Issaka Zampaligré : « Je propose qu’on mette Kossyam en location »

Le candidat indépendant Issaka Zampaligré était le deuxième invité de l’émission : « Un candidat, un programme » diffusée le dimanche 15 novembre 2015 sur les antennes de la télévision nationale du Burkina. Issaka Zampaligré bien qu’ayant du mal à convaincre les deux journalises sur son programme de société «Ensemble pour un Burkina de justice d’équité et de prospérité» proposent un système quelques fois un système innovant qui est une fusion entre les pratiques culturelles traditionnelles et modernes.

Issaka Zampaligré compte fusionner la justice traditionnelle et moderne

Issaka Zampaligré compte fusionner la justice traditionnelle et moderne

Gouvernance/ Justice: Le candidat Issaka Zampaligré est parti du constat qu’ «Un pays qui vit sans justice est voué à la guerre ». Il relève que les Burkinabè décrient une justice aux ordres de l’exécutif et corrompue etc. « Mon ambition c’est de faire en sorte que la justice revête ses traits de noblesse. Il faut revoir les moyens mis à la disposition de la justice », affirmé le candidat indépendant. Sur cette question l’inquiétude des deux journalistes Aissata Sankara et Galipe Somé se réside dans le fait que ce dernier ne prévoit pas la construction de tribunaux alors qu’il existe 24 au Burkina sur 45 prévus. Issa Zampaligré tranche avec plusieurs autres de ses concurrents en ne se basant pas sur la construction des infrastructures : « Si les juridictions sont mises à la disposition du public fonctionnaient bien et régulièrement, nous n’allons pas décrier les modes de gouvernance de la justice. C’est parce qu’aujourd’hui, la justice est vu comme un rempart de démons où les procès sont monnayés à coup d’argent ». Il dénonce une justice à deux ou même plusieurs vitesses qui créent une crise de confiance entre le justiciable et les juridictions. C’est pourquoi à ce niveau il pense qu’il faut renforcer l’assistanat gratuit de la part de l’Etat afin que tout justiciable dépourvu de moyens financiers puisse comprendre les mécanismes de la justice.

Jumeler les tribunaux traditionnels et modernes

En plus de cela, l’une de ses propositions est de jumeler la justice moderne et celle traditionnelle. Il relève qu’ «il  coexistent dans notre pays deux types de tribunaux. Il y a la chefferie traditionnelle qui arrange à longueur de journée des procès sous l’arbre à palabre des justiciables. Ils ne sont pas moins burkinabè que ceux qui sont en ville ». C’est pourquoi Zampaligré, chef de village de son état pense que la justice rendue par les chefs traditionnelles peuvent être un apport aux juridictions modernes. « Je compte utiliser ces canaux pour entrer dans le tissu du monde rural et permettre une sensibilisation et une formation de tous les citoyens », soutient Zampaligré. Il a d’ailleurs pris l’exemple du rôle joué par le Mogho Naba Baongho lors du coup d’Etat manqué du 16 septembre 2015 qui a permis d’éviter un affrontement. Il en a profité pour aborder la question de gouvernance pour lequel il pense qu’il faut responsabiliser chacun. «Quand on parle de gouvernance, on parle de responsabilisation » dans la politique, l’administration, la gestion des finances, comptabilité dépense de l’Etat pour plus de transparence.

Sur le sujet de la sécurité, Issaka Zampaligré compte recruter 20 mille gendarme et policiers parmi lesquels les 136 radiés en 2006 pendant la durée de son mandat. Pour lui ses radiés « réclamaient plus de justice sociale ». En plus de cela, Issaka Zampaligré compte sur la coopération sous régionale pour faire barrage aux frontières poreuses des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

A moins de 10 km de Ouagadougou, il y a des gens qui boivent de l’eau boueuse

Réduction du train de vie l’Etat : Issaka Zampaligré sort encore de l’ordinaire. « Je propose qu’on mette même en location Kossyam qui est un gros palais inutile alors que la population git dans les cases », a-t-il martelé. Pour lui, les bureaux doivent être adaptés à nos modes de vie. Les journalistes n’ont pas fouillé pour comprendre comment l’invité comptait gérer son administration. En réalité, Maitre Bénéwendé Sankara en 2010 avait aussi fait proposition pareille. Il avait dit qu’il n’utiliserait pas le palais présidentiel de Kossyam s’il était élu.

Cependant, Issaka Zampaligré est arrivé sur le plateau de la télévision nationale avec des phrases chocs toutes faites qu’il tentait de placer entre temps. Certaines d’entre elles ont fait mouche. Par exemple, il dit ceci : « a moins de 10 km de Ouagadougou, il y a des gens qui boivent de l’eau boueuse ». Une phrase répétée à deux reprises pendant l’émission.

Education : Issaka Zampaligré n’était pas aussi claire dans vision quand il s’est agît de parler d’éducation. Toutefois, l’on constate qu’il ne se présente pas en un Président « tout puissant », porteur de toutes les solutions. C’est dans ce cadre qu’au niveau de l’enseignement, il compte réunir le monde universitaire pour comprendre comment ces derniers peuvent accepter que 1000 étudiants suivent des cours dans un amphi. En réalité, pour lui, c’est au monde universitaire de trouver des solutions à leur problème et lui en tant que Président se chargera de la phase pratique.

Et pour garantir une santé de qualité aux Burkinabè, le chef de village pense que la construction des hôpitaux est un jeu enfant. Selon lui, il faut juste ventre les voitures de marque Patrol pour construire au moins deux centres de santé. En même temps, il pense associer la pharmacopée traditionnelle à celle moderne constatant que les Burkinabè se soignent à l’indigénat dans les villages.

Une réouverture de la SOFITEX en vue

Agriculture : Une autre idée géniale mais dont le financement devrait poser problème, c’est l’attribution d’une charrue à chaque famille et aussi un tracteur à chaque village. Un projet qui semble s’être inspiré du projet « Huit mille villages, huit forêts ». Comment financer un tel projet? Issaka Zampligré pense qu’il faut reconvertir les dons (ordinateurs, fusils) que certains pays offrent au Burkina Faso dans le cadre de la collaboration. Une allusion en quelque sorte à l’attribution de tablettes aux députés du gouvernement burkinabè sous Blaise Compaoré. Une idée aussi similaire à celui proposé la veille par le candidat Zéphirin Diabré qui compte créer la Société nationale d’équipement agricole (SONEA).

Cependant, sur les sujets des mines, de l’énergie, du foncier, l’invité du jour n’a pas fait de proposition claire. Les journalistes ont vraiment eu du mal à saisir le fil de sa pensée. Au niveau de l’industrie, il n’a pu établir une vision précise même s’il pense qu’il faut rouvrir la Société des fibres et textiles (SOFITEX) à Koudougou.

Dans l’analyse, le projet de Zampaligré Ensemble pour un Burkina de justice d’équité et de prospérité semble être basé sur des valeurs de sobriété. Mais ce dernier a eu du mal à faire comprendre son concept aux journalistes souvent beaucoup trop attachés aux questions de chiffres. Ce qui a donné une impression de manque de sérieux dans la rédaction de son programme.

Cependant certaines ratées de l’émission sont aussi imputables aux journalistes qui apparemment n’ont pas respecté le candidat en semblant banaliser certaines de ses appréciations. 

Quelques phrases chocs de Issaka Zampaligré

« Je suis de ceux qui pensent que lorsqu’on émet un billet de 1000 francs dans la journée, ce billet retourne en occident ce soir »

« A 10 km, les gens dorment à même le sol »

« A moins de 10 km de Ouagadougou, il y a des gens qui boivent de l’eau boueuse »

« Le train de vie de l’Etat, c’est que tout le monde puisse se serrer la ceinture »

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