Boukari Ouédraogo

Bloguer dans un pays du sud : le cas du Burkina Faso

La pratique des blogs est en train de prendre de l’importance en Afrique. Malgré des tentatives, l’utilisation de cette nouvelle plateforme traine encore au Burkina Faso. Les blogs offrent pourtant de nouvelles opportunités qui pourraient accompagner le développement du Burkina.

 

 

 

(image sanctius.net)

 

 

 

 

Difficile de dire qui est le premier blogueur au Burkina Faso. Cependant, l’histoire retient que parmi les premiers, figurent des journalistes. Ces derniers se sont mis à la pratique des blogs à l’occasion d’une session de formation sur l’utilisation de nouvel outil, organisée au centre de presse et en collaboration avec Yam Poukri, une association spécialisée dans le domaine des technologies. Cette formation a eu lieu en 2005 à l’issue laquelle, les journalistes ont pu créer leurs premiers blogs. Il s’agit par exemple de Quophyblgueur aussi connu sous le nom du Le blog du 10sident de Koffi Amétépé, L’heure du temps de San Évariste Barro Journalisme engagé de Ramata Soré. Journaliste au journal L’événement, elle anime un autre blog du même titre Journalisme Engagé etc. Ces derniers peuvent être considérés comme les premiers blogueurs burkinabè. Deux d’entre eux ont été retenus pour parfaire leur formation à l’institut PANOS au Sénégal. Il s’agit de Ramata Soré et de Koffi Amétépé.

Le blog de Ramata de Soré semble avoir eu le plus de succès dû principalement à sa plume engagée. Plusieurs personnalités politiques se sont presque vues obliger d’apporter des droits de réponse sur des écrits les concernant. Ramata Soré alimente son blog d’articles non retenus dans le journal pour lequel elle travaille. Ensuite, certains de ses meilleurs articles sont repris ainsi que des productions de certains confrères. Quand à Koffi Amété, son blog n’a pas eu le succès comme celui de sa consœur. Mais, ce dernier s’est fait un nom à travers le le Blog de Barkbiiga (le blog de l’enfant béni) hébergé par le site d’information burkinabè Fasozine. Les analyses du blog de Baarkbiiga sont souvent reprises dans la revue de presse de la Radio France Internationale (RFI). Ce qui a fait la popularité de ce blogueur. Cependant, force est de reconnaitre que le blog de Baarkbiiga se confond avec une rubrique du site d’information Fasozine. Le lecteur non avisé ne se rend pas compte de la différence entre le blog et les autres rubriques. Koffi Amétépé est payé par Fasozine pour les billets qu’il produit.

Des jeunes s’intéressent

Aujourd’hui, quelques jeunes s’essaient à la pratique des blogs au Burkina Faso. Sport au Pluriel, le blog sport de la radio campus de Ouagadougou fait partie des plus consultés. Au départ, les initiateurs ont mis en place cette plateforme en voulant fonctionner comme un site d’information générale. L’abondance d’information sur le sport international, l’absence de site spécialisé sur le sport burkinabè et la concurrence de référencement avec des sites sports existantes déjà va conduire les initiateurs à se consacré uniquement au sport Burkinabè. Sport au Pluriel qui est également le nom d’une émission sportive sur radio campus, est considéré comme une référence par les amateurs de sports.

Le blog de Koffi Amétépé sur Fasozine

A côte de Sport au Pluriel Koundjoro Gabriel Kambou anime Info du Burkina. Ce blogueur publie des billets et souvent des vidéos dont les liens rédigent vers la webtv Droit Libre Tv. Justin Yarga anime Blog’August où il publie des chroniques, des analyses, des éléments de compte rendu. Ce blog se veut engager. A l’occasion du lancement du concours mondoblog où 100 jeunes blogueurs de l’espace francophone ont été choisis pour parler de leur ville, des Burkinabè y ont participé et Coulibaly Yabil Félicité fait partir de ces blogueurs (C’est également à cette occasion qu’est né ce blog le messager d’Afrique). Son blog Sources et Ressources s’intéresse à la culture et aux traditions africaines et burkinabè en particulier, aux droits de l’enfant. Yabil Félicité Coulibaly jette souvent un regard critique sur la politique africaine.

Malheureusement, les blogs burkinabè manquent d’originalité se confondant presque au site d’information générale. En faisant la même que ce qui existe, ces blogs ont de fortes chances de bénéficier d’un faible lectorat, qui prendra à peine le temps de lire les billets.


Le faible débit d’internet comme blocage de la pratique des blogs


La faiblesse de la blogosphère burkinabè s’explique en grande partie par la qualité du débit d’internet. Même si les coûts de connexion ont baissé, il se trouve qu’un internaute peut passer plus d’une heure pour télécharger une seul photo dans un cyber. Ce qui décourage souvent les blogueurs. Ceux qui commencent sont rapidement découragés. Voilà pourquoi au bout de six mois, des blogueurs se découragent. Ce n’est que dans les principales villes du pays que la connexion est vraiment disponible avec un débit plus ou moins acceptable. L’électricité n’est pas disponible dans les villages reculés. Alors l’accès à internet devient plus complexe surtout pour une population à majorité analphabète. Ils ignorent souvent tout des nouvelles technologies.

Le manque d’appareils est également l’une des difficultés pour ceux qui veulent bloguer. L’ordinateur portable est un luxe. Même dans certaines rédactions, il n’y a souvent que deux ordinateurs pour une dizaine de journalistes. Si l’on tient compte du fait que l’un est uniquement consacré au montage, alors il n’y a qu’un ordinateur pour dix journalistes. Peu de personnes possèdent un appareil photo, trop chères pour les Burkinabè qui ont d’autres priorités.
Cependant, même s’il y a de la volonté, il faut compter aussi avec la paresse. Certaines personnes disposent du matériel nécessaire pour produire du texte, des images et du son mais ne sont pas assez motivés pour alimenter le blog. Ce qui est dommage car la plupart ignore les avantages que cela peut rapporter. « Ça ne pait pas » vous lancent certains.
Si presque tous les journaux burkinabè possèdent un site internet, aucun ne propose la création de blog. Si c’était le cas, cela aurait permis à certains lecteurs de créer un blog quand on considère les commentaires laissés souvent sur les sites.

Bloguer, une opportunité

Pourtant, internet et les blogs sont une opportunité. Dans un contexte où l’accès aux médias traditionnels relève d’un parcours de combattant, les populations peuvent trouver au blog un moyen de s’exprimer. Ce qui devrait contribuer à l’amélioration de la liberté d’expression et de permettre à ceux qui ne peuvent pas se faire entendre dans les journaux de faire faire savoir leur point de vue. Les journaux traditionnels consacrent leur compte rendu et reportage sur les faits et les hommes politiques oubliant le public, principal concerné.

Au delà des blogs d’opinion, cet outil peut permettre, aux acteurs du secteur informel de faire découvrir leurs activités. Le blog pourrait donc servir de support publicitaire pour ces derniers. Les artisanats en seront les plus grands bénéficiaires surtout que ce secteur est bien développé au Burkina Faso. Il peut aussi servir de plateforme de promotion de sa ville. Le blog Burkina Faso : Chroniques de Koudougou vise cet objectif. L’auteur veut faire connaitre Koudougou : « Une petite ville dont on ne parle jamais, nichée au sein d’un pays dont on ne parle pas davantage… Pourtant, c’est là qu’est l’Afrique : dans son quotidien. Des gens, des lieux, des anecdotes, des images, voilà ce que je vous propose, loin, je l’espère, des clichés médiatiques ». Le dernier billet date de 2009.

En réalité, il peut même servir les populations rurales. Dans le cadre de l’alphabétisation en langues nationales, internet peut servir d’outil pour accompagner cette initiative. Avec des groupes électrogènes, l’on peut permettre à ces derniers d’avoir accès au réseau et de leur demandé de rédiger des billets sur différents sujets : la manière dont elles ont passé leur journée, donné leur point de vue sur des faits sociaux, des cultures ancestrales, partager leurs expériences dans plusieurs domaines, rédiger des contes qui pourront permettre plus tard de produire des livres etc. Tout cela en langue nationale. Cela peut permettre à ces populations qui après les campagnes d’alphabétisations sont laissées à elles mêmes sans bénéficier d’outils pour se perfectionner. Ces genres d’initiatives peuvent s’inspirer des projections vidéo publiques pratiquées souvent dans les villages.

Les blogs peuvent aussi servir de moyens d’éducation aux médias pour les élèves, de sensibilisation, des sources d’informations etc.
Même si les blogs laissent une grande marge de liberté, n’en demeure pas moins qu’ils peuvent constituer des dangers s’ils sont mal utilisés. Certains s’en servir comme un moyen de désinformation, de diffamation etc. surtout qu’il n’est pas contrôlé par le conseil supérieur de l’information (CSC) du Burkina. Ce qui est aussi l’un de ses avantages.
Malgré cela, les blogs sont une chance pour le Burkina Faso et ces derniers devraient s’en servir.


Florence Bazoum : meilleure (2011) pratiquante de kung fu au Burkina

Chaque année, les journalistes sportifs burkinabè réunis au sein de l’association des journalistes sportifs du Burkina (AJSB) élisent les meilleurs dans leur discipline respective. Cette année, le titre de meilleure pratiquante de kung fu wushu est revenu Florence Bazoum. Cette demoiselle a survolé le championnat national. Elle est également la première fille ceinture noire de cet art martial au Burkina Faso.

Florence Bazoum

Lorsqu’on parle du kung fu wushu, on pense d’abord aux films chinois mettant en scène des acteurs tels que Jet Li, Jackie Chan, Bruce Lee etc. Cet art martial s’est exporté et trouve des pratiquants au Burkina Faso. De jeunes burkinabè ont adopté le kung fu wushu. Florence Bazoum, élève en classe de 3ème s’est faite mordre par le virus de cet art martial au point de devenir l’une des meilleurs pratiquants dans son pays. Cette année (2011), elle a été désignée meilleure pratiquante du kung fu wushu par les journalistes sportifs.

Né en 1986, Florence Bazoum a commencé les arts martiaux lors d’une causerie : « j’étais avec un ami qui me disait que j’étais assez forte. Il m’a donc proposé de faire du sport pour diminuer mon poids. Je lui ai dit que je voulais faire des arts martiaux. C’est lui qui m’a informé que sa sœur faisait du kung fu à l’Université de Ouagadougou. J’ai donc décidé de faire comme elle » se souvient Florence. C’était en 2004. Dès ses premiers pas, Florence est séduite par cet art martial : « je suis d’abord allée voir comment cela se passait et la posture basse m’a plu tout de suite. C’est ainsi que j’ai décidé de pratiquer le kung fu wushu ». Elle intègre donc l’Unversité Club de Ouagadougou. Grâce à son abnégation et sa combativité, Florence Bazoum deviendra l’une des meilleurs ou plutôt la meilleure dans cette discipline.

Premier championnat, premières médailles d’or

Depuis, la jeune fille n’a cessé d’engranger des lauriers en remportant de nombreuses médailles d’or pendant les compétitions nationales. Lors du championnat 2011, Florence Bazoum s’est illustrée en arrachant trois médailles d’or en Taï chi chuan, (une sorte de gymnastique du kung fu wushu), en arme courte et en technique moderne. En combat, elle se contente d’une médaille de bronze. « Je ne suis pas déçue pour la médaille d’argent en combat. En principe, je ne devais pas combattre avec mon adversaire car nous n’étions pas de la même catégorie de poids» fait-elle savoir. Florence est de la catégorie des 52 kg tandis que son adversaire est issue de celle des 75 kg. Obligée de combattre, elle perdra tout naturellement la médaille d’or pour se contenter du bronze. Mais ses performances ont retenu l’attention des spécialistes du kung fu wushu d’où d’ailleurs, le titre de meilleure pratiquante de l’année.

En 2008, Florence participe pour la première fois au championnat national de kung fu wushu. La jeune shaolin collectionne les médailles. Elle remporte deux médailles d’or, une en technique moderne et une autre en taï chi chuan en plus d’une médaille d’argent en démonstration par équipe. L’année suivante, Florence est championne en taï chi chuan et en armes mais perd le titre en technique moderne, se classant comme vice-championne. Elle se rachète l’année suivante (2010) et rafle trois médailles d’or (en taï chu chuan, en armes et techniques modernes) avant de confirmer son talent cette année. Florence a engrangé en tous, une quinzaine de médailles depuis le début de sa carrière.

Première dame ceinture noire du Burkina

Le succès de Florence Bazoum s’explique par son talent mais aussi par sa passion et sa détermination. Hormis les jours d’entrainements, la shaolin s’exerce avec des amis à « La forêt », un espace situé non loin de son quartier. Au delà de ses titres, de championne du Burkina, Florence Bazoum est devenue depuis août 2011, la première femme ceinture noire en kung fu wushu au Burkina Faso. Mais cela ne lui monte pas à la tête. Réservée, elle confie que la plupart de ses camarades de classes ne sait pas qu’elle pratique cet art martial.

La championne burkinabè dépense beaucoup en énergie et en argent pour pratiquer son sport préférer. « Dans le championnat burkinabè, une médaille d’or ne rapporte que 7000 francs CFA. Même si tu remportes trois médailles, tu ne gagnes pas grand-chose par rapport à tes dépenses ». Mais, ce n’est pas cet aspect qui l’intéresse : « je suis venu au kung fu wushu par passion. Donc, je ne me pose pas de questions sur ce que je gagne comme argent » confie Florence. Son rêve est de participer est un jour aux compétitions africains afin se mesurer aux meilleurs du continent et représenter valablement son pays. C’est ce qui lui manque pour encore progresser. Avec sa détermination, Florence Bazoum pourra un jour se mesurer aux meilleurs. La balle est dans le camp de la fédération burkinabè de kung fu wushu qui devrait songer à l’engager aux compétitions africaines et internationales.


Habibata Gansgné, la seule femme conductrice de taxi à Ouaga

Certains métiers semblent être destinés uniquement aux hommes. Cependant, certaines femmes ont décidé de briser ces barrières, ces croyances pour s’adonner aux métiers dits d’hommes. Après le portrait de  la seule cireuse à Ouagadougou Virginie Mireille Zerbo, je vous présente celui de Habibata Gansgné plus connue sous le nom de Biba, la seule  « taximwomen »(conductrice de taxi) de la capitale burkinabè.


Biba la seule conductrice de taxi à Ouaga

Agée de 25 ans, rien ne prédestinait Habibata Gansgné dite « Biba » à devenir « taxiwomen ». Derrière sous sourire enjôleur, son air taquin se cache une fille dévouée et passionnée parce ce qu’elle a envie de faire. N’ayant pas eu la chance d’aller au collège, Biba s’est d’abord formée à la couture avant d’embrasser son nouveau métier. Mais sur un coup de tête elle décida, il y a deux ans (2009) de conduire de taxi. « J’ai pris cette décision parce qu’après les périodes de fêtes, la couture ne marchait plus. Je voulais faire quelque chose qui allait me procurer des revenus pendant toute l’année ». Biba passionnée du volant avait d’ailleurs passé le permis de conduire. Grâce à un ami gérant d’une compagnie de taxi, elle se procura une voiture. Cette voiture peinte en rouge et rose est facilement reconnaissable. «  Mais avant, j’ai fait un tour des hôtels de Ouaga pour leur faire part de mon idée. Ensuite, je suis allée voir le président du syndicat des taximen de Ouaga pour bénéficier de son soutien et ses conseils» souligne Biba. Ce dernier n’était pas convaincu de la capacité de la jeune fille. Il lui conseilla de faire autre chose : « Biba, ce n’est pas un métier facile. Tu ne pourras pas» a répondu le président du syndicat des taximen de Ouaga. Sur insistance de la jeune fille, ce dernier donna son accord tout en lui promettant son soutien.

Regarder une femme conduire le taxi

La balle était désormais dans le camp de Biba qui bénéficiait du soutien de ceux qui allaient être bientôt ses collaborateurs. Avant de commencer, elle fit un peu le tour de Ouaga pour mieux connaitre la ville et son nouveau terrain de travail. Comme dans tout métier, le début ne fut pas facile pour elle. Parmi les difficultés, il y a d’abord l’ignorance du code par les usagers de la route. « Les gens roulent mal » affirment t-elle avec une pointe de déception. Il y a également eu une petite réticence des clients qui étaient étonnés de voir une femme conduire le taxi. Mais, tout cela était sans grande conséquence, rapidement rassurés par le sourire et l’air jovial de la « taxiwoman de Ouaga ». Ce qui la faisait et continue de la faire sourire, c’est l’étonnement des jeunes filles lorsqu’elles la voient passer. « Je les entend souvent dire : « regarder une femme conduire le taxi ! Tout en me montrant du doigt».

Biba a conquis le cœur des Ouagalais. Le bouche à oreille à suffit pour faire sa publicité. « J’ai d’abord commencé mon travail en collaboration avec les hôtels qui m’appelaient pour transporter leurs clients qui étaient en majorité des étrangers ». La qualité de son service lui a valu la confiance de ses clients qui n’ont plus besoin de passer par l’hôtel pour appeler la jeune fille. Certains passent mon numéro à leurs amis qui m’appellent de temps en temps pour faire leurs courses. Cette confiance s’explique par sa ponctualité : «  c’est ce qui est le plus important dans mon métier. Si vous êtes chaque fois en retard, vos clients ne peuvent pas vous faire confiance » reconnait la jeune fille.

Seule femme pratiquant ce métier au Burkina Faso, Biba a réussit à bien s’intégrer et ses relations sont bonnes avec ses collègues avec qui elle discute souvent. Ils se proposent même des clients lorsque l’un en a trop. Si elle ne semble pas vouloir le dire, Biba semble bénéficier de la protection des taximen. D’ailleurs, elle reconnait que si elle a réussi à gagner sa place, c’est grâce à sa détermination, sa passion pour le métier mais surtout au soutien de ses collègues.

Ouaga-Bobo en taxi

Si les taximen n’ont pas l’habitude de quitter Ouagadougou, elle le fait souvent parce que ses clients qui sont souvent des étrangers (des hommes d’affaire, des touristes). Ces derniers souhaitent souvent quitter Ouagadougou. C’est ainsi qu’elle a déjà conduit son taxi dans des villes comme Bobo Dioulasso (+ de 300 km  au sud de Ouagadougou), Kaya (environs 100 km de Ouagadougou), etc.

En plus de son métier de « taxiwomen », Biba n’a pas oublié ses anciennes amours à savoir la couture. Même si elle n’est plus pratiquante, elle propose quand même de belles coupes à ses clients. Pour se faciliter la tâche, elle s’est fixée des horaires. Pour des raisons de sécurité elle arrête le boulot à 18 heures. Mais je peux travailler souvent jusqu’à 4 heures du matin. « Comme je travail avec les hôtels, il arrive que des clients veuillent prendre l’avion assez tard. Dans ce cas, je n’ai pas d’heure précise» confie t-elle avant d’ajouter « mais s’il s’agit d’un particulier que je ne connais pas, je lui propose un de mes collègues ».

Comment fait-elle pour se donner des moments de loisirs et de distractions ? Bien que travaillant à n’importe quelle heure, Biba fait remarquer qu’elle peut passer tout une semaine sans conduire lorsqu’elle fait une bonne moisson la semaine d’avant. Quelques fois, elle reste à la maison attendant des coups de fils de ses collaborateurs ou ses clients.

Beaucoup de filles souhaitent faire comme Biba mais comme elle le reconnait, ces dernières n’ont pas le courage de s’engager. Même si tout marche pour elle, la seule «taxiwoman de Ouaga » souhaite acquérir une voiture personnelle et créer sa propre compagnie.


Carnet de voyage au pays de la Teranga (hospitalité)

Ce blog le message d’Afrique est né grâce au concours Mondoblog organisé par l’Atelier des médias, une émission web-participative sur Radio France Internationale (RFI). Après six mois de pratique encadrer par les initiateurs parmi lesquels Cédric Kalonji, Ziad Maalouf et Simon Decreuze, je me suis rendu à Dakar, la capitale du Sénégal pour une formation.  Mon carnet de voyage.

Le point final du concours Mondoblog prévoyait une session de formation prévue à Dakar au Sénégal pour les uns et à Yaoundé au Cameroun pour d’autres. J’étais dans le groupe de Dakar. Après, l’annonce des résultats, nous devions préparer les documents (passeport, visa, carnet de vaccination etc.) avant de pouvoir effectuer le voyage. Heureusement, le Sénégal et le Burkina Faso sont membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Pour cela, une simple carte d’identité nationale permet de voyager dans les Etats membres de cet espace sans visa. C’est donc tranquillement que j’ai préparé mon départ pour le pays de la Terranga (Terranga signifie hospitalité en wolof, la langue la plus parlée au Sénégal). Pour plus de précaution, je me suis rendu au service d’immigration pour avoir au moins le carnet CEDEAO qui permet également de voyager en toute tranquillité dans les 16 pays membres de l’espace. Quelques contrôleurs zélés pourraient trouver prétexte pour me refouler si je ne l’avais pas. Ce document ne coûte que 1500 francs CFA (2 euros environs) de timbre plus deux photos dont le prix remonte à mille francs (1 euro environ). Un mois avant le voyage pour la capitale du Sénégal j’avais déjà mon billet d’avion. Il m’avait été envoyé dans ma boite électronique.

 

Des stagiaires en plein concentration

Le départ pour Dakar était programmé le dimanche 3 avril 2011 à 16 heures 20. Par précaution, je me suis rendu à l’aéroport 3 heures 30 minutes avant l’heure prévue pour le décollage. Mais, grande fut ma surprise lorsqu’en voulant me faire enregistré, un agent de police m’informe que l’avion en partance pour Dakar venait juste de décoller. Il était 13 heures 12 minutes. Je ne comprenais rien. Je lui présente mon billet d’avion ou l’heure du décollage était prévue pour 16 heures 30 mn. L’appel des passagers se faisait deux heures avant le décollage de l’avion (14 heures 30). Le vol a été avancé suite à une mutinerie de militaires qui avait forcé le gouvernement a décrété un couvre-feu. Pour cela, tous les vols vers Ouagadougou avaient été suspendus. Je n’ai pas eu la chance d’être prévenu du changement de programme. Je n’étais pas le seul. J’explique à l’agent de police que je devais prendre part à une formation organisée par Radio France Internationale. « Vous êtes journaliste? Bon attendez, je vais voir ce que je peux faire ». Paniqué, il essaya de m’arranger un autre vol mais ne put rien faire pour moi. Je sais que le simple fait d’avoir évoqué le nom de RFI a tourmenté l’agent de police. Deux passagers sont retournés furieux comme moi.

Ici, je suis à l'aéroport de Dakar

 

Après des discussions entre l’agence de voyage et les initiateurs du projet mondoblog, le départ fut reporté au mercredi 6 avril. C’était tard, mais je tenais à participer à cette formation. Ne serait-ce que pour une journée.

Mercredi 6 avril 2011. Cette fois-ci, le vol est prévu pour 13 heures. 4 heures avant, j’étais à l’aéroport pour éviter toute surprise désagréable. Cette fois-ci, tout se passa très bien. Je fus rejoins plus tard par un ami mondoblogeur, François Emako avec qui je devais me rendre à Dakar. Camerounais résident au Burkina pour des études, François n’a pu effectuer le déplacement attend pour des problèmes administratifs. Il fallait un visa parce qu’il n’était pas de l’espace CEDEAO. Il courrait toujours après ses papiers le mercredi matin. Le contrôle se passa très bien. Après 45 minutes d’attente, nous embarquâmes dans l’avion. Je ne vous cache pas que c’est la première fois. Forcement, on est un peu paniqué. Après les consignes de sécurité, le commandant de bord annonça le décollage.

J’étais à côté des hublots, ce qui me permettait de voir à travers. Plus l’avion montait dans le ciel, plus les maisons en dessous devenaient petites. Je vis Ouagadougou comme je le vois souvent sur une carte. Le moment magique du vol fut quand l’avion se trouva au dessus des nuages. Une beauté ! J n’avais jamais vu pareille clarté. La magnificence des nuages, blancs comme du coton éblouissait. Le ciel bleu était pur et fascinant.

Lorsque nous entrâmes dans le territoire malien, je vis un long serpent qui traversait le pays. Je ne voyais ni sa tête ni sa queue. Je pensai à un chemin de fer. Mais je demandais si une ligne de fer pouvait être aussi bien visible. Le Niger peut-être. En même temps, me vint en mémoire ce poème du guinéen Fodéba Keita

Chanson du Djoliba
Djoliba! Djoliba! Nom combien évocateur!
Descendu des derniers contreforts du Fouta-Djalon, tu viens t’associer, généreux et fécond, à la vie du paysan de Guinée.
C’est toi qui, à travers d’innombrables méandres, apportes discrètement à chacune de nos plaines
un message de Paix et de prospérité.

Dakar

Après une escale à Bamako, Air Burkina repris son vol pour Dakar. Pour mon premier voyage en avion, j’ai eu quelques frayeurs. J’avais souvent, l’impression que l’avion redescendait ou tombait avant de remonter rapidement. Tout cela ne me rassurait pas du tout. J’avais hâte de quitter cet appareil. L’avion arriva à Dakar avec un léger retard. Le commandant de bord annonça 25 degré!!! En quittant Ouagadougou, la température tournait autour de 30 degré. Nous avions connu pire la veille car le moi d’Avril est le mois le plus chaud au Burkina. Je n’étais pas d’accord avec le commandant de bord qui parlait de « beau temps ». A Ouagadougou, j’étais habitué à supporter une température de 35 à 43 degré et quand la température est à 25 degré, il faisait froid. Très froid même.

Effectivement, dès la descente, je sentis la fraicheur pénétrer mon corps. Je savais que j’allais vivre des moments difficiles. Dakar, est une ville côtière. Ce qui explique en partie la basse température à cette période de l’année. Après le contrôle des bagages, nous sortîmes de l’aéroport. Quelqu’un nous attendait avec une pancarte où étaient inscrits nos noms : Boukari, François. C’est lui qui nous conduit à l’hôtel. Nous avons attendu quelques minutes, le temps que reviennent les autres. Ils étaient en formation à l’Institut des Sciences et techniques de l’information (ISTIC) à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

L’espace Thialy, dans lequel nous avons logé est un beau cadre. Entouré d’arbres, l’on est réveillé chaque matin par des mélodieuses chansons des oiseaux. Apparemment certains n’ont apprécié, estimant que ces chants leur empêchaient de dormir.

La beauté de la ville de Dakar se trouve dans ses maisons construites en hauteur. J’ai pu faire le constat au moment de l’atterrissage. Ces constructions donnent une vue magnifique de la capitale sénégalaise depuis le ciel. Je sais que ce n’était rien par rapport à des villes comme Manhattan, Paris, Londres, Manchester etc. Par contre Ouagadougou vu de haut ressemble à un gros village. Ameth Dia, un autre blogueur a fait le même constat. D’après ses confidences à Saint Louis, chez lui, c’est le même constat. Dans les autres villes du pays, l’architecture n’est pas forcement la même.

Si Dakar est de mon point de vue mieux construit que Ouagadougou, je l’ai trouvé comparativement à Ouagadougou moins propre. Sous les échangeurs, des graffitis, des affiches de toutes sortes enlèvent un peu de la splendeur à la ville. Les affiches sont surtout des revendications et la principale réclamation, c’est l’électricité. En quelques jours, nous avons pu constater la fréquence des délestages au pays de Léopold Sedar Senghor. Quand je quittai Ouagadougou, les Burkinabè connaissaient des coupures fréquentes d’électricités mais les Dakarois vivaient pires.

A notre arrivée le mercredi soir avec quelques mondoblogeurs nous sommes allés en boite avec Cédric Kalonji et Simonn Decreuze, Ziad Maalouf ayant préféré resté chez à l’hôtel. Nous voulions danser mais aux environs de 23 heures mais le dancing était vide. Simon, Christelle et Salim sont allés jouer au billard.

Le taxi dans la capitale sénégalaise coûte  au minimum 1000 francs CFA pour une course. Quelques soit le nombre de passagers (5 maximum). Mais l’on peut payer plus en fonction de la distance. Le transport entre la boite de nuit et l’hôtel a coûté 3000 francs CFA. Je me demande si on n’a pas été berné. Les prix sont souvent triplés quand on a affaire à des touristes ou des étrangers. Mais fait important les taxis vous déposent là ou vous souhaitez. Ce qui n’est le cas à Ouagadougou où le taximan peut vous déposer souvent à un kilomètre de votre destination si vous n’habitez pas à côté du goudron. Pour vous déposer à votre domicile, il vous faut dépenser au minimum 500 Francs CFA. A Ouagadougou, le prix de base du taxi est de 200 francs CFA. De couleur verte au Burkina, ils sont jaunes à Dakar pour ce que j’ai pu constater.

Bien avant d’aller en boite, nous avons eu la chance de d’échanger autour de certains sujets parmi lesquels la question du visa. François Emako a eu beaucoup de mal pour quitter le Burkina. De nationalité camerounaise, il avait besoin d’un visa pour se rendre à Dakar. Il a mis du temps avant d’avoir ce sésame. Il a fallu la collaboration de son établissement les 2ie pour lui permettre d’avoir le visa.  Quelle ne fut pas ma surprise de constater les Français voulant se rendre au Sénégal n’ont pas besoin de visa. Le sens inverse n’est pas possible. Pourtant sans visa, un camerounais ne peut pas se rendre au Tchad. J’ai compris que la zone CEDEAO était bien en avance par rapport à l’Afrique centrale où pour aller d’un pays à un autre, il fallait avoir un visa. Alors quand est ce que ces frontières imaginaires tomberont ? Pour le moment, le rêve panafricain de Kwame N’Khruma était encore loin de se réaliser. Pour une question de visa, une simple volonté politique aurait suffit. Quand j’imagine que dans certains pays du continent, les Africains doivent payer des cartes de séjour, j’en ai honte.

Le lendemain Jeudi 7 avril 2011, François et moi avons eu la chance d’assister au moins à une journée de formation. Le programme du jour portait sur la titraille. La partie technique a été assurée dans la soirée par Ziad Maalouf et Simon Decreuze. Malgré le peu de temps, j’ai pu avec Shillo M. un jeune Congolais venu de la Russie, apprendre comment appliquer certaines fonctionnalités à mon blog. C’est lui qui m’a aidé à associé la page facebook du message d’Afrique au blog.

Bonne ambiance au restaurant, le photographe photographié

A midi, déjeuner à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Un grand établissement avec de jolis bâtiments. Rien qu’à voir la bibliothèque de loin, on avait envie d’y entrer. Ce qui m’a encore frappé, c’est la vente des documents à l’entrée de cette Université. La photocopie des romans de célèbres auteurs africains étaient vendus en grande quantité sur presque tous les étalages. Pourtant, j’étais sûr qu’il était écrit quelques parts dans ces documents « la photocopie tue le livre ». A Ouagadougou, les étudiants photocopient également les livres mais ils sont mais rarement vendus. Le restaurant de l’Université de Ouagadougou offrait de bons plats. Ce jour là, j’ai préféré mangé ce que je connaissais : le riz. Ce fut l’un des moments où je puis échanger avec des blogueurs sénégalais. Le principal sujet de discussion a porté sur les séries et les feuilletons bukinabè en l’occurrence « Commissariat de Tampy », une série comique policière réalisée par Missa Hébié appréciée en Afrique de l’Ouest. J’ai pu constater que mes amis Sénégalais appréciaient les séries burkinabè. Ils les connaissaient par cœur. Je me rappelle que l’un d’eux Abdoul Cissoko m’avait dit qu’il fallait qu’il regarde sa série avant de diner.

Le sujet favori de  Alou Diawara, blogueur malien étudiant à l’ISTIC portait sur le défunt président Thomas Sankara assassiné le 15 octobre 1987. En tous cas Diawara connaissait bien le guide de la révolution burkinabè. Il me confia qu’il avait beaucoup de documentation concernant cet homme. Quand j’essayais de dire quelque chose sur Sankara, il le savait déjà. Un mondoblogueur n’a pu effectuer le déplacement au Sénégal. Il s’agit de Suy Kahofy resté cloitré chez lui à cause des balles qui sifflaient dans son pays après la crise post-électorale en Côte d’Ivoire. Il en était d’ailleurs l’un des témoins privilégiés sur son blog, « la Côte d’Ivoire au jour le jour ». Comme Suy,  Deshommes de Haïti n’a pu faire le déplacement pour des raisons de visa.

Enregistrement Atélier Des médias avec des journalistes sénégalais

 

Le dernier jour de notre séjour au pays de Cheikh Anta Diop, nous avons passé l’après midi au centre culturelle français pour l’enregistrement de deux émissions. L’une avec les mondoblogueurs et l’autre avec des journalistes sénégalais travaillant sur la presse en ligne. Avant d’arrivée au Centre Culturelle français nous avons du traverser la ville et c’est là que je compris que le problème d’embouteillage que connaissait la capitale sénégalaise. On pouvait aurait passé facilement 30 à 40 minutes sans bouger tant les embouteillages sont énormes. Par endroit, des jeunes filles régulaient la circulation le sifflet à la bouche. Une bonne chose de mon point de vue. Elle me rappelait la brigade des volontaires dans la ville de Ouagadougou.

Enregistrement de l'émission Atélier Des médias au CCF
Une photo avant de se rendre au CESTI

Certains mondoblogueurs ont pu parler de leur expérience sur les pratiques des blogs. Il s’agit du Tchadien Azzaz Legeegdusud, du Malgache Guénolé (Guénolé était à Dakar avec sa compatriote Lalah) avec, du Malien Assaleck AG Tita et la Française du Pérou Christelle Bittner. Ensuite, nous nous sommes rendus chez l’ambassadeur de France au Sénégal. Une superbe villa située au bord de la mère offrant une belle vue, un paysage féérique. Arrêté devant le balcon, vous êtes caressé par la brise marine. L’ambassadeur avait la chance de vivre dans un endroit pareil. Je croyais que ces genres d’images ne se voyaient que dans les films. Nous y avons pris un apéritif avant de regagner l’espace Thialy. Tandis que certains avaient décidé de prendre la ville en otage, d’autres sont rentrés chez préparer leur voyage. Les vols de Salim, de Guénolé et de Lalah étaient devaient décoller un peu tôt. D’autres comme Arouna Ba le scientifique de Mondoblog , Basile Niane ou Ousmane Gueye n’avait pas à s’inquiéter. Ils étaient chez eux. Le Guinéen Alimou Sow continuait en Gambie tandis que son compatriote Fodé Kouyaté retournait au pays.

Photo de famille chez l'ambassadeur de France à Dakar
Belle vue depuis le domcile de l'ambassadeur de France au Sénégal

 

Après trois jours passés dans la capitale sénégalaise, François et moi avons regagné le Faso. A l’atterrissage à l’aéroport de Ouagadougou, c’est une incroyable bouffée chaleur qui m’a accueillit en sortant de l’avion. Il faisait près de 35degrés à Ouagadougou. Après une dizaine de minutes, j’étais heureux de retrouver la chaleur de mon pays avec l’impression d’avoir encore l’esprit plus ouvert.

Ces trois jours passés à Dakar avec des jeunes venus de plusieurs pays Tchad, France, Sénégal, Guinée Conakry, Mali a démontré que malgré nos différences, nous sommes tous les mêmes. J’espère qu’il y aura une saison 2 de Mondoblog pour me retrouver au milieu de jeunes venus d’autres régions et d’échanger sur nos modes de vie, nos coutumes, nos croyances etc. Tout cela, nous le faisons déjà sur la plateforme mais se rencontrer est encore meilleur.


Souké (Bobodioufs) : de videur de fosses sceptiques à star de télé

Souké est un comédien révélé grâce à la série télévisée les Bobodioufs. Avec son compère Sidiki, ils ont égaillé les téléspectateurs africains. Avant de devenir star du petit écran et du cinéma, Souké a d’abord été vidangeur, danseur etc., avant d’être aujourd’hui adulé par presque tous les téléspectateurs africains.

Souké (à droite) dans le film Clara (ph. Film Dromadaire)

Tout laissait bien penser que Souké, de son vrai nom Mahamoudou Tiendrebeogo deviendrait un grand humoriste. Depuis son enfance, il a toujours su égailler ses amis. C’est naturellement qu’il intègre la troupe théâtrale de son école primaire lorsqu’il était élève dans une école ivoirienne. Son humour décapant et son esprit de créativité séduisaient toujours pendant les représentations Comme il aime le raconter : « Une fois, j’étais au champ avec mon père et j’ai raconté une blague qui lui a fait pleurer de rire ».

C’est dans une cafète sur l’Avenue Kwame N’Khruma de Ouagadougou que nous rencontrons l’ancien comédien de la série Les Bobodioufs le compagnon de Sidiki. On ne sent pas le temps passé quand on est avec cet homme capable de vous faire rire aux larmes même quand il se met au sérieux. C’est tout naturellement que nous avons passé près de trois heures ensemble à bavarder. Avant de le rencontrer, il a d’abord pris son temps pour saluer tout ce qu’il rencontrait plaisantant avec certains. « C’est comme ça tous les jours » lance t-il. La rançon ou le devoir de la popularité. Ses débuts dans le cinéma remontent au début des années 2000 dans la série télévisée africaine « Au royaume d’Abou ». Mais c’est avec la série télévisée les Bobodioufs que le public francophone africain va découvrir ce comédien au talent incommensurable, né le 10 mai 1971 à Abidjan en Côte d’Ivoire. Avec son compère Sidiki, son cousin dans la série, les deux acteurs jouent le rôle de deux bouffons, naïfs vivants aux cheveux de leur oncle.qui à d’ailleurs du mal à les prendre en charge ces deux gloutons. Ils incarnent le rôle de deux villageois avec Souké qui pose généralement des lapins à son compère Sidiki. L’humour dégagé par ces deux acteurs va séduire les téléspectateurs africains. « Le réalisateur de la série les Bobodioufs s’est inspiré des plaisanteries entre moi et Sidiki sur le plateau de tournage du feuilleton « Au royaume d’Abou » pour réaliser ce film. Je taquinais beaucoup Sidiki et lorsque nous sommes arrivés sur le plateau, c’était tout à fait naturel » explique t-il. Souké a réussi à s’adapter facilement à ce rôle et à amuser les téléspectateurs parce qu’il jouait déjà le rôle de naïf dans sa troupe théâtrale. Parlant de troupe théâtrale, Souké n’a pas eu une vraie. Certains bobalais  (habitants de Bobo Dioulasso, deuxième ville du Burkina) qui le connaissait bien, contactait souvent le comédien pour jouer une pièce lors de certaines cérémonies. C’est à ce moment là qu’il réunissait des comédiens pour ses créations. Souké était également un bon danseur et pour ces qualités, il était invité à participer à des soirées d’ambiance.

L’entretien est ponctué d’anecdotes car le parcours de l’artiste n’a pas été si facile. « J’ai du gravir des échelons avant d’atteindre ce stade. Une fois, une femme m’a demandé de vider ses toilettes et je serai payé 4000 francs C FA ( soit 6 euros). Mais lorsque j’ai fini, elle a refusé de me remettre cet argent sous prétexte qu’elle que ce n’était pas la somme qu’elle m’avait proposé. Elle m’a remis  2000 C FA (3 euros)» raconte Souké se moquant presque de lui-même.

Souké précise qu’il s’est servi uniquement d’un sceau pour vider les fosses d’aisance

Accueilli comme un chef d’Etat

S’il est bien un comédien, Souké n’a pas fait de longues études. « J’ai quitté l’école en classe de CM2. Je n’ai donc pas le Certificat d’études Primaires ». Ce qui ne l’empêche pas d’écrire des scénarios pour ses prochains films. Le succès de Bobodiouf a permis à Souké et Sidiki de faire des voyages à l’extérieur :

« nous sommes allés au Congo après l’atterrissage, on a demandé aux passagers de descendre et aux Bobodioufs (Suké et Sidiki) de rester. J’avais peur mais lorsque nous avons quitté l’avion, j’ai été surpris du monde qui nous attendait dehors. Il  y avait des gardes de corps avec des Talkies-walkies qui dégageaient les lieux pour nous permettre de passer. Ce jour là, c’est le chauffeur personnel de Denis Sassou N’Guesso qui est venu nous chercher avec sa voiture personnel en lieu et place de l’immatriculation, il y avait le nom du chef d’Etat. Je croyais que c’est lui voyageait avant de me rendre compte que c’est nous qu’on accueillait en pompe » se souvient le comédien burkinabè. Il ajoute d’ailleurs : « même pour aller faire pipi, nous écoutions escortés. Je pense que si nos gardes de corps pouvaient le faire en notre place il l’aurait fait. Un jour, nous circulions lorsque nous avons été arrêtés par la police. Nous avons été obligés de demander pardon car des militaires s’étaient mis à déshabiller ces policiers ».

Photo souvenir avec Souké (droite)

Souké  est apprécié par tous ceux qui le connaissent personne parce qu’il accepte tout le monde. Voilà pourquoi certains le surnomment « Poubelle ». Une qualité dont il est fier.

La filmographie de Souké est riche. Il a participé a plusieurs longs métrages parmi lesquels « Quand les éléphants se battent » Abdoulaye Dao (2005), « Super flics »  de Aminata Diallo/Glez (2009), Omar et Charly (2010) et « Julie et Roméo » (2011) de Boubacar Diallo etc.,

Les téléspectateurs africains attendent toujours la série les Bobodioufs. Malheureusement, après un désaccord entre les comédiens et le réalisateur, cette série ne devrait plus voir le jour. Souké compte créer une série avec le même esprit intitulé « Les Gnafs Gnafs » toujours en compagnie de Sidiki. En plus de cela, il a déjà réalisé des films qui ne sont encore passé sur le petit écran. Il s’agit de « c’est pas toi, c’est moi » un film sur le maraboutage, « le prix à payer » qui traite de football, « le jardin d’Eden » une histoire d’amour etc.

Après près de 3 heures passées aux côtés de ce comédien, nous avons pu constater qu’il s’est aussi faire rire les gens hors des caméras.