Jour J+7 du coup d’Etat au Burkina : après la tension, la décrispation

Article : Jour J+7 du coup d’Etat au Burkina : après la tension, la décrispation
23 septembre 2015

Jour J+7 du coup d’Etat au Burkina : après la tension, la décrispation

La tension est retombée à Ouagadougou ce mercredi 23 septembre 2015 après une semaine marquée par un coup d’Etat, des manifestations, la répression, voire un risque de guerre.

Malgré le retour aux affaires du président de la Transition Michel Kafando, les habitants de Ouagadougou demeuraient dans la méfiance . Un tour rapide dans la ville permet de constater que certains commerçants sont sortis tandis que d’autres sont restés chez eux. Un fait inimaginable à la veille de la fête de la tabaski. Justement, en prévision à cette fête, l’on peut constater par endroits, des vendeurs de moutons discutant avec des clients.

Jusqu'au mercredi 23 septembre 2015, seulement les vendeurs d'essence par terre permettaient aux Burkinabè de s’approvisionner
Jusqu’au mercredi 23 septembre 2015, seulement les vendeurs d’essence par terre permettaient aux Burkinabè de s’approvisionner

Sur le trajet, aucune station d’essence n’est ouverte. Seuls les vendeurs à la criée proposent de l’essence. Certains ont augmenté le prix. Il faut souvent tourner pour tomber sur un bon samaritain qui vous propose l’essence à un prix raisonnable. Certains, complètement, à sec ou qui refusaient de s’approvisionner en carburant sont dans l’obligation de céder pour une fois.

Gilbert Diendéré : « Le plus gros tort a été de faire ce putsch (…). Pour moi le putsch est fini »

Posted by Bassératou Kindo on mercredi 23 septembre 2015

 

Le Burkina Faso ayant frôlé un affrontement entre le régiment de sécurité présidentielle (RSP) et les Forces armées nationales (FAN), un tour au niveau des camps permet de constater la présence de quelques militaires au niveau du camp Sangoulé Lamizana situé à Goughin au côté ouest de la ville de Ouagadougou. Ils sont postés à deux au niveau des différentes entrées. L’entrée principale est barricadée pour des raisons de travaux.

 

En traversant, les rues, l’on peut constater le goudron noirci par les pneus brûlés . Tous les barrages ont été levés. La circulation est fluide. Les alentours du camp Guillaume Ouédraogo sont barricadés. Cette fois, ce n’est plus la place de la Nation que les forces armées nationales ont barricadée. Les soldats ont avancé de 100 mètres obligeant les passants à faire de grands détours.

 

A l’entrée de la télévision nationale , un groupe d’hommes des forces armées reconnaissables à leur treillis couleur de terre sont assis et discutent. A quelques centaines de mètres de là, c’est le RSP : les hommes  habillés en treillis verts occupent les lieux. Mais l’armement est plus discret que la veille. C’est là que se trouve le domicile de Gilbert Diendéré.

 

C’est dans un tel contexte qu’à la salle des banquets du quartier Ouaga 2000, le président de la Transition était en train d’être réinstallé dans ses fonctions de chef d’Etat. Même si les regrets du général Gilbert Diendéré ne l’empêcheront pas.

Bien avant, quand les Burkinabè se sont réveillés ce mercredi matin, ils ont appris que le RSP et les FAN ont trouvé un accord. Il n’y aura plus d’affrontements. Cela vient rappeler à tout le monde que malgré de très fortes divergences, ce peuple est capable de s’entendre pour l’idéal : la paix.

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