Carnet de voyage au pays de la Teranga (hospitalité)

Ce blog le message d’Afrique est né grâce au concours Mondoblog organisé par l’Atelier des médias, une émission web-participative sur Radio France Internationale (RFI). Après six mois de pratique encadrer par les initiateurs parmi lesquels Cédric Kalonji, Ziad Maalouf et Simon Decreuze, je me suis rendu à Dakar, la capitale du Sénégal pour une formation.  Mon carnet de voyage.

Le point final du concours Mondoblog prévoyait une session de formation prévue à Dakar au Sénégal pour les uns et à Yaoundé au Cameroun pour d’autres. J’étais dans le groupe de Dakar. Après, l’annonce des résultats, nous devions préparer les documents (passeport, visa, carnet de vaccination etc.) avant de pouvoir effectuer le voyage. Heureusement, le Sénégal et le Burkina Faso sont membres de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Pour cela, une simple carte d’identité nationale permet de voyager dans les Etats membres de cet espace sans visa. C’est donc tranquillement que j’ai préparé mon départ pour le pays de la Terranga (Terranga signifie hospitalité en wolof, la langue la plus parlée au Sénégal). Pour plus de précaution, je me suis rendu au service d’immigration pour avoir au moins le carnet CEDEAO qui permet également de voyager en toute tranquillité dans les 16 pays membres de l’espace. Quelques contrôleurs zélés pourraient trouver prétexte pour me refouler si je ne l’avais pas. Ce document ne coûte que 1500 francs CFA (2 euros environs) de timbre plus deux photos dont le prix remonte à mille francs (1 euro environ). Un mois avant le voyage pour la capitale du Sénégal j’avais déjà mon billet d’avion. Il m’avait été envoyé dans ma boite électronique.

 

Des stagiaires en plein concentration

Le départ pour Dakar était programmé le dimanche 3 avril 2011 à 16 heures 20. Par précaution, je me suis rendu à l’aéroport 3 heures 30 minutes avant l’heure prévue pour le décollage. Mais, grande fut ma surprise lorsqu’en voulant me faire enregistré, un agent de police m’informe que l’avion en partance pour Dakar venait juste de décoller. Il était 13 heures 12 minutes. Je ne comprenais rien. Je lui présente mon billet d’avion ou l’heure du décollage était prévue pour 16 heures 30 mn. L’appel des passagers se faisait deux heures avant le décollage de l’avion (14 heures 30). Le vol a été avancé suite à une mutinerie de militaires qui avait forcé le gouvernement a décrété un couvre-feu. Pour cela, tous les vols vers Ouagadougou avaient été suspendus. Je n’ai pas eu la chance d’être prévenu du changement de programme. Je n’étais pas le seul. J’explique à l’agent de police que je devais prendre part à une formation organisée par Radio France Internationale. « Vous êtes journaliste? Bon attendez, je vais voir ce que je peux faire ». Paniqué, il essaya de m’arranger un autre vol mais ne put rien faire pour moi. Je sais que le simple fait d’avoir évoqué le nom de RFI a tourmenté l’agent de police. Deux passagers sont retournés furieux comme moi.

Ici, je suis à l'aéroport de Dakar

 

Après des discussions entre l’agence de voyage et les initiateurs du projet mondoblog, le départ fut reporté au mercredi 6 avril. C’était tard, mais je tenais à participer à cette formation. Ne serait-ce que pour une journée.

Mercredi 6 avril 2011. Cette fois-ci, le vol est prévu pour 13 heures. 4 heures avant, j’étais à l’aéroport pour éviter toute surprise désagréable. Cette fois-ci, tout se passa très bien. Je fus rejoins plus tard par un ami mondoblogeur, François Emako avec qui je devais me rendre à Dakar. Camerounais résident au Burkina pour des études, François n’a pu effectuer le déplacement attend pour des problèmes administratifs. Il fallait un visa parce qu’il n’était pas de l’espace CEDEAO. Il courrait toujours après ses papiers le mercredi matin. Le contrôle se passa très bien. Après 45 minutes d’attente, nous embarquâmes dans l’avion. Je ne vous cache pas que c’est la première fois. Forcement, on est un peu paniqué. Après les consignes de sécurité, le commandant de bord annonça le décollage.

J’étais à côté des hublots, ce qui me permettait de voir à travers. Plus l’avion montait dans le ciel, plus les maisons en dessous devenaient petites. Je vis Ouagadougou comme je le vois souvent sur une carte. Le moment magique du vol fut quand l’avion se trouva au dessus des nuages. Une beauté ! J n’avais jamais vu pareille clarté. La magnificence des nuages, blancs comme du coton éblouissait. Le ciel bleu était pur et fascinant.

Lorsque nous entrâmes dans le territoire malien, je vis un long serpent qui traversait le pays. Je ne voyais ni sa tête ni sa queue. Je pensai à un chemin de fer. Mais je demandais si une ligne de fer pouvait être aussi bien visible. Le Niger peut-être. En même temps, me vint en mémoire ce poème du guinéen Fodéba Keita

Chanson du Djoliba
Djoliba! Djoliba! Nom combien évocateur!
Descendu des derniers contreforts du Fouta-Djalon, tu viens t’associer, généreux et fécond, à la vie du paysan de Guinée.
C’est toi qui, à travers d’innombrables méandres, apportes discrètement à chacune de nos plaines
un message de Paix et de prospérité.

Dakar

Après une escale à Bamako, Air Burkina repris son vol pour Dakar. Pour mon premier voyage en avion, j’ai eu quelques frayeurs. J’avais souvent, l’impression que l’avion redescendait ou tombait avant de remonter rapidement. Tout cela ne me rassurait pas du tout. J’avais hâte de quitter cet appareil. L’avion arriva à Dakar avec un léger retard. Le commandant de bord annonça 25 degré!!! En quittant Ouagadougou, la température tournait autour de 30 degré. Nous avions connu pire la veille car le moi d’Avril est le mois le plus chaud au Burkina. Je n’étais pas d’accord avec le commandant de bord qui parlait de « beau temps ». A Ouagadougou, j’étais habitué à supporter une température de 35 à 43 degré et quand la température est à 25 degré, il faisait froid. Très froid même.

Effectivement, dès la descente, je sentis la fraicheur pénétrer mon corps. Je savais que j’allais vivre des moments difficiles. Dakar, est une ville côtière. Ce qui explique en partie la basse température à cette période de l’année. Après le contrôle des bagages, nous sortîmes de l’aéroport. Quelqu’un nous attendait avec une pancarte où étaient inscrits nos noms : Boukari, François. C’est lui qui nous conduit à l’hôtel. Nous avons attendu quelques minutes, le temps que reviennent les autres. Ils étaient en formation à l’Institut des Sciences et techniques de l’information (ISTIC) à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

L’espace Thialy, dans lequel nous avons logé est un beau cadre. Entouré d’arbres, l’on est réveillé chaque matin par des mélodieuses chansons des oiseaux. Apparemment certains n’ont apprécié, estimant que ces chants leur empêchaient de dormir.

La beauté de la ville de Dakar se trouve dans ses maisons construites en hauteur. J’ai pu faire le constat au moment de l’atterrissage. Ces constructions donnent une vue magnifique de la capitale sénégalaise depuis le ciel. Je sais que ce n’était rien par rapport à des villes comme Manhattan, Paris, Londres, Manchester etc. Par contre Ouagadougou vu de haut ressemble à un gros village. Ameth Dia, un autre blogueur a fait le même constat. D’après ses confidences à Saint Louis, chez lui, c’est le même constat. Dans les autres villes du pays, l’architecture n’est pas forcement la même.

Si Dakar est de mon point de vue mieux construit que Ouagadougou, je l’ai trouvé comparativement à Ouagadougou moins propre. Sous les échangeurs, des graffitis, des affiches de toutes sortes enlèvent un peu de la splendeur à la ville. Les affiches sont surtout des revendications et la principale réclamation, c’est l’électricité. En quelques jours, nous avons pu constater la fréquence des délestages au pays de Léopold Sedar Senghor. Quand je quittai Ouagadougou, les Burkinabè connaissaient des coupures fréquentes d’électricités mais les Dakarois vivaient pires.

A notre arrivée le mercredi soir avec quelques mondoblogeurs nous sommes allés en boite avec Cédric Kalonji et Simonn Decreuze, Ziad Maalouf ayant préféré resté chez à l’hôtel. Nous voulions danser mais aux environs de 23 heures mais le dancing était vide. Simon, Christelle et Salim sont allés jouer au billard.

Le taxi dans la capitale sénégalaise coûte  au minimum 1000 francs CFA pour une course. Quelques soit le nombre de passagers (5 maximum). Mais l’on peut payer plus en fonction de la distance. Le transport entre la boite de nuit et l’hôtel a coûté 3000 francs CFA. Je me demande si on n’a pas été berné. Les prix sont souvent triplés quand on a affaire à des touristes ou des étrangers. Mais fait important les taxis vous déposent là ou vous souhaitez. Ce qui n’est le cas à Ouagadougou où le taximan peut vous déposer souvent à un kilomètre de votre destination si vous n’habitez pas à côté du goudron. Pour vous déposer à votre domicile, il vous faut dépenser au minimum 500 Francs CFA. A Ouagadougou, le prix de base du taxi est de 200 francs CFA. De couleur verte au Burkina, ils sont jaunes à Dakar pour ce que j’ai pu constater.

Bien avant d’aller en boite, nous avons eu la chance de d’échanger autour de certains sujets parmi lesquels la question du visa. François Emako a eu beaucoup de mal pour quitter le Burkina. De nationalité camerounaise, il avait besoin d’un visa pour se rendre à Dakar. Il a mis du temps avant d’avoir ce sésame. Il a fallu la collaboration de son établissement les 2ie pour lui permettre d’avoir le visa.  Quelle ne fut pas ma surprise de constater les Français voulant se rendre au Sénégal n’ont pas besoin de visa. Le sens inverse n’est pas possible. Pourtant sans visa, un camerounais ne peut pas se rendre au Tchad. J’ai compris que la zone CEDEAO était bien en avance par rapport à l’Afrique centrale où pour aller d’un pays à un autre, il fallait avoir un visa. Alors quand est ce que ces frontières imaginaires tomberont ? Pour le moment, le rêve panafricain de Kwame N’Khruma était encore loin de se réaliser. Pour une question de visa, une simple volonté politique aurait suffit. Quand j’imagine que dans certains pays du continent, les Africains doivent payer des cartes de séjour, j’en ai honte.

Le lendemain Jeudi 7 avril 2011, François et moi avons eu la chance d’assister au moins à une journée de formation. Le programme du jour portait sur la titraille. La partie technique a été assurée dans la soirée par Ziad Maalouf et Simon Decreuze. Malgré le peu de temps, j’ai pu avec Shillo M. un jeune Congolais venu de la Russie, apprendre comment appliquer certaines fonctionnalités à mon blog. C’est lui qui m’a aidé à associé la page facebook du message d’Afrique au blog.

Bonne ambiance au restaurant, le photographe photographié

A midi, déjeuner à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Un grand établissement avec de jolis bâtiments. Rien qu’à voir la bibliothèque de loin, on avait envie d’y entrer. Ce qui m’a encore frappé, c’est la vente des documents à l’entrée de cette Université. La photocopie des romans de célèbres auteurs africains étaient vendus en grande quantité sur presque tous les étalages. Pourtant, j’étais sûr qu’il était écrit quelques parts dans ces documents « la photocopie tue le livre ». A Ouagadougou, les étudiants photocopient également les livres mais ils sont mais rarement vendus. Le restaurant de l’Université de Ouagadougou offrait de bons plats. Ce jour là, j’ai préféré mangé ce que je connaissais : le riz. Ce fut l’un des moments où je puis échanger avec des blogueurs sénégalais. Le principal sujet de discussion a porté sur les séries et les feuilletons bukinabè en l’occurrence « Commissariat de Tampy », une série comique policière réalisée par Missa Hébié appréciée en Afrique de l’Ouest. J’ai pu constater que mes amis Sénégalais appréciaient les séries burkinabè. Ils les connaissaient par cœur. Je me rappelle que l’un d’eux Abdoul Cissoko m’avait dit qu’il fallait qu’il regarde sa série avant de diner.

Le sujet favori de  Alou Diawara, blogueur malien étudiant à l’ISTIC portait sur le défunt président Thomas Sankara assassiné le 15 octobre 1987. En tous cas Diawara connaissait bien le guide de la révolution burkinabè. Il me confia qu’il avait beaucoup de documentation concernant cet homme. Quand j’essayais de dire quelque chose sur Sankara, il le savait déjà. Un mondoblogueur n’a pu effectuer le déplacement au Sénégal. Il s’agit de Suy Kahofy resté cloitré chez lui à cause des balles qui sifflaient dans son pays après la crise post-électorale en Côte d’Ivoire. Il en était d’ailleurs l’un des témoins privilégiés sur son blog, « la Côte d’Ivoire au jour le jour ». Comme Suy,  Deshommes de Haïti n’a pu faire le déplacement pour des raisons de visa.

Enregistrement Atélier Des médias avec des journalistes sénégalais

 

Le dernier jour de notre séjour au pays de Cheikh Anta Diop, nous avons passé l’après midi au centre culturelle français pour l’enregistrement de deux émissions. L’une avec les mondoblogueurs et l’autre avec des journalistes sénégalais travaillant sur la presse en ligne. Avant d’arrivée au Centre Culturelle français nous avons du traverser la ville et c’est là que je compris que le problème d’embouteillage que connaissait la capitale sénégalaise. On pouvait aurait passé facilement 30 à 40 minutes sans bouger tant les embouteillages sont énormes. Par endroit, des jeunes filles régulaient la circulation le sifflet à la bouche. Une bonne chose de mon point de vue. Elle me rappelait la brigade des volontaires dans la ville de Ouagadougou.

Enregistrement de l'émission Atélier Des médias au CCF

Une photo avant de se rendre au CESTI

Certains mondoblogueurs ont pu parler de leur expérience sur les pratiques des blogs. Il s’agit du Tchadien Azzaz Legeegdusud, du Malgache Guénolé (Guénolé était à Dakar avec sa compatriote Lalah) avec, du Malien Assaleck AG Tita et la Française du Pérou Christelle Bittner. Ensuite, nous nous sommes rendus chez l’ambassadeur de France au Sénégal. Une superbe villa située au bord de la mère offrant une belle vue, un paysage féérique. Arrêté devant le balcon, vous êtes caressé par la brise marine. L’ambassadeur avait la chance de vivre dans un endroit pareil. Je croyais que ces genres d’images ne se voyaient que dans les films. Nous y avons pris un apéritif avant de regagner l’espace Thialy. Tandis que certains avaient décidé de prendre la ville en otage, d’autres sont rentrés chez préparer leur voyage. Les vols de Salim, de Guénolé et de Lalah étaient devaient décoller un peu tôt. D’autres comme Arouna Ba le scientifique de Mondoblog , Basile Niane ou Ousmane Gueye n’avait pas à s’inquiéter. Ils étaient chez eux. Le Guinéen Alimou Sow continuait en Gambie tandis que son compatriote Fodé Kouyaté retournait au pays.

Photo de famille chez l'ambassadeur de France à Dakar

Belle vue depuis le domcile de l'ambassadeur de France au Sénégal

 

Après trois jours passés dans la capitale sénégalaise, François et moi avons regagné le Faso. A l’atterrissage à l’aéroport de Ouagadougou, c’est une incroyable bouffée chaleur qui m’a accueillit en sortant de l’avion. Il faisait près de 35degrés à Ouagadougou. Après une dizaine de minutes, j’étais heureux de retrouver la chaleur de mon pays avec l’impression d’avoir encore l’esprit plus ouvert.

Ces trois jours passés à Dakar avec des jeunes venus de plusieurs pays Tchad, France, Sénégal, Guinée Conakry, Mali a démontré que malgré nos différences, nous sommes tous les mêmes. J’espère qu’il y aura une saison 2 de Mondoblog pour me retrouver au milieu de jeunes venus d’autres régions et d’échanger sur nos modes de vie, nos coutumes, nos croyances etc. Tout cela, nous le faisons déjà sur la plateforme mais se rencontrer est encore meilleur.