Les filles de ménage, esclaves des villes

 En Afrique, de nombreuses familles font venir des jeunes filles du village pour servir de domestiques en ville. La plupart d’entre elles travaillent dans des conditions déplorables si ce n’est de la pure exploitation, de l’esclavage…

 

Enfant domestique (Sources ph:Burkina Feux de braises)

 

Aller au bureau le matin et le soir laisse peu de temps aux Ouagalais pour s’occuper de la maison.  Ces réalités de la ville obligent certaines femmes à recourir aux filles de ménages. Il y a deux catégories : celles qui logent dans leurs familles d’accueille et celles qui travaillent la journée et rentrent dormir chez elle.

Les familles d’accueille préfèrent que les domestiques dorment chez elles. Ces filles de ménages sont les premières à se lever et les dernières à se coucher. Debout dès quatre heures du matin, elles doivent essuyer la maison et chauffer de l’eau pour le patron et sa femme. Ensuite elles doivent réveiller les enfants et préparer le petit déjeuner. Dans le meilleur des cas, les parents peuvent se charger de déposer les enfants à l’école. Sinon, elles doivent les conduire (a pied) avant 7 heures puis, continuer au marcher. La cuisine doit être prête à 12 heures. Après, ces domestiques doivent chercher les enfants à l’école puis les y reconduire dans l’après midi. Le soir, il faut préparer le diner et attendre que tout le monde mange avant de faire la vaisselle. C’est elle qui doit fermer les portes avant de se coucher. La plupart dort au plus tôt à minuit. Lorsque que quelqu’un tape à la porte tard la nuit, comme c’est le cas très souvent en Afrique, c’est la « bonne » qui doit ouvrir.

A tout cela s’ajoutent les lessives quotidiennes, à savoir laver le linge des enfants. Mais il y a aussi celle du dimanche souvent appelé « la grande lessive ».  Une corvée que les filles redoutent particulièrement. Ce jour là, la maitresse de maison fait sortir tous ses habits sales, ceux de son mari et aussi les draps dont le poids suffit à effrayer. Pour ce qu’elles font, le salaire tourne entre cinq mille et sept mille cinq cent francs Cfa.

Les enfants qui font ce travail ont en générale entre 8 et 16 ans. En plus des durs travaux qu’elles abattent, elles sont obligées de supporter les sautes d’humeur de leur patronne.

Les domestiques sont souvent utilisées comme des objets sexuels quand la maitresse de maison est absente. Celles-ci se laissent faire au risque de perdre leur « emploi ». Les histoires de domestiques enceintées et jetées dans la rue ne manquent pas à Ouagadougou.

Poussées par la pauvreté de leur famille, ces jeunes filles en arrivant en ville espèrent faire fortune avant de repartir aider leurs parents. Avec un salaire de moins de 10 mille francs qui en plus n’ait pas régulièrement versé comment peut-on venir en aide à ses géniteurs dans un contexte de vie ? Cette somme est de loin insuffisante. La pauvreté et l’image déformées de la ville conduisent les ces filles qui rêvent d’un avenir meilleur.

A plus de 16 ans, avec les seins qui ont bien poussé comme deux mangues mûrs sur la poitrine, le bassin élargie, ces jeunes demoiselles sont contraintes de quitter leurs employeurs. Elles deviennent des rivales sérieuses pour la maitresse de maison qui préfèrent se débarrasser d’elles. La plupart du temps, elles ne reçoivent pas la totalité de leurs salaires.

Sans un sous, n’ayant pas un toit où dormir, sans expérience, elles deviennent la proie de vieux libidineux. Exploitées pendant quelques temps, elles entament une carrière de prostituée. Un cercle vicieux.

A l’occasion du 1er mai, journée internationale du travail, ce billet est un appel aux autorités politiques, morales et coutumières pour mettre fin à l’esclavage que vivent les domestiques. A leur âge, leur place doit être dans des salles de classes. Il faut lutter contre le travail des enfants, l’exploitation des enfants.

4 thoughts on “Les filles de ménage, esclaves des villes

  1. Ici, à Madagascar, il y a beaucoup de familles des campagnes qui envoient leurs jeunes enfants travailler en tant que bonnes. Ce qui est souvent triste aussi c’est que presque tous ces parents viennent tous les fins du mois toucher la totalité des salaires de ces pauvres enfants qui déjà au lieu d’aller à l’école pour un meilleur avenir, et d’être nourris par les parents, travaillent très dur pour ne rien gagner.
    La loi interdisant l’embauche des mineurs existent belle et bien mais n’est pas appliquée du tout.

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