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Le Messager d'Afrique depuis Ouagadougou
24. mars
2011
culture
10

L’histoire du rap burkinabè

Smockey

Le mouvement hip hop a fait son entrée au Burkina Faso  dans les années 1990. Avant, les amateurs du rap burkinabè écoutaient le Positive Black Soul du Sénégal, MAM de la Côte d’Ivoire. Pendant  longtemps, les jeunes rappeurs faisaient entendre leur flow sur les antennes des radios ouagalaises. Mister P serait l’un des premiers animateurs d’émissions rap au Burkina Faso. Sa maitrise parfaite de l’anglais lui permettait de traduire les messages des rappeurs américains en français. Mais le premier à mettre un album sur le marché est Basic soul avec « Arrêt sur image ». Le titre éponyme de cet album est aussi le titre phare. Un morceau de sensibilisation sur le Sida. Ses textes poétiques et ses refrains généralement inspirés des rythmes du terroir ont assuré le succès de l’artiste.

Basic Soul- ça va aller

 



Il fut aussi le premier à réaliser des featurings avec des artistes traditionnels alors que cela semblait impossible à son époque. Le succès de Basic Soul n’était pas garanti à cause de l’hostilité envers le rap, considéré comme une musique de voyou. A la suite de Basic Soul, des compiles pour booster le mouvement commencent à voir le jour avec Chronik Noir. Ce projet regroupait des rappeurs qui n’avaient pas encore d’album sur le marché. Certaines figures de proues du rap burkinabè tels que Wenten Clan se sont révélées grâce à ce projet.

Mais, il a fallu attendre l’arrivée de celui qui est considéré aujourd’hui comme le pape du rap burkinabè pour voir le printemps de ce mouvement. Avec son studio Abazon, Serge Bambara alias Smockey réalise un compile La part des ténèbres. A travers ce concept il donne ainsi une chance à de nombreux jeunes rappeurs qui n’avaient pas l’opportunité et les moyens financiers de rentrer en studio de réaliser leur premier titre. Wed Hyack, Yeleen, Faso Kombat (les enfants du Faso)  2Kas sont des révélations du studio Abazon. Smockey met sur le marché son propre disque Épitaphe en 2001. Cet album connait un grand succès grâce à ses textes bien écrits et sa musique inspirée du terroir.

Smockey- A qui profite le crime

 

Le titre « Yaaba » est même apprécié par « la vieille génération » (opposée au départ à ce genre musical dont les textes sont considérés incompréhensibles). Grâce à Abazon, Chronik Noir et d’autres studios, des groupes tels que Les diplomates, Les Black Marabouts, La  Censure, les Sofas, Yeleen, Faso Kombat, Clepto Gang, OBC, Pirratack sortent leur premier album.

La censure-Virée des Lascars

Black Marabouts- A qui la faute?

C’est le printemps du rap et de la musique burkinabè. Des groupes se forment dans des quartiers, les concours se multiplient. Le festival Waga Hip Hop est crée pour accompagner le mouvement. Aujourd’hui, ce festival permet aux rappeurs africains de se retrouver dans la capitale burkinabè à travers des concerts, des ateliers de formations en écriture, des concours etc. Toutes ces initiatives ont fait dire au Professeur Lu, ancien chroniqueur rap pour le journal Planète Jeune que Ouagadougou est la capitale du rap africain.

Faso Kombat (les enfants de la patrie)- Martyr

En décembre 2003, Madson junior âgé de seulement sept ans sort son premier album sous la coupe du groupe Yeleen et de Smockey. La voix de Madson Junior traverse les frontières du Burkina. Il reçoit en 2004, le Kora de l’espoir africain en Afrique du Sud.

Les rappeurs burkinabè seront divisés entre deux genres musicaux que sont le rap hardcore et  le rap d’inspiration traditionnelle. Dans ce débat de « rap pur » ou de « vrai rap », la raison reviendra aux partisans de l’Afro rap. Il n y a pas de rivalité réelle entre les groupes de rap au Burkina Faso mais les mélomanes se retrouvent plus dans des rythmes inspirés du terroir, comme l’ont compris les groupes Faso Kombat et Yeleen, fervents défenseurs de ce style. Ils sont aussi les deux meilleures formations du moment et les plus écoutés. Ce sont également les deux groupes qui voyagent le plus. Aujourd’hui, le flambeau de l’Afro rap est tenu par des groupes tels que Duni Yam, K-djoba et Playerz.

Players-Afrikaye

Ces formations connaissent le même succès que leurs devanciers et bénéficient surtout de leur soutien. Le maitre incontestable du rap au Burkina Faso est Smockey à l’aise dans tous les styles et résolument engagé à travers ses textes profonds et provoquant. Smockey célèbre cette année 2011, les dix ans de sa carrière musicale. Il a sortie en 2009,  le compile La part des ténèbres 2.

K-DJOBA – Boingninga

D’autres rappeurs bien qu’ayant du mal à s’imposer sur la scène musicale sont très respectés dans le milieu, parmi ces derniers, Basta Genga. Cet artiste de l’underground a réalisé de nombreux featurings. Il est considéré comme l’un des meilleurs rappeurs du Burkina.

Wed Hyack – Humanite Troublee

Le rap est considéré comme l’un des premiers moyens de libres expressions. C’est à travers ce mouvement que l’on a entendu pour la première fois des expressions « assassins » dans la musique au Burkina Faso.  « Ouaga c’est pas les Stats » un titre de Smockey (Épitaphe) en est un exemple. Presque tous les artistes rappeurs ont écrits des textes engagés et n’hésitent pas à exprimer cet engagement lors de leurs concerts.

Yeleen- Le chemin de l\’exil

Près de 20 ans après l’éclosion du rap au Burkina, le constat de nos jours, est que d’autres genres musicaux dont le coupé décalé ont contribué à la baisse de l’euphorie d’antan. Néanmoins, les rappeurs ne baissent pas les bras et continuent à mettre sur le marché, des albums de belles factures. Sadu, animateur d’émission rap à la télévision nationale du Burkina Faso essaie de maintenir la flamme du mouvement hip hop à travers l’organisation de concours de rap, de graffiti, de slams etc. essaient de maintenir la flamme de ce mouvement.

Smockey- Votez pour moi

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19. mars
2011
Droits de l'Homme
2

Les syndicats burkinabè appellent à marcher sur l’ensemble du territoire le 8 avril 2011

Après la fermeture des établissements publics au Burkina Faso, la suspension des œuvres sociales à l’Université de Ouagadougou, la coalition de lutte contre la vie chère, la corruption, la fraude, l’impunité et les libertés (CCVA) une structure dont est membre l’Union National des étudiants du Burkina (UGEB), a organisé un meeting le samedi 19 mars 2011 à la bourse du travail de Ouagadougou. A l’issue de ce rassemblement, les organisations syndicales du Burkina ont décidé d’une marche le vendredi 8 avril 2011. 

 

 

 

Tous les syndicats se sont retrouvés au cours du meeting du 19 mars 2011

 

 

Sécurité renforcée au niveau du premier ministère, de la télévision nationale du Burkina, au Conseil économique et social , au gouvernorat située à une trentaine de mètres de la bourse du travail où devait se tenir le meeting organisé par la coalition de lutte contre la vie chère, la corruption, la fraude, l’impunité et les libertés (CCVA), les autorités burkinabè avaient tout mis en œuvre au cas où la situation devaient dégénérer. Rassemblés depuis 7 heures à la bourse du travail, les participants au meeting en majorité des étudiants scandaient des slogans :

 « L’impunité au Burkina Faso, ça suffit !

 

L’assassinat des élèves et étudiants ça suffit !

La fermeture intempestive des classes ça suffit ! » etc.

L’objectif de ce meeting selon le président du CCVA Tolé Sagnon est de protester contre la répression en cours dans le milieu scolaire et universitaire consécutive aux affrontements et manifestations suite à la mort de l’élève Justin Zongo. A cette préoccupation des étudiants, s’ajoutent des protestations contre les résultats de la dernière rencontre annuelle gouvernement-syndicats.  Tolé Sagnon a appelé tous les travailleurs du secteur public et du privé à une grève de 72 heures sur toute l’étendue du territoire nationale le vendredi 8 avril 2011. A Ouagadougou, la marche sera suivi d’un meeting à la bourse du travail. Il a appelé les étudiants et les travailleurs à faire en sorte que cette marche se déroule dans le calme.

Tolé Sagnon

La Coalition nationale de lutte contre la vie chère, la corruption, la fraude, l’impunité et pour les libertés (CCVC) a voulu témoigner son soutien à la lutte engagée par les élèves et étudiants depuis la mort « suspect » de l’élève Justin Zongo « ainsi que leurs camarades tués au cours de la répression sanglante de leurs mouvements ». Tolé Sagnon, le président de la CCVC a condamné la répression des scolaires ainsi que la « campagne d’intoxication » et de « diabolisation » de leur lutte en plus des « fermetures intempestives des établissements d’enseignements ainsi que les suspensions abusives des œuvres universitaires ».

Il a exigé que la lumière soit faite sur ces assassinats et la punition des auteurs de ces actes. Pour Tolé Sagnon  « les tueries de Koudougou sont donc constitutives d’un système de gouvernement, un système dans lequel l’impunité a toujours constitué la règle d’or et dans lequel les libertés sont constamment bafouées et foulées au pied. » il ajoute aussi que « cinquante ans après les indépendances, les commissariats de police et les hommes en tenue inspirent toujours une peur bleue au citoyen, la même qu’il éprouvait vis-à-vis de l’administration coloniale ».

L’Union générale des étudiants du Burkina (UGEB) présidée par Moumouni Derra qui est la structure mère des associations nationales des étudiants du Burkina (ANEB) reçoit ainsi un soutien important de presque tous les syndicats du Burkina Faso.

Après la fermeture des établissements publics, la suspension des œuvres sociales, Tolé Sagnon a souhaité un soutien « sous quelle que forme que se soit, aux étudiants déguerpis des cités universitaires de Ouagadougou, Bobo Dioulasso, Koudougou qui se sont vu refuser l’accès aux restaurants et aux autres œuvres sociales. Chants, slogan etc. ont poncuté ce meeting qui a même pris des allures d’un mini-concert.

Pour ce qui concerne le dossier Justin Zongo, le gouvernement a annoncé que deux policiers ont été inculpés et devront passer devant le juge bientôt.

Les sept disparus consécutifs aux évènements de Koudougou

Justin Zongo, élève de 3ème au lycée municipal de Koudougou

Wendkuni Kissou, étudiant en 1ère année de Sciences économiques et Gestion

Michel Bouda élève en classe de 5ème au CEG de Kindi

Amed Zougba élève de l’école centre de Poa

Issa Bado apprenti mécanicien dans un garage à Koudougou

André Dabiré, policier

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16. mars
2011
Droits de l'Homme
4

Services sociaux suspendus, les étudiants chassés des cités universitaires

Les étudiants de l’université de Ouagadougou sont dehors. Après les manifestations nées de la mort « suspecte » de l’élève Justin Zongo, les autorités ont décidé de la fermeture des établissements d’enseignement public. Tous les services sociaux dont bénéficiaient les étudiants sont suspendus. Obligés de libérer leur chambre des cités universitaires, ils sont des réfugiés…


Ce que redoutaient les étudiants après l’annonce de la fermeture des établissements d’enseignements publics est effective. Toutes les cités universitaires ont été fermées et les étudiants priés de libérer les chambres le jour même où le gouvernement publiait son communiqué. Abattus et ne sachant pas où aller pour la plupart, ils quittés leur chambre sous l’œil vigilant de la gendarmerie comme l’affirmait certains. En plus de cela, tous les restaurants universitaires sont fermés et l’aide (150.000 francs CFA) et le prêt (200.000 francs CFA) octroyés aux  étudiants non boursiers sont suspendus. Les bourses aussi. Une situation difficile. Presque personne n’avait eu le temps de se préparer à une telle éventualité. Les congés ont été anticipés et la reprise des cours est prévu normalement pour le 26 mars.

En réalité, ce n’est pas la première fois que es étudiants vivent une situation pareille. En 2008, ils avaient connu le même sort après les manifestations du 17 juin 2008 qui avaient conduit à une course poursuite entre étudiants et forces de l’ordre.

Cette décision va-t-elle mettre fin à la crise ? Pas vraiment sûr. Des marches seraient prévus à la reprise des cours pour réclamer justice pour Justin Zongo décédé le 20 février 2011 dans des conditions non encore élucidées (deux policiers ont été inculpés) mais également pour Flavien Nébié, un autre élève abattu par un policier à Boussé une ville situé à une centaine de kilomètres de Ouagadougou. Les étudiants réclament également la reouverture du dossier Norbert Zongo et que la lumière soit faite sur la disparition  en 1990 de Boukary Dabo étudiant en 7ème année de médecine.

Le mardi 15 mars 2011, des affrontements avaient déjà eu lieu entre gendarmes et étudiants dans le quartier Zogona qui abrite l’Université de Ouagadougou.

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15. mars
2011
Droits de l'Homme
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Nouveaux affrontements entre étudiants et force de l’ordre à Ouagadougou

Après la marche réprimée du vendredi 11 mars 2011, les étudiants de l’Université de Ouagadougou sous la coupe de l’association des nationales des étudiants  du Burkina (ANEB) avait prévu un meeting le mardi 15 mars 2011. Cette rencontre n’a pas lieu. Les forces de l’ordre ont dispersé  le rassemblement des étudiants à coups de gaz lacrymogènes.

 

 

 

Les manifestations continuent au Burkina Faso après la mort de l’élève Justin Zongo. Les étudiants du campus de Zogona (quartier de Ouagadougou) ont vécu une chaude journée  ce mardi 15 mars 2011: une course poursuite avec les forces de l’ordre. Alors qu’ils avaient prévu un meeting dans l’enceinte de l’Université de Ouagadougou, celui-ci n’a pu se tenir.

 

Ces évènements se déroulent entre 7 heures 11 heures.

Dès 7 heures, les étudiants avaient commencé à se rassembler devant l’entrée est  de l’Université de Ouagadougou. Le portail était barré par des éléments de la gendarmerie nationale. Face à face donc entre ces derniers et  les étudiants dont le nombre grossissait au fil du temps. La présence inattendue des forces de l’ordre a  excité la colère des étudiants. Les propos de cet étudiant traduisent ce que pensaient ses camarades : «  je savais qu’on pourrait fermer la porte mais je savais pas qu’ils allaient envoyer la police ». Pendant que certains injuriaient les gendarmes, d’autres appelaient les étudiants au calme. « Ils cherchent un prétexte pour nous  gazer  ne leur donner pas l’occasion ». Les cris et chants continuèrent.

8 heures 20 minutes, une bouteille de gaz lacrymogène est projeté sur les étudiants. Panique générale. Mais les étudiants retrouvèrent rapidement leur calme et essayèrent de se rassembler dans la sérénité.  D’autres gaz les accueillirent.  Ils replièrent une nouvelle fois et que les bouteilles de gaz lacrymogènes tombèrent de plus en plus.  « Ils ont bien pimenté le gaz d’aujourd’hui là » affirmait étudiant qui tentait de se protéger le visage avec une serviette mouillée. Les étudiants reculèrent et se retrouvèrent sur l’avenue Babangida, le premier goudron sur le côté Est de l’Université de Ouagadougou. Des barricades  furent érigées. A ce moment là  les commerçants installés aux alentours rentrèrent  toutes les marchandises. Les boutiques fermèrent. Il fallait éviter de se faire piller au cas où… Mais, les étudiants depuis quelques jours s’étaient promis de piller aucun magasin. Ceux qui seraient pris en flagrant délit devraient punis.

Le gros lot des étudiants se retrouva à l’intersection de l’avenue Charles de Gaules et l’avenue Babangida. Là également, des barricades avaient été érigées et des pneus brûlés sur le macadam. « Les gars y a rien devant. N’ayez pas peur. C’est maïs ! » criaient certains pour se donner du courage.  Un autre étudiant recommanda la prudence : « camarades, faites attention sinon, ils risquent de nous encercler ». Il n’a même pas eu le temps de terminer sa phrase qu’un  groupe de gendarmes sortie d’un véhicule tout juste derrière eux. Les projectiles de lacrymogènes tombèrent une fois de plus. Il était 9 heures 06 minutes.

L’air du quartier Zogona de Ouagadougou était pollué par la fumée de lacrymogène qui piquait les yeux et les narines et provoquaient des démangeaisons sur tout le corps. Pris entre deux tenailles, les manifestants  réussir à replier et à se repositionner derrière les policiers surpris.  De nouvelles barricades furent érigées à l’intersection de l’avenue Charles de Gaules et la rue Wentenga. 30 minutes après, une voiture de la gendarmerie stationna une nouvelle fois  au dos des manifestants. Une course poursuite s’engagea.  Quelques instants après, le maire de la ville de Ouagadougou habillé en complet jean fit son apparition avec un certain nombre de ses collaborateurs parmi lesquels le maire de l’arrondissement de Nongremassom Zakaria Sawadogo avec chacun un bâton en main. D’autres jeunes suivaient. La presence de Simon a eveillé la curiosité des riverains « Est-ce que ce Simon fait est normal ? », « Que fait le maire commença ? » Ces interrogations sont la preuve que ces derniers n’ont pas appréciés cette sortie.

En tous les cas, Simon Compaoré et ses camarades étaient aux côtés des gendarmes de qui pourchassait les étudiants, déterminés. Ils ne voulaient pas abandonnées et résistèrent tant bien que mal. Dispersé d’un côté, ils se ressemblèrent ailleurs et barricadèrent  la voie et entonnant des chants.

9 heures 45. Les forces de l’ordre avaient réussi à disperser les étudiants mais ces derniers s’étaient constitués en petits groupes dans tout le quartier de Zogona.  C’est à moment là qu’un hélicoptère fut envoyé sur la zone pour repérer ces groupes.  Mission réussie. Ils furent tous repérer. Les forces de l’ordre appuyées par l’hélicoptère ont réussi à disperser les étudiants. Pendant au moins 45 minutes il continua de tourner dans les airs. 

  La veille, le gouvernement à travers un communiqué avait anticipé les congés qui étaient prévu pour fin mars. Ils débutent désormais le 15 mars et s’étendent sur deux semaines. Les allocations sociales sont suspendues. Si cela devrait être respecté, les étudiants pourraient quitter les cités universitaires. Les restaurants de l’Université de Ouagadougou devraient fermés, les aides (150.000 francs CFA par an) et les prêts (200.000 francs CFA par an) pour les non boursiers seront également suspendus. Ce serait un coup dur pour les étudiants qui pour la plupart viennent des provinces. Certains ont leur parents en Côte d’Ivoire confronté à une crise politico-militaire.

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12. mars
2011
Droits de l'Homme
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Décès de Justin Zongo : La marche des étudiants réprimée,

Depuis la mort de l’élève Justin Zongo à Koudougou, des manifestations ont secoué certaines localités du Burkina Faso. Après les élèves des lycées et collèges de Koudougou, Pouytenga, Yako, Fada N’gourma, Dori, Boulsa et Ouahigouya, les étudiants de l’Université de Ouagadougou, mobilisés par l’Association nationale des étudiants du Burkina (ANEB) ont manifesté leur mécontentement dans la capitale burkinabè à travers une marche. Celle-ci s’est achevée en queue de poisson.

Ph Afrik.com

Dans le but de protester contre la mort suspecte de l’élève Justin Zongo à Koudougou (ville située dans la région du centre-est du Burkina), l’association nationale des étudiants du Burkina (ANEB) a organisé une marche le vendredi 11 mars 2011. L’objectif était de remettre une déclaration au directeur général de la police nationale (DGPN). Cette marche au départ pacifique a été réprimée par les forces de l’ordre. La raison, les manifestants auraient refusé de remettre leur déclaration aux autorités au niveau de « la place de la femme pour la paix» et de suivre l’itinéraire proposé par le maire de la ville de Ouagadougou Simon Compaoré. Les forces de l’ordre ont usé de la manière forte pour disperser les étudiants. Aux jets de gaz lacrymogènes des forces de l’ordre, les étudiants répondront en lançant des pierres. Les étudiants ont été poursuivis jusque au campus, leur retranchement. Neuf personnes auraient été blessées selon la croix rouge nationale. Pendant quelques heures, l’avenue Charles de Gaules longeant l’Université Ouagadougou avait même été fermés à la circulation pendant un bout de temps.

Les raisons de la colère

Depuis le décès de Justin Zongo élève de 3ème le 20 février 2011, certaines villes du Burkina Faso ont connu des manifestations violentes d’élèves « pour réclamer justice ». Koudougou, Dori, Pouytenga, Yako, Fada N’gourma, Boulsa et Ouahigouya, ces villes du Burkina ont été le théâtre de violentes manifestations. Des commissariats ont été brulés, des voleurs libérés de leur prison. A Ouahigouya, ville située au Nord du pays d’importants édifices publics ont été brulés. Les sièges du parti au pouvoir, de la police, de la douane etc. n’ont pas été épargnés. Pourquoi de tels manifestations ? Justin Zongo serait décédé suite à des mauvais traitements qu’il aurait subit au commissariat de police de la ville de Koudougou. Courant décembre, Justin Zongo a eu des altercations avec une jeune fille du nom de Aminata Zongo. A l’origine, cette fille aurait posé une question qui n’avait rien à voir avec le cours au professeur. Justin Zongo lui fit la remarque. Ce qui ne plût pas à Aminata. Elle convoqua son camarade de classe au commissariat. Celui-ci aurait été maltraité à plusieurs reprises avec injonction de payer une amende de 10 000 francs CFA qu’il avait du mal à régler. Le jeune homme s’est plaint auprès du procureur de Koudougou des sévices qu’il aurait subit. Celui-ci aurait appelé le commissaire et demandé à Justin « d’aller se soigner avant de revenir ». Ils ne se verront plus jamais. Le commissaire après les incessants appels du procureur aurait menacé le jeune élève de vouloir lui causer des problèmes. Alors que ses camarades affirment qu’il mort des sévices qu’il a subit, un communiqué du gouvernement affirmait que Justin est mort à la suite de la méningite. Ce qui n’a pas empêché les élèves et étudiants de manifester violemment en brulant le gouvernorat. Les manifestations vont gagner d’autres villes de la région. Deux élèves, un étudiant et un policier perdront la vie dans les affrontements. Pour apaiser la situation, le gouverneur de la région du centre-est et le directeur de la police régionale ont tous été limogés. Le gouvernement a aussi annoncé des enquêtes pour faire la lumière sur la mort de Justin Zongo. Cette décision n’a pas satisfait les élèves qui ont continué les manifestations avec violence dans les autres villes du Burkina. A trois reprises, les établissements primaires et secondaires ont été fermés. A entendre les étudiants de l’ANEB, un meeting est prévu sur le terrain Dabo Boukary de l’Université de Ouagadougou. La mort d’un autre Zongo… après Norbert.

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Article : Concassage de granite à Ouagadougou: le travail de titan des femmes
société
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28 février 2011

Concassage de granite à Ouagadougou: le travail de titan des femmes

Face aux difficultés qu’elles rencontrent pour avoir un plat de tô, (une sorte de boule de farine) certaines femmes ont décidé s’adonnent au concassage du granite pour avoir manger. Elles occupent principalement le site de granite du Pissy de Ouagadougou situé à la sortie Ouest.

Jeudi 17 février 2011. 13h05 mn sur le site de gisement de granite situé au quartier Pissy de Ouagadougou. Sous un soleil de plomb, l’air surchauffé et chargé de poussière une femme, assise à même le sol chaud, s’attaque à un tas de granite rassemblé devant elle. Son nom: Rakièta Zongo. Elle a le visage couvert de poussière grise où ruissellent de grosses gouttes de sueurs, les traits tirés. Une petite barre de fer longue de 30 cm environ à la main droite, elle réduit en morceau de gros blocs de granites. Elle soulève la barre de fer et la laisse tomber lourdement sur un bloc pendant de longues minutes.  La main gauche visiblement durcie par le travail, Rakièta rassemble les morceaux concassés puis recommence de nouveau dans le tintamarre que produit la barre de fer suite au choc avec les blocs de granite. Elle ne semble pas sentir l’acre odeur des pneus brulés presque étouffante qui a envahi l’atmosphère.

Autour de Rakiéta, des centaines d’autres personnes dont plusieurs femmes, s’adonnent au même exercice. Certaines parmis elles sont installées dans le gisement de granite. Il s’agit d’une fosse d’une quinzaines de mètres de profondeur. De vieilles nattes, des pagnes usés ou de vieux plastiques soutenus par deux ou trois morceaux de bois plantés dans le sol, servent de para-soleil.

 

Un travail harassant

Cela fait plus d’une trentaine d’années que les exploitants, dont une majorité de femmes, se sont installés à ce endroit . La pauvrété, le chômage, le manque de soutien explique leur présence sur ce site. Chaque jour, ces hommes et ces femmes âgés entre cinq et soixante ans y vont pour réduire en morceaux ces gros blocs.

Rakièta Zongo travaille dans cette carrière depuis six ans. N’ayant aucune ressource pour s’adonner à des activités rémunératrices, elle a préféré s’installer sur ce site. Les débuts ont été très difficiles. « J’avais de la peine à concasser une cuvette de granite par jour à cause de la pénibilité du travail. Avec l’expérience, j’arrive à remplir sept cuvettes par jours », confie t-elle le regard plein de fatigue mais souriant. Pour que le concassage rapporte suffisamment, Rakièta Zongo arrive sur chantier à 8 heures au plus tard pour retourner à la maison au coucher du soleil.

Alima Gnoumou, une dame d’une trentaine d’année, concasse également les blocs de granites depuis douze ans. D’après elle, il n’y a pas d’heure fixe pour commencer le travail. Arrivée ce jeudi matin là à 8 heures, elle estime être en retard. «Nous n’avons rien à faire en restant à la maison», affirme t-elle avant d’ajouter «Je voulais faire le commerce mais je n’avais aucun franc pour commencer». C’est pourquoi, elle a fini par adonner au concassage des granites.

Et comme on peut le deviner, le concassage du granite laisse des séquelles. Le soir venu, elles retournent chez elles, les muscles endoloris, des piquottements aux yeux, la poitrine lourde, et les côtes resserrées selon les explications de Alima. Après une journée de dur labeur, elles n’ont presqu’aucun remède pour reprendre des forces.
Quelques petits comprimés achetés à la pharmacie leur servent de remontant vous diront t-elle. En réalité, beaucoup d’entre elles achètent des médicaments de la rue. « Ce n’est pas ce que tu vas gagné que tu vas prendre pour aller à la pharmacie », fait savoir Alima Gnoumou avec un sourire apparemment moqueur. Au même moment, une jeune fille âgé d’environs 14 ans proposaient déjà des comprimés qu’elle vendait. Et pourtant, les occupants des lieux reconnaissent que les médicaments vendus dans la rue sont interdits sur le site. Mais il n’y a personne pour empêcher cela.

 

Une nuit de repos est aussi suffisante pour reprendre des forces. Malgré la fatigue, il faut bien reprendre le chemin du travail le lendemain car c’est là-bas qu’elle tire leurs pitances quotidiennes. «La vie ne nous laisse pas le choix. Nous devons aider nos maris qui ont généralement eux-mêmes des problèmes pour joindre les deux bouts», se plaint Alima Gnoumou.

Des enfants de cinq ans à peine, assis à côté de leur parents ou esseulés, participent également au concassage. Comme leurs parents, ils respirent la poussière et supportent la chaleur sous leurs tentes de fortune.

 

 


 Et pourtant, ça rapporte peu

Il arrive souvent qu’il y ait des accidents de travail. Rakièta nous montre d’ailleurs une blessure à la main. Par mégarde, la petite barre de fer qu’elle utilise pour briser le granite s’était écrasée sur l’un de ses doigts. Mais ce n’est pas ce qui la décourage cette dame préoccupée plutôt par la quantité de granite qu’elle pourrait réduire en morceaux. Malgré la blessure, elle se met avec ardeur au travail comme si rien ne s’était passé. Il ne faut pas perdre le temps. Comment se soigne t-elle ? Alima Gnouma relève qu’il suffit de frotter le doigt avec un peu de poudre de granite et ça passe !
Bien que le travail soit harassant, ces dames gagnent très peu dans le concassage. Trois cuvettes de granites concassés correspondent à une brouettée. Une brouette pleine de granite coûte 1250 francs CFA (deux dollars environs) pour souvent six heures de travail. Bien sûr elle trouve cela trop bas en rapport avec le travail qu’elles abattent. Mais ce n’est pas elle qui fixe le prix.

L’hygiène n’est pas la chose la mieux partagée sur ce site. Il n’existe pas un vrai restaurant dans les environs.  Pour ces pauvres femmes, mieux vaut acheter un plat de riz ou de haricot à 100 francs CFA plutôt que dépenser des fortunes. L’essentiel, c’est de e remplir le vendre. Les restauratrices sont en général des jeunes filles ou des femmes avec des « pousse-pousse ». La nourriture est souvent servie dans de simples plastiques.

La situation de ces concasseuses a touché la sensibilité de l’ONG Terres des hommes. Elle a construit une école destinée uniquement aux enfants de tous ceux qui travaillent dans cette carrière. Les travailleurs de cette carrière et les femmes en particulier ont besoin d’un accompagnement en matériels de protection pour travailler plus facilement. Mais surtout, elles souhaitent que leurs productions soient achetées à un meilleur prix pour leur permettre de vivre décemment.

 

 

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22. févr.
2011
Non classé
6

Concours de la fonction publique, le casse tête

Les concours de la fonction publique au Burkina Faso se déroulent généralement dans le mois de juin. Mais comme le dit l’adage  «  qui veut aller loin ménage sa monture ». D’ailleurs les probables candidats l’ont bien compris. Depuis plusieurs mois ils se sont lancés dans la préparation de ces concours: un parcours de combattant.
 
 
 
 

Une annonce pour les candidats

 

 Les dates des concours de la fonction publique au Burkina Faso, session 2011 ne sont pas encore connues. Celles concernant les dépôts des dossiers de candidature ne le sont pas également. Les futurs candidats s’activent tout de même pour être prêts le moment venu. Pour espérer être parmi les admis, certains d’entre eux participent à des sessions de formations spéciales pour éviter les pièges des tests psychotechniques et renforcer leur culture générale.

Pour participer aux différentes sessions, chaque candidat débourse entre cinq mille à quinze mille francs CFA par mois. A cela s’ajoutent les documents qu’il faut s’acheter. Sur l’efficacité de cette stratégie, d’anciens candidats pensent avoir réussi aux concours grâce à ces sessions de formation. D’autres sont tout de même surpris de se retrouver entrain de composer les sujets des concours avec leurs formateurs. Il arrive même qu’ils échouent alors que ceux qui ont été leurs stagiares reussissent !«  Mon frère, concours là c’est question de chance wo ! » disent certains.

On boss dur dans l'espoir d'obtenir un emploi

Les candidats pauvres, ne pouvant pas se payer le luxe de débourser cinq mille ou dix mille francs, s’organisent entre eux. Ils se retrouvent en groupe chaque soir pour réviser. Comme l’explique un étudiant à la cité universitaire de la Patte d’oie, un quartier de Ouagadougou, chaque candidat traite les sujets. Ensuite, rendez vous est pris pour les samedis afin de s’auto évaluer

Tout le monde veut être douanier

 

Un mois avant la date de dépôts des dossiers de candidatures, les commissariats et les mairies sont pris d’assaut pour la légalisation des copies d’actes de naissance, de cartes d’identité et bien d’autres documents (cassier judicaire, certificat de nationalité par exemple). La composition d’un seul dossier s’élève souvent à 1500 francs CFA environ. Pour se donner plus de chance, le mieux est de postuler à plusieurs concours. Un seul candidat peut par exemple deposer ses dossiers pour dix concours. « Il n’y pas de choix. Tu fais ce que tu gagnes ». Les candidats postulent souvent à des concours qui n’ont véritablement aucun lien avec leur formation de base.

 Le chemin de croix

Les jours de dépôts des dossiers, les candidats se retrouvent aux guichets vers 04 heures du matin et bien avant. Certains y dorment. Les centres de dépôts se trouvaient au départ dans les principales villes du pays que sont Ouagadougou, Bobo Dioulasso, Koudougou, Kaya, Ouahigouya, Banfora et Kaya. Point positif, le gouvernement a décidé de décentraliser les centres d’examens. Ainsi, les dépôts se font dans les quarante cinq provinces du pays. Les compositions se déroulent dans les chefs lieux de région au nombre de treize. Ce qui a eu pour effet de dispense les candidats des nombreux voyages occassionnant dee grosses dépenses. 

En plus de tout ça, le candidat doit subir la pression des parents. Ces derniers, après que leurs enfants aient obtenu le Brevet d’Etude du Premier Cycle (BEPC) après dix ans d’études, s’attendent à ce que leurs enfants connmencent à travailler. Particulièrement l’ainé de la famille pour aider les petits frères à aller le plus loin possible à l’école. La pauvreté    empêche beaucoup de penser aux longues études.

Par ailleurs de nombreux jeunes ont des projets qui sommeillent dans les tiroirs par manque de financement. Conséquence, tous les candidats se rabattent sur les concours de la fonction publique. Chaque année le nombre de postulants augmentent. Pourtant, l’Etat premier employeur ne pourra pas à un certain moment embaucher tous ces nouveaux diplômés. L’Etat a mis en place un fonds de soutien à l’initiative privée. On attend dans une dizaine d’années environ les retombées de ce projet.

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17. févr.
2011
société
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La Saint Valentin, aussi une question d’affaire

La Saint Valentin, la fête d’amoureux a lieu chaque 14 février. Plus qu’un jour pour se dire « je t’aime », c’est une occasion de faire des affaires. Plusieurs jours après, la Saint Valentin se faire toujours sentir, car tout le mois de février est dédié à cet évènement.

Des fleurs, des tee-shirt etc pour la Saint Valentin

La Saint Valentin est devenu est évènement incontournable dans la vie des jeunes à Ouagadougou. Le 14 février, offrir un cadeau à son âme sœur est devenu presqu’ une obligation. Un pêché si on oublie le petit cadeau.  L’autre pourrait interpréter cela comme un manque de considération. Portables dernière génération, motos, voilà des cadeaux de luxe qu’offrent certains hommes à leurs copines.

Tee-shirts, pagnes, casquettes aux couleurs de la Saint Valentin pullulent dans la ville de Ouagadougou devant les goudrons, dans les boutiques et les magasins pour ce 14 février 2011. Les petits vendeurs ont trouvé une occasion de faire des bénéfices depuis le début du mois de février. Mieux vaut profiter de l’engouement en attendant de renouer avec le quotidien et le traditionnel « ça ne marche pas ». De quartiers en quartiers, ils se proposent des bouquets de fleurs, des tableaux etc. Pour au moins une semaine, c’est ce qui marchera à Ouagadougou.

Les cartes s’achètent comme de petits pains

Pas seulement les jeunes commerçants, des sociétés saisissent cette opportunité pour faire des « promos spéciales » sur leur produits.  Les motos sont vendues à des prix réduit en plus de cadeaux. Les sociétés de téléphonie mobile proposent  des bonus sur les cartes de recharges. Une occasion pour les amoureux d’échanger assez longuement au téléphone.

Diner-gala avec la chanteuse congolaise Pierrette Adams dans un hôtel de la place, concerts, spectacles d’humour, jeux concours, etc. de nombreuses activités au programme.

C’est vrai que c’est un jour pour raviver la flamme amoureuse mais, c’est ce jour là que beaucoup découvre qu’ils ne sont pas aimés. Tromperie, rendez-vous manqué, flagrant délit etc.

Au départ, les jeunes étaient les plus concernés par la Saint Valentin. Mais les plus anciens commencent aussi à s’y mettre. Comme quoi, l’amour n’a pas d’âge.

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17. févr.
2011
Cinéma
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FESPACO 2011, le compte à rebours a commencé

La 22ème édition du Festival Panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou se tient du 26 février au 05 mars à Ouagadougou. Le thème retenu cette année est « Cinéma africain et Marchés ». Pour la réussite de cette biennale du cinéma africain, les organisations s’attellent pour être au rendez-vous.

Le siège du Fespaco à Ouagadougou

Mardi 15 avril 2011. 17 h 00 environs. Chantier au niveau du siège du Festival Panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO). Sur la voie longeant le siège, le visiteur est accueilli par la poussière. Des travaux de réfection sont en cours depuis plusieurs mois. A moins d’une dizaine de jours, l’entreprise en charge de la réfection de cette route  redouble d’efforts pour être prête le jour J.

A l’intérieur du siège, des travaux sont également en cours. Une dizaine  d’hommes travaille. Le bruit des machines font « grincer » les tympans. Le siège du FESPACO fait son toilettage pour être  prêt le 26 février 2011. Le seul hic, le bâtiment inachevé est toujours en état délabrement. Au niveau du bâtiment principal, les séquelles de l’inondation du 1er septembre 2009 ont disparu. Le mur qui avait été emporté par les eaux a été remplacé. 17 heures 30 passé, les employés sont toujours présents. Le travail doit être surement intense. C’est là que vont converger les cinéphiles. Le comité d’organisation semble tout mettre en œuvre pour que ces derniers soient à l’aise.

En plus du siège du FESPACO, les  trois plus grandes salles de cinéma de la capitale burkinabè (le cinéma Nerwaya, le Ciné Burkina, le Ciné Oubri, sont en rénovation. Il s’agit de la réparation de quelques chaises en mauvais état. Chaque arrondissement de la ville de Ouagadougou possède au moins une salle de cinéma. Les promoteurs de ces salles reçoivent chaque année un petit financement pour les remettre en bon état. Cela va permettre aux jeunes de tous les quartiers de pouvoir suivre au moins un film.

La cérémonie d’ouverture du FESPACO est prévue pour le 26 février 2011. Près de 194 films seront projetés. Dans la catégorie la plus convoitée, le long métrage, 18 films sont en compétition pour décrocher l’Étalon d’or de Yennenga, la distinction suprême de la biennale. Les films burkinabè en compétition pour cette catégorie sont « En attendant le vote… » de Missa Hébié, « Le poids du Serment » de Daniel Kollo Sanou et  « Notre Étrangère » de Sara Bouyain. Les autres films viennent de l’Afrique du Sud, de l’Algérie, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, de Égypte, du Mali, du Maroc, du Nigeria, du Mozambique et du Tchad.  « Un  homme qui crie » de Mahamat Saleh Haroun prix spécial du jury au festival de Canne est bien sûr très attendu. Pour ce qui concerne les autres catégories, 13 films ont retenus pour le court métrage, 21 pour le documentaire, 10 pour les films de la diaspora, 24 en fiction TV /Vidéo et 13 pour les séries TV / vidéo.

L’innovation de l’édition 2011 est la compétition des films d’écoles. Pour la première fois, les jeunes des écoles de cinéma d’Afrique pourront faire juger leurs productions par les experts du 7ème art. Un tremplin pour ces jeunes réalisateurs en devenir. L’Institut Supérieur de l’Image et du Son/Studio Ecole (ISIS/SE) de Ouagadougou crée en 2006 est présent dans cette compétition avec trois films preuve de la maturité de cette école de cinéma. Des écoles de cinéma d’Afrique du Sud, du Benin et du Maroc sont en compétition dans cette catégorie.

Tout le monde se prépare pour être au rendez-vous. Les restauratrices, les hôtels, les vendeurs ambulants mettent tout en place pour accueillir les nombreux festivaliers. Pendant une semaine, Ouagadougou sera en ébullition pour ce qu’on pourrait appeler la Coupe d’Afrique des Nations du cinéma africain.

Je vous propose la sélection officielle

1- Compétition officielle des films de fiction long métrage

N° TITRE REALISATEUR PAYS
01 A small town called Descent Jahmil X. T. QUBEKA Afrique du sud
02 Ad- dar lakbira (la grande villa) Latif LAHLOU Maroc
03 Da monzon, la conquête de samanyana Sidy F. DIABATE Mali
04 En attendant le vote … Missa HEBIE Burkina Faso
05 Essaha (la place) Dahmane OUZID Algérie
06 Foreign demons Faith ISIAKPERE Afrique du sud
07 La mosquée Daoud AOULAD-SYAD Maroc
08 Le mec idéal Owell BROWN Côte d’Ivoire
09 Le poids du serment Kollo D. SANOU Burkina Faso
10 Notre étrangère Sarah BOUYAIN Burkina Faso
11 Pégase Mohamed MOUFTAKIR Maroc
12 Raconte seherazade… raconte Yousry NASRALLAH Égypte
13 Restless city Dosunmu Andrew WAHEED Nigeria
14 The last flight of the flamingo Ribeiro JOAO Mozambique
15 The wedding Abdel Aziz SAMEH Égypte
16 Un homme qui crie Haroun Mahamat SALEH Tchad
17 Un pas en avant- les dessous de la corruption Sylvestre AMOUSSOU Bénin
18 Voyage à Alger Abdelkrim BAHLOUL Algérie


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Auteur·e

L'auteur: Boukari Ouédraogo
Boukari Ouédraogo est journaliste multimédias et blogueur burkinabè passionné des nouveaux médias, du cinéma et du sport. Il blogue depuis 2009 pour le compte de Mondoblog.

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