Phénomène des Garibous au Burkina : prendre le problème à bras le corps

Comment comprendre qu’un lundi, à une heure où les enfants sont supposés être à l’école, que d’autres gamins âgé souvent entre 4 et 16 ans en guenilles, pieds nus, des sébiles à la main sous la forte canicule, se promènent dans les rues de la ville de Ouagadougou pour mendier les restants de nourriture où laver des plats dans des restaurants pour avoir de quoi à manger. On les appelle garibous. Leur place, c’est à l’école.

Les garibous sont visibles aux différents carrefours de Ouagadougou

Les garibous sont visibles aux différents carrefours de Ouagadougou

Chaque jour en petits groupes, souvent seul, les garibous se retrouvent devant les feux tricolores,  les services publics ou privés, dans des lieux de regroupement et souvent même jusque dans des écoles (où se trouvent des enfants de leur âge). Ils s’y retrouvent pour mendier quelques petites pièces de monnaies. Ces enfants ont souvent quitté leurs villages situés parfois à plusieurs centaines de km de Ouagadougou, loin de leurs parents, pour tout simplement étudier le saint coran. La question religieuse est souvent soulevée pour justifier ce phénomène.

Mais les grands maîtres coraniques ont souvent montré qu’en réalité les prescriptions du saint coran sont différentes de la pratique actuelle. L’islam interdit à ses pratiquants de mendier sauf en cas de situation critique ! Une fois en ville, les garibous qui,  sont  chez un maître coranique qui, lui-même se débrouille pour avoir sa pitance quotidienne entouré souvent de plusieurs femmes et enfants qui ne bénéficient pas eux également du minimum vital, sont laissés à eux-mêmes. Ce qui les conduit irrémédiablement à la mendicité.

La vie des Garibous n'est pas enviable

La vie des Garibous n’est pas enviable

Cependant, la question des garibous posent le problème même de la pauvreté au Burkina Faso. En réalité, la question religieuse n’est qu’un prétexte des parents. La cherté des frais de scolarité soulevée par les parents est souvent la raison pour laquelle ces derniers préfèrent éloigner les enfants, des bouches à nourrir du domicile familiale. Il suffit de se promener dans la ville de Ouagadougou, pour se rendre rapidement à l’évidence que le nombre de garibous est en train d’augmenter dans la capitale burkinabè. C’est l’image même de la pauvreté et cela signifie qu’elle augmente.

Et le problème qui se pose, c’est l’avenir réservé à ces garibous. Si l’école l’apprentissage du coran est considérée comme une forme d’école, il se trouve que dans le contexte du Burkina, ces enfants n’ont à la fin de ces études aucun diplôme qui puisse leur permettre de se réinsérer dans le tissu social : ils n’ont pas appris à lire et à écrire, ils n’ont appris aucun métier ! C’est pourquoi, à partir de la majorité et ne pouvant plus mendier, la plupart devient des bandits.

Pour lutter contre la mendicité des enfants, le gouvernement burkinabè doit prévoir un véritable plan de développement qui prend en compte cette couche de la population burkinabè. Il faudrait songer donc à faire en sorte qu’à côté des écoles classiques, les études coraniques puissent être formalisées sans que les enfants aient à payer le moindre franc.

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