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Le Messager d'Afrique depuis Ouagadougou
28. nov.
2010
société
4

Les désagréments du téléphone portable

(seraye gbich numero 548)

Le portable a changé nos modes de vie. Il est un couteau à double tranchant.  S’il permet de réduire les distances, il est à la base de nombreux désagréments. Ce n’est pas Mahamadi qui dira le contraire. Amie avec Mamounata depuis que celle-ci était petite et l’ayant vu grandir dans un village en Côte d’Ivoire, Mahamadi était heureux de retrouver Mamounata au Burkina Faso. Elle avait grandi et s’était déjà mariée. Elle invite chez elle son ancien grand frère du village, pour qu’il puisse connaitre son mari. Comme on le dit en Afrique  « on ne sait jamais ». Ils peuvent un jour se rencontrer en ville et se rendre service. Après une visite de courtoisie chez Mamounata et son  mari, Mahamadi est rentré tranquillement chez lui. Mais comme de par le passé, les plaisanteries entre lui et sa petite sœur et amie reprirent. Ils s’envoyaient des messages « provocateurs », moqueurs etc. mais amicaux. Un jour, Mahamadi envoie un message à Mamounata qui dormait en ce moment. Son mari trouva le message. Le contenu lui paru suspect. Il réveilla sa femme et lui demanda l’auteur. Malgré les explications de Mamounata, son mari pensa que sa femme sortait avec Mahamadi. Pourtant, le message était simplement amical. Le mari de Mamounata décida alors de la répudier. Elle fit appelle à son ami pour la sortir du pétrin dans lequel elle se trouvait.  « Ce jour la, il pleuvait mais moi je transpirais » se rappelle encore Mahamadi. Ce simple message selon lui a été la cause d’une mauvaise atmosphère dans le foyer, fait de suspicion, jusqu’à ce jour explique t-il. Depuis lors, il s’est interdit d’envoyer des messages à son ancienne amie ou même de l’appeler. Leur amitié en a pris un grand coup.

Le portable cause beaucoup d’autres désagréments. Il y a des personnes qui n’hésitent pas à vous biper à trois heures du matin alors que vous êtes en plein sommeil. Lorsque vous rappeler, ils vous répondent, « c’est juste un bonsoir » ou « j’ai pensé à toi et je te bipe ». En Afrique, lorsqu’on appelle ou bipe quelqu’un à cette heure, c’est qu’il y a un problème sérieux à résoudre. A la mosquée ou à l’église des fidèles laissent sonner leurs portables ce qui perturbant ainsi les autres. Lors de cérémonies malgré les recommandations, il arrive que des personnes laissent leur téléphone sonner au lieu de les placer en mode vibreur ou silencieux.

Le téléphone cellulaire est également appelé portable. Mais cet outil ne répond pas souvent à son nom. Les femmes sont accusées de ne jamais avoir leur téléphone portable en main. Toujours dans le sac. « Vous passer de longues heures à les appeler et elles ne décrochent pas  parce que le téléphone est dans leur sac comme si le cellulaire s’appelle « téléphone à sac » ». Voila ce qu’on entend souvent dire lorsqu’on parle de l’usage du téléphone portable.

« Il y a de ces jours, tu sors avec ta copine. Son téléphone sonne, elle se lève comme si a côté de toi y a pas de réseau ». Il en est de même pour les hommes, ces situations sont généralement suspectes.

Le téléphone portable même s’il rapproche les gens, reconnaissons quand même qu’il peut les diviser.

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26. nov.
2010
société
2

Avènement des téléphones portables, un piston pour le secteur informel

Le téléphone portable a fait son apparition au Burkina en 1995. Seuls quelques privilégiés pouvaient se procurer ce nouvel outil de communication. Mais, il s’est par la suite vulgarisé au grand bonheur de certaines couches de la société. Des jeunes Ouagalais se sont trouvés un emploi grâce à la vulgarisation des téléphones portables. A chaque carrefour, le long des goudrons, à côté des marchés ou devant les sièges des téléphonies mobiles etc., les vendeurs de portable et de cartes de recharge, des réparateurs offrent gagnent leur pain grâce cet outil de communication.

Des vendeurs de portables à Ouagadougou

Mardi 23 novembre 2010, nous sommes au siège de l’Office Nationale des Télécommunications (ONATEL) du Burkina Faso en plein centre ville de Ouagadougou. Jean Baptiste Congo était un ancien « débrouillard » au grand marché de Ouagadougou avant l’avènement des téléphones portables selon ses affirmations. A l’époque, il récupérait des articles de toutes sortes à des commerçants qu’il revendait en majorant le prix pour se faire des bénéfices. Il était obligé de faire ainsi chaque jour pour avoir juste de quoi à manger. « Il y’a des jours ou je ne vendais rien. C’était compliqué » se souvient-il. Lorsque que les téléphones portables ont commencé à devenir populaires, Jean Baptiste Congo s’est lancé dans la vente des cellulaires en aidant les commerçants à vendre leurs appareils. Petit à petit se rappelle M. Congo, il a réussi à économiser et à s’acheter plusieurs téléphones portables. Grâce à cette initiative, le jeune commerçant s’est installé à son propre compte  en faisant des économies. Aujourd’hui, c’est d’autres jeunes qui jouent le rôle de revendeur comme il le faisait.

Combien Jean-Baptiste gagne t-il par jour ? « Je ne peux pas dire ce que je gagne par jour mais les bénéfices que je gagne sur chaque portable est de milles à milles cinq cent francs ». Il fait le compte de ce qu’il gagne chaque fin de mois. Le bénéfice s’élève à 40.000 Francs CFA. Pour arrondir les fins de mois, il récupère également les vieux cellulaires pour les vendre après les avoir réparés.

Ablassé Congo, vendeur de cartes de recharge à Ouagadougou

Si Jean-Baptiste gagne son pain dans la vente des portables, Ablassé Congo (les deux Congo ne se connaissent pas) gagne le sien dans la vente des cartes de recharges depuis deux ans et demi. Il s’approvisionne auprès des différentes compagnies de téléphonies mobiles. La vente des cartes de recharges de 5000 francs CFA lui procure des bénéfices 350 Francs CFA. Pour une carte de 1000 Francs CFA il gagne 120 Francs CFA lorsque tout va bien. Après calcul, Ablassé peut gagner 90.000 Francs CFA par mois puisqu’il travaille rarement les dimanches. Les « honoraires » de celui qui a arrêté très tôt l’école équivaut souvent au salaire de certains fonctionnaires burkinabè. Cette somme permet à Ablassé Congo de venir en aide à ses parents. Pour lui, la vente des cartes n’est qu’un tremplin, car il souhaite se trouver un magasin pour la vente de matériels divers.

A côté de ces vendeurs de portables et de carte de recharges, se trouvent les réparateurs. Bien que n’ayant subi aucune formation, ils arrivent à réparer correctement les cellulaires de leurs clients. En plus, ceux qui ont perdu leur chargeur ou qui n’ont pas d’électricité peuvent faire recharger leur portable auprès de ces réparateurs à 50 Francs CFA.

Une meilleure organisation de ce secteur pourrait permettre à ces jeunes du secteur informel de vivre décemment de leur métier.

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17. nov.
2010
culture
11

Keyt, un artiste sur les traces de Amadou et Mariam

Gamin, aveugle, orphelin, Keyt est en train de conquérir sa la scène musicale du Burkina Faso. La vie de ce garçon, né en 1989, aurait pu être autre chose. Mais son courage lui a permit de prendre le dessus sur son handicap.

https://www.youtube.com/watch?v=2t7ye1x_hTo

J’aurais pu ne rien écrire sur ce jeune artiste. Il aurait fallu que je fasse tout simplement  écouter le titre ci-dessus pour connaitre son histoire. Keyt de son vrai nom Yaya Keita est la nouvelle coqueluche de la musique burkinabè. Victime de la méningite, il n’a pas échappé aux séquelles de cette maladie. Le petit ne pourra plus jamais voir la lumière du jour alors qu’il n’a que deux ans. A ce lourd fardeau, vient s’ajouter la mort de son père et sa mère.  Contrairement à beaucoup de personnes handicapées, Keyt refuse de mendier dans les rues de Bobo Dioulasso. A six ans le natif de Bobo Dioulasso à l’Ouest du Burkina rejoint le centre de l’Association Burkinabè pour la promotion des Aveugles et des Malvoyants (ABPAM). Malgré son infirmité, Keyt décide de faire la musique à l’exemple d’autres aveugles comme Solo Jah Kabako,  Amadou et Mariam ou encore Steve Wonder.

Son premier album « Mon histoire », pour un coup d’essai est un coup de maître. La voix mélodieuse et déchirante de Keyt est irrésistible. Sa voix enfantine fait frémir et donne même la chair de poule. La musique de Keyt transperce les cœurs. Le titre « Mon histoire », où il raconte sa vie, tourne en boucle depuis le mois d’octobre 2010 sur les ondes de toutes les radios de la capitale burkinabè. Plus aucune cérémonie sans Keyt.

Ce petit aveugle qui marche sur les traces de Amadou et Mariam a pu réaliser son album grâce à la direction artistique de Mwandoé du groupe de rap Yeleen. Keyt a surmonté son handicap. Il est en passe de devenir une star de la musique burkinabè, s’il ne l’es pas déjà.

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14. nov.
2010
société
5

Les « Maisons canal » de Ouagadougou, le lieu de rendez-vous des amoureux du football au Burkina

Le football est une véritable passion en Afrique. Au Burkina Faso les amoureux du ballon rond luttent de plus en plus pour suivre les championnats européens étant donné que les chaines  locales les diffusent rarement . L’abonnement aux chaines cryptées n’est pas a la portée de tous. Pour pallier cela, certains ont créé ce que l’on pourrait appeler « les maisons Canal ».

Programme de matches d’une « maison canal » à Ouagadougou

« Les maisons Canal » n’est pas le terme adopté pour décrire ces endroits où les Ouagalais se retrouvent chaque week-end pour vivre au rythme  du  football  européen et parfois des matches internationaux. Cependant, il n’y a pas d’autres mots pour le designer sauf  ceux utilisés par les téléspectateurs. Il s’agit de salles aménagées des bancs et des télés pour permettre de vivre en direct les championnats européens. Souvent, des  briques servent de bancs. Dans certains cas, ce sont des hangars aménagés et lorsqu’il pleut, le gérant est obligé de tout ranger. Un ou deux écrans (géants souvent) sont généralement installés. Un décodeur permet de capter les chaines sportives européennes comme Canal + Sport (c’est le bouquet Canal Sat Horizon qui a donné son nom à ces maisons) où tout autre chaine (arabes également) susceptibles de diffuser des matches européens. Les abonnements se font avec Canal Sat Horizon ou Nerwaya Multivision.

Tous les week-ends, les amateurs du football se retrouvent pour suivre en direct Les prestations de leurs équipes favorites. Avec deux écrans, les spectateurs peuvent suivre deux matches en même temps. Surtout, lorsque plusieurs clubs populaires (Marseille, PSG en France, Chelsea, Manchester United, Manchester City, Arsenal, Liverpool en Angleterre, le Real Madrid, le FC Barcelone) jouent à peu près à la même heure. Le prix d’entrée varie entre 100 et 150 francs CFA.

Moussa Sawadogo, rencontré à Différence Club Canal est un inconditionnel. Passionné du football, il ne rate aucun match du club anglais Chelsea. Il se dit fan de l’ivoirien Didier Drogba. S’il vient dans les « maisons canal », c’est pour l’ambiance qui y règne et la possibilité de suivre deux matches à la fois. «Même si tu as un décodeur chez toi, tu es obligé de sortir parce qu’il n’y a souvent personne avec qui discuté. Les matches, ce n’est pas bon de les regarder seul« Quand on est au « canal », c’est comme si tu es au stade parce que les gens crient, ils font des commentaires. Souvent, il y a d’autres qui pleurent » explique t-il. ». Les discussions sont généralement passionnées et peuvent souvent se terminer par la bagarre. Ce que déplore Moussa Sawadago.

Le bonus, les spectateurs suivent les résumés des matches les dimanches aux environs de 21 heures TU « l’équipe de dimanche » sur Canal + Sport. Il faut débourser 50 ou 100 francs CFA pour suivre les résumés de ces rencontres. Le gérant lui refuse de dire ce qu’il gagne par semaine. Mais, étant personnellement habitué de ces maisons canal, je pense qu’il gagne beaucoup car les salles sont chaque week-end pleines et des spectateurs sont obligés de rester débout. En soustrayant la dépense (abonnement, électricité et taxe) nous sommes sûrs que les gérants de « maisons Canal » se font de gros bénéfices. Le prix du ticket peut doubler ou même triplé lorsqu’il y a des derbys.

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09. nov.
2010
Politique
16

« Si je deviens président, je vais institutionnaliser les coups d’Etat »

"Le Lion", l'homme qui veut institutionnaliser les coups d'Etat

Dimanche 22 heures 30, je rentre à la maison après avoir publier un papier   sur mon blog Le messager d’Afrique du réseau mondoblog de Radio France Internationale (RFI) . C’est la dernière édition du journal de la télévision nationale du Burkina.  La campagne pour l’élection du Présidant du Faso bat son plein à Ouagadougou. Je tombe sur l’un des candidats, Boukary Kaboré dit « le Lion » en campagne dans une région du pays.  Après avoir dénoncé la mauvaise gestion du pouvoir par  le Président Blaise Compaoré, « Le lion » affirmait que s’il était élu, il allait institutionnaliser les coups d’Etats. « Comme ça, si je veux m’accrocher au pouvoir après mon élection qu’on me fasse partir de force. Je suis d’accord pour ça ». Ce rugissement de Boukary Kaboré « le Lion » m’a fait sourire. Je me suis dit  « « le lion » perd le réseau » pour dire qu’il ne sait pas ce qu’il dit.

Boukary Kaboré est un compagnon fidèle de Thomas Sankara. Après sa mort , « Le Lion » son fidèle compagnon a tenté une rébellion qui a échoué. On raconte qu’il est doté de pouvoirs mystiques. Il aurait réussi à se rendre invisible après qu’il ait été arrêté et ligoté  pendant le coup d’Etat contre le Président Thomas Sankara. Cet homme de 60 ans sa tanière à Koudougou, une ville située à une centaine de Kilomètres de Ouagadougou.

Fermons cette parenthèse pour dire que le lendemain lundi, beaucoup de personnes discutaient sur ces affirmations de ce candidat. Pour les uns, de tels propos sont inadmissibles de la part d’un candidat à la présidentielle. Tout coup d’Etat doit être condamné et ses auteurs traqués et punis. Certains pensaient même que « le Lion » était devenu fou et qu’il ne savait pas ce qu’il disait.  « Avec sa crinière (sa barbe) on dirait je ne sais quoi là, il ne mérite pas d’être Président »

J’ai essayé de sonder les gens sur la question. Beaucoup partageait pourtant le point de vue de « Le lion ». Ces derniers estiment que lorsqu’un dirigeant refuse de quitter le pouvoir au terme de son mandat, l’on devrait le faire partir de force. Certains m’ont d’ailleurs rappelé que le professeur Laurent Bado candidat à l’élection présidentielle de 2005 s’était prononcé en faveur des coups d’Etats dit « moralisateur ». Pour le Pr Bado, un chef d’Etat arrivé au pouvoir par tricherie mérite de partir par un coup de force et même si un président élu démocratiquement gère le pouvoir à des fins personnelles, il devrait être déchu par l’armée. Quelqu’un a pris l’exemple du Niger avec Mamadou Tandja qui ne respectait plus rien dans son pays. La population a salué ce coup de force a-t-il fait comprendre. Tout cela m’a laissé perplexe parce que je suis contre toute prise de pouvoir par la force.

Êtes-vous d’accord pour que les coups d’Etats soient institutionnalisés ?

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08. nov.
2010
société
14

Jeux vidéo la nouvelle passion de jeunes Ouagalais

Le jeu vidéo est en train de gagner le cœur des jeunes Ouagalais. Sous un semblant de kiosque de jeunes enfants  les manettes en main gesticulent devant un écran de jeu vidéo. A l’affiche un match entre deux équipe nationale. Un novice pourrait croire à un vrai match. Il s’agit pourtant d’un jeu. Dans ce mini-kiosque, sont disposés quatre postes. Deux garçons, assis sur un banc, jouent an football tandis le gérant, pratique un jeu de combat. « Ça s’appelle Dragon bull » explique Sofiane le gérant. Selon ses explications les jeux vidéo sont devenus actuellement une véritable passion pour les jeunes. Il ouvre tous les soirs entre 16 heures et 22 heures. Ce qui permet aux élèves après l’école de venir s’amuser. Ces derniers ne sont pas les seuls à s’adonner aux jeux vidéo. « Tout le monde ne peut pas jouer  et beaucoup repartent très déçu». Certains jeunes des centres de formations de football se retrouveraient chaque soir pour un tournoi. « Ils viennent souvent à dix. Ce qui ne permet pas à tout le monde de pratiquer leur jeu favori » fait remarquer Sofiane.

 De grandes personnes viennent aussi s’amuser. Il existe une gamme varié de jeux comme ceux de voitures, de motos et « mortal combat ». D’après les explications de Sofiane le football est de loin le jeu vidéo préféré des pratiquants. Pour ce jeu, chaque joueur peut choisir l’équipe qu’il préfère. L’Inter de Milan serait le club le plus sollicité à cause du Camerounais Samuel Eto’o Fils. « Chaque joueur choisi son équipe en fonction du joueur qu’il préfère. Après l’Inter de Milan avec Samuel Eto’o, Chelsea pour Didier Drogba, le FC Barcelone avec Léo Messi et le Real Madrid grâce à Cristiano Ronaldo sont les équipes les plus sollicités». Même si les pratiquants jouent souvent seuls, ils préfèrent plus les derbys. Le problème dans ces duels, certains se chamaillent pour le choix des équipes. Tout le monde voudrait jouer avec l’Inter de Milan. Sofiane confie qu’il gagne près de cinq milles par soirée. Malheureusement, comme le reconnait Sofiane, certains préfèrent venir s’amuser plutôt que d’apprendre leurs leçons.

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07. nov.
2010
culture
20

Musique : la « Rédemption » du groupe Yeleen

Ouagadougou se prépare à accueillir le cinquième album du groupe de rap Yeleen. Yeleen est plus qu’un groupe de rap pour la jeunesse burkinabè

Yeleen arrive avec redemption

« Rédemption », c’est le titre du nouvel opus du mythique groupe de rap Tchado-Burkinabè Yeleen. Avec cet album, ce groupe de rap burkinabè va à la reconquête du public après la polémique née après la sortie du 4ème album l’œil de Dieu. Certains fans n’avaient pas apprécié le mélange des genres musicaux sur cet album.  Depuis le début du mois de novembre, la capitale Burkinabè vibre au rythme de la préparation  des « 72 heures Yeleen » prévu du 15 au 18 novembre 2010 à Ouagadougou. C’est pendant cette période que l’album « Rédemption » sera mis sur le marché. Pour ce chapitre 5, le groupe est accompagné sur certains titres par DJ Mix et Nash, Dudn’j du Burkina Faso. Un feat avec avec le Français Soprano avait été annoncé mais n’a pas pu se réaliser. Les fans clubs s’activent dans la confection de tee-shirts et de banderoles pour soutenir leurs stars. Yeleen la « Lumière » en Bambara est composé de deux jeunes africains. Il s’agit du Tchadien Mwandoé et du Burkinabè Smarty. Le groupe s’est fait connaitre en 2000 sur la scène musicale burkinabè avec l’album « Juste un peu de lumière » et des mélodies telles que « Awatou », « Sur le sentier de la tragédie » « Chemin de l’exil » etc. Les albums « Dieu seul sait » et « Dar es Salam » ont aussi répondu aux attentes du public. Même si le quatrième a eu quelques difficultés, il était au top des hits parades au Burkina Faso. Paradoxe.

La popularité du groupe Yeleen s’explique par la combinaison de la voix mélodieuses de Mwandoé, ce chanteur et griot et des textes incisifs de Smarty décrit comme un poète et un parolier des temps modernes.  Le duo propose chaque fois une fusion de musique de l’Afrique Central et de l’Afrique de l’Ouest avec des texte en dioula, mooré, wolof, ngambaye, arabe  en français etc. Le groupe s’illustre comme le porte-voix de la jeunesse. Leur musique peint la société burkinabè et africaine en générale. Une autre raison de l’attachement des mélomanes à ce groupe.

Yeleen a reçu en 2007 la plus haute distinction de la musique burkinabè, le Kundé d’or. Smarty rentré de façon précipitée de la Côte d’Ivoire (il a arrêté ses études en classe de quatrième) et Mwandoé, jeune sculpteur aventurier au Burkina, sont aujourd’hui un modèle pour la jeunesse burkinabè. Ils n’hésitent pas à venir en aide  aux autres artistes. Ces deux en plus de Smockey sont à l’origine de l’émergence du jeune Madson Junior lauréat du Kora du meilleur artiste espoir à seulement neuf ans, Slam et actuellement Keita (je prépare un écrit sur lui) un jeune aveugle d’une dizaine d’année.

 

 

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01. nov.
2010
culture
3

Les arbres morts ressuscitent à Ouagadougou


Grégoire Sawadogo rend hommage à la femme à travers cette sculpture

La résurrection des arbres est le nouveau concept de Grégoire Sawadogo. Ayant constaté que de nombreux arbres jonchaient les trottoirs de la ville de Ouagadougou, il a décidé de les faire revivre à travers des sculptures. Juste à côté du premier ministère de Ouagadougou, cet artiste a  «donné la vie » à un arbre mort, une sculpture representant la femme porteuse de vie.

Plusieurs thèmes sont abordés dans ses œuvres. Il s’agit par exemple de la protection de la nature, la lutte contre le Sida,  le droit des enfants etc. «Pour moi, les arbres morts ne sont pas morts mais ils sont plutôt dans un état de profond coma » aime affirmer Grégoire Sawadogo. L’artiste veut éviter que ces arbres ne soient abattus  et jetés au feu. C’est également un moyen pour lui de lutter contre la désertification dans son pays et particulièrement dans la ville de Ouagadougou.

« La résurrection des arbres » a permis de décorer certains artères de la ville de Ouagadougou. Il n’est pas rare de voir des touristes s’y attarder pour faire des photos. Grégoire Sawadogo a d’autres projets en tête. Il s’agit de la construction d’un site touristique à Ouagadougou. Il a pensé à la relève. « L’ami des arbres morts » a dans son atelier cinq apprentis. Pour le moment, Grégoire Sawadogo est très occupé. Certains Ouagalais qui ont des arbres morts dans leurs cours lui ont fait appel pour les ressusciter.



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31. oct.
2010
société
32

Les animaux sont aussi des êtres vivants

Comme les êtres humains les animaux ont besoin de repos

Il n’est pas rare de constater aux encablures de la ville de Ouagadougou la capitale du Burkina Faso, des charrettes surchargés de bois, de sable etc.,  avec un âne exténué tirant péniblement la charge. Les conducteurs généralement restent insouciants face à la souffrance de cet animal. Ces animaux sont pour eux, des machines travaillant sans relâche. Pourtant les ânes comme les autres animaux sont des êtres vivant faits de chaire et d’os. Beaucoup l’ignore. L’homme sur cette photo donne une leçon d’humanisme. Après avoir livré son bois il permet, le sourire aux lèvres, à son âne de se reposer. Voilà pourquoi il l’a mis dans sa charrette et le conduit à domicile. Rare de personnes aurait fait la même chose. Ce geste vient nous rappeler que l’être humain doit porter un peu d’égard pour les animaux. Même les machines ont besoin de repos.

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Auteur·e

L'auteur: Boukari Ouédraogo
Boukari Ouédraogo est journaliste multimédias et blogueur burkinabè passionné des nouveaux médias, du cinéma et du sport. Il blogue depuis 2009 pour le compte de Mondoblog.

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