Jour J+6 du coup d’Etat : une journée tendue à Ouagadougou

Article : Jour J+6 du coup d’Etat : une journée tendue à Ouagadougou
22 septembre 2015

Jour J+6 du coup d’Etat : une journée tendue à Ouagadougou

Les Forces armées nationales (FAN) vont-elles attaquer ? Le régiment de sécurité présidentielle (RSP) va-t-il rendre les armes ? Que va décider la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ? Ce sont  autant de questions que se posaient les Burkinabè depuis que les FAN ont décidé de prendre leur responsabilité pour faire face au coup d’Etat orchestré par Gilbert Diendéré et ses conséquences sur la vie sociopolitique burkinabè. La journée était tendue à Ouagadougou.

Lorsque les Burkinabè se sont réveillés ce mardi 22 septembre 2015, la plupart d’entre eux pensaient qu’on assisterait à un affrontement sanglant entre les Forces armées nationales (FAN) et le régiment de sécurité présidentielle (RSP). Une guerre fratricide que redoutaient beaucoup également. Comme on le dit à Ouagadougou, « une balle perdue ne fait pas de différence entre un civil et un militaire ». Le chanteur ivoirien Billy Billy, affirmait également « La guerre, c’est doux quand on regarde à la télé ».

Ce lundi, le centre-ville, comme c’est le cas depuis le début de la crise, est vide. Cela n’empêche pas certains de vaquer à leurs occupations. La place de la Nation est quadrillée par les FAN. En face se trouve le camp Guillaume Ouédraogo. Impossible de passer par là pour rejoindre un autre quartier. L’on aperçoit des militaires en pick-up, à motos, mais aussi dans des véhicules de transports en commun se déplacer dans la ville.

Les alentours du siège du Conseil de l’Entente, où se trouve le domicile du général de brigade Gilbert Diendéré est occupé par des militaires du RSP lourdement armés. Certains témoins affirment également que les alentours du siège du palais de Kossyam sont également occupés. Les deux camps se feraient face.

Les oreilles collées au téléphone portable avec ou sans écouteur, l’on zappe de radio en radio pour savoir ce qui se passe. Que va-t-il arriver après 10 heures, puisque les FAN ont donné un ultimatum qui expire à cette heure-là pour que le RSP dépose les armes. Rien à 10 heures passées. Difficile pour les cardiaques.

Les négociations continueraient. Le général Gilbert Diendéré pour sa part a animé une conférence de presse pour annoncer qu’il ne voulait pas faire couler de sang, mais se défendrait s’il était attaqué. C’est presque le même message du côté des FAN : éviter un bain de sang.

C’est peut-être dans ce sens qu’après 18 heures, aucun coup de feu n’était entendu. Gilbert Diendéré attend la décision de la Cédéao. Les FAN semblent avoir retardé leur attaque pour des négociations qui se dérouleraient sous l’égide du Mogho Naba. C’est dans un tel contexte, que l’on apprend finalement qu’un groupe de quatre chefs d’Etat se rendraient à Ouagadougou afin de trouver une issue pacifique.

Les informations, bien avant, étaient rares. Beaucoup de rumeurs. Chériff Sy, le président du Conseil national de la transition (CNT) qui s’est également auto-proclamé président par intérim a signé un décret pour dissoudre le RSP. Pendant ce temps, les messages d’apaisement se font attendre. Il faut attaquer !

Le lundi 21 septembre 2015, une foule s’est rendue chez le Mogho Naba, le chef des Mossi de Ouagadougou où se serait trouvé le chef des putschistes Gilbert Diendéré l’obligeant a écourté sa visite.

Et pourtant, peu de personnes au Burkina ont vécu une guerre et ignorent ses conséquences. La guerre, c’est doux quand on regarde à la télé (les films).

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