Boukari Ouédraogo

FESPACO 2013 : «Moi Zaphira » sauve le Burkina de la la honte

Le Burkina Faso organisateur du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou  (FESPACO), n’est représenté dans la catégorie la plus en vue, le long métrage que par un film. Il s’agit de «Moi Zaphira » d’Apolline Traoré. Au départ les mauvaises langues estimaient que ce film a été choisi juste pour éviter que le Burkina ne soit absent dans cette catégorie. Mais Apolline Traoré a prouvé qu’elle n’a pas volé la sélection de son film à ce 23eme FESPACO.

siège fespaco

Zaphira, veuve d’un  village africain nommé Kalassa où la population paresseuse ne vit qu’au dépend des dons étrangers, n’apprécie pas ses conditions de vie et veut tout faire pour sortir de cette situation difficile. Son rêve, c’est de faire sa fille Katia de 7 ans un mannequin après en avoir vu un magazine pour top modèle. Dès lors, elle met tout en œuvre pour que sa fille réussisse dans cette carrière. Effectivement, sa fille sera mannequin ! Mais, à la chute du film, Zaphira verra sa fille lui fermer la porte à cause du traumatisme subit et le fait d’avoir brisé son rêve d’être infirmière comme son père.

Au delà de cette histoire, Apolline Traoré, dans des métaphores, raconte les problèmes que rencontre l’Afrique d’une manière générale. Le manque de responsabilité des dirigeants, représentés dans ce film par un chef de village, qui n’offre aucune possibilité de développement à leur population. Ainsi, cette même population ne vit donc qu’au crochet de l’Occident. Dans ce film, ressortent les thèmes de la prostitution, de l’orpaillage, des traditions arriérés (mariage forcé, mariage interdit entre ethnies) etc. Le devenir de l’Afrique semble passer par le courage des femmes car, c’est elles qui prennent les choses en main en cultivant leurs champs délaissés par les hommes. Un symbole pour montrer combien la place de la femme est déterminante pour le développement de l’Afrique.

Pour atteindre sa cible, Apolline Traoré qui s’est attachée le dernier burkinabè lauréat de l’Etalon d’Or de Yennenga en 1997 , Gaston Kaboré, comme conseiller artistique, a mis l’accent sur l’humour avec de nombreuses relances, du suspens qui ont fait rire le public pendant près de 2 heures. C’est tout naturellement qu’après la projection du film tourné en noir et blanc, le public a fortement applaudi la réalisatrice. Sur ce point là, « Moi Zaphira » a marqué des points pas parce que le public était en majorité burkinabè mais compte tenu de la qualité du film. Le film en langue Bambara, parlé notamment dans a partie Ouest du Burkina mais aussi en Côte d’Ivoire, au Mali, en Guinée, au Sénégal, est sous-titré en Français.

Pourtant, rien ne présageait d’un succès de ce film. Pourquoi ? Des critiques ont affirmé que la sélection de « Moi Zaphira « était juste une sélection de consolation pour le Burkina. Cela aurait été une honte, si le pays organisateur ne présentait aucun film à ce FESPACO. Ce serait comme organisé la CAN sans la participation du pays hôte. La réalisatrice a sauvé la face du Burkina Faso. Comme le personnage principal dans ce film, il faudrait saluer le courage d’Apolline Traoré qui comme son actrice principale a su puiser dans ses dernières énergies pour faire une œuvre de qualité, à une époque où les réalisateurs africains se plaignent du tarissement des sources de financement. Le film a été produit par la réalisatrice et sa sœur ! Même s’il sera difficile à ce film de remporter un prix compte tenu de la qualité relevé des œuvres en compétitions, il faut noter qu’elle est la seule femme présente dans la catégorie longs métrage alors que les jurys cette années sont tous présidés par des femmes. Pour moi, « Moi Zaphira » ne fera pas de la figuration même si remporté l’Etalon relève d’un autre débat.


« Tout le FESPACO ne se tient que dans deux salles ! »

Depuis le samedi 23 février 2013, les cinéphiles et cinéastes venus de quatre coins du monde ont pris d’assaut les salles de projection de Ouagadougou, la capitale du cinéma africain. Cependant, si à chaque édition, le FESPACO connait de l’engouement, les salles elles sont en train de fermer sur le continent.

La place des cinéastes à Ouagadougou
La place des cinéastes à Ouagadougou

Il est 22h50. Je suis au Ciné Burkina, une des salles de projection des films de la 23ème édition du FESPACO. Après une énième projection cette nuit, les cinéphiles s’apprêtent à suivre le dernier de la soirée à savoir « La Pirogue » du Sénégalais Moussa Touré. Mais devant les deux entrées de cette salle, une foule compacte attend impatiemment. Hommes, femmes, vieux et jeunes se bousculent pour accéder à la salle. Ils attendent depuis environs deux heures, surtout que la projection était prévue pour 22h30. Les cinéphiles qui sont coincés dans une chaleur étouffante surtout avec tout un mélange de déodorants de diverses marques. En jetant un regard sur le visage des femmes, on se rend compte assez rapidement que la sueur a fait disparaitre le maquillage. Lorsqu’enfin le portier accepte de nous laissez entrer, je me suis rendu compte que la galanterie s’arrête à la porte du cinéma. Hommes comme femmes se bousculaient pour accéder à la salle. J’essayai de me débattre. Mais ma main tombait soit sur une fesse, soit sur un sein… C’est dans cette bousculade que j’entendis un européen dire ceci : « c’est normal que ce soit comme ça puisque tout le FESPACO ne se tient que dans deux salles ».

Il avait raison. Effectivement, il n’y avait que le Ciné Burkina et le Ciné Nerwaya qui offraient la possibilité de voir les longs métrages en compétition pour l’Etalon d’Or de Yennenga, le trophée récompensant le meilleur film. Les autres salles ne projettent que les cours métrages, les documentaires, les vidéos etc. C’est la que je compris une fois de plus que la question de la fermeture des salles étaient criarde. Car comme symbole, les organisateurs du FESPACO après avoir supprimé la projection de films à l’Université de Ouagadougou en 2007, ont décidé de ne faire de projection dans les salles périphériques. La raison avancée : ces salles non couvertes ne sont pas vraiment adaptées.

Le Ciné Burkina où je suivais « La Pirogue » n’a reçu aucun coup de pinceau. La peinture craquelée du mur affichait un air insultant. Des climatiseurs suintaient, mouillant ainsi des fauteuils et le sol. La salle était pleine au point que certaines personnes s’étaient assisses dans les allés.

J’ai l’impression que les cinéastes africains ne prennent conscience des problèmes qu’ils rencontrent pour la diffusion de leurs films qu’à l’occasion de chaque édition du FESPACO. Ce n’est qu’à cette occasion que l’on se rend compte que les salles sont se ferment pour faire place à des magasins et des lieux de culte. Pour celles qui existent, elles sont exiguës, inadaptées et parfois loin des populations.

Pendant le FESPACO, le public pour qui ces films sont projetés n’a pas la chance d’accéder à ces salles par manque de moyen. Pourtant, ce ne sont pas les productions qui manquent. Si le FESPACO a reçu plus de 700 films, cela signifie qu’il y a de la matière contrairement à ce qu’on dit. S’il fallait projeter un film chaque jour, on ne pourra pas suivre toutes productions puisqu’il n’y a que 365 jours. De 700 films, sans compter ceux qui n’ont pu être envoyés, peu seront vus (que le public africain ou pas) que lors de festivals. Dommage ! Et contrairement à ce qu’on dit aussi, le public africain s’intéresse fortement à son cinéma. Les conditions ne sont seulement pas mises en place pour faciliter l’accès aux films.

Pourquoi je dis cela ? Dans la vingtaine de projections dans les salles à Ouagadougou, j’ai pu constater que les Burkinabè aimaient bien suivre les films locaux, mais aussi des productions venus du Gabon, du Togo et de la Côte d’Ivoire même s’il s’agissait de films populaires. Les salles étaient parfois combles. Chaque samedi, mes amis me demandent souvent « Il y a quel film africain au programme aujourd’hui? » Le jour de la Saint Sylvestre, beaucoup ont confié qu’ils iraient au cinéma au lieu d’aller faire la fête dans un maquis. Je pense que si les productions africaines circulaient normalement sur le continent, les problèmes d’accessibilité, de diffusion de films, de fermeture des salles, de productions ou de financement ne se poseraient pas. Vu l’étendu du continent, les problèmes de production du cinéma africain par les africains ne seraient pas non plus à cause des entrées que cela généraient. La question restera posée tant qu’il n’y aura pas un véritable marché africain bien organisé parce qu’il existe déjà, tant que les politiques ne comprendront pas qu’il faut une synergie d’action pour booster le cinéma africain.

Il est vrai que l’avènement d’Internet, la piraterie ne rendent pas la tâche facile aux cinéastes. Toutefois, si le secteur était bien organisé, des solutions auraient été trouvées pour faire face à cela. Ou pourquoi pas, notamment avec Internet en faire une opportunité.

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Blanc ou Noir, un Pape est un Pape

A peine le pape Benoit XVI a-t-il démissionné que de nombreuses personnes en particulier les médias se posent la question sur la couleur de la peau de son successeur. Sans être opposé à ce qu’un pape noir soit élu à ce poste au Vatican, nous pensons que le débat  ne doit pas se poser à ce niveau. Il faut plutôt chercher à savoir quel sera le profil ou les compétences du successeur de Benoit XVI.

(ph.Gabriel Bouys/AP)
(ph.Gabriel Bouys/AP)

Lorsque Benoit XVI a annoncé sa démissionné, il a expliqué cela par le fait qu’il était fatigué et son âge (85 ans) ne lui permettait pas de continuer la mission de servir Dieu et les fidèles. Un argument légitime quand dont pourrait s’inspirer les chefs d’Etats africains. Le pouvoir use et Benoit XVI, 265 ème Pape l’a constaté. De toutes les façons, beaucoup de jeunes comme moi ont été pris à contre-pied parce qu’ils ne savaient pas qu’un Pape pouvait démissionner. Pour nous, il était comme un chef traditionnel qui n’était remplacé que lorsqu’il mourrait. Mais là n’est pas la question. Presque tout le monde ne fait que parler de la nomination d’un Pape Noir et en l’occurrence, africain à la tête de l’Eglise catholique. La question de la nomination d’un Pape noir ne doit pas se poser car cela donne l’air d’une injustice envers les hommes qui ont été brûlés par le soleil. Ou encore, on a l’impression que l’on veut forcer l’église catholique à choisir un Pape noir juste pour assouvir le fantasme de de certaines personnes et pourquoi pas même donner raison à ceux qui parlent de l’infiltration d’une secte au sein du Vatican. La question devra se porter plutôt sur les compétences de celui qui devra assumer cette mission.

Le nouveau Pape sera-t-il en mesure faire face à la demande de réorientation souhaitée par Benoit XVI après les polémiques portants sur la pédophile au sein de l’église, le mariage pour tous, le préservatif, le vol de documents etc ? C’est la question qu’il faut se poser d’abord ensuite, on pourra se demander quel cardinal africain est en mesure de prendre la place du démissionnaire parmi les prétendants.

En échangeant avec un ami, on m’a fait comprendre que les  fidèles des pays d’Afrique noir et d’Amérique Latine augmenteraient tandis que seuls les vieux vont à l’église en Europe. Le sujet me rappelle l’élection de Barack Obama aux États-Unis. Beaucoup ont pensé que ce Noir, fils d’un Kenyan aurait permis à ce dernier de s’intéresser encore plus aux affaires africaines. En fin de compte, Monsieur Obama n’a pas été le Président des Noirs, des Africains, ni du Kenya. D’ailleurs bien que les Noirs ne soient pas majoritaires aux États-Unis, il a été réélu. Signe qu’il est apprécié pour sa politique et non pas par pour sa couleur de peau.

C’est vrai que les différents Papes qui se succèdent font des efforts pour jouer les rassembleurs faisant tout pour se rendre dans tous les pays mais aussi on se positionnant sur les questions politiques. L’ Afrique n’a jamais été en reste et les papes ont même été très présents notamment sur la question de la pauvreté, du Sida et du paludisme, des libertés etc. Mais un Pape noir, ne sera pas si différent de ses prédécesseurs parce qu’il doit être Pape de l’église et non de l’Afrique.

Ce genre de débat récurrent est frustrant parce qu’on ne pose jamais la question lorsqu’en pareille situation, il s’agit des Blancs. Tenez en 1996, lorsque l’Afrique du Sud remportait la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) de football sur ses terres, personne ne s’était offusqué de la faible représentation des Blancs, comme Mark Fish, au sein de cette formation. Mais, lorsque les Springbokke, l’équipe nationale d’Afrique du Sud de rugby remportait le mondial, des voix se sont élevées pour dénoncer la sous-représentation des Noirs au sein de cette formation. Pourtant, si l’équipe a remporté la compétition, c’est qu’il n’y avait que les meilleurs. Pour ceux qui ont suivi la CAN 2013 qui se déroulait dans ce pays, ils ont pu constater que dans l’équipe des Bafana Bafanas,  il n’y avait qu’un seul Blanc au sein de cette formation à savoir Dean Furman. Personne n’a demandé un quota pour les Blancs. Si l’on tient à un Pape noir, il faudra donc faire en sorte que la nomination papale soit tournante comme c’est le cas avec la Coupe du Monde. Ce qui avait permis à l’Afrique d’organiser son premier mondial en Afrique du Sud en 2010. En ce moment, les critères de compétences selon relégués en seconde position.

En conclusion donc, peu importe la couleur de la peau, l’essentiel pour moi est que le nouveau Pape soit le plus apte, le plus compétent car il faut aller au-delà de la couleur de la peau. Seule la valeur de la personne importe. En attendant, il faudra peut-être porté le débat aussi sur la possibilité de nommer une femme cardinale et par la suite Pape. Le débat est ouvert la dessus.


Étalons du Burkina : Zéro hier, héros aujourd’hui

Les Étalons du Burkina ont été décorés ce mardi 12 février 2013 au Stade du 4 août de Ouagadougou par les autorités burkinabè .  La sélection burkinabè qui a remporté la 2ème place de  la 29 ème édition de la CANa afait retour triomphale hier lundi. 

Etalons retourg

Depuis 16 heures, ce lundi 11 février 2013 et même avant, les Ouagalais étaient à l’aéroport international de Ouagadougou pour accueillir la plus belle surprise de la CAN 2013 à savoir les Étalons qui après une chevauchée fantastique sont tombés devant le Nigeria en finale. Ce n’est pas la première fois que l’aéroport international de Ouagadougou connait un tel monde. En 2011, des milliers de supporters s’étaient rendus là pour accueillir les moins de 17 ans qui avaient remporté la CAN de leur catégorie au Rwanda. Cette fois-ci environs 10 mille personnes attendaient l’arrivée du onze national annoncée pour 18 heures ce lundi. Ce n’est qu’aux environs de 19 heures 30 que l’avion va atterrir sur le tarmac. L’engouement autour de l’équipe nationale n’a surpris personne car, déjà plusieurs jours avant, les Burkinabè fêtaient la prestation héroïque et inédite de leur sélection transcendée. Oui transcendée en trois semaines de compétition! Pourtant, à l’ouverture de la CAN ces joueurs étaient vomis par les supporters qui critiquaient leur manque de volonté, de combativité et de rigueur. Avant le premier match de poule, peu de personnes misaient sur Jonathan Pitroipa, Alain Traoré et leurs coéquipiers. Les spécialistes Joseph Antoine Bell et Marcel Dessailly ne voyait pas les Étalons passés ce premier.  Même le Président du Faso Blaise Compaoré qui d’habitude recevait la sélection avant leur départ pour chaque CAN avait décidé de ne plus le faire. C’est ainsi qu’ils sont partis sans tambours ni trompettes. La CAN 2012 avait été un véritable cauchemar pour les supporters burkinabè qui avaient vu leur équipe perdre trois matches et rentrés avec zéro point. Même l’équipe du Soudan qu’on disait au départ prenable a infligé une leçon de football aux « burkinabii » c’est à dire « les hommes intègres ».  En 2012, ils étaient rentrés sur la pointe des pieds. L’entraîneur de l’époque était rentré chez lui en taxi tandis que certains joueurs ont dû appeler leurs amis ou leurs familles pour les conduire chez eux. Il n’y avait que les journalistes pour les accueillir.

C’est une équipe transfigurée qui a abordé l’édition 2013 avec à la houlette, Paul Put (à prononcer comme écrit). Les Étalons ont d’abord tenu tête au Super Eagles du Nigeria (1-1), renvoyé les  rastas  d’Ethiopie (4-0) révisé leur leçon de foot. Put, cet homme au nom bizarre, pour qui les Burkinabè craignaient qu’ils ne se fassent prendre par toutes les équipes, va bouter hors de la compétition la Zambie du Renard. Le géant Adebayor du Togo va également s’incliné sur la classe du petit et frêle David, Jonathan Pitroipa en quart de finale. Les Étalons seront les Etoiles d’une soirée face au Ghana surnommé le Brésil d’Afrique. Malgré le soutien de l’arbitraire arbitre Slim Jedidi aux Ghanéens, Aristide Bancé, s’érige en sauveur en obtenant une prolongation pour le Burkina avant de réussir une Palenca qui fera de lui un héros au pays. Lui qui pourtant en quinze matches avec son club Augsburg (Allemagne) inquiétait parce qu’il n’avait inscrit aucun but. Après l’obstacle ghanéen, les Étalons étaient en finale comme dans un rêve. On se demandait comment les Burkinabè pourraient battre le Nigeria qui avait astucieusement éliminé la Côte d’Ivoire à qui on avait remis le trophée avant le début même du tournoi. Les Aigles du Mali se sont tout simplement inclinés devant l’adresse de Mba, Moses, Emenike et autres. Put va-t-il truqué la finale? Non. Le géant Stephen Keshi, grand stratège, a tout simplement tissé un piège autour de Jonathan Pitroipa et ses amis. Le rêve prenait fin. Les Super Eagles sont champions à la place des Etalons. Ils ne toucheront pas le trophée de la CAN 2013. Malgré l’échec en finale, les Burkinabè sont fiers du parcours réalisés par les Étalons. C’est ainsi que les zéros d’hier sont devenus des héros. 


CAN 2013 : les Burkinabè fiers malgré la chute en finale des Étalons

A une semaine du début de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2013, si on  demandait à un pronostiqueur de parier un franc CFA sur les Étalons du Burkina pour disputer la finale, personne ou peu de personne aurait misé sur cette formation. Revenus sur la pointe des pieds lors de l’édition de 2012, la cuvée des Étalons 2013 sera reçue en héros. Bien avant la finale, les Burkinabè avaient déjà commencé à fêter ce parcours héroïque de leur sélection.

Mobilisation Etalons

Alors que les Étalons attendaient de disputer la finale de la 29ème Coupe d’Afrique des Nations (CAN) contre les Super Eagles du Nigeria, les Burkinabè eux avaient envahis les rues à deux jours de la finale. Donc, dès le vendredi, la fièvre de l’accueil qui devrait être réservée à ces héros se faisait sentir dans la capitale burkinabè. Pourquoi ? Parce qu’après 15 ans d’attente, victoire dans la plus grande des compétitions de football du continent, les représentants du pays des hommes intègres ont largement dépassé les objectifs qu’ils s’étaient fixés. Cette fois ci, l’équipe burkinabè a su faire preuve de combativité à l’image de Mohamed Koffi surnommé le ministre de la défense, de volonté, de sérieux, de rigueur dans le jeu mais surtout d’esprit d’équipe. Des qualités autrefois qui autrefois n’existaient pas au sein de cette équipe.
C’est pourquoi, depuis la qualification pour la finale (depuis aussi pour les quarts de finale) des jeunes des coups de sifflets, de vouvouzela mais aussi de klaxon retentissaient dans la capitale burkinabè. Les commerçants et les entreprises ont saisi cette occasion pour faire du bénéfice. Tous les supports sont bons pour imprimer le drapeau du Burkina, l’effigie d’une vedette de l’équipe notamment Pitroipa, le logo des Étalons ou autres choses afin de les commercialiser. Ne soyez pas surpris de voir le logo de la fédération burkinabè de football (FBF) ou le drapeau du Burkina sur les un maillot bien connu du Ghana ou du Portugal. Les vouvouzelas, les sifflets, les drapeaux, les autocollants, tous ces gadgets s’achetaient comme de petits pains. Les voitures, les motos et mêmes les vélos étaient décorées ou peints aux couleurs nationales. Les forces de sécurités, n’ont pu réduire accidents à cause des les jeunes qui pétaradaient dans les rues de Ouagadougou à moto tandis que d’autres badigeonnés aux couleurs burkinabè jouaient aux clowns dans certains coins de rues. La fièvre de la CAN a pratiquement éclipsé la préparation de la Saint Valentin et aussi la campagne pour les élections municipales partielles à Ouagadougou. Tout cela n’était que l’avant-goût de ce qui se préparait pour le retour des Etalons.
A 18heures, les rues de Ouagadougou étaient désertes. Presque tout le monde était devant son petit écran pour voir l’exploit de leur équipe nationale. Mais, les espoirs de surprendre les Super Eagles du Nigeria en finale seront anéantis à la 40ème mn de jeu avec un but de Dimanche… pardon Sunday Mba. A la fin du match, les supporters ont rangé leurs sifflets et vouvouzelas. Ces instants de douleur passée, ils ont recommencé la fête en attendant le retour des héros d’Afrique du Sud 2013 au pays car malgré tout, ils restent fiers de leur équipe.

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