Boukari Ouédraogo

Terrorisme : le Burkina est donc devenu un pays dangereux ?

L’ambassade de France a publié à l’endroit de ses ressortissants au Burkina Faso une cartographie des zones à risques le mardi 13 octobre 2015. Toute la partie de territoire burkinabè frontalière au Mali est déclarée zone rouge. Le gouvernement burkinabè lui n’a pas réagi comme si elle cautionnait la publication de cette cartographie des zones à risques.

Le pays est devenu un pays dangereux depuis l’attaque de la gendarmerie Samorogouan, à 45 km au nord de Orodora, la principale ville de cette zone. Le mutisme des autorités burkinabè sur cette affaire est déconcertant. Qui se tait consent. Si les autorités françaises déconseillent les zones concernées à leurs ressortissants, quel sort réserve-t-on aux populations locales ? Le même sort qu’on a réservé trois gendarmes de Samorogouan et au maréchal de logis (MDL) chef Abdoul Ba Souleymane Ilboudo tué lors de l’attaque de la gendarmerie d’Oursi dans la province de l’Oudalan ?

Le Burkina Faso est devenu un pays dangereux parce que les autorités n’ont rien fait pour mieux sécuriser le pays. Pourtant, les signes de possibles attaques djihadistes sur le territoire burkinabè étaient perceptibles depuis longtemps. D’abord, le Burkina Faso est au cœur de l’Afrique occidentale. Ensuite, des pays frontaliers ont subi des attaques de ce type. La crise au nord du Mali a conduit beaucoup de réfugiés au nord du Burkina Faso. Ce qui laisse la porte ouverte à des infiltrations.

La première alerte a été donnée au mois d’avril dernier quand un Roumain travaillant dans la mine de Tambao a été enlevé dans cette partie située au nord du pays. Jusqu’à présent nous n’avons aucun signe de vie de cet otage.

Puisqu’il ne s’agissait que d’un expatrié blanc, on ne se sentait pas si concerné. Ça n’arrive qu’aux autres, pense-t-on souvent. Les autorités burkinabè n’étaient pas inquiètes. Pendant que ces dernières continuaient de dormir sur leurs lauriers, la gendarmerie d’Oursi est attaquée par des bandits non identifiés. Ces derniers ont fait preuve de « professionnalisme » en tendant un guet-apens aux gendarmes. Bilan un gendarme tué. Bien qu’un témoin ait affirmé que les bandits avaient dit qu’ils appartenaient à Boko Haram, la piste du règlement de compte semble avoir été privilégiée.

Pourtant, le problème devait être pris à bras le corps. Cette attaque a permis de mettre à nu les conditions catastrophiques dans lesquelles travaillaient les forces de défense et de sécurité. Nous l’avons d’ailleurs dénoncé. Il suffit d’aller dans n’importe quel poste de police ou de gendarmerie du Burkina pour se rendre compte que ces derniers travaillent en sous-effectif et manquent du minimum de logistique. Face à des bandits surarmés et quelle que soit la formation de ces hommes en tenue ils ne peuvent que fuir comme des poltrons.

Le Burkina est donc devenu une zone dangereuse parce que les autorités n’arrivent plus à sécuriser les frontières du pays. Le Burkina Faso est devenu un pays dangereux. La France l’a dit et donc c’est vrai ! Cela signifie que la France maîtrise mieux le territoire burkinabè que nos autorités elles-mêmes. Cela veut dire que les services secrets burkinabè ne sont pas efficaces. Mais ce qu’on oublie, c’est que les terroristes sont tellement ingénieux qu’ils n’ont plus besoin de faire des incursions aux frontières. Ils sont capables de frapper en plein cœur de la capitale à travers des attentats- suicide par exemple.

Comme le dit un proverbe burkinabè, on a laissé le fantôme entrer dans la maison et maintenant, on veut le chasser.


Burkina: Zida n’était-il pas le numéro 2 de l’ex RSP ?

La vie nous joue souvent des tours. Hier, quelqu’un qui était voué à aux gémonies peut dès le lendemain se transformer en « baark biiga » (enfant béni) comme une jeune fille qui attend son premier amant. Illustration avec le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP). Ceux-là même qui ont défendu becs et ongles la modification de l’article 37 au départ se sont faits une nouvelle virginité comme une pute qui a fréquenté toutes les chambres de passes pendant 27.

 

Le premier ministre Yacouba Isaac Zida en treillis du RSP devrait aussi répondre au jugement de son ancien corps
Le premier ministre Yacouba Isaac Zida en treillis du RSP devrait aussi répondre au jugement de son ancien corps

Aujourd’hui, c’est le premier ministre Yacouba Isaac Zida qui se retrouve dans la situation de ceux qu’on a surnommé les RSS (Roch, Salif, Simon) lorsqu’il a célébré la messe de requiem de l’ex régiment se sécurité présidentielle (RSP) le mardi 06 octobre 2015. Lors de ce culte, l’ancien numéro 2 du RSP Yacouba Isaac Zida dans son homélie a taclé, comme Andoni Goikoetxea sur Diego Maradona, son ancien mentor Gilbert Diendéré, auteur du putsch manqué et sa troupe en déclarant ceci : « depuis sa création, le régiment de sécurité présidentielle a été utilisé par le régime du président Compaoré pour freiner les aspirations légitimes du peuple burkinabé à une vie démocratique réelle ».

Voir le tacle de Andoni Goikoetxea sur Diego Maradona

Yacouba Isaac Zida enfonce plus ses anciens : « au lieu de contribuer à la protection des populations, ce corps était devenu une menace permanente contre la marche radieuse du peuple burkinabè et un instrument pour imposer la volonté d’un groupuscule qui, incapable d’apprendre les leçons de l’histoire de notre peuple, se condamne ainsi à répéter les erreurs d’un passé à jamais révolu dans la conscience collective des Burkinabè ».  

C’est vrai. Sauf que Yacouba Isaac Zida était membre de cet ex RSP et a été réaffecté au même titre que Gilbert Diendéré après le Conseil des ministres qui a signé l’acte de décès de l’ancienne garde. Il a gravi les différents échelons du RSP en passant de commandant de compagnie à chef de corps adjoint du RSP entre 1996 et 2015 année pendant laquelle il est devenu ministre. A La place de la nation, beaucoup ont été surpris par les propos démagogues et populistes de Yacouba Isaac Zida, qui le 12 juin  2015 devant le Conseil national de la transition (CNT) défendait la cause de l’ancienne garde présidentielle. Selon lui, le Burkina Faso avait encore besoin du RSP alors que plusieurs organisations de la société civile demandaient tout simplement son démantèlement. Bien avant, à la mi avril, Zida avait affirmé que le RSP ne serait pas dissout.

Surprise. Ce n’est pas le cas en réalité. Puisque le 30 octobre à cette même place de la nation, il avait dit que le RSP sera dissout avant de raviser. Après sa prise de pouvoir et aussi sa nomination en tant que premier ministre, même s’il a troqué le treillis de camouflage vert, celui du RSP pour les habits traditionnels, Zida n’a pas démissionné.   De toutes les façons, s’il faut juger les crimes commis par l’ex RSP le premier ministre Yacouba Isaac Zida devrait répondre puisqu’il a occupé plusieurs fonctions importantes au sein de ce régiment et fait partie donc de cette composante. Il n’est pas forcément innocent sur toutes « les actes de barbaries », pour reprendre les mots du nouveau directeur de la justice militaire Sita Sangaré. Il était membre du RSP presque depuis sa création en 1995. Au jugement dernier de l’ex RSP Yacouba Isaac Zida devra également répondre. Pour réponse, il avait peur pour sa vie. Mais dans la vie, on ne peut pas collaborer avec Dieu et Satan à la fois.   Le plus important, c’est de ne pas avoir de cadavres dans son placard car Gilbert Diendéré est toujours dangereux même en prison. Celui qui est considéré comme le disque dur du régime Compaoré pourrait à son tour faire des révélations sur la participation de chacun à des actes perfides vu la sérénité machiavélique avec laquelle il a supporté les évènements depuis le putsch. S’il parle, des têtes risquent de tomber du côté des civiles comme militaires.

 Radio Liberté : Selon vous qui veut faire taire à jamais le général Gilbert Diendéré. Valère Somé : Trop de gens. Le régime de Blaise sera terminé quand on aura entendu Gilbert. Sinon nous sommes encore dans le régime de Blaise. Tant que Gilbert ne s’est pas expliqué…, il n’est pas le seul coupable ? Ce sont des hommes politiques ou des militaires qui en veulent à Gilbert Diendéré ? Hommes politiques comme militaire. Le régime de Blaise. C’est l’occasion de tous savoir. Même son coup infantile raté, on va connaitre les tenants et les aboutissants. Ce qu’il détient est trop important pour le pays.

Ahhh, la vie là même quoi! Elle est trop cool quoi. Elle peut te faire manger ton totem et puis après elle peut se…

Posted by Yacouba Ladji Bama on mardi 6 octobre 2015

Seuls les imbéciles ne changent pas. De toutes les façons, Yacouba Isaac Zida sait qu’il peut bénéficier de circonstance atténuante parce qu’il n’était plus en odeur de sainteté avec ses ex compagnons et aussi son ancien mentor et cousin. Et comme le dise aussi les saints, ce n’est pas le début qui compte mais la fin. Et comme de ce film, le bras droit du chef-bandit se retrouve dans le camp du « brave ».

Expérience professionnelle de Yacouba Isaac Zida à l’ex RSP : 

  • Depuis le 18 juillet 2011 : chef de corps adjoint du régiment de sécurité présidentielle

  • 2006 à 2011 : commandant adjoint de groupement au régiment de sécurité présidentielle

  • 2006 à 2008 : commandant de groupement adjoint au régiment de sécurité présidentielle

  • 1997 : Officier chargé de la sécurité du régiment de sécurité présidentielle

  • 1996 à 2006 : commandant de compagnie au régiment de sécurité présidentielle.


La fuite du général Gilbert Diendéré

Le camp Naba Koom, quartier général du désormais défunt régiment de sécurité présidentielle (RSP) est maintenant sous la coupe des forces armées nationales (FAN) du Burkina. Dès que le bombardement de ce camp a commencé le mardi 29 septembre 2015, le général Gilbert Diendéré a pris la poudre d’escampette. 

    C’est aux environs de 15 heures que les forces armées nationales ont commencé le pilonnage du camp Naba Koom II. Le général Gilbert Diendéré était présent lors des premiers pilonnages. Après une première frappe, la deuxième lancée depuis le camp Sangoulé Laminzana aurait effrayé le général Gilbert Diendéré. A ce moment-là, il décide avec un certain nombre de sa garde rapprochée de quitter le camp.

Pendant que le pilonnage continuait, le chef putschiste s’est rendu à l’ambassade des Etats-Unis. Il tente d’entrer en contact avec l’ambassadeur Tulinabo Mushingi. Ce dernier ne voulait recevoir personne. Ce choix s’explique par le fait qu’il ne voudrait pas d’attroupements autour de l’ambassade comme ce fut le cas lorsqu’il s’est rendu chez le Mogho Naba Baongho le lundi 21 septembre 2015.

Après une quinzaine de minutes passées à ce niveau, alors que les FAN étaient à quelques centaines de mètres de là, il retourne sur ses pas. Certains hommes du FAN qui ont reçu l’information selon laquelle Diendéré se trouverait à l’ambassade aurait également appris que des snipers seraient positionnés. Dans un tel contexte et comme cette éventualité n’était pas prévue, ils n’auraient donc pas osé s’y approcher. Les gendarmes chargés de sécuriser l’ambassade des Etats-Unis n’étaient pas non plus assez nombreux pour arrêter Gilbert Diendéré.

Mais bien avant le pilonnage, des riverains auraient aperçu des pick-up avec des éléments du RSP à bord qui tentaient de se diriger vers le siège de la télévision BF1 en empruntant le chemin qui longe l’ambassade des Etats-Unis avant de faire demi-tour. N’ayant pas eu accès à l’ambassade des Etats-Unis, le général Gilbert Diendéré se dirigea donc vers le nonce apostolique de Rome. Non loin de là, Gilbert Diendéré prend avec lui un homme de main et demande aux deux autres de se chercher.

 Extrait du communiqué du gouvernement: « Le général Gilbert Diendéré est retranché dans une représentation diplomatique. Des négociations sont en cours pour sa remise aux autorités de la Transition ».

C’est ce qui expliquerait que l’un de ses véhicules ait été retrouvé devant le nonce apostolique de Rome. La dernière rumeur à Ouagadougou voudrait qu’il s’y trouve surtout que Gilbert Diendéré est reconnu pour assiduité à la messe de 5 heures du matin à l’église la Rotonde située à proximité de son domicile aux alentours du Conseil de l’Entente.

Cependant, après les nombreuses publications sur le lieu où se trouverait le général publiée sur les réseaux sociaux, les autorités burkinabè auraient désormais fait preuve de sagesse en ne divulguant pas le lieu où se trouve le fugitif. La zone dans laquelle il a été aperçu pour la dernière fois, regroupe beaucoup d’enclaves diplomatiques. Il peut donc se trouver n’importe où.

 L’assaut des forces armées nationales n’a pas occasionné de victimes. Ce qui est une très bonne chose. Maintenant, j’…

Le Président de la Transition burkinabè Michel Kafando a affirmé qu’il n’y avait aucune victime devant des journalistes ce mercredi 30 septembre 2015 au camp Naba Koom. Gilbert Diendéré craignait beaucoup de pertes en vie humaine.

Ce qui semble évident, c’est que beaucoup d’éléments du RSP avaient déjà rejoint le camp 11-78 sur la route Ouaga-Pô après l’échangeur de l’Est. Bien avant les bombardements certains en tenue civile, avec des tenues FAN ou toujours dans leur tenue habituelle. Apparemment, l’ordre serait de les laisser s’en aller parce que l’on suppose qu’ils aimeraient se rendre… au camp 11-78.

Cependant, la question qui pose est de savoir comment Gilbert Diendéré a pu quitter le camp sans être arrêté alors qu’il était encerclé depuis le matin. Tous ceux qui ont tenté de traverser les principales voies menant au camp Naba Koom ce mercredi ont constaté qu’elles étaient occupées par les forces de sécurité obligeant les passants à emprunter de grands détours.


Burkina : la véritable chute du général Diendéré

C’est fini. Le mythe du général Gilbert Diendéré et du redoutable régiment de sécurité présidentielle (RSP) est tombé ce mardi 29 septembre 2015 après un assaut au camp Naba Koom II. Les Forces armées nationales (FAN) du Burkina ont utilisé la force pour mettre hors d’état de nuire l’ancienne garde présidentielle qui faisait des résistances face au mot d’ordre de démantèlement de cette structure.

Les Burkinabè ont tout fait pour l’éviter, ils n’ont pas pu. Finalement, les deux sœurs armées, les Forces armées nationales (FAN) et le régiment de sécurité présidentielle (RSP) se sont affrontées. La signature de l’accord chez le Mogho Naba Baongho le mercredi 23 septembre 2015, le chef suprême des Mossi de Ouagadougou n’a servi à rien. Tous les traditionalistes savent que lorsqu’un accord n’a pu être résolu chez le chef, c’est la voie au non-retour. En général, celui a manqué sa parole en paiera le prix cher. C’est le cas pour le général Gilbert Diendéré dont les éléments ont été maîtrisés en seulement une soirée, une attaque.

Naba Koom détruit à partir de Goughin

Les Ouagalais ont entendu aux environs de 15 heures, les premiers coups de feu : deux tirs à l’arme lourde sans précision. Cinq minutes environ après, de nouveaux tirs ont été entendus dans le secteur : trois coups simultanés d’artillerie lourde. Par la suite, un riverain du quartier Kossyam confie avoir entendu quatre tirs d’armes lourdes. Après un moment de silence, à 18 heures, le général Gilbert Diendéré s’exprime sur les antennes d’une radio locale appelant ses hommes à déposer les armes. Mais les FAN ont continué le bombardement. Notre témoin rapporte quatre coups successifs d’armes lourdes. A ce moment-là déjà, la situation était sous contrôle des FAN. Le RSP était vaincu. Les FAN ont pris le soin d’encercler le camp pour empêcher des fuites avec des armes surtout.

Les habitants du quartier Goughin ont entendu des tirs depuis leur quartier notamment au camp Sangoulé Lamizana situé dans le quartier ouest de Ouagadougou.Qui tirait : les FAN ou le RSP ? Comment un champ de bataille qui se trouve à près d’un vingtaine de km peut être aussi ressenti dans ce quartier ? L’artillerie lourde utilisée a permis d’affaiblir et de neutraliser le camp Naba Koom. Cet armement permet d’attaquer à une grande distance et de façon précise. Beaucoup d’éléments s’étaient déjà rendus au camp 11-78, situé sur la route Ouagadougou-Pô comme l’a dit le général Gilbert Diendéré à une chaîne locale. En réalité, ils s’y étaient rendus bien avant l’attaque.

L’ambassade des Etats-Unis ferme sa porte à Diendéré

Pendant ce temps, son chef Gilbert Diendéré cherchait un point de chute. L’ambassade des Etats-Unis a refusé de le recevoir. Le diplomate américain Tulinabo S. Mushingi ne voulait pas d’incident diplomatique. C’est ainsi que le général a abandonné son véhicule pour se rendre par un autre moyen dans un autre endroit. Finalement, c’est chez le nonce apostolique de Rome au quartier Ouaga 2000 non loin du camp Naba Koom et du palais présidentiel qu’il aurait trouvé refuge.

Les FAN ont pris toutes les dispositions pour éviter des dégâts collatéraux en publiant plusieurs communiqués appelant les populations à rester loin du camp Naba Koom et du palais présidentiel. Apparemment, les dispositions prises ont permis d’éviter ou peut-être d’amoindrir les dégâts collatéraux.

Le gouvernement à travers un communiqué a annoncé la prise de toutes les positions de l’ex-RSP.


Le Conseil de l’entente aux mains des Forces armées du Burkina ?

La capitale Ouagadougou est dans l’effervescence ce mardi 29 septembre 2015 avec notamment plusieurs embouteillages qui s’expliquent par le fait que la zone du Conseil de l’entente et du premier ministère est quadrillée par les Forces armées (FAN).

Les Forces armées nationales (FAN) sont en train de prendre les choses en main. Après l’officialisation par le chef d’état-major général des armées le lundi 28 septembre du refus du régiment de sécurité présidentielle (RSP) de rendre les armes, l’armée nationale a pris les dispositions. Pendant cette journée, ceux qui s’approchaient près des camps militaires constataient un grand mouvement. Certains points sont occupés par les FAN. Des chars barrent, par exemple, l’entrée du Camp Guillaume Ouédraogo.

La présence est remarquable ce mardi 29 septembre 2015 dans une partie de l’ancienne « zone rouge », où toute manifestation était interdite par le gouvernement déchu de Blaise Compaoré. Des militaires sont arrêtés juste en face de l’ex-Assemblée nationale obligeant les Ouagalais à faire de grands détours. Ainsi, l’armée avait sous contrôle, la zone du premier ministère, de la télévision nationale.

En plus de cela, les hommes de Pingrooma Zagré ont récupéré la zone de la radio nationale et du Conseil de l’entente où se trouve le domicile du général de brigade Gilbert Diendéré, le chef des putschistes. Ce qui explique les embouteillages dans plusieurs secteurs de la ville de Ouagadougou. Mais les volontaires adjoints de sécurité (VADS) accompagnés par la police municipale présents dans certains carrefours régulent la circulation.

En une journée donc, l’armée semble avoir avancé d’un pas puisque la veille, bien qu’ayant quadrillé la zone du premier ministère de la télévision nationale, celle concernant la radio nationale et le Conseil de l’entente était gardée par quelques éléments du RSP reconnaissables à leur tenue de camouflage vert. Trois éléments à pied avec des kalachnikovs étaient au côté ouest de la radio nationale tandis que devant l’entrée des militaires du RSP étaient également installés. Les deux camps se regardaient.

S’il y avait un combat, la messe était dite d’avance. Ils n’avaient aucun moyen pour ces derniers de faire face au char de l’armée nationale et à un véhicule mitrailleuse de la gendarmerie nationale.

La psychose règne depuis que le gouvernement à travers un communiqué à affirmé que des groupes djihadistes et étrangèrs convergeraient vers le Burkina en soutien au RSP. C’est pourquoi, beaucoup se sont posés des questions sur la présence des militaires dans différents endroits. Djibril Bassolé, arrêté a nié cela tout comme le général Gilbert Diendéré sur les antennes de France 24.

Toutefois, dans un communiqué publié ce mardi 29 septembre 2015 le chef d’état-major général des armées demande de ne pas révéler ses positions :

« Pour ne pas compromettre l’opération en cours et pour des raisons évidentes de sécurité, je vous saurais gré de demander à vos équipes de s’éloigner des positions des troupes et de cesser de les révéler. Des visites sur le terrain seront organisées afin de ne pas compromettre la réussite de l’intervention des troupes des Forces Armées Nationales ».

Toutefois, la zone du conseil de l’entente située loin du RSP est loin du camp Naba Koom où est retranchée le RSP à plus d’une trentaine de km de là. En même temps, les FAN avaient occupés les positions du RSP à Ziniaré, village de Blaise Compaoré et la poudrière de Yimdi, village situé à la sortie de Ouagadougou.