Immigration : des Burkinabés obligés de fuir la Guinée

Article : Immigration : des Burkinabés obligés de fuir la Guinée
1 février 2016

Immigration : des Burkinabés obligés de fuir la Guinée

Le centre de l’Action éducative en milieu ouvert (AEMO), situé dans le quartier de Somgandé de Ouagadougou, est résolument devenu un site d’accueil pour les Burkinabés rapatriés d’autres pays. 71 d’entre eux sont arrivés dans la nuit du jeudi 21 janvier 2016, après avoir rejoint la frontière entre le Mali et la Guinée à pied. En décembre, 240 burkinabés travaillant dans les mines avaient été chassés.

C'est à pieds que ces Burkinabè sont rentré de la Guinée
C’est à pied que ces Burkinabés sont rentrés de la Guinée

Ils se sont rendus à la mine d’or de Siguiri, au nord-est de la Guinée, dans l’espoir de faire fortune. Mais c’est dans le dénuement total que 71 Burkinabés partis à l’aventure en Guinée-Conakry sont rentrés chez eux. Et pour rentrer au bercail, ils ont dû fuir le pays en se cachant dans la forêt afin de passer la frontière malienne, d’où ils ont été rapatriés à Bobo Dioulasso avant de finalement rejoindre la capitale Ouagadougou. Dans le froid glacial de ce vendredi 22 janvier 2016, une trentaine d’immigrés de retour au pays discutaient dans la cour de l’Action éducative en milieu ouvert (AEMO) de Ouagadougou, situé au quartier Somgandé.

Entouré de quelques jeunes (qui pourraient être ses enfants), Ibrahima Zakary Congo accepte de raconter ce qui l’a contraint, avec les autres, à emprunter le chemin du retour. « Je ne sais pas pourquoi, mais ils se sont levés, un jour, et se sont mis à nous chasser sans préavis. Certains d’entre nous ont été battus, fouillés, dépouillés de leurs biens », explique-t-il malgré la gêne qui se lit sur son visage. N’ayant aucun problème entre les ressortissants burkinabés et la population locale, c’est la police elle-même qui était à la manœuvre, fait savoir Congo. « Les portables, les habits quand ils avaient de la valeur, l’or que nous avions gagné à la sueur de notre front, ils ont tout récupéré », ajoute-t-il indigné.

Le rêve de faire fortune s’envole

Il avait pourtant nourri beaucoup d’espoirs en quittant son village de la province du Ganzourgou pour se rendre en Guinée. Il n’a pas non plus rechigné au travail, lui le père de cinq enfants, dont certains sont déjà très grands. Mais l’aventure guinéenne a mal tourné. «Ce n’est pas par plaisir que je suis allé en Guinée. C’est parce que je n’avais pas de travail chez moi et que j’avais besoin de quoi nourrir ma famille », confie Congo. « Regardez-moi, je ne suis plus jeune. On ne peut pas dire qu’on est jeune lorsqu’on a dépassé la quarantaine. J’étais donc allé à la recherche de quoi nourrir ma famille mais je reviens sans un sous ».

Son rêve de faire fortune brisé, Ibrahim Zakary Congo s’est rendu compte qu’obligé de se cacher, il ne pouvait pas travailler comme il le voulait. A un certain moment, il a dû affronter la dureté de la vie. Il n’avait plus rien à manger puisqu’il devait se cacher. S’il était arrêté, il irait en prison comme les rapatriés du mois. Conscient de cette réalité, il décide donc de quitter la Guinée pour sa terre natale. Là encore, Ibrahim Zakary Congo est obligé de se cacher. Il a fallu se cacher pour rejoindre la frontière malienne, à partir de l’endroit où l’ambassade du Burkina Faso au Mali a affrété des cars pour les ramener à Bobo Dioulasso. « Les policiers étaient à la frontière et attendaient. Ils avaient été aussi au niveau du fleuve Niger », raconte toujours ce désormais ancien mineur. S’il est rentré à pied, c’était pour éviter de rentrer plus démuni qu’il ne l’était dans le cas où la police mettait la main sur lui. 

Retour à la terre

Que faire après ce retour, désorienté et tout honteux ? Congo n’a d’autres choix que de retourner à la terre. « J’ai quitté très tôt l’école. J’étais donc devenu cultivateur. Je suis obligé de retourner à la terre », avoue-t-il tout en montrant des signes d’impatience quant à l’arrivée de la saison pluvieuse. Toutefois, il ne sait toujours pas comment il va affronter le regard de ses enfants, de sa femme et de son village. « Regardez nous ? C’est dans des plastiques que nous avons laissé nos habits. C’est une honte pour un homme comme moi de rentrer d’une aventure avec ses biens dans un simple plastique », lâche-il comme si ses propos l’étouffaient. S’il n’était qu’un simple employé, Ibrahim Zakary Congo déplore tout de même le matériel laissé sur place par ses patrons. D’après ses explications, ces derniers avaient de grosses machines qui servaient à moudre les pierres sorties des mines. Ils pourraient essayer quelque part au pays s’ils pouvaient récupérer leur matériel. Mais cela semble désormais impossible.

Au début du mois de janvier 2016, des Burkinabés ont été rapatriés de la Libye.

Partagez

Commentaires

Bamogo abou senateur
Répondre

Les chèrs compatriôte le regime de blaise compaoré nous j as fais detester a l etranger en guinée depuis le temps de l assane konté suitte a la geurre de liberia