Boukari Ouédraogo

Footballeur africain, donne-moi ton âge, je te dirai que tu triches

Lorsque vous demandez à un football africain quel est son âge, plutôt que de vous répondre, il vous pose la question suivante : « Mon âge de football ou bien mon vrai âge ? » Oui, bien évidemment, parce que les footballeurs africains ont deux, trois… plusieurs âges.

 

L'ancien défenseur nigérian Tarbo West a plusieurs fois été accusé de falsification sur son âge
L’ancien défenseur nigérian Tarbo West a plusieurs fois été accusé de falsification sur son âge

 

Difficile de connaître l’âge réel d’un footballeur africain. Lors des compétitions des petites catégories notamment la compétition des moins 17 de la FIFA, le constat que l’on fait en général, c’est que les jeunes représentants du continent africain sont plus costauds que leurs camarades des autres continents. Il n’y a pas longtemps, je regardais des images de la CAN 1999 des moins de 17 ans organisée en Guinée-Conakry. Le gabarit des joueurs m’a fait sourire. Ces joueurs-là n’avaient pas 17 ans !

La tricherie sur les âges est très fréquente en Afrique. Pour illustrer cela, lors de la récente Coupe d’Afrique des moins de 17 ans remportée pour la Côte d’Ivoire, neuf joueurs ont été écartés pour avoir falsifié leur âge. Les jeunes Africains qui veulent à tout prix se rendre en Europe où les attendent des contrats mirobolants n’hésitent pas à frauder sur leur âge en présentant de faux documents, de fausses identités. C’est ainsi qu’un joueur de 21 ans (de la catégorie espoir ) avec un petit gabarit, mais qui ne peut pas s’imposer avec des joueurs de son âge diminue le sien sur le papier pour jouer avec ses petits frères dans une catégorie inférieure dans laquelle il devrait en principe faire valoir ses talents. Malheureusement, cette tricherie se passe avec la complicité des fédérations, des agents de joueurs, d’entraîneurs et même de certaines autorités politiques.

Falsifier son âge pour aller en Europe

Pourquoi font-ils cela ? D’abord, cette manière de procéder permet à certaines nations d’Afrique de s’imposer dans les compétitions de petites catégories. Ainsi, des joueurs de plus de 20 ans, mais prétendant avoir moins de 17 ans se retrouvent à disputer des compétitions de cadets d’abord entre eux, et ensuite contre des enfants âgés réellement de moins de 17 ans. Mais, le jeu est faussé.

Ensuite, il y a les agents de joueurs, qui dans l’optique de placer des joueurs à l’étranger, fabriquent des faux documents pour eux. Les joueurs ne comprennent pas tout de suite que cette tricherie  ne les aide pas. Elle tue le football et le talent. Pour intégrer les centres de formation, c’est la même procédure. Des vieux joueurs qui ne seraient même pas remplaçants s’ils jouaient avec des gars de leur âge trichent pour se faire recruter. Beaucoup de recruteurs sont conscients du phénomène, sont informés, mais ferment les yeux ou même y participent !

Lorsque des agents de joueurs repèrent un joueur jugé vieux, ces derniers les aident à faire de faux documents en diminuant leur âge. Les autorités administratives y contribuent puisque ces papiers sont faits dans les mairies, les commissariats, les préfectures… Après cette étape, ils mettent tout en œuvre pour que ce joueur puisse jouer en équipe nationale des petites catégories pour être vendable.

La conséquence de tout cela, c’est que ces petits génies repérés supposément jeunes n’arrivent pas à percer au moment même où ils sont attendus.  D’abord, un jeune de 21 ans se rajeunit de  quatre ou cinq ans pour pouvoir jouer en équipe cadette se retrouve à 21 ans (l’âge du papier) avec un âge réel de 25 ou 26 ans. Sur les papiers, ils sont nés le 31 décembre. Cela permet de pouvoir participer pendant toute une année à une compétition. Les plus subtiles ou les moins malins gardent leur date d’anniversaire. Certains choisissent par erreur le 1 janvier.

La tricherie sur les âges tue le football

Il arrive qu’au moment où ils doivent être au sommet de leur carrière, ces derniers n’arrivent plus à jouer dans une équipe de haut niveau. Pour les tricheurs qui ont de la chance, le simple fait de taper le ballon chaque soir dans un pays occidental leur confère le titre de « professionnel » ! Ils ont de temps en temps, des convocations en sélections. N’arrivant plus à s’imposer en Europe, ils ont honte de retourner en Afrique. Certains parmi eux ont moins de 18 ans , mais ont un ou deux enfants.

Sinon, comment comprendre qu’à partir de 28 ans, certains joueurs africains sont annoncés vieux, alors qu’il s’agit de l’âge de la maturité, de l’expérience pour encadrer les jeunes ? A 25 ans, certains footballeurs n’arrivent plus à courir sur le terrain. Nii Lamptey, Taribo West, Rigobert Song, Adel Apoula etc. sont soupçonnés d’avoir falsifié leur âge.

Falsifier son âge fait partir des moyens pour des footballeurs africains. D’autres changent carrément leur identité. Un ami m’a d’ailleurs expliqué une fois comment cela se faisait. « A l’école, on avait un tournoi de l’USSU-BF a disputer, j’étais trop frère selon l’entraîneur pour jouer. On a donné mes papiers à un gars plus âgé d’une autre classe ». Il s’agissait en fait de deux homonymes parfaits. Ils avaient les mêmes noms et prénoms. La différence se trouvait au niveau de leur âge. J’ai posé la question à un entraîneur burkinabè. « Les enfants se font du mal. Quand ils arrivent au centre de formation avec un âge falsifié, ils subissent des entraînements des joueurs de ce niveau. Ce qui ne leur permet pas de progresser. Quand ils se blessent, ils sont soignés en fonction de cet âge. Puisqu’ils ont triché, ils prennent plus de temps pour guérir, certains rechutent d’autres sont rattrapés plus tard », confie Oscar Barro, coach du Racing Club de Bobo Dioulasso (RCB) qui reconnaît que le phénomène existe au Burkina Faso. Effectivement, je me rappelle bien qu’il n’y a pas longtemps, un joueur burkinabè dans championnat local a été suspendu pour  avoir retranché près de 10 ans sur son âge afin de jouer avec les moins de 17 ans. Autre conséquence que ne prennent pas en compte les joueurs, c’est quand trichant sur l’âge, ils perdent tous leurs documents à savoir les diplômes pour ceux qui font des études.

La falsification des âges ne concerne pas uniquement les Africains. La supercherie existe aussi en Amérique du Sud. Récemment, l’attaquant de Monaco Falcao était soupçonné d’avoir triché sur son âge. La FIFA a décidé d’introduire des tests d’Imagerie par résonance magnétique (IRM). Cela a permis de détecter certains tricheurs, mais ne semble pas résoudre le problème. Il y a des joueurs qui passent toujours à travers les mailles. En plus, l’IRM ne concerne que les joueurs de moins de 18 ans parce qu’après cet âge, l’ossification prend fin. Mais dans la catégorie junior, il n’y a aucune méthode. 


Au Burkina Faso, les vidéoclubs ont la peau dure

Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, est considérée comme la capitale du cinéma africain parce qu’abritant de façon biennale le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco). Pourtant, beaucoup de jeunes n’ont pas vu leur premier film dans les salles de ciné, mais dans les vidéoclubs. Alors qu’avec l’avènement du numérique, l’on avait prévu la disparition des vidéoclubs, ils ont su s’adapter et refusent aujourd’hui du monde.

 

Programme de films dans un vidéo-club d'un quartier de Ouagadougou. Séance de 19 heures et 20 heures
Programme de films dans un vidéoclub d’un quartier de Ouagadougou. Séance de 19 heures et 20 heures (ph. Boukari Ouédraogo)

 

Bruce Lee, Sylvester Stallone, Jackie Chan, Arnold Schwarzenegger, ou plutôt Rambo, Terminator, ces acteurs ou ces noms de films, c’est dans les vidéoclubs que les Burkinabè les ont découverts. Les vidéoclubs au Burkina sont de petites salles de fortune érigées dans des cours souvent construites en matériaux définitifs ou à l’aide de pailles. Un téléviseur y est installé avec les lecteurs CD et DVD. Des bancs de fortune sont installés pour servir de sièges. Parfois, il s’agit de briques. 

Ces salles refusaient du monde parce que jusqu’à une certaine époque, notamment à partir de 1998 avec la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) organisée par le Burkina Faso, peu de personnes avaient une télé chez eux. Suivre donc un film avec les magnétoscopes n’était pas permis à tout le monde. Seuls quelques privilégiés pouvaient aussi se rendre dans les salles de ciné notamment le samedi.

La télévision nationale diffusait, à l’époque, les films d’action, de western ou encore de karaté uniquement le week-end. Pour se rattraper, les Burkinabè et les Ouagalais ont choisi les vidéoclubs afin de  suivre les « films où on tue », les films karaté et dans une moindre mesure, les films d’humour chaque soir.

Les « films hindous », comme le célèbre film Disco Dancer avec comme acteur principal Mithun Chakraborty, ont toujours eu la cote au Burkina.  Ceux qui possédaient des magnétoscopes n’avaient pas toujours les moyens d’acheter les cassettes DVCAM à près de 2000 francs ou la louer à 500 francs la journée. Ainsi, il est plus simple de se rendre dans un vidéoclub pour 100 francs Cfa.

Le numérique n’a pas tué les vidéoclubs

Avec la prolifération des lecteurs CD et DVD piratés notamment, l’on a prédit la mort des vidéoclubs. Les CD et DVD ne coûtent désormais plus qu’entre 400 et 500 francs Cfa. La location journalière coûte 200 francs CFA. Un lecteur peut s’acheter même à 1000 francs Cfa. En plus de cela, la gamme des films disponibles a varié. On trouve désormais des films africains, dont sont friands les Burkinabè sur le marché.  Plus besoin de rester scotché devant sa télévision pour suivre les séries indiennes, américaines, brésiliennes.  Il suffit de s’acheter un CD et de copier ces films sur son ordinateur. Avec tous ces changements, les vidéoclubs ne pouvaient pas, selon ce qui était prédit, survivre. Certains tenanciers, en prévision, ont commencé à se convertir en salle de projection de matchs européens communément appelés « Maison Canal » parce que ces matchs sont suivis principalement sur les chaînes Canal +.

Les vidéoclubs se sont pourtant adaptés au changement et le numérique est même devenu une opportunité. Auparavant aucun vidéoclub ne pouvait proposer des films africains comme Yaaba, Tilaï, Buud Yaam, Ezra…, qui  ne passaient d’habitude que sur les écrans lors du Fespaco, lorsque la télévision nationale le veut bien ou grâce aux ciné-clubs, avec les cinémas ambulants. Aujourd’hui avec la piraterie, tous ces films sont désormais disponibles.  Il fallait plusieurs semaines pour avoir de nouveaux films. Avec la piraterie, avant même qu’un film ne soit disponible sur le marché américain, il l’est dans les vidéoclubs du Burkina  Faso.

Les productions de Nollywood, les films nigérians avec les histoires à rebondissements basées surtout sur la sorcellerie, les histoires d’amour dignes des télénovelas brésiliennes, sont en train de remplacer les films hindous. L’avènement du numérique d’ailleurs offre désormais une possibilité de faire suivre des films diversifiés aux « vidéophiles » avec encore plus grande facilité que par le passé. La mort annoncée des vidéos clubs n’a pas eu lieu. Ils continuent au contraire de connaître le même engouement, sinon même plus. Pourquoi ?

D’abord, le coût abordable est la première raison. Il suffit de payer 100 francs Cfa pour suivre un film dans un vidéoclub à Ouagadougou. Ensuite, il y a l’ambiance qui règne avec les commentaires et des pronostics comme c’est le cas des matchs de football. En plus de cela, tout le monde ne peut pas avoir un lecteur vidéo chez lui et s’acheter un DVD à 500 francs Cfa. Dans les villages, le manque d’électricité dans certaines zones du Burkina ne permet pas à tout le monde d’avoir une télé et un lecteur. Ils choisissent donc les vidéoclubs. Le numérique a aussi réduit les coûts pour les tenanciers qui dépensent moins que d’habitude pour faire voir un film.

Les films pornos ont la cote dans les vidéoclubs

Un vidéoclub qui ne propose pas des films pornographiques n’en est pas vraiment un ! En fait, ce sont les films qui rapportent le plus. Mais pour un fan non averti, il ne saura jamais quand ces genres de films sont programmés. Il n’y a jamais d’affiche. Vous ne verrez jamais la pochette d’un film pornographique à l’affiche. Ils sont généralement représentés par des boîtes d’allumettes, de cigarettes ou une simple feuille vierge accrochée négligemment. Les séances commencent généralement à partir de 23 heures. Une heure à laquelle les enfants commencent à rentrer chez eux.  Et tenez -vous, ces programmations rapportent plus à un 200 francs Cfa. Car, malgré la discrétion les salles refusent du monde. Dans les salles de cinéma, les films pornos sont interdits.

Ceci donc est exemple que le numérique malgré le bouleversement qu’il a provoqué est une véritable opportunité contrairement aux craintes de départ. Malgré tout, le numérique dans le monde du cinéma fait toujours débat. Après quelques hésitations, le Fespaco a décidé d’inclure les films en numérique dans la catégorie officielle. On verra ce que cela va donner. 


Disparitions d’athlètes africains aux Jeux de la francophonie : et s’ils avaient été kidnappés ?

L’ambassade de France au Congo semble avoir eu raison de refuser au départ d’octroyer des visas aux footballeurs congolais de peur qu’ils prennent la fuite. Effectivement des athlètes ont disparu. Mais au lieu de s’inquiéter sur les sorts de ces derniers, tous les commentaires condamnent soit la fuite supposée de ces derniers ou soit tentent d’expliquer cela en accusant leurs Etats. Pourtant, il faut voir cette affaire sur un autre angle.

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Ça fait rire ou pleurer lorsque des athlètes qui sont supposés aller défendre les couleurs de leur pays prennent la fuite une fois arrivés à destination quand il s’agit d’un pays européen ou d’Amérique du Nord. Les nombreux articles ou billets de blogs que j’ai lu sur Internet condamnent, comme je le disais plus haut, ou expliquent la disparation de ces athlètes. Pour certains, il s’agit d’une honte pour l’Afrique. Les Africains de leurs points de vue ne devraient pas fuir leur pays de cette manière et accusent souvent les chefs de délégation de manquer de vigilance et de n’avoir rien fait pour éviter pareil situation. J’ai pu constater que ce point de vue ressort fréquemment dans ce billet d’une bloggeuse béninoise présente aux Jeux de la Francophonie.

D’autres analysent la disparition  sur un autre angle. Si les athlètes ont pris la poudre d’escampette c’est parce que les politiques de développement dans leur pays ont échoué. Cela est vrai puisque combien d’athlètes se plaignent des conditions d’entraînement ou de préparation dans leur pays ? Combien sont-ils ceux qui se naturalisent parce qu’ils n’ont pas le minimum qu’il faut chez eux pour être des champions ? Murielle Haouré aurait-elle remporter ses deux médailles d’argent aux Championnats du Monde s’il était resté en Côte d’Ivoire? Je dis non. 

La naturalisation des athlètes est une forme de fuite sur lesquels nous fermons les yeux même. Ça passe mieux lorsqu’on dit que X athlètes courent désormais pour un autre pays. Même si l’objectif  reste le même que ceux des « fuyard » : se faire une place au soleil.  Vous constaterez avec moi qu’on n’enregistre aucune disparition d’athlètes lors des compétitions qui se déroulent sur le continent. 

Apparemment, je suis en train de dévier de l’objectif de mon billet. Je reviens donc sur le sujet qui me concerne. En Afrique, lorsqu’on se lève et qu’on ne voit pas son voisin, son frère, son ami, quelqu’un en bref, l’on s’inquiète pour la sécurité ou la santé de cette personne. Je pense bien qu’en Occident c’est pareil puisque je n’y ai jamais été. J’estime juste. Alors un bon matin, on se rend compte que des athlètes ont disparu alors qu’ils participent à des compétitions qui peuvent changer leur vie, ce que l’on a de mieux à faire c’est de les juger sans chercher à comprendre.

 La question que je me pose, et s’ils ont été kidnappés ? Qu’est ce qui prouve qu’un méchant barbu n’a pas organisé un guet-apens à ce groupe d’athlètes. Ils pourraient ainsi, pour son propre plaisir, les mettre en compétition pour le plaisir de ses yeux et ensuite les enfermer dans une cellule. Qu’est ce qui prouve qu’un fou aligné (ça peut-être un groupe aussi) n’a pas kidnappé ces jeunes pour pratiquer sur eux des expériences scientifique? Ce serait une occasion de comprendre pourquoi les Noirs sont-ils forts en sport. Ce serait bien sûr une manière d’étudier la domination de Usain Bolt sur les 100 et 200 mètres. 

Depuis que j’ai commencé à entendre parler de disparation d’athlètes africains, jamais je n’ai encore entendu dire que l’un d’entre eux a été retrouvé et rapatrié chez lui. Au Canada, jusqu’à preuve du contraire, aucun des 106 athlètes, qui ont disparu et ont par la suite demandé l’asile,  n’a été rapatrié dans on pays. Quelque part, ces fuites arrangent quelqu’un. Des gens. 


Afrique du Sud: Le dernier combat de Nelson Mandela

Nelson Mandela est dans un état critique. C’est l’information médicale émanant des autorités sud-africaines. Cet homme qui a marqué l’histoire de l’humanité nous montre dans ces dernières heures qu’il a les germes de la lutte dans le sang.

La vie de Nelson Mandela  a été faite de combat (ph.wikimediacommons)
La vie de Nelson Mandela a été faite de combat (ph.wikimediacommons)

Nelson Mandela est maintenu en vie de façon artificielle. En d’autres termes, l’ancien président sud-africain ne vit que grâce aux machines. Mais qui aurait pu imaginer qu’avec tout ce que cet homme a subit durant toute sa vie, il aurait pu vivre jusqu’à 95 ans ?! Après avoir passé sa vie à fuir la police, les complots, les tentatives d’assassinats, voir ses frères mourir sous les coups de balles du régime de l’apartheid, passer 27 ans derrière les barreaux dans des conditions pénibles, les travaux forcés malgré la tuberculose, le cancer, la vie dans une cellule minuscule, sale, les isolations, les tortures etc. personne n’aurait pensé que Mandela aurait pu tenir pendant tout ce temps. Oui. Souffrir fait vieillir et même si elle endurcie, elle raccourcie la vie de l’homme a-t-on l’habitude dire. Mais Mandela a dérogé à la règle.
Pendant ces dernières années, pour ceux qui ne l’ont que par les médias, les livres, Nelson Mandela a montré qu’il n’était pas quelqu’un qui baissait aussi facilement les bras. Pendant ces dernières années, malgré la vieillesse, la maladie, il a toujours tenu. Plusieurs fois hospitalisé, il est ressorti victorieux face à la mort. Il ne veut pas céder aussi facilement, faisant ainsi durer le suspens car, tous mortels que nous sommes, nous savons bien que personne d’entre nous n’échappera à la grande faucheuse. Mandela le sait, et à la mort, il le dit : « tu ne me prendras pas aussi facilement ». Comme s’il s’adressait encore au système de l’oppresseur.

Même sur son lit de mort, Nelson Mandela nous donne une leçon de vie : C’est le message qu’il veut transmettre à la jeune génération après sa mort : lutter toute sa vie, ne jamais abandonner même s’il te reste une seconde de vie, même si tu as le couteau à la gorge. Car comment lutter contre la mort ? Au contraire, Nelson Mandela ose, refusant une fois de plus de jouer aux défaitistes.

La vie est combat. Tout homme que nous sommes, nous devons retenir cette leçon.  Lorsqu’on lit la biographie de cet homme, on se rend bien vite compte que ce héros n’est pas devenu ce qu’il représente pour l’humanité aujourd’hui par hasard. Il a compris très tôt que « le travail,… seul fait l’homme » pour reprendre les expressions de Flavien Ranaivo. C’est pourquoi dès son arrivée à Johannesburg, il s’est mis à travailler pour vivre et financer ses études. Pourtant, cet orphelin dès l’âge de 9 ans aurait pu finir comme un bandit de grand chemin.

Ce que Mandela a montré à l’humanité, c’est qu’il n’était pas seulement contre la ségrégation raciale, mais il s’est aussi opposé aux pratiques traditionnelles rétrogrades comme le mariage, forcé qu’il a refusé. Mandela était juste contre la domination de l’homme par l’homme. Il était pour la justice, le pardon, la paix etc. Pour couronner le tout, il cède son pouvoir à Thabo M’Beki alors que rien ne l’obligeait. Un exemple d’humilité dont pourraient s’inspirer nos chefs d’Etats.


Si Neymar a tué le 10, Messi va tuer Neymar

lionel messi, par 2 TOP (Flickr/CC)
lionel messi, par 2 TOP (Flickr/CC)

Je suis toujours gêné lorsque je parle de football sans rapport avec le continent africain. Cependant, j’ai décidé de réagir à un billet d’un autre blogueur, Serge Katembera (non, il n’est pas footballeur), un congolais vivant au Brésil qui titrait récemment « Brésil: Neymar a tué le 10« . C’est vrai que lu comme ça, on est en droit de se poser la question, Neymar a tué quel 10 ? Le 10 de Pele ? Le 10 de Maradona ? Le 10 de Zidane ou le 10 de Messi qu’il vient de rejoindre en Espagne ?

Dans son billet, Serge revient sur le duo Neymar-Ganso qui était il y a quelques mois le duo brésilien le plus convoité en Europe. Si Neymar vient de signer dans le club considéré comme le plus grand de ce siècle, le FC Barcelone, c’est avec le nouveau riche de la France, le Paris Saint Germain (PSG), que Ganso va tenter de se faire un nom, même si les deux parties ne sont qu’en phase de négociation. Ses deux blessures ne lui ont pas permis d’étaler la plénitude de son talent. Pourtant, il y a quelques années, son profil de 10 était le plus convoité dans le monde du football selon Serge. Mais Neymar a supplanté son compatriote, qui fut d’ailleurs obligé d’aller se faire une santé dans un autre club  brésilien, le Sao Paulo FC.

Barcelone sort d’une saison difficile

Je ne dis toujours pas pourquoi Messi va tuer Neymar. L’arrivée de l’Auriverde en Catalogne est un gros renfort pour le FC Barcelone, qui a manqué de percussion cette année au niveau de sa ligne offensive. Xavi et Iniesta, usés par les nombreux matches (mondial, championnat, ligue des champions, coupes du roi), n’ont pu aider Messi comme il le fallait. Ce dernier s’est alors extirpé du lot pour prendre le destin du FC Barcelone en main.

A son absence, le Barça ne ressemblait plus à une équipe. La double confrontation contre le PSG en quarts de finale de la Ligue des champions est une parfaite illustration. Si le Barça a coulé face Bayern de Munich en demi-finale, cela s’explique aussi par la méforme de Messi pendant cette période.

Une concurrence Neymar-Messi ?

L’arrivée de Neymar pourrait pourtant créer de l’ombre à Lionel Messi. Car le Brésilien a avec lui l’avantage de la jeunesse (21 ans contre 25 pour Messi). Il pourrait également être un concurrent pour Lionel Messi dans la course au Ballon d’or, et pour le titre de meilleur buteur du championnat espagnol. Pourquoi ? Parce que les deux veulent être chacun le meilleur joueur du monde. Neymar et Messi sont de fins techniciens, grands dribleurs et très forts dans les « un contre un ». Ils sont tous deux percutants, rapides, polyvalents, de petites tailles, jouent des deux pieds, et peuvent marquer dans n’importe quelle position. Trop de similitudes !

Neymar est le Lionel Messi de l’Amérique du Sud puisqu’il a réalisé presque les mêmes performances sur son continent que l’Argentin en Europe. Des trophées, des quintuplés, des quadruplés, des records, des chefs d’œuvres : il a tout réussi. Ce n’est pas pour rien qu’il a été le meilleur buteur du  monde en 2012 derrière…  Lionel Messi.

Il n’est pas évident que Lionel Messi laisse son nouveau coéquipier lui faire de l’ombre. Au temps où Samuel Eto’o jouait sous les couleurs catalanes, on a pu voir que Messi a refusé de donner d’innombrables passes décisives au Camerounais. Ce n’est pas pour rien que Guardiola a bouté hors de  Catalogne le chasseur de but Camerounais pour donner les pleins pouvoir à l’argentin.

En termes de concurrence entre les deux joueurs, Lionel Messi n’a plus rien à prouver au FC Barcelone, où il est en train de battre tous les records : il a déjà le public avec lui. Il reste à Neymar de prouver ou de confirmer son talent sur la scène européenne. Ce qui n’est pas facile dans le sens ou s’adapter à un nouveau championnat n’est pas simple, tout brésilien soit-il. Demandez à Raï avec le PSG…

Puis, vient le positionnement des deux joueurs. Neymar ne jouera pas comme un 9. Le Barça est à la recherche de l’attaquant typique à ce poste. Alors, la question qui se pose est celui de son positionnement. Il sera difficile de remplacer l’artiste Iniesta sur le côté gauche, Xavi au milieu et Messi à droite. A moins que comme à l’arrivée de Fabregas, les Catalans ne tentent de mettre en place un milieu en losange pour lui permettre de jouer. Ou qu’on donne à Neymar la liberté de tourner sur le front de l’attaque.

Un leader de trop ?

Neymar était le leader lorsqu’il se trouvait à Santos. Messi l’est également avec le FC Barcelone. Déjà, le Brésilien devra se faire tout petit en attendant d’avoir sa chance. Rappelez-vous en 2009 à l’Inter de Milan quand Samuel Eto’o a refusé un penalty à Balloteli qui a voulu lui voler la vedette. Le Camerounais a dit plus tard « viendra le moment ou Neymar va tirer des penaltys ».

Au Santos, Neymar serait par exemple celui automatiquement désigné pour tirer les penaltys. Avec le FC Barcelone, ce sera Messi ! La vie à deux risque de ne pas être facile pour le désormais ancien joueur du Santos FC. Messi a déjà tué Neymar. C’était lors de la Coupe du monde des clubs 2011. Le FC Barcelone avait atomisé Santos de Neymar sur la marque de 4 à 0 avec un doublé d’un certain… Lionel Messi.

Barça, opération reconquête

Cependant, attention… Le FC Barcelone est plus qu’un club. L’esprit de famille qui règne dans cette formation pourrait permettre à Neymar de s’intégrer assez facilement et rapidement. L’objectif du FC Barcelone est de repartir à la conquête de la ligue des champions, derrière laquelle il court depuis deux saisons maintenant.

Pour cela donc, Messi pourrait mettre de côté son envie de battre les records individuels et aider Neymar à avoir sa place dans l’effectif catalan comme l’a fait Ronaldhino pour lui à ses débuts. Messi et Neymar sur les côtés, Iniesta pourrait rentrer dans l’axe pour suppléer un Xavi vieillissant (mais toujours en forme). Cette attaque est capable de déséquilibrer n’importe quelle défense du monde. Reste au Barça de renforcer sa défense etde  trouver un suppléant de bon niveau à leur gardien Victor Valdès, qui devrait quitter le club. En tout les cas, les amateurs du sport sont impatients de voir à quoi va ressembler ce nouveau FC Barcelone.