Bonjour Monsieur le président du Faso !

Article : Bonjour Monsieur le président du Faso !
1 décembre 2015

Bonjour Monsieur le président du Faso !

C’est fait Monsieur Roch Marc Chrisitan Kaboré. Le peuple burkinabè vous a choisi comme président du Faso  pour cinq ans.  Il vous a élu avec 53,43 % des voix dès le premier tour, ce qui devrait mettre fin à une insurrection populaire qui a fait fuir le président Blaise Compaoré en octobre 2015. Vous aviez, dans les stades et les terrains de sports, crié votre compétence, vanté votre programme qui selon vous était le meilleur. Le peuple vous a élu. Mais certains doutent toujours de votre compétence à tort ou à raison. Plusieurs dossiers sont posés sur le bureau et n’attendent que vous.

#Roch_Marc_Christian Kaboré, Président du Faso Déclaration du président de la CENI.

Posté par Mouvement du peuple pour le progrès – MPP sur lundi 30 novembre 2015

Manger trois fois par jour. C’est le rêve de beaucoup de Burkinabè parce que dans votre pays, la cherté de la vie n’est plus un secret. Quand vous circulez et que vous tombez ces personnes en haillons, mendiants au niveau des feux tricolores, d’autres y passants la nuit, ils ne sont pas fous. Ils ont juste faim !

Dans mon village, certaines familles ne mangent que le soir venu parce que le grenier est vide après le mois de janvier. On ne peut plus compter sur la bonté du ciel, car les pluies se font de plus en plus rares. Les paysans ne peuvent plus aussi compter sur leurs enfants pour finir leurs vieux jours. Ils n’ont pas d’argent pour les envoyer dans les écoles sous paillote. Même les cotisations des associations des parents d’élèves (1000 francs F CFA), ils sont incapables de les payer tant la pauvreté est ambiante. Quand leurs enfants ont la chance d’arriver en classe et de dépasser la classe de CM2 c’est un casse-tête pour les parents. Dans le Sahel, au nord du pays, on préfère les envoyer garder les bœufs. L’école n’est plus un gage de réussite. Le niveau de l’enseignement a baissé. Ceux qui s’adonnent à ce métier ne le font pas par vocation. On ne pense plus qu’à son maigre salaire qu’on empochera à la fin du mois mais aussi à profiter des avantages du métier : enceinter ses élèves.

C’est souvent sur les tables-bancs de l’école que les filles, en lieu et place d’instruction et d’éducation, apprennent les vies de débauche. Elles terminent pour la plupart sur l’avenue Kouamé N’Khruma ou au Matata offrant leur jeunesse et leur fraicheur à des vieux grabataires pour de petits billets. Bonjour le SIDA !

Ceux qui malgré l’adversité arrivent à l’université, sont assurés d’avoir comme profession, chômeur. Autant les élèves sont fiers après l’obtention de leur Bac autant l’entrée à l’université surnommée Guantanamo, à cause de la dureté de ce monde fait peur. Sans bourse, la vie d’étudiant est un véritable chemin de croix : insuffisance des chambres dans les cités universitaires, manque d’amphithéâtres, insuffisance du personnel enseignant et leurs mauvaises conditions de travail, la mauvaise qualité du repas dans les restaurants universitaires, les difficultés de transport des étudiants, le contingentement des bourses, etc. La liste est longue. Il faut vous atteler à régler la crise universitaire. Et comme le dit l’autre, les Universités sont devenues des usines de chômeurs.

Pourquoi ? Parce qu’il faut frauder aux concours de la fonction publique pour espérer décrocher un emploi. Et pour quel salaire ? De toutes les façons mieux vaut vivre à crédit si on est fonctionnaire.

Ce n’est pas pour rien que tout le monde veut travailler dans le secteur privé. On a plus de chance quand on est du sexe féminin. En s’allongeant sur le canapé de l’employeur, le poste est garanti. Si on est garçon, il serait mieux d’avoir une sœur qui a des atouts. Le fonctionnaire qui réussit à payer ses factures est tout de même confronté à des problèmes de délestages et de coupures d’eau en période chaude.

Conséquence : tout le mois de mars est affronté avec peur par les Burkinabè. Dans certains quartiers, nos mamans sont souvent obligées de se taper des K.O pour avoir de l’eau à la borne-fontaine ou au robinet du quartier. Au village, elles doivent parcourir de longs kilomètres de chemins rocailleux pour obtenir de l’eau pas toujours potable.

C’est par là que tout commence. Avec le manque d’eau potable, nos populations sont soumises à toutes sortes de maladies. Quand on tombe malade au Burkina, il vaut mieux creuser sa tombe, car l’on risque de mourir avant d’arriver à l’hôpital. Il faut braver ces routes rocailleuses et souvent épineuses, pour arriver dans les centres de santé. Là encore, il faut faire face au manque de plateaux médicaux, l’insuffisance du personnel soignant, l’absence de pharmacie. Même quand ces pharmacies existent, nos parents n’ont pas assez d’argent pour régler les ordonnances. C’est pourquoi certains préfèrent se soigner chez le guérisseur du village ou font confiance à l’église pour soigner un simple palu.

Quand on a de la chance, l’infirmier du village vous trouve quelques comprimés de remplacement. Sinon, il vous envoie à des centaines de km de là. « Il faut aller en ville » tant le pays manque d’infrastructures sanitaires.

Simon Compaoré : « Il faut faire en sorte que le changement tant attendu par les uns et les autres soit au rendez-vous… »

Posté par Mouvement du peuple pour le progrès – MPP sur lundi 30 novembre 2015

Le peuple vous attend sur le chantier de la justice. Les 30 et 31 octobre 2014, des Burkinabè sont tombés pour faire partir le président Blaise Compaoré que vous connaissez bien. Au mois de septembre 2015, d’autres sont encore tombés sous les coups de balle du régiment de sécurité présidentielle (RSP). Les Burkinabè attendent que justice soit faite. Les Burkinabè attendent aussi que justice soit faite sur les dossiers Thomas Sankara, Dabo Boukari, Norbert Zongo. Ils souhaitent aussi que justice soit faite sur tous les crimes économiques et de sang qui ont émaillé les 27 ans de règne du président Blaise Compaoré. Justement Blaise Compaoré sera-t-il jugé ? Les Burkinabè attendent de savoir comment seront traitées toutes les affaires de détournement de parcelles et de conflits fonciers.

Les défis à relever sont immenses. C’est au pied du mur qu’on attend le vrai maçon. Certains qui digèrent mal votre élection mettront des peaux de banane sur votre chemin, d’autres de bonnes fois tenteront de vous aider. Mais si une maison est mal construite, ce n’est pas la faute aux ouvriers.

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Commentaires

DEBELLAHI
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Merci aux Burkinabés: les citoyens, les autorités de transition, à l'armée loyaliste et républicaine.
Attention MR Kaboré: le peuple vous a donné la majorité de ses suffrages pour le servir. Ne pensez jamais à l'asservir. Il ne l'acceptera pas, et au lieu d'une entrée honorable dans l'histoire, vous en sortirez ( déguerpirez?) humilié et avili. Trouvez un compromis subtil pour concilier les leçons tirées de votre passé, avec les attentes de tous vos concitoyens.
Pour y arriver, faites en sorte que le grand vainqueur soit le peuple. Veillez aussi à ce que celui qui a perdu aux élections ne perde pas tout ( surtout sa dignité). Ne vous comportez pas comme si vous aviez tout gagné. Le peuple vous a accordé, a priori, sa confiance. Prouvez-lui que vous en êtes digne.
JE SUIS LE BURKINA DÉMOCRATIQUE et ÉGALITAIRE

DEBELLAHI
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Au Burkina, pays des hommes (et femmes) intègres, on vient d'écrire une rayonnante page de l'évolution politique africaine.
Au Burkina, on a montré qu'on peut, avec le courage et la détermination, mains nues, se débarrasser d'un dirigeant "indispensable"
Au Burkina, ce n'est pas Kaboré qui a gagné , mais le peuple Burkinabé qui, à cette occasion, a balisé la voie aux peuples domestiqués par des paranoïaques se croyant, eux aussi, indispensables.
Est-ce que les Burkinabés sauront faire du nouveau avec l'ancien, comme s'interroge à ce sujet, et légitimement (allusion au passé très proche de MR Kaboré avec Compaoré) notre Sneiba Mohamed , il y a lieu d'espérer qu'ils sauront tirer les meilleures leçons de ce qui s'est passé.
Quant à Kaboré, il s'était démarqué, juste à temps, d'un système gangréné et déliquescent. En plus, ce sont les vielles marmites qui font les bonnes sauces.