Burkina : la véritable chute du général Diendéré

C’est fini. Le mythe du général Gilbert Diendéré et du redoutable régiment de sécurité présidentielle (RSP) est tombé ce mardi 29 septembre 2015 après un assaut au camp Naba Koom II. Les Forces armées nationales (FAN) du Burkina ont utilisé la force pour mettre hors d’état de nuire l’ancienne garde présidentielle qui faisait des résistances face au mot d’ordre de démantèlement de cette structure.

Les Burkinabè ont tout fait pour l’éviter, ils n’ont pas pu. Finalement, les deux sœurs armées, les Forces armées nationales (FAN) et le régiment de sécurité présidentielle (RSP) se sont affrontées. La signature de l’accord chez le Mogho Naba Baongho le mercredi 23 septembre 2015, le chef suprême des Mossi de Ouagadougou n’a servi à rien. Tous les traditionalistes savent que lorsqu’un accord n’a pu être résolu chez le chef, c’est la voie au non-retour. En général, celui a manqué sa parole en paiera le prix cher. C’est le cas pour le général Gilbert Diendéré dont les éléments ont été maîtrisés en seulement une soirée, une attaque.

Naba Koom détruit à partir de Goughin

Les Ouagalais ont entendu aux environs de 15 heures, les premiers coups de feu : deux tirs à l’arme lourde sans précision. Cinq minutes environ après, de nouveaux tirs ont été entendus dans le secteur : trois coups simultanés d’artillerie lourde. Par la suite, un riverain du quartier Kossyam confie avoir entendu quatre tirs d’armes lourdes. Après un moment de silence, à 18 heures, le général Gilbert Diendéré s’exprime sur les antennes d’une radio locale appelant ses hommes à déposer les armes. Mais les FAN ont continué le bombardement. Notre témoin rapporte quatre coups successifs d’armes lourdes. A ce moment-là déjà, la situation était sous contrôle des FAN. Le RSP était vaincu. Les FAN ont pris le soin d’encercler le camp pour empêcher des fuites avec des armes surtout.

Les habitants du quartier Goughin ont entendu des tirs depuis leur quartier notamment au camp Sangoulé Lamizana situé dans le quartier ouest de Ouagadougou.Qui tirait : les FAN ou le RSP ? Comment un champ de bataille qui se trouve à près d’un vingtaine de km peut être aussi ressenti dans ce quartier ? L’artillerie lourde utilisée a permis d’affaiblir et de neutraliser le camp Naba Koom. Cet armement permet d’attaquer à une grande distance et de façon précise. Beaucoup d’éléments s’étaient déjà rendus au camp 11-78, situé sur la route Ouagadougou-Pô comme l’a dit le général Gilbert Diendéré à une chaîne locale. En réalité, ils s’y étaient rendus bien avant l’attaque.

L’ambassade des Etats-Unis ferme sa porte à Diendéré

Pendant ce temps, son chef Gilbert Diendéré cherchait un point de chute. L’ambassade des Etats-Unis a refusé de le recevoir. Le diplomate américain Tulinabo S. Mushingi ne voulait pas d’incident diplomatique. C’est ainsi que le général a abandonné son véhicule pour se rendre par un autre moyen dans un autre endroit. Finalement, c’est chez le nonce apostolique de Rome au quartier Ouaga 2000 non loin du camp Naba Koom et du palais présidentiel qu’il aurait trouvé refuge.

Les FAN ont pris toutes les dispositions pour éviter des dégâts collatéraux en publiant plusieurs communiqués appelant les populations à rester loin du camp Naba Koom et du palais présidentiel. Apparemment, les dispositions prises ont permis d’éviter ou peut-être d’amoindrir les dégâts collatéraux.

Le gouvernement à travers un communiqué a annoncé la prise de toutes les positions de l’ex-RSP.

2 thoughts on “Burkina : la véritable chute du général Diendéré

  1. Le RSP a déposé les armes. Nous voilà délivrés d’incertitudes au pays des Hommes Intègres (et courageux).
    Voilà aussi un mythe qui tombe comme un château de cartes : l’invincible garde prétorienne a été vaincue et humiliée rien que par la détermination d’un peuple qui a pris la ferme décision d’évoluer.
    C’est une gifle aux putschistes, aux arrivistes, aux opportunistes, aux fumistes, aux révisionnistes « extensionistes » de mandats, à tous les adeptes de la médiocratie du faire-semblant.
    Le Burkina est à l’origine d’un nouveau concept que je vais lancer : les états politiquement émergents.
    Ce soir, Je suis Le Burkina Faso
    Soyons tous Burkinabés

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