Boukari Ouédraogo

Guillaume Soro : « Les réseaux sociaux m’évitent d’être un politicien proche du peuple qu’en période d’élection »

Le président de l’Assemblée Nationale ivoirienne Guillaume Soro présent à Ouagadougou à l’occasion de la 2ème assemblée générale parlementaire du Burkina a profité de l’occasion pour rencontrer ses amis facebook et aussi les technophiles burkinabè. Il a témoigné de son expérience dans l’utilisation des réseaux sociaux devant près de 300 jeunes et adeptes des réseaux sociaux.

Guillaume Soro au centre a livré son expérience sur l’utilisation des réseaux sociaux (ph. Boukari Ouedraogo)

Guillaume Soro est l’un des hommes politiques ivoiriens adeptes des réseaux sociaux et des nouvelles technologies même s’il s’y est mis assez tardivement. Bien que certains de ses proches l’ont conseillé de se créer un page facebook, l’ancien secrétaire générale des Forces Nouvelles (FN) avait toujours refusé dans l’objectif de rester discret : « Cela a commencé au mois de mars 2012, quand j’étais au gouvernement et que j’étais au chômage. Sidiki Konaté un de mes collaborateurs était très actif sur facebook. Il est venu un jour me voir et il avait toujours sa tablette en main sur lequel il était concentré. Je lui ai demandé ce qu’il faisait et il m’a montré sa tablette. J’ai constaté qu’il publiait des postes et que les gens répondaient instantanément.». Guillaume Soro sera encore surpris par l’effet facebook lorsqu’il se présenta comme candidat pour l’élection à la présidence de l’Assemblée Nationale. « Sidiki Konaté a fait une publication sur facebook et j’ai pu voir comment les gens réagissaient en direct à l’annonce de ma candidature. Pendant l’élection à l’assemblée nationale ivoirienne, quand les résultats sont tombés il l’a publié sur facebook. Donc au moment même où nous étions dans la salle, les gens étaient informés et j’ai pu voir leurs réactions. C’est à partir de là que j’ai été convaincu » a expliqué Guillaume Soro. Les débuts n’ont pas été faciles pour lui. Après son premier post sur tweeter, la violente réaction d’un internaute va le décourager au point qu’il se demande s’il aura la force pour continuer.  

Après cela, Guillaume Soro va se constituer une équipe pour exploiter efficacement les réseaux sociaux. Il s’inscrit sur facebook et tweeter et se crée un site internet pour être en contact permanent avec les citoyens. Le 6ème président de l’Assemblée Nationale ivoirienne reconnait que les réseaux sociaux ont beaucoup d’avantages. Ils permettent d’être proches du peuple, de savoir ce qui se passe sur le terrain, de recevoir des critiques et des suggestions selon ses affirmations. « C’est vrai que j’ai un conseillé mais lorsqu’on je lui demande ce se passe, il me dit que tout va bien et moi aussi je crois que tout va bien. Mais depuis que je suis sur facebook, je vois des réactions qui me montrent qu’il y a des problèmes à resoudre ». C’est ainsi que Guillaume Soro affirment que les réseaux sociaux lui permettent de ne pas être un homme politique près de son peuple qu’à l’approche des élections. Il souligne que certains problèmes ont été résolus grâce à l’interpellation des internautes. Le ministre Alain Lobognon très actif sur tweeter a egalement influcné Guillaume Soro. Bien avant, son équipe de communication, Marc Antoine Odonou et Moussa Bamba, a présenté ses différentes pages sur le net. D’après elle, le Magazine Jeune Afrique classe Guillaume Soro parmi les 10 hommes politiques africains les plus influents sur tweeter. Elle a assuré le public que les comptes facebook et tweeter sont gérés par Guillaume Soro lui-même. C’est pourquoi, ils ont encouragé les jeunes à réagir sur les différences interfaces de discussion. Il leur répondra quand son temps lui permettra, rassurent Moussa Bamba.

Le ministre burkinabè des transports et de l’économie numérique Gilbert Noel Ouédraogo qui a accompagné Guillaume Soro a saisi cette tribune pour parler de la politique burkinabè sur les nouvelles technologies. Elles sont un facteur pour l’impulsion du progrès et du développement selon les affirmations de Gilbert Noël Ouédraogo. Les TIC seront développés dans les secteurs de l’emploi, de la gouvernance avec un la tenue du conseil des ministres par internet à partir de janvier 2013, de l’éducation avec le développement des formations en ligne, des universités virtuelles pour décongestionner les amphis. La santé est concernée avec le développement de la télémédecine, la santé éducative etc. L’e-service sera également mis en valeur pour le développement du monde rurale, la mise à disposition de l’information sur les mobiles, dans le développement de l’agriculture etc. Le commerce n’est pas oublié selon Gilbert Noel Ouédraogo. Il s’agira dans ce cas, de permettre le renforcement des capacités des entreprises. Tout cela a pour ambition de développer une culture numérique au Burkina Faso. Dans ce cas, les informations seront disponibles sur internet en langues locales.

Sur le plan personnel, Gilbert Noël Ouédraogo note que facebook à changer son image :  « il y a des gens qui sont surpris des échanges que nous avons sur facebook. On me l’a dit à plusieurs reprises car certains pensaient que j’étais un homme gonflé ». Il ajoute que facebook est une opportunité pour les hommes politiques car il les rapproche des citoyens, leurs permet de connaitre les reproches qui leurs sont faites et aussi il leur permet de pouvoir s’expliquer. « C’est le déficit de Communication qui fait qu’on se comprend pas souvent » précise t-il.


Black Soul, l’animateur qui soigne par le reggae

Vendredi 7 septembre 2012. 20 heures temps universel à Ouagadougou. Après cinq minutes de pub, une voix grave et rock entonne un « assalam allekoum » sur les antennes de la 105.2.  C’est la voix de Black Soul, un animateur de la Radio Ouaga Fm. En plus du générique de l’émission, cette voix est facilement reconnaissable et annonce l’émission « Reggae Time ». Black Soul, récemment animateur de l’émission « Reggaesoundflash » sur « Radio Campus » officie désormais sur cette station. Découverte de cet animateur engagé.

L’animateur Black Soul

Son look n’annonce rien d’un adepte du rastafari ou même du reggae. Cheveux toujours bien coiffés, chemise (ou souvent en tee-shirt) et pantalon bien repassé, rien ne laisse deviner qu’il s’agit du jeune animateur de « reggae time » sur la radio Ouaga fm. L’émission dure 2 heures. Mais en plus d’elle, il anime une autre les dimanches à partir de 11 heures à savoir « Rasta Spirit ». Black Soul de son vrai nom Souleymane Koanda, a conquit la capitale burkinabè par son discours engagé, ses messages de sensibilisation et de conscientisation. Chaque instant d’animation se présente pour lui comme un médecin qui reçoit ses patients. « Je considère la musique reggae comme une clinique pour soigner les esprits» affirme Black Soul. Pas de public cible prédéfini. Il s’attaque et s’adresse à tout le monde : commerçants véreux, étudiants abonnés aux grèves, inscrits dans des luttes insensées, les politiciens, le système d’oppression etc.

Black Soul s’inscrit dans une logique de liberté d’expression. Ce qui a emmené certains de ses auditeurs à le surnommer « freedom fighter ». Il se dit obligé d’avoir un discours engagé parce que le reggae lui même à la base est engagé. Celui qui veut animer une émission de reggae doit aussi être engagé. Black Soul ne se contente pas de critiquer. Mais fait des propositions  pour sortir la jeunesse du système oppresseur. La popularité de cet animateur se mesure à travers les ruelles de Ouagadougou à partir des heures de ses émissions, dans les kiosques, les boutiques, les marchés, les magasins et autres lieux. Les nombreux appels téléphoniques, messages envoyés à l’antenne pendant l’émission sont des exemples illustratifs. Malgré tout, celui qui dit soigné par le reggae s’illustre par sa discrétion.

Des débuts difficiles

C’est en tant qu’étudiant en communication et journalisme de l’Université de Ouagadougou que Black Soul apprend  à animer des émissions reggae sur la Radio Campus. « C’était le 11 mai 2009, j’étais encore en 2ème année. Je voulais animer une émission à l’occasion de l’anniversaire de la disparation de Bob Marley. Ce jour là j’ai raté mon émission parce que je n’ai reçu qu’un seul message sur le téléphone portable. Aucun appel » se souvient Black Soul. Le jeune débutant a commis une erreur qui a coûté cher ce jour là. Lui qui n’avait jamais eu de contact avec une console avait omis d’activé son micro. Pendant près de 30 mn, aucun auditeur ne l’entendait. Une semaine après, il se voit confier l’animation de l’émission « Reggaesoundlflash » par l’animateur habituel Guigs’ty. Nouvel échec. « Je n’ai presque pas reçu de message alors que lorsque Guigs’ty animait, il ne pouvait pas finir de lire tous les messages qu’il recevait sur le portable. Le téléphone crépitait sans cesse » reconnait Black Soul qui ajoute qu’il s’est mis à l’animation juste parce qu’il aimait la radio. Conscient de ses insuffisances il se cultive à travers la lecture et en écoutant des animateurs comme Sam s K le Jah la référence à l’époque en matière d’animation d’émission reggae.

La comparaison avec Sams’ K le Jah

Après avoir appris en écoutant les autres animateurs, Black Soul commencent à imposer sa marque à petits pas. L’animateur principal de «Reggaesoundflahs » Guigs’ty lui cède sa place. Après quelques semaines d’adaptation, il conquiert ses auditeurs. Mais, cette percée va connaitre un obstacle à cause de la comparaison faite avec Sams’ K le Jah qui à l’époque était sur la station Ouaga Fm. Même s’il reconnait s’être aussi inspiré de lui, Black Soul pense qu’ils n’animent pas de la même manière. Certains auditeurs n’hésitaient pas à lui dire en direct qu’il ne faisait que copier Sams’ K le Jah. Des critiques qui n’ébranlent nullement sa motivation. « Sam’s K le Jah est un rasta alors que moi, je suis juste un animateur d’émission reggae. Je ne m’hasarde pas dans le rastafari pur parce que je ne maitrise pas ce sujet. Je suis juste un animateur. Je tire mon message de l’actualité et ma playlist est programmée en fonction de l’actualité du moment. C’est en fonction de l’actualité que je fais passer mon message» et d’ajouter : « On peut être animateur d’émission reggae sans être rasta ». Pour Black Soul, Sams ‘ K le Jah a été un modèle pour lui. «  Je le respecte beaucoup et je me suis aussi inspiré de lui mais j’ai ajouté ma dose car chacun doit avoir sa voie » fait-il savoir.

De l’animateur bénévole à la Radio Campus, Black Soul est contacté par Ouaga Fm au mois de juillet 2012. Cette station, à la recherche d’un animateur depuis le départ de Sams’ K le Jah, sur de mauvais termes lui propose d’animer  deux émissions aussi. Alors qu’il s’attendait à un accueil favorable des auditeurs étant dit qu’il s’était déjà fait un nom, certains inconditionnels de Radio Campus conçoivent mal qu’il anime sur une autre antenne. D’autres auditeurs estimaient que personne ne devait plus jamais animer à Ouaga fm depuis le départ du départ de Sam’s K le Jah de cette radio. « Certains m’ont même dit que je ne pourrais plus critiquer comme je le faisais à Radio Campus. Pour eux, si je le fais, je serai chassé de Ouaga Fm » révèle  Black Soul. Il affirme ne pas vouloir s’ingérer dans le différent qui a opposé Ouaga fm à Sams’ K le Jah. Mais, celui qui a une formation de journaliste dit connaitre les règles de déontologie et d’éthique du monde des médias et compte les respectér tout en mettant en avant sa responsabilité sociale.

Le micro au service de la société

Black Soul reste convaincu que le reggae peut contribuer au développement de l’Afrique et du Burkina Faso en particulier. Selon ses affirmations, ses messages de sensibilisation peuvent contribuer à faire comprendre aux citoyens que leur avenir leur appartient. Dans un système démocratique, Black Soul estime que les Burkinabè n’ont pas encore pris conscience du rôle qu’ils ont à jouer pour le développement du pays et dans la prise des décisions. C’est pourquoi, il s’en prend souvent aux élèves et étudiants paresseux, à ceux qui attendent toujours de l’aide de l’Etat et à tous ceux qui au lieu d’oser se morfonde dans leur coin. Il fustige le manque d’activisme  des jeunes qui pour lui n’osent pas assez. C’est aussi ce qui fait la popularité de Black Soul parce que ne s’attaquant pas uniquement aux élites mais aussi la classe populaire.


Une secte se crée à la Confédération Africaine de Football (CAF)

La Confédération africaine de football a adopté le lundi 3 septembre 2012 lors de son assemblée générale, un honteux règlement stipulant que seuls les membres du comité exécutif peuvent briguer la présidence de l’instance dirigeante du football africain. Un règlement éliminant en principe le concurrent principal d’Issa Ayatou à la prochaine élection prévue en mars 2013, l’Ivoirien Jacques Anouma. Cette loi ferme aussi la porte à de nombreuses compétences amateurs du ballon rond.

Issa Ayatou président de la CAF (ph.Tunisports.net)

On peut donc dire que le plan mis en place par le président de la fédération algériennne de football (FAF) Mohamed Raouraoua pour permettre à son bras droit Issa Ayatou de poursuivre sa longévité à la présidence de la Confédération Africaine de Football (CAF) a bien fonctionné. Le bruit fait par certaines fédérations n’a rien donné. Le vote de cette loi limitative, qui dit que « tout candidat aux élections à la présidence de la Confédération africaine de football, outre les compétences nécessaires, devra être ou avoir été membre du comité exécutif de la CAF »,  s’est fait à main levé. Une astuce pour bien contrôler ceux qui s’opposeraient à cette mesure. Elle est passée comme une lettre à la poste à tel point que l’on se demandait si les voix qui s’étaient élevées contre cette proposition n’ont constituées qu’une tempête dans un verre d’eau.

Une loi contre Jacques Anouma

La candidature de l’Ivoirien Jacques Anouma à la présidence de la CAF n’est plus qu’un secret de polichinelle. De sa présidence à la tête de la fédération ivoirienne de football (FIF) à aujourd’hui, ce dernier avait déjà laissé voir son ambition de diriger un jour la CAF. Une idée qui n’a pas été du goût de Issa Ayatou. L’actuel président de la CAF a tenté de le « casser » à plusieurs reprises. Le cas plus patent est la crise née à la tête de l’Union des Fédérations Ouest Africaines (UFOA). Après avoir été membre de la fédération ivoirienne de football et président de la ligue nationale, il est arrivé à la tête de la FIF en 2002 avant de prendre le contrôle de l’UFOA en 2004. Sentant son influence s’accroitre en Afrique de l’ouest mais aussi en Afrique centrale où il a apporté son soutien à des tournois régionaux , Issa Ayatou décide de l’écarter par le biais de l’un de ses bras droits, le nigérian Amos Adamu. Il est même destitué un moment de la tête de l’UFOA. Malgré sa réhabilitation, l’UFOA ne survivra pas car elle sera divisée en deux zones plus tard. Le froid s’était bien installé entre Jacques Anouma et Issa Ayatou qui dans un élan de réconciliation va confier l’organisation du 1er Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) à la Côte d’Ivoire. La tension restera tout de même vive entre les deux hommes. En exemple, Ayatou a  soutenu Mohamed Raouraoua pour un poste reservé à l’Afrique au comité exécutif de la FIFA. Au finish, c’est l’Ivoirien qui est sorti vainqueur. Un échec mal digéré par le camp Ayatou. Il est bien connu que Anouma et Raouraoua se livrent aussi une bataille pour la succession du Camerounais.

A ce niveau, la bataille vient juste de commencer. Car la mesure n’est pas claire. Elle ne dit pas quel membre du comité exécutif ne peut être élu. Anouma est membre même s’il n’est pas élu. Ensuite, la mesure entre en vigueur en principe 90 jours après son adoption. Le dépôt des candidatures commencent le 11 septembre 2012 et s’arrête en fin décembre 2012. Anouma n’a donc qu’à déposer sa candidature avant cette période pour être éligible. Ayatou ne risque t-il pas de trouver une manœuvre pour écarter son candidat ? C’est fort probable.

La poltronnerie des présidents de fédérations

De nombreux présidents de fédérations ont critiqué la mesure proposée par Issa Ayatou car celle-ci les écartent eux-mêmes pour la plupart. En réalité, ces derniers ont bien compris que le football de nos jours se joue sur le terrain mais aussi dans les couloirs. Peu d’entre eux pouvaient lever la main pour voter opposer leur refus. Seulement six pays ont osé (Côte d’Ivoire, Sénégal, Mali, Niger, Liberia, Burundi). Voter contre cette loi, c’est s’exposer aux foudres d’Issa Ayatou. Cette colère se fera sentir dans les résultats sportifs du pays concerné. Le Burkina Faso en a fait l’expérience sous l’ère de Seydou Diakité, président de la fédération burkinabè de football (FBF). Des défaites inexpliquées, des sanctions sévères comme celui du défenseur burkinabè Amadou Coulibaly, accusé d’avoir craché sur un arbitre alors que les images n’avaient rien prouvé etc. On comprend bien pourquoi le président de la FBF Sita Sangaré après des moments d’euphorie s’est vite remis à la réalité. Il avait déclaré dans un entretien qu’Issa Ayatou devait prendre sa retraite et récemment que la mesure proposée par Raouroua était inopportune. Mais le Burkina Faso ne figure sur la  liste des pays ayant voté contre cette loi.                             

Un clan pour gérer le football africain

Issa Ayatou et ses lieutenants que sont Raouraoua, Amos Adamu, Anjorin Moucharaf entre autre sont en train de former un cercle restreint de personnes qui auront à eux seuls le droit de décider des destinés du football africain. Après ses 24 ans à la tête de la CAF, Issa Ayatou devait faire un bilan et rendre compte de certaines insuffisances. Mais, lui dont le nom a souvent été associé à des dessous de table voudra bien nettoyer tout derrière lui et confier la gestion à un de ses proches. Ainsi, il n’aura pas de compte à rendre aux présidents de fédérations mais aussi aux amateurs du ballon rond. Il est bien vrai que Issa Ayatou a beaucoup contribué au développement du football africain mais il n’est pas la seule personne capable de gérer ce sport en Afrique. Cette gestion est désormais confiée à un groupe de 13 amis (les membres actuels du comité exécutif) qui décideront à la place des vrais acteurs de ce sport. Le football est devenu un véritable business et ce comité restreint de dirigeants compte bien en a profiter. C’est le continent africain et son football qui perdent dans toute cette magouille.


Arrêtez les propagandes, réparez nos routes

Il y a quelques semaines, je suivais le journal de 13 heures de la télévision nationale du Burkina. Elle diffusait une image sur la réfection d’une route par les autorités communales. A la fin, le présentateur saluait la réaction des autorités. Quand je fis la remarque, mes amis me firent comprendre que la veille, la télévision nationale avait diffusé un élément dans lequel, elle dénonçait l’état de cette route.

Depuis quand faut-il féliciter quelqu’un parce qu’il a fait ce qu’il devait faire ? Je me suis demandé pourquoi un si petit problème a eu besoin d’une telle médiatisation. La réponse, je n’ai pas tardé à la trouver. A l’approche des élections municipales du 2 décembre 2012, toute occasion est bien trouvée pour faire de la propagande. Sinon, plutôt que de se préoccuper d’un petit trou sur la chaussé,  il était plus indiqué que l’équipe de reportage fasse un élément sur ces nids de poules qui pullulent dans la ville de Ouagadougou provoquant des accidents. Car, l’image que j’ai vue n’est qu’un détail par rapport à la réalité. Les nids de poules ont envahis les routes. Pour en témoigner, nous avons pris l’exemple de l’avenue de la croix rouge situé dans le quartier luxueux de la zone du bois. La chaussée est tellement dégradée qu’il est presqu’impossible d’y circuler. Ceux qui n’habitent pas le quartier et qui fréquentent cette voie la nuit l’apprennent à leur dépend car pour circuler sur cette voie, il faut la connaitre par cœur. Ces nids de poules ont constitués par endroit de petits marigots. Et là, il ne s’agit que d’un quartier huppé de la ville de Ouagadougou.

Que dire alors de ces quartiers pauvres de Ouagadougou où les riverains sont obligés de patauger dans la boue pour gagner leurs bureaux (pour ceux qui en ont). Que dire de ces chaussés où le goudron a laissé place à la terre battue? Que dire des routes cabossées qui nous font danser sur nos motos ? Que dire de ces voies exigües, rendant difficile une fluidité de la circulation, où les piétons n’ont pas peur place sinon de se faire écraser?

Au lieu de se faire de la fausse publicité à l’approche des élections, il est mieux de se pencher sur la question des routes burkinabè. Le réseau routier est insuffisant malgré les promesses ou les projets de construction d’échangeur alors que dans certains quartiers, les pistes sont en de piteux état.

Si les routes au Burkina sont si dégradées, c’est parce qu’elles ont été construites sans une vision prospective. La mauvaise qualité du goudron utilisée expliquent aussi cette  dégradation de nos routes.


Marche royale de François Compaoré vers le palais de Kossyam

Les élections législatives et communales au Burkina Faso auront lieu le 2 décembre 2012. François Compaoré, le petit frère de l’actuel Président du Faso, Blaise Compaoré, est en tête de la liste provinciale du Kadiogo. A l’analyse, François Compaoré se trace la voie pour remplacer son ainé.

François Compaoré (ph.L’observateur Paalga)

Cette fois-ci, les pronostics semblent être bons. Un Compaoré pourrait remplacer un autre avant 2015 à la tête de la présidence du Faso. Les signes sont plus que visibles après la publication de la liste des candidats à la députation dans la province du Kadiogo dont Ouagadougou est le chef lieu. François Compaoré, le petit frère du Président du Faso Blaise Compaoré qui s’était passé de cette compétition, se contentant de son rôle de conseiller spécial à la présidence, a décidé cette fois-ci d’entrer dans la bataille. Pourquoi celui qui est surnommé « le petit président » s’implique tant dans la politique en ce moment? Quel intérêt a-t-il a se lancé à la course pour la députation ? Ce n’est certainement pas le costume de simple « honorable député » qui devrait intéresser François Compaoré. L’hémicycle n’est qu’une escale pour lui, le temps de remplacer son grand frère à la tête du « pays des hommes intègres ».

En dépit de sa discrétion, l’image de François Compaoré a été considérablement  écornée par l’assassinat du journaliste, Norbert Zongo, au moment où celui-ci enquêtait sur la disparition de David Ouédraogo son chauffeur. Son nom a été associé à ce crime odieux du 13 décembre 1998. Ce sont ces circonstances malheureuses qui ont fait connaitre  l’autre « enfant terrible de Ziniaré » aux  burkinabè. Depuis, François Compaoré tente de redorer son blason notamment auprès des jeunes à travers les activités de l’Union des Sports Scolaire et Universitaires du Burkina Faso (USSU-BF). Il en est d’ailleurs le président d’honneur et cela  a contribué à rehausser son image. En plus de l’USSU-BF, François Compaoré a pris part activement aux activités de la fédération associative pour la paix et le développement (FEDAPBC). C’est structure apparait comme son autre bras car bénéficiant du soutient de la plupart de ses membres. Cette stratégie n’a pas marché. Dès le départ, La création de la FEDAPBC avait été vue comme un moyen de phagocyter le CDP. Il s’est ensuite impliqué à petit pas dans les activités du parti au pouvoir le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP).

Comme je le disais plus haut, ce n’est pas le costume de simple député qui intéresse François Compaoré. A la lecture de ce qui se passe en ce moment, la stratégie est de faire tout pour placer François Compaoré au perchoir de l’Assemblée nationale. En 2015, le Président du Faso, ne sera plus en principe en mesure de briguer un nouveau mandat à moins qu’il ne modifie la constitution.

Ainsi, pour avoir toujours une main mise sur le pouvoir après son retrait, il faudrait un homme de confiance pour lui succéder à la tête de la Présidence du Faso. Le grand « Blaiso » semble manquer d’homme de confiance dans la sphère politique burkinabè qu’il fait et défait depuis deux décennies. François Compaoré apparait alors bien être l’oiseau rare que son grand frère cherche depuis quelques années maintenant. Ainsi, en se présentant  tête de la liste dans la province du Kadiogo devant des cadors comme Jean Christophe Ilboudo secrétaire permanent des engagements nationaux et premier secrétaire adjoint à l’organisation des structures du CDP, Assimi Koanda le secrétaire exécutif du CDP ( le Président du parti en d’autres termes). La logique voudrait donc que François Compaoré soit inscrit sur la liste nationale, ce qui lui garantirait déjà une place à l’hémicycle. Car quoi qu’on fasse, ce ne sont pas les petits partis incapables de remplir une salle de 200 places lors des congrès qui seront à mesure de bousculer la machine du parti au pouvoir.

Les personnalités influentes qui auraient pu faire de l’ombre à François Compaoré ont été défaites. Salif Diallo ne pèse plus dans le parti. Roch Marc Christian Kaboré a perdu les rennes  et Simon Compaoré semble être en train de passer ses dernières heures en politique. Il n’y a aucun obstacle alors pour l’ascension de François Compaoré au fauteuil de Kossyam.

Passé cette étape, le nouveau député se verra peut-etre offert le poste de Président de l’Assemblée Nationale. A l’orée de 2015, le Président démissionne. Il est remplacé par celui de l’Assemblée Nationale  François Compaoré en principe.. s’il est elu. Légalement, il peut le faire surtout que « François Compaoré est un citoyen comme les autres », comme Blaise Compaoré aime le rappeler chaque fois qu’on aborde la question de sa succession.

En plus, il y a une deuxième option. Si le Senat est créé, Francois Compaoré pourrait en être le Président et succéder légalement à son grand frère en toute légalité.

Bien sûr les partis d’opposition sont contre cette astuce. Mais que peuvent-ils ? Rien. Parce que rien n’interdit François Compaoré de se présenter sa candidature à la députation ou à tout autre poste qu’il soit ou pas le frère du Président. François Compaoré est donc en train de marcher royalement vers le palais de Kossyam. Et, cela peut être le titre d’un feuilleton « Du gouffre au sommet ».