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  • Boukari Ouédraogo
Le Messager d'Afrique depuis Ouagadougou
01. mai
2011
Métier
4

Les filles de ménage, esclaves des villes

 En Afrique, de nombreuses familles font venir des jeunes filles du village pour servir de domestiques en ville. La plupart d’entre elles travaillent dans des conditions déplorables si ce n’est de la pure exploitation, de l’esclavage…

 

Enfant domestique (Sources ph:Burkina Feux de braises)

 

Aller au bureau le matin et le soir laisse peu de temps aux Ouagalais pour s’occuper de la maison.  Ces réalités de la ville obligent certaines femmes à recourir aux filles de ménages. Il y a deux catégories : celles qui logent dans leurs familles d’accueille et celles qui travaillent la journée et rentrent dormir chez elle.

Les familles d’accueille préfèrent que les domestiques dorment chez elles. Ces filles de ménages sont les premières à se lever et les dernières à se coucher. Debout dès quatre heures du matin, elles doivent essuyer la maison et chauffer de l’eau pour le patron et sa femme. Ensuite elles doivent réveiller les enfants et préparer le petit déjeuner. Dans le meilleur des cas, les parents peuvent se charger de déposer les enfants à l’école. Sinon, elles doivent les conduire (a pied) avant 7 heures puis, continuer au marcher. La cuisine doit être prête à 12 heures. Après, ces domestiques doivent chercher les enfants à l’école puis les y reconduire dans l’après midi. Le soir, il faut préparer le diner et attendre que tout le monde mange avant de faire la vaisselle. C’est elle qui doit fermer les portes avant de se coucher. La plupart dort au plus tôt à minuit. Lorsque que quelqu’un tape à la porte tard la nuit, comme c’est le cas très souvent en Afrique, c’est la « bonne » qui doit ouvrir.

A tout cela s’ajoutent les lessives quotidiennes, à savoir laver le linge des enfants. Mais il y a aussi celle du dimanche souvent appelé « la grande lessive ».  Une corvée que les filles redoutent particulièrement. Ce jour là, la maitresse de maison fait sortir tous ses habits sales, ceux de son mari et aussi les draps dont le poids suffit à effrayer. Pour ce qu’elles font, le salaire tourne entre cinq mille et sept mille cinq cent francs Cfa.

Les enfants qui font ce travail ont en générale entre 8 et 16 ans. En plus des durs travaux qu’elles abattent, elles sont obligées de supporter les sautes d’humeur de leur patronne.

Les domestiques sont souvent utilisées comme des objets sexuels quand la maitresse de maison est absente. Celles-ci se laissent faire au risque de perdre leur « emploi ». Les histoires de domestiques enceintées et jetées dans la rue ne manquent pas à Ouagadougou.

Poussées par la pauvreté de leur famille, ces jeunes filles en arrivant en ville espèrent faire fortune avant de repartir aider leurs parents. Avec un salaire de moins de 10 mille francs qui en plus n’ait pas régulièrement versé comment peut-on venir en aide à ses géniteurs dans un contexte de vie ? Cette somme est de loin insuffisante. La pauvreté et l’image déformées de la ville conduisent les ces filles qui rêvent d’un avenir meilleur.

A plus de 16 ans, avec les seins qui ont bien poussé comme deux mangues mûrs sur la poitrine, le bassin élargie, ces jeunes demoiselles sont contraintes de quitter leurs employeurs. Elles deviennent des rivales sérieuses pour la maitresse de maison qui préfèrent se débarrasser d’elles. La plupart du temps, elles ne reçoivent pas la totalité de leurs salaires.

Sans un sous, n’ayant pas un toit où dormir, sans expérience, elles deviennent la proie de vieux libidineux. Exploitées pendant quelques temps, elles entament une carrière de prostituée. Un cercle vicieux.

A l’occasion du 1er mai, journée internationale du travail, ce billet est un appel aux autorités politiques, morales et coutumières pour mettre fin à l’esclavage que vivent les domestiques. A leur âge, leur place doit être dans des salles de classes. Il faut lutter contre le travail des enfants, l’exploitation des enfants.

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30. avril
2011
société
1

Commémoration du 1er mai, une pensée pour les personnes handicapées

 Dimanche 1er mai, le monde entier célèbre la journée internationale du travail. Cette célébration intervient alors qu’une couche importante vie une profonde discrimination. Il s’agit des personnes handicapées.
Malgré son diplôme, Ismael Traoré se pose des questions sur son avenir

 

 

Il y a deux ans, alors que j’effectuais un stage dans un quotidien burkinabè Sidwaya, la rédaction a reçu un jour la visite d’un jeune aveugle. Souleymane Ouédraogo, venu racontrer ses mésaventures alors qu’il tentait de passer  un concours de la fonction publique, la magistrature. Il était âgé à l’époque de 34 ans et diplômé  en maîtrise des droits des affaires. Mais le jeune homme a perdu la vue à l’âge de 10 ans, victime de la rougeole. Recueilli par l’Association Burkinabè pour la Promotion des Personnes Aveugles (ABPAM), Souleymane Ouédraogo suit un cursus normal jusqu’à l’Université de Ouagadougou.

Il était noté comme tous ses camarades sauf qu’il rédigeait ses cours et ses devoirs en braille avant que cela ne soit transcrit noir sur blanc pour faciliter la correction au professeur.

Le plus dur commence lorsqu’il entreprend des démarches pour déposer ses dossiers de candidatures aux concours de la fonction publique.

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit …» comme le stipule l’article 1 de la  Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) adoptée le 10 décembre 1948. Selon l’article 21 « toute personne à droit au travail, au libre choix de son travail ». En plus la loi 13 / 98 portant reforme de la fonction publique  n’empêche pas les aveugles à postuler. Tenant compte de ces principes, il décide de se porter candidat aux concours d’entrée à l’école de la magistrature. Mais, les portes lui sont fermées pour son handicap.

Après plusieurs tentatives, il décide de faire entendre sa voix à travers la presse. Souleymane Ouédraogo ne demandait aucune faveur mais que son dossier soit accepté et que l’on puisse lui permettre de travailler avec un  ordinateur  adapté. Souleymane Ouédraogo a passé le concours d’entrée à la magistrature.

A l’Université de Ouagadougou Ismaël Traoré est bien connu de tous. Cet étudiant n’a aucun de ses quatre membres au complet. Mutilé depuis l’âge de trois ans (victime d’un accident de train), il a bravé son handicap. Son cursus scolaire l’a conduit à l’Université de Ouagadougou où il étudie en troisième année de droit. Pourtant, il écrit ses cours à l’aide de sa bouche. Lui, il affirme être allé à l’école avec pour seul objectif de prouver aux autres que les personnes handicapées ont des potentialités. Il pense qu’il ne pourra jamais travailler dans la fonction publique. Vu son infirmité, ses critères l’empêchent de postuler. Par exemple, Ismaël Traoré ne pourra jamais être candidat aux concours de la gendarmerie, de la police à cause des épreuves sportives qu’il devrait passer.

Il y a un grand écart entre les discours en faveur des personnes handicapées et les actes. Aucune mesure adéquate n’est prise pour recenser les personnes handicapées et leur permettre de se sentir partie intégrante du tissu social. Aujourd’hui, les paroles, les textes adoptés doivent être joints aux actes.  

S’il est vrai que des personnes handicapées, travaillent dans la fonction publique burkinabè. La grande majorité des structures ne sont pas adaptées pour leur permettre de travailler comme il le faut. Certains d’entre eux doivent souvent gravir des escaliers avec leurs béquilles pour rejoindre leur bureau. Pour ce 1er mai 2011, à l’heure où toutes les couches de la société sont en train de manifester, une attention particulière doit être accordée au cas des personnes handicapées. Dans un contexte où les « personnes non handicapées » ont du mal à trouver du travail, ces hommes et femmes sont obligés de travailler deux fois plus pour se faire une place dans cette société.

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29. avril
2011
société
1

Mutinérie de la Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS) : que veulent les policiers mutins ?

Une fois de plus, une mutinerie au Burkina Faso. Après les militaires les jours passés, les policiers de la Compagnie Républicaine de la Sécurité (CRS) du Burkina Faso ont fait retentir les armes. Une mutinerie qui intervient alors que le gouvernement négocie avec les différents corps militaires et paramilitaires pour répondre plus convenablement à leurs revendications déjà satisfaites!

Les policiers ont aussi pris les armes pour revendiquer de meilleures conditions de travail

Les riverains des quartiers situés à l’Est de Ouagadougou, Dassasgho, et en particulier du camp de la Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS) n’ont pas dormi durant la nuit du mercredi 27 au jeudi 28 avril. Après les militaires, les policiers ont à leur tour troublé le sommeil des Ouagalais à travers des tirs bien nourris. Ils ont débuté précisément à 21 heures 40, soit 20 minutes avant le début du couvre-feu instauré dans toute la commune de Ouagadougou. Les tirs se sont arrêtés à 23 heures 40 avant de reprendre à 00 heures 40. Coïncidence ?

C’est vrai, les Burkinabè sont habitués aux tirs ces derniers jours. La surprise, il s’agit cette fois-ci des policiers du CRS. Jusque là, ce sont uniquement les militaires (dont le régiment de sécurité présidentielle, la garde personnelle du President Blaise Compaoré) qui s’étaient illustrés à travers des pillages de magasins, de supermarchés, de stations d’essence etc. La question qui se pose en ce moment est de savoir ce que veulent les policiers. Depuis le mois de mars, le Président du Faso Blaise Compaoré a entamé des discussions avec tous les corps militaires paramilitaires pour répondre aux revendications de ces derniers. Les négociations continuent toujours. Bien avant, des rumeurs circulaient sur une manifestation des militaires dans la journée du mercredi 27 avril 2011. Dans la nuit, le nouveau chef d’Etat major des armées, Honoré Nabéré Traoré, a démenti cette rumeur, et affirmait que les militaires reconnaissaient qu’ils étaient allés trop loin. Le 27 avril se terminait donc dans le calme avant d’être perturbé par cette sortie imprévisible de la CRS.

Les militaires payés, les policiers non

Il était nécessaire de revenir sur ces faits avant de donner les raisons de la mauvaise humeur des policiers. Officiellement, l’on sait que les policiers exigent le départ de certains de leurs chefs hiérachiques. Une preuve de plus que la fracture est grande entre les sulbaternes et les supérieurs hiérchiques dans le milieu des corps habillés au Burkina. Nous pouvons dire que le President du Faso a commi une erreur en limogeant certains chefs des forces armées sans tenir compte des paramilitaires. Selon certaines sources, la réaction des policiers s’explique aussi par le fait qu’ils ne sont pas traités au même titre que les militaires. En parlant des revendications salariales et de primes, les militaires, les gendarmes, les éléments de la garde de sécurité pénitentiaire (GSP) auraient constaté que les revendications des différents corps ont été prises en compte sauf celles des policiers. Ceci serait la première raison de la colère. Il semble que ces derniers n’ont pas remarqué de changement particulier sur leur bulletin de paiement.
Une autre plainte des policiers est relative à l’emprisonnement de leurs amis après la mort de l’élève Justin Zongo à Koudougou. Ils ne comprendraient pas pourquoi les cinq militaires qui avaient trainé un civil nu dans les rues de Ouagadougou soient en liberté provisoire alors que les deux policiers soupçonnés du meurtre de Justin Zongo sont toujours détenus à la Maison d’Arrêt et de Correction de Ouagadougou (MACO). Il y aurait selon eux deux poids, deux mesures.

Cette mutinerie peut bien s’expliquer par le silence dans lequel la police s’est murée depuis les manifestations né de la mort de Justin Zongo. Les manifestants ont brûlé des commissariats dans les villes de Ouagadougou (la capitale), Ouahigouya Dori (nord). La veille de cette mutinérie, le siège de la police municipale de Koudougou avait été brûlé par des commerçants qui protestaient contre la fermeture de leurs magasins pour non paiement des taxes communaux. Depuis le 22 février, les policiers ont presque disparu de la circulation. Ces derniers ne veulent peut-être pas se faire respecter: chargé de veiller la securité des populations, ils n’étaient eux mêmes pas en sécurité. Par exemple, depuis le début des évènements qui remontent à la fin du mois de décembre aucun élément des Services de Sécurité Universitaire n’a été vu sur le campus.

Dans la journée du jeudi 28 avril la police municipale et des éléments de la police nationale sont également entrée dans la danse sans que nous n’ayons pu vérifier ces informations. La mutinerie s’est étendue à d’autres villes comme Dédougou, Bobo Dioulasso, de Fada N’Gourma. Si la police nationale et la CRS sont payés par l’Etat, ce n’est pas le cas de la police Municipal placée sous le couvert de la mairie de Ouagadougou. Leur traitement n’est pas le même que celui des autres policiers.

Dans la matinée, des gendarmes ont tenté de rencontrer les policiers au commissariat central de Ouagadougou. Mais ils ont été oppossé à un veto des mutins.

Pour résoudre le problème des militaires, le président de la république s’est adjugé le poste de ministre de la défense. Avec ces nouvelles manifestations va-t-il s’occuper du ministère de la sécurité ? Nous ne pensons pas. La crainte pendant cette journée était de voir une confrontation entre militaires et policiers comme cela est déjà arrivé en 2007. Cette manifestation policière n’a presque pas inquiété les civils qui circulaient comme si rien ne se passait. Les policiers s’étaient retranchés dans la cour du commissariat centrale. Jusqu’en fin de soirée, les tirs continuaient de façon sporadique. Les policiers contrairement aux militaires ont été plus sages en ne saccageant pas les biens privés. Après la mutinérie des militaires et des policiers, les sapeurs pompiers, la garde de la sécurité pénintenciaire, la douane et la gendarmérie pourraient-ils entrer dans la danse? C’est la question que l’on se pose actuellement à Ouagadougou. Aux autorités d’anticpier en rencontrant tous les corps militaires et paramilitaires même si cela avait été dejà fait il y a quelques semaines.

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20. avril
2011
Politique
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Mutinerie au Burkina : pour comprendre la crise

Depuis le mois de février, le Burkina Faso est confronté à une mutinerie. Elle a commencé par la contestation d’une décision de justice. Plusieurs militaires avaient trainé nu un civil qui selon eux avait fait la cour à la concubine de l’un d’entre eux. Une semaine après, à Fada N’Gourma, des militaires s’étaient mutinés et avaient libéré un de leur camarade. Celui-ci avait violé une fille de … 13 ans. (Mon Dieu, c’est vrai !) Ces mutineries  ont été accompagnées de pillages. Il y a quelques jours, c’est la garde présidentielle qui pillait la ville pour réclamer des primes de logement et de restauration. Quelles sont les raisons des comportements anti-citoyens de ces militaires ?

La  formation des militaires. Lors du procès entre un homme et des militaires qui  l’ont obligé à se promener nu dans les rues de Ouagadougou, le juge a posé cette question à l’accusé principal : « connaissez-vous les droits de l’homme ? » Sa réponse selon le plaignant, il entend parler des droits de l’homme à la télé mais il ne sait pas ce que c’est. Alors, un homme sensé assurer l’intégrité territoriale d’un pays ne sait même pas ce que c’est que les droits de l’homme ?  Human Right Watch devrait être interpelé à ce sujet. Pourtant, le capitaine Thomas Sankara avait prévenu : « Un militaire sans formation politique et idéologique est un criminel en puissance ». En plus, ce sont généralement les « cas sociaux », les enfants récalcitrants recommandés par leurs parents pour intégrer l’armée. Ils espèrent que la discipline légendaire de l’armée permettra à leurs enfants de devenir plus doux. Une preuve que la formation des militaires a baissé en qualité : il y a une année, des militaires réclamant des primes après une mission dans un pays africain avaient organisé un sit-in en plein ville. Ils ont choisi de manifester sans leurs armes. Avant midi, leur problème a été résolu. Voilà un exemple d’esprit citoyen, de discipline, de responsabilité qu’il faut saluer.  La hiérarchie militaire devrait faire appel à ces hommes pour témoigner de leurs expériences et ramener  leurs petits frères dans le droit chemin.

Des conditions de travail difficiles. Le sort des militaires en particulier et des corps habillés en général n’est pas du tout enviable. On les voit souvent se promener en ville les habits troués.    Ils sont obligés d’acheter eux-mêmes leurs tenus. Les militaires burkinabè ne bénéficieraient pas de primes pour cela. Pourtant, c’est cet habillement qui les diffère des civils. Les images qu’on a des militaires ressort surtout dans les films. Ils jouent souvent le rôle de soulards, pauvres et toujours endettés. Le rôle de Oyou dans le film la série télévisée« Commissariat de Tampy » de Missa Hébié est l’exemple éloquent des hommes de tenues au Burkina Faso. Dans son rôle de policier, Oyou est très endetté et passe tout son temps dans les cabarets. Après la rencontre avec le Président du Faso, il serait ressorti que le gouvernement octroie sept milliards de francs CFA pour l’habillement alors que les militaires sont obligés d’acheter eux-mêmes leurs tenues. La casse des magasins aurait permit de découvrir un stock inépuisable de tenues militaires.

A en croire les rumeurs, ils sont payés deux fois par mois, mais ce qu’ils gagnent comme salaire ne vaut rien. En plus, ils n’ont pas longue vie dans ce métier. Un militaire doit être jeune et fort : avoir ses jambes de 22 ans.

Une fracture entre les soldats et leur hiérarchie. Tandis que ces derniers vivent dans une pauvreté ambiante, leurs supérieurs sont choyés. A part les ordres et les revues de troupes, il n’existe aucune complicité entre les soldats et leurs supérieurs hiérarchiques. Pourtant, malgré les grades qui les séparent, les forces armées doivent être une famille. Lorsqu’un militaire sent que son supérieur hiérarchique est proche de lui, il se sent plus en sécurité. Si ces derniers ont attaqué les domiciles du ministre de la défense Yéro Boly, du chef d’Etat major général des armées Dominique Djindjéré, du chef d’Etat major particulier de la présidence Gilbert Diendéré, même si celui-ci est réputé proche de ses troupes, c’est la preuve que le fossé entre hiérarchie et soldats de rang est grand. A ce niveau, le President du Faso doit se reprocher quelque chose. Sinon, comment comprendre que le regime de sécurité presidentielle ose tirer alors qu’il sortait d’une concertation en vue de resoudre la crise qui a commencé il y a trois semaines. En plus comment comprendre que la garnison de Pô, reputé lui être fidèle soit également entré dans la mutinérie?

Tout le monde veut aller au Darfour. Comme on l’entend souvent dire, c’est pendant les périodes conflictuelles que les militaires sont bien mieux payés. Hormis cette période, ils reçoivent des salaires de misère. Dans certains discours, l’impression qui se dégage est que la sélection des soldats pour le maintien de la paix au Darfour n’a pas été transparente. Ceux qui reviennent de cette mission onusienne rentreraient avec beaucoup d’argent. Ce qui crée des envies. La jalousie a donc poussé certains à prendre les armes. Cela explique en partie les nombreux pillages de magasins et de supermarchés, etc. Même pour ceux qui ont été retenus pour le Darfour, la plupart serait mécontent parce que l’entièreté de leurs primes ne leur ont pas été remises. Ceux qui s’étaient mués dans le silence ont saisi l’occasion pour faire entendre leur voix.

Faire peur aux civils? Les rapports entre les civils et les hommes de tenues sont complexes. La plupart des soldats de rang n’étant pas allé à l’école, il arrive que les civils se moquent d’eux sous prétexte qu’ils ont eu leur boulot par ce qu’on appel le « courir rentrer », c’est-à-dire dans diplôme. Il leur a fallu seulement être

Parmi les premiers à une course pour obtenir leur place. Autre moquerie, les militaires parlent mal le français. La plupart des soldats de rang n’ayant pas été recruté avec un diplôme comme nous le mentionnons plus haut.

Le Président du Faso, chef suprême des armées absent du pays. Après 24 ans passées au pouvoir, la majorité des Burkinabè est unanime à reconnaitre que le Président du Faso a passé un long temps au pouvoir. Pourtant, la longévité à ce poste use. C’est vrai que les militaires ne font pas de revendication politique. Mais les absences répétées du Président, occupé à résoudre les crises dans les autres pays, s’est fait sentir.  Thierry Hot du groupe de presse Fasozine se demandait à quoi servaient les conseillers de Blaise Compaoré. L’impression qui se dégageait dans son analyse est que ces derniers ne jouent pas leur rôle.  Cela semble vrai. Après les concertations avec les différents corps militaires et paramilitaires, Blaise Compaoré a reconnu qu’il ignorait beaucoup de choses.

Le mouvement de révolte dans les pays arabes n’est pas un fait étranger à ce qui se passe au Pays des Hommes intègres. A part le chef de file de l’opposition, inconstant dans ses propos, rares sont ceux qui exigent le départ de Blaise Compaoré dans l’immédiat. Il devrait profiter de cette situation pour résoudre la crise. Ce qui donne une fois de plus  raison à ceux qui pensent que le chef de l’Etat est entouré de mauvais conseillés.

Si les revendications des militaires sont légitimes, la violence avec laquelle se sont déroulées les manifestations est à déplorer. Comme aiment le dire certaines personnes au Burkina Faso, « pour être écouté par les autorités, il faut utiliser la force ». Apparament, c’est cela que les militaires ont voulu faire.

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16. avril
2011
Politique
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Les dossiers qui attendent Laurent et Simone Gbagbo

Laurent Gbagbo l’ancien président ivoirien est enfin tombé comme une mangue mûre. Après avoir tenu tête pendant près de quatre mois à la communauté internationale et au  camp du Président élu Alassane Dramane Ouattara, les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) soutenues par l’ONUCI et les forces françaises de la Licorne ont réussi à le dégager. Maintenant que Koudou Laurent Gbagbo surnommé le « woody de Mama » ou « le boulanger » (par le défunt Président Robert Guei) a été arrêté, il devra répondre avec son épouse Simone Gbagbo, à plusieurs crimes commis pendant son règne.

Laurent et Simone Gbagbo

Laurent Gbagbo dans l’opposition ivoirienne s’est longtemps battu pour la démocratie. Il avait suscité beaucoup d’espoir pour bon nombre d’Africains et d’Ivoiriens en particulier. Mais, l’homme est mal arrivé à la tête de l’Etat ivoirien. Son règne a été marqué par des crimes de sang et de nombreuses personnes attendent de pied ferme que l’ex-couple présidentielle se retrouve devant la justice. Un couple qui se croyait élu de Dieu et donc indéboulonnable. Bien qu’étant un historien émérite, Laurent Gbagbo a oublié que toute chose à une fin.

Abdoulaye Cissé, oui, le nom que Laurent Gbagbo utilisait pour son faux passeport voltaïque     (le Burkina Faso s’appelait Haute Volta et ses habitants, les voltaïques) pour quitter la Côte d’Ivoire lorsqu’il était opposant aidé par l’actuel  Président burkinabè Blaise Compaoré. Ce dernier est aujourd’hui, son ennemi numéro 1. L’homme n’à jamais caché qu’il connaissait tous les  quartiers de Ouagadougou. Lors du coup d’Etat de 1999 de Robert Guéï, surnommé papa noël (le coup d’Etat a eu lieu le 24 décembre) contre le Président Henri Konan Bédié, Abdoulaye Cissé ou Laurent Gbagbo, le fervent défenseur de la démocratie l’avait soutenu en affirmant que c’était un « coup d’Etat salvateur ». Pendant ce temps, Alassane Ouattara dénonçait ce coup de force. Son parti avait refusé d’intégrer le gouvernement d’union nationale de l’époque.

Pendant l’élection présidentielle de 2000, Robert Guéï en accord avec Laurent Gbagbo élimine tous les « candidats sérieux» supposés  dont Alassane Ouattara pour « nationalité douteuse » et Henri Konan Bédié.  Laurent Gbagbo se retrouve aux urnes face au putschiste Robert Guéï. Pendant le décompte des voix Robert Guéï qui pressentait qu’il perdait les élections malgré les tripatouillages, s’autoproclame Président. Laurent Gbagbo, voyant ainsi que les choses tournaient en sa défaveur se proclame à son tour président à la Radio Télévision de Côte d’Ivoire (RTI).  Aidé de la rue, « le woody de Mama » va réussi à évincer son ami. Les militants d’Alassane Ouattara demandent la reprise du scrutin. La répression est sanglante. Le 27 octobre de la même année, un charnier de 57 corps criblés de balles est découvert à Yopougou (l’un des plus grands quartiers d’Abidjan). Il s’agissait principalement de ressortissants du nord de la Côte d’Ivoire et de Burkinabè. Des femmes qui avaient marché ce jour furent violées. Pour Simone Gbagbo, elles l’avaient cherché. Oui, une femme qui justifie le viol de ses camarades.

En  plus de cela, s’ajoute celui de Monokozohi à l’ouest du pays découvert en 2002. Les victimes sont en majorité des burkinabè. Elu dans des « conditions calamiteuses » selon ses propres mots, Laurent Gbagbo dira ceci après les multiples critiques : « mille morts à gauche, mille morts à droite, moi j’avance ».

Le charnier de Yopougon est l’un des premiers dossiers auquel doit répondre le couple Gbagbo. « L’acte déclencheur de la rébellion  a été le charnier de Yopougon » affirmait un jour Guillaume Soro. En septembre 2002, une rébellion éclate effectivement en Côte d’Ivoire. Les étrangers et le Burkina Faso sont accusés de déstabiliser le régime de Laurent Gbagbo. Des ivoiriens du nord et des étrangers sont tués par ceux qu’on appellera « les escadrons de la mort », une milice créée par Simone Gbagbo, la première dame de Côte d’Ivoire. Le médecin Benoît Dakoury Tabley (frère de Louis André Dakoury Tabley membre de la rébellion ivoirienne) et le comédien Camara H vont tomber dans les filets de cette milice. L’assassinat à Ouagadougou de l’opposant Balla Keita est attribué aux « escadrons de la mort ». Cette milice a semé la désolation pendant l’année 2002 à travers des exécutions sommaires chaque jour.

Aux premières heures du coup d’Etat manqué de 2002, Robert Guei est allé se cacher à la cathédrale d’Abidjan. Informé, Laurent Gbagbo depuis l’Italie va dévoiler la cachette de l’ancien Président. Il  sera tué et émasculer. Sa famille ne sera pas épargnée.

Le juge Patrick Ramaël se frotte actuellement les mains. Il pourra rouvrir le dossier du journaliste franco-canadien Guy André Kieffer enlevé par un commando proche de la présidence ivoirienne. L’auteur de l’enlèvement de ce journaliste est Michel Légré, un proche de Simone Gbagbo. Incarcéré, il a été très vite relâché. Guy-André Kieffer n’est pas le seul journaliste assassiné sous le régime de Laurent Gbagbo. Jean Hélène, journaliste à Radio France Internationale (RFI) lui, fut abattu le 21 octobre 2003 par Séri Toulou Dago Théodore. Ce dernier a pour sa part été condamné à 17 ans de prison.

Si Guy André Kieffer a été assassiné, c’est parce que ce journaliste indépendant dérangeait beaucoup en Côte d’Ivoire.  Il  enquêtait sur le détournement de plus de 600 milliards de francs CFA de la filière café-cacao. Bien avant, Kieffer à mis en lumière la vente d’armes aux rebelles Libériens et le payement des fonctionnaires de la Guinée Bissau par la Côte d’Ivoire. Michel Légré le principal accusé avait donné les noms de certains de ses principaux complices. Parmi eux, l’illuminé pasteur de Laurent Gbagbo Moïse Koré. Ce dernier a fait croire à Laurent Gbagbo qu’il était né pour gouverner l’Eburnie.

En août 2006 éclate l’affaire Probo Koala, du nom d’un bateau russe d’exploitation hollandaise qui déverse des tonnes de déchets toxiques à Abidjan. Ce qui causera une dizaine de morts et de nombreux malades. On ne calcule pas les effets à long terme que cela va provoquer. Pour dédommager les victimes de ces déchets toxiques, la compagnie Trafigura remet 100 milliards de francs CFA. Cette somme devant également servir à la construction d’hôpitaux est détournée. Seulement 10 milliards de francs CFA sont distribués et les hôpitaux n’ont jamais vu le jour.

Laurent et Simone Gbagbo doivent également répondre des tueries durant la crise postélectorale. Les populations du quartier d’Abobo attendent que justice sur le massacre de sept femmes lors d’une marche pacifique de soutien au Président Alassane Ouattara. A cela s’ajoute les lance-roquettes au marché d’Abobo, les exécutions sommaires, les brûlés vifs par les milices et les mercenaires etc.

Réconciliation en Côte d’Ivoire d’accord mais vérité et justice d’abord. Laurent Gbagbo est devenu chef d’Etat par la courte échelle, il sort par la petite fenêtre.

 Charnier de Yopougon et de Monokozohi, disparition de Guy-André Kieffer, viol des femmes, escadrons de la mort, détournement de fond, atteinte à la sureté de l’Etat etc. Voilà quelques crimes commis par la famille Gbagbo et de son lieutenant Charles Blé Goudé dit « Blé la machette ».

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13. avril
2011
Politique
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Laurent Bado, l’homme politique qui insulte ses électeurs

La politique est souvent considérée comme l’art du mensonge. Pour cette raison, les acteurs perçus comme des hommes de mauvaise foi. Mais un homme a tranché avec cette manière de faire. Laurent Bado (à ne pas confondre avec Laurent Gbagbo, du Parti pour la Renaissance (PAREN) insulte ses électeurs pendant les campagnes.

Le Professeur Laurent Bado (Ph RFI)

Tout bon étudiant de l’Université de Ouagadougou connait très bien le professeur Laurent Bado. Cet enseignant de droit constitutionnel est devenu populaire à travers son langage fulgurant et franc. Les cours à l’Unité de Formation et de Recherche en Sciences Juridiques et Politiques (UFR /SJP) de Laurent Bado sont suivis par des étudiants des autres UFR. C’est pourquoi des étudiants de médecine ou de Sciences de la Vie et de la Terre se retrouvent dans un amphi pour suivre des cours de droits. Plus qu’un cours, les enseignements de Laurent Bado sont un vrai débat d’idées. Pas d’ennui. Avec Laurent Bado, l’ambiance est assurée. Pour un cours de droit constitutionnel, il aborde des thèmes sociaux, sur un ton généralement humoristique ou même moqueur dont lui seul a le secret.

Laurent Bado s’en prend souvent à ses étudiants qu’il considère comme responsables des difficultés qu’ils rencontrent. Les conférences qu’il anime sont aussi suivi que ses cours. La disponibilité et la simplicité de l’enseignant ont fait de lui un ami pour les étudiants. D’ailleurs, ce professeur de droit constitutionnel a apporté sa contribution dans un morceau du groupe de rap burkinabè Safaa (composé d’étudiants).

« Je m’en fou de vos voix »

Laurent Bado va se faire connaitre sur le plan national à travers ses interventions orageuses à la télé ou à la radio, lorsqu’il s’est engagé en politique en 2000. Le professeur est élu député à l’Assemblée Nationale du Burkina ainsi que trois autres personnes de son parti dans la même année. La particularité des campagnes électorales de Laurent Bado est ses discours orageux durant ses meetings. Pendant que les autres candidats font des promesses, lui traite le peuple de « mouton ». Il s’en prend à ces électeurs qui troquent leurs voix contre des gadgets que distribuent les candidats. Une fois élu, ces derniers disparaissent.

Le professeur Laurent Bado n’a vraiment pas sa langue dans sa poche. Lorsqu’on l’entend parler pendant ses meetings la question qui se pose est de savoir si cet homme veut vraiment se faire élire. « Aller mettre dans vos bulletins dans vos c… Je m’en fous de vos voix». L’homme fait souvent rire ses interlocuteurs lorsqu’il dit « si vous voulez ne me votez pas. Le pouvoir ne m’intéresse pas ». Erreur ? Non. Laurent Bado assume ses propos. Malgré tout, il se faire élire député tout en insultant ses électeurs.

Le professeur ose dire cela à ces électeurs. En réalité, pour lui, la campagne électorale est une occasion pour sensibiliser les populations sur les raisons de leur souffrance. Pour être compris dit-il, il faut « choquer » la population. On a souvent l’impression de voir un comédien sur scène. « Ce que je fais c’est du théâtre» dit t-il souvent.

 Bien qu’on puisse douter des propos de Laurent Bado, il a quand même démissionné à huit reprises de l’administration publique. Il explique cela par le fait que certaines décisions prises n’étaient pas conforme à la loi.

Il est surnommé « le fou » pour sa comédie, ses discours tempétueux. Bado assume. Pour lui, il suffit de penser autrement pour être traiter de fou par la société. Cette appellation s’explique aussi par le fait que « Bado se prend souvent pour le plus intelligent. »

Contrairement à la plupart des hommes politiques burkinabè, Laurent Bado, à un programme précis. Il s’agit du Grégarisme, une forme de fusion du socialisme et du capitalisme inspiré de la tradition africaine comme il l’expliquait à Vladimir Cagnolari dans l’émission « On est où là » sur Radio France Internationale (RFI) :

En Afrique, les familles ont un champ collectif (socialisme). Pendant la journée, celles-ci se réunissent pour cultiver dans le champ commun. Le soir venu, chacun retourne dans son champ privé (capitalisme). A la récolte, les produits du champ commun servent à nourrir toute la famille. Ensuite, chacun peut utiliser les produits de son champ personnel pour faire ce qu’il veut. Cette politique selon lui unit les individus sans les confondre.

Faire une interview avec Laurent Bado relève d’un parcours de combattant. Son tempérament tempétueux cause d’énormes difficultés aux journalistes qu’il malmène et chahute souvent. Vladimir Cagnolari, ancien journaliste à RFI en sait quelque chose. Ce dernier a réalisé une émission avec Laurent Bado que les Burkinabè s’échangent. Une vraie comédie…

L’affaire des 30 millions

Se réclamant homme intègre, Laurent Bado a suscité une polémique après les élections 2005 de 2005 pour lequel il est arrivée troisième Le député et Emil Paré un autre opposant avec qui ils avaient crée, l’Opposition Burkinabè Unie (OBU) ont reçu du chef de l’état burkinabè 30 millions de francs CFA. Laurent Bado a reconnu les faits et a expliqué ce qui s’est exactement passé. L’opposant a remis sa part, 15 million de francs CFA, à son parti. De cette somme, il a pris 50.000 francs pour s’acheter un téléphone portable. Si cette affaire à faire chuter sa côte de popularité, Laurent Bado reste une personnalité bien écoutée par les étudiants et intellectuels au Burkina Faso. Certains pensent que Laurent Bado a fait preuve d’honnêteté  en reconnaissant avoir pris cet argent. « Bado, n’est pas à 50.000 francs  près…» entend-on dire.

Mieux découvrir Laurent Bado à travers les émissions de Vladimir Cagnolari Dans l’émission « On est où là ? »

–On est où la avec Laurent Bado premier volet

–On est où avec Laurent Bado deuxième volet

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28. mars
2011
société
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Nouvelles fusillades des militaires à Fada N’gourma (est du Burkina)

Alors que le gouvernement s’attèle à résoudre les dégâts suite aux casses des militaires le 22 mars 2011 à Ouagadougou, de nouvelles fusillades ont eu lieu dans la nuit du dimanche 27 au lundi 28 mars 2011 à Fada N’gourma, chef lieu de la région de l’Est du Burkina Faso, ville située à l’est du pays (219 kilomètres de Ouagadougou). Les tirs continueraient toujours selon certaines personnes présentes dans la ville. Comme à Ouagadougou, des magasins auraient été pillés et une station service saccagée. D’après les premières informations, les militaires de Fada N’Gourma manifesteraient contre l’arrestation d’un de leur camarade emprisonné il y a environ un mois. Les militaires tirent depuis la nuit du dimanche 27 mars des coups de feu dans ladite localité pour exiger la libération de leur camarade arrêté pour viol. Ce dernier aurait commis cet acte après plusieurs tentatives vouées à l’échec. Pour assouvir sa libido, l’homme de tenue aurait menacé sa victime avec un couteau avant de commettre cet acte odieux. Ses camarades aurait réussi à le libérer. Encore une histoire de fesses. Déjà, les fusillades à Ouagadougou avaient fait une dizaine de blessés par balles perdues. Les parachutistes commando de Dédougou (ville située à 225 kilomètres de Ouagadougou) auraient également manifesté leur soutien aux militaires de Ouagadougou le dimanche 27 mars 2010.

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28. mars
2011
Santé
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Témoignage de Rihanata Ouédraogo, sérépositive

La majorité des séropositifs vivent en Afrique. Malgré les discriminations dont sont victimes certaines personnes vivant avec le virus du VIH nombreux sont ceux qui se sont engagés dans la lutte contre le SIDA. Rihanata Ouédraogo, séropositive en fait partie. Cette dame âgée d’environs 45 ans  et qui  n’a pas eu la chance d’aller à l’école témoigne.

Je m’appelle Rihanata Ouédraogo et je réside au quartier Saint Léon de Ouagadougou.  Je suis une mère de cinq enfants. Je vis avec le virus du VIH/SIDA depuis cinq ans environs. Comment ais-je pu contracter cette maladie ?

Pour parler de cela, il faut que je remonte à la mort de mon mari. Il avait été malade pendant un long temps. Toutes les tentatives pour le soigner avaient échoué. Il décéda. Juste après la mort de mon mari, je suis tombée malade. Mon entourage et mes enfants croyaient que cela était dû au choc que j’avais subit après sa mort. Je reconnais bien que le décès de mon mari m’a beaucoup affecté. Mais il y’avait autre chose je ne savais pas. Après plusieurs semaines passées au lit, je me suis rendu à l’hôpital pour des examens. Les infirmiers m’avouèrent qu’ils avaient rien trouvé d’anormal.

Un jour, je suivais la télé avec l’un de mes enfants, j’ai entendu parler de l’Association des femmes Africaines Face au Sida (AFAFSI) une structure qui apporte appui et conseils aux personnes séropositives.  Comme j’avais des doutes sur ce dont je souffrais, j’ai préféré m’y rendre pour avoir le cœur net. Mes enfants m’y emmenèrent. Après des échanges avec les responsables du centre, on décida de faire le test de dépistage.  Je me rappelle qu’à l’époque, lorsqu’on apprenait qu’une personne était infectée par le virus, c’était grave ! Les gens avaient vraiment peur. C’était la maladie de la honte parce qu’on disait que seuls ceux qui pratiquaient le vagabondage sexuelle étaient contaminés. Pour cela, on était mal vu dans la société. Je me pris mon courage a deux mains je me soumis au test.

Une semaine plus tard, accompagnée de mes enfants, je suis allée au siège de l’association pour prendre connaissance des résultats.  Mes enfants ont été priés de quitter la salle, c’était  confidentiel. La première question que l’on m’a posée était de savoir ce que je ferai si le résultat était positif. Je leur ai répondu que je me suiciderai parce que cette maladie était celle de la honte. Si ma famille et aussi ma belle-famille apprenaient cela, ce ne sera pas  bon pour mon image de femme respectée dans mon quartier. La solution pour moi, c’était le suicide.

Effectivement, le résultat du test était positif. J’ai cru que j’allais mourir. Mais grâce aux conseils des agents, je ne me suis pas suicidée. Ils m’ont fait comprendre que j’avais une chance de vivre plus longtemps. Il me suffisait de prendre les antirétroviraux. Ils m’ont aussi demandé de penser à mes enfants qui avaient déjà perdu leur père. Effectivement, en imaginant qu’en mourant, mes enfants pourraient rester dans la tristesse et la désolation, je me suis fait une raison. J’ai accepté de supporter ma sérépositivité.

Voilà bientôt six  ans que je suis séropositive. Je n’ai pas hésité à déclarer mon statut à mes enfants qui sont de grands garçons.  Ce sont mes principaux soutiens. Depuis qu’ils savent que je séropositive, ils sont devenus encore plus proche de moi et plus attentionnés. En voyant tout cela, j’ai même eu honte d’avoir pensé au suicide.

De façon discrète, j’essaie de convaincre d’autres personnes de se faire dépister. Depuis que je prends les antirétroviraux, je n’ai jamais eu mal à la tête, ni au ventre.

Pour moi le Sida existe aujourd’hui à cause du vagabondage sexuel, la dégradation des mœurs.  Je sais qu’on peut le contracter par d’autres voies. Mon plus grand souhait est que les jeunes amoureux s’abstiennent jusqu’au mariage. C’était le cas à notre époque. Mais sachant que beaucoup de jeunes n’arrivent pas à le faire, je leur conseil d’utiliser le préservatif.

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26. mars
2011
Non classé
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La vie est un combat

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Auteur·e

L'auteur: Boukari Ouédraogo
Boukari Ouédraogo est journaliste multimédias et blogueur burkinabè passionné des nouveaux médias, du cinéma et du sport. Il blogue depuis 2009 pour le compte de Mondoblog.

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