Le Messager d'Afrique depuis Ouagadougou http://lemessagerdafrique.mondoblog.org Le blog qui rapporte, Critique, Propose Mon, 01 Oct 2018 14:01:44 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=4.7.12 Le rap agonise au Burkina Faso http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2018/09/24/rap-burkina-agonise/ http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2018/09/24/rap-burkina-agonise/#respond Mon, 24 Sep 2018 12:48:59 +0000 http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/?p=2768 A la fin des années 1990 et au début 2000, le mouvement hip hop et le rap en particulier ont envahi le Burkina Faso. Mais depuis l’avènement du coupé-décalé, cette Continue reading

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A la fin des années 1990 et au début 2000, le mouvement hip hop et le rap en particulier ont envahi le Burkina Faso. Mais depuis l’avènement du coupé-décalé, cette musique est en train de connaître un essoufflement.

Avant la sortie de l’album « Arrêt sur image » de Basic Soul en 1997,  le hip hop de façon générale était assimilé à la délinquance, la drogue, la violence à cause du rythme saccadé des textes, les stéréotypes venus des films américains. Le premier album rap de Basic Soul a permis de comprendre que le rap n’était pas seulement « hardcore », mais qu’il se mariait aussi aisément à la musique traditionnelle. Un featuring sur son titre « Yennenga » avec un chansonnier traditionnel a permis à certaines couches villageoises de s’intéresser à son rap.

Mais il faut compter avec la structure 8e Sens pour voir se produire de jeunes rappeurs, qui animent les plateaux de concours de rap et d’émissions radio. C’est ainsi qu’en 1999 et 2001 les compiles Faso Connexion et Chronik Noir voient le jour et font découvrir une bonne brochette d’artistes. Le rap commence à se faire une place. Des animateurs comme Gérard Koala contribuent à la promotion du rap sur les stations de radio et à travers l’organisation de concours.

L’ascension du hip hop au Burkina

Après cet épisode, Smockey fait découvrir un autre style, plus dansant, en featuring avec Lam sur le titre « Steupi ». Son titre « Yaaba » est un grand succès. Le refrain en mooré de ce titre se laisse chanter facilement par les enfants. « yaaba yélma yaa, tif gousouf menga yaaa, ka y a Wogodg ya, pa nassatenga ya… »*. A partir de là, les regards commencent à changer. Le message en langue mooré est bien saisissable et fait l’unanimité.

C’est encore lui qui permet à nombreux jeunes de l’underground de se faire connaître à travers la compil « La part des ténèbres » en 2002 qui va faire émerger et de nombreux rappeurs. Il y aura deux volumes. Cet album permet de découvrir le rap dans toutes ses dimensions, dans toutes ses facettes : du rap dur au style le plus doux ou tradi-moderne. Les arrangements sont meilleurs. « Diplômé Paumé » de Faso Kombat est l’un des titres qui se distinguent particulièrement, car chanté en mooré et en français. Le texte et le message touchent toutes les sensibilités. La question du chômage abordé est d’actualité. Le titre tourne en boucle sur les stations de télés et de radios.

Bien que Hardcore, le groupe 2KAS, qui sortira son album dans la foulée, est aussi une référence sur la compil grâce notamment au refrain et aux textes chantés en mooré. C’est également dans cette même compil que l’on voit pour la première fois, un titre d’album avec le mot « Assassin » du groupe Ben Cees. Après l’assassinat de Thomas Sankara, très peu d’artistes auraient pu oser. Le blog de Mathcoolj contribue également à sa manière à faire découvrir cette tendance musicale. Le rap est définitivement le genre musical majeur de la jeunesse burkinabè.

L’apogée du rap

Il est donc vrai que le studio Abazon (brûlé pendant le coup d’Etat du 16 septembre 2016) a permis la production d’un nombre important d’albums. Le rap a contribué à l’émergence de la musique burkinabè. En effet, jusque-là, les émissions  musicales étaient dominées par les productions étrangères et ivoiriennes notamment. C’est grâce au groupe La Censure avec son titre « Virée de Lascars » que les Burkinabè comprendront que le rap peut se danser dans les boites de nuit. Le refrain : « tout le monde ka bouger, même si ça te plait pas tout le monde ka danser » est très dansant.

Le groupe Yeleen va définitivement permettre aux Burkinabè d’accepter le mouvement rap. Les qualités des textes, le flow de Smarty, la voie enivrante de Mwandoé font de ce groupe l’un des plus grands du Burkina et de la sous-région. L’album est écouté d’une traite. Le rap devient de plus en plus populaire. Les concours se multiplient. On aura, Hip Hop All Stars, Nescafé Rap Tour,  RAJS Talents de jeunes, Hip Hop All Stars, Craven A flow, etc.

Chaque station de radio a son émission rap. Yeleen, Faso Kombat, Sofaa, Les Black Marabouts, La Censure, Clep To Gang, Pirratack, Wedhyack, etc. Le festival Ouaga hip hop va permettre de réunir le gotha du rap burkinabè et africain chaque année à Ouagadougou. Le mouvement s’est développé à tel point qu’un chroniqueur d’un magazine international faisait de Ouagadougou, la capitale du rap africain. Au Burkina, le rap n’est plus simplement de la musique mais un outil de revendication. Le groupe Sofaa ose même en réalisant un featuring avec le Professeur Laurent Bado.

La décadence du rap

Cependant, depuis quelques années, le rap burkinabè agonise. Les productions d’albums deviennent de moins en moins nombreuses. La jeune garde, avec des groupes comme Duni Yam et Kadjoba; n’arrive plus à proposer du contenu rap. Les artistes rap s’orientent désormais vers de la musique d’ambiance et populaire. OBC, considéré par beaucoup comme l’un des meilleurs groupes de rap burkinabè, n’a plus sorti d’album. Le festival Ouaga Hip Hop a muté pour devenir un festival dédié aux musiques urbaines.

Malgré l’émergence de Joey le Soldat et Art Melody et quelques autres débutants, le rap n’est plus ce mouvement populaire. La plupart des groupes (Black Marabouts, Clep To Gang, La Censure, Faso Kombat, Yeleen, Sofaa, 2KAS, 3e Régiment, Baloukou, Negramers, etc.) se sont disloqués, souvent après seulement leur premier album. Les titres de rap ne dominent plus les différentes émissions de radios et de télévisions. L’émission All Flowz diffusée sur la télévision nationale a disparu.

Les festivals et concours de rap ont presque également presque tous disparus. À la place, ce sont des musiques d’ambiance dont les textes sont moins bien élaborés qui tournent en boucle sur les stations de télé. C’est peut-être ce qui a conduit des jeunes à mettre en place le mouvement « hip hop nékré » pour sonner le réveil du mouvement. Depuis 2005, l’influence du coupé-décalé, arrivé de la Côte d’Ivoire, a fait perdre à ce genre sa popularité. Même les rappeurs ont un à un suivi ce mouvement pour des raisons commerciales.

Pour le moment, Smarty (prix découverte RFI 2013) Smockey et Dudn’J dans une moindre mesure restent les deux véritables fers de lance du rap burkinabè, aux côtés de Art Melody et Joey le Soldat. Mais jusqu’à quand? Pour le moment, c’est le slam qui est en train de se faire une place.

*« Mon grand m’a dit de faire attention parce qu’on est ici à Ouagadougou et non aux pays des Blancs »

Crédit photo: https://neewram.files.wordpress.com

 

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Lutte contre le terrorisme au Burkina : on parle beaucoup plus des défaites… http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2018/09/04/lutte-contre-le-terrorisme-au-burkina/ http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2018/09/04/lutte-contre-le-terrorisme-au-burkina/#comments Tue, 04 Sep 2018 22:33:10 +0000 http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/?p=2748 Dans la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso, les médias ont tendance à prioriser dans leur agenda les défaites des forces de défenses et de sécurité (FDS) burkinabè plutôt que leurs victoires. On nous parlera de la règle du train qui arrive en retard... Et pourtant dans ce nouveau contexte, le paradigme doit changer. Continue reading

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Dans la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso, les médias ont tendance à prioriser dans leur agenda les défaites des forces de défenses et de sécurité (FDS) burkinabè plutôt que leurs victoires. On nous parlera de la règle du train qui arrive en retard… Et pourtant dans ce nouveau contexte, le paradigme doit changer.

Dans la lutte contre le terrorisme, il faut des actions de communications qui motivent nos militaires (crédit photo Ahmed Ouoba)

En réalité, « lorsque les terroristes frappent, ils sont assurés de bénéficier de l’attention des médias, et donc de celle de la population et des gouvernants du pays qu’ils ont pris pour cible », affirme Brigitte Nacos dans son ouvrage intitulé Médias et terrorisme : du rôle central des médias dans le terrorisme et le contre-terrorisme. Pour l’auteur, les médias sont l’oxygène des terroristes. Elle ne croyait pas si bien dire. Depuis que le Burkina Faso est frappé par les attaques terroristes, nous avons l’impression que la hiérarchie militaire reste apathique et passive. Les défaites des Forces de défense et de sécurité (FDS) burkinabè sont abondamment relayés dans la presse locale et sur les réseaux sociaux. Et pourtant, comme le disait Raymond Aron, « le terroriste ne veut pas que beaucoup de gens meurent, il veut que beaucoup de gens le sachent. »

Le professeur Taham Najem fait constater que les terroristes « calculent avec précision la portée et le but, le lieu et le timing des attaques afin de susciter l’intérêt des médias, ou en d’autres termes, pour diffuser leurs messages à l’échelle mondiale. Et plus la couverture médiatique du terrorisme est importante et se prolonge, plus les sentiments de réussite, de puissance et d’influence des terroristes deviennent grands ». Tout cela, à cause du traitement sensationnel et dramatique.

Les sacrifices des FDS ignorés

Une bonne communication pourrait booster le moral des troupes (crédit photo Ahmed Ouoba)

En effet, les FDS burkinabè font d’incroyables sacrifices sur le front chaque jour que le soleil se lève pour traquer les terroristes jusque dans leurs derniers retranchements. Après les trois attentats qui ont frappé Ouagadougou et ceux dans le Sahel, la contre-attaque burkinabè porte ses fruits, comme en témoigne l’attentat déjoué à Rayongo, un quartier de Ouagadougou, mais aussi de nombreuses arrestations et découvertes d’armes à Ouagadougou. Les cellules de contre-terrorisme déjouent des attentats. Cependant, ces actions n’ont pas fait l’objet de communication.

Dans le cas des attaques à répétition à l’Est, ce que les autorités burkinabè oublient de dire, c’est qu’ils ont été les premiers à mener des offensives dans cette région grâce à plusieurs ratissages qui ont permis d’arrêter près d’une quarantaine de présumés terroristes. L’attaque ces derniers temps dans la région de l’Est est une riposte à toutes ces arrestations. En attaquant la gendarmerie de Pama (plus de 320 km de Ouagadougou) à la fin du mois d’août 2018, ces terroristes pensaient avoir récupérer certains des leurs. Mais l’anticipation des FDS a permis de les transférer dans une autre zone mieux sécurisée. Des armes ont été découvertes dans des greniers de personnes âgées. Tout cela, on ne le dit pas. Des

Les objectifs des terroristes, c’est de briser notre cohésion sociale, l’unité de la nation. Ils y arrivent au vu de la polémique grandissante sur la gestion de cette crise par les autorités burkinabè.

Briser le silence

A mon avis donc, les journalistes doivent forcément prendre parti contre la terreur, sans pour autant fouler au pied les règles fondamentales du métier. En relayant à chaque fois ces actes de terreur, nous contribution indirectement à faire la publicité des terroristes. Le traitement sensationnel de ces événements, leur dramatisation tend à contribuer à l’apologie du terrorisme. Il faudrait une véritable sélection dans la mise sous agenda du traitement de « l’actualité terroriste ». Dans cette position, les médias doivent tout même éviter de faire le jeu des politiques (oppositions et majorité confondues) qui cherchent à chaque fois à faire de la récupération.

Il est également temps pour les autorités burkinabè de combattre les terroristes sur le terrain de la communication, car chaque attaque est une action de communication. Cela peut se faire sans pour autant fouler les droits fondamentaux de l’Homme. Les FDS, pour se donner le moral, ont aujourd’hui besoin que le sacrifice fait sur l’autel de la lutte contre le terrorisme soit valorisé. Il ne faut plus que nous ayons l’impression que les FDS qui succombent dans cette guerre sont morts pour rien. Cette communication doit se faire à travers un plan cohérent d’exaltation des efforts des FDS, de diffusion (ou non) de l’information. Dévoiler certaines informations sur les arrestations de terroristes va contribuer à rassurer la population, inquiète sur la capacité de son gouvernement à le protéger.

N’oublions pas ce que disent Audrey Ilpidi et Perle Reynaud-Fourton : « Le message terroriste est avant tout adressé à l’opinion publique. C’est un message écrit avec le sang des victimes. Le terrorisme cherche à frapper les esprits dans le dessein de les manipuler. » Mais aujourd’hui, avec l’ampleur des réseaux sociaux, il est devenu difficile de filtrer l’information. C’est pourquoi il est désormais important de miser sur l’éducation aux médias et réseaux sociaux.

Photos avec l’aimable autorisation de Ahmed Ouoba

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En Afrique, on ne donne pas le Franc CFA avec la main gauche http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/09/29/franc-cfa-afrique-on-ne-donne-largent-main-gauche/ http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/09/29/franc-cfa-afrique-on-ne-donne-largent-main-gauche/#respond Fri, 29 Sep 2017 16:43:07 +0000 http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/?p=2735 L’activiste franco-béninois Kemi Séba a été expulsé du Sénégal après avoir été emprisonné pour avoir brûlé un billet de 5000 francs CFA ((7,60 euros) le 19 août 2017 sur la Continue reading

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L’activiste franco-béninois Kemi Séba a été expulsé du Sénégal après avoir été emprisonné pour avoir brûlé un billet de 5000 francs CFA ((7,60 euros) le 19 août 2017 sur la place de l’Obélisque à Dakar (Sénégal). Son geste, on le sait, avait pour but de lutter contre le franc CFA jugé comme une monnaie impérialiste. Toutefois, son geste à créer une polémique, qui à sa place, à cause de la conception africaine de la monnaie.

Des billets de dix mille francs CFA de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest

En effet, pour Kémi Sema, l’Afrique doit avoir sa propre monnaie arrimée à aucune autre monnaie étrangère notamment occidentale. Il n’est pas le seul à lutter contre le franc CFA car déjà, les multiples pressions d’analystes, d’organisations de la société civile ont conduit les Etats ayant le franc CFA en partage à poser le débat. Au niveau de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), les discussions semblaient être en bonne voie même si depuis 2009, l’idée de la création de cette monnaie est chaque fois reportée.

Toutefois, en brûlant un billet de Cinq mille francs CFA Kemi Séba se mettait à dos une grande masse de la population africaine. Ils ne pouvaient pas être compris par ces hommes et femmes qui croupissent à longueur de journée sous le chaud soleil, la pluie, bravant le vent, les marécages infestés de punaises, cultivant le solde aride etc. et qui ne rêvent que d’avoir un petit billet de mille francs CFA.

Un débat qui a raison d’être

En fait, il s’adressait à une certaine élite qui sait déjà que le Franc CFA est forcément un instrument de domination française, que le franc CFA pénalise l’Afrique dans les exportations de leurs produits, que cette monnaie est inféodée au ministère d’un pays qui n’est pas africain qu’il asphyxie l’économie africaine.

Cependant, si la lutte de Kémi Séba se comprend, elle est difficile de passer dans la mentalité de bon nombre d’africains qui ne savent rien de l’arrimage du franc CFA à l’euro, qui ne connaissent rien des institutions de Breton Woods, qui ne comprennent pas grand-chose de cette monnaie sous tutelle. Ils ne comprendront pas en quoi le fait que des administrateurs français siègent aux conseils d’administration des banques centrales concernées et ont le droit de véto, c’est-à-dire un droit de regard pour ne pas menacer les intérêts occidentaux et français en particulier.

De la sacralité de l’argent en Afrique

En Afrique, l’argent est sacré qu’il soit le franc CFA, le cédi, ou le franc guinéen. Dans un tel contexte, brûler un billet de cinq mille francs CFA n’est pas forcément perçu comme une stratégie de lutte mais plutôt un sacrilège qui peut vous attirer toutes les malédictions possibles. Kémi Séba, le panafricaniste a-t-il tenu compte de cet aspect ? Pas sûr tant l’incompréhension et l’acceptation est grande. Si beaucoup comprennent et supportent même la lutte de Kémi Séba, ils ont eu du mal à accepter qu’il brûle un billet de banque : « ça ne se fait pas » ! C’est un totem ! Kémi Séba a presque manger son totem en faisant cela.

Bien sûr, il s’agit d’un héritage culturel à commencer par les cauris utilisés auparavant comme pièce de monnaie.  Ils sont aujourd’hui encore utilisés pour des pratiques mystiques. Certains intellectuels africains sortis de cette moule comprennent donc difficilement ce geste de l’activiste franco-béninois. Au-delà de cela, brûler un billet de banque alors que certains vivent avec moins de 650 francs CFA (moins d’un euro) par jour passe mal dans l’entendement des africains. Sinon, sur la stratégie de Kémi Séba avait été accepté, il y aurait eu une grande vague de soutien et beaucoup auraient imité Kémi Séba.

Lutte contre la corruption et la gabegie

Voilà donc une autre lutte que doivent mener les élites africaines anti-francs CFA. De toutes les luttes qui ont porté fruit en Afrique, la grande masse a toujours été impliquée. Il est donc temps, en plus des débats élitistes, d’impliquer ces paysans qui en réalité font la force de cette monnaie. Sinon, le combat mené, quel que soit les stratégies (choquantes, négociées), restera vain. Très souvent, il faut sortir de ces carcans de lutte élitiste, des conférences et panels réservés à un groupe et se rapprocher du peuple à la base pour faire comprendre le sens de la lutte. Sinon Kémi Séba restera incompris (et même méprisé) comme l’ont été beaucoup, aussi noble que soit (sera) son combat.

Cependant, voyons le sujet sur un autre angle. A quoi servirait une monnaie africaine si les dirigeants restent incapables à proposer de plans sérieux de développement à leur population, continuent dans la corruption et la gabegie et n’arrivent pas à s’émanciper mentalement et politiquement des puissances occidentales ? A rien bien sûr.

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Kounkoufouanou, ce village burkinabè où les habitants sont des sdf http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/05/09/kounkoufouanou-village-burkinabe-habitants-sdf/ http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/05/09/kounkoufouanou-village-burkinabe-habitants-sdf/#comments Tue, 09 May 2017 14:40:52 +0000 http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/?p=2708 Installée depuis 1983, la population du village de Kounkoufouanou (situé à 70 km de Fada N’Gourma chef-lieu de la province du Gourma dans l’Est du Burkina)est désormais des sans domiciles Continue reading

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Installée depuis 1983, la population du village de Kounkoufouanou (situé à 70 km de Fada N’Gourma chef-lieu de la province du Gourma dans l’Est du Burkina)est désormais des sans domiciles fixes (SDF). Le village est situé sur l’axe Fada-Frontière du Bénin. Les habitants ont été déguerpis un beau matin de juin 2015. Ils ont fui leur localité laissant tout derrière eux. Aujourd’hui, ils demandent au gouvernement burkinabè de respecter leurs droits les plus élémentaires.

Cet habitant déguerpie de Kounkoufouanou habite dans une hutte précaire

« Officiellement, on nous accusait d’occuper illégalement la zone pastorale de Kabongo. Et pourtant, on avait respecté la distance qui nous était imposée  d’au moins 500 m pour les habitations et 1 km pour les champs.  Ce jour là, les forces  de l’ordre  armées jusqu’aux dents ont  mis à feu et à sac nos habitations.  Beaucoup d’entre nous ont été tabassés dont des femmes et des enfants, arrêtés et conduits derrière les barreaux.  Nos maisons  ont été brûlées avec tout ce qui s’y trouvait », nous apprend Bernadette Koborini/Hanro mère éducatrice de l’école de Kounkoufouanou.

« Nous vivons dans la faim »

Elle poursuit son histoire : « Nos réserves alimentaires sont parties en fumée. L’unique école où nos enfants pouvaient recevoir l’éducation a été défenestrée et fermée laissant nos enfants dans la rue. L’accès  de l’unique source d’eau, la fontaine du village, nous a été coupé.  Le choc fut immense et ses répercussions psycho-sociales désastreuses pour toute la communauté. Depuis lors, nos conditions de vie ne cessent de se dégrader. Nous vivons la faim par manque de terre pour produire. Le manque d’eau portable nous expose à des maladies diarrhéiques graves ».

« La situation c’est désormais aggravé pour les ressortissants de cette localité. « Nous  sommes reclus désormais dans des huttes de fortune  et certains ont  même perdu la vie dont une enfant à la suite de morsure de serpent. Quant à nos enfants, ils n’ont eu d’autres choix que d’abandonner l’école, compromettant ainsi leur avenir pour toujours », explique, indignée, Bernadette Koborini/Hanro.

Les habitants déguerpis de Kounkoufouanou veulent être dédommager

Deux ans sont passés. La population de Kounkoufouanou reste dans une situation précaire alors que l’Etat burkinabè n’a aucun droit de regard sur eux. Ils reconnaissent néanmoins avoir reçu des vivres (quelques sacs de mils, de l’huile, des biscuits). Mais tout cela est en deçà  des préoccupations de ces populations à la recherche d’une terre où vivre, nourrir leurs enfants, les envoyés à l’école et les soigner.

C’est pourquoi, ils attendent du gouvernement burkinabè, des mesures urgentes pour leur permettre de subvenir à leurs besoins alimentaires. Ils souhaitent que le dossier de Kounkoufouanou soit rouvert pour résoudre clairement la question de la délimitation de la zone pastorale, de dédommager les membres de la communauté pour les pertes éprouvées lors du déguerpissement. Ils seraient plus de sept mille personnes à la recherche d’une terre où vivre.

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Liberté de la presse : le Burkina mieux classé que les Etats-Unis http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/05/03/liberte-presse-burkina-mieux-etats-unis/ http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/05/03/liberte-presse-burkina-mieux-etats-unis/#comments Wed, 03 May 2017 16:58:12 +0000 http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/?p=2702 En matière de liberté de la presse, le Burkina Faso est mieux classé que les États-Unis, pourtant considérés comme un pays de tradition démocratique. Continue reading

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La presse au Burkina Faso est libre si l’on croit le dernier classement de Reporter Sans frontière (RSF). Le Burkina Faso occupe la 4e place devant les États-Unis selon le dernier classement sur la liberté de la presse dans le monde. Un classement qui peut paraître surprenant quand on se trouve au pays des hommes intègres.

Le Burkina Faso, 42e dans le classement de RSF est en effet juste devant les États-Unis qui arrivent 43e en matière de liberté de la presse. En plus de cela, le Burkina Faso n’est pas si loin de la France qui se place à la 39e  position. Les trois pays se trouvent tous dans la même zone jaune, qui désigne les parties du globe à la « situation plutôt bonne » selon la légende du tableau de RSF. La surprise réside dans le fait qu’au Sud du Sahara, les États-Unis et la France sont considérés comme des modèles historiques de démocratie, tandis que le Burkina Faso sort de 27 ans de règne de Blaise Compaoré. Le pays n’avait jamais connu une alternance  démocratique.

Mais en parcourant la documentation du site de Reporter Sans Frontière (RSF), on se rend compte « en l’espace d’un an seulement, le nombre de pays où la situation pour les médias est considérée comme “bonne” ou “plutôt bonne” a diminué de 2,3% ». Et pourtant, RSF constate que c’est dans les pays de traditions démocratiques que l’on constate une dégradation de la liberté de la presse.

Donald Trump coupable ?

Qu’est ce qui peut expliquer une telle situation ? « A force de rogner sur la liberté fondamentale d’informer au prétexte de protéger leurs citoyens, les démocraties risquent d’y perdre leurs âmes », souligne le secrétaire général de RSF Christophe Deloire. Les élections présidentielles aux États-Unis et en France semblent expliquer en partie la baisse de la côte de ces deux pays avec des attaques répétées, des insultes, « dans un climat violent et délétère». De plus en plus, les hommes politiques tendent à s’immiscer dans le travail fait par les journalistes dans ces pays qui avaient pourtant bonne réputation. RSF donne pour exemple le cas de la Finlande où le Premier ministre s’est personnellement « immiscé dans les programmes de la radio publique Yle pour qu’elle ne traite plus d’un possible conflit d’intérêts dans lequel il serait impliqué ».

Sous pression, les médias sont de plus en plus traqués dans ces nations dites de démocratie avec l’adoption parfois de charte élargissant le pouvoir des services secrets sans protection pour les journalistes. C’est le cas précisément au Royaume-Unis, classé juste à deux points de plus que le Burkina Faso. Dans certains pays, les journalistes sont mêmes obligés de livrer leurs sources alors que d’autres sont mis sur écoute comme c’est le cas au Canada.

La précarité du métier menace les journalistes burkinabè

Si le Burkina Faso occupe un bon rang dans ce classement, c’est à la suite du sacrifice du journaliste Norbert Zongo, assassiné en 1998. Le rôle joué par les médias pendant l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2017 a aussi favorisé ce climat. Mais la menace demeure avec les lourdes amendes et les sanctions pouvant conduire à la fermeture des journaux demeure une limite selon RSF.

Toutefois, ce classement ne doit pas cacher les nombreux problèmes que rencontrent les journalistes burkinabè. La précarité (bas salaire, mauvaises conditions de travail, la pression du travail, de l’employeur etc.) empêche souvent les journalistes de faire leur travail de façon indépendant et consciencieuse. Ils sont souvent obligés d’accepter des perdiems de cinq mille, dix mille francs CFA lors des couvertures d’événements pour souvent joindre les deux bouts. L’amélioration des conditions de travail des journalistes burkinabè est le défi à relever.

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Au Burkina-Faso, un documentaire décrit la chute de Compaoré http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/05/01/burkina-faso-documentaire-chute-compaore/ http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/05/01/burkina-faso-documentaire-chute-compaore/#comments Mon, 01 May 2017 18:39:29 +0000 http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/?p=2694 Le documentaire « Place à la révolution », film de 84 minutes plonge le spectateur dans les moments de lutte qui ont conduit à la chute de l’ancien président du Burkina-Faso, Blaise Continue reading

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Le documentaire « Place à la révolution », film de 84 minutes plonge le spectateur dans les moments de lutte qui ont conduit à la chute de l’ancien président du Burkina-Faso, Blaise Compaoré. Il s’intéresse surtout à l’organisation, la mobilisation, la sensibilisation  et la lutte menée sur le terrain par les leaders du Balai Citoyen contre la modification de l’article 37 de la Constitution du Burkina. Cet article permettait à l’époque au Président Blaise Compaoré de briguer un nouveau mandat et d’instituer un pouvoir à vie.

 

Place à la révolution revient sur le processus de mobilisation du Balai Citoyen (Boukari Ouédraogo)

Lorsqu’il met la radio offerte par sa grand-mère en marche, Kiswendsida Parfait Kaboré dit Galadio tombe sur la voix de Sams’K Le Jah, à l’époque animateur d’une émission reggae sur la Radio Ouaga FM. Il décide alors de le rencontrer. D’un portrait de Sams’K le Jah qu’il voulait réaliser, il sort le documentaire « Place à la révolution ». Un film qui résume la lutte menée par le Balai Citoyen avec ses deux leaders principaux Sams’K Le Jah et Smockey.  Il a été co-fondé durant l’été 2013 par ces deux artistes militants, inspirés des idées de l’opposant, Thomas Sankara. Ils ont organisé différentes actions de protestation durant l’année 2014, dont la tenue d’un meeting conjoint avec une trentaine de partis d’opposition,  le 31 mai 2014, contre le président d’alors, Blaise Compaoré.

La caméra de Galadio est braquée principalement sur Sams K Le Jah et son compagnon de lutte Smockey deux artistes engagés dès les premières heures contre la modification de l’article 37. A travers des images inédites et presque uniques, il nous montre les coulisses de ce processus de révolution. Mais, c’est aussi une épopée musicale (concerts de sensibilisation grands-publics, des campagnes de reboisement et surtout des rencontres d’échanges dans les différents quartiers, les villages, les écoles loin de la capitale Ouagadougou) que propose le réalisateur etc.

De la parole aux actes

 « Il ne s’agit pas de parler seulement de Sankara, il a posé des actes il faut transmettre ça », résume Le Jah. Cette réalisation, est une plongée au cœur des différents évènements faisant en gros plan sur les marches, les meetings, les résistances face à Blaise Compaoré qui comptait s’éterniser au pouvoir. Le spectateur se sent véritablement acteur de tout ce qui passe. Mieux, Il vit les ambiances de meetings géants, respire les gaz lacrymogènes, prend part aux affrontements avec la police etc.

En effet, ce film tranche donc avec plusieurs autres par le fait qu’il met le spectateur au cœur de l’action, comme premier acteur. Normal dans la mesure où le réalisateur était au cœur de l’évènement. La caméra est surtout braquée uniquement sur le Balai Citoyen et ses leaders. Si « Place à la révolution » commence sur des notes musicales, il s’achève aussi sur des notes slam alors que l’assemblée nationale est en plein feu.

Il n’y a pas que Smockey et le Jah

Toutefois, aucune mention faite aux partis politiques, aux autres associations qui ont lutté aux côtés du Balai Citoyen. Une volonté du réalisateur qui se comprend aisément. Pour ceux qui n’ont pas été au cœur de cette lutte, ils découvrent de nouveaux visages tels que le slameur Hamidou Valian présent tout le long du film à travers ses verts décapants. Il a presque volé la vedette aux deux principaux leaders du Balai Citoyen. A côté de lui,  Rasmané Zidnaba qui s’est révélé être un véritable harangueur.

On reste sur sa faim sur certains points. La caméra est surtout braquée sur Sams’K Le Jah. Smockey ne semble joué qu’un rôle d’accompagnateur. En plus de cela, « Place à la révolution » n’entre pas assez dans les coulisses : réunion sécrètes, briefing avant et après les manifestations, les dessous de l’arrivée du général Isaac Zida au pouvoir. D’ailleurs, le tournage a débuté depuis octobre 2012. Malgré tout, Place à la Révolution est un chef d’œuvre qui permet à celui qui n’a pas vécu la révolution burkinabè en direct de le vivre comme s’il y était.

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Téléphonie mobile au Burkina : une vraie galère http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/04/20/telephonies-mobiles-au-burkina-vraie-galere/ http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/04/20/telephonies-mobiles-au-burkina-vraie-galere/#comments Thu, 20 Apr 2017 16:42:48 +0000 http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/?p=2684 Malgré une concurrence entre trois compagnies de téléphonie mobile, les clients sont confrontés à une mauvaise qualité du réseau. Continue reading

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Lorsque certains burkinabè ont appris que Orange Burkina prenait la place de Airtel Burkina, ils ont crié « vivent la concurrence, que le consommateur gagne ! ». Au même moment, le réseau de téléphonie mobile Telecel testait sa 3G. On partait vers une concurrence qui devait pousser les trois réseaux de téléphonies mobiles à s’améliorer en qualité. Mais hélas… Le consommateur burkinabè continue de galérer.

(ph. ird.fr)

La situation a même empirée. Depuis que Airtel Burkina est devenu Orange Burkina, la qualité du réseau est devenue horrible. D’abord, la connexion internet est pénible. Il faut souvent prendre plusieurs heures pour ouvrir une page avec sa clé de connexion Orange Burkina. Ouvrir une page Facebook qui semble être l’une des pages les plus légères s’avère être un véritable chemin de croix.

D’ailleurs, dans certaines zones de la capitale burkinabè, il est devenu impossible de se connecter à Internet tant la connexion est défectueuse. Même certaines zones de Ouagadougou bien couvertes auparavant connaissent des soucis.

Mauvaise qualité de la connexion et des appels

En plus de la mauvaise qualité de la connexion, il est devenu tout aussi pénible de joindre son correspondant. Lorsque vous tentez d’appeler, votre téléphone vous indique que le réseau est occupé, le portable de votre correspondant est éteint ou qu’il se trouve dans une zone hors connexion.

Et pourtant, Airtel Burkina était considéré comme le meilleur en matière d’appels téléphoniques. Qu’est ce qui explique ce changement ? Certains connaisseurs du domaine pensent que les travaux de basculement du service indien vers celui français en serait la raison. Mais selon les vérifications d’agents, le problème ne viendrait pas de là. 

ONATEL et Telecel, pas mieux que Orange

Quant au réseau ONATEL (telmob), il ne semble aucunement faire des progrès dans la qualité de ses offres. Il est actuellement presque dans la même situation qu’Orange Burkina : difficile de joindre son correspondant, mauvaise qualité de la connexion 3G qu’il prétend offrir.

Telecel déjà célèbre pour la mauvaise qualité de ses services est le réseau à la traine. Son offre de service et la qualité de son réseau sont limitées. Il vient tout de même de lancer sa 3G. Mais pour le moment, il faut se connecter à 5000 francs CFA pour 1 giga valable une semaine et 10.000 Francs CFA pour 5 gigas valables un mois. Dans un tel contexte, ce n’est qu’une minorité de burkinabè qui peut bénéficier de ces services. Car, les revenues des burkinabè ne leur permettent pas de payer le luxe d’une connexion à ces prix-là.

Au vu de tous ces problèmes, on se demande comment ces trois services de téléphonie mobile pourront échapper à des sanctions de la part l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes au Burkina Faso (ARCEP).

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Enterrement d’une grand-mère dans un village au Burkina http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/04/12/enterrement-dune-grand-mere-village-burkina/ http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/04/12/enterrement-dune-grand-mere-village-burkina/#comments Wed, 12 Apr 2017 20:28:45 +0000 http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/?p=2672 Il est 20 heures à Gassongo, village situé dans le département de Tikaré (Province du Bam) dans le nord du pays lorsque j’arrivais de Ouagadougou (environs 85 km).  La concession Continue reading

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Il est 20 heures à Gassongo, village situé dans le département de Tikaré (Province du Bam) dans le nord du pays lorsque j’arrivais de Ouagadougou (environs 85 km).  La concession habituellement vide de Ignan (mère, par imitation du cri des poussins) refuse du monde. L’ambiance est festive. Une troupe musicale féminine chante, tapant sur des calebasses posées sur un cousin. C’est la fête. Et pourtant, Yaaba, ma grand-mère est morte le matin même.

Des femmes accompagnant le défunt dans sa tombe chantent et dansent

C’était la coutume.  Quand une personne âgée s’en allait, c’était une fête. L’on fêtait son départ vers un autre monde. C’était un voyage ! On m’invita à voir son corps. Je n’avais jamais fait ça. Je n’aurai d’ailleurs jamais fait ça. Mais c’était ma grand-mère, la personne la plus importante de ma vie.  Elle était couchée sur une natte, la tête rasée. On semblait dormir.

Du monde pour le dernier voyage

Plus la nuit avançait, plus la concession devenait petite. Les femmes arrivaient d’un peu partout. Certaines venues de loin avaient fait leurs affaires dès qu’elles avaient appris le décès le matin même. La musique redoublait d’intensité. Les femmes rivalisaient de créativité dans leurs chants. Elles en inventaient sur place, vantaient les qualités  humaines de cette dame véritable modèle d’intégrité. Gardienne des traditions, elle a toujours joué sa partition pour le respect des coutumes ancestrales.  

Dans la cour donc, chantaient, dansaient, criaient, se taquinaient. Les plateaux plats de riz circulaient de main à main, se posaient autour de groupes de femmes. Alors, un vieil homme m’appela de côté : « votre grand-mère n’a pas eu de de garçon. C’est à vous de l’honorer ». Ce qui signifie que la fête devait être grandiose. Je devais acheter du dolo (bière traditionnel), des liqueurs et aussi du café pour que ces dames se droguent. Après ça, elles pouvaient chanter jusqu’au matin. Je m’exécutais. Les femmes n’arrêtèrent pas de chanter les louanges de Yaaba que lorsque les premiers rayons de soleil transpercèrent le ciel.

L’enterrement sous la canicule

Quand le soleil installa vraiment son trône dans le ciel dégagé, elles revinrent avec des bidons d’eaux portée sur la tête où à l’aide de pousse-pousse. D’autres apportèrent du bois pour la cuisine.

Au son des tambours, le village de Gassongo rend un dernier hommage à Yaaba

L’enterrement de Yaaba était prévu pour 11 heures ce samedi 8 avril. Plus l’heure approchait, plus le monde grossissait. De villages parfois lointains, des femmes et des hommes souvent à pied, arrivèrent pour assister au dernier voyage de ma grand-mère. Ils tenaient tous à lui rendre un dernier hommage. Une heure avant, sous une forte canicule, le cercueil de Yaaba fut exposé sous un grand arbre pour le dernier hommage. De nombreux villageois se rassemblèrent autour.

Après des incantations, on demandait à des jeunes de transporter le corps au cimetière. Ils se bousculèrent. Chacun voulait raconter un jour qu’il a tenu le cercueil de ma grand-mère. « Ne vous en faites pas. Chacun pourra porter le cercueil. Il faut vous relayer », expliqua un vieil homme. Ils se mirent à chanter au son du tam-tam.

Kouma yela mè (le défunt vous parle)

Kouma yela mè (le défunt vous parle)

Kouma yela mè yaaa (le défunt vous dit)

                                                 Ti ra yondg mana biig yéééé (de ne pas faire du mal à ses enfants après son départ)…

500 mètre séparent la cour de Yaaba à sa tombe. Mais, cette distance fut parcourue en une heure. Après 50 mètres, on s’arrêtait, on chantait, on dansait, on lançait des youyous alors que les jeunes balançaient le cercueil au rythme des tambours. Généralement, les plus âgés restent à la maison. Ceux qui ne pourraient pas retenir leurs larmes n’avaient pas leur place. C’était une fête et non un deuil !

La tombe de Yaaba à Gassongo

La fête continue après l’enterrement

Puis, arrivées au cimetière, les femmes rebroussent chemin. Quelques jeunes gens restent pour l’enterrement. La tombe de Yaaba, creusée la veille compte deux parties. La première partie est sous la forme d’un cercle de deux mètres environs de rayon et un mètre de profondeur. A partir de ce trou, ils creusèrent ensuite un rectangle d’environ deux mètres de longs et 50 mètres de large.

Cérémonie d’enterrement d’une grand-mère dans un village burkinabè

Quand le cercueil fut placé minutieusement, on le recouvrir avec des pierres avant d’y jeter la terre. C’était la fin. Je ne reverrai plus Yaaba. Mais la fête continue.  On continua à manger et à boire comme si c’était à Noël ou la fête de tabaski. Enfin, toute la nuit la troupe de danse du village dansa tout en buvant les nombreuses bouteilles de liqueur, de dolo et aussi du café.

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A Ouagadougou, le marché des lampes solaires se développe http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/03/30/ouagadougou-le-marche-des-lampes-solaires/ http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/03/30/ouagadougou-le-marche-des-lampes-solaires/#respond Thu, 30 Mar 2017 23:43:11 +0000 http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/?p=2658 La forte demande a fait exploser le marché des lampes solaires au Burkina Faso. Elles permettent de vaincre l'obscurité en période de délestage. Continue reading

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Le commerce des lampes solaires connait un véritable bond actuellement au Burkina Faso et à Ouagadougou notamment. Avec cette période de canicule où les délestages sont quotidiens et durent de longues heures, le recours à ces lampes permet de vaincre l’obscurité.

Les lampes solaires marchent bien à Ouaga (Ph. Boukari Ouédraogo)

Dans un pays où le taux d’ensoleillement est élevé, le recours à l’énergie solaire s’impose de fait. Depuis la fin du mois de février, les lampes solaires ont pris place dans les étalages. Elles s’arrachent comme des petits pains. Entre le mois de mars et de mai, les délestages sont fréquents à Ouagadougou et durent en général plusieurs heures. C’est pourquoi les Burkinabè se tournent de plus en plus vers les lampes solaires.

Alors, partant de ce constat, j’ai tenté de me faire une petite idée sur le commerce de ces petites machines. Pour cela, j’ai choisi de me rendre au grand marché de Ouagadougou, Rood Wooko. Du côté Est de ce marché se trouve un commerçant qui propose diverses marchandises. Il dispose d’une variété de lampes solaires et accessible à presque toutes les bourses.

Marchander le prix des lampes

Je négocie avec lui deux petites lampes qu’une connaissance avait acheté pour 2 000 francs CFA. Il refuse de me les céder à ce prix. Je dois ajouter 500 francs CFA. A prendre ou à laisser. « Quelque chose qui ne suffit pas », fait-il semblant de dire à son voisin pendant que je m’éloigne sur ma moto. C’est une manière de me faire comprendre qu’elles seront vendues que ce soit à moi ou à une autre personne.

Il suffit d’exposer ces lampes au soleil pour les faire fonctionner (Ph. Boukari Ouédraogo)

Quelques minutes après, je me retrouve carrément du côté opposé. Là-bas également se trouve un autre vendeur de lampes solaires. Après discussions, il accepte de me vendre chacune des lampes pour 2 000 francs CFA. J’en achète trois. Effectivement, comme m’expliquera ce commerçant, depuis deux à trois ans, la demande en lampes solaires est très forte. Auparavant vendeur de postes radio, il s’est convertit peu à peu dans le commerce des lampes.

« Avant, me fait-il comprendre, les lampes à piles avaient déjà pris la place des lampes à pétrole ». Il est devenu de plus en plus difficile de trouver du pétrole sur le marché. En plus de cela, les lampes à piles épargnent des odeurs du pétrole et de la fumée qui s’échappe. Pourtant elle n’éclaire pas aussi bien que les lampes à piles et désormais les lampes solaires.

Une bonne affaire pour les fonctionnaires des villages

Hormis les délestages, beaucoup de quartiers périphériques de Ouagadougou n’ont pas de réseau électrique. Pour éviter de dormir dans le noir, ils sont donc obligés de recourir aux lampes solaires qui n’occasionnent aucun autre frais à part le prix d’achat. Il suffit de la laisser se charger pendant toute la journée sous le soleil. L’énergie emmagasinée permet de l’utiliser pendant la nuit.

Un étale de lampes et appareils solaires (ph. Boukari Ouédraogo)

Ensuite, les lampes solaires sont très demandées par les enseignants et fonctionnaires vivant dans les villages. « Il y a beaucoup de fonctionnaires des villages qui viennent acheter les lampes ici pour repartir dans les villages. Quand ils viennent, ils peuvent acheter deux ou trois comme vous venez de le faire » m’assure le vendeur. Le principal avantage est qu’il y en a pour toutes les bourses. « Les prix vont de deux mille à ce que tu peux ».

Les lampes à défaut des plaques solaires

Effectivement, la qualité de la batterie de certaines d’entre elles permet d’éclairer la maison, de charger des téléphones portables, faire fonctionner la radio et parfois même de brancher la télévision ou le ventilateur. « Mais je n’ai pas ça », prévient-t-il. Néanmoins, il existe aussi des radios, des torches, des ventilateurs qui fonctionnent grâce à l’énergie solaire. Certaines lampes bien que disposant de plaques solaires minuscules peuvent être chargée avec des piles ou de l’électricité.

Ceux qui ont recours aux lampes solaires n’ont pas forcément les moyens de s’acheter les grosses plaques solaires et les batteries pour éclairer toutes les pièces de leurs maisons à cause du coût. Au moins, avec ces lampes solaires, bon marché, ils peuvent faire l’essentiel de leur travail.

 

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Lutte contre les terroristes : la psychose s’est installée au nord du Burkina http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/03/27/lutte-contre-les-terroristes-la-psychose-sest-installee-au-nord-du-burkina/ http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/03/27/lutte-contre-les-terroristes-la-psychose-sest-installee-au-nord-du-burkina/#respond Mon, 27 Mar 2017 21:57:05 +0000 http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/?p=2652 Les autorités burkinabè peuvent enfin bomber la poitrine. Malmenées depuis longtemps par de multiples attaques de terroristes, elles ont annoncé avoir abattu l’un d’entre eux et arrêté 18 autres dans Continue reading

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Les autorités burkinabè peuvent enfin bomber la poitrine. Malmenées depuis longtemps par de multiples attaques de terroristes, elles ont annoncé avoir abattu l’un d’entre eux et arrêté 18 autres dans la nuit du 22 au 23 mars 2017 à Pétéga, une localité située à 25 km de Dori, au nord du Burkina Faso. Bonne nouvelle.

La lutte contre les terroristes sera de longue haleine mais le gouvernement burkinabè doit tout faire pour que la population soit rassurée et collabore (ph. France24.com)

Effectivement, les terroristes ont multiplié les victoires depuis les attentats du 14 janvier 2016, l’enlèvement du Dr Elliot, les attaques de Nassoumbou (province du Soum au Nord du pays) du 15 décembre 2016 et surtout l’assassinat de l’enseignant et directeur d’école Salif Badini dans la même région. Ces attaques à répétition donnaient l’impression d’une armée burkinabè faible, impuissante et même sans arme face à des ennemis mieux préparés et apparemment plus déterminés.

Justement, la période d’immobilisme du gouvernement et des forces de sécurité burkinabè a permis l’installation d’un moment de doute et de peur. On se posait (on continue d’ailleurs à se poser) des questions sur les capacités réelles de l’armée burkinabè à faire face aux attaques.

La méfiance au nord

En effet, le point d’orgue de cette psychose définitivement installée est l’assassinat de Salif Badini. Il faut être au nord du pays pour comprendre la peur des populations. D’ailleurs, j’en ai fait l’amère expérience. Perdu en pleine brousse avec un ami et une grosse moto, nous nous sommes arrêtés pour demander notre route. Mais les deux individus que nous avons vus à moto ont filé automatiquement lorsque nous nous sommes approchés. Plus tard, j’ai appris que depuis cet épisode douloureux, l’on se méfie des grosses motos et de toute personne enturbannée.

Malgré la première véritable victoire annoncée par les autorités, sur le terrain, les informations ne rassurent pas. Les forces de défense et de sécurité manquent cruellement de moyens et de matériel. Il suffit de voir comment sont équipés les gendarmes et policiers sur les différents axes routiers. Pendant que les terroristes se promènent avec des B12, les militaires burkinabè patrouillent parfois avec de simples kalachnikovs. Face à la puissance de feu des terroristes, la détermination ne suffit pas.

La population doit collaborer mais…

En plus de cela, les autorités burkinabè communiquent mal. Le gouvernement, par exemple, a doté l’armée burkinabè de 500 motos pour lutter contre le terrorisme. Elles ont été présentées à la presse. Dans le contexte burkinabè, ces informations sont du pain béni pour le camp adverse. Ils vont désormais s’attaquer à tous ceux qui rouleront sur ces types de motos.  L’effet de surprise n’existe plus. Ils auraient déjà récupéré trois motos aux forces de défense burkinabè. Un militaire, tombé dans une embuscade lors d’une patrouille, aurait été tué à croire certaines causeries.

Mais, le problème le plus important, c’est que la population ne collabore pas. La plupart des attaques se passent dans les villages où les gens se connaissent tous. Cependant, personne n’ose dénoncer de peur de représailles. Justement, c’est le manque de confiance au gouvernement burkinabè resté longtemps laxiste et amorphe. De par le passé, de simples bandits sont ressortis régler des comptes parce qu’ayant appris l’identité de ceux qui les ont dénoncés. Partant de ces expériences douloureuses, difficile aux populations de faire confiance quand ils ne voient aucune garantie de sécurité et protection.

Pour arrêter cette psychose, l’armée doit burkinabè doit à son tour multiplié les victoires. Ce qui permettra de rassurer la population et récréer le lien de confiance. Sinon pour le moment, l’avantage est dans le camp des terroristes dans cette guerre.

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Le FESPACO doit créer un véritable marché du cinéma africain http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/03/14/fespaco-creer-marche-cinema-africain/ http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/03/14/fespaco-creer-marche-cinema-africain/#respond Tue, 14 Mar 2017 16:55:12 +0000 http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/?p=2643 Le FESPACO doit s'impliquer davantage pour la promotion des films africains sur le continent. Ce qui permettra à ces films d'être vus par des africains.  Continue reading

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La 15e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) a pris fin samedi 4 mars 2017 avec le deuxième sacre du Sénégalais Alain Gomis. Le FESPACO est terminé. C’en est fini pour ces films africains d’être l’objet d’une attention particulière pendant une semaine. Ils sont presque tous rangés dans les tiroirs des réalisateurs, hormis les quelques-uns qui ont l’avantage de voyager dans d’autres festivals.

Le FESPACO doit contribuer à la promotion des films sur le continent

Les organisateurs du FESPACO diront que ce n’est pas leur rôle de promouvoir les différents films africains. Erreur. Il ne doit pas être comme les autres festivals. Les films européens voyagent beaucoup. Les productions, les distributions et les salles (exploitations) sont mieux structurées. En amont comme en aval, les chaînes de télévisions sont de véritables soutiens pour ces films.

En effet, le Burkina Faso doit permettre, ou mieux contribuer, à créer un véritable marché du cinéma africain. Ce qui permettra une meilleure circulation des films produits par les africains. Sinon, combien d’entre eux auront la chance de suivre « Félicité », de Alain Gomis sacré Étalons d’or de Yennenga (la récompense suprême du festival), l’Orange africain de Sylvestre Amoussou qui a véritablement conquis le public encore moins « A miles in my shoes » du Marocain Said Khallaf, classé troisième. Que dire donc des 150 autres vus tout au long du festival ?

D’ailleurs, je me rappelle qu’en 2011, le thème retenu à l’occasion de la 22e édition était « Cinéma africain et marchés« . L’objectif était de réfléchir sur l’accès des films africains sur le marché cinématographique que ce soit sur le continent ou à l’international. Six ans après, où en sommes-nous ? Toujours à la case départ. C’est vrai, les salles de cinéma ferment de plus en plus en Afrique. Mais, à mon avis, cela est beaucoup plus dû au fait qu’elles ne diffusent que des films américains que ce même public achète à bon prix en CD au petit marché de n’importe quel village d’Afrique. Pendant ce temps, ce public ignore tout des films du continent.

Faire voir les meilleurs films dans d’autres capitales

C’est au FESPACO et aux cinéphiles africains (les acteurs directs) de s’impliquer et faire en sorte que, au-delà de la biennale, ces films puissent voyager dans différents pays africains. Certains pays africains se battent pour accueillir l’événement et certains ont émis l’idée d’un FESPACO « tournant », à l’image de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Les organisateurs doivent s’appuyer sur cet intérêt pour interpeller les gouvernants africains et les ministères en charge de la culture pour créer des mini-événements cinéma pour commencer. Par la suite, elle pourra penser à étaler les projections des meilleurs films africains tout au long de l’année.

Sinon, on pourrait peut-être imaginer un concept « Le FESPACO à Abidjan », « Le FESPACO à Dakar », le « FESPACO à Bamako » comme cela a déjà été fait avec « Le FESPACO à Bobo » etc. Le FESPACO doit donc s’impliquer pour une distribution en chaîne des films africains. Cela peut se faire par la création d’un réseau de salles de cinéma qui pourraient accueillir les meilleures productions africaines. Des productions labellisées FESPACO pourraient bien attirer le public dans les salles. L’avènement du numérique réduit les coûts d’exploitation. 

Et pourtant, à la création du FESPACO, l’objectif était de promouvoir le cinéma africain. Aujourd’hui il est en train de perdre ce rôle de promotion au détriment des réalisateurs africains. C’est pourquoi, l’Union africaine doit elle-même s’impliquer car, pendant qu’au FESPACO, l’Union européenne offre des prix et des soutiens, l’instance africaine reste muette. Dommage ! 

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Madagascar: Sur les traces de l’auteur de « Sankara le rebelle » http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/02/20/traces-de-lauteur-de-sankara-rebelle/ http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/02/20/traces-de-lauteur-de-sankara-rebelle/#comments Mon, 20 Feb 2017 19:32:53 +0000 http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/?p=2621 Lorsque j’ai eu l’occasion de rencontrer un malgache, je n’ai jamais hésité à demander d’après Sennen Andriamirado. Sennen Andriamirado était un journaliste malgache travaillant pour le journal Jeune Afrique. C’est Continue reading

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Lorsque j’ai eu l’occasion de rencontrer un malgache, je n’ai jamais hésité à demander d’après Sennen Andriamirado. Sennen Andriamirado était un journaliste malgache travaillant pour le journal Jeune Afrique. C’est lui qui a écrit les livres« Il s’appelait Sankara » et « Sankara le Rebelle ». C’est à travers ses œuvres que beaucoup de jeunes de ma génération ont pu apprendre l’histoire du père de la révolution burkinabè et ce qui a marqué cette période pendant laquelle YouTube DailyMotion n’existaient pas. Malheureusement, personne ne connaissait Sennen.

Ce livre a marqué la génération Sankara (phNdèye Fatou Kane)

En effet, Thomas Sankara est si populaire en Afrique que pour moi, l’un des principaux personnages par lesquels des millions d’Africains l’ont connu Thomas Sankara, Sennen Andriamirado devait être aussi ou connu. Même s’il ne l’était pas sur le continent, il devait l’être sur la grande ile de Madagascar. C’était oublié que nul n’est prophète en son pays.

Finalement  en novembre 2016, lors d’un voyage à Madagascar, j’ai rencontré par le plus grand des hasards Thierry Andriamirado, le neveu de Sennen. Oui. Un parent de celui qui a écrit : « Il s’appelait Sankara » et « Sankara le rebelle ». Un soir dans un hôtel d’Antanarivo, nous faisions connaissances avec des blogueurs malgaches. Lorsqu’ils se présentèrent, le nom Thierry Andriamirado me tiqua. Je ne fis pas trop attention malgré tout. Mais c’est plus tard qu’un ami malgache me confia : « Boukari tu sais, Thierry est le neveu de Sennen. Regarde, il a écrit un billet et il a pointé un lien sur lui».

La magie du net. Il fallait que je le rencontre et que je puisse comprendre. Cela faisait plusieurs années que je cherchais quelqu’un qui pourrait me parler de Sennen Andriamirado. C’était donc l’occasion.

Thierry, le neveu qui s’opposait à l’oncle Sennen

Lorsque j’ai rencontré Thierry, son admiration pour son oncle sautait aux yeux même si apparemment, les deux avaient des avis divergents sur beaucoup de sujet. « Je n’ai pas toujours été d’accord avec lui. Il y avait parfois de grandes engueulades lors des discussions. C’est plus tard lors que je me suis trouvé dans l’administration que j’ai compris beaucoup de choses que mon oncle me disait», m’explique Thierry.

Avec Thierry Andriamirado, le neveu de Sennen (gauche) /Ph. Andriamilay Ranaivoson

Mais cela ne veut pas dire qu’il s’autocensurait. « Je le croisais souvent avec des hommes politiques. Il n’hésitait pas à les interpeller sur des sujets sérieux et leur disait ce qu’il pensait », s’étonne encore le neveu. Il était franc mais sa méthode était douce. Le souhait de Thierry, c’est de savoir comment son oncle se serait exprimé aujourd’hui sur les problèmes que connaît l’Afrique. « Les bêtises des gouvernements d’avant sont reprises aujourd’hui. J’aurai voulu savoir ce qu’il aurait dit avec son style journalistique », s’interroge Thierry. Mais, les articles de Sennen étaient très attendus dans Jeune Afrique et redoutés en même temps.

La force de son oncle, c’est qu’il trouvait des moins « sages » de convaincre alors que l’esprit fougueux de son neveu voulait que les choses soient dites de façon crue. En réalité, c’est ce qui opposait Sennen le sage à Sankara le rebelle. C’est aussi cette opposition d’attitude qui a rapproché les deux hommes passionnés de débat et assoiffé de connaissance. C’est toujours avec surprise qu’il revoit son oncle à l’aise pour parler des problèmes de l’Afrique.Thierry pensait qu’il négligeait Madagascar. Mais non.

Toutefois, il y a du Sankara en Thierry Andriamirado. Révolutionnaire, très critique envers le pouvoir, il a l’âme d’un justicier. C’est peut-être son coté « sankara » (fougueux) qui provoquait toutes ces oppositions avec son oncle. Mais détrompez vous: « Sennen était connu pour ses reportages retentissants et son style fulgurant. Globe trotter, militant farouche de la négritude, il avait fait de l’Afrique son espace professionnel« . Très en verve sur les réseau, Thierry n’hésite pas à s’attaquer aux injustices sociales dans son pays.

Nul n’est prophète en son pays

Comme je le disais plus haut, j’étais un peu sonné de constater que les Malgaches ne connaissaient pas Sennen. Par contre, il leur arrivait de me parler de Sankara. L’ancien Président du Faso a étudié à l’académie militaire d’Antsirabe, ville malgache, où se trouverait encore une de ses cartes  militaires. Mais tout cela à une explication selon Thierry :

« On n’avait rien à l’époque. Il y avait seulement une chaîne de télé ou c’était le président seul qui parlait à longueur de journée. Les générations actuelles ont manqué des livres. Des pans entiers de notre histoire on ne le connait pas, parce que ce n’est pas écrit. Le peu qui est là n’a pas assez de puissance. Il y a toute une génération qui a été sacrifiée. Sennen n’est pas le seul homme qui a marqué son temps qui reste inconnu. Il y a beaucoup de gens malgaches qui auraient mérité qu’on parle d’eux. Mais on n’en parle pas. Même le blogging malgache n’est assez structuré. Il y a des pans de cultures, de gens entiers qui restent des héros  inconnus ».

Même si Sennen Andriamirado n’a pas forcément la carrure de Thomas Sankara, je suis quand même surpris qu’il soit peu connu alors qu’il a grandement contribué à faire connaître le mythique Sankara le Rebelle.

 

je suis tombée sur le livre de Sennen Andriamirado. Ça peut paraître bizarre, mais Sankara, le rebelle est l’une des premières biographies jamais écrites sur Sankara, mais je n’arrivais pas à mettre la main dessus pour la bonne et simple raison qu’il … n’est plus édité ! Sankara, le rebelle, un livre à lire et à faire lire ! (…) Sennen Andriamirado, qui lui aussi a été fauché à la fleur de l’âge, a effectué un superbe travail de mémoire !

A lire en cliquant ici

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Coupe d’Afrique des Nations (CAN) : du football pour endormir les consciences http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/02/06/can-football-endormir-consciences/ http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/02/06/can-football-endormir-consciences/#respond Mon, 06 Feb 2017 23:36:22 +0000 http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/?p=2605 Après avoir rêvé pendant trois semaines lors de la CAN, les Burkinabè connaissent un réveil douloureux. Ils sont rattrapés par leurs problèmes quotidiens. Continue reading

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Pendant trois semaines, les amoureux du ballon rond avaient les yeux, les oreilles et les cœurs tournés vers le Gabon où se disputait la 31e édition de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN). Ces événements sont des occasions pour les dirigeants d’éloigner leurs peuples des vrais problèmes. La CAN étant terminée, on se rendra compte que nos problèmes sont toujours là et nous attendent.

Au Burkina, le football se joue partout. Ces enfants espèrent un jour disputer la CAN. Crédit Boukari Ouédraogo

Les Étalons du Burkina sont en effet rentrés triomphalement du Gabon où ils ont réalisés un parcours inattendu à la CAN. Mobilisation exceptionnelle. Quand on participe à un concours ou à une compétition, l’objectif est forcément de remporter le trophée. Malgré leur troisième place, les Burkinabès sont légitimement fiers de leur équipe nationale.

Car personne n’attendait les Étalons à ce stade de la compétition. Qualification difficile, des cadres en manque de compétition dans leurs clubs, des jeunes évoluant dans des équipes de bas niveau… tous les ingrédients étaient réunis pour que cette formation sorte au premier tour. Les Burkinabès ont été agréablement surpris du « jeu barcelonais » produit par leur équipe. Un vrai délice !

Après les CAN, le dur retour à la réalité

D’ailleurs toute la classe politique, les syndicats, la société… tous ont tenu à marquer leur soutien et leur admiration aux Étalons. En tout cas, personne n’est resté en marge au risque d’être traité d’apatride. Oui, le football, sport roi, est un facteur d’unification des peuples. C’est aussi un moyen de calmer les tensions.

Effectivement, ce n’est pas pour rien que les dirigeants sont prêts à dépenser des sommes faramineuses pour payer les droits de retransmission télé. Il faut scotcher le peuple devant la télévision. Endormis, ils oublient vite leurs vrais problèmes. C’est un moyen efficace pour abêtir le peuple. Ils sont conscients que plus le peuple est idiot, plus il est manipulable.

Les Burkinabès ont jubilé. Ils ont tellement jubilé qu’ils ne se sont pas rendu compte que le litre d’huile est passé à 950 francs CFA. Le kilo de sucre en poudre coûte désormais 600 francs CFA (au lieu de 500 francs CFA) … Ils ne se sont même pas rendu compte qu’un conseiller municipal et son fils, ont été abattus dans le nord du pays. Une piste terroriste est évoquée.La supposée cache d’arme terroristes découverte au nord du Burkina est aussi passée presqu’ inaperçue. Quand les populations de l’Est du Burkina, ont manifesté parce que la route qui relie leurs localités à la capitale Ouagadougou est devenue impraticable, cela est resté sous silence.

On a rêvé, on est redescendu sur terre. Le réveil est douloureux. Les mêmes problèmes demeurent. On dirait même qu’ils se sont accumulés.

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Constitution du Burkina : l’avant-projet omet des questions importantes http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/01/24/projet-de-constitution-burkina-questions-importantes-non-prises-compte/ http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/01/24/projet-de-constitution-burkina-questions-importantes-non-prises-compte/#comments Tue, 24 Jan 2017 14:48:35 +0000 http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/?p=2593 L'avant-projet de nouvelle Constitution du Burkina occulte d’importants sujets comme le statut de la chefferie traditionnelle ou l’homosexualité. Continue reading

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Mardi 10 janvier, la Commission constitutionnelle a publié l’avant-projet de la nouvelle Constitution du Burkina Faso pour passer à une cinquième République. Cet avant-projet de Constitution propose de nombreuses réformes positives, comme l’adoption d’un régime semi-présidentiel, la limitation du pouvoir du président. Mais il ne prend pas en compte les spécificités socioculturelles du pays et certains thèmes d’actualités. A mon avis, cet avant-projet de Constitution ressemble à une sanction contre l’élite politique actuelle.

 

La chefferie traditionnelle, mise de côté par la Commission constitutionnelle

En effet, la Commission constitutionnelle a omis  plusieurs considérations socio-politiques et des questions d’actualités qui ont fait l’objet de débats ces dernières années au Burkina. C’est le cas précisément de la question de la participation politique de la chefferie traditionnelle. Beaucoup de burkinabè pensent que les chefs traditionnels faussent le jeu politique.

Effectivement, leur influence sur certains sujets ne permet pas de faire des choix libres. Il arrive tout de même qu’ils soient désavoués par leurs sujets. Dans ce cas, de quelle autorité morale, un chef traditionnel peut-il relever si pour des questions politiques, il est l’objet de contestations ?

Néanmoins, les chefs coutumiers font de la politique même si l’actuelle constitution leur reconnait un statut moral. « La chefferie coutumière et traditionnelle en tant qu’autorité morale dépositaire des coutumes et des traditions dans notre société » dit l’avant-projet dans son préambule. Souvent des citoyens se plaignent des nombreuses sollicitations dont fait l’objet le Mogho Naba pour des question de médiations. Il y a plusieurs autres chefs traditionnels qui ont le même statut que le chef de Ouagadougou. Le mieux, c’est de définir un statut et des attributions clairs à ces derniers pour qu’ils puissent apporter une contribution au jeu politique et démocratique sans forcément occuper des places politiques. Et aussi, cela permettra d’éviter d’éventuels conflits.

Quid des risques liés à l’orientation sexuelle ?

En plus, la question de l’homosexualité a fait couler beaucoup d’encre et de salive ces derniers temps au Burkina Faso. La Commission constitutionnelle n’a pas évoqué le sujet pourtant crucial. Je me souviens bien qu’une marche a été organisée par des associations pour dénoncer des financements d’un projet en faveur des homosexuels. A Bobo Dioulasso, deuxième ville du Burkina, certains ont été attaqués. Il faudrait bien oser et poser le débat. Il a fallu passer par des stratagèmes pour calmer la situation. Mais qu’en sera-t-il si des homosexuels venaient à être attaquer ? Je pense que la commission constitutionnelle a expressément occulté la question.

Concernant cette question relative à la famille, nous estimons que la Commission constitutionnelle aurait pu aller loin. Un exemple,  le cas du mariage au Burkina Faso. Pour se marier, un burkinabè est obligé de passer par le mariage traditionnel communément appelé Pog PouSoum (PPS), le mariage religieux et enfin le mariage civil à la marie. Je m’attendais au moins à ce que cette commission décide de légaliser aussi le mariage religieux et le mariage traditionnel pour réduire les dépenses mais aussi contribuer à une meilleure protection des femmes exploitées. Surtout celles qui vivent en concubinage. Nous parlerons de cette question dans un billet prochainement.

A mon avis, l’avant-projet de Constitution manque d’originalité. Il y a beaucoup d’autres sujets qui auraient pu faire l’objet d’explorations. Mais, elle permet au moins de renforcer le contrôle des actions des élus et prépare le renouvellement de la classe politique à travers la limitation des mandats.

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Live-tweet du Président Kaboré : Des questions importantes sans réponse http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/01/13/live-tweet-president-kabore-questions-importantes-reponses/ http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/01/13/live-tweet-president-kabore-questions-importantes-reponses/#respond Fri, 13 Jan 2017 18:28:06 +0000 http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/?p=2583 Le Président du Faso Roch Marc Christian Kaboré n'a pu répondre à toutes les questions lors de son live-tweet. Pourtant, certaines étaient très importantes. Continue reading

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Le chef de l’Etat burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a organisé un live-tweet inédit mercredi 28 décembre 2016. Le Président du Faso voulait échanger un an après son investiture. Un échange direct avec les internautes.  Mission réussie pour certains mais beaucoup de questions d’internautes, pourtant très importantes, n’ont pas trouvé de réponses.

Roch Marc Christian Kaboré n’a pu répondre à toutes les préoccupations des internautes

« A quand une organisation du marché agricole au Burkina ? », interroge Moussa Pathe Diallo dans la mesure où le Burkina Faso est un pays essentiellement agricole. Le secteur agro-sylvo-pastoral occupe près de 90% de la population active et représente près de 40% du PIB du Burkina. Ce qui justifie l’inquiétude de Cellou Diallo qui pose cette question au chef de l’Etat du Burkina  « Le Burkina Faso importe + 2/3 la quantité riz pendant qu’il y a des milliers d’ha aménageables ? A quand une politique d’autosuffisance alimentaire ».

En effet, en 2015, le gouvernement de la Transition a institué le Programme Socio-économique d’urgence de la Transition (PSUT) qui devrait financer 10 000 projets de jeunes, et favoriser la création de 5 000 micro-entreprises des femmes. La mise en œuvre de ce programme piétine. Ce qui a suscité la question de Yaméogo Nadège lors de ce live-tweet : « Vous aviez dit que tous les engagements pris par le gouvernement burkinabè seront respectés. Pourquoi le PSUT n’est pas toujours résolu ? ». Lors de l’émission Dialogue en avril 2016 Roch Marc Christian Kaboré avait pourtant promis la mise en œuvre des engagements.

Le chômage et l’Université de Ouagadougou préoccupent

En plus, dans un pays où le chômage touche une grande majorité des jeunes, Seydou Nacro, lui, demande « Pourquoi le ministère des infrastructures ne lance pas de concours sur mesures nouvelles ? ». Une question qui rejoint celle de Raymond Zongo: « excellence où en êtes-vous avec le projet d’ouverture d’une banque de financement des jeunes entrepreneurs ? ». Mais une chose est de former les jeunes, mais une autre est de leur permettre d’avoir des emplois décents d’où la question de Dieudonné Lankoandé : « Le PNDES propose des formations professionnalisantes pour résorber le chômage. Mais que faire avec ceux déjà formés? ».

Hormis la question de l’emploi la situation de l’Université de Ouagadougou où les années académiques s’enchevêtrent et ou certaines promotions entament la première année un an après l’obtention du BAC préoccupe les internautes. Et Sylver Clest interpelle : « Monsieur le Président la situation à l’Université de Ouagadougou est toujours identique. A quand le changement? ».

Concernant toujours l’Université de Ouagadougou lors de ce live-tweet Esther Konsimbo pose cette question : « Que prévoyez-vous pour pallier l’insuffisance des enseignants-chercheurs dans les universités ? » Les syndicats d’enseignants ont à plusieurs reprises interpellé le gouvernement qui avait promis une vague de recrutement. Cela piétine toujours.

 

L’utilisation des TIC peut impulser le développement

Pendant ce temps,  les syndicats multiplient les grèves pour réclamer de meilleures conditions de vie et de travail. Faisant allusion à ce cas, Kaboré Ilyasse semble attendre une augmentation des salaires.  « Son excellence, ne pensez-vous pas qu’il est nécessaire de revisiter la grille salariale de tous les fonctionnaires du Burkina », questionne l’intéressé.

Enfin, les technologies de l’information et de la communication occupent une place importante dans le développement d’un pays. « Quelle stratégie d’introduction des TIC dans l’éducation, la santé, la sécurité etc pour soutenir le développement du Burkina (Ky Serge A.W) ». Mais comme pour signifier qu’il n’y a qu’une minorité de burkinabè qui a accès à Internet, un twitto Tientega Lionel pose la question suivante : « A quand un exercice pour rendre compte aux populations rurales qui n’ont pas accès à Internet ».

Toutefois, il faut noter que plusieurs autres questions préoccupantes n’ont pas été prises en compte pendant ce live-tweet encore moins dans ce billet.

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Nouveau défi de l’armée au Burkina Faso : anticiper afin de contrer les futures attaques terroristes http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/01/05/terroristes-changer-de-strategie-burkina-anticiper/ http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2017/01/05/terroristes-changer-de-strategie-burkina-anticiper/#respond Thu, 05 Jan 2017 23:09:27 +0000 http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/?p=2576 L’armée burkinabè a été fortement secouée après l’attaque du camp de Nassoumbou par des terroristes. Cette attaque, perpétrée le 16 décembre dernier dans la province du Soum (nord du pays), Continue reading

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L’armée burkinabè a été fortement secouée après l’attaque du camp de Nassoumbou par des terroristes. Cette attaque, perpétrée le 16 décembre dernier dans la province du Soum (nord du pays), a fait douze morts, douze militaires. Ce n’est pas la première fois que l’armée est attaquée dans cette zone, cette nouvelle défaite met à nue, une nouvelle fois, l’une des faiblesses de l’armée burkinabè. Si on savait déjà que les militaires manquaient de matériel, on a appris à cette occasion que les gradés, ventripotents, envoient les jeunes mourir au front tandis qu’eux restent en sécurité à déguster du champagne, vin ou whisky…

Oumarou Sadou a désormais pour principale mission de traquer les terroristes.  Ph. @rochkaborepf

Le nouveau chef d’état-major général des armées du Burkina Faso s’appelle Oumarou Sadou, c’est un ex colonel-major, devenu général de brigade par décret. Oumarou Sadou a pris les commandes de l’armée au cours d’une cérémonie organisée sur la place de la Nation mercredi. Cette nouvelle nomination confirme l’incompétence et l’impuissance de l’ancien chef d’Etat-major général, Pingrenoma Zagré, trop « merca », c’est à dire trop religieux, complaisant et manquant de dynamisme. Face aux terroristes, il ne faut pas être tendre.

Par contre, Oumarou Sadou semble avoir l’approbation des militaires burkinabè qui le trouvent dynamique, entreprenant, à l’écoute de ses hommes etc. En tout cas, pour sa prise de commandement, il a tenu un discours fort, particulièrement adressé aux hauts gradés. Cependant, dans la situation actuelle, les discours ne suffissent pas. On ne mange pas ça comme on le dirait au Burkina. Il faut des actions concrètes. Le Président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, est conscient que le costume de ministre de la défense cumulé à celui de chef de l’Etat est trop lourd à porter.

Il faut dénoncer le manque de moyens et les conditions de travail déplorables des soldats burkinabès. Le matériel disponible est soit défectueux soit inadapté. Cette fois, on imagine que le gouvernement burkinabè fera tout pour doter ses forces armées du matériel nécessaire pour lutter contre le terrorisme. L’armée devra aussi avoir une nouvelle stratégie pour faire face aux attaques. On entend dire qu’un nouveau mouvement terroriste armé se crée… Le défi sécuritaire risque d’être encore plus difficile qu’avant.

La meilleure défense, c’est l’attaque

La hiérarchie militaire burkinabèe doit désormais être dans une position d’anticipation, il ne faut pas laisser des événements douloureux subvenir. Il faut agir plutôt que réagir, quitte à opérer une offensive à outrance. Et ce, en coordination avec les forces armées de la sous-région. Un travail d’équipe si l’on veut gagner la bataille contre le terrorisme. Pour le moment, les assaillants mènent au score. Mais mener ne signifie pas gagner. Il faut donc maintenant réagir… et agir !

Il faut donc anticiper les actes terroristes car c’est à ce jeu qu’ils ont réussi, jusqu’à prendre le dessus. Ce n’est plus forcément dans un hôtel que qu’ils sèmeront la terreur. Ils ont montré qu’ils pouvaient frapper là où on s’y s’attend le moins, et mieux encore, là où ça fait le plus mal. Désormais, les attaques se font sur un marché, dans un village perdu quelque part ou au contraire en pleine circulation dans la ville de Ouagadougou… Ce qui intéresse le plus les terroristes c’est la communication, faire en sorte que cela se sache afin de semer la terreur. Il est tellement facile à Ouagadougou de se promener avec des armes et des explosifs sans que personnes ne s’en rende compte.

Dans la guerre asymétrique que les terroristes mènent jusqu’à présent, le Burkina Faso et ses partenaires de la région Ouest africaine doivent être les premiers à attaquer. Mieux, le gouvernement doit prendre des mesures pour décourager tous ceux qui veulent rejoindre ces cellules terroristes. Il faut lutter contre la misère et l’ignorance de nos populations car c’est toujours sur ces deux points que ces satanés terroristes misent pour leur recrutement. Face au gain facile, dans un pays où le banditisme est en plein essor, il est très facile de trouver des proies prêtes à être embobinées. Le dialogue inter-religieux doit être renforcé, car toutes les religions révélées recommande d’aimer son prochain.

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Justice pour Norbert Zongo : les années passent la même rengaine continue http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2016/12/20/justice-pour-norbert-zongo-les-annees-passent-la-meme-rengaine/ Tue, 20 Dec 2016 15:19:10 +0000 http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/?p=2555 Ils étaient encore mobilisés comme chaque 13 décembre, date de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, pour réclamer justice pour ce héros de la presse burkinabè tué et brûlé à Sapouy. Continue reading

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Ils étaient encore mobilisés comme chaque 13 décembre, date de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, pour réclamer justice pour ce héros de la presse burkinabè tué et brûlé à Sapouy. Au fil du temps, la détermination semble s’essouffler.

François Compaoré est en fuite

Cette année, pour rappeler aux autorités judiciaires burkinabè la soif de vérité mais aussi de justice sur cette affaire, les journalistes, acteurs de la société civile et militants des droits de l’homme se sont mobilisés comme d’habitude pour réclamer justice. Cette mobilisation s’est traduite par le concept « sit-in silencieux ». Devant le Palais de justice, ils sont restés effectivement silencieux u scotch collé à la bouche.

Le message est clair. « Nous avons assez parlé, nous vous regardons maintenant ». Nous devons maintenant en avoir assez de répéter la même chose à la manière du chien de Pavlov. Il faut attendre le 13 décembre pour véritablement voir la communauté se mobilisé. Le message est encore plus clair dans la mesure où le gouvernement burkinabè a récemment cédé à tous les caprices de la justice burkinabè. En effet, celle-ci avait fait pression sur le gouvernement pour obtenir des avantages à faire noircir de jalousie n’importe quel salarié. La justice, désormais attendue au pied du mur, continue de décevoir.

Au Burkina, on continue de compter les années qui passent

En plus, cela fait deux ans que Blaise Compaoré  et son frère François ont quitté le pouvoir. Il ne devrait plus, en principe, avoir d’entrave à la manifestation de la vérité. Des rapports ont été produits. Peut-être que malgré cela, certains n’ont pas intérêt à ce que la vérité et la justice se manifestent.

Ce qu’il faut aussi déplorer, c’est que les commémorations du 13 décembre ressemble désormais à du folklore. Tous les acteurs concernés, la justice, les militants des droits de l’homme, la société civile, les journalistes, le gouvernement, semblent être surpris au jour anniversaire. Alors, chacun se précipite commémore cette date. Il ne faut pas attendre la date du 13 décembre dans le calendrier pour organiser une manifestation et disparaitre. Ils se retrouvent après dans un maquis, mangeant des brochettes et buvant de la bière, rotant. « La vie continue ». C’est un jour que l’on se rappelle autour au détour d’une discussion que rien n’a été fait.

Aujourd’hui, la justice devrait être capable de faire le point sur l’assassinat de Norbert Zongo

On ne fait que compter les années qui passent sans que justice ne soit rendue. Peut-être encore que l’année prochaine, on serait là pour célébrer le 19 anniversaire de l’assassinat de Norbert Zongo. Espérons que d’ici le 13 décembre 2017, la justice par un sursaut d’orgueil rétablisse la vérité et rende justice.

Souvent, l’on se demande si certains n’utilisent pas le nom de Norbert Zongo pour remplir leur panse. La marque de Norbert Zongo est vendeur et certains ont créé leur popularité grâce à son sacrifice. En effet, le nom de l’enfant du Boulkiemdé permet à certains d’avoir leur gagne-pain. Ces personnes, comme les assassins de Norbert Zongo, ne souhaitent donc pas que la vérité se fasse. Ils perdront leurs avantages. Car, beaucoup jouent à l’hypocrisie.

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Attaque de Nassoumbou : le résultat de l’incompétence http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2016/12/19/attaques-de-nassoumbou-reponse-a-lincompetence/ http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2016/12/19/attaques-de-nassoumbou-reponse-a-lincompetence/#comments Mon, 19 Dec 2016 20:22:16 +0000 http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/?p=2550 Les attaques de Nassoumbou sont la preuve du manque d'équipement et de mesures d'anticipations de la hiérarchie militaire burkinabè. Continue reading

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Drapés dans leurs uniformes, le béret incliné à 90 degrés, défilant au bruit des bottes, défendant leur pays les armes à la main comme dans Rambo, Commando, Terminator ou autres films d’actions américains, c’est le rêve que nourrissaient beaucoup de jeunes lorsqu’ils ont décidé de s’engager dans l’armée. Mais ce rêve allait les conduire à leur perte à la fleur de l’âge à Nassambou (près de 250 km de Ouaga) le 16 décembre 2016.

(ph http://www.warsintheworld.com)

Ces soldats de Nassoumbou ne fêteront pas Noël. Ils ne verront pas 2017 non plus. Comment peut-on attaquer un camp militaire avec une telle facilité, faire autant de morts sans que la patrie burkinabè ne puisse réagir ? C’est la rançon de l’incompétence tout simplement.

Ce ne sont pas ces braves fils de paysans envoyés au suicide qui sont des incompétents. Car, face à l’artillerie lourde déployée par les assaillants de Nassoumbou,  des 12. 7, des pick-ups, des motos, les militaires burkinabè n’avaient que des 7. 62… Des  armes dignes des années 1945. Installés sous des bâches dans un coin perdu dans le désert, ils devaient protéger le territoire quand des terroristes ont surgi. Ils n’avaient rien ni personne pour se protéger. Le plus amer, ils n’ont fait aucune victime du côté des assaillants. Les renforts, sont arrivés comme dans les films policiers. Quand tout est fini.

 

Pendant combien de temps, continuerons-nous de décrier les mauvaises conditions d’équipements des forces armées burkinabè ? A chaque fois, l’on joue au médecin après la mort. Ce n’est que lorsque le mal est fait que les dispositions semblent être prises. Une politique de réaction (et non d’anticipation) qui n’inquiète nullement les terroristes.

Comment a-t-on pu accepter cela après les attaques de Splendid Hôtel ? La négligence ! Nassoumbou n’aurait pas dû se produire après Splendid Hôtel.

Le 20 décembre, les soldats de Nassoumbou seront enterrés. J’imagine à combien va s’élever le coût de la cérémonie. Ils seront décorés à titre posthume pendant que leurs parents seront en train de pleurer toutes les larmes de leurs corps. On ne mange pas de décoration à titre posthume.

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Entre Thomas Sankara et Madagascar, des liens forts http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2016/12/09/entre-thomas-sankara-et-madagascar-des-liens-forts/ http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2016/12/09/entre-thomas-sankara-et-madagascar-des-liens-forts/#comments Fri, 09 Dec 2016 22:03:57 +0000 http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/?p=2541 Madagascar a inspiré l’ancien du Président du Faso Thomas Sankara. Certains traits de cette île où il a séjourné se retrouvent aussi dans le contexte burkinabè. Les coïncidences sont assez troublantes. Continue reading

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Madagascar a inspiré l’ancien du Président du Faso Thomas Sankara. Certains traits de cette île où il a séjourné se retrouvent aussi dans le contexte burkinabè. Les coïncidences sont assez troublantes.

Il existe une histoire d’amour entre Thomas Sankara et Madagascar où il a étudié

1- La révolution

La révolution de Mai 1972 a surement marqué l’ancien Président du Faso Thomas Sankara. Alors Thomas Sankara est étudiant à l’Académie militaire d’Antsirabé, une révolte. Elle concerne toutes les couches sociales à Madagascar même si les élèves et étudiants en sont à l’initiative. Cette révolte populaire conduit à la chute du Président Philibert Tsiranana. Thomas Sankara, en démissionnant de son poste de ministre de la Communication en avril 1982 pendant la présidence de Jean-Baptiste Ouédraogo, avait lancée « malheurs à ceux qui bâillonnent leur peuple ». Une inspiration aussi venue de Madagascar. Thomas Sankara sera porté à la tête du pouvoir par une partie de l’armée et des syndicalistes qui lui étaient favorables. Par la suite, Didier Ratsirak adopte par référendum de la Charte de la révolution socialiste. Le 2 octobre 1983, Thomas Sankara faisait un discours d’orientation politique.

2- La valorisation des langues locales

Thomas Sankara qui a aussi suivi l’évolution politique de Madagascar après son départ en France s’est aussi inspiré de la Malgachisation de l’enseignement dans ce pays. Cependant, Thomas Sankara n’était pas dans la même démarche que Didier Ratsirack qui a établi un programme de substitution progressive du français par le malagasy. Son effet se fait ressentir aujourd’hui encore. Plutôt que cette méthode, Sankara a opté pour « L’Alphabé Commando » qui est l’apprentissage à lire, écrire, et calculer en langues  nationales et le « Bantaré » un programme d’enseignement de femmes rurales en langues nationales.

Pour Thomas Sankara, il faudrait que l’enseignement donné puisse permettre aux apprenantes de l’appliquer dans leurs activités quotidiennes. Pour Sankara, même Toutefois, notons qu’à ce niveau le Burkina Faso avait déjà une politique de valorisation des trois principales langues parlées dans le pays à l’école primaire depuis les années 1970. Sankara voyait la langue française comme : « langue d’unification de nos multiples nationalités ».

3- La cité AN III

La première chose qui marque lorsqu’il foule Antananarivo, ce sont les habitations construites en hauteur. Thomas Sankara a aimé ce concept. Il a compris que l’on pouvait utiliser peu d’espace pour plusieurs habitations. C’est sur ce postulat qu’est partie la construction de la cité An 3 de Ouagadougou, construit dans le cadre du projet « un toit pour tous ».

4- Le drapeau du Burkina

Le drapeau du Burkina ressemble étrangement à celui de Madagascar.  En effet, il y a les deux bandes rouges et vertes horizontales qu’on retrouve sur les deux drapeaux. Toutefois, celui du Burkina adopté en 1984 ne comporte pas la bande blanche. Le drapeau malgache comporte une bande blanche verticale. Thomas Sankara a peut-être remplacé cette bande blanche par l’étoile dorée. Toutefois, certains pensent que le drapeau du Burkina est inspiré de celui du mouvement populaire de libération de l’Angola (qui se serait aussi inspiré de celui du front national de libération du Sud Viêtnam).

Que dire donc de son ami journaliste malgache Sennen Andriamirado qui a écrit : « Il s’appelait Sankara » et « Sankara le rebelle » ? Ce sera l’objet d’un autre billet.

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Antananarivo : entre splendeur et misère http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2016/11/30/antananarivo-entre-splendeur-et-misere/ http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/2016/11/30/antananarivo-entre-splendeur-et-misere/#comments Wed, 30 Nov 2016 20:18:32 +0000 http://lemessagerdafrique.mondoblog.org/?p=2526 Pour ma première découverte d’Antananarivo, la capitale de Madagascar, c’est la beauté de la ville qui m’a frappé en premier. Dès l’aéroport, le nouvel arrivant peut déjà constater la beauté Continue reading

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Pour ma première découverte d’Antananarivo, la capitale de Madagascar, c’est la beauté de la ville qui m’a frappé en premier. Dès l’aéroport, le nouvel arrivant peut déjà constater la beauté du paysage avec les maisons incrustées dans les collines, formant un immense châteaux tant les maisons semblent entassées les unes sur les autres.

Belle ville, Antananarivo cache beaucoup de misère

Belle ville, Antananarivo cache beaucoup de misère

Dans le car qui nous transporte à l’hôtel le jour de notre arrivée, les maisons construites pour beaucoup en hauteur et sur les collines défilent à nos yeux. A côté, de petites rizières s’étalent. Elles semblent encercler ces maisons. A cette nuit tombante, l’éclairage donne une magnificence particulière au paysage. Le style architectural semble hérité de l’époque coloniale mais laisse voir des maisons quelquefois,  en terre cuite. Des habitations en bois, délabrées se coincent à côté de mini-villas. Certains sont sur pilotis parfois à l’écart sur de petites espaces. Les maisons peintes en différentes couleurs donnent un éclat unique.

Un peu comme les autres capitales africaines

Antananarivo ressemble aux autres capitales africaines. Les étales en tôles, les kiosques, les boutiques occupent la bordure du goudron. A gauche ou à droite, l’on peut apercevoir les enfants qui reviennent de l’école tous souriants se faufilant sous les géantes pancartes publicitaires. Des jeunes garçons tenant leurs copines dans la main marchent en discutant. Il y en a qui marchent d’un pas accéléré tentant de se frayer un passage. Des femmes perchées à leurs fenêtres observent tout, d’un air habitué et distrait. D’autres sont travaillent: sèchent les habits, cuisinent, font la vaisselle etc. Chinois ? Pakistanais ? Indiens ? Antananarivo est un véritable melting-pot ! Le temps est beau et doux malgré les fines pluies, ce jeudi 23 novembre 2016.

Les rizières côtoient les habitations

Les rizières côtoient les habitations

Même si Tana n’est pas une si grande ville, à en croire les habitants, les embouteillages sont monstrueux. En exemple, nous avons dû parcourir les 13 km qui séparent l’aéroport du centre-ville en 3 heures. Les véhicules trois chevaux ont pion sur rue. A Madagascar, on se sépare difficilement des véhicules.

Prostitution et mendicité

Toutefois, cette beauté a du mal à cacher la misère ambiante dans « le village des milles », la signification d’Antananarivo. Des appartements de fortune se coincent entre les maisons de luxe, cherchant désespérément leurs places. Dans la rue, des femmes ont étalé à même le sol des légumes ou parfois de la friperie. A la fenêtre du car qui nous conduit à l’hôtel, des enfants s’accrochent lorsque nous arrivons au centre-ville. A peine 10 ans, ils portent d’autres enfants au dos. « Mon ami. Mon ami », appellent-t-ils de leurs voix puériles qui vous transpercent le cœur. L’embouteillage monstre dans la ville de Tana immobilise notre véhicule là pendant une dizaine de minutes. Ils s’agrippent au véhicule, risquant de se faire piétiner. « Vous ne partez pas à l’école », lançai- je. Comme réponse, ils me lancent un brillant sourire et quelques mots en malagasy. C’est la principale langue parlée à Madagascar.

La une d'un journal malgache

La une d’un journal malgache

Un de ces soirs à l’hôtel Anjary, l’hôtel d’hébergement, je vis une affiche: « la prostitution des enfants est interdite ». Je me demandai donc si celle des grandes personnes étaient donc permisses. Je fis la remarque à une blogueuse, juste pour la taquiner. C’est plus tard que je compris que certains parents poussent leurs enfants à la prostitution l’extrême pauvreté aidant. Et, Antananarivo semble être un paradis pour les touristes sexuels en quêtes de chaires fraiches, de crudités. Des touristes, il en fourmillent ici.

Le banditisme aussi

Lorsque vous marchez dans les rues de Tana, vous êtes agacé par le harcèlement des vendeurs ambulants. Parfois, ils sont obligés de vous laisser une marchandise à des prix dérisoires, frôlant plutôt la mendicité que le commerce. Juste avoir quelque chose à manger.  Grande fut ma surprise quand je vis un artiste peintre de la rue abandonné une œuvre pour dix euros alors qu’ils auraient pu les vendre pour 100 euros. «vous n’avez vous rien vu», m’informe un ami Malgache. Avec le sommet de la francophonie qui se tienne dans cette ville, des pauvres auraient été parqués dans des sites où ils reçoivent à manger, à boire et même déféquer. Après le sommet, ils seront laissés à eux-mêmes.

Un peuple chaleureux malgré tout

Face à la misère ambiante, la solution semble se trouver dans la débrouillardise mais surtout le banditisme. Et, presqu’impossible de parcourir 200 mètres tout seul lorsqu’on est étranger, nous apprend-t-on. Le phare ouest est un paradis devant Madagascar. Ce sont les malgaches eux-mêmes qui vous préviennent. « Monsieur rejoignez les autres » quand vous êtes hors de votre groupe. « Monsieur, gardez bien vos sacs ». Je me rappelle même qu’un ce policier qui me demanda de mettre mon sac au dos devant. Il  moi et de ne jamais porter mon téléphone portable dans ma poche arrière. Malgré ces mises en garde, je me le suis fait voler. Comment? Je l’ignore toujours.

Malgré toute cette misère, Antananarivo dégagent une vraie chaleur humaine. Une population, respectueuse, accueillante, curieuse et bien organisée. C’est le meilleur souvenir que je puisse garder de cette population qui m’a d’ailleurs montré qu’elle aime bien mon pays le Burkina Faso. Enfin… pour ceux qui le connaissent. Avec le potentiel touristique et l’histoire de ce pays, un peu plus d’organisation fera d’Antananarivo, la destination à ne pas manquer.

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