Suspension des émissions interactives : Nathalie Somé tombe dans son propre piège

Les journalistes burkinabè ont tenu leur sit-in comme prévue leur sit-in ce mercredi 27 mai 2015 devant le Conseil Supérieur de la Communication (CSC) pour protester contre la suspension des émissions interactives. Si le rassemblement a eu lieu, la présidente du CSC a refusé de recevoir le message des journalistes.

manifestation CSC

« Nathalie Somé pourquoi tu t’entête ? », « Non au bâillonnement du peuple », « CSC, y a pas de Radio Mille Colline au Burkina », étaient entre autre les messages que l’on pouvait voir sur quelques pancartes de fortune confectionnées par les journalistes burkinabè devant le Conseil Supérieur de la Communication (CSC). L’objectif de ce sit-in était la levée de la suspension des émissions interactives au Burkina Faso. De nombreux partons de médias, hommes politiques et d’organisations de la société civile ont fait le déplacement pour faire entendre leur mécontentent et dire oui à la liberté d’expression au Burkina Faso. Cependant, la présidente du CSC Nathalie Somé qui juge la manifestation illégale a refusé de recevoir le message des journalistes.

Nathalie Somé seule

Désignée présidente de cette institution sous l’ère Blaise Compaoré, Nathalie Somé n’a vraiment jamais été appréciée de la part des journalistes burkinabè. On lui reproche son tempérament explosif mais surtout sa proximité avec le régime de l’ancien président. En décidant de suspendre les émissions d’expression directe sur les antennes des radios burkinabè à cause dit-elle d’un contexte défavorable, celle-ci voulait peut-être faire plaisir au gouvernement de transition sur lequel pleuvaient de nombreuses critiques acerbes comme : l’incapacité des dirigeants à juguler les coupures d’électricité, la déclaration des biens des membres du gouvernement et particulièrement la fortune du premier ministre Yacouba Isaac Zida, la réaction tardive du gouvernement lors de l’éboulement d’une mine dans le sahel.

manifestation CSC2

Ceux que Nathalie Somé a voulu aider l’ont laissé tomber. La présidente du CSC, pour sortir la tête haute, veut faire signer une charte de bonne conduite que les patrons de presse refusent. Plus grave, six de neuf conseillers se sont désolidarisés.

A qui profite ce crime ?

A qui pourraient profiter ce crime contre la liberté de la presse, d’expression ? Bien sûr au gouvernement de la transition puisque qu’il est le premier à subir les critiques. La suspension des émissions d’expression directe profite aussi à certains leaders de partis politiques comme ceux du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP). Après l’adoption de la nouvelle loi électorale excluant ceux qui ont soutenu l’idée de modification de l’article 37 des élections au Burkina et les différentes interpellations d’hommes politiques soupçonnés de malversations et autres, certains citoyens ont vite fait de rappeler que certains de ces messieurs devaient être interpellés. Par exemple, la décision de la suspension a été prise le jeudi 7 mai 2015 et le lendemain Simon Compaoré, ancien maire de la ville de Ouagadougou, soupçonné de malversation lors de la réfection de l’hôtel de ville était interpellé pour audition. Ne fallait-il pas éviter que les Burkinabè commentent cette actualité surtout qu’ils sont de plus en plus nombreux à croire que la transition et certaines organisations de la société civile roulent pour le MPP dont les cadres étaient des dinosaures du régime Compaoré.

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