L’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon ne doit pas rester impuni

Les deux journalistes de Radio France Internationale (RFI) ont été kidnappés et assassinés alors qu’ils sortaient de la cour d’une personnalité du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) à Kidal dans le nord du Mali. Un assassinat qui concerne tout le monde, d’autant qu’on ne voit pas en quoi ces journalistes sont mêlés à la crise qui secoue le Mali. L’assassinat de ces innocents doit être puni avec énergie. Sinon, ces bandits prendront goût…et aucune piste ne doit être écartée.

(ph.http://www.parismatch.com/)

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C’est sûr Twitter que j’ai appris d’abord l’arrestation des journalistes Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Ma première réaction, c’est de me dire « encore des enlèvements » mais moins d’une heure après, je voyais d’autres tweets annonçant l’exécution de ceux qui étaient, il y a quelques minutes seulement, des otages. Incroyable. C’est en écoutant RFI, ensuite, que j’ai eu confirmation de la mort de cette journaliste et son technicien. Ils ont été kidnappés et tués alors qu’ils avaient juste fini une interview avec un chef du Mouvement national de libération de l’Azawad (MLNA). J’ai du mal à faire des réponses à de multiples questions qui m’assaillent l’esprit.  Comment ont-ils su que Ghislaine et Claude étaient chez lui ? Qui sont ces assassins ? Que reproche-t-on à Ghislaine et Claude ou peut-être à RFI ? Ont-ils refusé de leur accorder une interview ? Si c’était le cas, le refus d’une interview valait-il le coup qu’ils soient éliminés ? Qu’est ce qui… ? Qu’est ce qui… ? Qu’est ce qui… ? Toutes, ces questions, pour dire que l’enquête doit commencer immédiatement.

La communauté internationale a désormais la preuve, si elle en doutait encore que ces bandits, ne sont pas des enfants de chœur. Ils n’ont même pas laissé le temps à ces journalistes de négocier. En Afrique, on reproche souvent beaucoup de choses à RFI. Mais le journaliste, c’est contre les principes et les règles déontologiques du métier, n’a pas le droit de prendre parti pour un camp lorsqu’il couvre des conflits ou des crises telles que celles qui secouent le Mali en ce moment. Si Ghislaine et Claude s’adonnaient à des pratiques contraires à la profession, ils n’auraient pas connu une carrière pareille. D’ailleurs, l’interview avec ce cadre du MNLA (mouvement qui a bien  collaboré avec les groupes islamistes et terroristes) est la preuve que les deux journalistes de RFI, faisaient leur travail sans parti pris. Après le bombardement de l’armée française, RFI a continué à donner la parole à tous les protagonistes.

On voit bien que rien ne justifie l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon. Alors, la communauté internationale doit être sans pitié pour ces bandits. Si on peut tuer des personnes neutres de cette manière, cela traduit la barbarie de ce groupe. Il faudrait utiliser donc les grands moyens pour que ces assassins payent afin que les âmes de Ghislaine Dupont et Claude Verlon reposent en paix. Pas pour eux-mêmes, parce qu’en embrassant ce métier, ils savaient ce qui les attendait. En se rendant au Mali, ils savaient le risque qu’ils prenaient. Ils doivent payer pour les milliers d’innocents persécutés chaque jour par ces bandits.

Si ces bandits pensent que c’est de cette manière qu’ils feront taire les journalistes, les professionnels des médias ? Ils se mettent le doigt dans l’œil. Ces assassinats ne feront que raviver l’amour que les collègues et confrères de Ghislaine et Claude ont pour ce métier. La lutte continuera bien sûr. La parole sera donnée à tous. L’œil des aveugles, la voix des sans voix continuera son travail.

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