Boukari Ouédraogo

Ma participation forcée au Liebster Blog Award

Cette affaire de Liebster blog Award qui est le prix du blog préféré, franchement, je n’aurai pas voulu y participer. Certains pourraient dire que c’est parce que je n’aime pas la langue allemande. Possible. Parce qu’en classe de seconde, je me rappelle que je suivais très rarement les cours d’allemand  qui duraient  six heures par semaine. Le professeur de cette matière pour nous encourager moi et deux de mes amis avait promis un billet de 10.000 francs si nous participions pendant toute la semaine à son cours. Trois fois dans la semaine. Nous faisions l’école buissonnière et nous détestions l’allemand plus que tout.

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Le billet de 10.000 francs CFA pour des élèvess « galereux » comme nous, il ne fallait pas laisser passer cela. Si nous avons participé aux deux premiers cours, au troisième nous étions absents. On s’est dit qu’un bon « premier » de thé valait mieux que 10.000 francs. Donc nous n’avons pas suivi les deux heures de cours qui restaient pour gagner 10.000 francs CFA.

Ce n’est pas parce que je n’aime pas l’allemande (au contraire, je suis en train de tout faire pour apprendre cette langue) mais parce que je n’aime pas parler de moi comme le veut l’esprit du jeu. J’ai évité de faire des commentaires sur le billet concernant les « Liebster Award » mais je ne savais pas que Nelson Deshommes, un jeune haïtien m’aurait repéré. Par respect et pour la consideration pour lui j’ai donc décidé de participer.

Le jeu consiste à parler de soi même en 11 points. Ensuite, vous répondez aux questions de celui qui vous a nominé. Après cela, vous nominez à votre tour 11 personnes. Attention, ne nominez pas celui qui vous a nominez. C’est là que je vais vous avoir. Je me demande qui a inventé ce jeu ou ce concours. J’ai cherché le site en question en vain.

Moi en 11 points

1.    Je suis Boukari Ouédraogo, blogueur burkinabè.

2.    Je suis un personnage mystérieux. C’est peut-être pourquoi j’aime le violet. Difficile pour les gens de me cerner. Tenez par exemple, ceux qui ne me connaissent pas assez trouverons que je suis timide. Pourtant, si vous saviez… Méfiez-vous de l’eau qui dort.

3.    Je suis passionné des médias depuis le collège. Je me rappelle dans le village où j’ai passé mon collège, je commentais les matches de football avec un bâton comme micro. Par la suite, j’ai commencé l’animation à la radio au lycée tout comme le journal que j’avais initié. J’affichais devant les classes une double page où il y avait des informations. Un ami, talentueux en dessin, faisait des caricatures.

4.    Je suis passionné de sport. Il y a quelques années, lorsque mon équipe nationale, les Étalons, perdaient un match, je passais trois jours sans écouter la radio, suivre la télé ou lire un journal de peur d’entendre de tomber sur cette actualité. C’est donc naturel que je choisisse la voie du journalisme sportif.

5.    J’aime le cinéma. J’ai vraiment la chance parce qu’à ce niveau, je suis du pays où on organise le plus grand festival du cinéma en Afrique à savoir le FESPACO.

6.    « Ne faites pas à autrui ce que vous ne voulez pas qu’on vous fasse », C’est ma phrase préférée. Je pense que cela va du principe de respecter son prochain. Si on respect son prochain, c’est qu’on se respecte soi même.

7.    L’autre facette de moi que beaucoup ignore, c’est que je suis très taquin. Malheureusement je dépasse souvent les bornes. Mais en général les gens comprennent. Revenant au point 6 quand je dépasse les bornes et qu’on me fait la remarque, je ne recommence jamais.

8.    J’aime être seul. Je suis casanier. Malheureusement, le cours de ma vie fait en sorte que je suis très souvent entouré.

9.    La période de ma vie que j’ai le plus aimé, c’est lorsque je parcourais six km à pieds chaque jour pour aller au collège. J’ai dit que j’aime être seul. Ce moment me permettait de m’esseuler, de penser à beaucoup de choses. C’était l’une des périodes les plus difficiles mais c’est une période que j’ai beaucoup aimé.

10. J’aime lire mais depuis quelques années, je n’arrive plus à le faire.

11. Mon plus grand regret, c’est de ne pas avoir encore mes parents avec moi.

 Voilà, j’ai parlé de moi même si c’est un exercice que je déteste.

 

Je réponds aux questions de Nelson Deshommes

1)      Quand aviez-vous entendu parler d’Haïti pour la première fois ?

Je ne sais pas quand j’ai entendu parler d’Haïti pour la première fois. Je pense que j’ai toujours entendu parler de ce pays.

2)     Souvenez-vous la date de votre première connexion à internet ?

Je ne me rappelle pas ma première connexion sur Internet mais je pense que c’était en 2003. J’ai ouvert une boite mail et je ne me rappelais plus de l’adresse. C’est grâce à la radio Voix des Lacs, trois ou quatre mois plus tard que j’ai pu véritablement me connecter et découvrir les merveilles d’Internet.

3)     Peut-on aimer quelqu’un sans être son ami ? Comment ?

Je ne pense pas qu’on puisse être ami sans s’aimer. Parce qu’aimer signifie accepter les défauts de l’autre. Ce qui n’est pas facile. Mais, on peut rendre service, aider quelqu’un, être gentil avec quelqu’un sans forcément l ’« aimer ».

4)     Aviez-vous déjà gagné de l’argent grâce à internet ?

Je peux répondre par l’affirmatif. J’ai collaboré avec des sites en ligne et j’ai été rémunéré pour cela. Donc, j’ai eu de l’argent grâce à Internet.

5)     Quel est votre défaut le plus dominant ?

Quand je m’énerve, je ne me contrôle plus. C’est pourquoi, je mets du temps avant de m’ouvrir aux gens.

6)     Peut-on être ami de quelqu’un sans l’aimer ? Comment ?

7)    Je répondrai de la même manière que la question 3

8)    Quel est votre plus grand projet ?

Je n’ai pas un projet en tant que tel. Mais celui que j’ai en tête, c’est de créer un journal sportif… un groupe de presse qui pourra véhiculer ma philosophie du journalisme.

9)     Souhaiteriez-vous faire connaitre mon blog à tous vous amis ?

Bien sûr.

10) Croyez-vous vraiment que le monde est un village ?

Oui. Le monde est un village. Voilà, sans te voir (Deshommes), je communique avec toi. « Le village globale » que prônait Mac Luhan est effectif.

11)  Quel est votre qualité la plus dominante ?

Je suis gentil. J’aime rendre service aux gens très souvent sans qu’on me le demande. hahahaha.

12) Avez-vous une solution contre la pauvreté ?

Un meilleur partage des richesses permettra de venir à bout de la pauvreté.

Mes nominés sont…

 Le blog d’Abdou Zouré, le plus  nouvelliste des journalistes burkinabè

Le blog de mon petit frère Bassidou Kinda, que j’aime parce qu’il dit ce qu’il pense. C’est pourquoi son blog s’appelle La plume d’enfer.

Le blog de Gabriel Sankariste dans l’âme et dans l’esprit

Le blog de Fofana Baba Idriss, journaliste du pays de Didier Drogba. Je reste en Côte d’Ivoire avec un gars qui a déjà séjourné au Pays des Hommes Intègres. Emile Bela. Vous pouvez suivre ses chroniques des temps nouveaux

Daye Diallo, Guinéen vivant au Canada et souhaitant travailler au Burkina s’il y a une bonne opportunité… lol

Le blog d’Andri, parce que j’aime son pays.  D’ailleurs, il nous partage un bout de Madagascar et son compatriote Lalah qui est tombée dans le même piège que beaucoup de personnes lorsqu’on s’est vu à Dakar en 2011. « Tu ne parles pas beaucoup ». Si elle savait.

Le blog de Lalah

Mondoblog, parce que je veux que Ziad ou Simon ou les deux me parlent d’eux.

Ba Arouna le scientifique. Il calcul tout en S

Mon « cochambrier », à Dakar, je voulais t’épargner cela mais je me dis qu’il faut que je te mentionne ici. C’est vrai que tu es plus qu’un koro (grand frère), un père mais Mohamed Sneiba, je te demande de te joindre à nous pour le jeu.

J’ai voulu ajouter une ou deux personnes mais comme il faut 11 seulement je me limite à vous.

 

Mes 11 questions faciles à répondre

1-    Quand êtes-vous tombé amoureux pour la première fois (racontez l’histoire)?

 2-   Si vous devriez donnez des conseilles à un ami pour l’aider à draguer une fille ou un mec que lui diriez-vous?

 3-    Quel est votre plus grand regret ?

 4-    Quel genre de femmes ou d’hommes appréciez-vous (Lalah me dira son mari, j’en suis sûr)

 5-    Qu’est-ce que vous savez et aimez  du Burkina Faso?

 6-    Vous arrive-t-il souvent de danser ? Pourquoi ?

 7-    Quelle est la plus grande plaie de ce monde selon vous ?

 8-    Êtes-vous favorable au mariage homosexuel dans votre pays (Pourquoi)?

 9-    Quel(s) personnage(s) (historique, politique, culturel) vous inspirent ?

 10-  Si vous aviez un mot à dire à vos parents… ?

 11- Pour la 11ème question, je ne vous interroge pas mais j’attends de vous un commentaire personnel dans les lignes qui suivent…

 Merci bien. Je suis méchant pour certaines questions, je le sais bien.

 

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Les ronds-points en pneus de Ouaga

Rond-point de Ouaga (Crédit photo : Boukari Ouedraogo)
Rond-point de Ouaga (Crédit photo : Boukari Ouedraogo)

Dans une capitale où presque tout le monde a un engin à deux roues, la circulation n’est pas du tout aisée. Au Burkina, on n’a pas besoin d’un permis de conduire pour rouler avec ces engins. Compte tenu des accrochages aux différents carrefours, la population elle-même a décidé de réguler la circulation en implantant des ronds-points faits de pneus usés à certains carrefours stratégiques de leurs quartiers.

Expressément, je n’ai pas cherché à savoir si cela est recommandé dans le code de la route. Je préviens que je fais parti de ces millions de burkinabè qui roulent avec une moto sans forcement avoir un permis de conduire. Toutefois, je ne pense que le code de la route parle de ces ronds-points en pneu qu’il faut ériger aux carrefours des quartiers. Au Burkina, dès qu’on sait pédaler un vélo, on est apte à rouler une moto. Vous ne pouvez pas faire une journée sans enregistré un accident de la circulation à moins que la brigade des sapeurs-pompiers ne me dise le contraire.

Je disais donc que dans un pays où presque tout le monde roule avec un engin à deux roues et sans permis de conduire, les accrochages sont fréquents notamment au niveau des carrefours. C’est pourquoi, dans beaucoup de quartiers, que les voies soient bitumées ou non, les jeunes ont installés des ronds-points en utilisant des pneus usés. Si cela a attiré mon attention, c’est parce que je n’ai pas encore vu cela ailleurs.

Ces ronds-points de pneu sont loin d’être décoratifs certains d’entre vous qui lirons ce billet et qui connaissent Ouagadougou. Je veux notamment parler du rond-point des cinéastes que beaucoup de personnes ne vivant pas au Burkina m’ont confié vouloir voir lorsqu’ils seront à Ouagadougou. Je me rappelle même cette confession d’un Ivoirien résidant désormais à Ouagadougou : « ce que je voulais le plus voir à Ouagadougou, c’était le rond-point des cinéastes. Chaque fois qu’on présentait le Burkina à la télé, on présentait ce rond-point ». Effectivement, dans les chaines internationales, ce monument apparait fréquemment lorsqu’on veut parler du Burkina et mieux encore du cinéma burkinabè. Il y a également le rond-point des Nations Unis. Mais comme vous pouvez le constater sur l’image, les ronds-points « artisanaux » n’ont pas cette esthétique justement parce que l’objectif, c’est d’éviter ou réduire les accrochages.

Les ronds-points de pneus sont-ils vraiment respecter ? Bien que cela soit fait pour faciliter la circulation aux carrefours, il est fréquent de voir certaines têtes brulées griller la politesse à ces ronds-points en les contournant mal. Très souvent, cela provoque des accidents et dégénèrent souvent. C’est normal parce que lorsque les riverains « perdent » un peu de leur temps pour faire un tel travail et que cela n’est pas respecté, comprenez bien que c’est énervant.

Ces ronds-points peuvent paraitre bizarres lorsqu’on vient pour la première fois à Ouagadougou mais on s’y habitue facilement. Personnellement, j’apprécie cette initiative de la population car cela permet de les protéger mais aussi tous ceux qui circulent sur ces axes. Cela ressemble aux ralentisseurs communément appelés « gendarmes couchés » que les gens érigent devant leur porte pour ralentir les adeptes de la vitesse. On pourrait en parler dans un autre billet pourquoi pas.


Augmentation du prix du gaz au Burkina : coup dur pour l’environnement

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Le prix du gaz au Burkina Faso a augmenté de 350 à 1000 francs CFA en fonction de la bouteille. Une situation difficile pour les Burkinabè qui avaient déjà du mal à payer une bouteille pour leur foyer. La conséquence, les burkinabè retourneront au bois de chauffe et au charbon, rebonjour la déforestation… bon si forêt il y a

Les Burkinabè assistent impuissant à l’augmentation du prix du gaz. Le prix de la bouteille de gaz qui était de 1560 francs CFA et passé à 2000 francs CFA pour la bouteille de 6 kg et de 4000 francs CFA à 5000 francs CFA pour celle de 12,5 kg.

Il s’agit des deux bouteilles les plus utilisées. Dans un pays où 44,8% de la population vie avec moins d’un dollars (655 francs CFA environs) par jours et un taux de chômage de 7,8% en campagne et 17,7% dans les villes parce qu’on ne compte pas ces chômeurs qui se cachent sous le couvert de cultivateurs, 450 et1000 francs, sont une fortune ! Le dernier classement du développement humain durable a placé le Burkina Faso à la 183ème place sur 187 pays classés. Le salaire moyen du Burkinabè est d’environ 20.000 francs CFA (30 dollars) alors que le Salaire minima interprofessionnel garanti (SMIG) est de 30.000 francs CFA. Si l’on compte qu’une maison « entrée couché » (maison une pièce) est de 15000 francs CFA, l’on se rend compte qu’il ne lui reste presque rien pour payer l’électricité (s’il en a), l’eau, donné l’argent de la popote à plus forte raison payer une bouteille de gaz. On se rend bien compte que même les plus téméraires qui arrivaient à se serrer à la ceinture pour s’acheter une bouteille de gaz vont changer d’avis.

Ce qui m’inquiète avec cette augmentation du prix du gaz, c’est que l’environnement va payer cher le prix. Oui. Depuis quelques années, le gouvernement burkinabè a lancé une campagne de protection de l’environnement compte tenu de l’avancé fulgurante du désert. Cette lutte va prendre un coup parce que les populations pauvres retourneront à l’utilisation du charbon de bois et du bois de chauffe qui coûte moins cher et dont la quantité de 100 francs CFA peut contribuer à une journée de cuisine. Avec le charbon, on prépare à midi pour réchauffer le même plat le soir.

Qui pourra les empêcher donc de recourir à cette « denrée » rare mais à porté de main (façon de parler). La nature va subir un grand coup. On n’a pas besoin d’acheter le bois. Il suffit d’envoyer un frère dans la brousse et ce dernier en moins de deux heures avec une hache bien tranchante, vous abat une quantité suffisante d’arbres pour faire la cuisine pendant un bon mois. Qui est fou ? Il faut faire des économies. En décidant d’augmenter le prix du gaz, le gouvernent a pris un risque car il semble oublier qu’il a adopté une politique de lutte  contre la désertification. Comment peut-il empêcher les pauvres populations d’aller abattre des arbustes pour se préparer à manger à midi ?

Le Burkina Faso, il faut le rappeler est un pays sahélien. La végétation est type steppe à arbrisseaux, arbustes et arbres. C’est ainsi que la partie nord est constituée de ce qu’on appelle la « brousse tigré » tandis que le sud est composée de savane avec des forêts claires. Déjà l’action anthropique menace cette végétation. Alors lorsque les hommes se détourneront du gaz pour couper le bois : la déforestation, la sécheresse dans un pays déjà peu arrosé nous ferons regretter…. En ce moment, il sera trop tard !

De mon point de vue, on pourrait prélever ces taxes pour le financement des hydrocarbures ailleurs. La bière par exemple. Oui, ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres car, il faut avoir pitié du Burkinabè moyen dont les charges augmentent, la vie se renchérit mais le salaire lui reste inchangé.

Le gouvernement burkinabè à titre de comparaison a expliqué le Burkina était le pays dans la sous région dont le gaz coûtait le moins cher comme s’il était fier d’augmenter le prix du carburant ou comme si cela était une mauvaise chose. Mais ce qu’on oublie, c’est le pays de la sous région où le salaire est le plus bas. Des perdiems comme le disait un ancien président.

C’est vrai que je parle des conséquences sur la nature mais il ne faut pas oublier que de plus en plus de femmes se sont mises à la cuisson des galettes par le gaz. C’est naturel et normal que ces derniers veuillent récupérer leur perte en augmentant le prix ou diminuent la quantité de leur galette. Déjà que dans la boutique à côté de chez moi, le vendeur ne sert plus le sucre a 25 francs !

Mais dans tout ça, la ligue des consommateurs du Burkina reste muette !


Université de Ouagadougou : la cité de Zogona, lieu de défécation, refuge de bandits

En juin 2008, lorsque le gouvernement burkinabè a fermé l’Université de Ouagadougou (UO) et aussi la cité universitaire de Zogona (qui est situé au sein du campus même), il a fait savoir que ces locaux démolis dans la foulée seront transformés en salles pour de professeurs et aussi en laboratoires. Cinq ans après, en retournant sur les lieux, à la place de ces infrastructures annoncées, on ne peut constater que des bâtiments en ruines.

L'entrée de l'un des bâtiments de la cité universitaire de Zogona
L’entrée de l’un des bâtiments de la cité universitaire de Zogona

Que sont devenus les bureaux de professeurs, les laboratoires promis par le gouvernement burkinabè en 2008 après la crise qui a secoué l’Université de Ouagadougou ? Rien. A la place de ces infrastructures des « ruines ont fait place ». Pourtant à la même période, le gouvernement avait érigé en quelques mois seulement, un mur qui apparemment avait pour but d’enfermer les étudiants dans un semblant de prison. Les travaux de construction des laboratoires et des salles de professeurs ont même démarré mais n’ont jusqu’à présent par été achevés. Toute personne qui passe devant la cité universitaire peut constater que ces bâtiments qui auparavant hébergeaient les étudiants et sa cour qui était constamment animée même en période de vacances, ressemblent à un champ de ruines.

Au seuil d'un bâtiment de l'ancienne cité universitaire
Au seuil d’un bâtiment de l’ancienne cité universitaire

De passage à l’Université de Ouagadougou, je me suis rappelé ces promesses faites. Je me suis rendu compte que les travaux qui avaient débuté s’étaient arrêtés. Ce qui a éveillé ma curiosité car en principe et comme je l’ai plus haut, il devait avoir des laboratoires modernes à cette place. Avant d’entrer dans l’un des bâtiments, je constatai que la porte était complètement abîmée. Une odeur pestilentielle de défécation me fit reculer. Il me fallut prendre mon courage à deux mains pour franchir le seuil  et de constater les excrétas et les urines sur le sol tout comme des sachets qui auparavant avait peut-être contenu des galettes ou de la viande grillée. Pis qu’une poubelle. En montant les escaliers pour entrer dans les chambres. Dans l’une d’entre elle, je vis un tas de guenilles posées à même le sol. « Quelqu’un doit habiter là », me suis- je dis. Je ressortis rapidement avant que le propriétaire ne vienne me surprendre et me prenne pour un voleur. On ne sait jamais. Parce qu’on peut faire beaucoup de choses lugubres en cet endroit sans que personne aux alentours ne le sache.

Dans la cour, formée par l’ensemble des bâtiments, des étudiants à l’ombre des manguiers révisaient leur cours. A. Ouédraogo est l’un d’eux. C’est lui qui m’apprend que la cité universitaire est devenue un lieu de défécation. « Quand il y a beaucoup de monde aux toilettes, les étudiants préfèrent venir ici ». Mais ils ne sont pas les seuls selon ses explications. Chaque soir, comme il me l’apprend, les jeunes mendiants viennent y jouer en attendant de pouvoir dormir la nuit. C’est la nuit que les grandes personnes rejoignent ces lieux pour ne pas être vu. Ils repartent très tôt le matin. Je me rappelle que certains jours, j’ai vu des habits étalés sur les murs. A l’époque, je n’avais pas fait attention.  

La saleté à l'ancienne cité de Zogona
La saleté à l’ancienne cité de Zogona

Au vu de tout cela, la question que je me se pose c’est « tout ça pour ça ?» Les étudiants ont été chassés du campus universitaire, d’autres cités ont été construites avec de l’argent qui aurait pu servir à autre chose, les travaux abandonnés etc., c’est une perte pour l’Etat. Cinq ans après, les grèves n’ont pas diminué, les professeurs n’ont pas leurs bureaux, les laboratoires ne sont pas construits. Dommage.

Les bâtiments de l'ancienne cité de l'UO

Les autorités doivent rouvrir le dossier. Même s’ils ne reconstruiront pas des cités universitaires, la construction des laboratoires et des salles professeurs soulagera énormément, enseignants et étudiants et permettra de baisser les revendications des syndicats. Il faut vite agir pour ne pas être surpris de la réaction des étudiants mais aussi de ce lieu qui est en train de devenir un QG de certaines personnes malintentionnées.

                                                  


Traumatisé par le riz de Dakar à Ouaga

J’ai participé avec un plaisir incommensurable à la  formation 2013 de Mondoblog à Dakar. Cependant, il y a un fait qui m’a marqué que je ne suis pas prêt d’oublier : j’ai été traumatisé par le riz !

Le riz est le plat national du Sénégal
Le riz est le plat national du Sénégal

Je savais bien que le repas numéro 1 au Sénégal,  était le riz. Aux traditionnels ambassadeurs de ce pays que sont l’Ile de Gorée, Léopold Sedar Senghor, Cheich Anta Diop par exemple, il faut ajouter le « thiebou diem » le riz au poisson sénégalais qui a fait le tour de l’Afrique et même du monde. A midi, tous les Sénégalais ou presque mange ce céréale dit-on dans cette ville. C’est une tradition que même les Sénégalais vivant à l’extérieur respectent. J’avais hâte de manger ce plat qui a aussi fait la renommée du pays de la piquante et talentueuse Goumba Gawlo en matière de gastronomie. Je salivais déjà en m’imaginant avaler de grosses boules de riz et de voir fondre tendrement le poisson sous ma langue. Je m’étais fait à l’idée que le riz de Dakar était meilleur que celui de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso d’où je viens.

 

Le Riz m’attaque dès mon arrivée à Dakar…

 

Dès le premier jour à l’Espace Thialy où étaient logés les mondoblogueurs comme dans un rêve, mon vœu fut exaucé. C’était du riz. Mais du riz à la sauce arachide. Première déception. C’est le même repas que j’ai mangé à midi avant de quitter Ouagadougou. Ce n’est qu’un mauvais départ me dis-je. Cependant, je craignais que nous ne puissions plus goutter au « thieb » puisque nous n’avions qu’une semaine à passer au pays de la Teranga. « Erreur de gaou » comme dirait un Ivoirien. Le lendemain après notre visite de l’Ile de Gorée, le restaurateur nous a servis du riz. Un plat vraiment délicieux. J’aurai léché l’assiette s’il n’y avait pas du monde.

Le lendemain après une journée de formation, nous nous rendîmes à l’Université Cheich Anta Diop de Dakar pour le déjeuné. C’était encore bien fait. Je ne maitrise part des variantes de riz cuisiné à la sénégalaise mais je pense que c’est du « yassa ». Mais, cette joie allait être abrégée quand le soir venu, ce fut encore du riz à la sauce arachide qui nous fut servi. C’est vrai qu’on aime bien le riz mais de la à en manger pendant deux jours successivement à midi et le soir, cette situation devenait difficilement supportable. En plus, les jours se suivaient et se ressemblaient.

Mon binôme avec qui j’ai un peu tourné dans Dakar était par contre très heureux. Cela faisait près de deux mois qu’il n’avait pas mangé du riz. « Manger comme un africain, c’est très chère au Canada. Moi j’ai aimé le riz surtout à la sauce arachide ». Daye Diallo a passé huit ans au Canada et pour lui, retrouver ces mets africains dont il avait même oublié le goût, était un véritable régal. Je me rappelle même de la joie qui illuminait son visage quand il en parlait à sa mère au téléphone. Mais lui aussi va finir par se lasser.

… me poursuit dans l’avion…

Après une journée de formation, nous savions tous que nous allions manger du riz. Mais quel genre de riz ? Du riz jaune ? Rouge, Blanc, vert, brisé, au poisson au poulet à la sauce arachide, etc.? C’était la question qu’on se posait. Ce n’est pas que le repas n’était pas de qualité. Au contraire, il suffisait d’humer le fumet pour savoir que les plats avaient été composés par des mains de maîtres. Des gens qui connaissent le travail. Ils y avaient mis tout leur cœur et leur ardeur pour que soit vantées les qualités culinaires du Sénégal.

Je me demandais souvent si le riz ne poussera pas dans mon ventre à ce rythme là. Heureusement que c’est bien fait, bonjour le béribéri. D’ailleurs, j’ai fait quatre jours sans savoir à quoi servaient les toilettes. Constipation. J’ai même essayé tous les déodorants, mais l’odeur du riz me semblait me suivre partout.

Mes amis d’enfance, à ma place, diront que je fais le malin. Quand j’étais petit, ma mère nous imposait à mes frères et moi un régime pareil. Nous mangions le tô (que je détestais plus que tout), matin, midi, soir ! Pis, c’était presque la même sauce, matin, midi et soir ! Le riz, on avait la chance de le consommer que quatre fois dans l’année : Ramadan, Tabaski, Noël et Pâques. Mais quel riz ? Le riz à la sauce « rendez-vous en bas » parce qu’à part les deux ou trois morceaux de viande pour lesquels mes frères, mes cousins et moi devions nous battre il n’y avait que comme ingrédients quelques morceaux  d’oignons et de tomates. Nous pouvions même les compter !

…et me traumatise jusqu’ à Ouaga

 

 A la fin de a formation, j’étais pressé de rentrer. Pas que je n’ai pas aimé Dakar. Je ne voulais d’ailleurs pas laisser ces nouveaux amis que je m’étais fait. J’étais surtout pressé de retourner chez moi pour manger le… tô.

J’ai cru que j’aurai la chance de manger autre chose dans l’avion lorsqu’on annonça qu’un diner serait servi. A ma grande surprise, quand l’hôtesse de l’air me remis mon  le repas, c’était une fois de plus le riz. Je sais qu’elle se pose toujours des questions sur le regard assassin posé sur elle. Ce n’est pas grave. Je vais me rattraper à Ouaga. Mon oncle chez qui je devais rentrer cette nuit là aimait le tô. Il y en avait presque tous les jours. Lorsque je descendis de l’avion à minuit, j’avoue que je n’avais pas faim. Mais j’avais juste envie de manger autre que le riz. Alors, ma tante me proposa à manger. En ouvrant le plat, je faillis tomber. Du riz !

« J’ai fait quoi à Dieu ?» Pas grave. J’espérai me rattraper le lendemain. En m’achetant de l’attiéké du couscous ou autre chose. Après une semaine d’absence, je fis tout pour reprendre le service quelques heures après mon arrivée (l’avion avait atterrît vers minuit et je devais être au bureau à 7h30. A midi, nous mangeons là bas. Il y a au moins trois mets que la cuisinière propose chaque jour. Lorsqu’elle vint, je commandais du couscous. « Il n’y en a pas. Il ne reste que le riz » répondit la serveuse!

A partir de ce moment, j’ai décidé de ne plus me plaindre au point de commencer à philosopher. Il y a des gens autour de moi qui n’ont pas la chance de manger ne serait ce qu’une fois par jour. Moi j’en ai et je me plains. J’eus un peu honte de moi-même. Alors je rentrai chez moi et là, mon petit frère avait préparé du benga (haricot). Ouf les choses commencent à rentrer dans l’ordre. Mais ce traumatisme ne m’empêchera pas de repartir à Dakar si je suis à nouveau invite. Je n’étais pas le seul à me plaindre du riz mais tout le monde finissait son plat.