auteur·e

L'auteur: Boukari Ouédraogo
Boukari Ouédraogo est journaliste multimédias et blogueur burkinabè passionné des nouveaux médias, du cinéma et du sport. Il blogue depuis 2009 pour le compte de Mondoblog.

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