Le zaï, une ingénieuse technique culturale burkinabè qui s’exporte

Dans un pays comme le Burkina Faso peu avantagé par le climat, les paysans rencontrent beaucoup de difficultés pour faire pousser les semis et avoir une bonne récolte. Pour pallier cela, ils ont trouvé une salutation : le zaï. Le mois d’avril est la période pendant laquelle les paysans commencent donc à le « fabriquer ».

Quelques zaï dans un village de la province du Bam (Burkina Faso)

Quelques zaï dans un village de la province du Bam (Burkina Faso)

Le zaï est une technique culturale propre au Burkina Faso notamment utilisé par la population nord du pays. Dans cette zone, les sols sont arides et la pluviométrie est faible. C’est pourquoi les paysans ont inventé la technique du zaï pour  améliorer les rendements agricoles. De quoi s’agit-il exactement ?

Les zaï sont de petits trous que l’on creuse en ligne dans son champ en respectant une certaine distance (10 cm environ) entre chaque trou. La largeur du trou se situe entre une dizaine et une vingtaine de cm. En fait, l’on creuse en ayant à l’esprit la forme d’une calebasse comme pour recueillir de l’eau. Ensuite, les paysans y mettent du fumier ou du compost et rajoutent un peu de terre pour éviter que le vent l’emporte, mais aussi pour enrichir le sol. Les zaï sont creusés généralement à partir du mois d’avril (une période pendant laquelle il fait très chaud) pour attendre les premières pluies de mi-mai, ou juin. En général, l’on peut commencer la semence dès la première pluie.

Le zaï permet donc de recueillir et de garder les eaux de pluie pendant une longue période, car elles s’évaporent moins vite. Un autre avantage en utilisant cette méthode, c’est que l’humus que l’on ajoute au trou contribue aussi à la création de poches d’eau dans le sol. Le zaï permet la récupération des terres, empêche l’érosion et les ruissellements.

Faire du zaï nécessite beaucoup d’efforts parce qu’il faut passer des heures à creuser le trou. Cependant, lorsque le zaï est fait, le cultivateur a abattu presque la moitié de son travail parce qu’il n’a besoin de désherber son champ qu’une seule fois au lieu de trois comme cela est le cas habituellement. Le travail est d’ailleurs moins pénible et le cultivateur à plus de temps pour s’occuper d’autres choses.

Lorsqu’il est bien fait, la saison qui suit devient moins fatigante. Le zaï permet d’ailleurs de multiplier la production à quatre ou cinq en comparaison avec un sol où la technique n’est pas utilisée. Souvent, l’on peut y ajouter les cordons pierreux pour lutter contre l’érosion.

Ayant creusé des zaï quand j’étais encore au collège, je sais que cela permet de se faire de l’argent. Certains paysans fortunés payent des jeunes pour en creusés. Je me suis fait quelques sous.

Le succès du zaï est tel qu’il a été récupéré et popularisé par les agronomes. Il s’est exporté dans des pays comme le Mali et le Niger. Certains pays de l’Afrique de l’Est sont même en train d’adopter la pratique.

2 thoughts on “Le zaï, une ingénieuse technique culturale burkinabè qui s’exporte

  1. Bjr Messieurs,
    Pouvez me donner le sens du mot ZAÏ ? peut on le pratiquer sur un sol plat ou bien faut il le labourer au preable à la houe ou à la charrue ?

    Recevez mes salutations fraternelles

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