Boukari Ouédraogo

Retour des Etalons cadets de la Can 2011 au Rwanda : I-nou-bli-able !!!

Les étalons cadets du Burkina, champion d’Afrique de leur catégorie, sont rentrés du Rwanda le mardi 26 janvier 2011. Le public sportif burkinabè  (et non sportif) a réservé un accueille mémorable à leurs héros.

Les Étalons cadets du Burkina à la descente de l'avion

Difficile de circuler à Ouagadougou, le mardi 26 janvier 2011. Les Ouagalais et aussi des supporters venus d’autres villes ont envahis la capitale burkinabè pour accueillir les Étalons cadets, champion d’Afrique de football de leur catégorie depuis le samedi 22 janvier 2011 au Rwanda. Du jamais vu au Pays des hommes intègres.

Ivoiriens aux côtés des Burkinabè à l'aéroport de Ouagadougou

Aux environs de 13 heures 30, l’avion présidentiel atterrit sur à l’aéroport de l’aéroport international de Ouagadougou. L’encadrement technique des Étalons avec à sa tête l’entraineur Rui Viera fait le premier son apparition. Ce groupe sera suivi quelques minutes après par celui des joueurs. Le capitaine de cette formation brandit le trophée sous les applaudissements d’une centaine de personnes composé d’autorités politiques, de supporters, des encadreurs de centres de formation de football, de journalistes etc.

Dehors, des milliers de supporters attendent la sortie des héros de Kigali (capitale du Rwanda). Des ressortissants de pays de l’Afrique de l’ouest ont également fait le déplacement. Lorsque les Étalons cadets sortent de l’aéroport, c’est l’hystérie générale. Ils sont acclamés par les supporters qui tentent à tout prix de les toucher. La sécurité veille sur ces enfants prodiges. Une dame néanmoins, réussi à se déjouer la vigilance de la sécurité et prend Bertrand Traoré, la star de l’équipe dans ses bras. Un moment émouvant.

A moto, pour dire merci aux Étalons

Le cortège quitte l’aéroport internationale de Ouagadougou, vers 16 heures, longe la Zone d’Activités commerciale et administrative (ZACA) (quartier Koulouba), passe par l’avenue Kwamé N’krumah jusqu’au rond point des Nations Unis. Le cortège se dirige ensuite vers la place de la nation (en plein centre ville) où il fait une pause. Une occasion pour les Étalons cadets de présenter le trophée au plus grand nombre de Burkinabè.

Après la place de nation, le cortège quitte l’avenue Bassawarga, en passant par celui portant le nom Pascal Zagré puis France-Afrique pour se diriger au palais présidentiel. Les champions d’Afrique sont salués par une foule amassée au bord des voies et habillés en rouge, vert et jaune, les couleurs figurant sur le drapeau national.

Sur des motos, des jeunes slaloms sur le goudron tandis que d’autres roulent à plein vitesse au son des klaxons. D’autres supporters sur leurs chevaux accompagnent le cortège à Kossyam, quartier où se trouve le palais du président du Faso.

19 heures passé de 20 minutes, le cortège arrive au Palais présidentielle. Pour la première, presque toute la ville de Ouagadougou s’est retrouvé au palais présidentiels accueillis par la musique rendant hommage aux Étalons. Là, le capitaine de l’équipe cadette du Burkina a remis le trophée au Président Blaise Compaoré.


Il y a des moments qui rendent fier d’appartenir à une nation. C’est le cas de cette journée qui a connu une mobilisation générale. Malgré la cherté de la vie et le chômage, les Burkinabè ont oublié pour un instant tous leurs problèmes. Comme le disait quelqu’un, même ceux qui n’aiment pas le football était se sont mobilisés ce jour là.


Saint Sylvestre à Ouagadougou, les 3B (Bière, Brochettes, Bagarre) à l’honneur.

Feux d'artifice mais aussi 3B

31 décembre, dernier jour de l’an, un jour de ferveur aux quatre coins du monde. La Saint Sylvestre, une fête à ne rater sous aucun prétexte. Les maquis (débits de boissons) sont des lieux de convergence pour la majorité des fêtards. 22 heures au Stade de France l’un des bars les plus populaires de Ouagadougou. A l’entrée, des bouchers, le couteau à la main, découpent du mouton et du poulet. Les commandes affluent. Cette nuit du réveillon est une aubaine pour ces libéraux, qui contrairement aux autres, ne feront pas la fête en se trémoussant autour de jolies demoiselles. Sur toutes les tables, des morceaux de viande en quantités impressionnantes. Pas de repos pour les mâchoires.

Musulmans, chrétiens ou animistes, la bière coule à flot. On ne pourrait s’imaginer un 31 sans bière. Boire, boire, boire et danser le « tango tango », la danse du soulard au rythme de « Bonne année » du groupe As Dj. Manger, boire, voilà le symbole que revêt la Saint Sylvestre à Ouagadougou.

Quelques minutes avant 00h au Stade de France, les disques se succédaient sur les platines des Dj. Sur la piste des demoiselles DVD (Dos et Vendre Dehors), CD (Cul Dehors), ou VCD (Vendre et Cul Dehors) (elles sont appelées ainsi pour leur habillement extravagant) mais aussi des filles bien habillées. Avec leur cavalier elles se laissaient aller au rythme de la musique. Dans une telle ferveur, le cri d’une jeune fille interrompit la fête de façon soudaine. Elle était au centre d’une bagarre entre deux jeunes hommes totalement saoul. L’un d’eux estimait avoir été cocufié par sa dulcinée. Après lui avoir acheté tout le nécessaire pour la fête, elle l’a plaqué pour un autre. Ayant découvert la supercherie il a décidé de se venger en lui reprenant tout ce qu’il lui avait offert. A la fin, le résultat était stupéfiant, la jeune fille était toute nue en pleine rue. Tout ce qu’elle portait était du jeune homme. Son amant du soir, tenant à peine sur ses deux pieds, a tenté tant bien que mal de s’y opposer mais sans résultats. C’est souvent ainsi. Après avoir dévoré les brochettes, manger les brochettes, place à la bagarre et aussi au bordel.


La défense en ligne

La défense en ligne est l’un des meilleurs moyens pour prendre à défaut un attaquant en position de hors jeu, qu’il soit Samuel Eto’o Fils quatre fois ballon d’or africain, Lionel Messi considéré comme le meilleur joueur du monde, ballon d’Or France Football et Ballon d’Or Fifa (la nouvelle formule) se font souvent prendre. Même l’Italien Phillipo Inzaghi qui déjoue assez aisément ce piège n’échappe pas toujours à la vigilance des arbitres. La défense en ligne a fait ses preuves. Une entente parfaite entre les défenseurs d’une même équipe de football est la clef de son succès.

Beaucoup de lecteurs pensent bien connaitre la défense en ligne, le football étant pratiquer aux quatre coins du globe. L’efficacité de ce système a séduit si bien que sa renommée a fait lui a valu d’être transféré dans les salles d’examens au Burkina Faso. Un aperçu technique :

Première étape, la constitution d’une équipe.

Des candidats passent une attente. Ensemble, ils préparent normalement les examens avec les documents qu’ils trouvent sur le marché. C’est le stage de préparation ou l’entrainement. On y peaufine toutes les stratégies qui seront mises en application pendant le match.

Deuxième étape, les phases de qualifications.

Les candidats déposent ensemble et le même jour leur dossier afin d’avoir les numéros de récépissé successifs. Les numéros étant attribués par ordre d’arriver et les places déterminées par rapport au même principe, les candidats sont assurés de jouer dans le même camp. Dans la même salle les candidats occupent parfois la même table la voire toute la ranger.

Troisième et dernière étape : la compétition

Lorsque les sujets de composition arrivent, c’est tout le groupe qui se serre les coudes. Les sujets sont traités comme un seul homme. Les candidats font circuler les bouts de feuilles. La complicité est de rigueur et le travail d’équipe indispensable à la victoire finale.

Cette approche tout à fait insolite pendant les examens et concours au Burkina Faso à fait ses preuves.  Et les autorités en charge de l’organisation de ces recrutements ont mis du temps avant de comprendre le subterfuge.

Une fois la stratégie décelée, elles ont mis en place un plan de contre attaque. La tactique est toute simple mais efficace : isoler les coéquipiers en les installant non plus par ordre d’inscription mais plutôt par ordre alphabétique. Ainsi un jeune villageois venu de Dori, (une localité à l’extrême nord du Burkina Faso), peut se retrouver sur le même banc qu’un ressortissant de Bobo Dioulasso, la capitale économique située à l’Ouest du pays. Etant de parfaits inconnus l’un pour l’autre et l’absence de confiance aidant les deux candidats ne peuvent pas travailler ensemble car le contexte laisse peut de place à l’improvisation. Des coéquipiers qui ne se connaissent pas et qui s’alignent dans une équipe ont 90% de chances d’échouer.

10% de chance de réussite, c’est peu mais suffisant pour les braves candidats aux examens et concours de la fonction publique burkinabè. Désormais plus besoin de se connaitre pour pratiquer la défense en ligne. En professionnels, ce handicap est vite surmonté : ce n’est qu’une question d’expérience. L’entente est automatique.

Le succès de cette technique à séduit au-delà des salles d’examens et de concours pour gagner les étudiants de l’Université de Ouagadougou. Là, l’approche très similaire connait néanmoins quelques réaménagements pour l’adapter au contexte. En troisième année de Sciences Juridiques et Politique (SJP) communément appelée Droit, quelques étudiants témoignent. A une dizaine, ils se distribuent les postes. La tactique est simple : pour un devoir, le cours est reparti entre les membres du groupe. Pendant la phase préparatoire, chacun se spécialise pour les parties (les chapitres) qui lui ont été confiées par l’ensemble de l’équipe sans se préoccuper des autres parties. Pendant le devoir, chaque membre de l’équipe traite les questions relatives à sa partie et fait passer le sujet traité aux autres et le tour est joué. La bonne maitrise de son domaine et la circulation des sujets traités est le secret du succès.

Vous parlerez peut-être de tricherie : ici on ne voit pas cela de la sorte. On parle tout simplement de défense en ligne. Et comme ça que certains obtiennent leurs diplômes et des postes au pays des hommes intègres.


Soutiens-gorge «yougou yougou» climatisés

soutiens-gorges "yougou yougou"

Le sujet d’un de mes précédents précédents billet portait sur les « poulets mesdemoiselles », « poulets bicyclettes » à Ouagadougou à l’occasion de la Saint Sylvestre. Cette fois-ci, il sera question des soutiens-gorge « yougou yougou » climatisés. Avant cela, ce billet est né de concert avec une amie blogueuse Yabil Coulibaly membre de Mondoblog. Après avoir fait connaissance, nous avons décidé d’écrire des billets sur un sujet commun comme l’ont proposé Cédric Kalounji, Simon Decreuze et Ziad Maalouf, encadreurs du projet Mondoblog. Son billet à elle c’est  Des habits Europe au revoir pour le 31. Pour les nouveaux lecteurs du Messager d’Afrique, Mondoblog est un projet de Radio France Internationale (RFI) dont l’objectif est de créer une blogosphère francophone dynamique. La candidature de celui-ci a été acceptée.

Un vendeur de soutiens-gorges

Le commerce des soutiens-gorge « yougou yougou » est le métier d’un jeune homme du nom de Madi installé à une dizaine de mètres du grand marché de Ouagadougou Rood Wooko. « Yougou yougou » est une expression de l’Afrique de l’Ouest pour designer les friperies. S’il s’agissait de voitures, on aurait parlé de « France Au Revoir » ou de « Belgique Merci ».

Sac en main, en « tissu pagne », Edwige, une demoiselle de 25 ans environ, fouille un tas de soutiens gorge entassés sur une bâche posée à terre. D’autres sont accrochés au mur. Elle tourne et retourne mais ne semble pas trouver son goût. Madi, le vendeur essaie de convaincre la demoiselle de faire un choix car « ses soutiens-gorges sont climatisés ». Ce qui arrache un sourire à Edwige qui feint de ne pas entendre les propos du commerçant. « Vrai vrai là ma sœur, ces soutiens là sont climatisés. Choisis un seulement et toi tu vas me dire ça plus prochainement ». Il en prend un au hasard qu’il montre à sa cliente. « Regardez ça. Je suis sur que ça vous va bien ». Soutiens-gorge climatisés ! J’étais vraiment surpris mais connaissant la supercherie des commerçants, je compris vite qu’il n’y avait aucune vérité dans ce qu’il disait. Madi ne désarme  pas.  Pour convaincre, il fait comprendre que ses soutiens-gorges permettent de rendre les seins plus fermes et plus doux.

Après plusieurs fouilles, Edwige finit par faire un choix.  Celui qui de son point de vue pourra mieux mettre en valeur ses seins. Pour elle, si ces soutiens-gorge ne sont pas climatisés, ils sont tout de même de bonne qualité. C’est ce qui explique sa présence dans ce coin de vente « yougou yougou ». Elle estime que ces sous-vêtements venus d’Europe sont moins chers et meilleurs que certains vendus dans des magasins huppés de la capitale.

Les habits « yougou yougou » seraient-ils plutôt l’affaire des pauvres ? Certainement pas pour Edwige. Selon elle, toutes les filles s’habilleraient en « yougou yougou ». « Quand vous voyez vos petites gos s’habiller avec les habits « dernier cri » là, c’est dans les friperies» lance Edwige d’un air moqueur. Madi pense la même chose. Les pauvres selon ses explications, ne sont pas les seuls à s’habiller en « yougou yougou ». Les filles de toutes les catégories sociales, riches ou pauvres, élèves ou étudiantes, viennent se ravitailler les mercredis en général car les vêtements arrive ce jour là ou le mardi soir.

L’engouement des demoiselles pour ces habits venus de l’Europe s’explique par leur bas prix et leur originalité. Selon Madi, les soutiens-gorge les plus originaux, les meilleures marques, se trouvent dans les friperies.

Les « yougou yougou » seraient-ils les vieux vêtements dont se sont débarrassés les Européens. Madi n’est pas d’accord avec cette rumeur. Pour lui, ce sont des soutiens-gorge démodés en Europe qui sont ramenés au Burkina. Il assure d’ailleurs que ces sous-vêtements viennent souvent avec leurs emballages d’origine. Edwige confirme ces propos en notant que certains magasins achètent des « yougou yougou » pour les ré-emballer et les commercialiser. Les filles achèteraient des soutiens-gorge « yougou yougou » sans le savoir.


Cinquantenaire du Burkina : le soutien d’un malien


-Tu ne peux pas aller à Bobo et tu ne parles pas de ça dans ton blog

-Non c’est Ouaga qui m’intéresse

-Même si c’est Ouaga qui t’intéresse, un Ouagalais à Bobo pour le cinquantenaire de l’indépendance du Burkina, ça mérite un papier au moins…

Petit resumé d’une discussion avec un ami qui lecteur régulier des billets sur ce blog. L’appareil avec lequel j’ai pu capturer les images n’étant pas le mien, je n’ai pas pu récupérer les photos à temps.

Le 11 décembre 2010, le Burkina Faso a célébré les cinquante ans d son indépendance à Bobo Dioulasso la capitale économique du Burkina Faso. Défilés militaires et civils ont marqué principalement cette journée sur l’avenue Félix Houphouët Boigny de Bobo Dioulasso. L’attraction, ce jour là était également ce jeune malien sur la photo. Peint aux couleurs du Burkina, une jarre aux mêmes couleurs sur sa tête et le portrait du Président Blaise Compaoré en main, ce jeune malien sur la photo est venu apporter son soutien au peuple burkinabè pour la célébration de ses cinquante ans de d’indépendance. Son geste à attirer l’attention de nombreuses personnes qui ont salué son initiative. La veille au Stade Sangoulé Lamizana de Bobo Dioulasso et l’occasion de la finale du cinquantenaire qui a opposé le Burkina au Mali, ce malien habillé aux couleurs des deux pays à encourager les deux équipes preuve que l’unité de l’Afrique est possible.

Un malien aux couleurs du Burkina, c’est un malien dans la peau d’un burkinabè, c’est un signe que les Africains se sentent chez eux partout où ils vont. Cela devrait donner à réfléchir  aux dirigeants africains. Les peuples à la basse n’ont aucun problème entre eux. Il suffit d’une volonté politique que l’Union Africaine soit une réalité.