Burkina Faso : droit à l’héritage des terres aménagées pour les femmes rurales

Article : Burkina Faso : droit à l’héritage des terres aménagées pour les femmes rurales
16 mai 2016

Burkina Faso : droit à l’héritage des terres aménagées pour les femmes rurales

Depuis le mois de mai 2016, les femmes rurales sont entrées dans la deuxième phase de leur campagne pour la prise en compte de l’attribution des terres aménagées. Elles exigent 30% des terres à travers l’interpellation des élus locaux à la faveur de la campagne des élections municipales.

Les femmes rurales veulent avoir des titres fonciers
Les femmes rurales veulent avoir des titres fonciers

Partant du constat qu’au Burkina Faso les femmes rurales héritent rarement de la terre, oubliées par les politiques dans l’attribution des parcelles aménagées et n’ayant très souvent pas de ressources économiques pour louer ou acheter des lopins de terres, les femmes rurales interpellent donc le gouvernement burkinabè mais aussi les futurs élus.Elles veulent que leur situation, liée à la  la distribution des terres aménagées soit prise en compte lors des élections municipales du dimanche 22 mai 2016.

Les femmes concernées se sont regroupées autour de la campagne « Cultivons », menée par l’ONG Oxfam et la Confédération paysanne du Faso (CPF) pour faire entendre leurs voix et interpeller les autorités burkinabè. A travers cette deuxième phase, ces femmes veulent exiger des acteurs politiques engagés dans ces élections des engagements  pour assurer le respect de  la mesure relative à l’accès et au contrôle de la terre. Six partis politiques de la majorité et de l’opposition se sont engagés à attribuer dans leur programme 30% des terres aménagées aux femmes rurales. Un décret a déjà été pris dans ce sens. Il reste maintenant à l’appliquer.

Il s’agit dans cette campagne menée au Burkina Faso de faire tomber certaines barrières, préjugés, idées reçues qui affirment que les femmes n’ont pas droit à la terre. Le problème est profond puisque les femmes, de façon générale ne peuvent pas être propriétaires.
D’abord, dans la famille de leurs parents, elles sont considérés comme des étrangères parce qu’elles sont amenées à se marier. Les terres qu’elles exploitent  ne leur appartiennent donc pas puisqu’elles sont obligées de la céder une fois mariées. 
Ensuite, chez leur époux, elles ne sont pas propriétaires terriennes parce qu’elles sont là-bas aussi considérées comme des étrangères. Les terres qu’elles exploitent sont des prêts et peuvent être retirées à n’importe quel moment. Finalement, elles ont du mal à mettre en place un programme de gestion des parcelles qu’elles exploitent.

Ces femmes qui se réclament des 60% des acteurs ruraux qui pensent pouvoir sortir de la famine près de 100 millions de personnes. Alors, pourquoi ne pas leur faire confiance ?

 

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