Traqués et malmenés, les terroristes risquent de changer de stratégie

Comme dans un match de football où chaque équipe a son temps fort, l’armée burkinabè est en train de prendre l’ascendant sur les terroristes. Pendant plusieurs mois, ils ont réussi à endeuiller des civiles et des militaires. Mais les forces de défense et de sécurité (FDS) du Burkina semblent ont laissé passer l’orage.

Les FDS sont en train sont en train de s’imposer malgré l’insuffisance en matériels (Photo Ahmed Ouoba)

Les terroristes sont en perte de vitesse en ce moment bien que de nombreuses écoles soient encore fermées. L’armée burkinabè qui était plutôt dans une stratégie défensive, une position de réaction (plutôt que d’action) est désormais passée à l’offensive. Depuis l’attaque de Ouagadougou, les FDS burkinabè ont mené de nombreuses opérations avec parfois des coalitions avec des forces étrangères pour déloger les terroristes de leurs retranchements.

Les cas les plus médiatiques sont la neutralisation de trois terroristes présumés au quartier Rayongo en mai 2018, la frappe contre un quartier général qui a fait huit morts en octobre et l’embuscade déjouée par les FDS qui a permis de tuer six assaillants à l’Est du Burkina.
Mais ayant ont besoin d’une présence médiatique, ils tentent toujours de faire parler d’eux en continuant d’organiser des embuscades, de poser des mines et d’attaquer des commissariats. Cependant, les FDS ont bien étudié les différents plans de leurs ennemis. Ils déjouent de plus en plus de nombreuses attaques sans écho médiatique et les assauts contre les commissariats et gendarmerie font de moins en moins de victimes.

« Ils mangent du riz blanc salé »

En réalité, les terroristes ont désormais du mal à recruter compte tenu des nombreuses défaites que l’armée burkinabè leur a infligés. Les conditions de vie dans le maquis sont devenues difficiles pour eux parce que les sources de financements ne coulent plus. « Ils ne mangent que du riz blanc salé. Leurs pieds sont remplis de crasses…», selon des confidences faites par des « enfants ». Avec l’harmattan, les conditions de vie sont de plus en plus difficiles car les « enfants » sont obligés de dormir dans le froid. La nuit, venue, ils ne peuvent pas allumer du feu de peur d’être repérer par les drones de l’armée burkinabè.
Beaucoup de jeunes qui ont rejoint les rangs reviennent pour mendier avant de repartir. Les assaillants ont donc du mal à se ravitailler en armes et en nourriture même si certains complices essaient de les approvisionner.
Comme les FDS l’ont si bien dit, ceux qui attaquent sont des personnalités bien connues dans leur zone. Il s’agit souvent de leaders d’opinion dont la parole est très peu contestée. Leur influence sur la population fait que personne n’ose les dénoncés. « On se connaît tous. Mais qui va aller dénoncer ? Tu ne sais même pas si celui à qui tu vas parler n’est pas un terroriste », explique un habitant dans la région du Sahel. Ainsi, le sujet est très peu abordé par crainte de représailles et comme le disent certains « on ne sait pas qui est qui ».

La nécessité d’une anticipation

Pour le moment, certaines prises d’otages permettent aux terroristes de forcer les a

utorités burkinabè à négocier. A ce niveau, certains d’entre eux plaideraient pour une amnistie. Mais le gouvernement burkinabè devrait se méfier car, bien qu’étant en difficulté, les terroristes pourraient changer de méthodes. Jusqu’à présent, leurs principales cibles sont les FDS et les symboles de l’Etat. Ces assaillants pourrait s’attaquer aux civiles en adoptant la politique de Boko Haram, enlever des écoliers, utiliser des bombes humaines etc. Pour cela, le gouvernement doit anticiper pour que les marchés, les écoles soient protégés. Mais sur ce plan, ils ont réussi à semer la psychose dans certaines localités avec la fermeture de nombreux établissements.

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