Boukari Ouédraogo

Mutinerie au Burkina : radier les militaires « voyous » n’est pas la bonne solution

Après les nombreuses mutineries de militaires qui ont secoué le Burkina Faso pendant près de trois mois (entre mars et mai 2011), l’armée vient de décider du licenciement de 556 militaires de l’armée. Même si des sanctions étaient attendues, celles-ci semblent sévères car ce licenciement ressemble  à la libération de 556 bandits.

Les militaires arrêtés à Bobo (ph Observateur Paalga)

Le colonel Honoré Nabéré Traoré, chef d’Etat major général de l’armée (ancien président de la Fédération Burkinabè de Football) a confirmé la radiation de 566 militaires parmi lesquels des éléments du Régiment de la Sécurité Présidentielle (RSP) et des femmes. Si certains ont applaudit d’autres n’ont pas apprécié les sanctions prises par la hiérarchie militaire. Radier près de 600 militaires de l’armée nationale, c’est exposer le pays à de nouveaux délinquants. Ces derniers qui ont appris le maniement des armes et certaines stratégies militaires pourraient devenir des bandits de grand chemin, sans état d’âme. Ils ont déjà prouvé ce dont ils sont capables.

Toutes les armes volées n’ont surement pas été remises. Avec la crise en Côte d’Ivoire, pays voisin du Burkina, de nombreuses armes sont encore en circulation. Celles-ci peuvent un jour ou l’autre tomber dans les mains de ces radiés de l’armée et bonjour les dégâts. Déjà, des hommes de tenues sont souvent accusés de travailler aux côtés des coupeurs de route. Le gouvernement met la population et lui même en danger.

Selon les rumeurs près de 1000 policiers pourraient être radiés dans les prochains jours ainsi que des gendarmes. Si tout cela s’avérait, les Burkinabè ne dormiraient que d’une oreille car à tout moment, ces derniers qui n’auront plus rien à faire pourraient s’organiser en bandes pour attaquer la population.

Les militaires radiés ont toujours des amis dans l’armée et ces derniers pourraient être leurs complices dans d’autres actes répréhensibles. Les Burkinabè veulent des sanctions contre les militaires mais les relâcherde cette manière dans la nature s’avère dangereux. Personne ne voudra embaucher de telles personnes après tout ce qu’ils ont commis comme « atrocité » au Burkina Faso. S’opposer à ces sanctions n’est pas un soutien aux mutins. Les Burkinabè ont d’ailleurs été surpris de voir des femmes dont les associations féminines ont toujours vanté la sensibilité, terrorisé la population comme dans des films. Le chef d’État-major général des armées déclarait lors d’une conférence de presse que personne n’enverra son bandit dans l’armée. Ce qui signifie que la hiérarchie était consciente que l’armée était un repère de bandits!

Le Président du Burkina Faso Blaise Compaoré a utilisé la manière forte pour venir à bout de la mutinerie des militaires de Bobo Dioulasso le mardi 31 mai 2011. Pendant deux jours, une partie des militaires de cette ville (la deuxième du Burkina) ont pris la ville en otage, avec des armes à feu, ces derniers se sont donné à des actes de vandalisme, de pillages, de vols, de viols etc. Plus que la population de Bobo Dioulasso, c’est tout le Burkina qui était pris de panique ce jour là. En plus cette mutinerie fut la plus longue de toutes. Pendant deux jours les mutins de Bobo Dioulasso ont traumatisé la population. Selon des témoignages, des sœurs religieuses ont été violées. « Ce qui le fait mal, c’est certains étaient nos amis ici. On causait ensemble, malgré tout, ils sont venus piller mon magasin » a-t-on entendu. Les supermarchés, les magasins, les biens publics et privés ont été la cible des mutins.

Pourtant, ces derniers n’avaient pas de revendications claires car presque toutes leurs plateformes avaient été prises en compte par le gouvernement. Des négociations avec le gouvernement et le Président du Faso, devenu également ministre de la défense avait permis de créer un cadre de concertation entre les militaires et leur hiérarchie. Certaines scènes de pillages à Ouagadougou, par exemple l’orphelinat Home Kisito avait été pillé par les mutins emportant tout l’argent qu’il y avait dans la pharmacie. Tout cela avait écœuré la population même si certaines revendications des militaires étaient légitimes. Les mutineries ont permis de savoir qu’il y avait des problèmes dans l’armée et que les militaires n’étaient pas traités comme on le pensait.

Cependant, au vu de tout ce qui s’est passé, c’est le mode de recrutement et de formation des militaires qu’il faut revoir. Lorsque vous causez avec certains, ils vous disent qu’ils ont été formés pour tuer « voilà pourquoi le béret est rouge ».


Thomas Sankara se prononce sur la dette à Addis-Abeba

Je vous propose le discours du capitaine Jean Isidore Thomas Sankara Président du Burkina Faso de 1984 à 1987.  Ce discours a été prononcé le 29  juillet 1987 à Addis-Abeba en Éthiopie trois mois avant son assassinat. Malgré le temps, ce discours est encore d’actualité.  La preuve que cet homme était en avance sur son temps. Mais retenez cette phrase « Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence ! »

Thomas Sankara

Monsieur le président, Messieurs les chefs des délégations,

Je voudrais qu’à cet instant nous puissions parler de cette autre question qui nous tiraille : la question de la dette, la question de la situation économique de l’Afrique. Autant que la paix, elle est une condition importante de notre survie. Et c’est pourquoi j’ai cru devoir vous imposer quelques minutes supplémentaires pour que nous en parlions. Le Burkina Faso voudrait dire tout d’abord sa crainte. La crainte que nous avons c’est que les réunions de l’OUA se succèdent, se ressemblent mais qu’il y ait de moins en moins d’intérêt à ce que nous faisons.

Monsieur le président, Combien sont-ils les chefs d’Etat qui sont ici présents alors qu’ils ont été dûment appelés à venir parler de l’Afrique en Afrique ?

Monsieur le président, Combien de chefs d’Etats sont prêts à bondir à Paris, à Londres, à Washington lorsque là-bas on les appelle en réunion mais ne peuvent pas venir en réunion ici à Addis-Abeba en Afrique ? Ceci est très important. [Applaudissements] Je sais que certains ont des raisons valables de ne pas venir. C’est pourquoi je voudrais proposer, Monsieur le président, que nous établissions un barème de sanctions pour les chefs d’Etats qui ne répondent pas présents à l’appel. Faisons en sorte que par un ensemble de points de bonne conduite, ceux qui viennent régulièrement, comme nous par exemple, [Rires] puissent être soutenus dans certains de leurs efforts. Exemples : les projets que nous soumettons à la Banque africaine de développement (BAD) doivent être affectés d’un coefficient d’africanité. [Applaudissements] Les moins africains seront pénalisés. Comme cela tout le monde viendra aux réunions. Je voudrais vous dire, Monsieur le président, que la question de la dette est une question que nous ne saurions occulter. Vous-même vous en savez quelque chose dans votre pays où vous avez dû prendre des décisions courageuses, téméraires même. Des décisions qui ne semblent pas du tout être en rapport avec votre âge et vos cheveux blancs. [Rires] Son Excellence le président Habib Bourguiba qui n’a pas pu venir mais qui nous a fait délivrer un important message a donné cet autre exemple à l’Afrique, lorsque en Tunisie, pour des raisons économiques, sociales et politiques, il a dû lui aussi prendre des décisions courageuses. Mais, Monsieur le président, allons-nous continuer à laisser les chefs d’Etats chercher individuellement des solutions au problème de la dette avec le risque de créer chez eux des conflits sociaux qui pourraient mettre en péril leurs stabilités et même la construction de l’Unité africaine ? Ces exemples que j’ai cités- il y en a bien d’autres – méritent que les sommets de l’OUA apportent une réponse sécurisante à chacun de nous quant à la question de la dette. Nous estimons que la dette s’analyse d’abord de par son origine. Les origines de la dette remontent aux origines du colonialisme. Ceux qui nous ont prêté de l’argent, ce sont eux qui nous ont colonisés. Ce sont les mêmes qui géraient nos Etats et nos économies. Ce sont les colonisateurs qui endettaient l’Afrique auprès des bailleurs de fonds, leurs frères et cousins. Nous sommes étrangers à cette dette. Nous ne pouvons donc pas la payer. La dette c’est encore le néo-colonialisme ou les colonialistes qui se sont transformés en « assistants techniques ». En fait, nous devrions dire en assassins techniques. Et ce sont eux qui nous ont proposé des sources de financement, des « bailleurs de fonds ». Un terme que l’on emploie chaque jour comme s’il y avait des hommes dont le « bâillement » suffirait à créer le développement chez d’autres. Ces bailleurs de fonds nous ont été conseillés, recommandés. On nous a présenté des dossiers et des montages financiers alléchants. Nous nous sommes endettés pour cinquante ans, soixante ans et même plus. C’est-à-dire que l’on nous a amenés à compromettre nos peuples pendant cinquante ans et plus. La dette sous sa forme actuelle, est une reconquête savamment organisée de l’Afrique, pour que sa croissance et son développement obéissent à des paliers, à des normes qui nous sont totalement étrangers. Faisant en sorte que chacun de nous devienne l’esclave financier, c’est-à-dire l’esclave tout court, de ceux qui ont eu l’opportunité, la ruse, la fourberie de placer des fonds chez nous avec l’obligation de rembourser. On nous dit de rembourser la dette. Ce n’est pas une question morale. Ce n’est point une question de ce prétendu honneur que de rembourser ou de ne pas rembourser.

 

Monsieur le président, Nous avons écouté et applaudi le premier ministre de Norvège lorsqu’elle est intervenue ici même. Elle a dit, elle qui est européenne, que toute la dette ne peut pas être remboursée. Je voudrais simplement la compléter et dire que la dette ne peut pas être remboursée. La dette ne peut pas être remboursée parce que d’abord si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Soyons-en sûrs également. Ceux qui nous ont conduits à l’endettement ont joué comme au casino. Tant qu’ils gagnaient, il n’y avait point de débat. Maintenant qu’ils perdent au jeu, ils nous exigent le remboursement. Et on parle de crise. Non, Monsieur le président, ils ont joué, ils ont perdu, c’est la règle du jeu. Et la vie continue. [Applaudissements]

Thomas Sankara discours sur la dette

Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous n’avons pas de quoi payer. Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous ne sommes pas responsables de la dette. Nous ne pouvons pas payer la dette parce qu’au contraire les autres nous doivent ce que les plus grandes richesses ne pourront jamais payer, c’est-à-dire la dette de sang. C’est notre sang qui a été versé. On parle du Plan Marshall qui a refait l’Europe économique. Mais l’on ne parle pas du Plan africain qui a permis à l’Europe de faire face aux hordes hitlériennes lorsque leurs économies étaient menacées, leurs stabilités étaient menacées. Qui a sauvé l’Europe ? C’est l’Afrique. On en parle très peu. On en parle si peu que nous ne pouvons, nous, être complices de ce silence ingrat. Si les autres ne peuvent pas chanter nos louanges, nous avons au moins le devoir de dire que nos pères furent courageux et que nos anciens combattants ont sauvé l’Europe et finalement ont permis au monde de se débarrasser du nazisme.

La dette, c’est aussi la conséquence des affrontements. Lorsqu’aujourd’hui on nous parle de crise économique, on oublie de nous dire que la crise n’est pas venue de façon subite. La crise existe de tout temps et elle ira en s’aggravant chaque fois que les masses populaires seront de plus en plus conscientes de leurs droits face aux exploiteurs. Il y a crise aujourd’hui parce que les masses refusent que les richesses soient concentrées entre les mains de quelques individus. Il y a crise parce que quelques individus déposent dans des banques à l’étranger des sommes colossales qui suffiraient à développer l’Afrique. Il y a crise parce que face à ces richesses individuelles que l’on peut nommer, les masses populaires refusent de vivre dans les ghettos et les bas-quartiers. Il y a crise parce que les peuples partout refusent d’être dans Soweto face à Johannesburg. Il y a donc lutte et l’exacerbation de cette lutte amène les tenants du pouvoir financier à s’inquiéter. On nous demande aujourd’hui d’être complices de la recherche d’un équilibre. Equilibre en faveur des tenants du pouvoir financier. Equilibre au détriment de nos masses populaires. Non ! Nous ne pouvons pas être complices. Non ! Nous ne pouvons pas accompagner ceux qui sucent le sang de nos peuples et qui vivent de la sueur de nos peuples. Nous ne pouvons pas les accompagner dans leurs démarches assassines.

Monsieur le président, Nous entendons parler de clubs – Club de Rome, Club de Paris, Club de Partout. Nous entendons parler du Groupe des Cinq, des Sept, du Groupe des Dix, peut-être du Groupe des Cent. Que sais-je encore ? Il est normal que nous ayons aussi notre club et notre groupe. Faisons en sorte que dès aujourd’hui Addis-Abeba devienne également le siège, le centre d’où partira le souffle nouveau du Club d’Addis-Abeba. Nous avons le devoir aujourd’hui de créer le Front uni d’Addis-Abeba contre la dette. Ce n’est que de cette façon que nous pourrons dire aujourd’hui, qu’en refusant de payer, nous ne venons pas dans une démarche belliqueuse mais au contraire dans une démarche fraternelle pour dire ce qui est. Du reste les masses populaires en Europe ne sont pas opposées aux masses populaires en Afrique. Ceux qui veulent exploiter l’Afrique sont les mêmes qui exploitent l’Europe. Nous avons un ennemi commun. Donc notre club parti d’Addis-Abeba devra également dire aux uns et aux autres que la dette ne saura être payée. Quand nous disons que la dette ne saura être payée ce n’est point que nous sommes contre la morale, la dignité, le respect de la parole. Nous estimons que nous n’avons pas la même morale que les autres. Entre le riche et le pauvre, il n’y a pas la même morale. La Bible, le Coran ne peuvent pas servir de la même manière celui qui exploite le peuple et celui qui est exploité. Il faudra qu’il y ait deux éditions de la Bible et deux éditions du Coran. [Applaudissements]

Nous ne pouvons pas accepter leur morale. Nous ne pouvons pas accepter que l’on nous parle de dignité. Nous ne pouvons pas accepter que l’on nous parle du mérite de ceux qui paient et de perte de confiance vis-à-vis de ceux qui ne paieraient pas. Nous devons au contraire dire que c’est normal aujourd’hui que l’on préfère reconnaître que les plus grands voleurs sont les plus riches. Un pauvre quand il vole ne commet qu’un larcin, une peccadille tout juste pour survivre et par nécessité. Les riches, ce sont eux qui volent le fisc, les douanes. Ce sont eux qui exploitent le peuple.

Monsieur le président, Ma proposition ne vise pas simplement à provoquer ou à faire du spectacle. Je voudrais dire ce que chacun de nous pense et souhaite. Qui, ici, ne souhaite pas que la dette soit purement et simplement effacée ? Celui qui ne le souhaite pas peut sortir, prendre son avion et aller tout de suite à la Banque mondiale payer. [Applaudissements]

Je ne voudrais pas que l’on prenne la proposition du Burkina Faso comme celle qui viendrait de la part de jeunes sans maturité, sans expérience. Je ne voudrais pas non plus que l’on pense qu’il n’y a que les révolutionnaires à parler de cette façon. Je voudrais que l’on admette que c’est simplement l’objectivité et l’obligation. Je peux citer dans les exemples de ceux qui ont dit de ne pas payer la dette, des révolutionnaires comme des non-révolutionnaires, des jeunes comme des vieux. Je citerai par exemple : Fidel Castro. Il a déjà dit de ne pas payer. Il n’a pas mon âge même s’il est révolutionnaire. Également François Mitterrand a dit que les pays africains ne peuvent pas payer, que les pays pauvres ne peuvent pas payer. Je citerai Madame le premier ministre de Norvège. Je ne connais pas son âge et je m’en voudrais de le lui demander. [Rires et applaudissements] Je voudrais citer également le président Félix Houphouët-Boigny. Il n’a pas mon âge. Cependant il a déclaré officiellement et publiquement qu’au moins pour ce qui concerne son pays, la dette ne pourra être payée. Or la Côte d’Ivoire est classée parmi les pays les plus aisés d’Afrique. Au moins d’Afrique francophone. C’est pourquoi, d’ailleurs, il est normal qu’elle paie plus sa contribution ici. [Applaudissements]

Monsieur le président, Ce n’est donc pas de la provocation. Je voudrais que très sagement vous nous offriez des solutions. Je voudrais que notre conférence adopte la nécessité de dire clairement que nous ne pouvons pas payer la dette. Non pas dans un esprit belliqueux, belliciste. Ceci, pour éviter que nous allions individuellement nous faire assassiner. Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence ! Par contre, avec le soutien de tous, dont j’ai grand besoin, [Applaudissements] avec le soutien de tous, nous pourrons éviter de payer. Et en évitant de payer nous pourrons consacrer nos maigres ressources à notre développement. Et je voudrais terminer en disant que nous pouvons rassurer les pays auxquels nous disons que nous n’allons pas payer la dette, que ce qui sera économisé n’ira pas dans les dépenses de prestige. Nous n’en voulons plus. Ce qui sera économisé ira dans le développement. En particulier nous éviterons d’aller nous endetter pour nous armer car un pays africain qui achète des armes ne peut l’avoir fait que contre un autre pays africain. Quel pays africain ici peut s’armer pour se protéger de la bombe nucléaire ? Aucun pays n’est capable de le faire. Des plus équipés aux moins équipés. Chaque fois qu’un pays africain achète une arme c’est contre un Africain. Ce n’est pas contre un Européen. Ce n’est pas contre un pays asiatique. Par conséquent nous devons également dans la lancée de la résolution de la question de la dette trouver une solution au problème de l’armement. Je suis militaire et je porte une arme. Mais Monsieur le président, je voudrais que nous nous désarmions. Parce que moi je porte l’unique arme que je possède. D’autres ont camouflé les armes qu’ils ont. [Rires et applaudissements] Alors, chers frères, avec le soutien de tous, nous pourrons faire la paix chez nous. Nous pourrons également utiliser ses immenses potentialités pour développer l’Afrique parce que notre sol et notre sous-sol sont riches. Nous avons suffisamment de quoi faire et nous avons un marché immense, très vaste du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest. Nous avons suffisamment de capacité intellectuelle pour créer ou tout au moins prendre la technologie et la science partout où nous pouvons les trouver.

Monsieur le président, Faisons en sorte que nous mettions au point ce Front uni d’Addis-Abeba contre la dette. Faisons en sorte que ce soit à partir d’Addis-Abeba que nous décidions de limiter la course aux armements entre pays faibles et pauvres. Les gourdins et les coutelas que nous achetons sont inutiles. Faisons en sorte également que le marché africain soit le marché des Africains. Produire en Afrique, transformer en Afrique, et consommer en Afrique. Produisons ce dont nous avons besoin et consommons ce que nous produisons au lieu de l’importer. Le Burkina Faso est venu vous exposer ici la cotonnade, produite au Burkina Faso, tissée au Burkina Faso, cousue au Burkina Faso pour habiller les Burkinabè. Ma délégation et moi-même, nous sommes habillés par nos tisserands, nos paysans. Il n’y a pas un seul fil qui vienne d’Europe ou d’Amérique. [Applaudissements] Je ne fais pas un défilé de mode mais je voudrais simplement dire que nous devons accepter de vivre africain. C’est la seule façon de vivre libre et de vivre digne.

Je vous remercie, Monsieur le président.

La patrie ou la mort, nous vaincrons !


Un mandat d’arrêt contre Luis Moreno Ocampo

Luis Moreno Ocampo doit répondre devant la Cour Pénal International. Le procureur de la Cour Pénale Internationale depuis sa nomination a fermé les yeux sur de nombreux crimes contre l’humanité orchestré par des occidentaux. En plus, Ocampo accompagne ces mêmes occidentaux dans leurs mensonges pour justifier des attaques comme ce fut le cas de la Libye.

Luis Moreno Ocampo, recherché

Le 27 juin 2011 la cour pénale internationale a lancé un mandat d’arrêt international contre le Guide de la révolution libyenne Mouammar Kadhafi pour crime contre l’humanité depuis l’insurrection des rebelles, de Benghazi sans preuve. En délivrant ce mandat, la CPI participe au tissu de mensonges montés par les dirigeants occidentaux avec en tête Nicolas Sarkozy, pour chasser Kadhafi. Pour arriver à cela, Sarkozy après sa mauvaise gestion dans la révolution tunisienne a voulu se rattraper en Libye. Comme alibi, Kadhafi est accusé de bombarde les insurgés de Benghazi en plus avec des armes lourdes. Le rapport Centre International de recherche sur le terrorisme CIRET-AVT a infirmé tous les mensonges construits pour chasser Kadhafi du pouvoir. Dès les premières lignes de ce rapport, on peut lire : « l’étude des faits conduit qu’affirmer que la « révolution » libyenne n’est ni démocratique, ni spontanée. Il s’agit d’un soulèvement armé de la partie orientale du pays, dans un esprit de revanche et de dissidence, qui tente de s’inscrire dans la dynamique du « printemps » arabe, dont il ne relève cependant pas. Le mouvement libyen ne peut donc être comparé avec les révoltes populaires tunisienne et égyptienne ».

En plus, les chaines arabes et occidentales ont grandement contribué à la désinformation. Ce que relève le rapport CIRET-AVT

« La couverture des événements de Libye par les chaînes satellitaires arabes appelle quelques observations critiques. Jusqu’en fin février, les villes de l’ouest libyen ont connu de fortes tensions et des affrontements – lesquels ont été moindres qu’à l’est – mais leur relation a fait l’objet d’exagérations, voire de désinformation pure et simple. A titre d’exemple, l’information reprise par les médias occidentaux selon laquelle l’aviation du régime aurait bombardé Tripoli est parfaitement inexacte : aucune bombe libyenne n’est tombée sur la capitale, même si des affrontements sanglants semblent avoir eu lieu dans certains quartiers».

La résolution 1793 adopté par le conseil de sécurité de l’ONU adopté le 17 mars 2011 a décidé d’interdire tous vols dans l’espace aérien de la Jamahiriya arabe libyenne afin d’aider à protéger les civils. Pourtant, le constat aujourd’hui est que l’OTAN a largement dépassé cette résolution en bombardant des cibles libyennes et bien sûr, faisant de nombreuses victimes civiles que l’organisation européenne refuse de reconnaitre. Luis Moreno Ocampo a été coupable de participer à ce complot en délivrant un mandat d’arrêt contre le colonel Mouammar Kadhafi. Toutes les tentatives de négociations du guide Libyen et aussi de l’Union Africaine ont été balayées du revers de la main par le Comité Nationale de Transition (CNT) qui n’écoute que les ordres venus des pays occidentaux avec en tête, la France.

En Syrie, l’armée de Bachar Al Assad tue chaque jour des manifestants. Luis Moreno Ocampo fait mine de ne rien voir et de ne rien entendre.  Aucune résolution pour sortir les syriens du bourbier dans lequel ils sont empêtrés et empêcher Bachar Al Assad de les massacrer. Ce n’est pas la première fois que cette institution reste sans réaction devant des injustices. Rien n’est dit sur la Busherie en Irak ou encore les bombardements en Afghanistan, supposés lutter contre le terrorisme. Il s’agit là de non assistance à personne en danger. Pour toutes ces raisons, un mandat d’arrêt doit être délivré contre Luis Moreno Ocampo.


Billy Billy (rappeur ivoirien), bientôt en guerre contre la Françafrique

Le rappeur ivoirien Billy Billy était à Ouagadougou pour le festival Ciné droit Libre où il devait prendre part au « concert des grandes gueules » aux côtés du Sénégalais Didier Awadi, les Burkinabè Smockey et Faso Kombat (Ndlr, les enfants du Faso). Artiste engagé, il parle de la crise qui a secoué son payé, de la françafrique et de ses projets. L’artiste, de son vrai nom Serge Yao Billy garde son humour et son langage direct que l’on entend dans ses chansons. Long entretien…

Vous attendiez-vous au succès qu’à connu votre premier album sorti il y a quatre ans ?
Non parce qu’à ce moment le rap ne marchait plus en Côte d’Ivoire. A partir du moment où la piraterie tue les artistes, ce n’était pas évident de trouver un producteur, ce n’était pas évident de se faire écouter parce que pour que tu sois médiatiser, il faut faire du coupé-décalé, c’est ce qui marche. On ne s’y attendait pas mais dieu merci on avance.

Vous saviez que le rap ne marchait pas en Côte d’Ivoire et vous vous êtes quand même lancez. Qu’est ce qui vous a motivé ?
C’était une question de conviction. Peut-être que c’est mon destin que j’ai suivi. Sinon, il y en a qui ont fait d’autres musiques et ça n’a pas marché. Je croyais en la véracité de ce que je disais. Je me suis entêté, je me suis accroché à ma conviction et aujourd’hui ça paye.

Il faut s’accrocher à ses rêves, il faut s’accrocher à ses convictions.

Quels messages Billy Billy véhiculent dans ses chansons ?
Le message, c’est qu’on peut quitter Anoumabo (un quartier populaire d’Abidjan) et être au sommet du monde comme A’ Salfo (leader du groupe Magic Système) parce que seul le travail paie. Si vous voulez, en d’autres mots on peut partir de rien pour être quelqu’un. Il faut s’accrocher à ses rêves, il faut s’accrocher à ses convictions. Ne restons pas à la maison, les bras croisés en attendant le Christ Sauveur. Chacun peut changer le monde à sa manière. C’est ce message qu’on lance. Quand j’ai chanté « Bété a réussi », ce n’était pas pour frimer mais pour montrer aux gens qu’on a le droit d’y croire parce qu’on est encore en vie. Ceux qui vivent sont ceux qui luttent.

On peut également quitter Wassakara pour être au sommet du monde ?
Voilà ! Tu vois ce que je veux dire ?
Quand on décortique la pauvreté, ce n’est pas parce qu’on se plait dedans. C’est pour que les gens se bousculent. Si à 35 ans tu dors encore dans le salon de ton oncle pendant le petit Blanc à 18 ans a envie de prendre son indépendance économique c’est une question d’Etat d’esprit. On a l’impression que la jeunesse prend conscience tardivement en Afrique. Donc à travers nos chansons on essaie de faire passer le message à travers l’humour pour « télécharger » tout le monde

On vous connait à travers vos textes engagés. Vous parlez de façon crue. Est-ce que vous n’avez pas peur de choquer les gens ?
C’est l’objectif. On cherche à choquer. La vérité fait peur. Quand on est déjà né on va forcement mourir un jour. On a peur de quoi ? Même faire l’amour, c’est dur: la première fois tu avais peur mais après tu as vu que c’est passé facilement. C’est un peu cela mon engagement. La première fois tu te demande si ce que tu as dit ne va pas te causer des ennuis. Mais après tu te rends compte que c’est un combat parce qu’il y a des gens qui croient en toi. Surtout quand tu es dans ta voiture et que les gens s’approchent de toi et te disent « Joh, ce que tu as dit, c’est comme si tu parlais pour nous. Vraiment on est avec toi. On a pas de l’argent à te donner mais tu as nos bénédictions ». Tout cela nous réconforte. Quand tu es dans la vérité, tu ne souffres pas. Quand vous regardez Jésus, je fais toujours références à lui parce que je le considère comme le plus grand philosophe du monde, il n’avait rien mais il avait sa vérité. Aujourd’hui, c’est lui qu’on prie. Au début, on nous traite de fous… Même le fou du village, écoutez le, vous verrez qu’il y a de la vérité dans ce qu’il dit. Donc, il faut souvent faire attention à ce qu’il dit. Nous avons choisis d’être révolutionnaires et on l’assume. On veut le changement. C’est la seule vérité à laquelle on croie.

Pourquoi on ne demande pas à Blaise Compaoré, à Alassane Ouattara ou à Abdoulaye Wade à part « Président » tu fais quoi ?

N’avez vous pas peur de mettre votre vie en danger ?
C’est un choix qu’on assume. Personne ne nous a forcés. En même temps que j’ai peur pour ma vie, en même temps ceux qui veulent me porter atteinte ont peur. Les politiciens ont peur de nous. Moi on paye pour venir me regarder. Les politiciens payent pour qu’on vienne les regarder. Qui est fort ? Quand je fais mes concerts les gens payent pour venir me regarder. Mais le politicien paye des gens, il distribue des tee-shirts pour qu’on vienne le regarder. Tu vois ? C’est pour te dire que ce que nous faisons, il y a une force dedans. De la manière dont nous avons peur, de cette même manière les politiciens ont peur. On connait les risques qu’on court mais on a choisi donc on assume.

Pourtant après le second tour des élections en Côte d’Ivoire, on a appris que Billy Billy avait fui le pays
Non. Je n’ai pas fui le pays. Je ne me suis pas fait enrôler. Je ne voulais pas voter. Je n’avais pas envie de parler aux journalistes. Les gens voulaient forcement connaitre mon point de vue. « Mon frère il faut dire ceci ou cela ». Je me suis retirer à Dakar parce qu’il y avait trop d’éléments incontrôlés en Côte d’Ivoire. Au-delà de tout, il fallait protéger une famille. Ce n’est pas une fuite en avant. La preuve, la guerre m’a trouvé là bas. J’ai fais les deux mois en Côte d’Ivoire. On n’arrivait pas à manger, ça tirait partout, les hélicoptères tournaient. C’était tragique mais on était là avec la population. Mourir à 16 heures et mourir à 20 heures, c’est la même mort. Il y a des gens qui ont voulu fuir le pays. Ils ont pris toute leur famille et à l’entrée du Ghana, la voiture s’est renversée et tout le monde est mort.
Dans la vie quand tu n’as rien à dire ferme ta gueule. Il ne faut pas parler parce qu’il faut parler. On est dans un contexte où les gens pensent que les élections sont la solution à un problème on s’est rendu compte que la solution est devenue le problème. On se disait qu’après les élections le pays sera libéré mais cela nous a fait chier.

Pourquoi Billy Billy se fâche t-il quand on lui demande s’il fait autre chose à part la musique ?
C’est dommage. Il y a certains journalistes qui n’ont pas le niveau. Pourquoi venir me poser des questions élémentaires après la musique ce que je fais ? Pourquoi on ne demande pas à Blaise Compaoré, à Alassane Ouattara ou à Abdoulaye Wade à part « Président » tu fais quoi ? Donc, c’est pour eux qui est « travail » pour nous c’est pas « travail « ? Pourquoi, on ne voit pas la musique comme un boulot? Moi quand on me pose cette question, c’est une atteinte à ma personne. Sur ma carte d’identité, c’est écrit profession musicien et j’en suis fière. J’ai posé la question à un journaliste à savoir à part le journalisme ce qu’il fait ? Il m’a répondu qu’il est juste journaliste. Donc j’ai répondu aussi que j’étais juste journaliste.

La Côte d’Ivoire à un nouveau Président, Alassane Ouattara. Billy Billy penses t-il qu’il peut ramener la paix dans son pays?
Cela ne dépend pas du nouveau Président. La paix, c’est état d’esprit, la guerre, c’est un état d’esprit également. Arrivé à moment, on a cultivé l’esprit de guerre. « Si mon Président n’est pas passé on va se tuer ici ». C’était ce qu’il y avait sur les lèvres des Ivoiriens. Il faut que ça roule. Il faut qu’on se dise que la guerre a été politique, économique, militaire. Quelqu’un a gagné. Il y a eux deux Présidents. Je n’ai jamais vu un pays où il y a deux présidents. Aujourd’hui, c’est un qui resté au pouvoir. Nous, on est dans le camp du peuple. Si le travail est bon nous applaudiront. Si le travail est mauvais on va le lui dire en face. Qu’on ne prenne pas cela comme une injure. La paix, il faut que chaque ivoirien commence à la cultiver. Ce qui s’est passé, je ne pense pas qu’il y ait un ivoirien qui veuille revivre cela. Il faut avoir un langage de paix, un langage modéré, tuer les passions. Les gens ont vu quand ils sont allés se réfugiés dans les pays voisins le traitement qui leur a été réservé. On est mieux que chez soi. Il faut qu’on sache que dans le pays, il y a des limites qu’on ne dépasse pas.

Faut-il libérer Laurent Gbagbo avant de parler de réconciliation ?
Ces questions sont trop techniques pour moi. Je ne rentre pas trop dans les débats de personnes. Dans une chanson, je dis ceci : « Président Alassane, Président Gbagbo, vous êtes des frères. Y a pas anciens frères ». C’est la que j’ai terminé mon discours. Il y a des messages, quand tu les lances, ça veut déjà tout dire. Il faut savoir que tous les actes que tu vas poser, c’est à ton frère. « C’est vous qui avez dit à la télévision que vous vous appelez, alors si c’est gâté appelez-vous au lieu de vous entredéchirer ». Pour dire que dans les débats, il « faut libérez Gbagbo» je n’entre pas trop dedans.

On a dû utiliser la manière forte pour résoudre la crise ivoirienne. Billy Billy était pour ou contre l’usage de la force ?
Moi j’étais opposé à l’usage de la force. Depuis le début, vous avez parlé de dialogue (Ndlr, ils s’adressent aux protagonistes de la crise ivoirienne), terminez par le dialogue. Vous êtes parti à Marcoussis, vous étiez à Accra 1, 2, 3, à Lomé etc., la situation avançait. Que cela prenne le temps qu’il faut, il fallait restez dans le dialogue parce que c’est par là que cela vous avez commencé. Avec la force rien ne se résout. Tu as tué des gens, une autre personne vient il tue des gens. Vous vous entretuer. Il y a des frustrés. Est-ce qu’ils vont digérer ? Est-ce qu’ils vont laisser tomber ? Est-ce qu’ils vont réellement pardonner ? Il y avait un facilitateur (Ndlr le Président Blaise Compaoré), il fallait continuer avec lui.

Quand tu regardes film de guerre à la télé, tu es enjaillé. Mais quand balle perdu traverse ton immeuble pour venir casser ta télé. C’est là tu vas comprendre que ce qui est sur pistolet, ce n’est pas un jouet. Demandez-vous pourquoi quand tu demandes bonjour à un Rwandais, il te dit peace and love.

Ce que vous avez vécu durant cette période va faire l’objet d’un album ?
Non. Dans mon prochain album, je ne vais pas me moquer de Gbagbo. Je critique ceux qui sont là pendant qu’ils sont là. Ce ne sont pas des règlements de compte. Je les ai critiqués pendant qu’ils étaient là. Je ne vais pas tourner le couteau dans la plaie. Je dis ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire, personne ne veut revivre ça. Mon ami, Gbagbo, il y a des gens qui l’aiment, qui sont prêts à mourir pour lui. Il y a des gens qui croyaient en lui à un certain moment. Il ne faut pas frustrer ces gens là. On a besoin d’eux pour reconstruire le pays puisqu’on parle de réconciliation. Et quand on parle de réconciliation, c’est avec son ennemi, ce n’est pas avec son ami. Comme lui (Alassane Ouattara) il vient d’arriver, ce serait un album de mise en garde. Je ne vais pas rentrer dans les détails de « qui a tuer qui ?, qui a tué avant qui ?» On ne va pas s’en sortir comme ça. Dans tous les camps, il y a des bons et des mauvais. Les balles ne vont pas seules. Il y a des gens qui tirent. Ce sont des Ivoiriens qui ont tiré sur des Ivoiriens.
Avec mon ami Dj Blisco, on en a parlé. Aujourd’hui, c’est considéré que l’hymne de la paix en Côte d’ Ivoire. On a trouvé les mots justes pour parler aux Ivoiriens.
On dit :

« Quand tu regardes film de guerre à la télé, tu es enjaillé. Mais quand balle perdu traverse ton immeuble pour venir casser ta télé. C’est là tu vas comprendre que ce qui est sur pistolet, ce n’est pas un jouet. Demandez-vous pourquoi quand tu demandes bonjour à un Rwandais, il te dit peace and love. C’est parce que la guerre, il connait les malheurs que ça cause. Dans cette guerre, chacun a perdu quelqu’un. Je ne vais pas te demander ce que tu as perdu. Mais pardon ne me demande pas ce que j’ai perdu. Ce que je peux te dire c’est « Yako (Ndlr expression ivoirienne exprimant la compassion) ». Si je t’ai fais quelque chose pardon… Si tu as un pagne orange, il faut l’envoyer, si l’autre à un pagne blanc, il n’a qu’a envoyer, celui qui un pagne vert il n’a qu’a envoyer…»

Il y a une ONG mondiale qui veut associer son image à ce morceau parce qu’ils ont compris ce que nous voulions pour notre pays. La période des campagnes est passée. Ce qui est arrivé est arrivé. Tournons la page. Sans la paix, il n’y a rien. C’est comme un portable sans puce.

Votre futur album parle de France-Afrique. Pourquoi ce sujet ?
L’album sera assez ouvert. Désormais, le message il n’est plus destiné seulement aux Ivoiriens. J’ai choisi la Francafrique parce qu’il est d’actualité. Après 50 ans, on a besoin d’une vraie indépendance. Que les Blancs nous excusent mais qu’ils s’arrêtent de s’ingérer dans nos affaires. On peut travailler ensemble en l’exemple de la coopération nord-sud. Mais que cela soit sur de bonnes bases. Un partenariat gagnant-gagnant mais je constate qu’il y a trop de lâchetés, trop de combines, trop de machinations au vu et au su de tout le monde.

Je dis dans un de mes titres :

Peut-être qu’il écrit que l’esclave soit pour qu’on ait les États-Unis d’Amérique. Peut-être qu’il était écrit que Égypte soit pour qu’on ait l’écriture en Afrique. Ceux eux qui nous ont appris à lire, c’est eux qui nous ont appris à écrire aussi. Mais ce n’est pas eux qui viendront nous apprendre à réfléchir. Il est important qu’on arrête d’accuser l’occident parce que pendant la traite négrière. Ce sont des Noirs qui ont donné des Noirs à des Blancs. La vérité est là, elle est claire sur nos yeux mais pourquoi on la voit pas. L’Afrique l’Amérique en passant par la France, le commerce triangulaire est existe encore sous une autre forme. Notre or, notre pétrole, notre diamant, notre café, notre cacao. C’est vrai qu’ils ont pillé notre richesse mais ne me dites pas qu’ils ont pillé nos cerveaux…

C’est pourquoi je dis « dédicace à Thomas Sankara qui a payé de sa vie pour combattre le système, Mais dédicace aussi à tous ces judas qui ont accepté de salir leurs mains de son sang parce qu’ils étaient complices du système ».

En Afrique on a le droit de voter, mais en Afrique on a le devoir d’accepter les résultats certifiés par les Champs-Élysée… » C’est un cela le message.
Vous ne remarquez pas que les choses sont en train de changer ? Ça commence à venir. Il y aura un jour ou comme seul homme, on dira trop c’est trop.
Il y a des tentatives de modifications de constitution en Afrique…
Mais c’est ce qu’on chante. On veut dire trop c’est trop. Souvent, il faut dire « non ».
Les gens prennent plaisir à tordre le coup à la constitution et personne ne parle. Ils achètent les opposants. Ici même, il n’y a pas d’opposants. C’est des opposés. Des gens qu’on paye pour faire comme s’ils étaient des opposants. C’est dommage. Il faut que les gens se lèvent. C’est pourquoi il y a des gens comme Smockey qui luttent. Je veux qu’il y ait un article dans toutes les constitutions d’Afrique qui stipule que celui qui a fait douze ans au pouvoir, qu’il soit bon ou pas, qu’il dégage. Chacun à son niveau doit apporter sa pierre pour construire le pays. Tu n’es pas le seul. Dégage (Ndlr, il s’adresse aux dirigeants africains). Des gens qui ont 85 ans et qui s’accroche. On est en république et non en royaume. Tu es un Président, tu n’es pas un roi. On n’est pas au temps de Béhanzin. Que les gens arrêtent de présenter l’Afrique comme au temps de Tarzan. Quelqu’un qui soutient son fils qui a cinq ministères, ça fait des frustrés. Pourtant, il y a étudiants qui ont la tête pleine. Remarquez, les premiers Présidents ont fait au moins 20 ans. C’est parce le peuple dormait. Aujourd’hui tout à changer. Il y a tout ici. C’est ici que la France s’enrichit. Vous ne remarquez pas que les grandes puissances s’intéressent à l’Afrique. Ils s’immiscent dans nos guerres, ils adoptent des résolutions. Même les Etats-Unis qui ne s’intéressaient pas aux affaires africaines. Barack Obama commencent à s’impliquer. Regardez ces guerres bizarres en Libye. Qu’est qu’on lui veut à Kadhafi ?

Ce qui signifie que Billy Billy est contre les bombardements de l’OTAN ?
Dites moi ce qu’on lui reproche. Il faut arrêter. Si sa population est contre lui, elle va se soulever. Il ne faut pas prendre des plaisantais pour une rébellion. Il y a quel pays au monde où les chômeurs sont payés ? Dans quel pays où même les boutiques sont climatisées ? Ne manipulez pas un groupuscule à Bengazi pour nous faire croire à une rébellion. C’est ce que je dénonce dans l’une de mes chansons :

Expulser un enfant de tirailleur du sol français, c’est un scandale. C’est comme si Alain Juppé ignorait l’histoire qui lie la France au Sénégal. Berlusconi se plaint du taux d’immigrés en Italie. Mais moi je me plains du taux de réfugies victimes de cette sale guerre imposée à la Libye. Dites-moi, de toi à moi, qu’est ce qu’on reproche au Guide Libyen Mouamar Khadafi, le pétrole de Bréga ou son projet d’Etat d’Afrique unis?

Tiken Jah Fakoly a dit « quand nous serons unis ça fera très faire mal ». Et cela leur faire très mal. Il a construit des Universités en Afrique. Ils ont compris que cet homme, les gens commencent à l’écouter donc il faut l’éliminer. L’ECOMOG regarde. Quand la Côte d’Ivoire brûle, le Burkina regarde. On dit « ho! ça chauffe là bas hein ». Quand la Guinée brûle, le Mali regarde. On dit « hiiiiiii, tchié, tu as vu les images ?! » Quand la Tunisie, brûle Égypte regarde. Rien ne peut se construire sans unité. Si on n’est pas uni, c’est zéro . Et les Blancs savent qu’on n’est pas uni. Diviser pour régner.

Donc pour vous, c’est ce qui fait que l’Afrique n’intervient pas dans le conflit Libyen ?
Les gens sont complices. Ils pensent qu’il faut être au pouvoir pour servir son pays. Ils ont peur de perdre leur pouvoir. Les occidentaux savent qu’ils peuvent nous acheter. Ils achètent des opposants qu’ils peuvent manipuler. Quand ils voient que celui qui est au pouvoir ne fait pas leur affaire ils peuvent financer un opposant pour enlever celui qui est là…

Depuis des années, vous chantez, il y a eu Apha Blondy, Tiken Jan Fakoly etc. Mais rien n’a changé. Comment la musique peut-il contribuer au changement de mentalité ?
Ceux qui tu cites, c’est au bout des doigts. Quand tu prends l’Afrique dans son ensemble, c’est seulement un groupuscule qui arrive à se faire entendre. Nous on vient de les rejoindre. On est combien ? Mais vous voyez maintenant, pour un « oui » ou pour un « non », les populations sont dans les rues. Il y a 20 ans les pays africains étaient stables. Les guerres étaient surtout ethniques. Maintenant les populations se lèvent et disent au gars, dégage ! C’est que les gens commencent à comprendre que si eux-mêmes ils ne se lèvent pas pour dire leur dire de quitter là, ils ne vont pas quitter. La culture participe y compris la musique. Bob Marley fait parti des gens qui ont prédit des changements depuis longtemps. Aujourd’hui, il est considéré comme des prophètes. Voilà aujourd’hui, des gens comme Awadi, Smockey, Billy Billy sont nés. Au fur et à Mesure, c’est comme ça que le changement va venir. La révolution industrielle ne s’est pas faite en un an. Le changement ne fera pas avec une seule personne et en un jour.

Le hip hop Ivoirien est en déclin comment allez vous contribuez pour permettre à certains jeunes de percer comme vous ?
Il y a beaucoup de rappeurs en Côte d’Ivoire. Les gens avaient mal compris le concept. C’était les bling bling, le champagne etc., alors que certains dormaient au salon. En Côte d’ Ivoire, ce n’est pas le rap qui marche, c’est Billy Billy qui marche. Je ne fais pas ce qui marche mais je fais marcher ce que je fais en étant proche des Ivoiriens dans mon langage, dans les réalités que je décris. Je me sens proche des Africains, parce que je peux chanter Wassakara et en venant à Ouagadougou, on va me dire qu’il y a un quartier non loti vers Tampouy.

Comment êtes vous accueilli aujourd’hui à Wassakara avec le succès que vous connaissez?
Pour quelqu’un qui est intelligent, normalement, je dois être exemple pour lui parce qu’il m’a vu gérer une cabine téléphonique dans le quartier. Je ne dis pas que j’ai réussi parce que le succès n’est pas la réussite. Il ne faut pas confondre.

Êtes-vous prêts à vivre toujours avec ceux de Wassakara ?
Je suis toujours proche des gens de Wassakara. On peut enlever un enfant du ghetto, mais on ne peu pas enlever le ghetto dans la tête d’un enfant. Je peux aujourd’hui habiter sur les Champs-Élysée mais avoir un raisonnement de ghetto parce que c’est de là bas que je viens. Tout se passe dans la tête. Dans mes messages, je sais qu’il y a un gonhi (Ndlr un groupe) qui est derrière moi. Je connais leur problème parce que j’ai vécu là bas pendant longtemps. Quand je chante la pauvreté, ce n’est pas parce que je me plais dedans. Qui a envie de dormir dans un salon à l’âge de 30 ans ? Si je vis au Burkina, j’aimerais être le voisin du Président Compaoré. Comme cela, on se lève le matin et on se salue « Allô, bonjour frère on dit quoi ? » Ce n’est pas une injure, c’est la vérité. Tout le monde aspire au bien-être. Tout le monde veut être dans les grands quartiers à Ouaga 2000 aussi. Si tu as les moyens d’habiter aux Champs-Élysée, tu y habites et lorsque que Sarkozy passe, tu lui claques les doigts.

Hormis l’album en préparation quels sont les projets de Billy Billy ?
J’ai croisé des gens avec qui je vais faire une création à Ouagadougou. En Côte d’Ivoire, les gens font le Show biz, mais ici, la culture est développée. Tu as un festival consacré aux « grandes gueules » où les gens viennent dire ce qu’ils veulent ? C’est ici que j’ai vu ça. J’ai envie de faire de grandes choses ici à travers des collaborations pas seulement dans la musique mais avec des conteurs, des hommes du théâtre etc. Le Burkina est un pays de culture. J’ai été marqué par cela. En Côte d’Ivoire, c’est bling bling mais ici, c’est plus sérieux. Les gens vivent la culture. Chaque jour il y a des festivals, des festivals de tout. En Côte d’Ivoire, il y a des potentialités mais c’est mal exploité. Vous allez voir un conteur ou un humoriste qui préfère prester lors des anniversaires. Et c’est bon pour lui. Il ne sait pas qu’il peut créer des spectacles gigantesques pour que des gens quittent des pays pour venir y assister et que des compagnies d’aviations soient même partenaires. Mais en Côte d’Ivoire pour avoir un sponsor pour un spectacle, c’est que tu as déjà tout prouvé. Ici, les gens mettent la main à la poche parce qu’ils croient en la culture. Je compte finalement revenir.

Un sujet qui fâche, vos rapports avec le groupe Garba 50…
(Il coupe)Là on est au Burkina, je n’ai pas envie de faire la publicité de quelqu’un ici. On parle de moi uniquement.

Vous avez chanté les conditions dans lesquelles vivent les étudiants en Côte d’Ivoire. Est-ce que vous avez fait des études au niveau du supérieur ?

Ha oui! Il parait que vous aimez ce titre là ici ! Je n’aime pas rentrer dans les détails, « j’ai tels diplôme ». Je n’aime pas parler de ça. J’aime qu’on me juge pour mon travail. Si je dis que j’ai une licence, celui qui a le doctorat qu’est ce que lui il va dire ? Sinon, j’ai « schooler ». Mais je n’aime pas rentrer dans les détails. Vous savez, il y a des gens qui ont des diplômes mais qui réfléchissent comme s’ils n’ont pas fait un jour d’école comme il y a gens qui n’ont jamais fréquenté mais qui sont sages.

Ecoutez Billy Billy sur Myspace

Entretien réalisé en compagnie de Kpénahi Traoré de Planète Jeunes

 


Samuel Eto’o, l’ange devenu démon ou la rançon de l’ingratitude

Le match des Lions Indomptables du Cameroun face aux Lion de la Téranga (0#0) avait une allure de défaite pour les premiers cités. Le pénalty raté par Samuel Eto’o a presque éliminé cette équipe. Les Camerounais s’en sont pris à leur star brûlant son maillot. Eto’o est traité de tous les noms de malheur, lui qui pendant sa carrière s’est toujours battu quand il a eu l’occasion de porter le maillot vert du Cameroun.

Samuel Eto'o, le maitre à jouer des Lions Indomptables

Samedi 4 juin 2010, l’équipe nationale de football du Cameroun joue contre celle du Sénégal. Un match décisif. Les Lions Indomptables doivent obligatoirement gagner pour rester en course pour la qualification à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2012 prévue au Gabon et en Guinée Équatoriale. Dans les arrêts de jeu de ce match qu’ils ont largement dominé, les Lions Indomptables obtiennent un pénalty. Le capitaine Samuel Eto’o, prend le ballon et le place au point de pénalty. Les 19 millions de Camerounais retiennent leur souffle. Eto’o prend de l’élan, s’avance au coup de sifflet de l’arbitre. Il tire et rate! Le capitaine s’effondre. A cet instant, le Cameroun est à 90 % éliminé de la CAN 2012. Quatre morts, le maillot de Samuel Eto’o, le dossard numéro 9 est brûlé. Le mécontentement général conduit certains supporters à demander son départ de l‘équipe nationale. Il est traité de tous les pêchés du Cameroun. Tout le bien et le bonheur que ce joueur a donné au peuple camerounais dans le passé a été comme consumé par les feux de la géhenne (vraiment!). A croire que le Lion Indomptable à volontairement raté son pénalty. A ce stade, un joueur de la carrure de Samuel Eto’o n’est plus intéressé par l’argent mais la volonté de relever des challenges, remporter plus de titres.

 

Pourtant, le natif de Nkon s’est toujours battu pour le football et pour le peuple camerounais. Lors des éliminatoires de la CAN et de la Coupe du Monde 2010, les Lions Indomptables sont à un pas de l’élimination. Ils doivent gagner le reste de leurs matches pour espérer obtenir le billet pour le mondial 2010, la première sur le continent africain. Dos au mur (après une défaite contre le Togo et un nul à domicile contre le Maroc), le Cameroun doit affronter le Gabon qui est dans une forme ascendante à Libreville. Après une première période difficile, Samuel Eto’o qui avait récupéré le brassard de capitaine à Rigobert Song quelques semaines avant, double le score (2#0) pour les Lions Indomptables après l’ouverture du score par Achille Emana. Les Camerounais ont salué cette victoire et la prestation du capitaine. Au match retour à Yaoundé, Eto’o marque une fois de plus, le deuxième but de son équipe (2#1) et permet au Cameroun de se relancer véritablement à la course au mondial. Restait encore deux matches décisifs contre le Togo et le Maroc. Le capitaine promet une montre de 33 000 euros à chacun de ses coéquipiers si le Cameroun se qualifie. Une source de motivation.

Le Togo, qui, à la surprise générale avait battu le Cameroun (1#0) prend trois buts au match retour. Lors du dernier match au Maroc contre les Lions de l’Atlas, Samuel Eto’o inscrit le deuxième but de son équipe, confirmant ainsi la qualification au mondial. Dans un tel contexte, comment dire que Samuel Eto’o ne mouille pas le maillot en équipe nationale au point que des enfants par forcement bien éduqués le traite de « mouilleur ».
A écouter certains Camerounais, Samuel ne se bat en équipe nationale comme il le ferait en clubs (Majorque, FC Barcelone, Inter de Milan). Pourtant, ce qu’ils oublient, c’est que l’interiste n’a pas en équipe nationale Lionel Messi, Xavi, Iniesta, Dani Alves (FC Barcelone) où Wesley Sneijder, Maicon en équipe du Cameroun. Les statistiques parlent en sa faveur. Il est aujourd’hui, le meilleur joueur de l’histoire du Cameroun (quatre ballons d’Or), le meilleur buteur de l’histoire de la CAN (sous les couleurs du Cameroun bien sûr). Des Statistiques qui prouvent que le joueur de l’Inter de Milan, s’est toujours battu lorsqu’il a porté le maillot vert.
Samuel Eto’o n’était pas le capitaine des Lions Indomptables lorsque celle-ci a perdu la CAN en 2004, en 2006 et en 2008. Malgré tout, il s’est toujours battu. Samuel est buteur en final des jeux Olympique devant l’Espagne en 2001. Ce qui permet au Cameroun de remporter cette compétition. En 2004, malgré une élimination en quart de finale contre le Nigéria, Le Lion Indomptables marquera son but. A la CAN suivante, le Cameroun est encore éliminé en quart de finale mais Samuel Eto’o est le meilleur buteur de la compétition avec cinq réalisations. En 2006 il est encore meilleur buteur de la CAN avec cinq réalisations en dépit d’une défaite en finale contre l’Egypte. Le capitaine de l’époque, le joueur le plus expérimenté de l’équipe, le défenseur le plus respecté d’Afrique, le vieux Lion, Rigobert Song en tant que dernier défenseur, au lieu de mettre le ballon hors du terrain laisse le jeune Mohamed Zidan le lui chiper et permettre à Mohamed Aboutreika de battre Idriss Carlos Kameni. Faut-il demander à Samuel Eto’o d’être à la fois attaquant, défenseur, milieu de terrain, et gardien de but parce qu’il est le meilleur joueur africain… de l’histoire (en concurence avec Geroges Weah)?

C’est vrai, Samuel Eto’o est l’un des joueur les plus riches du continent africain. Mais jusqu’à preuve du contraire, il n’a jamais été accusé de monnayer sa sélection car il a toujours été en bonne forme avec son club. Quand les Camerounais disent que la fortune lui monte à la tête, on pourrait parler d’accusation gratuite.
Parlant de fortune, Samuel Eto’o est l’un des rares joueurs, sinon le seul à offrir une bourse d’études à des Camerounais. Songeant à l’avenir du football camerounais, le Lion Indomptable a crée un centre de formation. « J’ai voulu que ces jeunes aient confiance en quelqu’un qu’ils puissent s’exprimer… Certains deviendront certainement des médecins, d’autres auront une belle carrière sportive » ses selon ses propos. Toujours dans l’esprit « de donner la possibilité aux jeunes africains d’avoir les mêmes chances que ceux d’ailleurs », il a crée la fondation à but social portant son nom et qui lui a valu une reconnaissance à Milan. Il estime dans un entretien accordé à un média français que ce prix est son « Ballon d’Or ».

Samuel Eto’o sait qu’il n’est pas eternel. Mais comme il le disait une fois sur RFI. Il mouillera le maillot pour son pays tant que ses jambes le lui permettraient. Il a quand même pensé à la relève en créant un centre de formation. Aujourd’hui, le Cameroun à le plus de représentant africains à la Massia, le centre de formation du FC Barcelone. Après cette défaite, on oublie le Samuel Eto’o qui prend en charge les frais de voyage de l’équipe nationale, dans le souci de mettre ses coéquipiers à l’aise. On oublie le Samuel Eto’o qui offre son maillot à un ramasseur de ballon à la fin d’un match. On oublie le Samuel Eto’o qui se bat à l’hôtel pour que ses compatriotes soient bien logés. Ce Camerounais est un exemple de réussite pour la jeunesse africaine malgré bien ses défauts car nul n’est parfait sur cette terre.

Les Camerounais devraient se faire à la réalité que le football a évolué. Le football pratiqué dans les années 80 n’est plus celui de 2000. Les autres équipes travaillent pour devenir meilleures. Sinon, la CAF n’aura pas besoin d’organiser des éliminatoires. Des équipes comme le Bostwana (2012), la Namibie (2010) etc. ne participeraient jamais à la plus grande fête du football africain. Samuel Eto’o a demandé pardon au peuple camerounais. Il n’avait pas besoin de le faire car, il n’est pas le premier joueur à rater un pénalty. Roberto Carlos, Ronaldhino, Michel Platini, Roger Milla ont tous échoué à cet exercice. Les leaders ont toujours été pris pour bouc émissaire, chaque fois que le jeu en équipe nationale ne fonctionnait pas. Récemment c’était Didier Drogba avec la Côte d’Ivoire. Ce problème semble résolu.

Si le Lion Indomptable connait une réussite en Europe, c’est justement parce que ces clubs sont mieux organisés. C’est ce dont à besoin le Football Camerounais au lieu de s’en prendre à un seul individu.
Le football est un sport collectif. L’entraineur doit savoir donner à cette équipe la discipline nécessaire. Les dirigeants n’ont pas su accompagner l’encadrement technique dans ce rôle.
On peut reprocher à Samuel Eto’o son égo, son mauvais rôle de capitaine. On peut sanctionner Samuel Eto’o pour avoir empêcher un coéquipier de sortir alors que le sélectionneur l’avait demandé. Mais, dégager Samuel Eto’o de l’équipe nationale du Cameroun, c’est faire preuve d’injustice.