Boukari Ouédraogo

Alima, lesbienne à Ouagadougou : « l’homosexualité est un droit »

L’homosexualité n’est pas seulement une affaire de Blancs. Au Burkina Faso, on retrouve une communauté qui tente de vivre leur différence malgré une certaine hostilité. Alima, c’est le nom que nous lui donnons, lesbiennes. Agée de 44 ans, elle a découvert sa tendance depuis l’âge de quatorze ans et assume pleinement sa situation.

Le Messager d’Afrique: Comment avez-vous compris que vous étiez lesbiennes?

Alima : C’est depuis mon enfance que j’ai compris cela. Vers l’âge de douze ans j’étais attirée par la femme. Je dirais plutôt que c’est la beauté féminine qui m’attirait. A l’époque, je n’avais aucune notion sur la sexualité. Pour moi, c’était juste de l’amusement. Je me sentais bien en étant en contact avec les femmes. On faisait tout, sauf pensé à la sexualité. C’est vers l’âge de quatorze ans que les vraies choses ont commencé. Ça été vraiment une attirance sexuelle que je ressentais. J’ai pu avoir une première copine à cet âge là et c’est avec elle que j’ai commencé.

[audio:https://lemessagerdafrique.mondoblog.org/files/2010/12/Lesbiennes-commencer.mp3|titles=Les débuts]

Le Messager d’Afrique: En découvrant votre tendance. Cela ne vous a-t-il pas paru bizarre ?

Alima : Oui. En observant autour de moi je savais que c’était quelque chose qui était totalement différent. Je voyais mes frères, mes sœurs, mes amis, tout le monde était dans une relation hétérosexuelle. Mais ça ne me disait rien du tout. Je me rappelle qu’au  moment où j’étais attirée par les femmes, il y avait des hommes qui venaient vers moi. Ils me faisaient la cour pourtant ils ne m’attiraient pas. C’était un peu dérangeant. Il y avait une sorte de dualité. Mais l’autre coté était plus forte. Je me sentais bien quand j’étais avec une femme plutôt qu’avec un homme.

Le Messager d’Afrique: Donc les hommes ne vous attirent pas ?

Alima : Je peux dire non. Nous sommes dans une société où l’homosexualité est mal vue. Et nous sommes obligées de nous cacher derrière des hommes pour pouvoir vivre. Sinon, ce n’est pas une attirance en tant que telle.

Le Messager d’Afrique: Est-ce que c’est votre cas ?

Alima : Oui c’est mon cas depuis très longtemps. Je me sentais bien avec les femmes, mais les « Qu’en dira t- on » étaient tellement forts que j’acceptais les avances des hommes pour me cacher derrière eux afin que ça ne se voit pas.

Aucun plaisir en faisant l’amour avec un homme

Le Messager d’Afrique: Est-ce que cela signifie que vous ne ressentez aucun plaisir lorsque vous faites l’amour avec un homme ?

Alima : Non. Moi particulièrement Non. Ce n’est même pas la peine! Pourtant, j’ai un vagin comme toutes les femmes, j’ai des trompes comme toutes les femmes. Ça veut dire qu’un homme peut coucher avec moi au lit. Quand un homme couche avec moi, c’est moi je donne. Alors que l’amour, c’est donner et recevoir. Si tu fais l’amour et que tu donnes sans recevoir, ce n’est pas la peine. Dans l’hétérosexualité,  lorsque la femme  ne reçoit pas, elle fait semblant, parce qu’on lui donne quelque chose (Ndlr le matériel). La majorité de mes copines sont des hétérosexuelles. J’ai même des copines qui ont des enfants mais elles ont compris que leur relation n’est pas vraiment ce qu’elles espéraient. L’amour vrai n’attend rien en retour. Lorsqu’on prend un temps pour donner quelque chose, c’est  avec la joie. Ce n’est  pas parce que je suis avec une femme que je suis obligée d’aller payer une dot? Chez nous ça n’existe pas. La base, y est déjà: l’amour.

Le Messager d’Afrique: Quelle a été la réaction des parents quand ils ont appris que vous étiez lesbiennes ?

Alima : Mon papa ne savait pas. Ma maman l’a appris très tard et elle est décédée par la suite. Elle n’a pas eu le temps de réagir. Mes deux parents sont donc décédés. J’ai passé tout mon temps dans la cachette. Je savais que s’ils l’apprenaient ce ne serait pas bien parce qu’ils sont de religion chrétienne. En fait, c’est Association raëlienne des minorités sexuelles (ARAMIS) qui m’a emmenée à ne plus avoir peur, à pouvoir m’exprimer librement.

Le Messager d’Afrique: Comment faites vous pour savoir qu’une personne est de la même tendance sexuelle que vous ?

Alima : Effectivement nous sommes dans une société où la majorité est hétérosexuelle. C’est par le flair pour mon cas. Je prends le soin d’observer la personne qui m’attire. J’essaie de voir si une relation peut marcher entre moi et cette personne avant de m’engager. Très souvent, ça marche. Mais comme toute relation amoureuse, il y a des échecs et des réussites. C’est comme ça aussi. Sinon, il n’ y a rien d’extraordinaire, comme pour dire que lorsqu’on voit une personne homosexuelle dès le premier coup d’œil on le reconnait. Non. Ce n’est pas comme ça. Ça commence par l’attirance. Quand tu vois qu’une personne te plait, tu essais de lui faire comprendre cela. Si elle te comprend et qu’elle t’accepte, c’est la joie totale. Sinon, ce n’est écrit derrière personne qu’il est homosexuel ou pas.

Le Messager d’Afrique: Quand on se met à votre place, quel regard a-t-on des hétérosexuels ?

Alima : Les homosexuels sont nés de l’union d’un couple hétérosexuel. Je suis la réussite d’une relation hétérosexuelle bien appliquée. J’ai été d’abord conçue… j’ai fait neuf mois dans le ventre d’une mère, je suis sortie victorieuse, cela veut dire que je ne suis pas mort-née. J’ai reçu une éducation de la part des hétérosexuels. La seule différence, c’est que je ne suis pas comme eux. Nous les considérons comme nos pères, comme ceux qui nous ont généré. Ce sont eux qui nous refusent sinon nous reconnaissons que nous venons d’eux et nous leur devons du respect. Eux ils ont de l’hostilité, de la discrimination, des jugements envers nous. On ne peut pas obliger quelqu’un à avoir la même tendance sexuelle que vous. Dans la nature, il y a tellement de diversité qu’on ne peut pas s’appesantir sur l’hétérosexualité.

Il y a plein d’homosexuels qui se marient chaque jour que Dieu fait

Le Messager d’Afrique: On sait bien que le pape, et partant de là la religion en générale, est opposé au mariage homosexuel. Qu’est ce que vous pensez de cette opposition du Vatican?

Alima : Je pense que le mariage est l’union entre deux êtres qui ne sont pas forcement de sexe différents. Deux personnes de même sexe peuvent s’unir tout comme deux êtres de sexes opposés. Dans le cadre de la sexualité, deux personnes de même sexe qui se sentent bien peuvent choisir de rester ensemble. De nos jours on voit bien que deux hommes qui se comprennent s’associent pour créer une entreprise. C’est vrai que ce n’est pas la sexualité mais ils ont des affinités communes. Donc, si deux personnes se sentent bien dans leur peau, on ne doit pas leur empêcher d’être ensemble. Dans la société actuelle, on n’a pas besoin du pape, des parents ou d’une quelconque loi pour dire qu’on veut être ensemble. Le reste, c’est du papier, c’est rien du tout. Ça ne sert à rien. Que ce soit au niveau de la religion, de la loi, on a pas besoin d’un maire ou d’un pape pour prouver qu’on s’aime. Il y a plein d’homosexuels qui se marient chaque jour que Dieu fait. Au moment où je vous parle, il y a deux homosexuels qui se mettent la bague aux doigts. Ils n’ont pas besoin d’église ni de témoin. C’est ça, le vrai mariage. Le reste, c’est pour montrer aux autres… Il n’y a qu’à voir le nombre de divorce qu’on enregistre par jour.

Le Messager d’Afrique: Dans la société actuelle, l’homosexualité est jugée contre nature…

Alima : Ceux qui disent cela ne connaissent même pas la nature. Dans le monde, il y a plus de 400 mille espèces animales qui pratiquent l’homosexualité. On dit que c’est contre nature, pourquoi dit-on que c’est contre-nature et moi je peux me trouver dans cette nature et pratiquer quelque chose contre? Ce n’est pas possible! C’est tout à fait paradoxal. Rien ne se perd rien ne se créé, tout se forme et je pense que tout ce qui se passe sous ce soleil a toujours existé, ça existera toujours et ça devrait exister. L’homosexualité fait parti de la sexualité que ce soit avec les animaux ou les humains. Ceux qui disent que ce sont des lois contre nature, je leur dit qu’ils ne connaissent pas leur nature. L’homosexualité est pratiquée par les animaux. Demandé aux bergers, ils vous diront. Chercher, vous trouverez. Je pense qu’il faut chercher à comprendre

Le Messager d’Afrique: Comment se passent les relations sexuelles entre deux femmes?

Alima : D’abord, il faut comprendre le terme faire l’amour. Il faut savoir faire la différence entre «baiser» et «faire l’amour à quelqu’un».« Baiser une femme », c’est autre chose: on voit un pénis rentré dans une matrice en train de cogner comme si on pilait du fonio. Mais « faire l’amour », c’est prendre le temps, de regarder la personne de la tête jusqu’aux pieds, de le toucher, de la ressentir, de lui apporter ce qu’on  a de meilleur. Donc, dans la relation homosexuelle entre femmes, la majorité n’a pas besoin d’une bite. Nous, nous célébrons le vagin. Tout le corps de la femme est célébré entre deux femmes qui s’aiment. Chez les hommes par exemple, c’est le pénis qui est célébré. Donc, il n’y a pas à se demander comment cela se fait. Chaque amour qui est fait dans le lit ou ailleurs, est une œuvre d’art. Bakary ne fera pas l’amour de la même manière que Ousmane. Chaque fois, même si c’est avec la même personne, il y a toujours une différence. Seulement, si vous n’avez pas la conscience de l’acte que vous posez, vous la faites de façon mécanique, ça devient une routine et ça passe. Chez nous, il n’y a pas d’intérêts. J’ai un corps de femme, elle a un corps de femme. On se donne. Alors que l’hétérosexualité est basée sur l’intérêt : tu es une femme, je suis un homme, donc tu peux m’apporter quelque chose. Et si tu es bien « calé », tu peux m’apporter de l’argent. Chez nous, c’est l’amour qui prime. Même l’intérêt de faire des enfants, ça vient plus tard.

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Tous les enfants sont nos enfants

Le Messager d’Afrique: Alors n’avez vous pas envie de faire des enfants ?

Alima : Je dirais que nous nous ne sommes pas obligés d’avoir des enfants. Quand vous regardez dans la nature, il y a un moment pour faire des enfants et un moment pour se procurer du plaisir. C’est le côté plaisir que nous choisissons sans intérêt.Tous les enfants du monde sont nos enfants. On n’est pas accroché … à savoir que l’enfant qui sort de moi, c’est lui qui est forcement mon enfant. Même si la loi nous refuse d’adopter des enfants, pour le moment, ce n’est pas notre problème. La société nous forme à être possessifs. Nous sommes dans une société de l’avoir. Quand un enfant n’est pas sorti de toi, on a tendance à dire que qu’il n’est pas le tien. A notre niveau, l’enfant de mon frère, l’enfant de ma sœur, je peux le traiter comme si c’était mon propre enfant. Il n’y a pas de problème. Peut-être que d’autres homosexuels auront ce problème, sinon, nous sommes des gens hautement spirituelles. L’avoir ne nous dit rien. C’est vivre, c’est aimé, c’est se sentir bien sur terre. C’est ça pour tout homosexuel.

Le Messager d’Afrique:Vous dites que vous vous cacher derrière quelqu’un. Est-ce que votre homme  sait que vous n’êtes pas hétérosexuelle?

Alima : Il y a parfois que cette personne le sache, comme il y a des cas ou il ne le sait pas. C’est comme n’importe quelle autre femme qui à un copain et puis derrière, elle sort avec d’autres, les petits pompiers, c’est pareil. Si tu sais que si tu dis la vérité à la personne, il ne va pas aimer, tu ne le dis pas. Mais si tu sais que la personne épouse cela, il n’y a pas de problème. J’ai eu la chance d’être avec des hommes qui m’ont compris et qui ne me dérangent même pas.

Le Messager d’Afrique: Vous êtes minoritaires, comment faites vous pour vous retrouvez entre homosexuels? Vous vous connaissez tous ?

Alima : Je n’ai pas cherché à savoir s’il y avait un groupement d’homosexuels. Je me suis dis que ça ne pouvait pas exister. Moi, les copines que j’ai connues ne venaient pas de ces associations. C’est après que j’ai connu le mouvement raëlien, une philosophie qui accepte les homosexuels tels qu’ils sont, en tant que des êtres humains. Je trouve ça génial. Je pense que que je ne peux pas m’exprimer dans une religion qui m’est hostile. On m’accepte parce que je dépose mon argent dans le panier mais on ne m’accepte pas dans mon intégralité. Je sais que je ne peux pas être chrétienne mais je peux être raëlienne parce que les raëliens ont compris qu’ on a pas désiré être homosexuel depuis le ventre de sa maman. On est venu trouver cela comme ça.

Le Messager d’Afrique: On dit généralement que ce sont les personnes riches qui sont homosexuels. Peut-on le dire pour votre cas ?

Alima : Moi également, j’entends parler de cela. Mais c’est peut-être lié à la propreté. Deux femmes qui se retrouvent rentrent, l’une et l’autre, dans leur intimité. Pour cela, il faut qu’elles soient vraiment propres. Les hommes n’ont qu’un seul objectif, c’est plongé la dedans (Ndlr, le sexe de la femme) et ressortir. Alors que nous, nous vérifions tout de la tête aux pieds. Si tu n’es pas propre, tu n’es pas la bienvenue. Peut-être que c’est lié à cela. Nous aimons tout ce qui est produit cosmétique, tout ce qui est propre. Sinon, les deux ne vont pas de paires. Pour avoir de l’argent il faut travailler. Ce n’est pas sexualité qui apporte la fortune. Ce n’est pas vrai.

Le Messager d’Afrique: Ailleurs, en Europe, il y a des luttes pour que l’homosexualité soit légalisée. Au Burkina, ce n’est pas le cas. Les gens se cachent toujours…

Alima : On n’a pas besoin que la loi confirme un mariage. Nous sommes dans une société où il y a des gens qui sont privilégiés. Si vous remontez dans l’histoire, vous constaterez que l’homosexualité a toujours existé et était bien vue. Comme la vie est une roue qui tourne, l’hétérosexualité a été popularisée et l’homosexualité a été réduite. Nous sommes tous des êtres humains. Alors que je décide de sortir avec une femme ou un homme, c’est ma vie, c’est mon droit et on doit ne pas me priver de cela. Je dois avoir les droits comme tout citoyen. Je pense qu’en Afrique ici, il faut un temps pour préparer les gens à pouvoir l’accepter. Ça va venir petit à petit.

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Le Messager d’Afrique: Comment êtes vous arrivés dans le mouvement raëlien?

Alima : J’ai connu ce mouvement au cours d’une conférence. J’ai compris leur message et ça m’a plu et ça me convenait. Après ils ont crée l’association sans savoir même que j’étais lesbiennes. Comme la lutte se menait sur le continent, le leader de ce mouvement a décidé de créer cette association pour permettre aux homosexuels de se retrouver, de mieux vivre et d’ apporter la lumière à ceux qui ne nous connaissent pas.

Mon histoire avec le mouvement raëlien

Le Messager d’Afrique: Qu’est ce que le mouvement raëlien ?

Alima : C’est un mouvement athée qui croit en l’existence des extras terrestres (…). Si on commence maintenant, on ne pourra pas finir. Ceux qui veulent bien nous connaitre, qu’ils passent chaque dimanche à partir de 10 heures à la cité AN II villa 111. C’est le siège du mouvement à Ouagadougou. Certains pensent qu’un homosexuel est un obsédé sexuel. C’est différent. Moi je ne tombe pas sur n’importe quelle femme. Il faut qu’il y ait une attirance. Vous pouvez avoir une lesbienne parmi vous pendant longtemps sans qu’elle ne vous fasse de proposition tant que vous ne l’attirez pas. Ce n’est pas une obsession mais plutôt une attirance. Je demande aux gens de s’informer, de fouiller partout pour bien nous connaitre.

Le Messager d’Afrique:Pourquoi les homosexuels ne cherchent pas devenir hétérosexuels ?

Alima : Parce que l’hétérosexualité a perdu tout son sens. Tout est basé sur l’intérêt. Je t’aime donc on doit se marier. Je t’aime donc il faut que tu m’achètes des bijoux. Je t’aime donc tu dois m’acheter un pagne. Le sens de l’amour est perdu dans l’hétérosexualité de sorte que la fille qui a duré dans l’hétérosexualité lorsqu’elle a des relations avec une lesbienne, elle ne veut plus retourner à son ancien statut.


Côte d’Ivoire: et le médiateur Blaise Compaoré dans tout ça ?

Une fois de plus, le Messager d’Afrique devra tordre le coup à sa ligne éditoriale (faire connaitre Ouagadougou et ses hommes) pour s’intéresser à un autre sujet brulant de l’heure. Il s’agit de l’impasse dans laquelle se trouve la Côte d’Ivoire pays voisin du Burkina Faso. Le Messager d’Afrique qui a déposé sa camera se pose des questions. Exemple, quelle attitude doit adopter le médiateur de la crise ivoirienne Blaise Compaoré?

Situation compliquée pour Blaise Compaoré

La Côte d’Ivoire a deux Présidents. Le sortant Laurent Gbagbo et l’ancien premier ministre Alassane Dramane Ouattara. Ce dernier a été désigné vainqueur de l’élection présidentielle ivoirienne par la Commission Électorale Indépendante (CEI) avant que le conseil constitutionnel désigne le Président sortant vainqueur de cette élection. Ce qui a créé une confusion totale en Eburnie. Le chef de l’Etat burkinabè Blaise Compaoré a assuré la médiation dans cette crise depuis le 4 mars 2007 à travers les accords de Ouagadougou. Les Nations Unies, l’Union Européenne,  les États Unis, la France, le Premier ministre Guillaume Soro etc. ont reconnu Alassane Dramane Ouattara comme Président élu de la Côte d’Ivoire. Le médiateur de la crise ivoirienne  Blaise Compaoré est resté muet. Que se passe t-il dans sa tête ? Actuellement, celui-ci devrait être en train de se torturer les méninges afin de trouver une solution au cas où il serait consulté. Il se trouve peut-être dans son laboratoire afin de fouiller les différentes théories de négociation et de médiation pour sortir la Côte d’Ivoire de l’impasse et éviter le piège qui vient de lui être tendu. Compaoré se trouve dans l’une des positions les plus inconfortables dans a profession de médiateur. Qui doit-il féliciter ? Alassane Ouattara ou Laurent Gbagbo ? Dur dur. « Et pourtant, j’avais réussi.  J’y étais presque.» Voila ce que se dit peut être le Président du Faso.

S’il reconnait la victoire de ADO il risque de soulever la colère de la population ivoirienne contre ses compatriotes nombreux dans ce pays. Si Blaise Compaoré choisi Laurent Gbagbo, il s’opposera donc à la Communauté internationale. Ce qui ne l’arrange pas. Walaye, il ne fait pas bon être à la place de Blaise Compaoré. Tout ce qu’il a fait n’a  donc servi à rien? Le Président Compaoré s’est vu accusé par ses compatriotes de plus résoudre les problèmes des autres pays que le sien. La Côte d’Ivoire est dans l’impasse et le Président du Faso se trouve face à un dilemme cornélien. Espérons que Henri Konan Bédié ne prête pas serment en tant que troisième Président.


Le peuple esclave du Burkina

Les Gourmantchés, vous connaissez ? Il s’agit d’un groupe ethnique de l’Est du Burkina Faso. Ce peuple est constitué de sous hommes situé à l’est du Burkina Faso. Ils se retrouvent dans des villes comme Fada N’Gourma, Bogandé etc. Méfiez vous des Gourmantché. Ce sont de véritables sauvages. Pour savoir pourquoi je les traite ainsi, lisez tout le billet.

 

Parenté à plaisanterie entre Peulh et Bobo (Damien Glez caricature)

Si vous ne lisez pas tout ce billet, vous ne comprendrez pas pourquoi j’écris tout ce qui suit sur les Gourmantché. Ces sauvages qui ne devraient pas faire partie intégrante de notre société. Si vous avez un ami Gourmantché, méfiez vous. Il est mauvais d’office. Comment les reconnaitre ? Facile. Ils ont toujours la tête d’un Gourmantché. Ils ont pour noms Thiombiano, Lompo, Tindano, Tankouano, Nadinga Ouoba (ou Woba) etc. Ces gens remplissent tous les défauts que renferme l’humanité. Mais Ouédraogo de Ouahigouya (ville au nord du Burkina), c’est toujours un bon nom.

Comme je le disais plus haut, les Gourmantché sont des sauvages. Ce qui rend leur intégration très compliquée. Figurez vous, ce peuple ne mange pas avec la main comme le font généralement les africains. Croyez vous qu’ils mangent avec les cuillères ou des fourchettes, ou des bâtons comme les Chinois ? Non, ils mangent avec leurs pieds ! Et pourtant, ils ne portent jamais de chaussures. Comme on aime le dire, plus gaou qu’un Gourmantché, tu meurs. Le gouvernement burkinabè a fait des efforts en voulant moderniser la ville de Fada N’gourma, considéré comme la capitale de ce peuple à l’occasion des festivités de l’indépendance du pays en 2008. Des feux tricolores, des panneaux de signalisations routières ont été installés. Les Gourmantché sont sortis, tous en familles, pour faire des photos de souvenir avec des panneaux de stop et les feux tricolores. Pourquoi ? Ils n’en avaient jamais vu de toute leur vie.

Les Gourmantchés sont des sorciers. Soyez prudent, si vous vous rendez dans la région de l’Est du Burkina. Tout le monde est sorcier la bas. On les appelle « les tapeurs de sable » parce qu’ils prétendent lire l’avenir grâce au sable. Voila pourquoi aucun touriste n’ose aller dans cette région du Burkina. Les Gourmantché sont le seul peuple à manger alors que leurs enfants meurent de faim.

Les Gourmantché sont des esclaves. Plus précisément, esclaves des Yadsé, un autre groupe ethnique du nord Burkina dont je suis membre. Les Yadsé sont des hommes policés épris  de justice et de paix. Ils ont pour esclaves les Gourmantché. Si ces derniers sont acceptés dans la société burkinabè, c’est grâce aux Yadsé, un sous groupe des Mossi. Ils sont incapables de rien. Tenez-vous, l’un de leur ancêtre, Diaba Lompo leur chef, de retour d’une guerre, est  a grimpé sur un baobab pour se cacher en laissant ses sujets à la merci de ses ennemies. En voulant trafiquer l’histoire, les Gourmantché parlent de prouesse de leur chef Diaba Lompo qui serait monté sur le baobab avec son cheval. N’importe quoi.

Je sais que certains sont choqués par tout ce que je viens de débiter sur ces lignes. En réalité, il n’y a rien de sérieux à travers ces mots. Il s’agit d’une parenté à plaisanterie un moyen de « s’insulter », de se railler, se moquer sans conséquence. Rakiré chez les Mossi, sinankunya dans la région de Bobo Dioulasso, la parenté à plaisanterie est un facteur d’union, de consolidation de la société burkinabè.

« La parenté à plaisanterie, qu’est ce que c’est ?

La parenté à plaisanterie est un concept d’origine africaine (Burkina Faso, Mali, etc.) permettant d’éviter les conflits entre ethnies voisines. Le fonctionnement est le suivant : si une ethnie A a un lien de parenté à plaisanterie avec une ethnie B, les membres de l’ethnie A peuvent faire passer leurs griefs et reproches envers ceux de l’ethnie B par le biais de la plaisanterie. En revanche, ceux de l’ethnie B se doivent de les accueillir par le rire. Bien entendu, ce lien est à double sens.
La parenté à plaisanterie a par la suite été étendue à d’autres cas que le simple lien entre ethnies voisines. »  Source https://goddess-gate.com/dc2/index.php/post/166

La parenté à plaisanterie est un jeu verbal où les différents acteurs s’invectivent parfois avec violence. Souvent, on peut croire que les deux parents vont en venir aux mains. Jamais. Il s’agit d’une mise en scène. Il y a tout de même des limites dans ce jeu. Interdit de faire référence aux défauts physiques d’un parent à plaisanterie par exemple.

La parenté à plaisanterie est un ciment pour la société burkinabè. Selon certaines informations, un procès a été interrompu parce que l’un des plaignants s’était rendu compte que celui qu’il accusait d’avoir détourné son terrain était un parent à plaisanterie. Voila ce qu’il aurait affirmé « Je ne savais pas que j’avais à faire à un esclave. Je ne peux pas me rabaisser pour discuter d’égale avec une telle personne ». L’affaire était close. Les Gourmantché resteront d’éternels esclaves des Yadsé.

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Classico Barça # Real, ça se passe aussi à Ouagadougou

Le FC Barcelone a battu son grand rival le real de Madrid 5 à 0 à l’occasion de la 13ème journée. Ce derby était très attendu à Ouagadougou également. Depuis de nombreux jours, presque toutes les conversations tournaient autour du classico. Ouagadougou a vibré au rythme  du classico.

Messi a pris le dessus sur Christiano Ronaldo

A 19 heures, j’attends mon ami Jean Baptiste en vain. 19 heures 30, pressé, je l’appelle sur  son téléphone. Il l’avait fermé. A ce moment, Je suis partagé entre aller chercher une « maison canal » ou « Canal+ » si vous voulez. A 19 heures 45 minutes, Jean Baptiste arrive enfin. Je me plains de son retard. Nous risquons de ne pas avoir de place pour poser nos vielles fesses. Il m’explique qu’il était en cours. Je prends le guidon de sa moto et au moment de démarrer, le char se trouve à plat. « Mon gars, débrouille toi. Moi je vais prendre le taxi ». Jean Baptiste me laisse seul, malgré mes menaces de laisser la moto à la merci des voleurs.

Il est 19 heures passé de 45 minutes environs. Je pousse la moto et je trouve un mécanicien sur l’avenue Charles de Gaules de Ouagadougou. « La nuit ça fait deux cents francs CFA» me dit le mécanicien. Le prix du collage double la nuit. Ce que j’avais oublié. Le mécano s’affairait sur une moto. Conséquence, je n’ai pas vu la première période de jeu et bien sûr, les deux premiers buts barcelonais.

Dès qu’il a fini.  J’enfourchais la moto et me mis à rouler à vive allure. J’ai repéré une « maison  Canal» à un kilomètres et non loin de l’avenue Charles de Gaulle. Arrivé dans cette « maison canal », qui, porte d’ailleurs le nom Canal+., je constatai qu’il n’avait presque plus de place. Une vraie marée humaine. Près de trois télés et les téléspectateurs  se retrouvent en trois groupes. A peine entrée « buuuuuuuuut » 53ème minutes, David Villa vient d’inscrire le troisième but des catalans. Des cris et des sauts de joie. La salle était acquise à la cause de Lionel Messi et ses camarades. On se croirait même dans un stade de football. Les supporters étaient habillés  en blanc, ou en  blaugrana. Certains avaient eu la place et comme beaucoup d’autres, je devais m’arrêter pour suivre le reste du match alors que j’ai payé 200 francs CFA au lieu de 100 comme d’habitude. Les commentaires allaient bon train, « Messiiiiiii va s’y fait la passe à Villa » etc. A la suite du 4ème but, barcelonais, un gaillard qui n’avait pas eu la place comme moi, sauta de toute sa force pour atterrir sur mon pied droit.  Il ne se rendit même pas compte qu’il avait piétiné quelqu’un.

A l’écran on avait une belle démonstration de football faites de passes courtes, de dribbles courts.

https://www.youtube.com/watch?v=LPntDALpHqc

Certains supporters du Real Madrid, ne tenant plus le coup quittèrent la salle. D’autres  restèrent dans la salle avec l’hypothétique espoir que leur équipe reviendrait dans le match. Espoir éteint dans les derniers instants de jeu par Jeffren qui venait à peine de rentrer. Cette fois-ci, la Maison Canal se vida des supporters du Real Madrid. « Mourihno n’a pas dis qu’il peut, il n’a qu’a faire on voir maintenant », «maintenant, le Real va nous respecter », «  vous là, ce n’est pas le Real qui a perdu hein, c’est Mourinho », « s’ils savaient qu’il n’allait pas jouer, ils n’avaient qu’à nous le dire, on allait signer forfait » « c’est l’arbitre qui les a aider sinon ils allaient prendre huit» s’exclamait les supporters du FC Barcelone.

Dehors, les supporter du Barça jubilaient et les coups de klaxon avaient envahi la ville. je suis rentré chez moi avec la moto de mon ami Jean Baptiste. Quand il aura besoin de ça il passera à la maison.

Je pensai en même temps à mon esclave Judicaël Gaël Lompo supporter inconditionnel du Real Madrid et qui se trouvait du côté de Koupéla une ville du Faso. Il allait surement passé une mauvaise nuit. Vous voulez surement savoir dans quel camp je suis. Non Je ne vous le dirais pas. Mais reconnaissons que le football est une véritable religion. Cette soirée a encore confirmer que le football est une véritable drogue au Faso.


Les désagréments du téléphone portable

(seraye gbich numero 548)

Le portable a changé nos modes de vie. Il est un couteau à double tranchant.  S’il permet de réduire les distances, il est à la base de nombreux désagréments. Ce n’est pas Mahamadi qui dira le contraire. Amie avec Mamounata depuis que celle-ci était petite et l’ayant vu grandir dans un village en Côte d’Ivoire, Mahamadi était heureux de retrouver Mamounata au Burkina Faso. Elle avait grandi et s’était déjà mariée. Elle invite chez elle son ancien grand frère du village, pour qu’il puisse connaitre son mari. Comme on le dit en Afrique  « on ne sait jamais ». Ils peuvent un jour se rencontrer en ville et se rendre service. Après une visite de courtoisie chez Mamounata et son  mari, Mahamadi est rentré tranquillement chez lui. Mais comme de par le passé, les plaisanteries entre lui et sa petite sœur et amie reprirent. Ils s’envoyaient des messages « provocateurs », moqueurs etc. mais amicaux. Un jour, Mahamadi envoie un message à Mamounata qui dormait en ce moment. Son mari trouva le message. Le contenu lui paru suspect. Il réveilla sa femme et lui demanda l’auteur. Malgré les explications de Mamounata, son mari pensa que sa femme sortait avec Mahamadi. Pourtant, le message était simplement amical. Le mari de Mamounata décida alors de la répudier. Elle fit appelle à son ami pour la sortir du pétrin dans lequel elle se trouvait.  « Ce jour la, il pleuvait mais moi je transpirais » se rappelle encore Mahamadi. Ce simple message selon lui a été la cause d’une mauvaise atmosphère dans le foyer, fait de suspicion, jusqu’à ce jour explique t-il. Depuis lors, il s’est interdit d’envoyer des messages à son ancienne amie ou même de l’appeler. Leur amitié en a pris un grand coup.

Le portable cause beaucoup d’autres désagréments. Il y a des personnes qui n’hésitent pas à vous biper à trois heures du matin alors que vous êtes en plein sommeil. Lorsque vous rappeler, ils vous répondent, « c’est juste un bonsoir » ou « j’ai pensé à toi et je te bipe ». En Afrique, lorsqu’on appelle ou bipe quelqu’un à cette heure, c’est qu’il y a un problème sérieux à résoudre. A la mosquée ou à l’église des fidèles laissent sonner leurs portables ce qui perturbant ainsi les autres. Lors de cérémonies malgré les recommandations, il arrive que des personnes laissent leur téléphone sonner au lieu de les placer en mode vibreur ou silencieux.

Le téléphone cellulaire est également appelé portable. Mais cet outil ne répond pas souvent à son nom. Les femmes sont accusées de ne jamais avoir leur téléphone portable en main. Toujours dans le sac. « Vous passer de longues heures à les appeler et elles ne décrochent pas  parce que le téléphone est dans leur sac comme si le cellulaire s’appelle « téléphone à sac » ». Voila ce qu’on entend souvent dire lorsqu’on parle de l’usage du téléphone portable.

« Il y a de ces jours, tu sors avec ta copine. Son téléphone sonne, elle se lève comme si a côté de toi y a pas de réseau ». Il en est de même pour les hommes, ces situations sont généralement suspectes.

Le téléphone portable même s’il rapproche les gens, reconnaissons quand même qu’il peut les diviser.