Culture du coton OGM, il faut bouter Monsanto hors du Burkina

« Le partenariat avec la firme Monsanto a permis d’expérimenter le coton Bt depuis 2003. Les résultats obtenus au terme de la période d’expérimentation ne sont pas favorables dans la mesure où la longueur de la soie issue de l’égrainage du coton Bt s’est dégradée et ne répond plus aux besoins du marché », relève un compte rendu du conseil des ministres du Burkina datant du mercredi 13 avril 2016.

OGM Mosanto

Ainsi donc, tous ceux qui dès les premières heures s’étaient opposés à l’utilisation des organismes génétiquement modifiés (OGM) au Burkina Faso ont eu raison. Près d’une dizaine d’années après son introduction officielle, le Burkina Faso est en train de prendre du recul. En réalité, c’est presque par contrainte que coton OGM a été introduit au Burkina Faso sur influence de la firme Monsanto. Beaucoup l’ignorent mais c’est en 2000 que le coton OGM a fait son entrée au Pays des hommes intègres clandestinement imposé à l’ancien régime. Celui-ci l’a officialisé en 2006 pour se conformer aux règlementations internationales. Deux ans après, le gouvernement passait à la vulgarisation de ce produit à grande échelle.

Aujourd’hui, les résultats sont catastrophiques pour le Burkina Faso. Selon les statistiques d’associations de lutte contre le coton bt, le Burkina Faso aurait perdu près de 48 milliards de francs CFA à cause de la mauvaise qualité de la fibre du coton bt.

Ce n’est pas Oumarou Ouédraogo cotonculteur burkinabè de Bondoukuy qui défendra le coton bt. « Lorsque Monsanto a fait savoir qu’il y avait moins de charge avec l’utilisation du coton OGM, les paysans ont pris ça comme un gain. Mais la suite, nous nous sommes rendus compte que nous perdions parce qu’après, on nous a fait savoir qu’il fallait avoir un champ de refuge. C’était désormais une double charge pour nous. En plus, les prix des semences sont trop chers. Il faut débourser près de 30 mille francs CFA pour payer les semences bt alors que les semences naturelles coûtent seulement 806 francs CFA. Lorsque vous cultiver, vous constatez qu’il n’y a pas d’homogénéité entre les plants. Pendant que certaines produisent, d’autres sont à l’état de floraison », témoigne, l’air abattu Ouédraogo.

Alors que promesse a été faite qu’un sac de semence de 12 kg pouvait servir pour un champ d’un hectare, ils se sont rendus compte que les informations étaient fausses. D’abord, les 12 kg ne pouvaient pas couvrir la dimension soulignée en plus de cela, les paysans sont obligés de semer à une deuxième fois engendrant ainsi un deuxième coup. «La séance n’est pas de qualité», conclu ainsi Oumarou Ouédraogo qui ne veut plus entendre parler du coton bt. Ce n’est pas comme ce paysan originaire de la province du Tuy qui s’est laissé berner par les belles paroles sur l’utilisation du coton bt : « On nous a fait savoir que les OGM n’avaient besoin que de deux traitements. Mais dès le premier traitement, nous avons constaté que nos plants étaient attaqués. Nous étions obligés de vendre du maïs pour combler le déficit ».

Boureima Sidibé, un autre cotonculteur a aussi été victime de la mauvaise qualité des semences bt. « Les éleveurs aussi ont été victimes parce que nous utilisons les tourtereaux de coton pour nourrir les animaux. Pourtant certains animaux sont morts en les mangeant. Des paysans se sont suicidés parce qu’ils avaient tout perdu après la mort de leurs animaux ».

Le gouvernement burkinabè recule mais la vigilance doit toujours être de mise puisque l’on a mis l’accent sur la qualité de la fibre et non sur les conséquences connexes. Ce qui signifie que si la question de la qualité de la fibre venait à être résolue, le Burkina pourrait continuer son partenariat avec Monsanto. Les firmes internationales ont compris. Elles tentent d’introduire le coton bt sans que cela ne soit plus appelé OGM. C’est pourquoi la garde doit rester haute.

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