Antananarivo : entre splendeur et misère

Pour ma première découverte d’Antananarivo, la capitale de Madagascar, c’est la beauté de la ville qui m’a frappé en premier. Dès l’aéroport, le nouvel arrivant peut déjà constater la beauté du paysage avec les maisons incrustées dans les collines, formant un immense châteaux tant les maisons semblent entassées les unes sur les autres.

Belle ville, Antananarivo cache beaucoup de misère

Belle ville, Antananarivo cache beaucoup de misère

Dans le car qui nous transporte à l’hôtel le jour de notre arrivée, les maisons construites pour beaucoup en hauteur et sur les collines défilent à nos yeux. A côté, de petites rizières s’étalent. Elles semblent encercler ces maisons. A cette nuit tombante, l’éclairage donne une magnificence particulière au paysage. Le style architectural semble hérité de l’époque coloniale mais laisse voir des maisons quelquefois,  en terre cuite. Des habitations en bois, délabrées se coincent à côté de mini-villas. Certains sont sur pilotis parfois à l’écart sur de petites espaces. Les maisons peintes en différentes couleurs donnent un éclat unique.

Un peu comme les autres capitales africaines

Antananarivo ressemble aux autres capitales africaines. Les étales en tôles, les kiosques, les boutiques occupent la bordure du goudron. A gauche ou à droite, l’on peut apercevoir les enfants qui reviennent de l’école tous souriants se faufilant sous les géantes pancartes publicitaires. Des jeunes garçons tenant leurs copines dans la main marchent en discutant. Il y en a qui marchent d’un pas accéléré tentant de se frayer un passage. Des femmes perchées à leurs fenêtres observent tout, d’un air habitué et distrait. D’autres sont travaillent: sèchent les habits, cuisinent, font la vaisselle etc. Chinois ? Pakistanais ? Indiens ? Antananarivo est un véritable melting-pot ! Le temps est beau et doux malgré les fines pluies, ce jeudi 23 novembre 2016.

Les rizières côtoient les habitations

Les rizières côtoient les habitations

Même si Tana n’est pas une si grande ville, à en croire les habitants, les embouteillages sont monstrueux. En exemple, nous avons dû parcourir les 13 km qui séparent l’aéroport du centre-ville en 3 heures. Les véhicules trois chevaux ont pion sur rue. A Madagascar, on se sépare difficilement des véhicules.

Prostitution et mendicité

Toutefois, cette beauté a du mal à cacher la misère ambiante dans « le village des milles », la signification d’Antananarivo. Des appartements de fortune se coincent entre les maisons de luxe, cherchant désespérément leurs places. Dans la rue, des femmes ont étalé à même le sol des légumes ou parfois de la friperie. A la fenêtre du car qui nous conduit à l’hôtel, des enfants s’accrochent lorsque nous arrivons au centre-ville. A peine 10 ans, ils portent d’autres enfants au dos. « Mon ami. Mon ami », appellent-t-ils de leurs voix puériles qui vous transpercent le cœur. L’embouteillage monstre dans la ville de Tana immobilise notre véhicule là pendant une dizaine de minutes. Ils s’agrippent au véhicule, risquant de se faire piétiner. « Vous ne partez pas à l’école », lançai- je. Comme réponse, ils me lancent un brillant sourire et quelques mots en malagasy. C’est la principale langue parlée à Madagascar.

La une d'un journal malgache

La une d’un journal malgache

Un de ces soirs à l’hôtel Anjary, l’hôtel d’hébergement, je vis une affiche: « la prostitution des enfants est interdite ». Je me demandai donc si celle des grandes personnes étaient donc permisses. Je fis la remarque à une blogueuse, juste pour la taquiner. C’est plus tard que je compris que certains parents poussent leurs enfants à la prostitution l’extrême pauvreté aidant. Et, Antananarivo semble être un paradis pour les touristes sexuels en quêtes de chaires fraiches, de crudités. Des touristes, il en fourmillent ici.

Le banditisme aussi

Lorsque vous marchez dans les rues de Tana, vous êtes agacé par le harcèlement des vendeurs ambulants. Parfois, ils sont obligés de vous laisser une marchandise à des prix dérisoires, frôlant plutôt la mendicité que le commerce. Juste avoir quelque chose à manger.  Grande fut ma surprise quand je vis un artiste peintre de la rue abandonné une œuvre pour dix euros alors qu’ils auraient pu les vendre pour 100 euros. «vous n’avez vous rien vu», m’informe un ami Malgache. Avec le sommet de la francophonie qui se tienne dans cette ville, des pauvres auraient été parqués dans des sites où ils reçoivent à manger, à boire et même déféquer. Après le sommet, ils seront laissés à eux-mêmes.

Un peuple chaleureux malgré tout

Face à la misère ambiante, la solution semble se trouver dans la débrouillardise mais surtout le banditisme. Et, presqu’impossible de parcourir 200 mètres tout seul lorsqu’on est étranger, nous apprend-t-on. Le phare ouest est un paradis devant Madagascar. Ce sont les malgaches eux-mêmes qui vous préviennent. « Monsieur rejoignez les autres » quand vous êtes hors de votre groupe. « Monsieur, gardez bien vos sacs ». Je me rappelle même qu’un ce policier qui me demanda de mettre mon sac au dos devant. Il  moi et de ne jamais porter mon téléphone portable dans ma poche arrière. Malgré ces mises en garde, je me le suis fait voler. Comment? Je l’ignore toujours.

Malgré toute cette misère, Antananarivo dégagent une vraie chaleur humaine. Une population, respectueuse, accueillante, curieuse et bien organisée. C’est le meilleur souvenir que je puisse garder de cette population qui m’a d’ailleurs montré qu’elle aime bien mon pays le Burkina Faso. Enfin… pour ceux qui le connaissent. Avec le potentiel touristique et l’histoire de ce pays, un peu plus d’organisation fera d’Antananarivo, la destination à ne pas manquer.

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