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Le Messager d'Afrique depuis Ouagadougou
Article : Petit Papa Noël, quand tu descendras du ciel…
société
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24 décembre 2012

Petit Papa Noël, quand tu descendras du ciel…

Pere-noel

Petit Papa Noël, quand tu descendras du ciel avec des jouets par milliers,

Je suis assez grand pour demander de petits souliers

Mais n’oublie pas  la flamme de la paix

Pour que les rebelles du M23 et l’armée de Kabila fument le calumet

Qu’au Mali, Ensardine, MLNA, Moujao libèrent le nord du pays

Pour que la terre de Soundiata redevienne un Maliba uni.

 

Petit Papa Noël, apporte dans ton sac assez de fric

Pour que cesse la guerre en Centrafrique

Ici, l’argent c’est le nerf de la guerre,

Même si au Bas-Oubangui, diamant, or, pétrole devaient nous éloigner de cette galère.

 

Petit Papa Noël, quand tu descendras du ciel avec des jouets par milliers,

Souviens toi de la situation en Palestine et en Israël, tragique

D’un coup de bâton, transformes les cœurs de pierre en cœur rouge d’amour,

N’oublie, pas à la place de ta hotte, le bâton magique

Pour soigner les âmes là bas quand tu y fera un tour

 

Petit Papa Noël, quand tu descendras du ciel avec des jouets par milliers

N’oublie pas de semer la graine de l’entente entre Chrétiens et Musulmans

Qu’au Nigeria, Boko Haram arrête de tuer des innocents au nom de l’Islam

Que personne ne soit stigmatisé parce qu’il est musulman

Pour Dieu, ont coulé, trop de sang, trop de larmes, tuer c’est haram

 

Petit Papa Noël, quand tu descendras du ciel avec des joueurs par milliers,

N’oublie pas ces milliers de jeunes cerveaux

 Qui chaque jour, à la recherche d’un emploi galèrent de bureau en bureau

Lassés de rédiger des demandes d’emploi

Elles offrent leurs corps, ils vendent leurs âmes pour travailler ici-bas.

 

Petit Papa Noël, quand tu descendras du ciel avec des jouets par milliers,

N’oublie pas les enfants de tout âge dans les rues, mendiants

Quelques galettes pour leur quotidienne pitance

Ils n’ont pas besoin de jouets

Mais un toit où dormir dans un lit douillet.

 

Petit Papa Noël, quand tu descendras du ciel avec des jouets par milliers,

Donne-nous le secret de la Démocratie au Ghana

Pour que partout en Afrique après une élection

A la place d’un bain de sang, qu’au vainqueur le perdant dise félicitation

Pour qu’à la paix, on chante Hosana.

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Article : Les raisons de l’effritement du CDP aux législatives burkinabè
Politique
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19 décembre 2012

Les raisons de l’effritement du CDP aux législatives burkinabè

Les résultats provisoires des élections couplées législatives ont été rendus publics ce jeudi 06 décembre 2012 par la commission électorale nationale indépendante (CENI). Le constat, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) prend du recul. De 65% d’élus en lors de la précédente législature le CDP s’en tire actuellement avec 55% des députés.

Photo CDP

Ce recul est la conséquence de la crise socio-militaire  qui a secoué le Burkina Faso dans le premier trimestre de l’année 2011 avec les mutineries en cascades, les grèves et manifestations des élèves et étudiants, de la justice, des commerçants etc. Les Burkinabè ont manifesté leur ras le bal face à l’inactivité du gouvernement sur la cherté de la vie, le sentiment d’injustice  consécutif au décès de l’élève Justin Zongo. Concernant ce cas, l’on avait d’abord voulu faire croire qu’il est décédé de méningites avant d’être déclaré mort des suites de blessures après des coups reçus dans un commissariat de police. Les mutineries qui ont secoué le Burkina à cette période, ont fragilisé le régime actuel. Le Président du Faso Blaise Compaoré a lui-même reconnu à cette période qu’il n’était pas au courant de certains problèmes dans son propre pays.

Le sentiment d’injustice a aussi incité certains militants du CDP à donner leurs voix à d’autres formations politiques. Le cas le plus récent, c’est l’affaire Ousmane Guiro. Emprisonné pour détention illégale de 2 milliards de francs CFA enfouis dans des cantines, Ousmane Guiro, l’ancien directeur général de la douane burkinabè a bénéficié d’une liberté provisoire pour raison de maladie soi-disant . Ce dernier va surprendre les Burkinabè en se présentant candidat sous la bannière du parti majoritaire le CDP. Cela a donné le sentiment à beaucoup que l’arrestation de cette personnalité un premier novembre n’était qu’une mise en scène. L’impression qui se dégage, c’est que même si Guiro n’a pas été jugé, c’est qu’on peut voler impunément au pays des hommes intègres. En tout cas, le CDP pouvait nous épargner d’une telle publicité. Le cas Guiro n’est que l’une des affaires plus récentes car beaucoup d’autres faits, comme la disparition de Norbert Zongo d’élèves et Justin Zongo, résonnent dans la tête des jeunes. A cela s’ajoutent de nombreuses malversations dans des municipalités comme celle de l’arrondissement de Boulmiougou (Ouagadougou) etc.

La crise interne au CDP explique également cette situation. Des clans existent au sein du parti majoritaire. Pendant cette campagne, certains leaders du CDP tel que l’actuel président de l’Assemblée Nationale n’était pas visible sur le terrain. Il n’était même pas candidat. Cela s’explique par la guerre fratricide qui mine ce parti politique. Ceux qui connaissent le milieu estiment qu’il y a trois clans au sein de ce parti. Il s’agit de celui de François Compaoré, le petit frère du Président du Faso Blaise Compaoré, de Simon Compaoré, le maire de la ville de Ouagadougou (qui ne s’est pas présenté cette fois ci) et Salif Diallo l’un des bonzes du parti, bras droit du Président du Faso suspendu entre temps par ses paires après sa proposition sur l’institution d’un régime parlementaire au Burkina Faso et de Roch Marc Christian Kaboré. Ce conflit a fragilisé le CDP de sorte que Ni Salif Diallo, ni Simon Compaoré encore moins Roch Marc Christian Kaboré n’étaient candidats pour ces élections couplées.

Tous ces facteurs ont eu pour conséquence une volonté de  changement de la part surtout de la classe jeune et instruite. Le Burkina Faso est dirigé depuis 25 ans par le Président Blaise Compaoré et depuis 14 ans par le CDP son parti si l’on enlève exclut  la période l’ODP/MT. Si le parti de Blaise Compaoré a réussi tout de même à remporter ces élections, c’est parce qu’il peut compter sur une classe analphabètes soumise aux à certaines pesanteurs socioculturelles selon laquelle un chef ne se remplace que s’il meurt.

Même si le CDP crie victoire, le parti risque en réalité de se mordre les doigts. Il est bien vrai qu’il a une majorité à l’assemblée mais celle-ci n’est pas suffisante  car pour certaines lois, il faudra l’aval de 2/3 des députés. Le CDP sera donc obligé de composer avec l’ADF/RDA qui a déjà manifesté son opposition à la modification de l’article 37.  Le CDP va devoir lutter dans les prochaines années car l’effritement risque de ne pas s’arrêter à ces élections. 

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Article : Elections au Burkina : justification d’un vote blanc
Politique
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5 décembre 2012

Elections au Burkina : justification d’un vote blanc

Les Burkinabè sont allés aux urnes le dimanche 2 décembre 2012 pour choisir leurs représentants à l’Assemblée Nationale et aux différentes municipalités. La campagne qui a démarré deux semaines avant cette date devait permettre aux électeurs de se faire une idée sur les programmes des 74 partis en lice. Mais hélas…

Hélas ! Car le comportement des différents candidats est vraiment affligeant. Lors des temps d’antenne accordés aux candidats à travers les émissions « 5 mn pour convaincre » et le débat « Regard croisé » organisées par la télévision nationale en collaboration avec la Commission électorale nationale indépendante (CENI), les débat ont été d’un niveau très bas. Moi qui ne savais pas encore quel candidat voté, j’ai voulu suivre sérieusement ces échanges avec les journalistes et entre les candidats pour me faire une idée. Avant  ces élections, les parlementaires tentaient à tout prix d’expliquer à la population qu’un député ne construit pas de barrage, de route ou des forage. Ils ont tenu à expliquer tout cela à l’époque parce que les électeurs les ont accusés de disparaitre une fois les élections terminées oubliant donc les multiples promesses .

Mais, à la faveur de ces campagnes électorales pour ces législatives et ces municipales j’ai été surpris de constater que ces mêmes candidats reviennent encore avec les promesses qu’ils soient de l’opposition ou du pouvoir. Ces derniers promettent à nouveau la construction de barrages, de forages, d’hôpitaux etc. sans pouvoir dire comment ils comptent s’y prendre. Je me rappelle que l’un d’eux à oser dire que pour tenir ses promesses, il n’a besoin qu’un d’un seul député à l’assemblée nationale. A l’analyse je constate que ces sois disant politiciens confondent le rôle qui est celui du gouvernement à celui du parlement. Ils ne savent même pas ce qu’ils iront faire à l’assemblée nationale.

Et tous ceux qui se succèdent sur le plateau se fondent dans le même mensonge, les fausses promesses, la calomnie etc. Un candidat convoitant le poste de conseillé municipal dans une localité à même promis ridiculement 15.000 emplois s’il était élus !

Dans l’un des numéros « 5 mn pour convaincre », un journaliste a posé cette question au représentant d’un parti : « Quelle est votre stratégie de campagne ? » Celui-ci était incapable de répondre à la question. Il n’avait rien compris. Le journaliste de son côté l’a relancé à plusieurs reprise sans qu’il s’en sorte  : « vous passez par des meetings ou vous faites du porte à porte ? » Ce n’est que comme ça que notre malheureux représentant de parti à pu comprendre ce qu’on attendait de lui. Tenez-vous, il avait 5 mn seulement pour s’exprimer.

C’est comme cet autre chef de parti, ancien candidat à l’élection présidentielle venu sur le plateau pour convaincre ses électeurs. Il s’est contenté de se plaindre sur le fait qu’il n’a reçu qu’une centaine de francs CFA comme subvention du gouvernement pour battre sa campagne. Pourtant, ce qu’oublie ce monsieur, c’est que la subvention est calculée en fonction de la représentation du parti sur toute l’étendue du territoire, les scores réalisés lors des dernières élections etc. S’il n’a qu’une centaine de milliers de francs CFA, c’est que son parti n’est même pas représentatif sur l’échiquier national. En plus, au lieu de compter sur la cotisation de ses militants, il compte plutôt sur les sous du pauvre contribuable. C’est d’ailleurs ce qui fait dire à certains que la plupart des partis politiques ne s’intéressent pas aux élections mais aux subventions.

Des candidats fantômes

Les candidats sont incapables d’élaborer un programme cohérent. Du côté du parti au pouvoir tout comme de l’opposition, les différents partis misent plutôt sur la popularité de leurs leaders. Ce qui fait que très souvent, les photos de ces personnalités remplacent les logos. On se croirait à une élection présidentielle. Au Burkina, un jeune parti politique est en train de séduire la jeunesse. Son président serait rien riche et aurait donc les moyens de sa politique. Je me suis dit : « voilà, je vais le suivre pour voir quelle sera leur politique si leurs candidats sont élus». Malheureusement, le représentant de ce nouvel homme politique de l’opposition n’a pas su défendre le programme de son parti répétant la même chose que les autres partis d’opposition. Alors, si tous ces partis proposent la même chose, pourquoi ne se réunissent-ils pas ?

Au-delà de tout ça, je me suis dit pourquoi voter pour des partis incapables d’aller défendre leur programme sur un plateau de télé ? (certains n’ont pas répondu présent aux tranches qui leurs étaient attribuées).

Il y a quelques jours, un ami m’a informé qu’un étudiant était candidat sur une liste des législatives d’un parti. Mais il ne le savait lui-même pas qu’il était candidat. Je l’ai joint personnellement au téléphone et il a bien confirmé l’information selon laquelle, il était lui-même surpris de voir son nom sur la liste « j’ai remis mes papiers à ma sœur pour qu’elle me cherche du travail. C’est plus tard que j’ai compris que ces papiers ont été utilisés dans le cadre des élections » m’a-t-il expliqué. J’ai également appelé  le président du parti en question. Ce dernier reconnait les faits avant de s’enflammer : « pourquoi c’est au téléphone que vous me demandez cela ? Vous l’avez interviewé au téléphone également ? Je prends acte. On avait pourtant réglé cela à l’amiable. Pour le moment je suis en campagne » a lâché le président du parti. Je me suis dit que l’étudiant-candidat était aussi complice car, je l’ai rappelé plus tard. Il m’a demandé de ne rien écrire sur lui parce qu’il ne souhaitait pas que son nom apparaisse dans la presse. J’ai été informé qu’il était superviseur dans un bureau de vote! Hé Oui, candidat-superviseur de la CENI dans un bureau de vote.

Compte tenu de tout cela, je me suis dit qu’il serait mieux d’envoyer les différents adversaires dos à dos car je ne peux supporter cette foire aux mensonges.

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Article : Ouagadougou, nouvelle capitale des engins à trois roues
société
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5 novembre 2012

Ouagadougou, nouvelle capitale des engins à trois roues

Ouagadougou, la capitale des engins à deux roues est en passe de devenir celle des tricycles. Ces engins (appelés taxi-motos, moto-bagages, taxi-bagages etc.) dotés de porte-bagages sont les nouveaux maîtres de la circulation à Ouagadougou.

Impossible de circuler à Ouagadougou, la capitale du Burkina, sans apercevoir ces tricycles munis de porte-bagages roulant souvent à vive allure. L’un des problèmes qu’ils posent, c’est le fait que les conducteurs, des adolescents en général, n’ont pas de permis de conduire. Cette situation a pour conséquences des accidents de plus en plus fréquents. Ces tricycles encombrent également les routes de Ouagadougou déjà étroites. En plus, ces véhicules sont pour la plupart du temps en surcharge et il est difficile pour les usagers de les classer dans une catégorie : motos ou voitures ? Ce n’est que récemment que le gouvernement burkinabè a adopté des lois pour réglementer ce secteur. Il est interdit aux mineurs de rouler avec les taxi-bagages et le permis de conduire est devenu obligatoire même si cela n’est pas respecté pour le moment.

Au fil du temps, les Ouagavillois se sont habitués. Ces taxi-bagages sont devenus même incontournables. Ils ont supplées les taxis traditionnels dans le transport des bagages pour lequel ils se consacrent. Les commerçants sont ceux qui tirent le plus d’avantage de ces  engins qu’ils préfèrent pour le transport de leur marchandises. Les taxi-bagages ont crée un nouveau secteur d’emploi pour les jeunes Burkinabè. Les taxi-bagagistes, comme on les appelle se sont même organisé en syndicat sous le nom de l’Union national des moto-bagagistes (UNAMOB).

Si ce n’est que récemment que les taxi-motos ont pris une véritable ampleur au Burkina, c’est au début des années 2000 qu’ils sont apparus. Les moto-bagages étaient d’abord utilisés par certaines sociétés de boulangerie, charcuterie etc. pour faciliter l’écoulement de leurs marchandises. Par la suite, le ministère de la santé, pour combler le manque d’ambulance dans les hôpitaux et les centres de santé a eu recours à ces engins pour le transport des malades dans les villages notamment.

Ouagadougou qui était jusque là surnommé capitale des engins à deux roues grâce aux nombres important de motos pourra porter également le surnom de capitale des engins à trois roues.

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Article : Au Burkina, pourvu qu’il pleuve, ils mangeront
Développement
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22 octobre 2012

Au Burkina, pourvu qu’il pleuve, ils mangeront

Les Burkinabè se sont tournés vers la générosité du ciel pour construire leur vie en se rendant compte de l’incapacité de leurs dirigeants à trouver des solutions à leur problème.

Lors de l’élection présidentielle de 2010 au Burkina Faso sur environs 3 millions d’inscrits sur la liste électorale seulement près d’un million électeurs sont allés aux urnes. Pour les élections jumelées communales et législatives  la principale crainte se situe une fois de plus sur le taux de participation. Le fait est qu’il y a un vrai désamour entre les Burkinabè et les hommes politiques. Ce désamour s’explique par les nombreuses promesses non tenues. Les Burkinabè constatent que le fossé se crée de plus en plus entre les riches (généralement les hommes du parti au pouvoir) et les pauvres. Avant, on constatait trois classes : les riches, les pauvres et ceux aux revenus moyens qui s’en sortent malgré les difficultés. Aujourd’hui la troisième classe que nous avons citée n’existe plus. Ouagadougou est divisé en deux camps. Ouaga 2000, quartier riche avec des bâtiments aux luxes insultants et les autres quartiers habités par ceux qui ont du mal à s’assurer trois repas par jours, que dis-je un repas par jour. Sur le terrain, le parti au pouvoir ne propose rien de concret. Les promesses fourmillent mais à l’arrivée, c’est zéro résultat.

Dans un tel contexte, la jeunesse s’était tournée à un moment vers les opposants. Mais là aussi, c’est la déception. Ces derniers ont montré leur incompétence. Ils se révèlent être des marionnettes du pouvoir ou ne proposent rien de précis pour sortir le peuple de la misère, basant leur lutte pour la plupart sur les cendres de Thomas Sankara ou de Norbert Zongo. Ils ne se font entendre que lors des campagnes électorale et aussi l’on constate que beaucoup d’entre eux ont été impliqués dans des affaires louches. Les jeunes qui ont des initiatives ne sont pas soutenus. Ceux qui proposent se voit refuser des financements parce qu’il n’ont rien à garantir « en cas de cas » comme on aime le dire au Faso.

C’est dans un tel contexte qu’après des échecs devant les ministères pour les dépôts de demandes de stages et d’emplois, les jeunes préfèrent désormais aller travailler dans les mines d’or artisanales, traverser le Sahara et la mer méditerranéenne pour aller cultiver des tomates en Italie, marcher pour rejoindre le Gabon ou plus près de chez eux, en Côte d’Ivoire pour cultiver dans les champs de café et de cacao. Dans le pire des cas, ils deviennent des bandits de grands chemins étant dit que l’école est devenue une usine de fabrication de chômeurs. En prenant des risques, ils auront quand même essayé de se battre au risque de leur vie. Mais pour éviter tout cela, ils se remettent à la générosité du ciel. Car pourvu qu’il pleuve, ils mangeront. S’il pleut, ils auront la force pour labourer leurs champs. S’il pleut, les récoltes seront bonnes. S’il pleut, ils n’auront pas besoin des discours politiques creux pour manger à leur faim. On leur dira que c’est de la lâcheté. Mais c’est comme ça qu’ils ont choisi de vivre face à l’échec du système en place. Au moins, ils pourront compter sur leurs muscles.

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Article : Confidences-confidences: la page facebook qui résoud les problèmes
Home
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18 octobre 2012

Confidences-confidences: la page facebook qui résoud les problèmes

Certains clichés, fondés ou non, font de facebook un réseau social de drague. Pourtant, avec une petite ingéniosité, ce site qui permet une interaction entre les internautes peut servir à la résolution des problèmes comme le groupe « confidences-confidences », une page sur laquelle, des « confidents » posent leurs problèmes en espérant trouver des conseils et des  solutions.

Une internaute a compris la nécessité de proposer des solutions aux personnes qui ont besoin d’assistance en créant le groupe Confidences Confidences sur le réseau social Facebook. L’objectif de cette page est de permettre aux internautes qui cherchent des conseils et solutions pour les problèmes qu’ils traversent ou vivent (souvent en cachette), de pouvoir se libérer anonymement et recevoir des conseils provenant des membres du groupe qui est composé d’une multitude de personnes venant d’horizons diverses sans distinction de sexe, de nationalité etc.

Crée depuis août 2011, cette page a connu un véritable succès. Plus de 20300 inscrits à nos jours. Les problèmes posés sont diversifiés. Mais les sujets qui dominent sont d’ordres sentimentaux. Naturellement, les avis sont partagés au point que certains commentaires ressemblent à des règlements de compte entre les confidents comme les appellent la créatrice de ce groupe Ouédraogo Samira. Les sujets peuvent être sérieux, comiques, provocateurs etc. Plus de 750 problèmes ont été postés directement par l’administratrice. Elle affirme que plus de 500 sujets ont été résolus avec des échos favorables.

Le groupe a permis entre autres de venir en aide à des personnes malades en obtenant par exemple du sang d’un groupe sanguin que l’on avait du mal à trouver, de soutenir une fille mère en difficulté avec ses nouveaux nés, de trouver du travail pour « confidents ». L’administratrice a même eu recours des spécialistes en gynécologie pour résoudre certains problèmes. Présentement un problème de don est exposé pour venir en aide à une fille dont les parents non plus les moyens de subvenir à sa scolarité (vos gestes sont attendus).

Petites sélections de sujets et de commentaires

 « Problème 561 : il s’agit de ma copine avec qui je pense me marier. Mais elle est stérile. Cela a été confirmé par un docteur spécialiste et c’est après la consultation que le doc lui dit qu’elle na pas d’utérus. Donc elle ne peut faire des enfants alors que j’aimerai avoir un enfant. Voila la question que je me pose c’est de savoir s’il faut la laisser tomber cette relation ou rester tjrs avec elle tout en sachant quelle n’est pas féconde/Merci ».

Commentaires sur le sujet : « 1er mon frère si tu étais stérile tu nous poserais cette question??? Tu l’aimes ou pas??? Y a d’autres moyens d’avoir des enfants! Elle n’a pas demandé à être stérile et je pense que tu devrais la soutenir au lieu d baissé les bras ! ».

« L’amour vainc l’adversité et beaucoup de miracles se produisent par le simple fait de l’amour! Je ne suis pas un Bishop! Lol! Et puis, la science a aussi ses limites mon frère! En plus, vous pourriez toujours adopter des enfants ou tu pourras obtenir d’elle l’autorisation de faire un enfant extra conjugale (le pire des cas) qu’elle va ensuite adopter si c’est un enfant de ton propre sang que tu voudras voir! Courage surtout! ». D’autres croient au miracle: « Priez surtout SVP. mon frère croies-tu que la fille ne voudrait pas avoir d’enfant? Et si c’était toi voudrais-tu que la fille te quitte? Elle ne l’a pas payé, elle ne l’a jamais souhaité. Marie-la. Il y a des gens qui on eu des enfants et les enfants sont tous morts les laisser. Si tu l’aimes vraiment il faut l’aimer avec tout ce qu’elle a et est. J’aime avec fermeté et j’aime ceux qui aiment avec fermeté. Que Dieu opère des miracles dans votre couple mon frère ».Conclusion de ce sujet : juste pour remercier tous les amis et leur donner notre point de vu. Nous avons décidé de nous marier en décembre tout en ayant conscience de ce qui nous attend.

Problème 620: je viens vers vous car je ne sais plus quoi faire voila mon histoire j’ai 32 ans et je sors avec une fille depuis janvier 2012 tout se passais bien, enfin c’est ce que je croyais, jusqu’au samedi passé ou j’ai appris qu’elle m’a trompé avec un mec qui lui faisais la coure et cela sans préservatif et dans une chambre de passe .depuis le samedi je suis devenu l’ombre de moi même je ne sais que faire je ne sais que pense toute ma confiance en elle a chuté jusqu’au point zéro suis complètement perdu.
Merci pour vos conseils.

Commentaires sur le sujet: « C’est pour cela qu’on aime dire que la confiance n’exclue pas le  controooolll!!! A ta place je ne la quitterai pas!! Chacun fait des erreurs et nul n’est parfait!! Si tu l’aimes toujours, bat toi pour elle si elle est frivole tu peux l’amener à changer!! N’oublie jamais que l’amour peut tout!!! Tu peux te fâcher un bon bout de temps en lui manifestant ton mécontenta mais ne la quitte pas parce ce n’est pas sur que tu vas trouver mieux ailleurs… ». Un autre commentaire va dans ce sens : « Qui t’a dit ça??? On ta donner des preuves? Sinon, fait gaffe avec les  »on dit la » ils ont l’imagination très fertile et sont toujours prêt a gâter ce qui es jolie. Donc si tu n’a aucune preuve n’accuse pas la fille la comme ça sans lui en avoir parlé… Mais s’il s’avère que tu as tes preuves et que tu ne trouves pas assez de force au fond de toi pour pardonner cette infidélité…tourne juste la page et trouve-toi un nouveau petit cœur! » Voici la conclusion du sujet par l’auteur du post : j’ai décidé de suivre le conseil des uns et des autres. Pour cela on s’est mis en période d’observation pour un mois jusqu’à la fin septembre afin de voir si son comportement va changer. Je lui ais donné une dernière chance de me prouver qu’elle peut changer et j’espère qu’elle va changer. je tiens a dire merci a tous ceux qui ont eu une pensée pour mon problème merci encore du fond du cœur que DIEU vous bénisse. Vous êtes une vraie famille.

Probleme764:MAFIANCEE
« imaginez vous que votre fiancée parte pour bosser chez un de ces amis. Etant là-bas elle prépare pour ce dernier, se lave dans sa douche, ils restent dans sa chambre pour regarder un film sur son lit pendant la pause. Ma copine s’est permis de me le dire comme elle sait que l’aime, elle se permet presque tout. Comment réagirez-vous? »

Exemples de commentaires : « En principe il n y a rien de grave dans ce quelle fait; mais je me dis quelle devrait quand même connaitre son mec pour savoir que ce genre de chose ne lui plairait pas ou alors le rendrais jaloux, d’ou la façon maladroite de mettre son copain en confiance en le lui racontant. A mon avis dans l’amitié il y a aussi des limites à ne pas dépasser entre filles et garçons sinon on rentre dans l’intimité du couple et ca devient compliqué même si rien ne s’est passé ».

« hummm ya anguille sous roche ! euhhh ya vipère sous roche même ! cè kom sa sa commence ! fo lui dire que tu n’aime pa tro ces frottements là !!! si son ami ne voit pas otr choz il devrait eviter mem ce genr d’agissements ! Mon cher reveill toi, sois ferme avant ke le pire narriv ! hayaa ! Tu es prévenu ! Un homme prévenu en vaut…? »

« Mon cher ami je pense que tu devrais lire entre les lignes. Voilà ce que je pense: -la go là gère avec le gars et sa conscience la gronde. Elle se dit que tu es tellement tolèrent par amour que tu laisserais faire si elle te dit que tout ça c’est innocent. cherche à connaitre la profondeur des choses car à mon avis le minimum qu’ils aient fait c’est de fleureter ensemble sinon même il couchent tout le temps ensemble mais les sentiments ne sont pas déclarés (genre on est amis on s’aime pas mais on se fait plaisir) et pour finir un jour ce sentiment là risque de s’ouvrir et éclore en amour passionnel.je suis sur qu’il ya des choses que ta chérie fais pas chez toi et qu’elle fait surement chez ce dernier. Pour le conseil je te dirai d’être ferme avec elle sur ce sujet. ne crois pas que si tu lui dis les gouès (dire la vérité) elle va se barrer. Interdis-la de revoir le gars et jauge ses réactions!! »

Problème 636 « pourquoi les hommes pensent que seuls les gros pénis donnent du plaisir aux femmes ? Chers hommes éclairés moi ».

« Heyyy complexe né il ya longtemps qui laisse croire que ce qui est gros est forcement meilleur… que quand ça coince la, tu te sens dominateur et tu crois que l’autre aussi prend son pied car tu la comble entièrement!!!!  Faut juste savoir ou toucher et à quel moment… La taille n’a pas grand chose à y voir quoi que… »

 Un autre exemple problème 634: « tu es avec ta chérie et pendant que tu es entrain de vouloir l’embrasser elle se trompe et appelle le nom d’un autre garçon au lieu de ton nom. Cela ne veut il pas dire qu’il te trompe avec ce dernier? » Cette fois-ci, je vous laisse répondre.

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Article : Rentrée scolaire au Burkina : Des élèves resteront à la maison faute de « places disponibles »
Education
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1 octobre 2012

Rentrée scolaire au Burkina : Des élèves resteront à la maison faute de « places disponibles »

Ce lundi 1er octobre est la date officielle de la rentrée scolaire au Burkina Faso pour le compte de l’année 2012. Si beaucoup de jeunes retrouveront leurs camarades et leurs professeurs dans les lycées et collèges, au primaire et même dans les écoles maternelles, d’autres par contre resteront à la maison à garder les troupeaux ou faire de petits commerces. La faute à l’insuffisance des établissements scolaires et des places dans les écoles.

Pourtant dans les discours, le gouvernement burkinabè prône l’éducation pour tous et vante les nombreuses réalisations pour faciliter l’accès des enfants aux différentes structures d’éducations,d’enseignement et de formations. Malheureusement, j’ai fait l’amer expérience de constater que ces discours  sont vides. A deux semaines de la rentrée scolaire, le 19 septembre 2012, je suis allé dans un lycée pour m’informer des modalités d’inscription dans cet établissement lorsque j’ai vu l’affiche ci-dessus. Le lycée en question ne recrute pas d’élèves dans certaines filières faute de places disponibles. J’ai été choqué par cette note du directeur . De nombreux élèves dandinaient pourtant dans l’établissement espérant s’inscrire. Beaucoup d’entre eux ont été confrontés au manque de place dans les établissements d’enseignement générale. D’habitude, les élèves qui n’ont pu s’inscrire dans ces établissements d’enseignement général se tournent par défaut vers les lycées techniques . Mais ce jour là, j’ai pu constater avec ces pauvres enfants, que même les écoles techniques (publiques)  leur ferme la porte désormais.

Cette histoire me rappelle celle de deux enfants que j’ai croisés il y a deux ans. Après leur admission au Certificat d’étude primaire, leurs parents n’avaient pas réussi à les inscrire au collège faute de moyens financiers et de places disponibles dans les écoles dans lesquelles ils voulaient les inscrire. Ironie du sort, ces mêmes enfants se sont transformés en vendeurs de fournitures scolaires. Ils essaieront de faire les cours du soir pour espérer décrocher un jour le Brevet d’étude du premier cycle (BEPC). Vous pouvez retrouver cet article avec ce titre De la scolarité à l’informel, il n’y a qu’un pas. 

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Article : Guillaume Soro : « Les réseaux sociaux m’évitent d’être un politicien proche du peuple qu’en période d’élection »
Technologies
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27 septembre 2012

Guillaume Soro : « Les réseaux sociaux m’évitent d’être un politicien proche du peuple qu’en période d’élection »

Le président de l’Assemblée Nationale ivoirienne Guillaume Soro présent à Ouagadougou à l’occasion de la 2ème assemblée générale parlementaire du Burkina a profité de l’occasion pour rencontrer ses amis facebook et aussi les technophiles burkinabè. Il a témoigné de son expérience dans l’utilisation des réseaux sociaux devant près de 300 jeunes et adeptes des réseaux sociaux.

Guillaume Soro au centre a livré son expérience sur l’utilisation des réseaux sociaux (ph. Boukari Ouedraogo)

Guillaume Soro est l’un des hommes politiques ivoiriens adeptes des réseaux sociaux et des nouvelles technologies même s’il s’y est mis assez tardivement. Bien que certains de ses proches l’ont conseillé de se créer un page facebook, l’ancien secrétaire générale des Forces Nouvelles (FN) avait toujours refusé dans l’objectif de rester discret : « Cela a commencé au mois de mars 2012, quand j’étais au gouvernement et que j’étais au chômage. Sidiki Konaté un de mes collaborateurs était très actif sur facebook. Il est venu un jour me voir et il avait toujours sa tablette en main sur lequel il était concentré. Je lui ai demandé ce qu’il faisait et il m’a montré sa tablette. J’ai constaté qu’il publiait des postes et que les gens répondaient instantanément.». Guillaume Soro sera encore surpris par l’effet facebook lorsqu’il se présenta comme candidat pour l’élection à la présidence de l’Assemblée Nationale. « Sidiki Konaté a fait une publication sur facebook et j’ai pu voir comment les gens réagissaient en direct à l’annonce de ma candidature. Pendant l’élection à l’assemblée nationale ivoirienne, quand les résultats sont tombés il l’a publié sur facebook. Donc au moment même où nous étions dans la salle, les gens étaient informés et j’ai pu voir leurs réactions. C’est à partir de là que j’ai été convaincu » a expliqué Guillaume Soro. Les débuts n’ont pas été faciles pour lui. Après son premier post sur tweeter, la violente réaction d’un internaute va le décourager au point qu’il se demande s’il aura la force pour continuer.  

Après cela, Guillaume Soro va se constituer une équipe pour exploiter efficacement les réseaux sociaux. Il s’inscrit sur facebook et tweeter et se crée un site internet pour être en contact permanent avec les citoyens. Le 6ème président de l’Assemblée Nationale ivoirienne reconnait que les réseaux sociaux ont beaucoup d’avantages. Ils permettent d’être proches du peuple, de savoir ce qui se passe sur le terrain, de recevoir des critiques et des suggestions selon ses affirmations. « C’est vrai que j’ai un conseillé mais lorsqu’on je lui demande ce se passe, il me dit que tout va bien et moi aussi je crois que tout va bien. Mais depuis que je suis sur facebook, je vois des réactions qui me montrent qu’il y a des problèmes à resoudre ». C’est ainsi que Guillaume Soro affirment que les réseaux sociaux lui permettent de ne pas être un homme politique près de son peuple qu’à l’approche des élections. Il souligne que certains problèmes ont été résolus grâce à l’interpellation des internautes. Le ministre Alain Lobognon très actif sur tweeter a egalement influcné Guillaume Soro. Bien avant, son équipe de communication, Marc Antoine Odonou et Moussa Bamba, a présenté ses différentes pages sur le net. D’après elle, le Magazine Jeune Afrique classe Guillaume Soro parmi les 10 hommes politiques africains les plus influents sur tweeter. Elle a assuré le public que les comptes facebook et tweeter sont gérés par Guillaume Soro lui-même. C’est pourquoi, ils ont encouragé les jeunes à réagir sur les différences interfaces de discussion. Il leur répondra quand son temps lui permettra, rassurent Moussa Bamba.

Le ministre burkinabè des transports et de l’économie numérique Gilbert Noel Ouédraogo qui a accompagné Guillaume Soro a saisi cette tribune pour parler de la politique burkinabè sur les nouvelles technologies. Elles sont un facteur pour l’impulsion du progrès et du développement selon les affirmations de Gilbert Noël Ouédraogo. Les TIC seront développés dans les secteurs de l’emploi, de la gouvernance avec un la tenue du conseil des ministres par internet à partir de janvier 2013, de l’éducation avec le développement des formations en ligne, des universités virtuelles pour décongestionner les amphis. La santé est concernée avec le développement de la télémédecine, la santé éducative etc. L’e-service sera également mis en valeur pour le développement du monde rurale, la mise à disposition de l’information sur les mobiles, dans le développement de l’agriculture etc. Le commerce n’est pas oublié selon Gilbert Noel Ouédraogo. Il s’agira dans ce cas, de permettre le renforcement des capacités des entreprises. Tout cela a pour ambition de développer une culture numérique au Burkina Faso. Dans ce cas, les informations seront disponibles sur internet en langues locales.

Sur le plan personnel, Gilbert Noël Ouédraogo note que facebook à changer son image :  « il y a des gens qui sont surpris des échanges que nous avons sur facebook. On me l’a dit à plusieurs reprises car certains pensaient que j’étais un homme gonflé ». Il ajoute que facebook est une opportunité pour les hommes politiques car il les rapproche des citoyens, leurs permet de connaitre les reproches qui leurs sont faites et aussi il leur permet de pouvoir s’expliquer. « C’est le déficit de Communication qui fait qu’on se comprend pas souvent » précise t-il.

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Article : Black Soul, l’animateur qui soigne par le reggae
culture
5
10 septembre 2012

Black Soul, l’animateur qui soigne par le reggae

Vendredi 7 septembre 2012. 20 heures temps universel à Ouagadougou. Après cinq minutes de pub, une voix grave et rock entonne un « assalam allekoum » sur les antennes de la 105.2.  C’est la voix de Black Soul, un animateur de la Radio Ouaga Fm. En plus du générique de l’émission, cette voix est facilement reconnaissable et annonce l’émission « Reggae Time ». Black Soul, récemment animateur de l’émission « Reggaesoundflash » sur « Radio Campus » officie désormais sur cette station. Découverte de cet animateur engagé.

L’animateur Black Soul

Son look n’annonce rien d’un adepte du rastafari ou même du reggae. Cheveux toujours bien coiffés, chemise (ou souvent en tee-shirt) et pantalon bien repassé, rien ne laisse deviner qu’il s’agit du jeune animateur de « reggae time » sur la radio Ouaga fm. L’émission dure 2 heures. Mais en plus d’elle, il anime une autre les dimanches à partir de 11 heures à savoir « Rasta Spirit ». Black Soul de son vrai nom Souleymane Koanda, a conquit la capitale burkinabè par son discours engagé, ses messages de sensibilisation et de conscientisation. Chaque instant d’animation se présente pour lui comme un médecin qui reçoit ses patients. « Je considère la musique reggae comme une clinique pour soigner les esprits» affirme Black Soul. Pas de public cible prédéfini. Il s’attaque et s’adresse à tout le monde : commerçants véreux, étudiants abonnés aux grèves, inscrits dans des luttes insensées, les politiciens, le système d’oppression etc.

Black Soul s’inscrit dans une logique de liberté d’expression. Ce qui a emmené certains de ses auditeurs à le surnommer « freedom fighter ». Il se dit obligé d’avoir un discours engagé parce que le reggae lui même à la base est engagé. Celui qui veut animer une émission de reggae doit aussi être engagé. Black Soul ne se contente pas de critiquer. Mais fait des propositions  pour sortir la jeunesse du système oppresseur. La popularité de cet animateur se mesure à travers les ruelles de Ouagadougou à partir des heures de ses émissions, dans les kiosques, les boutiques, les marchés, les magasins et autres lieux. Les nombreux appels téléphoniques, messages envoyés à l’antenne pendant l’émission sont des exemples illustratifs. Malgré tout, celui qui dit soigné par le reggae s’illustre par sa discrétion.

Des débuts difficiles

C’est en tant qu’étudiant en communication et journalisme de l’Université de Ouagadougou que Black Soul apprend  à animer des émissions reggae sur la Radio Campus. « C’était le 11 mai 2009, j’étais encore en 2ème année. Je voulais animer une émission à l’occasion de l’anniversaire de la disparation de Bob Marley. Ce jour là j’ai raté mon émission parce que je n’ai reçu qu’un seul message sur le téléphone portable. Aucun appel » se souvient Black Soul. Le jeune débutant a commis une erreur qui a coûté cher ce jour là. Lui qui n’avait jamais eu de contact avec une console avait omis d’activé son micro. Pendant près de 30 mn, aucun auditeur ne l’entendait. Une semaine après, il se voit confier l’animation de l’émission « Reggaesoundlflash » par l’animateur habituel Guigs’ty. Nouvel échec. « Je n’ai presque pas reçu de message alors que lorsque Guigs’ty animait, il ne pouvait pas finir de lire tous les messages qu’il recevait sur le portable. Le téléphone crépitait sans cesse » reconnait Black Soul qui ajoute qu’il s’est mis à l’animation juste parce qu’il aimait la radio. Conscient de ses insuffisances il se cultive à travers la lecture et en écoutant des animateurs comme Sam s K le Jah la référence à l’époque en matière d’animation d’émission reggae.

La comparaison avec Sams’ K le Jah

Après avoir appris en écoutant les autres animateurs, Black Soul commencent à imposer sa marque à petits pas. L’animateur principal de «Reggaesoundflahs » Guigs’ty lui cède sa place. Après quelques semaines d’adaptation, il conquiert ses auditeurs. Mais, cette percée va connaitre un obstacle à cause de la comparaison faite avec Sams’ K le Jah qui à l’époque était sur la station Ouaga Fm. Même s’il reconnait s’être aussi inspiré de lui, Black Soul pense qu’ils n’animent pas de la même manière. Certains auditeurs n’hésitaient pas à lui dire en direct qu’il ne faisait que copier Sams’ K le Jah. Des critiques qui n’ébranlent nullement sa motivation. « Sam’s K le Jah est un rasta alors que moi, je suis juste un animateur d’émission reggae. Je ne m’hasarde pas dans le rastafari pur parce que je ne maitrise pas ce sujet. Je suis juste un animateur. Je tire mon message de l’actualité et ma playlist est programmée en fonction de l’actualité du moment. C’est en fonction de l’actualité que je fais passer mon message» et d’ajouter : « On peut être animateur d’émission reggae sans être rasta ». Pour Black Soul, Sams ‘ K le Jah a été un modèle pour lui. «  Je le respecte beaucoup et je me suis aussi inspiré de lui mais j’ai ajouté ma dose car chacun doit avoir sa voie » fait-il savoir.

De l’animateur bénévole à la Radio Campus, Black Soul est contacté par Ouaga Fm au mois de juillet 2012. Cette station, à la recherche d’un animateur depuis le départ de Sams’ K le Jah, sur de mauvais termes lui propose d’animer  deux émissions aussi. Alors qu’il s’attendait à un accueil favorable des auditeurs étant dit qu’il s’était déjà fait un nom, certains inconditionnels de Radio Campus conçoivent mal qu’il anime sur une autre antenne. D’autres auditeurs estimaient que personne ne devait plus jamais animer à Ouaga fm depuis le départ du départ de Sam’s K le Jah de cette radio. « Certains m’ont même dit que je ne pourrais plus critiquer comme je le faisais à Radio Campus. Pour eux, si je le fais, je serai chassé de Ouaga Fm » révèle  Black Soul. Il affirme ne pas vouloir s’ingérer dans le différent qui a opposé Ouaga fm à Sams’ K le Jah. Mais, celui qui a une formation de journaliste dit connaitre les règles de déontologie et d’éthique du monde des médias et compte les respectér tout en mettant en avant sa responsabilité sociale.

Le micro au service de la société

Black Soul reste convaincu que le reggae peut contribuer au développement de l’Afrique et du Burkina Faso en particulier. Selon ses affirmations, ses messages de sensibilisation peuvent contribuer à faire comprendre aux citoyens que leur avenir leur appartient. Dans un système démocratique, Black Soul estime que les Burkinabè n’ont pas encore pris conscience du rôle qu’ils ont à jouer pour le développement du pays et dans la prise des décisions. C’est pourquoi, il s’en prend souvent aux élèves et étudiants paresseux, à ceux qui attendent toujours de l’aide de l’Etat et à tous ceux qui au lieu d’oser se morfonde dans leur coin. Il fustige le manque d’activisme  des jeunes qui pour lui n’osent pas assez. C’est aussi ce qui fait la popularité de Black Soul parce que ne s’attaquant pas uniquement aux élites mais aussi la classe populaire.

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Auteur·e

L'auteur: Boukari Ouédraogo
Boukari Ouédraogo est journaliste multimédias et blogueur burkinabè passionné des nouveaux médias, du cinéma et du sport. Il blogue depuis 2009 pour le compte de Mondoblog.

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