• Presse
  • Boukari Ouédraogo
Le Messager d'Afrique depuis Ouagadougou
12. févr.
2011
Développement
7

La femme, moteur du développement au Burkina

Quelle est la place de la femme dans la société africaine ? Faire des enfants et garder la maison. C’est ce que pensent beaucoup d’hommes. Elles sont le moteur du développement.

Yaaba, la vendeuse de beignets

Assise non loin de l’avenue Charles de Gaulle de Ouagadougou, Yaaba fait frire chaque matin des beignets à cet endroit. A plus de soixante ans, elle se réveille chaque matin à 4 heures du matin ou bien avant. Yaaba s’occupe en premier lieu de la maisonnée : préparer de la bouillie pour ses petits fils. Ensuite, elle emprunte le chemin de son « bureau » avec un petit fagot de bois, de la farine de petit mil, de l’eau, et tous les ustensiles pour la préparation de ses beignets. Pendant ce temps, beaucoup de personnes dorment encore les poignets fermés.

La rigueur du froid de l’harmattan, la chaleur du mois d’avril, les pluies du mois de juillet ne l’empêcheront de s’installer au bord du goudron. Le poids de l’âge ne constitue pas non plus un handicap pour Yaaba. Son objectif : ne jamais rater ce rendez-vous matinal avec ses clients. Il s’agit des élèves, des étudiants, des jeunes du secteur informel etc. Certains fonctionnaires même font escale chez Yaaba pour s’acheter des galettes qu’ils pourront discuter au bureau avant l’heure de l’ouverture officiel.

Luttant contre la fumée et la chaleur qui se dégage du foyer, elle met tout son cœur, tout son amour dans la cuisson de ce mets. Yaaba est comme le boulanger de Dassasgho, ce quartier de la ville de Ouagadougou. Ses beignets sont comme le pain.

Cette femme n’est pas la seule à obéir à ce qui est devenu un rituel pour elle. De nombreuses femmes font comme elle, Installées aux quatre coins de la capitale burkinabè, proposent chaque matin des beignets et/ou des galettes, de la bouillie etc.

Ces petites activités leur permettre de venir en aide à leurs familles, généralement pauvres.

Grâce aux bénéfices, elles soutiennent leurs enfants et leurs petits fils en achetant les fournitures scolaires ou en assurant les frais de scolarité. Les femmes sont le moteur du développement du Burkina Faso et de l’Afrique en générale.

Lire la suite
08. févr.
2011
Cinéma
2

Les cd piratés et la fermeture des salles de ciné

Le Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO) se tient du 28 février au 5 mars 2011. Une occasion pour les cinéphiles africains de découvrir les meilleurs films du continent  ces deux dernières années. Si ce cinéma africain essaie de se retrouver petit à petit, force est de reconnaitre que cet élan est freiner par le phénomène de la piraterie.

Des cd piratés

Les salles de cinéma se ferment de plus en plus en Afrique. Ouagadougou, capitale du Burkina Faso n’y échappe pas. Le virus en partie responsable s’appelle « piraterie ». Au marché et dans les rues, les CD piratés ont envahi la ville considérée comme la capitale du cinéma africain. Avec un lecteur à 12.500 francs CFA, le CD ou le DVD piraté ne coute plus que 600 Francs CFA. En  prime cinq à  six films piratés sur le seul support. Dans un tel contexte, plus besoin d’aller dans les salles de cinéma pour visionner un film à 1000 francs CFA en plus du prix de l’essence pour la moto et le parking. Si les films de Hollywood étaient les plus concernés par la piraterie, les films africains n’échappent pas non plus. Sur le marché, ils se vendent comme de petits pains.  Les films lauréats de l’Etalon d’or de Yennenga, la distinction suprême au Fespaco, tels que Sarraounia de Med Hondo (1987), Tilaï de Idrissa Ouédraogo (1991), Au nom du Christ de Roger Gnoan M’Bala (1993) Guimba de Cheich Oumar Cissoko (1995), Pièces d’identité de Mweze Ngangura (1999), Ezra de Newton Aduaka (2007) se retrouvent à seulement 600 Francs CFA sur le marché. Tous ces films peuvent même être compilés sur un seul cd.

Même les séries télévisées et les sitcoms ne sont pas épargnés. Sur un seul cd, le consommateur peut se retrouver avec plus 40 épisodes. Ceux qui ont raté les Bobodiouf avec Suké et Sidiki ou Ma famille avec les acteurs tels que Michel Gohou, Michel Bohiri, Akissi Delta etc. se rattrapent souvent au marché. Le pire, des films sont vendus avant même leur diffusion dans les salles de cinéma ou à la télé.

Même le face à face Gbagbo-Ouattara n'a pas échappé aux pirates

Sur la question du piratage des œuvres, l’opinion reste divisée. Si beaucoup réclament des mesures draconiennes pour lutter contre la piraterie, d’autres pensent qu’on ne peut rien faire contre ce phénomène. Pour ces derniers acheter un cd piraté, c’est  permettre à de jeunes garçons d’avoir 600 francs CFA. Ils pensent également que la piraterie fait la promotion des réalisateurs. Ils soutiennent aussi que cela est une occasion pour les pauvres de voir les films qu’ils ne pourraient pas voir dans les salles.

Penser ainsi, c’est ignorer les conséquences de ce fléau. A Ouagadougou, presque chaque arrondissement à au moins une salle de ciné. Malheureusement, il n’y a que trois d’entre elles qui  fonctionnent régulièrement: le ciné Burkina, le ciné Nerwaya et le ciné Oubri. Pour les autres , il y a plus de concert que de films en projection. La piraterie tue le cinéma africain. Derrière les jeunes qui se promenèrent sous le soleil avec les cd, se cachent des sangsues. L’économie du pays prend également un coup.

Les mesures énergiques  d’il y a environs cinq ans n’ont pas donné de résultats. L’heure doit être à la réflexion pour trouver le plan idéal pour contrecarrer la piraterie et permettre aux artistes de récolter les fruits de leurs semences.

Lire la suite
07. févr.
2011
Droits de l'Homme
16

Excision, difficile d’arrêter l’hémorragie

(source image: www.contre-dits.com)

La communauté internationale a célébré le dimanche 6 février 2011, la journée internationale de la lutte contre l’excision. Au pays des hommes intègres, malgré les campagnes de sensibilisation, la pratique reste fortement ancrée dans les mœurs, jusque même chez les plus intellectuels.

Le Burkina Faso a engagé la lutte contre l’excision depuis une dizaine d’années. Les chefs traditionnels et religieux se sont engagés aux côtés des autorités politiques pour éradiquer ce phénomène. Seulement, entre les discours et les actes, il y a un écart. Des intellectuels ont contribué à répandre l’idée selon laquelle cette lutte est une forme d’impérialisme, une invention des Blanc pour détourner les Noirs de leur coutume. Cela s’explique aussi par le fait que la lutte contre l’excision a été déclenchée depuis l’arrivée des prêtes blancs. Ouagadougou devrait en principe être l’épicentre de la lutte contre cette ablation pratique. Cependant, même les intellectuels ne semblent pas convaincus par les différents messages de sensibilisation. Beaucoup d’entre eux, en cachette, envoient les enfants au village pour les faire exciser.

La cérémonie de l’excision (dans certaines localités) a lieu généralement après les récoltes. Pour éviter tout soupçon, ces derniers font exciser leurs filles pour que la blessure se cicatrise avant la rentrée scolaire. Dans de telles situations, il est  presque impossible de dénoncer car « ce sont les grands types de Ouagadougou ». Plus besoin de nos jours de cérémonies rituels qui pourrait éveillés la vigilance.
Si l’engagement des chefs traditionnels et religieux, combiné aux mesures plus ou moins draconiennes des autorités politiques portent des fruits, les résultats ne sont pas ceux escomptés. Certains acteurs de la lutte ne sont engagés que devant les caméras et les micros. « Pourquoi peut-on circoncire les garçons et les filles ne peuvent pas être excisées ? ». Voilà la question que vous posent certains d’entre eux.

Au moins une femme séjournerait à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) chaque année pour ces mutilations génitales. Quelques gouttes d’eau dans la mer. Malgré la prison, des cas de récidives sont enregistrés. Les pratiquantes seraient encore plus nombreuses à s’adonner à la pratique. Il arrive que des femmes évoquent l’influence de génies qui leur obligeraient à exciser. Pour ces genres de situations, arrêter devient encore plus difficile.

Les femmes sont les plus réfractaires à la lutte contre ce phénomène. Une fille excisée n’a pas encore acquis sa féminité. Cette conception est encore forte au Burkina Faso. « Le clitoris, c’est comme le pénis. Si on ne l’enlève pas, pendant les relations sexuelles, il suce le sang de l’homme », entend-t-on souvent dire. Pour cette raison, quelques filles adultes et non excisées se rendent au village en catimini pour se couper cette membrane. Des rumeurs de cas pareilles sont légions. Des familles l’exigent avant le mariage quand ils découvrent que la fille n’a pas été excisée.

Le gouvernement a appelé la population à dénoncer tout cas d’excision ou de tentative d’excision. Cet appel n’est entendu que par quelques fonctionnaires des villages reculés. Qui oserait dénoncer une vieille de soixante ans dans son village ? Les gens voient se taisent et laissent faire. Tout cela rend plus difficile la lutte contre l’excision au Burkina Faso. Le gouvernement doit revoir sa copie s’il veut que la lutte soit plus efficace. L’ennemie n’est pas toujours loin.

Lire la suite
03. févr.
2011
société
2

Réseaux sociaux : Facebook, la nouvelle drogue

Parler de réseaux sociaux, c’est parler de Netlog, skype, badoo, tweeterou encore l’un des plus populaires de tous facebook etc. Ce réseau social est devenu presqu’une drogue pour de nombreuses personnes. Difficile de passer une journée sans se connecter  soit pour lire des messages, soit les notifications ou les commentaires, les dialogues etc.

Facebook a changé le quotidien des jeunes Burkinabè. Plutôt que de passer un coup de fil à son ami, mieux vaut se donner rendez-vous sur facebook. Là, on peut tout se dire pendant des heures. Les jeunes Ouagalais utilisent ce réseau social pour donner ou rechercher des informations. Par exemples, les baptêmes, les mariages sont publiés sur cette plateforme. Ceux qui ont raté ces évènement peuvent par exemple revoir les vidés et les photos publiés.

Les jeunes sont les plus actifs. « Il est vraiment difficile de passer une journée facebook », confie Emmanuel Kambou, un étudiant. « A chaque instant, tu te demandes si quelqu’un n’a pas fait de commentaire sur ton mur ou sur un autre sujet » relève Kambou avant d’ironiser « Faire une semaine sans se connecter à facebook peut rendre malade». Ces affirmations traduisent également le ressentiment de plusieurs autres personnes.

En rentrant dans un cybercafé, le constat est que même ceux qui y sont pour autre chose ont ouvert une fenêtre pour consulter de temps en temps leur page.

Cette drogue s’est transportée dans les bureaux. Mais là, c’est le travail qui prend un coup. Pour pallier cela, certains services ont bloqué facebook. C’est ce que confiait un jeune homme en stage dans une institution à vocation international présente au Burkina Faso.

Facebook sert de pont entre les jeunes Ouagalais, Africains et même de partout dans le monde. Dans un contexte où il est de plus en plus difficile de se voir chaque jour, les jeunes ont choisi facebook pour rester en contact avec leurs amies. Emmanuel Kambou confie avoir retrouvé des camarades de depuis l’école primaire grâce à ce réseau social.

A Côté de cela, on constate que facebook est devenu un canal de libre expression. Rarement des censures sur les commentaires : tout de se dit et rien n’est sacrée.  Attention quand même à la vie privée des gens.

Pendant la campagne pour l’élection présidentielle du 21 novembre au Burkina Faso, le Président réélu Blaise Compaoré n’a pu résister à la forte tentation. Il a crée sa page. Bien, un vrai outil de propagande. Les entreprises commencent d’ailleurs à s’y mettre.

S’il brise facilement les frontières, facebook à quelques inconvénients. Certains passent toute une journée sur leur page. Difficile dans ce contexte de consacrer du temps aux amis. Fini les rendez-vous au « grin » de thé.

Néanmoins, on pourrait dire que c’est un pont qui relie des îles.

Lire la suite
02. févr.
2011
société
6

Retour des Etalons cadets de la Can 2011 au Rwanda : I-nou-bli-able !!!

Les étalons cadets du Burkina, champion d’Afrique de leur catégorie, sont rentrés du Rwanda le mardi 26 janvier 2011. Le public sportif burkinabè  (et non sportif) a réservé un accueille mémorable à leurs héros.

Les Étalons cadets du Burkina à la descente de l'avion

Difficile de circuler à Ouagadougou, le mardi 26 janvier 2011. Les Ouagalais et aussi des supporters venus d’autres villes ont envahis la capitale burkinabè pour accueillir les Étalons cadets, champion d’Afrique de football de leur catégorie depuis le samedi 22 janvier 2011 au Rwanda. Du jamais vu au Pays des hommes intègres.

Ivoiriens aux côtés des Burkinabè à l'aéroport de Ouagadougou

Aux environs de 13 heures 30, l’avion présidentiel atterrit sur à l’aéroport de l’aéroport international de Ouagadougou. L’encadrement technique des Étalons avec à sa tête l’entraineur Rui Viera fait le premier son apparition. Ce groupe sera suivi quelques minutes après par celui des joueurs. Le capitaine de cette formation brandit le trophée sous les applaudissements d’une centaine de personnes composé d’autorités politiques, de supporters, des encadreurs de centres de formation de football, de journalistes etc.

Dehors, des milliers de supporters attendent la sortie des héros de Kigali (capitale du Rwanda). Des ressortissants de pays de l’Afrique de l’ouest ont également fait le déplacement. Lorsque les Étalons cadets sortent de l’aéroport, c’est l’hystérie générale. Ils sont acclamés par les supporters qui tentent à tout prix de les toucher. La sécurité veille sur ces enfants prodiges. Une dame néanmoins, réussi à se déjouer la vigilance de la sécurité et prend Bertrand Traoré, la star de l’équipe dans ses bras. Un moment émouvant.

A moto, pour dire merci aux Étalons

Le cortège quitte l’aéroport internationale de Ouagadougou, vers 16 heures, longe la Zone d’Activités commerciale et administrative (ZACA) (quartier Koulouba), passe par l’avenue Kwamé N’krumah jusqu’au rond point des Nations Unis. Le cortège se dirige ensuite vers la place de la nation (en plein centre ville) où il fait une pause. Une occasion pour les Étalons cadets de présenter le trophée au plus grand nombre de Burkinabè.

Après la place de nation, le cortège quitte l’avenue Bassawarga, en passant par celui portant le nom Pascal Zagré puis France-Afrique pour se diriger au palais présidentiel. Les champions d’Afrique sont salués par une foule amassée au bord des voies et habillés en rouge, vert et jaune, les couleurs figurant sur le drapeau national.

Sur des motos, des jeunes slaloms sur le goudron tandis que d’autres roulent à plein vitesse au son des klaxons. D’autres supporters sur leurs chevaux accompagnent le cortège à Kossyam, quartier où se trouve le palais du président du Faso.

19 heures passé de 20 minutes, le cortège arrive au Palais présidentielle. Pour la première, presque toute la ville de Ouagadougou s’est retrouvé au palais présidentiels accueillis par la musique rendant hommage aux Étalons. Là, le capitaine de l’équipe cadette du Burkina a remis le trophée au Président Blaise Compaoré.


Il y a des moments qui rendent fier d’appartenir à une nation. C’est le cas de cette journée qui a connu une mobilisation générale. Malgré la cherté de la vie et le chômage, les Burkinabè ont oublié pour un instant tous leurs problèmes. Comme le disait quelqu’un, même ceux qui n’aiment pas le football était se sont mobilisés ce jour là.

Lire la suite
22. janv.
2011
société
1

Saint Sylvestre à Ouagadougou, les 3B (Bière, Brochettes, Bagarre) à l’honneur.

Feux d'artifice mais aussi 3B

31 décembre, dernier jour de l’an, un jour de ferveur aux quatre coins du monde. La Saint Sylvestre, une fête à ne rater sous aucun prétexte. Les maquis (débits de boissons) sont des lieux de convergence pour la majorité des fêtards. 22 heures au Stade de France l’un des bars les plus populaires de Ouagadougou. A l’entrée, des bouchers, le couteau à la main, découpent du mouton et du poulet. Les commandes affluent. Cette nuit du réveillon est une aubaine pour ces libéraux, qui contrairement aux autres, ne feront pas la fête en se trémoussant autour de jolies demoiselles. Sur toutes les tables, des morceaux de viande en quantités impressionnantes. Pas de repos pour les mâchoires.

Musulmans, chrétiens ou animistes, la bière coule à flot. On ne pourrait s’imaginer un 31 sans bière. Boire, boire, boire et danser le « tango tango », la danse du soulard au rythme de « Bonne année » du groupe As Dj. Manger, boire, voilà le symbole que revêt la Saint Sylvestre à Ouagadougou.

Quelques minutes avant 00h au Stade de France, les disques se succédaient sur les platines des Dj. Sur la piste des demoiselles DVD (Dos et Vendre Dehors), CD (Cul Dehors), ou VCD (Vendre et Cul Dehors) (elles sont appelées ainsi pour leur habillement extravagant) mais aussi des filles bien habillées. Avec leur cavalier elles se laissaient aller au rythme de la musique. Dans une telle ferveur, le cri d’une jeune fille interrompit la fête de façon soudaine. Elle était au centre d’une bagarre entre deux jeunes hommes totalement saoul. L’un d’eux estimait avoir été cocufié par sa dulcinée. Après lui avoir acheté tout le nécessaire pour la fête, elle l’a plaqué pour un autre. Ayant découvert la supercherie il a décidé de se venger en lui reprenant tout ce qu’il lui avait offert. A la fin, le résultat était stupéfiant, la jeune fille était toute nue en pleine rue. Tout ce qu’elle portait était du jeune homme. Son amant du soir, tenant à peine sur ses deux pieds, a tenté tant bien que mal de s’y opposer mais sans résultats. C’est souvent ainsi. Après avoir dévoré les brochettes, manger les brochettes, place à la bagarre et aussi au bordel.

Lire la suite
18. janv.
2011
Non classé
3

La défense en ligne

La défense en ligne est l’un des meilleurs moyens pour prendre à défaut un attaquant en position de hors jeu, qu’il soit Samuel Eto’o Fils quatre fois ballon d’or africain, Lionel Messi considéré comme le meilleur joueur du monde, ballon d’Or France Football et Ballon d’Or Fifa (la nouvelle formule) se font souvent prendre. Même l’Italien Phillipo Inzaghi qui déjoue assez aisément ce piège n’échappe pas toujours à la vigilance des arbitres. La défense en ligne a fait ses preuves. Une entente parfaite entre les défenseurs d’une même équipe de football est la clef de son succès.

Beaucoup de lecteurs pensent bien connaitre la défense en ligne, le football étant pratiquer aux quatre coins du globe. L’efficacité de ce système a séduit si bien que sa renommée a fait lui a valu d’être transféré dans les salles d’examens au Burkina Faso. Un aperçu technique :

Première étape, la constitution d’une équipe.

Des candidats passent une attente. Ensemble, ils préparent normalement les examens avec les documents qu’ils trouvent sur le marché. C’est le stage de préparation ou l’entrainement. On y peaufine toutes les stratégies qui seront mises en application pendant le match.

Deuxième étape, les phases de qualifications.

Les candidats déposent ensemble et le même jour leur dossier afin d’avoir les numéros de récépissé successifs. Les numéros étant attribués par ordre d’arriver et les places déterminées par rapport au même principe, les candidats sont assurés de jouer dans le même camp. Dans la même salle les candidats occupent parfois la même table la voire toute la ranger.

Troisième et dernière étape : la compétition

Lorsque les sujets de composition arrivent, c’est tout le groupe qui se serre les coudes. Les sujets sont traités comme un seul homme. Les candidats font circuler les bouts de feuilles. La complicité est de rigueur et le travail d’équipe indispensable à la victoire finale.

Cette approche tout à fait insolite pendant les examens et concours au Burkina Faso à fait ses preuves.  Et les autorités en charge de l’organisation de ces recrutements ont mis du temps avant de comprendre le subterfuge.

Une fois la stratégie décelée, elles ont mis en place un plan de contre attaque. La tactique est toute simple mais efficace : isoler les coéquipiers en les installant non plus par ordre d’inscription mais plutôt par ordre alphabétique. Ainsi un jeune villageois venu de Dori, (une localité à l’extrême nord du Burkina Faso), peut se retrouver sur le même banc qu’un ressortissant de Bobo Dioulasso, la capitale économique située à l’Ouest du pays. Etant de parfaits inconnus l’un pour l’autre et l’absence de confiance aidant les deux candidats ne peuvent pas travailler ensemble car le contexte laisse peut de place à l’improvisation. Des coéquipiers qui ne se connaissent pas et qui s’alignent dans une équipe ont 90% de chances d’échouer.

10% de chance de réussite, c’est peu mais suffisant pour les braves candidats aux examens et concours de la fonction publique burkinabè. Désormais plus besoin de se connaitre pour pratiquer la défense en ligne. En professionnels, ce handicap est vite surmonté : ce n’est qu’une question d’expérience. L’entente est automatique.

Le succès de cette technique à séduit au-delà des salles d’examens et de concours pour gagner les étudiants de l’Université de Ouagadougou. Là, l’approche très similaire connait néanmoins quelques réaménagements pour l’adapter au contexte. En troisième année de Sciences Juridiques et Politique (SJP) communément appelée Droit, quelques étudiants témoignent. A une dizaine, ils se distribuent les postes. La tactique est simple : pour un devoir, le cours est reparti entre les membres du groupe. Pendant la phase préparatoire, chacun se spécialise pour les parties (les chapitres) qui lui ont été confiées par l’ensemble de l’équipe sans se préoccuper des autres parties. Pendant le devoir, chaque membre de l’équipe traite les questions relatives à sa partie et fait passer le sujet traité aux autres et le tour est joué. La bonne maitrise de son domaine et la circulation des sujets traités est le secret du succès.

Vous parlerez peut-être de tricherie : ici on ne voit pas cela de la sorte. On parle tout simplement de défense en ligne. Et comme ça que certains obtiennent leurs diplômes et des postes au pays des hommes intègres.

Lire la suite
04. janv.
2011
société
21

Soutiens-gorge «yougou yougou» climatisés

soutiens-gorges "yougou yougou"

Le sujet d’un de mes précédents précédents billet portait sur les « poulets mesdemoiselles », « poulets bicyclettes » à Ouagadougou à l’occasion de la Saint Sylvestre. Cette fois-ci, il sera question des soutiens-gorge « yougou yougou » climatisés. Avant cela, ce billet est né de concert avec une amie blogueuse Yabil Coulibaly membre de Mondoblog. Après avoir fait connaissance, nous avons décidé d’écrire des billets sur un sujet commun comme l’ont proposé Cédric Kalounji, Simon Decreuze et Ziad Maalouf, encadreurs du projet Mondoblog. Son billet à elle c’est  Des habits Europe au revoir pour le 31. Pour les nouveaux lecteurs du Messager d’Afrique, Mondoblog est un projet de Radio France Internationale (RFI) dont l’objectif est de créer une blogosphère francophone dynamique. La candidature de celui-ci a été acceptée.

Un vendeur de soutiens-gorges

Le commerce des soutiens-gorge « yougou yougou » est le métier d’un jeune homme du nom de Madi installé à une dizaine de mètres du grand marché de Ouagadougou Rood Wooko. « Yougou yougou » est une expression de l’Afrique de l’Ouest pour designer les friperies. S’il s’agissait de voitures, on aurait parlé de « France Au Revoir » ou de « Belgique Merci ».

Sac en main, en « tissu pagne », Edwige, une demoiselle de 25 ans environ, fouille un tas de soutiens gorge entassés sur une bâche posée à terre. D’autres sont accrochés au mur. Elle tourne et retourne mais ne semble pas trouver son goût. Madi, le vendeur essaie de convaincre la demoiselle de faire un choix car « ses soutiens-gorges sont climatisés ». Ce qui arrache un sourire à Edwige qui feint de ne pas entendre les propos du commerçant. « Vrai vrai là ma sœur, ces soutiens là sont climatisés. Choisis un seulement et toi tu vas me dire ça plus prochainement ». Il en prend un au hasard qu’il montre à sa cliente. « Regardez ça. Je suis sur que ça vous va bien ». Soutiens-gorge climatisés ! J’étais vraiment surpris mais connaissant la supercherie des commerçants, je compris vite qu’il n’y avait aucune vérité dans ce qu’il disait. Madi ne désarme  pas.  Pour convaincre, il fait comprendre que ses soutiens-gorges permettent de rendre les seins plus fermes et plus doux.

Après plusieurs fouilles, Edwige finit par faire un choix.  Celui qui de son point de vue pourra mieux mettre en valeur ses seins. Pour elle, si ces soutiens-gorge ne sont pas climatisés, ils sont tout de même de bonne qualité. C’est ce qui explique sa présence dans ce coin de vente « yougou yougou ». Elle estime que ces sous-vêtements venus d’Europe sont moins chers et meilleurs que certains vendus dans des magasins huppés de la capitale.

Les habits « yougou yougou » seraient-ils plutôt l’affaire des pauvres ? Certainement pas pour Edwige. Selon elle, toutes les filles s’habilleraient en « yougou yougou ». « Quand vous voyez vos petites gos s’habiller avec les habits « dernier cri » là, c’est dans les friperies» lance Edwige d’un air moqueur. Madi pense la même chose. Les pauvres selon ses explications, ne sont pas les seuls à s’habiller en « yougou yougou ». Les filles de toutes les catégories sociales, riches ou pauvres, élèves ou étudiantes, viennent se ravitailler les mercredis en général car les vêtements arrive ce jour là ou le mardi soir.

L’engouement des demoiselles pour ces habits venus de l’Europe s’explique par leur bas prix et leur originalité. Selon Madi, les soutiens-gorge les plus originaux, les meilleures marques, se trouvent dans les friperies.

Les « yougou yougou » seraient-ils les vieux vêtements dont se sont débarrassés les Européens. Madi n’est pas d’accord avec cette rumeur. Pour lui, ce sont des soutiens-gorge démodés en Europe qui sont ramenés au Burkina. Il assure d’ailleurs que ces sous-vêtements viennent souvent avec leurs emballages d’origine. Edwige confirme ces propos en notant que certains magasins achètent des « yougou yougou » pour les ré-emballer et les commercialiser. Les filles achèteraient des soutiens-gorge « yougou yougou » sans le savoir.

Lire la suite
04. janv.
2011
Politique
0

Cinquantenaire du Burkina : le soutien d’un malien


-Tu ne peux pas aller à Bobo et tu ne parles pas de ça dans ton blog

-Non c’est Ouaga qui m’intéresse

-Même si c’est Ouaga qui t’intéresse, un Ouagalais à Bobo pour le cinquantenaire de l’indépendance du Burkina, ça mérite un papier au moins…

Petit resumé d’une discussion avec un ami qui lecteur régulier des billets sur ce blog. L’appareil avec lequel j’ai pu capturer les images n’étant pas le mien, je n’ai pas pu récupérer les photos à temps.

Le 11 décembre 2010, le Burkina Faso a célébré les cinquante ans d son indépendance à Bobo Dioulasso la capitale économique du Burkina Faso. Défilés militaires et civils ont marqué principalement cette journée sur l’avenue Félix Houphouët Boigny de Bobo Dioulasso. L’attraction, ce jour là était également ce jeune malien sur la photo. Peint aux couleurs du Burkina, une jarre aux mêmes couleurs sur sa tête et le portrait du Président Blaise Compaoré en main, ce jeune malien sur la photo est venu apporter son soutien au peuple burkinabè pour la célébration de ses cinquante ans de d’indépendance. Son geste à attirer l’attention de nombreuses personnes qui ont salué son initiative. La veille au Stade Sangoulé Lamizana de Bobo Dioulasso et l’occasion de la finale du cinquantenaire qui a opposé le Burkina au Mali, ce malien habillé aux couleurs des deux pays à encourager les deux équipes preuve que l’unité de l’Afrique est possible.

Un malien aux couleurs du Burkina, c’est un malien dans la peau d’un burkinabè, c’est un signe que les Africains se sentent chez eux partout où ils vont. Cela devrait donner à réfléchir  aux dirigeants africains. Les peuples à la basse n’ont aucun problème entre eux. Il suffit d’une volonté politique que l’Union Africaine soit une réalité.

Lire la suite
« »
  • 1
  • …
  • 22
  • 23
  • 24
  • 25
  • 26
  • 27
  • 28
  • 29
Le blog qui rapporte, Critique, Propose

Auteur·e

L'auteur: Boukari Ouédraogo
Boukari Ouédraogo est journaliste multimédias et blogueur burkinabè passionné des nouveaux médias, du cinéma et du sport. Il blogue depuis 2009 pour le compte de Mondoblog.

Populaires

Article : Alima, lesbienne à Ouagadougou : « l’homosexualité est un droit »
Alima, lesbienne à Ouagadougou : « l’homosexualité est un droit »
8 décembre 2010
Les animaux sont aussi des êtres vivants
31 octobre 2010
Article : Connexion à internet: airtel Burkina vole ses consommateurs ?
Connexion à internet: airtel Burkina vole ses consommateurs ?
5 mai 2015
Soutiens-gorge «yougou yougou» climatisés
4 janvier 2011
Musique : la « Rédemption » du groupe Yeleen
7 novembre 2010
Le Messager d'Afrique depuis Ouagadougou © 2026
-
BLOG DU RÉSEAU MONDOBLOG
Mentions légales Centre de préférences
531