Justice pour Norbert Zongo : les années passent la même rengaine continue

Ils étaient encore mobilisés comme chaque 13 décembre, date de l’assassinat du journaliste Norbert Zongo, pour réclamer justice pour ce héros de la presse burkinabè tué et brûlé à Sapouy. Au fil du temps, la détermination semble s’essouffler.

François Compaoré est en fuite

Cette année, pour rappeler aux autorités judiciaires burkinabè la soif de vérité mais aussi de justice sur cette affaire, les journalistes, acteurs de la société civile et militants des droits de l’homme se sont mobilisés comme d’habitude pour réclamer justice. Cette mobilisation s’est traduite par le concept « sit-in silencieux ». Devant le Palais de justice, ils sont restés effectivement silencieux u scotch collé à la bouche.

Le message est clair. « Nous avons assez parlé, nous vous regardons maintenant ». Nous devons maintenant en avoir assez de répéter la même chose à la manière du chien de Pavlov. Il faut attendre le 13 décembre pour véritablement voir la communauté se mobilisé. Le message est encore plus clair dans la mesure où le gouvernement burkinabè a récemment cédé à tous les caprices de la justice burkinabè. En effet, celle-ci avait fait pression sur le gouvernement pour obtenir des avantages à faire noircir de jalousie n’importe quel salarié. La justice, désormais attendue au pied du mur, continue de décevoir.

Au Burkina, on continue de compter les années qui passent

En plus, cela fait deux ans que Blaise Compaoré  et son frère François ont quitté le pouvoir. Il ne devrait plus, en principe, avoir d’entrave à la manifestation de la vérité. Des rapports ont été produits. Peut-être que malgré cela, certains n’ont pas intérêt à ce que la vérité et la justice se manifestent.

Ce qu’il faut aussi déplorer, c’est que les commémorations du 13 décembre ressemble désormais à du folklore. Tous les acteurs concernés, la justice, les militants des droits de l’homme, la société civile, les journalistes, le gouvernement, semblent être surpris au jour anniversaire. Alors, chacun se précipite commémore cette date. Il ne faut pas attendre la date du 13 décembre dans le calendrier pour organiser une manifestation et disparaitre. Ils se retrouvent après dans un maquis, mangeant des brochettes et buvant de la bière, rotant. « La vie continue ». C’est un jour que l’on se rappelle autour au détour d’une discussion que rien n’a été fait.

Aujourd’hui, la justice devrait être capable de faire le point sur l’assassinat de Norbert Zongo

On ne fait que compter les années qui passent sans que justice ne soit rendue. Peut-être encore que l’année prochaine, on serait là pour célébrer le 19 anniversaire de l’assassinat de Norbert Zongo. Espérons que d’ici le 13 décembre 2017, la justice par un sursaut d’orgueil rétablisse la vérité et rende justice.

Souvent, l’on se demande si certains n’utilisent pas le nom de Norbert Zongo pour remplir leur panse. La marque de Norbert Zongo est vendeur et certains ont créé leur popularité grâce à son sacrifice. En effet, le nom de l’enfant du Boulkiemdé permet à certains d’avoir leur gagne-pain. Ces personnes, comme les assassins de Norbert Zongo, ne souhaitent donc pas que la vérité se fasse. Ils perdront leurs avantages. Car, beaucoup jouent à l’hypocrisie.