Boukari Ouédraogo

Wikileaks: Voici comment Blaise Compaoré est jugé par les Etats-Unis

Le câble daté du 6 mars 2009 (09OUAGADOUGOU145) est l’occasion pour l’ambassadrice américaine Jeanine Jackson, qui quitte le Burkina Faso, de livrer ses réflexions sur le pays, son président, Blaise Compaoré, et sur la succession de celui-ci. Traduction des principaux passages du document.

le Président Blaise Compaoré

4 ) Pendant mes conversations privées avec lui [Blaise Compaoré, NDLR], je l’ai trouvé extrêmement sérieux, authentique et très bien informé. On m’a dit que ses plus proches conseillers adoraient travailler avec lui. Alors qu’ils travaillent de longues heures, voyagent beaucoup et reçoivent fréquemment de nombreux visiteurs, il trouve régulièrement le temps de les emmener sur le terrain de foot pour décompresser. Au départ, ce sont eux qui  l’ont poussé à travailler son image et ce sont eux qui peuvent le convaincre de laisser tranquillement le pouvoir en 2015 – ou de rester en place pour grader le pays sur le droit chemin.

5) (…) Une des raisons pour lesquelles il favorise des liens étroits avec les États-Unis est une tentative de renforcer son image au niveau international et par conséquent de consolider sa position à l’échelle nationale. L’élection clef ne sera pas 2010 mais 2015. Compaoré, que la Constitution, dans l’état actuel, empêche de se représenter en 2015, devra décider s’il se voit à l’avenir en simple citoyen. Il peut choisir entre agir comme plusieurs autres dirigeants africains en modifiant – encore –  la Constitution ou se retirer avec élégance pour devenir un médiateur entre chefs d’État africains.

6) Plusieurs observateurs pensent que Compaoré va effectivement amender la Constitution dans le but de briguer un nouveau mandat, suivant ainsi les conseils de Kaddafi, selon lequel « si un président est bon pour le pays, la Constitution doit être modifiée pour le maintenir au pouvoir ». Autre raison pour laquelle le président Compaoré n’est pas prêt de lâcher son siège, les accusations de violations présumées des droits humains dans les années 1980 et 1990 qui reviendront  le hanter si son successeur n’est pas assez proche de lui et/ou de son parti. De plus, les fidèles qui ont profité du clientélisme et du népotisme sous la présidence de Compaoré vont probablement l’encourager à se représenter en 2015.

7) Si Compaoré ne quitte pas le pouvoir, la question se pose alors : qui peut prendre sa place ? Des spéculations récentes misent sur son frère François Compaoré. Bien que François Compaoré soit un économiste bardé de diplômes et conseiller du président, il n’est pas du tout populaire dans la société du Burkina Faso à cause des accusations qui plane sur lui du meurtre d’un journaliste respecté, Robert Zongo, en 1998. Il est aussi accusé de corruption. Il est peu envisageable que le président Compaoré soutienne son frère au risque de perdre sa popularité.

Il apparaît qu’il y a plusieurs années, Compaoré a commencé à faire monter Gilbert Ouedraogo comme un successeur potentiel. Ouedraogo, fils d’un ex-président, est l’actuel ministre des Transports et leader du parti d’opposition, Rassemblement démocratique africain / l’Alliance pour la démocratie et la fédération (ADF/RDA). L’ADF est alignée sur le président mais critique le gouvernement sur plusieurs questions nationales. Il n’est plus certain qu’Ouedraogo demeure favori à la succession. (Commentaire : Ouedraogo a participé au programme des visiteurs internationaux et a une opinion très positive des États-Unis). (…)

10) Le Premier ministre Zongo devrait écrire un livre intitulé « Les secrets de pouvoir de Tertius Zongo ». Aux États-Unis, c’était un ambassadeur énergique mais même les citoyens et les donateurs le plus sceptiques sont étonnés de ce qu’il a accompli en 18 mois au poste de Premier ministre. Il a une approche censée et s’est occupé de lutter contre la corruption à tous les niveaux ; faisant de l’éducation sa priorité ; rapprochant le gouvernement de la population à travers tout le pays ; choisissant de bons ministres et leur enseignant comment progresser efficacement en utilisant les principes américains de la « gestion par objectifs » ; et consultant les partenaires bilatéraux ou internationaux sur les problèmes majeurs. En tant que principal artisan de l’élection du Burkina Faso à un MCC [Millenium Challenge Corporation, NDLR] compact, il continue d’utiliser les résultats des 17 indicateurs de performances du MCC comme de repères pour hiérarchiser ses priorités. Zongo sait jusqu’à quel point il peut encourager le gouvernement et le secteur privé à réduire la corruption sans trop faire de vague au sein des plus hautes instances de décisions. Longtemps simple fonctionnaire, Zongo ne sera probablement pas candidat à la présidentielle en 2015.

Commentaire :

11) Il est difficile pour moi de me prononcer sur la capacité de Zongo et de Compaoré à diriger la transition vers un système démocratique durable et plus stable. Il me semble que Zongo le souhaite vraiment et Compaoré pourrait être séduit par un système et des institutions démocratiques s’il pense y avoir un avenir et que le pays ne tombera pas dans le chaos. Si nous les poussons, les  pressons, les « cajolons » et travaillons avec eux pour continuer le processus nous pourrions vraiment les aider à faire de ce pays une réelle success story. Cela ne sera pas facile, mais l’effort en vaut la peine.


Football : Comment naissent les Drogba, Eto’o, Pitroipa

Les joueurs africains ont envahi les championnats européens où ils sont parmi les meilleurs à l’image de l’Ivoirien Didier Drogba de Chelsea, le Camerounais Samuel Eto’o ancien sociétaire du FC Barcelone, de l’Inter de Milan et aujourd’hui de l’Anzi Makhatchkala au Daguestan, du Burkinabè Jonathan Pitroipa à Rennes. Ces joueurs pour arriver au haut niveau ont d’abord tapé dans le ballon dans la poussière.

De futurs stars à l'oeuvre

Un Samedi, alors qu’il était 13 heures, j’ai aperçu de jeunes garçons en train de jouer au football sous le soleil ardent. Ils étaient environs cinq dont certains le torse nu, menaient des slaloms et des dribles avant de faire une passe décisive pour un ami. Le but inscrit, tous les joueurs couraient vers le buteur et sautaient de joies. L’équipe adverse tentait à son tour et réussissait souvent à égaliser ainsi de suite. Ils tapaient dans un vieux ballon sur in petit terrain. Cela m’a rappelé que la plupart des footballeurs africains ont commencé à taper dans le ballon dans la rue.

Le rêve des jeunes footballeurs africains est de devenir de superstars à l’image de leurs ainés Samuel Eto’o, Didier Drogba, Yaya Touré, Gervihno, Alain Traoré. Si aujourd’hui, les centres de formation poussent comme des champions, la première école de formation pour ces enfants demeure la rue. Ils ont généralement entre 5 et 15 ans. Tous les jeudis, samedis soir et les dimanches, ces enfants se retrouvent sur un espace de jeu avec comme ballon, un assemblage de vieux chiffons ou même de sachets. Comme les poteaux, quatre branches plantées dans le sol aux deux extrémités du terrain. Pas besoin de terrain réglementaire, le traçage du terrain qui se fait d’ailleurs avec de la cendre en générale suffit. C’est sur un terrain poussiéreux que le jeu se déroule.

Avant de commencer le match, les deux joueurs supposés plus âgés forment deux camps. Les autres enfants se mettent au milieu du terrain et les deux grands choisissent un à un et à tour de rôle, les éléments qui leur conviennent. Les deux équipes doivent être à égalité. Si un joueur n’a pas d’équipe, ce dernier est un remplaçant de luxe et peut intégrer l’une des deux équipes à n’importe quel moment.

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Les enfants  n’ont pas besoin d’un arbitre. Ils sont eux mêmes, leurs propres maitres de jeu car c’est dernier partent du fait que tous connaissent les règles de basse de ce sport et aussi par sincérité. Malgré souvent quelques mésententes, ils finissent toujours par s’entendre. La passion pour le foot prend toujours le dessus. Que le terrain soit grand ou petit, les enfants trouveront forcement une bonne formule pour exprimer leur talent. Dans un tel contexte, Ils ne pensent pas à gagner de l’argent mais à se faire plaisir.

Pour se donner plus de motivation, les futures stars du ballon rond organisent de petits tournois entre eux. Les prix sont composés d’un… verre de thé et de quelques bonbons. La compétition se déroule en une journée. Les règles du jeu ne sont forcement pas celles élaborées par la FIFA. Le jeu se déroule en 2X10 minutes. S’il n’y a pas de vainqueur, l’on passe directement aux tirs au but. Le même trophée est chaque fois remis en jeu. Et chaque jeudi, les futurs Eto’o organisent ces genres de compétitions pour se distraire.

L'un de ses enfants pourraient un jour remporter la Ligue des Champions

Comme vous l’aurez remarqué, c’est avec les moyens de bord que ces enfants jouent au football. En chemise ou même en pantalon,  (donc sans tenue de sport), sans chaussures, ils s’adonnent à leur sport favori. Certains achètent souvent des tee-shirts et écrivent au dos avec de la peinture, le nom de leur joueur préféré et se font appelés par ce nom. Les ballons comme nous l’avions mentionnés plus haut sont constitués d’emballage de chiffons, ou de sachets usés ou encore des vieux tissus qu’un tailleur a accepté de raccommoder en boule pour eux. Généralement, ceux qui ont des ballons sont très respectés car ils peuvent à tout moment décider de s’en aller si jamais ils sont contrariés. L’esprit de solidarité est généralement le concept partagé par les joueurs.

Certains adultes en profitent pour se constituer encadreur de ces jeunes même si la plupart du temps ils n’ont bénéficié d’aucune formation dans ce métier d’entraineur. C’est dans ce sens qu’ils participent aux tournois de Maracaña qui sont des compétitions organisées dans les quartiers et pratiqué sur un espace équivalent à un terrain de handball. Il se joue à sept en plus du gardien. Le Maracaña peut jouer avec un des poteaux d’une largeur de 0,5 à 0,75 mètres. C’est généralement dans ces genres de compétitions  que les meilleurs se font remarquer par certains clubs de la place. D’autres également peuvent intégrer des centres de formation.  Une première étape donc pour aboutir au championnat amateur et rêver décrocher un jour un contrat professionnel en Europe. C’est donc dans  la rue que ces jeunes forgent leur talent. La rue est le premier centre de formation du jeune footballeur africain.


Menacer de prison pour un billet sur l’excision

Certains billets que nous produisons peuvent nous causer des soucis. J’ai failli aller en prison pour un billet publié sur mon blog et intitulé Excision, difficile d’arrêter l’hémorragie. Des commentateurs qui ne partageaient pas mon constat l’ont fait savoir au point que certains aient décidé de m’attraire en justice. Heureusement tout est entré dans l’ordre. Mais je partage avec vous quelques commentaires. L’un des commentaires, le dernier me demande de penser avec ma tête et non avec mes pieds. Les commentaires sont repris textuellement.

(source image: www.contre-dits.com)

Un extrait de mon billet.

La communauté internationale a célébré le dimanche 6 février 2011, la journée internationale de la lutte contre l’excision. Au pays des hommes intègres, malgré les campagnes de sensibilisation, la pratique reste fortement ancrée dans les mœurs, jusque même chez les plus intellectuels…

Monsieur Boukari Ouédraogo,

Le siège de votre article repose sur des affirmations gratuites et des contrevérités. Il a le mérite d’exposer votre ignorance à l’opinion publique nationale et internationales sur les stratégies et actions menées par le Burkina Faso en matière de promotion de l’élimination de la pratique de l’Excision. Votre attitude révèle une volonté manifeste de saper tous les efforts déployés par l’Etat burkinabé et les différents acteurs de la promotion de l’élimination de l’excision au Burkina Faso.
Savez vous que le Burkina Faso est plutôt engagé contre l’excision depuis plus d’une vingtaine d’années au lieu d’une dizaine d’années comme vous le dites? Avez vous des statistiques pour confirmer vos allégations? Avez vous le profil de ceux qui appellent sur la ligne verte au 80.00.11.12 « SOS Excision » pour dénoncer des cas d’excision ou des tentatives d’exciser? Avez vous connaissance des statistiques de cas d’excision transmise par les brigades de gendarmerie au Comité devenu maintenant Conseil National de Lutte contre la Pratique de l’Excision? Possédez vous les rapports trimestriels des cours et tribunaux sur les cas d’excision au Burkina Faso? Pouvez vous citer ces acteurs de la lutte engagés que devant les cameras et les micros? Avez vous connaissance de la possibilité pour les femmes porteuses de séquelles d’excision de pouvoir bénéficier d’une réparation chirurgicale? Avez vous connaissance de l’existence des patrouilles de sensibilisation et de dissuasion de la pratique de l’excision menées par les Brigades de Gendarmerie en collaboration avec les Directions Provinciales de l’Action Sociale et de la Solidarité Nationale? Avec vous connaissance de l’existence des noyaux relais dans les villages chargés de mener des actions éducatives en faveur de l’abandon total de l’excision? Avec vous connaissance de la synergie d’action créée par le Secrétariat Permanent du Conseil National de Lutte contre la Pratique de l’ Excision en suscitant la création du réseau de leaders coutumiers et religieux pour l’élimination de la pratique de l’excision, du réseau des journalistes pour l’élimination de la pratique de l’excision, du réseau des Associations et ONG pour l’élimination de la pratique de l’excision, du réseau des Organisations Islamiques en Population et Développement pour l’élimination de la pratique de l’excision, du réseau droits humains et mutilations génitales féminines? Saviez vous que le Burkina Faso a été identifié par ses pairs à l’issue de la Conférence Interparlementaire de Dakar des 03 et 04 Mai 2010 comme pays leader devant porter devant la 65ème Assemblée Générale des Nations Unies, un projet de résolution pour l’interdiction mondiale des mutilations génitales féminines?
Bref, j’arrête la liste ici et je vous invite à apporter ces éléments de réponse dans votre blog car pour un futur journaliste qui écrit sur un sujet sans prendre le minimum d’informations sur la question, c’est très grave.
Pire, vous vous adonnez à des affirmations gratuites.
Pour terminer, je voudrais attirer votre attention sur la cybercriminalité et sur le risque que vous pourriez encourir de répondre d’éventuels délits en matière correctionnelle devant les juridictions nationales. Vous êtes donc tenus de publier dans votre site, le droit de réponse du Secrétariat Permanent Conseil National de Lutte contre la Pratique de l’Excision s’il juge utile de le faire. Renseignez vous auprès de vos enseignants (Pr Serge Théophile BALIMA, Dr Firmin GOUBA, Dr Nestorine SANGARE, Dr VOCOUMA pour ne citer que ceux là), ils vous diront que c’est encadré juridiquement au Burkina Faso et le Conseil Supérieur de la Communication veille au respect des dispositions législatives et règlementaires. Il ne suffit pas de créer son blog ou son site et poster des informations des contrevérités de nature à nuire ou à porter atteinte au rayonnement international de l’Etat. Si c’était vrai d’accord!

Ibrahim TALL

Armand Yameogo dit :

12 février 2011 à 23 h 11 min

Bonjour à tous,

Apres la lecture de l’article publié et de l’intervention à la fois pertinente et précieuse je dirais de M. Ibrahim Tall je crois que ma grande inquiétude s’est dissipé.

Sandrine Mano dit :

14 février 2011 à 8 h 57 min

je joinds ma voix à celle de Mr Ibrahim TALL pour vous dire qu’avant de vouloir cuaser au hasard il faut avoir des idées bien fondées.connaissez vous me nombre de femmes qui ont été en prison juste pour ces deux mois je totalise 10.le premier jugement a eu lieu le 04 janvier on a enfermé 08 et le 27 janvier on a enfermé 02.les statistiques des juriductions que je reçois chaque trmestre me rejouis le coeur et en plus je serai obligé à cette allure de poser une plainte contre vous.connaissez vous les efforts que pose l’état en faveur de l’élimination de la pratique de l’excision,le parteniares techniques et financiers,les reseaux, les associations toutes ces personnes mobilisées contre l’excision.et je tiens à vous rappeller égaelement que le BURKINA FASO a toujours été une reférence en matière de promotion de l’élimination de la pratique de l’excision plein de pays je n’ose cité ne maitrise rien en la matière et ne savent pas quoi faire contre ça.lisez les statistiques qui cherche trouve je vous rappelle un bon journaliste c’est celui qui part à la bases chercher les informations avant de parler pour ne pas un jour avoir le monde sur le dos.pensez avec votre tête ne pensez pas avec vos pieds

 


Radio Campus Ouaga, les étudiants prennent la parole

Le paysage radiophonique burkinabè s’agrandit depuis les années 1990 après le discours de la Baule. C’est dans ce contexte et aussi pédagogique qu’est née la Radio Campus Ouaga, une station qui s’impose peu à peu dans le sillage des radios burkinabè malgré ses maigres ressources.

Moussa Traoré, chef de programme de radio campus Ouaga

91.2 FM, c’est sur cette fréquence que vous pouvez écouter Radio Campus Ouaga si vous êtes de passage dans la capitale burkinabè. Créée le 26 septembre 2006, elle est située dans l’enceinte de l’Université de Ouagadougou, précisément dans les locaux qui abritent le département de Communication et Journalisme. Outil pédagogique, Radio Campus Ouaga s’est imposée comme un vrai moyen d’information et de distraction. Les animateurs de cette radio sont constitués uniquement d’étudiants de l’Université de Ouagadougou qu’ils soient du département de communication et journaliste ou des autres Unités de Formation et de Recherche (UFR). Cette équipe est encadrée par un chef de programme Moussa Traoré, chargé d’encadrer les étudiants car étant plus libre. La radio couvre un rayon de 35 km bien que des populations situées hors de ce rayon appellent et participent souvent aux émissions interactives.

Radio Campus Ouaga sert d’abord d’outil de formation pour les étudiants en communication et journalisme. Elle est ouverte à tout partenariat visant la promotion de la paix de la liberté de la démocratie, un véritable moyen d’éducation. Après les cours théoriques dans les salles, les étudiants s’en servent pour les travaux pratiques ou plutôt pour allier la théorie à la pratique. Ce qui permet aux étudiants d’être opérationnels dès qu’ils sortent de cette école. D’ailleurs des journalistes de renom sont sortis de cette école. C’est le cas de Simon Gongo, aujourd’hui présentateur du journal télévisé de la télévision nationale et lauréat du prix RFI de la liberté de la presse. Dans un contexte ou l’auto-censure est courante, Radio Campus se distingue par sa liberté et sa neutralité.

La neutralité de Radio Campus Ouaga lui cause de nombreux des problèmes dus à un manque de compréhension. Pour beaucoup d’étudiants, cette radio est un instrument de propagande des autorités politiques. Des syndicats d’étudiants refusent de passer sur les antennes de cette radio lorsqu’ils sont invités pour des débats. De l’autre côté, la 91.2 est perçue comme une radio critique voir opposée aux autorités politiques. Un jour, alors que des étudiants animaient une émission de débat relative au bien fondé d’une manifestation anti-Blé Goudé et de soutien au Président Blaise Compaoré, organisé par le mouvement « J’aime ma patrie » membre du groupe de contact pendant la crise ivoirienne, un auditeur a appelé à l’antenne pour menacer l’animateur du jour et ses invités : « Qui vous a donné l’autorisation d’animer une telle émission ? C’est parce que c’est le régime de Blaise Compaoré qui vous permet de critiquer que vous animez une telle émission ». Puis, ce dernier à menacé de saisir le Conseil Supérieur de l’Information (CSC) instance de régulation des médias au Burkina Faso, pour la fermeture de cette radio.

Cette radio est aussi célèbre pour son émission sportive « Sport au Pluriel ». Celle-ci passe tous les lundis à partir de 17 h et les vendredis de 19 h 10 à 21 h. La particularité de cette émission est son interactivité pour ce qui concerne l’émission du vendredi avec les rubriques «A vous l’antenne » qui permet de débattre sur la situation du sport burkinabè et « Questions d’auditeurs qui donnent l’occasion aux auditeurs de poser des questions pour compléter leurs informations sur l’actualité sportive. Radio Campus, la radio intelligente comme elle est aussi surnommée, explique également le concept qui entoure les différentes disciplines. Par exemple, en donnant les résultats concernant le basketball, l’animateur prend le soin d’expliquer comment est né ce sport et également ses différentes règles. Le jeudi, Maxime Kaboré, dont le rêve est de couvrir le tour de France, présente l’émission Campus Infos Sport à 12 h 30 et rediffusée plusieurs fois dans la journée.

« Faso Hit Parade », le classement des artistes burkinabè par les auditeurs, animés par Assad, Culture Box (émission culturelle) de Moumouni Simporé, Hip Hop Academy de Etik le Last et Cogito, « Ile de l’amour », sont des émissions de distraction musicale. Raggaesoundfalsh animé par Black Soul est émission reggae engagée. Le débat, Pause Littérature, Héros d’Afrique, Repère pour l’Afrique, English by students, Passion détente, Class Privilège, Traveling (émission de cinéma) etc. sont des émissions de Radio Campus Ouaga.

Bien que placée sous la coupe de l’Université de Ouagadougou, Radio Campus Ouaga est entièrement gérée par les étudiants. Elle rencontre d’énormes difficultés. Les animateurs sont tous des bénévoles. Ce qui rend souvent difficile la régularité de certaines émissions, et aux animateurs de couvrir tous les événements. Radio Campus Ouaga malgré sa jeunesse est considérée comme la 4ème Radio la plus écoutée à Ouagadougou.


Radio au Burkina : « Affairage » et « Confidence » deux émissions de référence

La ville de Ouagadougou compte une vingtaine de radios commerciales. La concurrence exige donc des émissions de qualités pour attirer les auditeurs. Deux émissions semblent tirer leur épingle du jeu. « Affairage » une émission de la radio Ouaga FM et « Confidence » de la radio Horizon FM.

Ph.Communiqué2Presse

Avec l’éclosion du paysage radiophonique burkinabè après le vent de démocratisation qui a secoué l’Afrique au début des années 1990, plusieurs radios ont vu le jour. Si les émissions musicales semblent prendre le pas sur les autres, deux émissions particulières connaissent une forte audience. Il s’agit d’abord de l’émission « Affairage». Cette émission passe sur les antennes de la radio Ouaga FM du lundi au vendredi à partir de 6h30 à 7h. Ce programme est rediffusé les soirs de 17h30 à 18h. Le samedi et le dimanche, l’émission passe en langue locale mooré. « Affairage» est une émission interactive qui permet aux auditeurs de porter des critiques sur l’administration publique. Au fil du temps, elle s’est imposée comme un cadre de libre expression pour les auditeurs. Chaque matin, des dizaines d’auditeurs appellent en direct pour interpeller certains dysfonctionnements. Les autorités politiques, coutumières et mêmes religieuses sont interpellées. Toutes les questions, qu’elles soient d’ordre politique ou social, sont évoquées par les auditeurs. Les auditeurs appellent également la population à plus de civisme. Le maire de la capitale burkinabè Simon Compaoré semblent être l’un des fidèles auditeurs de cette émission au vu de la promptitude avec laquelle il réagit lorsque son institution est interpellée. Certains auditeurs ont souvent témoigné de la réaction du maire de la capitale burkinabè. L’ancien premier ministre du Burkina Tertius Zongo a d’ailleurs pris part à cette émission en apportant des réponses au cours d’une émission d’ « Affairage ». L’émission a été récompensée lors des Galians 2009, (prix récompensant les meilleurs acteurs des médias chaque année au Burkina Faso), du prix de l’Assemblée Nationale.

« Confidence », l’autre émission interactive de la Radio Horizon Fm, la première radio libre d’Afrique est également l’une des plus écoutées. Cette émission depuis plus d’une dizaine d’années permet aux auditeurs d’exposer leur problème et de demander des propositions de solutions. La popularité de cette émission a conduit son animateur Thierry a multiplié le nombre d’heures d’émissions. En plus, des auditeurs plus ou moins âgé se sont constitués en conseiller et appellent très souvent à la radio pour trouver des solutions à ceux qui exposent leurs problèmes à l’antenne. «Confidence » est diffusée tous les vendredis matin de 8h à 9 h et les soirs de 22h à 24h et les dimanches entre 23h et 1h du matin. Banal ou sérieux, il n’y a pas de sujet tabou dans cette émission. Pour l’émission du vendredi l’animateur choisi un thème autour duquel il échange avec ses auditeurs.

Sans aucun doute, « Affairage » et « Confidence » sont les deux émissions phares du paysage radiophonique burkinabè.