Coup d’Etat du RSP J+3: les résistants toujours au front

Ce samedi 19 septembre 2015, trois jours après l’officialisation du Coup d’Etat du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP), rien n’est annoncé dans la ville de Ouagadougou. En traversant le centre-ville, on voit que beaucoup de Burkinabè ont pris la ville d’assaut. Au niveau de la Société Nationale Burkinabè de l’Electricité (SONABEL), située en face de l’Etat-major général des armées et à 100 mètre de l’Institut français, on aperçoit de longs rangs. Ils sont venus payer leur facteur ou s’approvisionner en crédits pour l’électricité.

La détermination se lit dans les actes

La détermination se lit dans les actes

 

Quelques rares personnes circulent aux alentours de la Place de la Nation. Juste en face de l’immeuble abritant le siège du Médiateur du Faso, une vingtaine de militaires du Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP) reconnaissables à leurs treillis verts sont installés. Un pick-up est à côté d’eux. A part ça, tout est calme dans le centre-ville.

Cette ambiance est trompeuse. Une nouvelle fois, il faut se rendre dans les quartiers périphériques pour mieux comprendre ce qui se passe à Ouagadougou. Au quartier Nonsin, aux environs de 9 heures, des jeunes à divers endroits installaient des barricades. Au niveau du Maquis Wend-Konta, sur la route menant à l’hippodrome de Hamdalaye, des jeunes ont brûlé un pneu dont les flammes et la fumée montent haut dans le ciel. D’autres ont installé des barricades. Mais la mobilisation reste timide à ce niveau.

 

Les enfants également sont mobilisés autour de leurs grands frères

Les enfants également sont mobilisés autour de leurs grands frères

A Tampouy, et notamment sur l’axe Ouagadougou-Ouahigouya, les résistants ont barré la route pour empêcher le passage du train. De ce côté là, ils sont plus déterminés. De nombreux pneus sont brûlés. Ceux qui tentent de rejoindre l’autre côté sont obligés de faire des détours.

 

En voulant immortaliser la scène, un jeune qui semblait être le leader lance : « Il faut poster ça à Barack Obama ». Au milieu d’eux, des enfants aident à barricader la voie en apportant des pierres. Certains soufflent dans des vuvuzelas ou des sifflets.

Des gouttes de pluies viennent disperser le monde présent à ce niveau. Mais comme s’ils s’étaient donné un mot d’ordre, les manifestants réapparaissent. Cette fois, ils décident de se rendre à la Place de la Nation. Ils marchent jusqu’au niveau du commissariat de police de Tampouy.

Mais à partir de là, certains semblent peu motivés. Tandis que d’autres avancent, certains s’arrêtent. En approchant les discussions, on comprend très vite qu’il est difficile de traverser le pont. S’ils continuent, ils risquent de se faire prendre en sandwich. « Il y a des enfants parmi nous et certains risquent de tomber dans l’eau », fait savoir l’un d’entre eux. Bien qu’ayant décidé d’avancer, les jeunes doutent encore.

Visiblement, les résistants manquent d’organisation. Justement, plus aucune radio d’information locale n’émet. Il n’y a pas de mot d’ordre à suivre.

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