Boukari Ouédraogo

Bonjour Monsieur le président du Faso !

C’est fait Monsieur Roch Marc Chrisitan Kaboré. Le peuple burkinabè vous a choisi comme président du Faso  pour cinq ans.  Il vous a élu avec 53,43 % des voix dès le premier tour, ce qui devrait mettre fin à une insurrection populaire qui a fait fuir le président Blaise Compaoré en octobre 2015. Vous aviez, dans les stades et les terrains de sports, crié votre compétence, vanté votre programme qui selon vous était le meilleur. Le peuple vous a élu. Mais certains doutent toujours de votre compétence à tort ou à raison. Plusieurs dossiers sont posés sur le bureau et n’attendent que vous.

#Roch_Marc_Christian Kaboré, Président du Faso Déclaration du président de la CENI.

Posté par Mouvement du peuple pour le progrès – MPP sur lundi 30 novembre 2015

Manger trois fois par jour. C’est le rêve de beaucoup de Burkinabè parce que dans votre pays, la cherté de la vie n’est plus un secret. Quand vous circulez et que vous tombez ces personnes en haillons, mendiants au niveau des feux tricolores, d’autres y passants la nuit, ils ne sont pas fous. Ils ont juste faim !

Dans mon village, certaines familles ne mangent que le soir venu parce que le grenier est vide après le mois de janvier. On ne peut plus compter sur la bonté du ciel, car les pluies se font de plus en plus rares. Les paysans ne peuvent plus aussi compter sur leurs enfants pour finir leurs vieux jours. Ils n’ont pas d’argent pour les envoyer dans les écoles sous paillote. Même les cotisations des associations des parents d’élèves (1000 francs F CFA), ils sont incapables de les payer tant la pauvreté est ambiante. Quand leurs enfants ont la chance d’arriver en classe et de dépasser la classe de CM2 c’est un casse-tête pour les parents. Dans le Sahel, au nord du pays, on préfère les envoyer garder les bœufs. L’école n’est plus un gage de réussite. Le niveau de l’enseignement a baissé. Ceux qui s’adonnent à ce métier ne le font pas par vocation. On ne pense plus qu’à son maigre salaire qu’on empochera à la fin du mois mais aussi à profiter des avantages du métier : enceinter ses élèves.

C’est souvent sur les tables-bancs de l’école que les filles, en lieu et place d’instruction et d’éducation, apprennent les vies de débauche. Elles terminent pour la plupart sur l’avenue Kouamé N’Khruma ou au Matata offrant leur jeunesse et leur fraicheur à des vieux grabataires pour de petits billets. Bonjour le SIDA !

Ceux qui malgré l’adversité arrivent à l’université, sont assurés d’avoir comme profession, chômeur. Autant les élèves sont fiers après l’obtention de leur Bac autant l’entrée à l’université surnommée Guantanamo, à cause de la dureté de ce monde fait peur. Sans bourse, la vie d’étudiant est un véritable chemin de croix : insuffisance des chambres dans les cités universitaires, manque d’amphithéâtres, insuffisance du personnel enseignant et leurs mauvaises conditions de travail, la mauvaise qualité du repas dans les restaurants universitaires, les difficultés de transport des étudiants, le contingentement des bourses, etc. La liste est longue. Il faut vous atteler à régler la crise universitaire. Et comme le dit l’autre, les Universités sont devenues des usines de chômeurs.

Pourquoi ? Parce qu’il faut frauder aux concours de la fonction publique pour espérer décrocher un emploi. Et pour quel salaire ? De toutes les façons mieux vaut vivre à crédit si on est fonctionnaire.

Ce n’est pas pour rien que tout le monde veut travailler dans le secteur privé. On a plus de chance quand on est du sexe féminin. En s’allongeant sur le canapé de l’employeur, le poste est garanti. Si on est garçon, il serait mieux d’avoir une sœur qui a des atouts. Le fonctionnaire qui réussit à payer ses factures est tout de même confronté à des problèmes de délestages et de coupures d’eau en période chaude.

Conséquence : tout le mois de mars est affronté avec peur par les Burkinabè. Dans certains quartiers, nos mamans sont souvent obligées de se taper des K.O pour avoir de l’eau à la borne-fontaine ou au robinet du quartier. Au village, elles doivent parcourir de longs kilomètres de chemins rocailleux pour obtenir de l’eau pas toujours potable.

C’est par là que tout commence. Avec le manque d’eau potable, nos populations sont soumises à toutes sortes de maladies. Quand on tombe malade au Burkina, il vaut mieux creuser sa tombe, car l’on risque de mourir avant d’arriver à l’hôpital. Il faut braver ces routes rocailleuses et souvent épineuses, pour arriver dans les centres de santé. Là encore, il faut faire face au manque de plateaux médicaux, l’insuffisance du personnel soignant, l’absence de pharmacie. Même quand ces pharmacies existent, nos parents n’ont pas assez d’argent pour régler les ordonnances. C’est pourquoi certains préfèrent se soigner chez le guérisseur du village ou font confiance à l’église pour soigner un simple palu.

Quand on a de la chance, l’infirmier du village vous trouve quelques comprimés de remplacement. Sinon, il vous envoie à des centaines de km de là. « Il faut aller en ville » tant le pays manque d’infrastructures sanitaires.

Simon Compaoré : « Il faut faire en sorte que le changement tant attendu par les uns et les autres soit au rendez-vous… »

Posté par Mouvement du peuple pour le progrès – MPP sur lundi 30 novembre 2015

Le peuple vous attend sur le chantier de la justice. Les 30 et 31 octobre 2014, des Burkinabè sont tombés pour faire partir le président Blaise Compaoré que vous connaissez bien. Au mois de septembre 2015, d’autres sont encore tombés sous les coups de balle du régiment de sécurité présidentielle (RSP). Les Burkinabè attendent que justice soit faite. Les Burkinabè attendent aussi que justice soit faite sur les dossiers Thomas Sankara, Dabo Boukari, Norbert Zongo. Ils souhaitent aussi que justice soit faite sur tous les crimes économiques et de sang qui ont émaillé les 27 ans de règne du président Blaise Compaoré. Justement Blaise Compaoré sera-t-il jugé ? Les Burkinabè attendent de savoir comment seront traitées toutes les affaires de détournement de parcelles et de conflits fonciers.

Les défis à relever sont immenses. C’est au pied du mur qu’on attend le vrai maçon. Certains qui digèrent mal votre élection mettront des peaux de banane sur votre chemin, d’autres de bonnes fois tenteront de vous aider. Mais si une maison est mal construite, ce n’est pas la faute aux ouvriers.


Putsch manqué au Burkina : Gilbert Diendéré aurait reçu 160 millions de F CFA

Le rapport de la commission d’enquête du putsch manqué du jeudi 16 septembre 2015 circule en ce moment sur internet. De ce rapport, il ressort que le coup d’Etat du 16 septembre 2015 a été planifié, des dirigeants de partis politiques sont impliqués et révèle que le général Gilbert Diendéré a reçu des soutiens extérieurs.

 

Le Coup d’Etat manqué du mercredi 16 septembre 2015 a été planifié. C’est la conclusion que tire le rapport supposé de la commission d’enquête qui circule ces derniers temps via Internet. Ce rapport révèle que la proclamation du coup d’Etat a été rédigée bien avant le mercredi 16 septembre 2015, date à laquelle les putschistes sont entrés en action. Après la prise en otage des ministres lors du conseil des ministres qui se tenait ce jour-là, le général Gilbert Diendéré aurait été le premier informé. C’est lui donc qui aurait informé la hiérarchie militaire et les autres membres du régiment de sécurité présidentielle. Par la suite, il a donc tout mis en œuvre pour justifier le coup d’Etat en avançant des mobiles sociaux politiques.

Ce rapport accuse le général Gilbert Diendéré d’avoir donné de la prise d’otages des membres du gouvernement le 15 septembre 2015. Ce dernier a pris la tête de la junte et a dissout les institutions de la Transition. Le rapport l’accuse d’avoir fait venir de la Côte d’Ivoire et du Togo des armes et un sac de voyage contenant de l’argent.

Gilbert Diendéré a reçu 160 millions de F CFA

Le général Gilbert Diendéré aurait bénéficié d’appuis extérieurs qui se manifestent en des cautions morales et politiques et la fourniture de matériels de maintien de l’ordre pour réprimer ceux qui manifestaient contre le coup d’Etat. « Il a refusé de donner l’origine de 160 000 000 F CFA qu’il dit avoir reçu des mains d’amis », souligne ce rapport. Djibril Bassolet aurait établi des connexions avec des forces étrangères pour soutenir le coup d’Etat et aurait aussi financé la résistance des militaires du RSP.

Le colonel Major Boureima Kéré aurait donné la première lecture du projet de proclamation du coup d’Etat devant la hiérarchie militaires et les médiateurs nationaux. C’est lui également qui aurait intimidé les aux jeunes officiers qui planifiaient la descente et leurs troupes sur Ouagadougou. C’est encore Kéré qui aurait organisé la mission hélicoptère pour aller récupérer le matériel de maintien de l’ordre et le sac de voyage contenant environs 50 millions de francs CFA à la frontière ivoiro-burkinabè.

Bamba a empoché 5 millions F CFA

Lors du coup d’Etat, l’une des personnalités les plus en vue est le porte-parole du Conseil national de la démocratie le médecin lieutenant-colonel Mamadou Bamba qui a lu les différents communiqués et a reçu la somme de 10 millions de francs CFA de la part de Gilbert Diendéré au domicile de ce dernier dont 5 millions de francs CFA pour lui-même et le restant pour le colonel Abdoul Karim Traoré. Ce rapport affirme que certains partis politiques ont ouvertement soutenu le coup d’Etat à travers des déclarations, des manifestations violences, des financements et activités diplomatiques.

Installée officiellement le 12 octobre 2015, la commission d’enquête avait 30 jours pour rendre son rapport. Les enquêtes ont entendu au total 124 personnes sur toute l’étendue du territoire. Les acteurs principaux de ce putsch sont, selon le rapport le général de Brigade Gilbert Diendéré, les adjudants-chefs Major Eloi Badiel, Moussa Nébié dit Rambo, Betamba Meda, les adjudants Jean Florent Akowé Nion, Koessé Ouekouri, les sergent-chef Roger Koussoubé dit le Touareg, Mahamado Bouda, Ali Sanou, Adama Diallo, les sergents Zacharia Sangotouan et le caporal Boureima Zoureima.

Le rapport constate plusieurs rebondissements dans ce coup de force raté avec l’entrée en jeu d’acteurs militaires, politiques, coutumiers et religieux qui ont mené des «tractations délicates et périlleuses ». Au plan interne, les négociations ont surtout été menées par la Commission de réflexion et d’appui aux décisions (CRAD) du ministère de la défense nationale et des anciens combattants appuyée par l’ancien chef d’Etat Jean-Baptiste Ouédraogo.

Le rapport révèle que la hiérarchie militaire a refusé de soutenir le coup de force. Ce qui a amené Gilbert Diendéré « a usé de manœuvre dilatoires pour maintenir les éléments de l’ex RSP à sa cause ».

Les médiations au niveau international ont été assurées essentiellement par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) accompagné de l’Union Européenne, de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et de certaines chancelleries. On constate que ce rapport ne revient sur les contenus et le déroulement de ces différentes négociations mais insiste sur le fait que : « L’Union Africaine pour sa part avait fermement condamné la tentative de coup d’Etat, en qualifiant ses auteurs de terroristes et en prenant des sanctions contre eux ».

La hiérarchie militaire égratignée

Resté laxiste, de jeunes officiers (même s’ils ne sont pas nommés) ont pris des initiatives pour une opération militaire contre les putschistes après l’appel au patriotisme des forces vives de la nation, le nombre croissant des victimes civiles et la frustration par rapport à l’ex RSP au sein de l’armée. La prise de responsabilité des jeunes officiers a été l’actuel décisif du début du dénouement heureux d’une crise qui allait entraîner une guerre civile.

Et pourtant, dans la nuit du mercredi 16 au jeudi 17 septembre 2015 la hiérarchie militaire a refusé d’assumer mais celle-ci a fait preuve d’ambivalence. « Si la hiérarchie militaire avait pu prendre des mesures non équivoques dès les premiers moments, conformes à son refus du coup d’Etat, les évènements n’auraient certainement pas connu le même cours», dit le rapport sans pour autant préciser quelle tournure les évènements auraient pris. Pris de cours par les jeunes officiers, la hiérarchie militaire a su se ressaisir.

12 morts, 211 blessés recensés

Il a fallu toutefois recourir à « l’assaut final » parce que les opérations de désarmement ont connu quelques difficultés à cause de certains éléments incontrôlés qui ont interrompu l’opération en cours. De nombreuses infractions ont été retenues contre les putschistes et leurs complices. Il s’agit entre autre de trahison, les actes terrorismes, complicité d’acte de terrorisme, enlèvement et séquestration, le complot militaire, la révolte, le refus d’obéissance, la violation de consignes. Selon ce rapport, douze personnes ont perdu la vie lors de ce putsch   avec 211 victimes de coups et blessures.

Le rapport oublie les résistants

Toutefois, ce rapport compte beaucoup d’insuffisances. Il n’apporte d’informations sur comment le coup d’Etat a été planifié, comment se sont déroulés les différentes négociations. Le plus grave, c’est que le rapport ne fait pas cas de la résistance organisée par la société civile sur le terrain. Ce qui aurait permis de mieux comprendre les motivations des putschistes. Les différentes complicités ne sont pas complètement définies. L’on ne voit pas clairement la part de responsabilité de ceux qui ont soutenu le coup d’Etat à travers des déclarations et autres actes.


Issaka Zampaligré : « Je propose qu’on mette Kossyam en location »

Le candidat indépendant Issaka Zampaligré était le deuxième invité de l’émission : « Un candidat, un programme » diffusée le dimanche 15 novembre 2015 sur les antennes de la télévision nationale du Burkina. Issaka Zampaligré bien qu’ayant du mal à convaincre les deux journalises sur son programme de société «Ensemble pour un Burkina de justice d’équité et de prospérité» proposent un système quelques fois un système innovant qui est une fusion entre les pratiques culturelles traditionnelles et modernes.

Issaka Zampaligré compte fusionner la justice traditionnelle et moderne
Issaka Zampaligré compte fusionner la justice traditionnelle et moderne

Gouvernance/ Justice: Le candidat Issaka Zampaligré est parti du constat qu’ «Un pays qui vit sans justice est voué à la guerre ». Il relève que les Burkinabè décrient une justice aux ordres de l’exécutif et corrompue etc. « Mon ambition c’est de faire en sorte que la justice revête ses traits de noblesse. Il faut revoir les moyens mis à la disposition de la justice », affirmé le candidat indépendant. Sur cette question l’inquiétude des deux journalistes Aissata Sankara et Galipe Somé se réside dans le fait que ce dernier ne prévoit pas la construction de tribunaux alors qu’il existe 24 au Burkina sur 45 prévus. Issa Zampaligré tranche avec plusieurs autres de ses concurrents en ne se basant pas sur la construction des infrastructures : « Si les juridictions sont mises à la disposition du public fonctionnaient bien et régulièrement, nous n’allons pas décrier les modes de gouvernance de la justice. C’est parce qu’aujourd’hui, la justice est vu comme un rempart de démons où les procès sont monnayés à coup d’argent ». Il dénonce une justice à deux ou même plusieurs vitesses qui créent une crise de confiance entre le justiciable et les juridictions. C’est pourquoi à ce niveau il pense qu’il faut renforcer l’assistanat gratuit de la part de l’Etat afin que tout justiciable dépourvu de moyens financiers puisse comprendre les mécanismes de la justice.

Jumeler les tribunaux traditionnels et modernes

En plus de cela, l’une de ses propositions est de jumeler la justice moderne et celle traditionnelle. Il relève qu’ «il  coexistent dans notre pays deux types de tribunaux. Il y a la chefferie traditionnelle qui arrange à longueur de journée des procès sous l’arbre à palabre des justiciables. Ils ne sont pas moins burkinabè que ceux qui sont en ville ». C’est pourquoi Zampaligré, chef de village de son état pense que la justice rendue par les chefs traditionnelles peuvent être un apport aux juridictions modernes. « Je compte utiliser ces canaux pour entrer dans le tissu du monde rural et permettre une sensibilisation et une formation de tous les citoyens », soutient Zampaligré. Il a d’ailleurs pris l’exemple du rôle joué par le Mogho Naba Baongho lors du coup d’Etat manqué du 16 septembre 2015 qui a permis d’éviter un affrontement. Il en a profité pour aborder la question de gouvernance pour lequel il pense qu’il faut responsabiliser chacun. «Quand on parle de gouvernance, on parle de responsabilisation » dans la politique, l’administration, la gestion des finances, comptabilité dépense de l’Etat pour plus de transparence.

Sur le sujet de la sécurité, Issaka Zampaligré compte recruter 20 mille gendarme et policiers parmi lesquels les 136 radiés en 2006 pendant la durée de son mandat. Pour lui ses radiés « réclamaient plus de justice sociale ». En plus de cela, Issaka Zampaligré compte sur la coopération sous régionale pour faire barrage aux frontières poreuses des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

A moins de 10 km de Ouagadougou, il y a des gens qui boivent de l’eau boueuse

Réduction du train de vie l’Etat : Issaka Zampaligré sort encore de l’ordinaire. « Je propose qu’on mette même en location Kossyam qui est un gros palais inutile alors que la population git dans les cases », a-t-il martelé. Pour lui, les bureaux doivent être adaptés à nos modes de vie. Les journalistes n’ont pas fouillé pour comprendre comment l’invité comptait gérer son administration. En réalité, Maitre Bénéwendé Sankara en 2010 avait aussi fait proposition pareille. Il avait dit qu’il n’utiliserait pas le palais présidentiel de Kossyam s’il était élu.

Cependant, Issaka Zampaligré est arrivé sur le plateau de la télévision nationale avec des phrases chocs toutes faites qu’il tentait de placer entre temps. Certaines d’entre elles ont fait mouche. Par exemple, il dit ceci : « a moins de 10 km de Ouagadougou, il y a des gens qui boivent de l’eau boueuse ». Une phrase répétée à deux reprises pendant l’émission.

Education : Issaka Zampaligré n’était pas aussi claire dans vision quand il s’est agît de parler d’éducation. Toutefois, l’on constate qu’il ne se présente pas en un Président « tout puissant », porteur de toutes les solutions. C’est dans ce cadre qu’au niveau de l’enseignement, il compte réunir le monde universitaire pour comprendre comment ces derniers peuvent accepter que 1000 étudiants suivent des cours dans un amphi. En réalité, pour lui, c’est au monde universitaire de trouver des solutions à leur problème et lui en tant que Président se chargera de la phase pratique.

Et pour garantir une santé de qualité aux Burkinabè, le chef de village pense que la construction des hôpitaux est un jeu enfant. Selon lui, il faut juste ventre les voitures de marque Patrol pour construire au moins deux centres de santé. En même temps, il pense associer la pharmacopée traditionnelle à celle moderne constatant que les Burkinabè se soignent à l’indigénat dans les villages.

Une réouverture de la SOFITEX en vue

Agriculture : Une autre idée géniale mais dont le financement devrait poser problème, c’est l’attribution d’une charrue à chaque famille et aussi un tracteur à chaque village. Un projet qui semble s’être inspiré du projet « Huit mille villages, huit forêts ». Comment financer un tel projet? Issaka Zampligré pense qu’il faut reconvertir les dons (ordinateurs, fusils) que certains pays offrent au Burkina Faso dans le cadre de la collaboration. Une allusion en quelque sorte à l’attribution de tablettes aux députés du gouvernement burkinabè sous Blaise Compaoré. Une idée aussi similaire à celui proposé la veille par le candidat Zéphirin Diabré qui compte créer la Société nationale d’équipement agricole (SONEA).

Cependant, sur les sujets des mines, de l’énergie, du foncier, l’invité du jour n’a pas fait de proposition claire. Les journalistes ont vraiment eu du mal à saisir le fil de sa pensée. Au niveau de l’industrie, il n’a pu établir une vision précise même s’il pense qu’il faut rouvrir la Société des fibres et textiles (SOFITEX) à Koudougou.

Dans l’analyse, le projet de Zampaligré Ensemble pour un Burkina de justice d’équité et de prospérité semble être basé sur des valeurs de sobriété. Mais ce dernier a eu du mal à faire comprendre son concept aux journalistes souvent beaucoup trop attachés aux questions de chiffres. Ce qui a donné une impression de manque de sérieux dans la rédaction de son programme.

Cependant certaines ratées de l’émission sont aussi imputables aux journalistes qui apparemment n’ont pas respecté le candidat en semblant banaliser certaines de ses appréciations. 

Quelques phrases chocs de Issaka Zampaligré

« Je suis de ceux qui pensent que lorsqu’on émet un billet de 1000 francs dans la journée, ce billet retourne en occident ce soir »

« A 10 km, les gens dorment à même le sol »

« A moins de 10 km de Ouagadougou, il y a des gens qui boivent de l’eau boueuse »

« Le train de vie de l’Etat, c’est que tout le monde puisse se serrer la ceinture »


Zéphirin Diabré: « Je suis pétri des valeurs de l’insurrection populaire »

La première émission « Un candidat, un programme », initiée par le Conseil supérieur de la communication (CSC) et diffusée sur les antennes de la télévision nationale du Burkina a reçu comme premier candidat, Zéphirin Diabré de l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC). C’est avec assurance que l’ancien chef de file de l’opposition a défendu son programme.

Zéphirin Diabré candidat présidentielle Burkina

Pourquoi les Burkinabè devraient voter pour Zéphirin Diabré ? C’est l’une des dernières questions posées au candidat de l’Union pour le Progrès et le Changement (UPC). Alors qu’on pensait qu’il évoquerait son programme, Zéphirin Diabré évoque son parcours. Il relève qu’il a occupé des postes ministériels au Burkina Faso pour montrer ainsi son expérience dans la gestion de l’affaire de l’Etat. Il a aussi rappelé son cheminement dans l’opposition pour conduire le combat contre la mise en place du Sénat et la modification de l’article 37. « Je suis pétri par les valeurs de l’insurrection », a martelé Zéphirin Diabré comme pour afficher son intégrité. Il a d’ailleurs appelé ceux qui auraient des dossiers sur lui à les présenter.

Zéphirin Diabré, en une heure de temps, a dû répondre à des questions sur quatre points. A savoir, le « burkindlim », le nom de son projet de société, les questions sociales, l’économie et sa vision pour le Burkina s’il était élu.

1 – Le « burkindlim »: « Un peuple, une génération, c’est toujours un héritage historique, culturel et surtout un héritage de valeurs ». C’est partant de cette appréciation que Zéphirin Diabré explique le sens de son projet qui veut réinstaurer le « burkindlim », une expression en langue mooré qui revêt les valeurs de l’intégrité. Une occasion pour lui de montrer qu’il partage les valeurs sankariste se basant sur la philosophie de Thomas Sankara (sans forcément être un sankariste). Selon lui, le burkidlim est une philosophie qui permet de définir ce que doit être le comportement du Burkinabè, ce qui implique de défendre la fibre nationale. « Si on ne le fait pas, nous créons une société qui n’a pas d’avenir ». Cette philosophie qui devrait être adoptée à l’issue d’une conférence nationale ressemble bien à un autre concept, source de la crise qu’a connu la Côte d’Ivoire : l’Ivoirité.

 

Si cette référence à la philosophie est un appel à l’unité nationale, Zéphirin Diabré n’a toutefois pas montré en quoi le Burkindlim, qui défend le concept de la sobriété, tranche avec le luxe dans lequel il mène sa campagne. Le président de l’UPC s’est mal défendu : « Je viens de parcourir 16 provinces en une semaine comment voulez-vous que je le fasse ? ». Il aurait encore pu saisir la balle au bond lorsqu’Aubin Guébré a évoqué le train de vie de l’Etat. Mais pour Zéphirin Diabré : « La société est dans son ensemble gangrénée par ce mal ».

Dans ce volet, en plus des questions culturelles avec la possibilité de faire voyager les lauréats de la Semaine nationale de la Culture (SNC), il a aussi développé sa vision du sport. Zéphirin Diabré veut créer des «plateaux diverses» qui permettraient de développer plusieurs disciplines dans les communes. Un projet intéressant. Cependant, l’occasion ne lui a pas été donnée de dire comment cela devrait se mettre en place.

2 – Les secteurs sociaux : Sur le plan de l’éducation, Zéphirin Diabré s’est d’entrée de jeu montré favorable au continuum du système Licence Master Doctorat (LMD) qui fait actuellement débat au Burkina. Il estime que ces concepts sont bons mais leurs applications posent problème à cause du manque d’infrastructures et de matériels. « Si vous voulez attendre d’avoir tous les moyens pour mettre en œuvre la réforme, vous n’allez rien faire », explique-t-il. L’une de ses ambitions est d’amener le ratio à 500 étudiants pour cent mille habitants. Même si ses ambitions sont beaucoup trop grandes, l’invité du jour a fait comprendre que son document a été rédigé en 1994 et qu’il s’agit de donner à mettre à jour.

Sur les questions sanitaires, Zéphirin Diabré pense qu’on ne peut pas offrir la gratuité des soins aux Burkinabè sauf les soins d’urgence. « Mettre au monde un enfant ne doit pas être une occasion de dépenser de l’argent », a dit-il dit.

Sur la question de l’emploi, le candidat de l’UPC annonce qu’il compte créer 140 000 emplois pendant son mandat, soit cinq mille par an. Il constate trois sources d’employabilité des jeunes : les Concours de la fonction publique, le secteur le privé et l’auto-emploi. « L’Etat ne peut pas embaucher tout le monde », souligne Diabré. Dans le secteur privé, il faut compter sur les investisseurs et faire en sorte que les Burkinabè sachent qu’un charpentier ou un menuisier peut mieux vivre qu’un fonctionnaire. Mais à ce niveau, Diabré ne dit pas comment la politique sera mise en place. A travers la réforme du système éducatif ?

3 – Economie : Economiste de formation, c’était en principe son terrain de prédilection. A ce sujet, Diabré compte créer un ministère du plan, qui a déjà existé de par le passé au Burkina Faso, pour assurer la liaison étroite avec le secteur privé et définir les secteurs porteurs. Conscient que le Burkina a besoin d’investissement, Zéphirin Diabré pense qu’il faut assurer les investisseurs. Sur cela, il se base sur des arguments subjectifs et vagues comme s’il était facile de convaincre un investisseur. En parlant de celui qui sera élu « s’il dit clairement qu’il veut un pays où l’initiative privée est encouragée, il viendra ».

Il pense néanmoins qu’il faut compter sur ses proposes en force. Et comme idée intéressant, il pense qu’il faut encourager les jeunes entrepreneurs. Cela à travers l’octroi à ces derniers d’un pourcentage de la commande publique et aussi, faire en sorte que ce ne soit pas toujours les mêmes qui sont retenus.

Sur le plan agricole, Zéphrin Diabré pense qu’il faut passer de la daba à la charrue. C’est pourquoi, il a en projet la création de la société nationale d’équipement agricole (SONEA) qui va faire en sorte qu’on puisse mettre à la disposition des paysans du matériel monté sur place et à moindre frais. Il a aussi relevé des potentialités. D’après lui, il y a 250 mille hectares de terre à irriguer et 500 mille hectares de baffons aménageable.

Cependant, en abordant la question des industries, Zéphirin Diabré pourrait perdre des points auprès des Bobolais. Alors qu’une certaine opinion dans la ville de Sya estime que la ville de Bobo Dioulasso est délaissée avec les unités industrielles qui se ferment Zéphirin Diabré réfute cet argument. « Quand les unités se meurent, ce n’est pas l’Etat qui les fermes », réplique Diabré qui pense qu’il n’y a pas de complot que la ville de Bobo Dioulasso. Si cela est juste, la manière de le dire pourrait laisser croire que cette partie du Burkina n’occupe pas une place importante dans son programme. Néanmoins, Bobo Dioulasso fait partie des « zones d’économies spéciales » que compte mettre en place Zéphrin Diabré.

Sur la question des mines, Zeph tranche avec une certaine conception des populations locales qui souhaitent que les ressortissants d’une localité minière puissent avoir une place dans les sociétés minières dès leurs installations : « Ils sont tous des Burkinabè ». Et pourtant, beaucoup de conflits dans les zones minières sont parties du fait que les populations locales estiment qu’ils ne bénéficient pas assez des retombées. L’on constate donc qu’à force de vouloir sortir de ces questions d’éthnicisme, de régionalisme, le candidat de l’UPC glisse sur des terrains dangereux.

Vision pour le Burkina : Zéphirin Diabré rêve d’un pays qui sera bâtit par tous les Burkinabè quel que soit leurs bords. Interrogé sur la participation de la diaspora, il en a profité pour parler indirectement des refugiés. Pour lui, tous peuvent contribuer à construire le Burkina Faso mais il faut la vérité, la justice avant le pardon. Au niveau de la coopération, il estime qu’il faudrait que certaines coopérations soient revues. Un clin d’œil surement à la Chine Taiwan.


Au cœur de la Présidentielle : Blaise Compaoré sera jugé selon les candidats

Les Burkinabè ont pu suivre l’acte 3 de l’émission «Au cœur de la présidentielle» avec les candidats Jean Baptiste Natama et Françoise Toé indépendants, Saran Séré Sérémé du Parti pour le développement et le changement (PDC) et un représentant du candidat Ablassé Ouédraogo en la personne de Roch Ouédraogo. La bonne gestion du débat par les deux journaliste à pousser les invités dans leur dernier retranchement.

Tous les candidats sont d'accord pour juger Blaise Compaoré
Tous les candidats sont d’accord pour juger Blaise Compaoré

Gouvernance : 25 ministres pour Françoise Toé, 16 pour Natama

La question de la gouvernance a été le premier sujet abordé par lors de l’émission « Au cœur de la présidentielle ». Le représentant du Faso Autrement Roch Ouédraogo, affirme qu’il s’agit de faire en sorte que les Burkinabè sachent ce qui s’est passé au Burkina. C’est pourquoi ce parti va commanditer un audit des projets et programmes des dix dernières années au Burkina Faso et des grandes sociétés de l’Etat. Ces résultats seront publiés dans les six mois à suivre. Si son candidat Ablassé Ouédraogo souhaite restaurer l’autorité de l’Etat au Burkina, il compte aussi s’investir dans la réconciliation. « Nous assistons une bipolarisation des rancœurs et il faut éviter tout esprit de triomphalisme d’un camp sur un autre », a lancé Roch Ouédraogo.

Françoise Toé compte mettre en œuvre les recommandations de la Comité nationale des réformes et de la réconciliation (CNRR). L’éthique est importante dans la gestion de l’Etat à son avis : « tant que les choses ne seront pas fait dans les règles de l’éthique, on ne peut pas assurer la bonne gouvernance. Le projet de société vise pour objectif d’assurer le développement endogène du Burkina Faso». Françoise Toé compte s’investir dans la lutte contre l’impunité, la corruption. Son gouvernement d’une large ouverture sera constitué de 25 membres.

 Jean-Baptiste Natama constate que la situation que vit le Burkina est consécutive à la mal gouvernance. « Pour que le pays puisse repartir sur de bon pied, il faut nécessairement donner des signes forts en matière de promotion de la bonne gouvernance qui commencent par la moralisation de la vie politique nationale, la promotion des valeurs, qui sont des valeurs d’intégrité d’honnêteté et de solidarité des Burkinabè ». Et pour réduire le train de vie de l’Etat, son gouvernement sera composé de 16 membres paritaire. Interrogé sur sa collaboration avec l’ancien régime, Jean-Baptiste Natama nie. « Je n’ai jamais été membre d’un gouvernement, je n’ai jamais été membre de l’assemblée nationale, je n’ai jamais été maire, je n’ai jamais été conseillé. Je suis nouveau sur la scène politique », a résumé Natama. Mais pour Remy Dandjinou l’un des journalistes, son passage à la tête du Mécanisme d’Evaluation par les Paires (MAEP) pourrait s’expliquer par le fait qu’il avait des accointances avec Blaise Compaoré. Mais selon Natama, il s’agit d’un « sacrifice » et un acte patriotique de servir au MAEP tout en affirmant que le rapport a été véridique et posait les problèmes soulignés aujourd’hui.

Sur la question de sa collaboration avec Blaise Compaoré, Saran Séré Sérémé affirme que le « système présidentialiste », ne permettait pas à un seul individu du système de faire changer les choses. « La justice étant un bras du gouvernement, elle ne pouvait pas être neutre », souligne la Présidente du PDC. Saran Séré Sérémé rappelle qu’elle a quitté le navire de l’ancien régime lorsqu’elle a constaté des rives.

Roch Ouédraogo, représentant de Ablassé a abordé les mêmes arguments que Natama puisque son candidat a été ministre des affaires étrangères dans le gouvernement de Blaise Compaoré. « C’est par patriotisme qu’Ablassé Ouédraogo a accepté de venir travailler pour le Burkina Faso », précise Roch Ouédraogo.

Blaise Compaoré va répondre devant la justice

l«Notre préoccupation, c’est d’arriver à éradiquer l’impunité et la corruption au Burkina Faso », a répondu Françoise Toé lorsqu’elle a été interrogée sur la question du sort réservé à l’ancien Président du Faso Blaise Compaoré. Selon elle, tous les acteurs appelés par la justice devront répondre : « toute personne qui a déposé des actes susceptibles d’être qualifiés de délit de crimes». Pour Natama cette question de « la justice ne saurait se limiter au Président Compaoré »

« Sous la présidence Ouédraogo, aucun Burkinabè ne sera au-dessus de la loi. Cela veut dire que le Président Compaoré est appelé à répondre à la justice burkinabè, il répondra de ses faits et actes. Nous n’allons pas faire d’entraves à la justice », assure Roch Ouédraogo.

Saran Sérémé s’est inscrite dans la même logique. «Toute personne qui a pu poser des actes en porte-à faux avec la loi devra répondre ses actes. Chacun doit apprendre à s’assumer devant l’histoire». Toutefois, elle croit en une possible réconciliation.

Économie: mettre l’accent sur l’industrialisation 

Pour redresser l’économie du Burkina Faso, Françoise Toé qui s’appuie sur le programme du PDP/PS compte créer des lycées agricoles, même s’ils existent déjà, et mieux les faire fonctionner pour augmenter la productivité. Natama constatant que les indicateurs sociaux sont bas pense qu’il faut identifier les déterminants de la croissance économique « à partir de là vous identifier les leviers qu’il faut actionner ». Selon elle, 80% des Burkinabè vivent de l’agriculture et cette même couche produit 30% du produit intérieur bruit. C’est pourquoi, elle pense qu’il faut accroitre la productivité dans le milieu rurale qui pourrait résoudre l’employabilité, l’accès à la terre,

Saran Séré Sérémé pense qu’il faut importer les technologies, s’ouvrir à l’industrialisation agro-alimentaire qui va résoudre par ricoché l’employabilité des jeunes. Elle préconise la mise place d’un système de formation professionnalisant à partir des départements et non des régions.

Le représentant de Ablassé Ouédraogo relève qu’il faut investir dans le capitale humain, restructuration du système éducatif. Il propose la mise à disposition des Burkinabè du monde rurale des outils adaptés, un circuit de distribution de leur produit. Tout cela devrait permettre « au cours de la première année de gouvernance, qu’on puisse porter le taux de croissance du pays à 8% (…) en investissant sur les petits emplois à caractère intensifs ». Sur ce sujet, Françoise Toé compte faire en sorte que les populations bénéficient des retombés en revoyant les conventions signées et en misant sur les infrastructures.

Un plan pour les générations futures à travers les mines

Jean-Baptiste Natama veut rompre avec les pratiques. « Il faut délier les recettes minières des recettes publiques pour éviter le phénomène de croire qu’il y a un accroissement de la recette publique qui entraîne un accroissement de la dépense publique», résume-t-il en ajoutant qu’il faut créer des ressources pour les générations futures.

Saran Séré Sérémé pense aussi qu’il faut consacrer essentiellement les recettes minières dans les infrastructures d’avenir tout en investissant dans le social, dans les zones d’exploitation minière. Elle ne comprend pas pourquoi en avec le boom minier, que le gramme d’or soit passé de six mille 500 francs CFA à 28 mille francs CFA alors que les conventions signées n’ont pas changé. C’est pourquoi, « l’amazone de Tougan » pense rediscuter certaines conventions avec les exploitants.

 

Roch Ouédraogo relève qu’il faut revoir la transparence dans le permis d’exploitation en adoptant un cahier de charge. Concernant toujours les mines, il pense aussi qu’il faut réorganiser l’exploitation artisanale. « Il faut faire en sorte que les recettes minières qui rentrent au niveau du trésor public soit orientées vers les services sociaux de base comme l’éducation, la santé », mentionne Roch Ouédraogo tout en tenant compte des générations futures.

Le tissu industriel faible voire inexistant

Françoise Toé insiste sur la régulation les autorisations d’importation de produit déjà produit aux Burkina Faso ce qui va contribuer à résoudre le problème de l’employabilité. Le candidat Natama incite à la création des conditions de l’éclosion et de développement des industries. Le point essentiel pour atteindre cet objectif est de résoudre les questions de l’énergie. Natama constate tout de même comme entrave, la faiblesse du capital humain. « Si vous n’avez pas un capital humain de qualité vous ne pouvez pas promouvoir l’industrie ».

La redynamisation du secteur de l’industrie est une préoccupation du Faso Autrement. Roch Ouédraogo pense à la création d’entreprise pour réduire l’exportation et transformer les produits sur place. « On ne fait que transporter les balles (ndlr de coton) vers les ports. Ce n’est pas normal ». En abondant dans le même sens, Saran Séré Sérémé relève que le Burkina Faso, premier pays africain producteur de coton n’a pas d’industrie de transformation. Pour encourager l’industrialisation du Burkina, elle souhaite soutenir les entreprises à travers des subventions. « Au Burkina Faso, nous avons plus prioriser l’importation de produit qui apportait à certaines personnes de tel sorte que personne n’avait envie d’œuvrer à ce que l’industrialisation soit effective », a asséné Saran Sérémé.

Secteurs sociaux : l’éducation la clé

« L’éducation est la clef de tout », souligne Jean-Baptiste Natama (comme pour faire référence à Lucky Dube qui disait : education is key. Pour lui, l’éducation peut aussi résoudre les problèmes de santé. Partant de l’importance de l’éducation Françoise Toé va promouvoir l’éducation pour tous si elle est élue dans un système éducatif de qualité. Estimant que toute la chaîne est défaillante, le Faso Autrement va revoir tout le système éducatif burkinabè dans sa globalité.

Sur le plan social, Saran Séré Sérémé pense s’attaquer à deux fronts : la santé et l’éducation. « J’ai un problème lorsque je vois une mère mourir en donnant la vie », appuie-t-elle. La présidente du PDC a insisté sur les soins de santé infantile, maternelle de la reproduction. Sur le plan de l’éducation, elle prévois le renforcement de la formation technique.

Critiques

Le journaliste Remy Dandjinou a bien mené le débat en poussant les invités dans leur retranchement, en relevant souvent des failles dans les réponses de ses interlocuteurs. Il a montré qu’il avait une bonne culture général en rappelant par exemple à Françoise Toé que Blaise Compaoré avait déjà mis un place le projet des lycées agricoles, la relecture du code minier. Les deux journalistes ont insisté sur le « comment » de la mise en œuvre des différents projets des candidats. Cette fois les candidats n’ont pas passé leur temps à critiquer le régime déchu mais à faire des propositions plus ou moins concrètes.

Toutefois, il faut le reconnaitre Remy Dandjinou a noyé Soumaila Ouédraogo assez timide. Par exemple, alors que ce dernier tente de poser une question à Françoise Toé qui n’avait totalement fini de développer son idée sur la question économique, Remy décide de remettre la parole à Jean-Baptiste Natama. Les prochains modérateurs doivent faire preuve de plus complicité. En voulant amener les invités à mieux s’expliquer, les deux journalistes n’ont pu épuiser les sujets prévues.