Les ronds-points en pneus de Ouaga

Rond-point de Ouaga (Crédit photo : Boukari Ouedraogo)

Rond-point de Ouaga (Crédit photo : Boukari Ouedraogo)

Dans une capitale où presque tout le monde a un engin à deux roues, la circulation n’est pas du tout aisée. Au Burkina, on n’a pas besoin d’un permis de conduire pour rouler avec ces engins. Compte tenu des accrochages aux différents carrefours, la population elle-même a décidé de réguler la circulation en implantant des ronds-points faits de pneus usés à certains carrefours stratégiques de leurs quartiers.

Expressément, je n’ai pas cherché à savoir si cela est recommandé dans le code de la route. Je préviens que je fais parti de ces millions de burkinabè qui roulent avec une moto sans forcement avoir un permis de conduire. Toutefois, je ne pense que le code de la route parle de ces ronds-points en pneu qu’il faut ériger aux carrefours des quartiers. Au Burkina, dès qu’on sait pédaler un vélo, on est apte à rouler une moto. Vous ne pouvez pas faire une journée sans enregistré un accident de la circulation à moins que la brigade des sapeurs-pompiers ne me dise le contraire.

Je disais donc que dans un pays où presque tout le monde roule avec un engin à deux roues et sans permis de conduire, les accrochages sont fréquents notamment au niveau des carrefours. C’est pourquoi, dans beaucoup de quartiers, que les voies soient bitumées ou non, les jeunes ont installés des ronds-points en utilisant des pneus usés. Si cela a attiré mon attention, c’est parce que je n’ai pas encore vu cela ailleurs.

Ces ronds-points de pneu sont loin d’être décoratifs certains d’entre vous qui lirons ce billet et qui connaissent Ouagadougou. Je veux notamment parler du rond-point des cinéastes que beaucoup de personnes ne vivant pas au Burkina m’ont confié vouloir voir lorsqu’ils seront à Ouagadougou. Je me rappelle même cette confession d’un Ivoirien résidant désormais à Ouagadougou : « ce que je voulais le plus voir à Ouagadougou, c’était le rond-point des cinéastes. Chaque fois qu’on présentait le Burkina à la télé, on présentait ce rond-point ». Effectivement, dans les chaines internationales, ce monument apparait fréquemment lorsqu’on veut parler du Burkina et mieux encore du cinéma burkinabè. Il y a également le rond-point des Nations Unis. Mais comme vous pouvez le constater sur l’image, les ronds-points « artisanaux » n’ont pas cette esthétique justement parce que l’objectif, c’est d’éviter ou réduire les accrochages.

Les ronds-points de pneus sont-ils vraiment respecter ? Bien que cela soit fait pour faciliter la circulation aux carrefours, il est fréquent de voir certaines têtes brulées griller la politesse à ces ronds-points en les contournant mal. Très souvent, cela provoque des accidents et dégénèrent souvent. C’est normal parce que lorsque les riverains « perdent » un peu de leur temps pour faire un tel travail et que cela n’est pas respecté, comprenez bien que c’est énervant.

Ces ronds-points peuvent paraitre bizarres lorsqu’on vient pour la première fois à Ouagadougou mais on s’y habitue facilement. Personnellement, j’apprécie cette initiative de la population car cela permet de les protéger mais aussi tous ceux qui circulent sur ces axes. Cela ressemble aux ralentisseurs communément appelés « gendarmes couchés » que les gens érigent devant leur porte pour ralentir les adeptes de la vitesse. On pourrait en parler dans un autre billet pourquoi pas.

4 thoughts on “Les ronds-points en pneus de Ouaga

  1. Slt Boukary, tu parles de Ouaga, viens faire un tour à Bamako et tu comprendras qu’on se ressemble beaucoups. Tout ce que tu racontes dans ce billet se rapporte à ce qui se passe exactement à Bamako. D’une part je dirais que c’est une faiblesse des autorités!

  2. vraiment ingénieux ici chez nous on met des roue pour signaler qu’il y a un trou mais cela n’empêche pas un chauffeur de toujours tomber dedans. donc j’attends aussi nos ronds-point à roues

  3. Ces ronds points le plus souvent ne sont pas respectés. Mais à mon humble avis, ils sont importants dans la fluidité de la circulation. En tout cas, ils sont loin d’être des éléments décoratifs.C’est une belle initiative des populations à ne pas attendre le politique pour prendre en compte sa propre sécurité routière!

  4. C’est mieux de protéger ainsi la population des accidents. Au Cameroun, dans des endroits sans signalisation, rien n’est fait, même la population ne prend pas d’initiative. Vraiment, chapeau aux Burkinabés…

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